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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 16 avril 2021 25 min

Calendrier du déconfinement, suspension des allocations familiales… Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gabriel Attal. Hier soir Emmanuel Macron a réuni une partie du gouvernement à l'Elysée pour évoquer la fin des restrictions. Est-ce qu'on sait tout d'abord quand va s'arrêter le confinement ?

0:13
Gabriel Attal

Écoutez, le président de la République s'est exprimé il y a 15 jours dans une allocution. Il a annoncé des mesures de freinage supplémentaires qui s'appliquent à l'ensemble du pays, qui s'appliquaient déjà à un certain nombre de départements. On se souvient des 16 premiers départements le 20 mars, des mesures de freinage, de restrictions de déplacement. Il les a annoncées pour au moins 4 semaines. Et donc à ce stade, il n'y a pas de nouveau calendrier prévu pour ces mesures qui avaient été annoncées pour 4 semaines. Donc pour l'instant, c'est le 3 mai, mais ça peut encore être prolongé au-delà. Par principe, mais c'est des mesures qui ont été annoncées pour 4 semaines.

Je rappelle qu'il y a d'autres échéances qui ont été annoncées, notamment pour la réouverture des établissements scolaires. Le 26 avril pour ce qui est des écoles primaires, maternelles, des crèches. Et puis le 3 mai, la semaine suivante pour les collèges et les lycées. Et ces échéances sont évidemment maintenues. Ce que vous dites sur le confinement, vœux aussi pour le couvre-feu ? Oui, bien sûr, il n'y a pas de date. Il n'y a pas de date qui a été annoncée sur le couvre-feu. C'était une mesure qui était déjà en place avant l'allocution du président de la République.

1:09
Invité

Mais est-ce qu'il se pourrait qu'après le 3 mai, il n'y ait plus de couvre-feu ?

1:12
Gabriel Attal

Moi, je dis qu'il n'y a pas eu d'annonce qui a été faite sur ce sujet-là, qu'il n'y a pas eu de perspective qui a été donnée sur ce sujet-là. Évidemment, Salia Braclia, Marc Fauvel, dès lors qu'on pourra assouplir, on le fera. Mais vous savez bien, il faut rester prudent aujourd'hui. On a une situation épidémique avec un virus qui continue de circuler activement dans notre pays. On a des signaux positifs, notamment un début de stabilisation qu'on observe au niveau national et même une légère amélioration dans les fameux territoires où des mesures ont été prises très tôt dès le 20 mars. C'est le cas, par exemple, de l'Île-de-France, des Hauts-de-France et des Alpes-Maritimes.

Donc, il y a des raisons d'espérer. Il faut continuer à se mobiliser, mais il faut évidemment rester prudent.

1:51
Invité

Alors, justement, pour la levée des restrictions, est-ce que ces réouvertures, elles seront nationales ? Ou alors, par région, est-ce que ce sera territorial ?

1:59
Gabriel Attal

Écoutez, c'est précisément ce sur quoi on est en train de travailler. Vous avez indiqué qu'il y a une réunion qui a eu lieu hier autour du président de la République et du Premier ministre à l'Élysée. On était réunis avec les ministres qui sont concernés pour chacun des secteurs. C'est ce sur quoi on travaille. Et le moment venu, évidemment, le président de la République, le Premier ministre s'exprimeront.

2:16
Présentateur

Avant cette réunion, Emmanuel Macron a discuté avec une quinzaine de maires qui, eux, ont dit que le chef de l'État avait envisagé un scénario de réouverture au cas par cas en fonction de l'évolution dans chaque région du virus.

2:27
Gabriel Attal

Oui, ce que je vous dis, c'est que c'est un dossier qu'on est en train de travailler et que sur la table, il y a évidemment cette possibilité de différenciation. Ce que je vous dis aussi, c'est qu'à ce stade, ça n'a pas été acté. Ça fait partie des pistes, comme vous venez de le dire. Il y a des réunions qui vont se tenir encore dans les prochaines semaines, dans les prochains jours.

2:44
Invité

Parce que le 3 mai, c'est dans...

2:47
Gabriel Attal

Là, on parle de l'agenda de réouverture qui a été annoncé par le président de la République à partir du 15 mai, de la mi-mai. Et donc, d'ici là, évidemment, on aura l'occasion de faire des annonces.

2:58
Invité

Gabriel Attal, il y a un peu plus d'un mois, vous aviez évoqué un retour à la normale d'ici 4 à 6 semaines. Nous n'y sommes, nous y sommes pile aujourd'hui. Est-ce que vous le regrettez ?

