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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 mai 2022 26 min

Zemmour aux legislatives, absence d'alliance avec le RN et score à la présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Nicolas Bay

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bonjour Nicolas Bay. Bonjour. Après avoir hésité, Éric Zemmour sera finalement candidat aux élections législatives. Ce sera dans le Var à Saint-Tropez. C'est parce qu'il va en vacances ?

0:13
Nicolas Bay

Non, non, parce qu'il veut défendre les Français.

0:15
Présentateur

Pourquoi là-bas ?

0:16
Nicolas Bay

D'abord parce qu'il faut bien choisir une implantation. C'est un endroit qu'il connaît bien. C'est un endroit où les électrices et les électeurs lui ont largement fait confiance. Il a obtenu de très bons résultats le 10 avril dernier. Vous dites qu'il le connaît bien cette année ? Oui, il le connaît bien. Il a eu l'occasion de s'y déplacer. Pas seulement d'ailleurs pour des circonstances estivales. Oui, mais ça c'est un peu anecdotique. L'essentiel c'est que beaucoup d'électrices et d'électeurs ont voté pour lui dans cette circonscription. Ils ont eu une attente, un espoir qui s'est porté sur lui. Donc il répond à cette attente. C'est évidemment très légitime.

Il montre aussi qu'il est en première ligne. Il est aujourd'hui le président de reconquête. Le chef ne doit pas se dégonfler. Il est là. Oui, mais c'est important parce qu'il y a beaucoup de chefs de parti. Ils compagnent ceux qui font la leçon à tout le monde. Qui eux ne vont pas aux législatives. Vous remarquerez que Jean-Luc Mélenchon n'est pas candidat. Jordan Bardella n'est pas candidat. Christophe Jacob n'est pas candidat. Éric Zemmour, lui, il est au rendez-vous des élections législatives en première ligne au devant des 550 candidates et candidats de reconquête.

1:15
Auditeur

Vous dites qu'à Saint-Tropez, que dans le Var, précisément dans sa circonscription, beaucoup lui ont fait confiance. Ils ont beaucoup fait moins confiance à lui qu'à Emmanuel Macron ou à Marine Le Pen qui est arrivé en tête sur place. Il se passe quoi si Éric Zemmour perd cette élection à nouveau ?

1:31
Nicolas Bay

Il continuera le combat politique. Vous savez, le combat politique, ça consiste parfois à gagner, parfois à perdre les élections. Et tous ceux qui font de la politique depuis quelques années le savent. Par conséquent... Deux défaites de suite.

1:41
Auditeur

Deux élections différentes.

1:42
Nicolas Bay

Mais ce qui est important, c'est d'avoir de la constance et de la cohérence. C'est à défendre des idées, des valeurs, essayer de les défendre le plus efficacement possible et être capable de les porter et de les défendre dans la durée. Voilà. Ceux qui font de la politique en changeant régulièrement d'idées au gré des circonstances et des sondages, je pense que ça les dit... Oui, mais enfin, Nicolas Abbé...

1:59
Présentateur

Chez vous qui dites ça, Nicolas Abbé, vous avez beaucoup varié dans votre vie. Non, c'est pas vrai. Vous vous trompez. Justement. Vous avez été au FN, vous avez quitté le FN pour aller chez Bruno Maigret. Vous êtes revenu avec Marine Le Pen. Vous avez quitté Marine Le Pen pendant la campagne pour rejoindre Éric Zemmour. Il vous est arrivé, vous aussi, de changer d'écurie. Il y a d'avoir.

2:16
Nicolas Bay

Là, vous êtes en train de parler de partis. Vous avez des réflexes de boutiquier, si vous me permettez. Bon, ok. En politique, on doit avoir une fidélité d'abord à ses idées et ses valeurs. Ensuite, aux électeurs, aux engagements qu'on prend à l'égard des électeurs. La fidélité à un parti, c'est quelque chose de secondaire. Pourquoi ? Il y a bien sûr une action collective en politique. Mais quand vous avez... C'est un très bon exemple. Marine Le Pen, vous en conviendrez. Ces dernières années, elle a changé de position sur à peu près... Tous les sujets. Elle a changé de position sur l'Europe. Mais vous l'avez suivi à chaque fois. Elle a changé sur la retraite.

2:44
Présentateur

Quand elle a changé de sujet sur l'Europe, vous expliquez, vous étiez d'accord avec elle.

2:47
Nicolas Bay

Pas tout à fait. Jusqu'au moment, moi, j'ai exprimé toujours ma sensibilité. Elle m'a fait comprendre, d'ailleurs, que cette sensibilité n'avait plus sa place au Rassemblement National. Elle a coupé toutes les têtes. Elle a fait fuir tout le monde, quelles que soient les sensibilités, d'ailleurs. Elle a fait fuir Florian Philippot. Elle a fait fuir Marion Maréchal, Stéphane Ravier, Gilbert Collard, moi-même. On voit bien aujourd'hui que le Rassemblement National est enfermé dans une démarche de boutique et ne sert plus le combat qui peut être mené.

3:12
Présentateur

Vous avez quand même voté pour elle ?

