Arc : "Si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas devant vous aujourd'hui", déclare le PDG Timothée Durand
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Quelles conséquences la suppression de 750 emplois a-t-elle eues sur le fonctionnement de l'usine ?
- 1:01FerméeRéponse directe
Ça veut dire que vous produisez moins ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous simplifié dans les process de l'entreprise aujourd'hui ?
- 1:39FerméeRéponse directe
Rentable dès la première année ?
- 2:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pourriez dire aux salariés licenciés pour leur expliquer que tout ça était nécessaire ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Le climat social, aujourd'hui, est apaisé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37PrésentateurFait
« aujourd'hui, vous avez à Arc environ 2700 salariés contre 3500 il y a encore un an »
- 0:50InvitéFait
« L'activité est la même, puisqu'on a gardé les mêmes volumes de production »
- 0:55InvitéFait
« on avait un besoin de se redimensionner industriellement avec la fermeture d'un four et de concentrer notre production sur cinq fours aujourd'hui »
- 1:30InvitéPromesse
« Il fallait être rentable dès la première année pour pouvoir redresser cette entreprise »
- 1:50InvitéPromesse
« On sera rentable dès la première année, c'était l'objectif »
- 2:53InvitéChiffre
« On a réussi à avoir 500 volontaires dans ce plan de départ »
- 2:57InvitéChiffre
« il y a eu un peu moins de 200 personnes qui ont dû être désignées et licenciées »
- 4:21InvitéFait
« on est capable de produire des verres qui ont une finesse au buvant de 0,7 millimètre »
- 5:26InvitéFait
« ils nous ont demandé de fabriquer un verre avec une base en forme d'étoile »
- 5:40InvitéFait
« Beaucoup de verriers concurrents ont renoncé »
- 6:36InvitéFait
« aujourd'hui, nous n'avons plus de subventions »
- 6:54InvitéFait
« Moi, si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas devant vous aujourd'hui »
- 7:30InvitéFait
« Du sable que l'on chauffe à 1500 degrés pour le transformer en verre »
Temps de parole
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- Présentateur38 %
- Présentateur 25 %
- ?2 %
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A 7h44, c'est l'invité d'ici matin. Aujourd'hui, c'est le PDG de la VeriArc que nous recevons. Timothée Durand nous présente sa stratégie pour relancer l'entreprise de l'Odomarois, entreprise emblématique de notre région évidemment, et qui a échappé il y a six mois, Thomas, à la liquidation judiciaire. Bonjour Timothée Durand. Merci de
m
'accueillir. Vous êtes le PDG de la VeriArc 1825, puisque l'entreprise a été renommée à votre arrivée. Votre plan de relance dans l'offre que vous avez déposée à l'époque impliquait la suppression de 750 emplois. Quelles conséquences cela a eues sur le fonctionnement de l'usine ?
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez à Arc environ 2700 salariés contre 3500. Il y a encore un an, cela veut dire que l'activité est différente aujourd'hui.
L'activité est la même, puisqu'on a gardé les mêmes volumes de production, mais on avait un besoin de se redimensionner industriellement avec la fermeture d'un four et de concentrer notre production sur cinq fours aujourd'hui. Et aussi redimensionner les équipes pour pouvoir être rentable.
Ça veut dire que vous produisez moins ? Ou la production est vraiment la même en termes
de quantité
?
On produit
exactement la même quantité.
Pour vous, réduire le nombre d'emplois signifie simplifier certaines choses pour réduire les coûts, puisque c'était un des enjeux de la reprise d'Arc quand vous avez déposé cette offre. Qu'avez-vous simplifié dans les process de l'entreprise aujourd'hui
?
C'est une simplification qui est en cours et qui n'est pas terminée, mais on avait un besoin urgent de baisser cette organisation, de la rendre plus compétitive. Il fallait être rentable dès la première année pour pouvoir redresser cette entreprise. C'est mon projet jour après jour.
Rentable dès la première année ?
C
'est-à-dire que vous ferez un bilan de votre arrivée au mois d'avril ?
A
priori, ça fera un an au mois d'avril ? On verra à ce moment-là ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné ?
On sera rentable dès la première année, c'était l'objectif. On veut pouvoir apporter de la trésorerie pour investir dans le futur, augmenter les innovations, et ce projet de redressement a impliqué de la rentabilité dès le premier jour.
On va parler de la production des innovations que vous mettez en place, mais dans les suppressions de postes qui ont été décidées, il y avait environ 200 licenciements. Nous avions interrogé à l'époque sur ICINOR des salariés qui s'imaginaient travailler toute leur vie chez Arc, qui ont pu commencer dans cette entreprise, qui ont perdu leur travail. Qu'est-ce que vous pourriez leur dire ce matin, que tout ça était nécessaire, qu'il fallait le faire, qu'on n
'ait
pas le choix
?
Évidemment, quand on prend ce genre de décision, quand on monte un projet de reprise qui implique des réductions d'emploi, ce n
'est
pas avec plaisir, et particulièrement pour moi, qui suis une aventure familiale.
Parce que votre
grand-père, votre père ont été aussi dirigeants de l'entreprise.
Exactement, qui ont connu l'ensemble des salariés et leur famille. Néanmoins, dès le premier jour, j'ai rencontré les représentants du personnel pour expliquer ce projet.
Et
on a souhaité favoriser le volontariat. Et je pense qu
'on
l'a bien fait. On a réussi à avoir 500 volontaires dans ce plan de départ. Malheureusement, à la fin, il y
a
eu un peu moins de 200 personnes qui ont dû être désignées et licenciées. C'est bien malheureux. Mais c'était absolument nécessaire pour préserver cette belle verrie.
