Matthieu Valet : "Il faut que l'Ukraine retrouve le territoire" d'avant la guerre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il faut pousser à la paix désormais aujourd'hui, y compris aux conditions russes ?
- 1:55RelanceRéponse directe
Et je retiens votre expression, vous la trouvez hors-jeu là, l'Europe ?
- 2:17ComplaisanteRéponse directe
L'Europe réagit immédiatement, deux jours après ce sommet, concertation ce week-end, position commune, on décide d'y aller.
- 2:49FerméeRéponse directe
Un accord de paix ou un cessez-le-feu ?
- 3:02OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il s'est aligné sur la position de Vladimir Poutine, Donald Trump, après le sommet en Alaska ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'elle vous a inspiré cette rencontre vendredi Mathieu Vallée ? La poignée de main de Donald Trump à Vladimir Poutine, les applaudissements sur le tapis rouge, est-ce que c'est comme ça qu'il fallait accueillir le président russe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Invité politiqueFait
« Non, Marine Le Pen a toujours dit qu'il fallait une conférence de la paix avec tous les pays européens, avec évidemment l'Ukraine qui est le pays agressé et la Russie qui est le pays agresseur. »
- 0:58Invité politiqueFait
« Et il faut évidemment que l'Ukraine retrouve la plénitude de sa souveraineté territoriale, qu'elle retrouve le territoire qui était celui qu'elle a toujours eu avant cette guerre, qui a démarré il y a trois ans. »
- 1:07Invité politiqueFait
« Et donc évidemment que d'abord il faut un cessez-le-feu, c'est important, parce qu'aujourd'hui on a des victimes sur le sol ukrainien. »
- 1:34Invité politiqueFait
« et ce cercle des pays volontaires qui a été créé en mars 2025, des 33 pays, d'ailleurs je m'étonne qu'il y ait la Turquie, la Turquie qui occupe illégalement Chypre, et qui nous crache à la figure, et qui a des valeurs islamistes qui ne sont pas les valeurs humanistes de la France »
- 1:48Invité politiqueFait
« nous avons toujours dit qu'il faudra une conférence de paix pour pouvoir rétablir durablement et indéfectivement la paix sur le territoire ukrainien. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Non, moi je pense que l'Ukraine doit avoir la plénitude de son territoire qui était celui qu'elle avait avant cette guerre. »
- 4:38Invité politiqueChiffre
« La Russie perd en moyenne 1000 soldats par jour sur ce territoire-là. »
- 5:00Invité politiqueChiffre
« dans un pays comme la France qui est en état quasiment de quasi-faillite, la France a donné depuis 2022 5 milliards d'euros. »
- 5:06Invité politiqueChiffre
« L'Union Européenne a donné 133 milliards d'euros. »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« Sur ces 133 milliards d'euros, moi je suis député européen, il y avait 33 milliards d'euros qui étaient des prêts. »
- 5:26Invité politiqueChiffre
« pour les centres hospitaliers et régionaux universitaires, où aujourd'hui on a des patients qui meurent aux urgences parce que le personnel soignant n'en pleut plus, il manque 10 à 15 milliards d'euros pour remettre tous nos hôpitaux et nos services hospitaliers et régionaux universitaires sur marche. »
- 5:37Invité politiqueChiffre
« Pareil pour par exemple les brigades de gendarmerie et leur logement, c'est 2 milliards d'euros. »
- 5:41Invité politiqueChiffre
« Et aujourd'hui, M. Bérou veut faire la poche des Français avec deux jours ferrés qui rapporterait 5 milliards. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« C'est 14 milliards et demi par an. Depuis deux ans, ça fait... »
- 8:30Invité politiqueFait
« M. Bayrou, en fait, il fait les poches des Français. Et encore une fois, c'est les classes moyennes qui vont trinquer. »
- 8:33Invité politiqueChiffre
« Il veut mettre en place plus de 20 milliards d'euros d'impôts et sur les entreprises et sur les particuliers, »
- 9:01Invité politiqueChiffre
« Les deux jours fériés, sinon, ça doit rapporter 5 milliards, par exemple. »
- 9:11Invité politiqueChiffre
« Ça nous coûte près de 15 milliards par an. »
Temps de parole
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- Présentateur30 %
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Et bonjour Mathieu Vallée, porte-parole du Rassemblement National. Merci d'être avec nous ce matin en direct sur France Inter. C'est à l'eurodéputé que vous êtes que je m'adresse d'abord à quelques heures d'un rendez-vous qu'on dit crucial, décisif à Washington, trois ans et demi après le début de l'invasion russe en Ukraine. Donald Trump va recevoir tout à l'heure Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, qui arrive épaulé par toute une délégation européenne dont Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la première ministre italienne Georgia Meloni.