3:06
Présentateur

Pour être précis, c'était il y a un mois et demi exactement que vous avez fait cette déclaration. Oui, j'étais chez vous le lendemain. Le 2 mars et ça fait précisément un mois et demi aujourd'hui. Pardon, Salia.

3:14
Invité

Donc, on y est. Et vous le regrettez d'avoir annoncé ça ?

3:17
Gabriel Attal

Moi, vous savez, je suis porte-parole du gouvernement. Je considère que ma responsabilité vis-à-vis des personnes qui nous écoutent, c'est d'être transparent sur nos scénarios, sur les dates sur lesquelles on travaille. Et évidemment, toujours avec la prudence nécessaire. Et d'ailleurs, il faut être précis dans mes propos. J'étais chez vous, d'ailleurs, le lendemain. Je n'avais pas parlé de retour à la normale à la mi-avril. On l'espère tous. À la sortie du projet de démination, vous l'avez dit.

3:37
Présentateur

Depuis des mois, le retour à des vies plus normales est en vue. Il s'agit d'un horizon de plus en plus proche. Nous espérons la mi-avril.

3:42
Gabriel Attal

Non, il y a deux parties de cette intervention. On va être très précis. Et ce que j'avais dit, c'est qu'on espérait que l'impact de la vaccination sur l'épidémie et donc sur l'impact hospitalier nous permettrait de commencer à desserrer certaines contraintes, peut-être dès la mi-avril. Le fait est qu'on n'y est pas. Évidemment, on le regrette. On le souhaiterait. On voit chez un certain nombre de nos voisins qu'eux-mêmes aussi avaient envisagé de pouvoir assouplir ces dernières semaines, ces derniers mois, qu'ils n'ont pas pu.

Je pense notamment en Allemagne où un plan de déconfinement avait été annoncé le 3 mars avec la réouverture d'un certain nombre de lieux, de terrasses pour, je crois, le 23 mars. Ils ont dû revenir dessus parce qu'avec le variant britannique, la reprise de l'épidémie, ils ont dû revenir dessus. Donc évidemment, il faut toujours, moi je crois, dire ce sur quoi on travaille et quel est notre horizon de travail au gouvernement. Si on ne le faisait pas, je pense qu'on nous le reprocherait, parce que c'est important d'être transparent sur les dates sur lesquelles on travaille.

4:33
Invité

Qui t'a donné de faux espoirs aux Français ?

4:35
Gabriel Attal

Il faut toujours être prudent, c'est pour ça que j'avais dit. Peut-être dès la mi-avril, on l'espère, si on a un impact suffisant de la vaccination sur la saturation hospitalière, ce qui évidemment n'a pas été le cas à la mi-avril.

4:46
Présentateur

150 000 commerces toujours fermés en ce moment, Gabriel Attal. Pour eux, l'horizon c'est quoi ? C'est le 4 mai ou c'est plutôt à la mi-mai en même temps que les terrasses des bars, des restaurants et des musées ?

4:57
Gabriel Attal

Dans les mesures qui avaient été annoncées par le président de la République il y a deux semaines dans son allocution, il y avait effectivement la fermeture d'un certain nombre de commerces, ce qui est une mesure difficile, ils sont accompagnés financièrement. Le président de la République avait indiqué que les rouvertures démarraient autour de la mi-mai, et donc c'est autour de la mi-mai que pourront démarrer les rouvertures.

5:14
Présentateur

Donc là c'est la première date, autour de la mi-mai, terrasses des cafés et des restaurants, musées, toutes les terrasses d'ailleurs ?

5:21
Gabriel Attal

Je redis ce que le président a dit, il faut être transparent, être clair et précis comme vous venez de le rappeler. Le président a dit qu'à la mi-mai, certaines terrasses, certains lieux de culture pourraient rouvrir et qu'ensuite il y aura une réouverture progressive. Évidemment que les choses vont se faire... Pourquoi certaines terrasses et pas toutes ? Ça dépend de quoi ? Vous avez différents lieux qui ont des terrasses, c'est pas pareil un restaurant, un café, une discothèque. Vous abordiez tout à l'heure le sujet de la différenciation territoriale qui est une possibilité, voilà ce que ça veut dire.

