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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 20 octobre 2025 28 min

Rachid Temal : « Nous sommes face à un gouvernement de droite et à un budget de droite »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Rachid Temal, merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes sénateur socialiste du Val d'Oise, vice-président de la commission des affaires étrangères du Sénat. On va commencer, comme d'habitude, en regardant trois unes de presse régionale. On est à sélectionner, on recommence par la une du Dauphiné. Sept minutes, l'incroyable case du Louvre. Huit bijoux d'une valeur inestimable ont été dérobés hier. Les voleurs sont passés par la fenêtre. La deuxième une, c'est celle de la Marseillaise. Santé mentale, le péril jeune. Un tiers des 11-24 ans vont mal. Les moyens dédiés au bien-être mental de la jeunesse font défaut.

C'est ce que dit le professeur Marcel Ruffaut. Et puis la dernière une, c'est celle de Nice Matin. Cure thermal, la fin du 100% remboursée. C'est la question à la une du journal. La Cour des comptes qui veut supprimer le remboursement intégral des patients. Le secteur dénonce une mesure injuste. Quelle une avez-vous envie de commenter ?

1:04
Rachid Temal

La Marseillaise, ça vous fera plaisir. Et sur un sujet effectivement ô combien important la santé mentale des plus jeunes. D'abord parce que la santé mentale, en tout cas c'est le parent pauvre de l'hôpital qui lui déjà va très mal. Donc on imagine l'état de la santé mentale. Et c'est vrai que je pense qu'on ne mesure pas encore les effets notamment du Covid et de tout cela entraîné. Et donc c'est vrai que le manque de moyens, c'est une forme de bombarde entardement. Et puis c'est vrai que l'arrivée massive, en tout cas maintenant, dans ces générations-là, où ils n'ont connu qu'eux aussi la question du numérique, etc. Tout ça crée des bulles. Les réseaux sociaux, les numériques, etc.

Ça fait que le rapport à l'autre, le rapport à soi m'a forcément impacté. Et c'est vrai que là, c'est un sujet majeur. Alors il y avait eu la question qu'il y ait une prise en charge minime à une époque pour la jeunesse, mais je pense qu'il faut revoir d'autres dispositifs. Et surtout dire que ce n'est pas grave d'aller voir, d'être soigné, d'être accompagné. Je veux dire, c'est comme ça qu'on grandit quand on en a besoin. Et donc c'est important qu'on ait les moyens, qu'il y ait une appréhension qui soit dépassée. Donc je pense que ça veut dire qu'il faut que la société, dans son ensemble, s'en donne les moyens et prenne conscience de la réalité de notre jeunesse.

2:21
Présentateur

On passe à l'actualité du Parlement. Et l'Assemblée nationale entame donc aujourd'hui l'examen du budget. Ce ne sera ni le budget des socialistes, ni le budget de Sébastien Lecornu. C'est ce qu'a dit hier la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon dans Le Parisien. Est-ce que vous pensez un compromis possible entre le PS et le Bloc central, le gouvernement ?

2:37
Rachid Temal

Mais en fait, ce n'est pas du tout le budget des socialistes, bien évidemment. C'est un gouvernement de droite et c'est un budget de droite. Ce que nous avons fait, nous, les socialistes, nous avons fait le choix de ne pas être les agents du chaos. Je note que ces dernières semaines, les agents du chaos, les vecteurs du chaos, c'était ce qu'on appelle le socle commun. Donc quand vous entendez Édouard Philippe, quand vous entendez M. Bruno Retailleau, quand vous entendez Gabriel Attal. Donc toute la question c'était est-ce qu'on mettait du chaos dans le chaos ou est-ce qu'on essayait de faire avancer des choses pour les Français ?

Nous avons fait ce choix-là d'abord en proposant, nous, un budget. Et en avançant, avant même l'examen du budget qui démarre aujourd'hui à l'Assemblée, nous avons fait une première victoire pour les Français, pas pour les socialistes, pour les Français. La suspension jusqu'à la présidentielle de la retraite borne qui était décriée par à peu près tout le monde, même une partie de la droite, fait que c'est une vraie avancée, une vraie victoire pour les Français. Ça c'est le premier point. Ensuite, dans ce budget-là, qui n'est pas notre budget, je le rappelle encore une fois, il y a des mesures qui ne nous conviennent pas.