Le
climat social, aujourd'hui, est apaisé. Gérard, justement, après ces 200 licenciements, c'est quelque chose qui n'est pas anodin dans une entreprise, encore une fois.
Écoutez, je crois qu'avec les valeurs de ma famille et mes valeurs, le climat social a toujours été apaisé. C'est évidemment difficile pour les personnes qui ont été impactées. Mais les salariés, leurs familles ont compris la nécessité de faire cette réorganisation.
Ici Nord, il est 7h47. Nous sommes en direct avec Timothée Durand, PDG de la VeriArc 1825. Timothée Durand, votre plan de relance impliquez deux choses. Réduire la dette de l'entreprise et développer, relancer son activité. A 7h, tout à l'heure, nous entendions une directrice des collections nous présenter les verres ultra fins que vous produisez désormais. Pourquoi vous êtes-vous lancé sur ce créneau ?
En
fait, ce qui a fait le succès d'Arc, c'est l'innovation. Et j'ai souhaité augmenter les moyens pour innover.
Et
une belle innovation que nous avons lancée cette année, ce sont des verres à dégustation de vin extra fins,
qui
sont à des prix très compétitifs, puisqu'ils sont vendus 6-7 euros pièce. Et donc, nos verriers ont développé pendant des mois ces verres. Et maintenant, on est capable de produire des verres
qui
ont une finesse au buvant de 0,7 millimètre. Et je vous conseille de les essayer parce que ça met en valeur le vin que vous pouvez déguster.
On parle avec ce verre de verre premium, c'est-à-dire qu'il est de meilleure qualité, que tout le monde ne peut pas le faire. A priori, c'est comme ça que vous comptez vous démarquer de la concurrence, notamment de la concurrence chinoise, en proposant des verres à haute qualité qui ne sont pas produits ailleurs.
Souvent, les verres de cette finesse sont faits à la main, souffles et bouche, on dit dans notre jargon. Mais ils sont beaucoup plus chers.
Et
donc, l'innovation, c'est de faire des verres extra fins à la machine et de manière très compétitive.
Et de pouvoir les faire moins chers aussi que les concurrents, j'imagine. Développer l'activité, ça veut dire diversifier la production, innover comme vous venez de le dire, et trouver aussi de nouveaux marchés, de nouveaux clients. On peut citer vos marques grand public, Luminark, Arcopal, et puis tous les contrats que vous passez avec des professionnels. Vous avez récemment décroché un contrat auprès du groupe Heineken pour leur fabriquer des verres. Vous avez remporté un prix, je pense, également pour ce... Ça fait partie des nouveaux contrats.
On
travaille avec beaucoup de brasseurs et Heineken est un client très important. Et ils nous ont demandé de fabriquer un verre avec une base en forme d'étoile qui est très emblématique pour cette marque.
C
'était extrêmement difficile de pouvoir faire ce verre. Beaucoup de verriers concurrents ont renoncé. Et nos verriers ont pris le challenge et ont réussi à fabriquer ce verre qui a eu un prix du design très récemment.
Il y a les arts de la table. On peut citer parmi vos clients aussi, en plus c'est une entreprise de la région, les brasseries Goudal. Et puis il y a aussi ce contrat que vous avez décroché avec un groupe CDP qui fournit là des enseignes et des magasins de jardinage, de bricolage. Ce sera pour quel genre de produit
? Alors
là, on peut avoir des boîtes de conservation. On a des produits différents aussi. On cherche à travailler du verre sur d'autres catégories. La conservation, c'était souvent des contenants en plastique. Et nous fabriquons des contenants en verre plus vertueux pour ces marchés-là.
Timothée Dion, êtes-vous optimiste ? Aujourd'hui, après tout ce qu'a traversé l'entreprise, encore une fois, Arc revient de loin, mais a bénéficié d'énormément de subventions publiques. Est-ce que vous pouvez, parler de rentabilité dès la première année, continuer en vous passant des subventions désormais
?
Aujourd'hui, nous n'avons plus de subventions. Oui,
vous en avez eu énormément.
L'État, la région et la CAPSO nous ont beaucoup aidés, c'est vrai. Nous discutons encore beaucoup avec eux, évidemment. Nous sommes un employeur très important dans la région et en France. Moi, si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas devant vous aujourd'hui, parce qu'être entrepreneur nécessite de l'optimisme tous les jours, et particulièrement en ce moment, quand le monde est chahuté avec des nouvelles crises à surmonter.
Des crises qui impliquent aussi une augmentation très forte des coûts de l'énergie, notamment le gaz chez Arc, puisque les fours tournent en permanence, utilisent beaucoup d'énergie pour pouvoir chauffer le verre. Cela vous impacte directement ? Comment est-ce que vous allez répercuter cela ? C'est-à
-dire
que les prix vont nécessairement augmenter aussi ?
En
fait, on est énergivore. Notre métier est incroyable, mais on prend du verre. Du sable que l'on chauffe à 1500 degrés pour le transformer en verre. Et ça nécessite beaucoup d'énergie, à la fois du gaz et de l'électricité, avec une volonté d'augmenter la part d'électricité dans le futur. Une
volonté de décarbonation.
Pour décarboner, exactement. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le prix du gaz et de l'électricité pour les industriels augmente fortement. Et on va vraisemblablement devoir passer des petites hausses de tarifs l'année prochaine auprès de nos clients. Ce qui n
'est
jamais facile quand, en face, s'il
y a
une baisse du pouvoir d'achat.
En tout cas, vous êtes optimiste. C'est ce que vous nous avez dit. Merci beaucoup, Timothée Durand, d'avoir accepté notre invitation ce matin sur ICINOR, PDG d'ARC 1825, la verrie emblématique de Lodo Marois. Bonne journée à vous. Merci.
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