Après, il y aura un agenda progressif, c'est exactement pour ça qu'on s'est réunis encore hier soir autour du président et du Premier ministre pour y travailler. Il faut être rigoureux, il faut être pragmatique, il faut faire preuve de bon sens, il faut être prudent parce qu'on a vu chez certains de nos voisins, je pense à l'Allemagne que je citais ou à l'Italie, qu'ils avaient rouvert un certain nombre de lieux très rapidement et qu'il y avait une reprise de l'épidémie, qu'ils avaient dû les refermer assez vite, quelques jours ou quelques semaines plus tard. Donc il faut évidemment être très méthodique et les choses vont se faire progressivement dans les semaines et les mois qui suivent.

6:16
Invité

Alors justement, en Allemagne, il faut présenter un test antigénique daté du jour même pour entrer dans certains commerces. Est-ce que c'est une piste aussi pour vous ?

6:23
Gabriel Attal

On travaille sur ce qu'on appelle le pass sanitaire et donc sur les protocoles et les conditions qui vont être exigées pour accéder à certains lieux ou certains événements. C'est donc une possibilité, une piste sur la table de pouvoir attester du fait qu'on est protégé, par exemple, si on a reçu une dose du vaccin, ou les deux doses du vaccin, si on a été exposé à la Covid ou si on a un test récent négatif qui permet d'attester qu'on n'est pas contaminé. Il n'y a pas à ce stade de forme du pass qui a été acté, mais évidemment, on travaille aux conditions pour accéder à certains lieux.

6:57
Invité

Donc un pass sanitaire pour les lieux culturels, pour les restaurants, pour les commerces ?

7:00
Gabriel Attal

Encore une fois, c'est l'objet de nos réunions de travail. J'entends que vous souhaiteriez avoir les détails. Je crois qu'on n'est pas les seuls. J'entends parfaitement. Quand je dis vous, c'est évidemment toutes celles et tous ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent. Mais encore une fois, là-dessus aussi, on est extrêmement méthodique et rigoureux. Je vais vous dire, l'essentiel, c'est d'avoir des règles et un dispositif qui nous garantissent, un, une efficacité sanitaire et deux, une simplicité d'utilisation. Et pas demander des conditions dont on sait qu'elles seront quasiment impossibles à tenir.

7:25
Présentateur

On va parler des écoles, si vous voulez bien, dans quelques instants, Gabriel Attal. Des frontières également avec ce qui s'est passé ces derniers jours sur les liaisons aériennes entre le Brésil et la France. D'abord, le fil info à 8h40. Voici Diane Ferschit.

7:38
Invité

La Sécurité sociale appelle les plus de 75 ans qui n'ont toujours pas réussi à prendre un rendez-vous de vaccination. Deux millions de personnes concernées et dès aujourd'hui, les 60 ans et plus ont accès à tous les vaccins. Centres de vaccination, les enseignants, policiers ou surveillants pénitentiaires de plus de 55 ans vont eux bénéficier de créneaux prioritaires. Certaines terrasses et des musées seront les premiers à rouvrir à partir du 15 mai. Emmanuel Macron a commencé à donner des indications sur les protocoles de réouverture. L'exécutif se montre prudent.

Il y aura 4 phases au total étalées jusqu'à mi-juillet et il y a encore beaucoup de points d'interrogation, estime sur France Info le chef étoilé Philippe Etchebes. Selon lui, les terrasses concernent à peine 40% des restaurateurs. La maire de Strasbourg annonce le retrait de la demande de subvention pour la construction d'une mosquée dans la ville. Cette subvention de plus de 2,5 millions d'euros à une association d'origine turque était très contestée. La préfecture du Barin avait saisi la justice. Un nouveau cap a été franchi, réagit le syndicat Unité GP Police. Des photos de policiers placardés dans des halls d'immeubles d'Épinay en Seine-Saint-Denis.

Des images personnelles récupérées sur les réseaux sociaux. Une enquête est ouverte pour actes d'intimidation. France Info

8:50
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

8:55
Invité

Toujours avec Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. Vous l'avez dit, la rentrée scolaire, toutes zones confondues, c'est le 26 avril pour les écoles primaires, une semaine plus tard, le 3 mai, pour les collégiens et les lycéens. Et ce, peu importe le contexte sanitaire, pourquoi pour les écoles, on ouvre, malgré le contexte sanitaire, et pas pour les commerces ?