Et donc, ce qui est le boulot d'un parlementaire, qu'on soit député ou sénateur ou sénatrice, c'est justement de faire le travail que nous allons faire maintenant. Les socialistes à l'Assemblée, nous allons le faire ensuite au Sénat, déposer des amendements, combattre, voter, obtenir des victoires pour les Français. Donc, vous pensez obtenir un budget de compromis ? Et puis, à la fin, on verra ce que nous ferons en finale. Nous ne voterons pas le budget, mais en tout cas, nous verrons ce que nous ferons sur les autres mesures. Le compromis, vous savez bien… Vous pourriez vous abstenir.

4:00
Présentateur

Vous pourriez vous abstenir.

4:01
Rachid Temal

Oui, mais vous savez bien que le compromis est d'ailleurs même compliqué, parce qu'un des problèmes que nous avons dans ce jeu de déstabilisation, c'est l'état des Républicains. Puisque nous avons bien compris que les Républicains, il y avait, comme dirait l'autre les Républicains du Sénat, les Républicains de l'Assemblée. Et qu'entre eux, c'est un peu des oppositions. Donc, il serait bon, d'abord, que ce qu'ils appellent le socle commun arrête de constamment déstabiliser, de rajouter du bordel.

4:25
Présentateur

Donc, le problème, il va plus venir du Bloc central que des socialistes pour trouver un compromis sur ce budget, selon vous ?

4:30
Rachid Temal

Je vous donne un exemple concret. Tout le monde est d'accord pour la suspension des retraites. Et puis, vous avez, hier, j'ai écouté le président du Sénat, j'ai rarraché, en tant que chef des Républicains, évidemment, nous a dit qu'il serait opposé à cette suspension de la réforme des retraites. Ça nous interroge, puisque je rappelle que, de l'autre côté, les députés n'ont pas voté la censure contre le gouvernement de M. Lecornu, qui a annoncé cette suspension. Vous voyez bien que c'est de là que vient le problème.

4:56
Présentateur

Gérard Larcher, il a dit autre chose hier, il a redit plutôt autre chose, que la taxe Zuckman, selon lui, est inconstitutionnelle. Ce n'est pas votre avis ?

5:04
Rachid Temal

Alors, je n'ai pas noté que Gérard Larcher était passé, dans la nuit, près de la présidence du Sénat à la présidence du Conseil constitutionnel. Ce qu'on a déjà dit sur cela, c'est quoi la taxe Zuckman ? C'est l'idée qu'il faut que ceux qui ont, et tant mieux pour eux, ont eu des revenus augmentés très sensiblement. Et ceux qui sont tout en haut, tout en haut financièrement, j'ai envie de dire, en termes de revenus, ont dit qu'il y a un effort, il faut que chacun contribue à la proportion de ses capacités. Ils ont augmenté leurs capacités, on leur demande d'augmenter leur participation, leur effort.

Bon, ben, si le Premier ministre trouve d'autres outils, nous parlerons de ce que ça veut dire. Mais, je veux dire, la question...

5:41
Présentateur

Donc, vous n'êtes pas à rec-bouter sur la taxe Zuckman, même si Olivier Faure veut la réintroduire par amendement ?

5:45
Rachid Temal

Mais personne n'est à rec-bouter sur rien. Ce qu'on veut à la fin, c'est que...

5:47
Présentateur

Pourquoi la réintroduire par amendement, alors ?

5:49
Rachid Temal

Mais parce que, pourquoi on ne l'introduirait pas ? Pourquoi on n'aurait pas le droit de mettre des amendements ? C'est le principe de base. Ce qu'on vous dit simplement, c'est que nous allons mettre des amendements, il y aura des débats, et s'il y a d'autres mesures, ce qu'on appelle un rendement suffisant, pour pouvoir alléger la charge des Français, on verra à ce moment-là. Mais commençons le débat, permettez le débat. Si on pourrait interdire aux socialistes de déposer tel ou tel amendement ? Je crois que, dans la peine, encore une fois, ceux qui ont été les plus responsables, ce sont les socialistes.

6:14
Présentateur

Sur les franchises médicales, dans le budget de la sécurité sociale, ça aussi, c'est un autre point, ligne rouge, en tout cas, des socialistes.

6:20
Rachid Temal

Alors, je ne parle pas de ligne rouge, on ne fait pas un budget avec des lignes rouges. On fait des propositions, des oppositions.

6:25
Présentateur

Donc là-dessus aussi, justement, parce que Maude Bréjeon, la porte-parole du gouvernement, elle ouvre la porte à un élargissement du public qui serait exonéré de ses franchises médicales. Un compromis est possible autour de ça ?