Trois jours après le tête-à-tête entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, les choses s'accélèrent. Mathieu Vallée, est-ce qu'il faut pousser à la paix désormais aujourd'hui, y compris aux conditions russes ?
Non, Marine Le Pen a toujours dit qu'il fallait une conférence de la paix avec tous les pays européens, avec évidemment l'Ukraine qui est le pays agressé et la Russie qui est le pays agresseur. Et il faut évidemment que l'Ukraine retrouve la plénitude de sa souveraineté territoriale, qu'elle retrouve le territoire qui était celui qu'elle a toujours eu avant cette guerre, qui a démarré il y a trois ans.
Et donc évidemment que d'abord il faut un cessez-le-feu, c'est important, parce qu'aujourd'hui on a des victimes sur le sol ukrainien, et ensuite il faut que l'Ukraine retrouve évidemment ses frontières, son territoire, sa souveraineté, qui sied à son état tel que le droit international le prévoit. J'ajoute que le sommet qui a eu lieu entre M. Trump et M.
Poutine, qui met d'ailleurs l'Europe un peu hors-jeu, c'est bien qu'aujourd'hui il soit à Washington, et bien c'est vrai que c'est un enjeu fondamental pour notre sécurité, pour la sécurité des Ukrainiens, pour la sécurité des Européens, et ce cercle des pays volontaires qui a été créé en mars 2025, des 33 pays, d'ailleurs je m'étonne qu'il y ait la Turquie, la Turquie qui occupe illégalement Chypre, et qui nous crache à la figure, et qui a des valeurs islamistes qui ne sont pas les valeurs humanistes de la France, et bien effectivement c'est vrai qu'il y a un gros enjeu, et nous avons toujours dit qu'il faudra une conférence de paix pour pouvoir rétablir durablement et indéfectivement la paix sur le territoire ukrainien.
Et je retiens votre expression, vous la trouvez hors-jeu là, l'Europe ?
Bah écoutez, ça se joue entre M. Trump et M. Poutine, il y a eu une politique spectacle qui a eu lieu la semaine dernière, nous avons toujours dit que M. Trump défendait ses intérêts, l'intérêt des Etats-Unis, on nous explique que M. Poutine désire garder une partie de l'Ukraine où il y a eu des affrontements féroces, où il y a eu beaucoup de morts, et donc il est hors de question que...
L'Europe réagit immédiatement, deux jours après ce sommet, concertation ce week-end, position commune, on décide d'y aller.
Avant l'Europe aurait dû être au cœur du jeu, c'est l'Europe qui aurait dû lancer les négociations pour arriver à un accord vers la paix. J'estime que les Etats-Unis, qui sont peut-être le gendarme du monde et la première puissance militaire mondiale, diplomatique, économique, militaire du monde, ont un rôle évidemment joué avec notamment l'OTAN, mais en tout cas, c'est quand même à l'Europe, et d'abord avant tout à l'Europe, de pouvoir aller vers un accord de paix qui préserve...
Un accord de paix ou un cessez-le-feu ?
D'abord un cessez-le-feu, parce qu'il faut que... C'est plus le sujet aujourd'hui, visiblement, Donald Trump... Oui, mais Donald Trump, il a sa position, il défend la position des Américains, nous on défend la position des Européens et la position de la France.
Est-ce qu'il s'est aligné sur la position de Vladimir Poutine, Donald Trump, après le sommet en Alaska ?
Je pense que c'est M. Poutine pour l'instant qui est ressorti, sorti de cet échange mondial, pour l'instant, puisqu'il impose ses conditions, il impose son tempo, il impose aussi sa vision, et donc c'est important qu'on puisse avoir dès maintenant la vision européenne, la vision française, la vision qui est celle...
Qu'est-ce qu'elle vous a inspiré cette rencontre vendredi Mathieu Vallée ? La poignée de main de Donald Trump à Vladimir Poutine, les applaudissements sur le tapis rouge, est-ce que c'est comme ça qu'il fallait accueillir le président russe ?
Moi je pense que M. Macron l'avait accueilli en grande pompe au château de Versailles, là aujourd'hui il faut parler avec M. Poutine comme M. Zelensky doit être en première ligne pour défendre son pays et défendre l'intérêt de son pays, et donc absolument, mais il faut aujourd'hui discuter avec M. Poutine pour rétablir la paix, pas à ses conditions, mais à la condition des Ukrainiens et du président Zelensky.