9:13
Gabriel Attal

Vous savez que la France a, depuis le début de cette épidémie, une priorité très claire qui est donnée à l'école et à la possibilité pour nos enfants de pouvoir aller à l'école. Pour des raisons éducatives, évidemment. Pour des raisons sociales aussi. Pour des raisons psychologiques pour nos enfants. Et on a fait ce choix depuis le début de l'épidémie, on ne le regrette pas, de maintenir le plus possible nos établissements scolaires ouverts. Ils sont restés ouverts deux, voire trois fois plus que les autres pays, et notamment certains de nos voisins. Et on n'a pas à le regretter.

Il y a un coup de frein massif qui a été décidé il y a deux semaines, avec une harmonisation des vacances scolaires qui ont été avancées pour un certain nombre de zones, harmonisées au niveau national, pour que pendant deux semaines, plus une semaine en anticipation, les enfants ne se rendent pas à l'école. Et c'est ce que le président de la République avait annoncé. Évidemment, parce qu'on est extrêmement attaché à ce que les enfants puissent continuer à apprendre, il faut qu'ils puissent retourner à l'école. Et donc, les dates qui ont été annoncées seront tenues. Ce sera par demi-groupe au collège et au lycée ? Oui, probablement.

En tout cas, pour les lycées, c'est ce qui avait été annoncé. Peut-être pour certaines classes du collège, ça n'est pas exclu.

10:22
Invité

Jean Castex a annoncé hier que 400 000 créneaux de vaccination seront disponibles dès ce week-end pour certaines professions exposées au virus, notamment les enseignants. Combien de centres vont ouvrir pour dédier cette vaccination aux enseignants ?

10:37
Gabriel Attal

Alors, effectivement, à partir de ce week-end, on met en place des créneaux dédiés pour des professions qui sont particulièrement exposées. Et donc, c'est notamment les enseignants, les forces de sécurité intérieure. Et d'ailleurs, quand je dis les enseignants, c'est toutes celles, tous ceux qui travaillent à l'école. C'est important de le dire, parce qu'il y a aussi les AESH, les ADSEM, des personnels des collectivités locales qui travaillent dans les établissements scolaires. Évidemment, ils y auront accès aussi. On parle de ceux qui ont plus de 55 ans avec des créneaux dédiés pour qu'ils puissent se faire vacciner très rapidement. La liste des centres va être définie dans la journée.

Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il y aura au moins un centre par département, donc plus d'une centaine au niveau national et une dizaine, dix, je crois, dans la région Île-de-France.

11:16
Invité

Est-ce que ces créneaux dédiés à ces professions exposées sont amenés à être renouvelés ?

11:22
Gabriel Attal

Oui, alors ça démarre ce week-end, mais ça va évidemment se poursuivre dans les semaines qui viennent. Mais le début, c'est ce week-end. D'ailleurs, ça va s'élargir progressivement. Il y a une première série de centres qui les accueilleront ce week-end, mais la liste va continuer à s'élargir dans les jours qui suivent.

11:37
Présentateur

La vaccination de tous les enseignants, c'est pour quand ? Vous savez qu'on a une première... Annoncé pour mars, le coup d'envoi par Jean-Michel Blanquer, puis pour avril, on est à la mi-avril aujourd'hui. Les vacances s'arrêtent dans dix jours.

11:48
Gabriel Attal

Donc il y a des créneaux dédiés qui démarrent en avril, donc dans quelques jours. Vous savez que notre premier objectif, notre première priorité, c'est de vacciner celles et ceux qui sont les plus à risque de faire une forme grave de la maladie, parce que ce sont eux qui ont plus de risques vis-à-vis de leur santé, parce que ce sont eux qui sont hospitalisés et que l'objectif, c'est évidemment aussi de faire baisser la pression sur l'hôpital. Donc les personnes âgées ou les personnes qui ont ce qu'on appelle une comorbidité, c'est-à-dire une maladie qui les expose à des formes graves du virus.

12:13
Invité

Donc on garde le critère de l'âge malgré tout pour les enseignants, plus de 55 ans.

12:16
Gabriel Attal

C'est pour ça qu'on démarre avec des créneaux dédiés pour les plus de 55 ans, mais les choses vont pouvoir s'élargir. À partir du moment, on pourra aller vers une vaccination du grand public, dès lors que les personnes les plus vulnérables auront été massivement vaccinées. Et donc, ça sera dans les prochaines semaines. Vous savez qu'on a un objectif qui est d'avoir vacciné 20 millions de personnes à la mi-mai. 20 millions de personnes, c'est une large partie des personnes les plus à risque de faire une forme grave. Donc probablement, autour de cet horizon-là, on pourra élargir encore les campagnes de vaccination dédiées.