6:34
Rachid Temal

Mais attendez, vous me parlez d'une porte-parole qui dit, je ne sais quoi. Vous savez, moi, je suis très simple comme garçon, comme des socialistes. Il y aura des amendements du gouvernement et de l'ensemble des groupes. Et ces amendements par amendement, on regardera concrètement ce que ça a comme impact pour les Français. Notre boussole, notre juge de paix, c'est que les Français vivent mieux. C'est assez simple comme explication, nous. Nous ne sommes pas là pour faire des coups, nous ne sommes pas là pour déstabiliser qui que ce soit. Nous ne sommes pas dans une fracture, contrairement à d'autres partis. Nous voulons améliorer la vie des Français.

Donc à chaque fois qu'il y aura des propositions, nous les étudierons. Nous ferons nous-mêmes nos propositions et nous regarderons ce qui se met, ce qui est aussi dans le débat politique.

7:10
Présentateur

On va revenir sur la suspension de la réforme des retraites qui a donc été annoncée par Sébastien Lecornu. Mais sera-t-elle vraiment mise en œuvre à l'issue des débats parlementaires où le PS s'est-il fait piéger ? C'est votre éclairage, Alexandre. Le gouvernement qui a donc promis aux socialistes une suspension de la réforme des retraites en échange d'une non-censure. Mais l'adoption finale de cette mesure au Parlement est très incertaine. Expliquez-nous pourquoi.

7:30
Sébastien Lecornu

Cela dépend du véhicule législatif, c'est-à-dire le moyen par lequel on change la loi. Alors pour suspendre la réforme des retraites, il y a plusieurs scénarios possibles. D'abord, un texte de loi simple. Alors visiblement, ce n'est pas le scénario qui est choisi par le gouvernement. Pour une question de délai, Sébastien Lecornu a promis que cette suspension interviendrait pour les Français à partir du 1er janvier 2026. Et d'ici là, une grande partie du calendrier au Parlement est occupée par l'examen du budget. Et donc, il n'y a pas de place, il n'y a pas de temps pour examiner un texte de loi sur les retraites.

8:01
Présentateur

La deuxième option, c'est intégrer la suspension de la réforme des retraites dans le budget.

8:05
Sébastien Lecornu

Oui, c'est l'option qui a été privilégiée la semaine dernière par le gouvernement. Sébastien Lecornu avait annoncé qu'il déposerait un amendement pour modifier le budget de la Sécurité sociale 2026 lors du débat au Parlement. Cet amendement doit être ensuite voté par une majorité de parlementaires, notamment à l'Assemblée nationale. Il semble y avoir une majorité pour cette suspension, que ce soit à gauche ou du côté du Rassemblement national, même par certains élus du Bloc central. Mais pour que cet amendement soit adopté définitivement, il faudra que le budget de la Sécurité sociale soit adopté dans son ensemble. par une majorité de députés.

Et c'est là où est le problème, notamment pour le Parti socialiste, car vous en avez parlé, dans ce budget de la Sécurité sociale déposé par le gouvernement, il y a des mesures qui sont rejetées par la gauche. Le gel des pensions de retraite, le gel des aides sociales, notamment des allocations logements, ou encore le doublement des franchises médicales, c'est-à-dire la hausse du prix du médicament pour les Français. Alors, même si les socialistes espèrent remanier ce budget durant les débats, il pourrait être au final bien difficile à voter pour la gauche. Et puis, il y a la question du délai, le délai d'examen de 50 jours maximum pour examiner ce budget de la Sécurité sociale.

Si ce délai est dépassé, le budget n'est pas adopté, et le gouvernement pourrait se retrouver obligé de le faire passer, soit par ordonnance, soit par une loi spéciale.

9:21
Présentateur

Et alors, il y a une troisième option qui est apparue ce week-end.

9:24
Sébastien Lecornu

Oui, cette option, elle est proposée par le constitutionnaliste Benjamin Morel, qui d'ailleurs vient souvent dans cette émission. Selon lui, concernant la suspension de la réforme des retraites, le gouvernement devrait faire, je cite, une lettre rectificative permettant de compléter un projet de loi déjà déposé devant le Parlement, mais avant son examen par la première Assemblée saisie. Alors, si le budget de la Sécurité sociale originelle était au final appliqué par ordonnance par le gouvernement, faute d'adoption au Parlement, et bien ce texte originel comprendrait bien alors la suspension de la réforme des retraites grâce à cette lettre rectificative.

Une lettre rectificative qui d'ailleurs, depuis, est demandée par les oppositions au gouvernement. Jean-Luc Mélenchon en tête, je le cite, « Il apparaît qu'il existe un moyen d'obliger le gouvernement à tenir parole. » Merci à Benjamin Morel qui le fait connaître. C'est le procédé de la lettre rectificative. Marine Le Pen, également, demande à Sébastien Lecornu de déposer en urgence une lettre rectificative sur son projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour garantir la viabilité juridique d'une suspension de la réforme des retraites avant son vote par l'Assemblée.