On discute, est-ce qu'on applaudit, est-ce qu'on serre la main, est-ce que c'est un partenaire d'égal à égal ?
Moi je ne suis pas pour la politique spectacle, donc ce n'est pas moi qui vais vous dire qu'il faut applaudir et qu'il faut s'en féliciter. Après il y a d'autres sujets qu'on peut rentrer peut-être plus profond sur les financements, sur le matériel de défense, il y a quand même aujourd'hui des sujets qui se posent vis-à-vis de l'Ukraine.
Est-ce que l'Ukraine doit renoncer à certains de ses territoires ?
Non, moi je pense que l'Ukraine doit avoir la plénitude de son territoire qui était celui qu'elle avait avant cette guerre.
Jusqu'à la Crimée ?
En tout cas avant...
Quand vous remontez le début de la guerre ? 2014 ?
Non, non, non, non, moi je vous parle de... Écoutez, ni M. Hollande ni M. Macron ne sont revenus sur cette problématique de la Crimée. Moi je vous parle du Donbass, que je vous parle de tous ces territoires que revendique aujourd'hui la Russie vis-à-vis de l'Ukraine.
Mais sur laquelle la Russie n'a pas entièrement le contrôle ? Non, non, bien sûr, mais il y a eu... Environ 70% du territoire.
La Russie perd en moyenne 1000 soldats par jour sur ce territoire-là. L'Ukraine a bien défendu pour l'instant grâce à l'aide européenne et internationale son territoire. Ce serait quand même une défaite cinglante et majeure que de lâcher à M. Poutine ces territoires qui sont défendus ardemment par les Ukrainiens.
Donc soutien massif, sans ambiguïté du Rassemblement National à l'Ukraine.
Madame, juste si je peux me permettre sur les financements, je ne sais pas si vous avez la notion des prix, mais dans un pays comme la France qui est en état quasiment de quasi-faillite, la France a donné depuis 2022 5 milliards d'euros. L'Union Européenne a donné 133 milliards d'euros. Sur ces 133 milliards d'euros, moi je suis député européen, il y avait 33 milliards d'euros qui étaient des prêts. Quand on interroge la Commission Européenne et le Parlement, on nous explique que finalement on ne les reverra jamais.
Et c'est trop l'enjeu de sécurité des Européens et des Français n'est pas à la mesure du soutien militaire qui est apporté à l'Ukraine ?
Vous savez que par exemple pour les centres hospitaliers et régionaux universitaires, où aujourd'hui on a des patients qui meurent aux urgences parce que le personnel soignant n'en pleut plus, il manque 10 à 15 milliards d'euros pour remettre tous nos hôpitaux et nos services hospitaliers et régionaux universitaires sur marche. Pareil pour par exemple les brigades de gendarmerie et leur logement, c'est 2 milliards d'euros. Et aujourd'hui, M. Bérou veut faire la poche des Français avec deux jours ferrés qui rapporterait 5 milliards.
Le soutien militaire à l'Ukraine n'est pas justifié, Mathieu Vallée ?
Mais oui, mais c'est justifié, madame. Mais comment on va revoir l'argent ? Les gens se disent qu'on aide le monde entier, on aide l'Ukraine, on n'est même pas capable de protéger nos gendarmes, de protéger nos hôpitaux, de soigner les Françaises et les Français qui sont dans la difficulté. Donc moi je veux bien qu'on aide indéfiniment les gens du monde entier, l'aide au développement.
Indéfiniment. Il est aussi question, Emmanuel Macron le disait hier soir, de la sécurité des Français.
On parle aussi de la France en parlant de l'Ukraine. C'est 14 milliards et demi par an. Depuis deux ans, ça fait...
On va venir au budget de François Bayrou dans un instant. Emmanuel Macron disait hier...
Je pense que ça intéresse les Français de savoir comment ils vont terminer les fins de mois et s'ils vont avoir les poches qui vont être encore plus faites jusqu'au bout alors qu'ils ont aujourd'hui un ras-le-bol fiscal.
Marine Le Pen disait d'Emmanuel Macron il y a quelques mois qu'il jouait avec les peurs des Français en agitant la menace russe. Vous êtes en désaccord avec le président français quand il dit que l'avenir de l'Ukraine, les négociations qui ont lieu aujourd'hui à Washington sont un enjeu de sécurité pour les Européens à l'avenir et y compris pour les Français.
Mais M. Macron, à part parler, qu'est-ce qu'il fait, madame ?