12:47
Présentateur

Gabriel Attal, les vols entre le Brésil et la France sont suspendus jusqu'à Nouvelle-Ordre, jusqu'au week-end prochain. Mais dans le même temps, juste à côté du Brésil, il y a la Guyane. 80% des cas détectés sur place sont issus de cette forme brésilienne du virus. Et on peut parfaitement, aujourd'hui encore, prendre un avion entre Cayenne, en Guyane, et Paris, ou une autre ville française. Est-ce que c'est normal et est-ce que ça a un sens ? Oui. D'abord, je veux rappeler

13:11
Gabriel Attal

que la Guyane, c'est la France. Oui. Et indépendamment de ce sujet-là, il y a une situation...

13:16
Présentateur

Mais le virus, qu'on soit en France ou au Brésil, il ne regarde pas forcément le pays.

13:19
Gabriel Attal

On est d'accord. Sauf que quand vous regardez la situation au Brésil, vous avez aujourd'hui une situation épidémique qui est hors de contrôle, avec une augmentation exponentielle, avec, je crois, 4000 morts par jour, avec des hôpitaux totalement saturés, avec même une difficulté à savoir combien de personnes sont contaminées parce que les capacités de test ne sont pas du tout les mêmes que celles que nous avons chez nous. En Guyane, il y a les mêmes mesures qui s'appliquent que celles qui s'appliquent dans le reste du territoire français, c'est-à-dire des tests massifs, c'est-à-dire une campagne de vaccination qui se déploie, une capacité à isoler et à tracer les cas contacts.

Donc, ce que je veux dire, c'est qu'on n'est pas dans la même situation épidémique, même si, effectivement, le variant brésilien y circule, on n'est pas dans la même situation épidémique.

13:55
Présentateur

Pour les passagers qui viennent de Guyane, ces tests...

13:58
Gabriel Attal

J'y viens. Ensuite, il y a un cadre très protecteur qui a été mis en place pour les personnes qui viennent de Guyane, comme d'ailleurs d'autres territoires ultramarins, c'est-à-dire un test obligatoire PCR qui doit être présenté pour pouvoir venir en métropole, c'est-à-dire un motif impérieux pour pouvoir venir. Tout le monde ne peut pas prendre l'avion pour se déplacer.

14:15
Invité

Ce n'est pas du tourisme, c'est ça que vous dites ?

14:17
Gabriel Attal

Voilà, il faut un motif impérieux, c'est-à-dire depuis quelques jours maintenant, un test antigénique systématique à l'arrivée et je crois même que l'Agence régionale de santé a mis en place des autotests à l'aéroport de Cayenne pour prendre l'avion. Ça veut dire qu'une personne qui prend l'avion de Guyane pour venir en métropole aujourd'hui, elle passe par l'arrivée.

14:34
Présentateur

Mais c'est le test prépositif, Gabriel Attal, que ce soit à l'arrivée. Ce qu'on demande simplement à ces personnes, c'est de se mettre toute seule en quarantaine, de signer une attestation sur l'honneur. Pourquoi la France n'a pas recours comme certains de ses voisins aux quarantaines obligatoires ?

14:46
Gabriel Attal

Alors, précisément, si on a suspendu les vols avec le Brésil qui est le pays où la situation est la plus préoccupante pour nous, c'est précisément pour bâtir un cadre plus robuste et pour revoir un certain nombre de règles. Donc il pourrait y avoir

15:00
Invité

des quarantaines obligatoires ?

15:01
Gabriel Attal

C'est compris avec d'autres pays. C'est pour ça qu'on a missionné l'Institut Pasteur qui travaille ces jours-ci à établir une liste des pays qui sont concernés. Et en début de semaine, on annoncera des mesures nouvelles pour que ça soit encore plus protecteur.

15:14
Présentateur

Parce qu'interdire les vols depuis le Brésil, c'est bien. Le problème, c'est que les vols en correspondance sont parfaitement autorisés aujourd'hui. Et encore une fois, la quarantaine réglerait sans doute cette question. L'interdiction des vols ne la règle que très partiellement. Oui, alors la suspension des vols permet quand même

15:28
Gabriel Attal

de réduire les flux sur notre territoire. Je veux insister sur le fait qu'ils avaient déjà été beaucoup réduits. Quand je parlais des motifs impérieux, c'est depuis le mois de janvier qu'ils ont été mis en place. Ça a énormément réduit le trafic. Et que déjà avant, on avait mis en place des mesures de tests obligatoires PCA pour pouvoir embarquer. On peut considérer que des mesures auraient pu être prises plus tôt. Mais la France a toujours été en Europe aux avant-postes pour prendre des mesures protectrices à nos frontières.