Mais le problème, c'est que cette lettre rectificative pourrait obliger le Parlement à raccourcir les délais d'examen du budget cet automne. Et ça, pour le Sénat, c'est hors de question. On va écouter le président du Sénat, Jérôme Larcher. Il était hier dans l'émission Grand Jury RTL Public Sénat.

10:45
Invité

Nous avons 70 jours pour examiner le budget. On a des réalités calendaires. Bien sûr, la pureté serait de faire une lettre rectificative soumise au Conseil d'État. Alors, pour nos auditeurs et nos téléspectateurs, c'est un peu de la technicité parlementaire. Mais ça retarde d'autant l'éventuelle transmission au Sénat dix jours. Et là, il n'est pas certain que nous tenions... Les délais ? Les délais. Donc, vous n'êtes pas favorable à la lettre. Le Sénat ne s'amputera pas des quinze jours auxquels il a droit pour examiner le projet de loi.

11:20
Sébastien Lecornu

Voilà, on n'a donc pas fini de cette histoire de véhicule législatif de la suspension de la réforme des retraites. Rachid Temal, on voit que la suspension de la réforme des retraites que vous avez négociée avec le gouvernement en échange de la non-censure, finalement, pour des questions parlementaires, elle est très incertaine. Est-ce que vous vous êtes fait avoir ?

11:35
Rachid Temal

Très franchement, quand j'entends... Je veux revenir sur les mots. D'abord, ça concerne près de 3,5 millions de Français. Je pense qu'on peut d'abord se saluer de cela. Parce que c'est extraordinaire, c'est comme si tout ça n'existait pas. Vous savez, parce que j'entends Mme Le Pen et M. Mélenchon. Ils sont extraordinaires. Je pourrais même dire cocasse ou ridicule. Voilà des gens qui ne voulaient pas du tout de cette réforme-là, qui voulaient même censure le gouvernement. S'il y avait eu censure le gouvernement, je rappelle qu'on n'aurait pas eu cette suspension de la réforme-bande. C'est quand même eux qui étaient à deux doigts de l'empêcher.

Et qui viennent maintenant faire les Chevaliers Blancs, n'ont pas besoin de leur conseil. Donc, ce que nous disons, les choses sont assez simples. Le Premier ministre a pris un engagement. Nous demandons de le tenir. Et donc, quelle que soit la mesure, il faut le tenir. Donc, après, que d'autres oppositions, alors on ne sait plus vraiment d'ailleurs, que les LR, ça dépend desquels, veulent jouer un jeu de pouvoir à la fin faire la suspension, nous nous battrons. Donc, nous allons maintenant, c'est au Premier ministre de nous dire ce qu'il souhaite faire, comment il le souhaite faire. Et à ce moment-là, nous nous positionnerons.

Mais, rassurez-vous, à la fin, il y aura une suspension de la réforme des retraites.

12:37
Sébastien Lecornu

Vous êtes certain ?

12:39
Rachid Temal

Il y aura une réforme. La réforme sera suspendue.

12:41
Sébastien Lecornu

Même s'il faut passer par des ordonnances pour faire passer le budget, avec cette suspension à l'intérieur, vous êtes prêts à accepter ces ordonnances ?

12:49
Rachid Temal

Mais, encore une fois, il y a un processus législatif. Les scelles à aller jusqu'au bout. Les scelles jusqu'au bout. C'est marrant, tous ces gens qui étaient persuadés que nous n'obtenirons rien. Je vous rappelle, quelques jours avant, les socialistes ne l'auront pas, cette suspension, c'est impossible, ils se sont fait avoir. Et à la fin, nous l'avons. Et maintenant, depuis que nous l'avons, maintenant, c'est… Ah oui, mais on est obligé de vous dire… Mais ces gens-là, je vous rappelle encore une fois, je vous le dis, tous ces gens-là, M. Larcher, Mme Le Pen, M. Mélenchon et d'autres, étaient contre la suspension de la réforme des retraites.

Donc, ils n'ont pas gagné qu'ils laissent ceux qui ont obtenu sa victoire pour les Français…

13:23
Présentateur

Non, mais quand vous entendez Gérard Larcher hier dire que la majorité sénatoriale ne votera pas cette suspension, qu'elle restera fidèle à ses convictions, est-ce que vous vous dites que c'est mal parti ?