3:13
Nicolas Bay

Oui, mais au second tour, bien sûr. Parce que nous avons fait un choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. C'est le moins pire. Nous espérions éviter cinq années de plus avec Emmanuel Macron. Malheureusement, ça n'a pas été possible. Éric Zemmour, avec quand même beaucoup de panache, a dit dès le soir du premier tour à ses 2,5 millions d'électeurs qu'il appelait à voter pour Marine Le Pen. Marine Le Pen, ensuite, pendant 15 jours, s'est adressée essentiellement aux électeurs de gauche. On a vu le résultat.

3:40
Auditeur

Éric Zemmour qui a obtenu 7% des votes, des voix, pardon, au premier tour de l'élection présidentielle. Vous avez tout misé pendant la campagne sur l'insécurité et l'immigration. C'était donc une erreur ?

3:51
Nicolas Bay

Non, je ne crois pas. Vous savez, d'abord, Éric Zemmour, ça a été la seule vraie révélation de cette campagne présidentielle. A la fois parce qu'il a imposé un certain nombre de thèmes pendant la campagne, et ensuite parce que le soir du scrutin, le soir du premier tour, la seule vraie nouveauté, c'était Éric Zemmour. Vous avez des étiquettes politiques qui étaient bien installées, qui, au gré de la crise sanitaire, puis de la crise ukrainienne, ont rassemblé un vote utile, qui était d'ailleurs utile qu'à la réélection d'Emmanuel Macron. Mais la seule force nouvelle qui a émergé à l'occasion de cette présidentielle, c'est Éric Zemmour et la reconquête.

Et les 7% qu'il obtient, d'accord, c'était en deçà de nos espérances, mais c'est quand même plus que le Parti Socialiste et les Républicains réunis. Donc c'est loin d'être négligeable. Ensuite, sur le fond, c'est vrai qu'il a posé le débat sur la question fondamentale de notre identité, de la préservation de notre nation et de notre civilisation. Certains ont voulu faire de cette campagne présidentielle uniquement un référendum ou un débat sur des questions d'urgence. Très légitime. Le pouvoir d'achat, première préoccupation des Français.

4:48
Présentateur

Que vous n'avez pas vraiment saisi pendant la campagne. Est-ce que vous le regrettez ?

4:50
Nicolas Bay

Nous en avons beaucoup parlé parce qu'Éric Zemmour a fait des propositions très claires, très concrètes pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, baisser les charges.

4:58
Présentateur

Un exemple, Nicolas, quand il est venu sur ce plateau, Éric Zemmour, on l'a interrogé sur l'économie, à chaque fois il nous reparlait du grand remplacement. Il nous disait, c'est ça le vrai thème, etc. Visiblement, ça n'était pas le thème prioritaire pour les Français le 10 avril.

5:09
Nicolas Bay

Je pense, là encore, en politique, qu'il faut définir des priorités. On peut très bien considérer qu'il y a des mesures d'urgence à prendre. On peut très bien considérer que beaucoup de Français, et c'est légitime, ont la préoccupation de la fin de mois, ont des difficultés terribles. Aujourd'hui, on a 10 millions de pauvres en France, on a près de 6 millions de chômeurs. Mais, vous savez, des mesures économiques ou sociales mauvaises, elles peuvent être corrigées en quelques mois ou quelques années. En s'attaquant à l'immigration. Alors que la question de l'identité, la question de la submersion migratoire, ça peut être un phénomène irréversible.

Et donc, poser ce vrai débat, c'est normal dans une élection présidentielle.

5:43
Auditeur

Mais vous dites, en gros, on ne s'est pas trompé, sauf qu'Éric Zemmour lui-même dit, on a perdu à cause de Vladimir Poutine.

5:49
Nicolas Bay

On peut toujours avoir des regrets sur les choix stratégiques, sur les positionnements. Mais vous savez, réduire la présidentielle. Un choix de gestionnaire, où on définit le point de TVA, je pense que ce n'est pas au niveau...

5:59
Auditeur

Non, c'est le quotidien des Français, Nicolas Bé, c'est la vie des Français.

6:01
Nicolas Bay

Oui, oui, c'est pas l'histoire de France. Vous avez raison, c'est la vie des Français, la vie quotidienne des Français. Mais je pense que, quand on choisit le président de la République, on doit se projeter au-delà. On doit se projeter, non pas même à 5 ans, mais on doit se projeter à quelques décennies. Vous savez, les grands choix qui ont fait la France, qui ont fait sa grandeur et son rayonnement, eh bien, ils ont été dictés, non pas par les petits impératifs du quotidien... Mais en attendant, il y a des Français qui ne finissent pas le mois, Nicolas Bé. ... que par des grands enjeux et des grands défis.

Quand le général de Gaulle fait le choix du nucléaire, c'est un choix qui projette la France à 50 ans. Vous voyez ? Et donc, il faut revenir à cette manière-là de faire de la politique. Sinon, eh bien, on fait dans l'opportunisme, on fait dans la démagogie, et ça effondre le niveau du débat politique.