15:54
Invité

Mais vous savez que les tests, ce n'est pas suffisant puisqu'il y a des périodes d'incubation quand il s'agit du virus. Alors là, la quarantaine obligatoire, est-ce qu'elle est vraiment sur la table pour ces vols-là qui viennent de pays où le virus circule beaucoup avec ces variants ?

16:07
Gabriel Attal

Oui, c'est ce que je vous dis. C'est ce sur quoi on travaille. Maintenant, quand on met en place ces mesures-là, il faut garantir qu'elles sont contrôlables et qu'elles peuvent être applicables. Parce que souvent, on nous compare à des pays en disant là-bas, c'est une quarantaine obligatoire alors qu'en France, c'est un auto-isolement qui est demandé avec un engagement sur l'honneur. Il arrive qu'on prenne pour exemple des pays qui ont officiellement une quarantaine obligatoire mais où en réalité, on dit c'est obligatoire, vous allez vous isoler mais il y a très peu, voire pas de contrôle.

Donc l'important quand on met en place ces mesures, c'est de garantir qu'elles puissent être contrôlées. Le fait d'avoir réduit beaucoup le nombre de passagers et de personnes qui arrivent, ça permet probablement d'être plus efficace et de le faire. Et c'est exactement ce sur quoi on travaille pour des annonces en début de semaine.

16:44
Présentateur

Le Fil Info à 8h50 et on vous retrouve dans un instant. Gabriel Attal, Diane Ferchit.

16:49
Invité

Demi mai, à mi-juillet, c'est le calendrier qui se dessine pour les réouvertures. Un calendrier prudent présenté par l'exécutif. Quatre phases de chacune trois semaines avec à partir du 15 mai certaines terrasses et des musées qui pourront à nouveau accueillir du public. Des réouvertures qui pourront se faire selon la situation dans les différents territoires. Les 60 ans et plus peuvent désormais se faire vacciner avec tous les vaccins disponibles dans les centres de vaccination. Depuis lundi, ils n'avaient accès qu'à l'AstraZeneca et 2 millions de 75 ans et plus n'ont toujours pas reçu d'injection.

L'assurance maladie et les appels une grosse mobilisation selon son directeur général interrogé sur France Info. 350 000 coups de fil passés depuis une quinzaine de jours pour 35 000 rendez-vous qui ont été pris. Le trafic de la ligne de RERB perturbée tout comme la circulation sur l'A86 en cause. Un important incendie dans un entrepôt en Seine-Saint-Denis. La fumée est visible à plusieurs kilomètres. Une forte odeur se ressent jusque dans l'ouest de Paris. Les trois hommes en garde à vue dans l'enquête sur l'enlèvement de la petite Mia appartiennent au mouvement survivaliste selon les informations de France Info.

L'enfant de 8 ans a été kidnappé mardi dans les Vosgemillas ainsi que sa mère sont toujours recherchées. France Info

17:58
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

18:03
Invité

Toujours avec Gabriel Attal le porte-parole du gouvernement. L'Académie de médecine recommande d'espacer les deux doses des vaccins Pfizer ou Moderna jusqu'à 6 mois pour les moins de 55 ans afin d'arriver plus vite à l'immunité collective. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est dans les tuyaux ?

18:17
Gabriel Attal

Ce n'est pas prévu aujourd'hui. Pas du tout prévu aujourd'hui. On a élargi davantage l'espace entre les deux doses puisqu'on est passé de 28 jours à 42 jours. Il n'est pas prévu d'aller au-delà aujourd'hui. Évidemment, on regarde toutes les études qui sont produites. Je ne crois pas qu'il y ait de pays dans le monde qui prévoient aujourd'hui un espacement aussi long entre les deux doses. Encore une fois, l'important, là, c'est de garantir la sécurité et l'efficacité du vaccin pour les personnes qui sont vaccinées. Et c'est évidemment aussi de rechercher toujours la plus grande efficacité possible pour notre campagne vaccinale. Le fait de passer de 28 jours à 42 jours, on l'a fait pourquoi ?