13:31
Rachid Temal

Mais vous savez que la majorité sénatoriale actuelle n'a pas le droit de droit et de vie sur l'ensemble du Parlement. C'est une composante du Parlement. Donc, moi, quand j'ai entendu M. le Président Marseille à la tribune du Sénat, c'est pas ce qu'il disait. Donc, je ne suis pas certain que la majorité parle d'une seule voix.

13:49
Sébastien Lecornu

Mais en tout cas, si la suspension de la réforme des retraites, en tout cas, cet amendement est voté par une majorité de députés. Mais qu'au final, il y a un budget avec des mesures qui sont irritantes pour la gauche. Vous n'allez pas le voter, ce budget. Donc, au final, il n'y aura pas de suspension. Mais encore une fois, attendez, soyez patients.

14:04
Rachid Temal

On se projette un peu, c'est normal. Projetez-vous. Moi, je vous le dis qu'à la fin, elle sera dedans.

14:10
Locuteur

Très bien.

14:11
Rachid Temal

Vous êtes certain. Et tous ceux qui, encore une fois, pendant une semaine, nous ont expliqué que nous n'obtenons rien, en seront pour leur argent, comme on dit. Alors, je leur dis, taisez-vous de grâce. Et laissez ceux qui travaillent pour les Français agir. Parce que c'est ce qui se passe. Pendant qu'eux glossaient et voulaient renverser un gouvernement, nous avons obtenu une mesure concrète, précise et majeure pour les Français.

14:31
Présentateur

Avec Sébastien Lecornu qui demande des économies pour compenser le coût de sa suspension. Hier, la nouvelle ministre de la Santé était dans un hôpital à Créteil. Elle a alerté sur le déficit de la sécurité sociale. Il va falloir le diminuer. Si on ne le diminue pas, on a un risque de ne plus avoir de sécurité sociale à terme. Elle a raison ?

14:47
Rachid Temal

Non. Cette dame-là…

14:51
Présentateur

Stéphanie Riste.

14:52
Rachid Temal

Voilà. Je veux dire, je rappelle que c'est son gouvernement depuis 2017. Quand François Hollande a quitté le pouvoir en 2017, les comptes de la sécurité étaient dans le vert. Et le budget d'État est à 3% de déficit. Qu'en est-il aujourd'hui ? Là aussi, tous ces gens qui, depuis quasiment 10 ans, enfin de 2007 à aujourd'hui, ont quand même fait le talent, avec le talent qu'on sait, de tels déficits partout, viennent ensuite donner des leçons. Eh bien, si elle ne sait pas faire la sécu, qu'elle laisse sa place. Et d'autres feront des choses pour y arriver.

15:23
Présentateur

On va continuer à parler de la question de l'hôpital. On va dans le Lot-et-Garonne. Bonjour Joël Auclay. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire PS de Marmande et vous êtes médecin retraité. Joël Auclay, un hôpital est menacé de fermeture dans votre ville. D'abord, expliquez-nous pourquoi.

15:39
Invité

Oui, menacé de fermeture financièrement, je dirais, c'est dû à ce que tous les hôpitaux de notre dimension, de la France dite périphérique, supportent, c'est-à-dire un déficit chronique depuis la sortie de la crise Covid. Donc, effectivement, lorsqu'on a des déficits chroniques, eh bien, on a des tensions de trésorerie. Et c'est la tension de trésorerie qui fait poser cette question-là. Mais l'hôpital de Marmande, il ne peut pas fermer. Il couvre un bassin de 110 000 habitants. Donc, avec une démographie médicale libérale qui est en berne. Donc, vous imaginez bien que l'hôpital ne va pas fermer.

16:18
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendez du gouvernement des pouvoirs publics ?

16:23
Invité

J'attends d'abord que, en premier, l'ARS permette de financer la trésorerie, bien sûr, de l'hôpital. Donc, ils ont déjà fait une avance. Il va falloir en refaire une. Mais plus profondément, il faut vraiment que les pouvoirs publics comprennent que la manière de rémunérer, je dirais, l'activité des hôpitaux ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui, au moins pour les hôpitaux dits périphériques. On ne peut plus continuer avec cette rémunération à la T2A. Aujourd'hui, l'hôpital de Marmande, celui que je connais le mieux, il assure une offre de soins de proximité aux habitants. On prend notre maternité, on doit faire 650 ou 700 accouchements par an.