Vous êtes d'accord ou pas avec ce constat ?
Non mais il y a un enjeu évidemment européen de sécurité européen. Mais pardon, moi je suis l'ancien policier sur les terrasses, sur les Champs-Elysées, j'ai pas vu des chars russes ou des soldats russes décimer mes compatriotes. J'ai vu des terrasses islamistes, par contre, décimer mes compatriotes quand j'étais officier de police le soir du 13 novembre, par exemple. Donc la menace islamiste, ils n'en parlent absolument plus.
Une menace n'en éclipse pas une autre.
Mais bien sûr, pardon, en tout cas, j'ai l'impression que le conflit contre l'Ukraine par la Russie, aujourd'hui mobilise nos attentions, mais on oublie la menace au Sahel, la menace en Afrique subsaharienne, la menace au Moyen-Orient, la menace en zone pakistano-syrienne-afghane. Donc tout ça, c'est des sujets qu'on n'évoque plus. Moi, je l'évoque au Parlement européen. Et la menace islamiste qui menace nos démocraties n'est pas sous-évaluée, elle n'a pas baissé.
Les attaques cyber-brusques sont déjà une réalité.
Tout à fait, bien sûr, madame. Mais c'est pour ça qu'il y a un office central qui lutte contre la cybercriminalité, qu'il faut évidemment renforcer, et que nous, au niveau de la police judiciaire, on renforcera pour lutter contre ces menaces-là, par exemple. Mais évidemment qu'il y a un sujet de sécurité européenne. Évidemment, mais M. Macron, il ferait bien, par exemple, de défendre la vente de rafales, plutôt que d'avoir des F-35 qui seront tributaires des États-Unis et des Américains et qui mettent en cause et gravement en danger notre indépendance énergétique, militaire et matérielle de défense nationale et européenne.
Vous parliez tout à l'heure du budget, Mathieu Vallée. Que va faire le RN ? Est-ce qu'il a déjà décidé de la censure ou pas ? Est-ce que vous croyez à une réécriture de la copie de François Bayrou, ces 44 milliards d'euros d'économies prévues, qui ne satisfont pas au Rassemblement National comme à l'ensemble des oppositions ?
M. Bayrou, en fait, il fait les poches des Français. Et encore une fois, c'est les classes moyennes qui vont trinquer. Il veut mettre en place plus de 20 milliards d'euros d'impôts et sur les entreprises et sur les particuliers, dans un pays où on crève de normes, où on est le pays où on impose le plus nos entreprises.
Vous négociez ou vous censurez, Mathieu Vallée ?
Nous, on négocie, on n'est pas l'extrême-gauche, c'est le chaos. Je sais bien que, finalement, chez les LFistes, les communistes, les socialistes, les écologistes, c'est en avant, camarades, soyons solidaires et menons le combat, en disant cet instant mal, comme dirait M. Marché. Mais, Georges Marché, nous, on veut négocier, on ne veut pas le chaos.
Les jours fériés ?
Les deux jours fériés, sinon, ça doit rapporter 5 milliards, par exemple. Je l'ai dit, au développement, on va financer des pays africains, on va financer des pays asiatiques, on va financer le monde entier. Ça nous coûte près de 15 milliards par an. Vous avez là, vous voyez, par exemple, des économies.
Dernier mot, Mathieu Vallée, parce que le temps nous presse. Est-ce que vous vous associez, comme la France insoumise hier, à la mobilisation du 10 septembre, contre ce budget ?
Alors, si j'ai le temps de vous dire, deux secondes, mon avis sur ça, le 10 septembre, je ne veux pas que ça devienne la journée nationale des gauchos. Voilà, je n'ai pas envie que l'extrême-gauche et l'ultra-gauche, ça qu'à part la russe, ça qu'à part nos démocraties, parce qu'à chaque fois, c'est le chaos. Sur les retraites, sur les lots de travail, sur tous ces sujets sociétaux, sociaux et économiques, à chaque fois, ça a été le chaos. Et quand je vois révolution permanente, extinction, rébellion, tous ces fous furieux de l'extrême-gauche et de l'ultra-gauche qui veulent transformer la rue en champ de bataille, c'est non. Et moi, ça me fait peur.
C'est un rassemblement qui se voulait populaire, et moi, j'ai bien peur que ça va devenir un rassemblement d'enfer.
À ce stade. Merci beaucoup, Mathieu Vallée, eurodéputé, porte-parole du Rassemblement National, d'avoir été ce matin avec nous. Merci.
Matthieu Valet