Parce qu'effectivement, ça permet du coup à un moment T d'avoir davantage de doses pour faire des primo-injections, des premières injections. Mais on l'a fait surtout parce que les scientifiques nous ont dit que ça a donné le même niveau de protection et que donc, on pouvait se le permettre. D'autant que les plus âgés des plus âgés, c'est-à-dire les plus de 75 ans, ont été majoritairement vaccinés aujourd'hui.

19:09
Présentateur

Vous pensez qu'il faudra peut-être à plus ou moins long terme se passer de certains des vaccins et notamment du vaccin AstraZeneca ?

19:16
Gabriel Attal

Alors, franchement, ce que je pense, moi, sur ce sujet, importe peu...

19:20
Présentateur

La question est posée davantage au porte-parole qu'au citoyen Gabriel Attal.

19:23
Gabriel Attal

Oui, mais je veux dire, le porte-parole, il suit évidemment ce que nous disent les scientifiques, les avis scientifiques et les décisions

19:30
Présentateur

qu'on prend sur la base scientifique. Le journal italien La Stampa affirmait dans son édition d'hier que la Commission européenne avait prévenu le laboratoire AstraZeneca et le laboratoire Janssen sont les deux vaccins qui ont connu récemment des cas de thrombose que leur contrat ne serait pas renouvelé l'an prochain. Est-ce que c'est la position de la France également ? Je n'ai pas d'informations sur ce sujet-là.

19:50
Gabriel Attal

Je pense qu'il y a des discussions sur des contrats pour effectivement les prochaines années. On a des contrats qui couvrent jusqu'à la fin de l'année. Il y a des discussions sur des prochains contrats. Il peut y avoir des réflexions, notamment avec le fait qu'il faut se préparer et se mettre en ordre de bataille pour avoir une production de vaccins qui permettent d'être adaptés en fonction de la circulation de variants. Ce qu'on appelle des rappels ou des boosters en fonction des variants. Peut-être que certains types de vaccins permettent davantage une adaptation rapide que d'autres. Sur ce sujet-là, je n'ai pas d'informations supplémentaires à vous communiquer.

20:19
Invité

Gabriel Attal, la réforme de l'assurance chômage doit entrer en vigueur dans deux mois et demi. On apprend aujourd'hui qu'elle risque de pénaliser les femmes qui prennent un congé maternité et tous ceux qui ont été en chômage partiel. Est-ce que vous vous engagez à revoir ces deux points ?

20:31
Gabriel Attal

Oui, elle risquait de pénaliser puisqu'effectivement, il y a des simulations qui ont été remontées par l'unédict à ma collègue Elisabeth Borne qui effectivement montrait qu'à deux situations égales, on pouvait ne pas avoir la même allocation chômage si une des deux personnes avait eu une période de congé maternité, maladie ou de chômage partiel. Ce n'est évidemment pas l'objet de la réforme et donc ce qu'a indiqué Elisabeth Borne, c'est que dès lors qu'on lui a fait remonter ces simulations, elle a évidemment demandé à ce qu'on travaille à des solutions pour corriger ça avant l'entrée en vigueur de la réforme. Uniquement sur ces deux points, les corrections ou sur d'autres aussi ?

C'est sur ces points-là qu'elles ont été annoncées. À ce stade, il n'y a pas d'autres évolutions prévues mais encore une fois, c'est des points qui sont remontés récemment. Je ne crois pas que les partenaires sociaux les avaient fait remonter dans les discussions qui avaient eu lieu avec ma collègue ces derniers mois.

21:19
Invité

Les syndicats veulent carrément la suppression de la réforme.

21:22
Gabriel Attal

C'est un autre sujet mais dès lors que ces simulations se sont remontées récemment, on adapte. Je veux dire, on est pragmatique. On nous fait état de simulations qui montrent qu'il y a quelque chose qui ne correspond pas à ce qu'on souhaite. On travaille pour corriger et pour y remédier d'ici à l'entrée en vigueur de la réforme.

21:37
Présentateur

Le Sénat a voté cette semaine une suspension des allocations familiales pour les parents dont les enfants sont trop souvent absents à l'école. Est-ce que vous allez reprendre cette mesure et demander à votre majorité à l'Assemblée nationale puisque le Sénat est à droite contrairement à l'Assemblée de voter cette mesure ?

21:55
Gabriel Attal

Non, ce n'est pas la position du gouvernement. Le gouvernement n'est pas favorable à...

21:59
Présentateur

Ce n'est pas la position du gouvernement mais lors du vote au Sénat, votre collègue Jean-Michel Blanquer qui représentait le gouvernement pendant le vote ne s'y est pas opposé et il a laissé cette mesure selon la formule habituelle à la sagesse des parlementaires. Il aurait pu dire non, il ne l'a pas fait.