Le seuil de rentabilité, entre guillemets, c'est 1000. Est-ce que pour autant, on va fermer la maternité de Marmande ? Bien sûr que non. Ce n'est tout simplement pas possible. Donc, à travers cet exemple, je vais vous montrer que les services rendus par ces hôpitaux-là ne peuvent pas mener en l'état actuel de la T2A, de la technique de rémunération des hôpitaux, un équilibre financier. Et alors ça, c'est évidemment des dispositions nationales, mais ça devient très urgent.

17:35
Rachid Temal

D'abord, je partage totalement ce qu'évoque M. le maire, parce que c'est vrai qu'encore une fois, ceux qui voient la France avec un tableur Excel, c'est très simple. On dit c'est 1000, on est à 950, on dit on s'arrête. Mais on ne peut pas s'arrêter, puisque derrière ça, comme me dit M. le maire, c'est un bassin de 120 000 habitants. Moi, j'ai la même chose dans le Val d'Oise. Il y a un sujet, par exemple, sur Magnan-Vexin, la question des urgences la nuit. On dit il n'y a pas suffisamment. Mais d'accord, mais il y a quand même des gens qui doivent venir. Il y a quand même des urgences. Il y a quand même des gens pour qui peuvent mourir, etc.

Et donc moi, je suis effectivement, pour qu'on ait cette vraie réforme, encore une fois, il faut changer cette façon de rémunérer. On sait très bien qu'elle a beaucoup de défauts. Il y a la question de la trésorerie. Il faut en se donner les moyens. Et c'est ce qu'on évoquait tout à l'heure. Soit on considère que l'hôpital, c'est un service public, auquel cas, c'est d'abord permettre à tout Français d'avoir un service à sa disposition, de se soigner. Quand j'entends le Premier ministre dire qu'il faut les maisons France Santé à 30 minutes, jeudi, commençons déjà par sauver les hôpitaux. Puisque dans l'exemple qu'on crée ici, ce serait quoi ?

Ce serait retirer des services pour ensuite créer autre chose ailleurs. Mais alors que nous avons ici des professionnels, des femmes et des hommes qui, au quotidien, sauvent des vies, soignent des gens. Donc c'est pour ça que, quand on vous dit, nous, qu'il faut augmenter les recettes des différents budgets, parce que certains ne nous parlent que de réduire les dépenses, on vous dit qu'il y a aussi des recettes à faire complémentaires. C'est en est l'incarnation, donc plein soutien. Effectivement, c'est pour ça que nous nous battons. Pour aussi maintenir des hôpitaux de qualité, de proximité.

Parce que sinon, on ne peut pas s'étonner ensuite que les gens se disent, finalement, je paye l'impôt et je n'ai plus rien à proximité. On a fermé tous les services. Et c'est une France abandonnée. Et on s'étonne ensuite d'un certain nombre de votes. Bah oui, pour cela, il faut revenir sur les territoires, remettre du service public. Et ça, c'est un choix de société. Ou alors on dit, finalement, les Français auront moins de choses et c'est le désert français qui va repartir.

19:28
Présentateur

– Et quand Sébastien Lecornu ne promet aucune fermeture d'hôpital en 2026, ça vous rassure ?

19:33
Rachid Temal

– Ça me rassurera qu'en fin de 2026, je le constaterai. Mais ça veut dire que là, concrètement, les ARS… Bon, moi, j'ai un débat sur les ARS. – Les agences régionales de santé. – Oui, les agences régionales de santé. Moi, je pense qu'il faut arrêter d'avoir fait en sorte que les ministres n'aient plus de politique publique. Parce qu'à force de mettre des agences au milieu, il n'y a plus rien. Donc moi, je pense que là, concrètement, il faut faire la trésorerie, comme le dit M. Le Maire, et il a raison, il faut passer l'État plus une après l'autre. Et puis c'est comme ça que le Premier ministre tiendra son engagement.

19:55
Présentateur

– Un dernier mot, M. Le Maire, ça vous rassure, vous, que le Premier ministre ne dise pas de fermeture d'hôpital en 2026 ?

19:59
Invité

– Oui, bien sûr, ça me rassure. Concrètement, à Marmande, l'offre de soins, si l'hôpital n'existe plus, mais je ne peux même pas l'imaginer. Enfin, c'est un vrai cataclysme. Juste un exemple, le service des urgences, qui a réussi à reconstituer une équipe entière, assure les soins post-urgence pour les gens qui n'ont pas de médecins traitants, parce qu'on pallie à la difficulté de l'offre de soins en libéral. Donc oui, c'est plutôt rassurant, mais je serai d'accord avec M. le Sénateur, j'attends de voir.

20:30
Présentateur

– Merci beaucoup, M. Le Maire. Merci d'avoir été avec nous depuis Marmande. Un dernier mot de politique sur ces budgets. Mathilde Panot, hier, affirme que les socialistes ont fait un choix très clair, celui d'une alliance avec les macronistes. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

20:45
Rachid Temal

– C'est tellement grotesque que je pense qu'il n'y a pas de réponse à faire. Nous n'avons fait aucune alliance avec qui que ce soit. Nous sommes dans l'opposition. Alors, Mme Panot est habituée des fake news. C'est vrai que quand vous êtes un parti qui dit que la Chine est une démocratie, on peut ensuite s'étonner de son rapport au monde. Donc nous, les choses sont très simples. Nous sommes dans un parti d'opposition, nous sommes dans l'opposition auprès de la République et de son gouvernement. Mais par contre, vous savez, comme dans toutes les oppositions, dans une mairie, etc., vous essayez d'obtenir les choses pour les Français. Parce que sinon, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que finalement, une opposition, pendant cinq ans, elle ne fait rien, elle ne dira rien, elle ne sert à rien. Mais non. Vous essayez d'améliorer à chaque fois les choses pour les Françaises et les Français. On a peut-être deux conceptions de la démocratie. C'est vrai que nous, nous sommes pour le vote, la démocratie, quand eux sont pour le Caudillio ou en tout cas le Grand Timonier.

21:32
Présentateur

– On passe à l'actualité dans votre département. On retrouve Jacques Paquiez. Bonjour Jacques. Merci d'être avec nous, directeur de la rédaction du journal du Grand Paris. Jacques, vous allez nous parler d'un projet, Agoralim, qui serait le futur second Angis.

21:46
Locuteur non identifié

– Qui va être ? – Oui, absolument. C'est un projet très important qui s'implanterait notamment là où un autre projet qui n'a jamais vu le jour aurait dû s'implanter, dans le triangle de Gonesse, Véroulnes-Sous-Bois. On passe devant quand on est sur la 1. C'est un projet assez protéiforme, monsieur le sénateur. J'aurais voulu savoir comment vous regardiez. Est-ce qu'il vous semblait que… Alors j'ai entendu que vous n'aviez pas de ligne rouge en matière budgétaire, mais est-ce que vous avez des garde-fous là par rapport à un projet qui se veut donc une extension de Rungis qui bientôt ne suffirait plus, mais aussi un site à la fois de production agricole, de distribution, de transformation.

On parle d'un investissement d'1,4 milliard d'euros, c'est tout à fait considérable, et la création de 4 à 5 000 emplois. Donc tout ça est énorme. Qu'en pensez-vous, monsieur Thémal, vous qui êtes élu de cette région ?

22:41
Rachid Temal

Alors, pour aller dans vos fiches, je suis le premier parlementaire à avoir soutenu le projet. Donc je soutiens entièrement ce projet depuis le début, et je continue à le soutenir. D'abord, pour que les gens comprennent bien, c'est de se dire que c'est un territoire, le Val-Oise, oublié. Donc ce projet-là, qui est un élément à Goralim, c'est effectivement un sentiment de fierté pour ce département. C'est une activité qui ne sera pas délocalisable. C'est une activité qui aura une dimension citoyenne, bien apprendre à manger, mais également un lieu, effectivement, de production, de transformation et de vente.

Et donc, comme vous le dites, ce sera en partie dans le triangle de Gonesse, donc très bien, mais également dans d'autres villes. Parce qu'à ce jour, et donc j'ai beaucoup échangé avec le président Assez-Maris, qui gère le Rungiste, à ce jour, le premier projet qui va sortir de terre, les saules sont lancées, c'est à Goussinville. Donc on n'est pas dans le triangle exactement. Donc c'est bien un projet du Valois sur plusieurs communes, dont le premier projet est à Goussinville. Et donc les choses avancent.

Et donc concrètement, ça veut dire que dans le Valois, dorénavant, il y aura un projet à dimension nationale, et je pense que c'est un élément de fierté, de dire, eh bien là, dans le Valois, vous pouvez à la fois produire de l'alimentation, les transformer et les vendre. Et donc, je crois que c'est un outil de rayonnement. Et puis après, vous savez, ça permet aussi de diffuser, notamment dans le nord de la France et dans le nord de l'Europe. Donc moi, j'y suis totalement favorable. Et il y a un travail qui est fait que je salue, à la fois par la Sémaris, les élus, le préfet qui est aussi impliqué.

Moi, je vous le dis, et d'autres élus, mais je suis le premier à avoir soutenu ce projet-là, parce que je crois que c'est une bonne chose et pour le département du Valois, et j'ai envie de dire, pour son agriculture et pour ses citoyens.