22:13
Gabriel Attal

Oui, mais je vous dis que ce n'est pas la position du gouvernement.

22:16
Présentateur

Jean-Michel Blanquer n'a pas reflété la position du gouvernement et vous c'est la bonne en revanche.

22:19
Gabriel Attal

Il y a un enjeu de responsabilisation des familles, évidemment, on le sait. Mais je vais vous dire, moi, je ne crois pas du tout à cette piste-là. Il se trouve que je suis membre du gouvernement, je suis aussi élu local. Quand on est élu local, on peut être confronté et voir des situations très concrètes. Quand vous avez une mère célibataire qui se lève à 5h du matin pour aller travailler, faire des ménages, qui a deux fils dont un part en vrive, va plus à l'école, vous pouvez vous faire plaisir en disant on va lui supprimer ses allocations familiales. Je ne suis pas sûr que ça règle le problème d'ajouter de la misère à la misère. Je pense qu'il y a d'autres voies de le faire,

22:50
Présentateur

c'est ma conviction. Donc le ministre de l'Éducation a eu une légère absence lors du vote au Sénat, mais désormais la position du gouvernement... Il n'a pas donné d'avis favorable non plus à cette mesure.

22:58
Gabriel Attal

Moi, je vous dis clairement quelle est la position du gouvernement sur ce sujet-là. Évidemment qu'il faut toujours travailler à une responsabilisation des familles et il y a des contrats de responsabilisation qui existent. Il y a un travail qui existe avec l'éducation nationale et les collectivités locales, mais cette solution-là n'est pas une solution qui est soutenue par le gouvernement.

23:13
Invité

Gabriel Attal, vous êtes issu des rangs du Parti Socialiste. Demain, une réunion de toute la gauche est organisée en vue de 2022. Qu'est-ce que vous leur souhaitez ?

23:21
Gabriel Attal

Je n'ai pas grand-chose à leur souhaiter. On est en démocratie, on a des formations politiques qui travaillent, qui réfléchissent, qui se réunissent. Je n'ai absolument pas pour le coup de commentaires à faire en tant que porte-parole du gouvernement sur ce sujet-là. Quel regard vous avez

23:37
Invité

sur la situation des partis de gauche aujourd'hui ?

23:42
Gabriel Attal

Si vous posez la question à moi qui effectivement était au Parti Socialiste, ce que je peux vous dire c'est que je ne regrette absolument pas de l'avoir quitté pour rejoindre Emmanuel Macron. Que les raisons pour lesquelles je l'ai quitté, c'est-à-dire la difficulté à sortir de dogmes, de tabous qui sont plus adaptés à la situation qu'on connaît aujourd'hui, une forme de sectarisme qui moi ne m'a jamais convaincu, puis la difficulté à se renouveler, à produire des idées. Je ne trouve pas que la situation ait particulièrement changé depuis 2016, date à laquelle j'ai rejoint Emmanuel Macron. Maintenant, voilà, moi je vais vous dire...

Il faut une gauche forte aujourd'hui en France dans un système

24:19
Présentateur

électoral équilibré, même quand on est dans le camp du en même temps. Mais bien sûr, mais moi je... Je vais vous poser la question différemment. Est-ce qu'au second tour de la présidentielle, vous préféreriez que votre candidat Emmanuel Macron soit face à Marine Le Pen ou un candidat de gauche ?

24:34
Gabriel Attal

Alors, de manière très claire, j'ai eu l'occasion de le dire il y a quelques semaines, moi je rêve d'un second tour sans Marine Le Pen. Voilà. Mon souhait, c'est qu'en démocratie, on puisse avoir des alternatives qui ne sont pas des alternatives des extrêmes, que ce soit Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Qu'on ait des partis républicains, des partis de gouvernement qui produisent des idées, qui présentent des alternatives politiques crédibles pour qu'il y ait d'autres alternatives. C'est normal et c'est sain en démocratie. Ce que je regrette aujourd'hui, c'est qu'on voit bien dans le débat et on voit bien dans les études d'opinion qu'aujourd'hui, ça n'est pas le cas et je le regrette.

Mais c'est mon souhait, évidemment. Merci à vous, Gabriel Attal. Et bonne journée. Merci.

Calendrier du déconfinement, suspension des allocations familiales… Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal — Gabriel Attal · Pourquijevote