24:19
Présentateur

Vous avez une deuxième question, Jacques ?

24:21
Locuteur non identifié

– Oui, je vais savoir, parce que vous soutenez aussi, M. Temal, la ligne 19, qui serait une nouvelle ligne du Grand Paris Express qui desservirait le nord, en reliant la défense à Roissy. Il y a la ligne 17 du Grand Paris Express qui est toujours en gestation, mais on vient d'annoncer un retard pour la ligne 15 Sud, qui ne sera pas ouverte en 2026, si les informations du Parisien sont exactes. Ma question est la suivante. N'avez-vous pas peur qu'Agoralim, finalement, voit le jour avant que la desserte du Val d'Oise soit améliorée ?

24:53
Rachid Temal

– Alors, pour être totalement précis pour vos téléspectateurs, la ligne 17, elle n'est pas en gestation, elle va se faire, puisque aujourd'hui, je rappelle, le tunnelier est là, la gare qui est dans le Val d'Oise à Goucin-Agonès, Tanc-de-Goucin-Agonès, maintenant, va sortir de terre, elle est construite concrètement, et donc, on va pouvoir relier Roissy. Sur la ligne 19, il faut savoir que j'ai déposé un amendement auprès des uns et des autres pour qu'il y ait, dans l'étude, parce que nous sommes en phase d'étude, il y ait deux branches.

C'est le fait de partir de la Défense, donc un pôle majeur, de relier le centre du Val d'Oise, d'aller se repiquer, pour une part, sur la ligne 17, et l'autre part, sur l'autre branche, d'aller jusqu'à Agoralim. Parce que l'idée, c'est qu'encore une fois, c'est un projet qui prendra du temps, mais il faut y penser maintenant. Et moi, je ne veux pas que dans 5-10 ans, on se dise, tiens, c'est ballot, on n'a pas pensé à Agoralim, alors que c'est un fait majeur. Aujourd'hui, regarder Rungiste avec le métro, ça marche beaucoup mieux.

Donc voilà, donc moi, la demande que nous faisons avec mes amis socialistes du département de la région que j'ai portée en tant que parlementaire, c'est que dans l'étude qui doit être lancée aujourd'hui par la région, par IDF Mobilité, etc., il y ait cette ligne 19 avec ses deux branches, une branche qui se repique sur la ligne 17, pour la Roissy, et une branche qui va vers Agoralim, parce qu'encore une fois, il faut penser la globalité et les transports dès à présent.

26:09
Présentateur

Merci beaucoup Jacques Paquet, la une du journal du Grand Paris, commerce parisien entre rideaux de fer baissé et nouveaux usages. Merci beaucoup Jacques d'avoir été avec nous. Un petit mot de l'actualité internationale, Rachid Emal, puisque vous êtes vice-président de la commission des affaires étrangères et sur l'accord de cesser le feu à Gaza. La journée était difficile hier, Israël accuse le Hamas de violer le cesser le feu, il a bombardé en réponse le sud de Gaza. Donald Trump maintient que l'accord de cesser le feu est en vigueur. Est-ce que c'est un peu un accord en trompe-l'œil ?

26:40
Rachid Temal

D'abord, il faut quand même dire que cet accord-là a permis pour 20 otages qui vivaient depuis deux ans dans des conditions effroyables de retrouver, j'ai envie de dire, la vie, leur famille et puis les corps de ceux qui ont disparu. Ça, c'est une bonne chose. Et deuxième chose, pour aussi les Gazaouis de ne plus avoir de bombes sur la tête toute la journée et les morts. Donc déjà, ne serait-ce que pour ça, c'est un bon accord. La question que vous posez, c'est la poursuite.

Nous, les socialistes du Sénat, nous sommes pour effectivement une autorité qui vient, une autorité internationale qui viendrait concrètement organiser à Gaza et en Cisjordanie finalement ce qui est le futur État palestinien. C'est-à-dire, il faut des pays qui ont des capacités économiques parce qu'il faut reconstruire aéroports, ports, des moyens, tout est détruit. Il faut également des capacités, j'ai envie de dire, militaires, de défense et de sécurité parce qu'il faut permettre aussi aux deux parties de vivre totalement en sécurité. Donc c'est un travail qui est devant nous. La France a beaucoup oeuvré avec le Premier ministre qu'il faut le saluer et donc il faut poursuivre.

Donc oui, comme tout accord de paix, il est fragile. Donc il faut constamment le pousser dans le bon sens.

27:45
Présentateur

Merci Rachid Témal. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.