6:42
Présentateur

Nicolas Bavis, président exécutif du parti Reconquête. D'Éric Zemmour est l'invité de France Info. Il est 8h40. Sophie Allemand pour le Fil Info.

6:50
Invité

Financiers dans PA en baisse de presque 50% sur un an, malgré un chiffre d'affaires en hausse de près de 10%. Le groupe publie aujourd'hui ses résultats annuels et lance ses journées portes ouvertes pour jouer la carte de la transparence. Le groupe des Pâtes privées dans la tourmente depuis les révélations de mauvais traitements du livre Les Fossoyeurs. Au moins 140 plaintes ont été déposées pour maltraitance à ce jour. L'espoir de toute une famille pour faire son deuil en Isère, 36 ans après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti. L'enquête rouverte porte ses fruits. Le suspect, un homme de 56 ans, est passé aux aveux.

Il est mis en examen pour enlèvement, séquestration, mais également pour meurtre, un motif prescrit, sauf si le corps de la victime est retrouvé. La vie est un combat, a déclaré Thierry Bonfanti, son mari, sur France Info. 6 millions d'Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l'invasion russe. Le bilan gonfle, selon le Haut Commissariat, aux réfugiés. Et puis la 66ème édition de l'Eurovision, c'est demain. Le groupe breton Alvan Aez représentera la France. Ça se passe à Turin après la victoire des Italiens Maneskine l'an dernier. France Info

7:55
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec Nicolas Bavis, président exécutif du parti Reconquête. Je reviens sur ce qu'a dit Eric Zemmour pour justifier la déception de son score. Il a dit, c'est à cause de Poutine. C'est Poutine qui m'a fait perdre, c'est-à-dire ma proximité avec lui. Si c'est vrai, pourquoi ça n'a pas nuit également à Marine Le Pen ?

8:15
Nicolas Bay

D'abord, non, il n'y a pas de proximité spéciale avec Poutine. Celui qui a reçu Poutine en grande pompe à Versailles à Bégançon, c'est Emmanuel Macron. Mais il est président. Oui, d'accord. Éric Zemmour avait dit Joumour d'un Poutine. Il en a fait un peu plus qu'avec d'autres. Mais non, ce qu'il a voulu dire par là, c'est que c'est vrai que la guerre en Ukraine a occulté le débat présidentiel. Et Emmanuel Macron a profité de cette position. Vous avez bien vu qu'il a essayé d'éviter le débat, qu'il a essayé d'empêcher que la campagne se déroule dans des conditions normales.

Il se mettait en scène, on s'en souvient, de manière grotesque, en suite à capuche et mal rasé, à côté de son téléphone, comme si, en mode chef de guerre, alors que la guerre, elle n'est pas, heureusement d'ailleurs, elle n'est pas chez nous, elle est à 2000 km. Mais ça ne devait pas être l'occasion d'empêcher que le débat présidentiel a lieu. Et donc, ça a profité, pour répondre à votre question, c'est vrai, aux étiquettes politiques que l'on a installées. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, tous les deux candidats pour la troisième fois...

9:08
Présentateur

Qui tous les deux aussi ont été attaqués sur une proximité plus ou moins réelle.

9:11
Nicolas Bay

Pour la troisième fois candidats à la présidentielle, ils ont profité d'un vote d'habitude, d'un vote d'inertie même. Moi, je pense qu'il y a beaucoup d'électrices et d'électeurs qui, un temps, envisageaient de voter pour Alex Zemmour. Finalement, quand on leur a dit, attention, elle a des chances de gagner au second tour, ou attention, il y a un risque que Jean-Luc Mélenchon soit au second tour, ils ont préféré voter pour Marine Le Pen sans grand enthousiasme. Ils ont vu aujourd'hui que ce vote, prétendument utile, il avait été utile uniquement à l'élection d'Emmanuel Macron. Et aujourd'hui, ils essaient de nous refaire le coup aux élections législatives.

Or, ça sera utile sans doute pour permettre à Jean-Luc Mélenchon d'être le chef de l'opposition. Je pense qu'aujourd'hui, il y a une nécessité, c'était le sens de la main tendue que nous avons adressée, à la fois aux Républicains qui ne sont pas fongibles dans le macronisme, et au Rassemblement National. Il y a une nécessité d'être capable de travailler, de coaliser les forces patriotes.

9:59
Auditeur

La main tendue refusée par le Rassemblement National. Marine Le Pen refuse une alliance avec Reconquête. Vous comprenez sa décision à Marine Le Pen ?

10:06
Nicolas Bay

Non, je ne la comprends pas. Enfin, je la déplore. Elle ne m'étonne pas, parce que je connais un peu le mode de fonctionnement de ce parti. Mais je la regrette, parce qu'on voit bien que derrière tout ça, il y a l'idée qu'on préfère avoir 7 ou 8 députés, dont on ne voit pas forcément l'utilité, plutôt que d'en avoir 50 avec d'autres. Et c'est-à-dire qu'en réalité, les réflexes de boutique l'emportent totalement sur la vraie politique et l'intérêt de notre combat politique.

10:30
Présentateur

Vous imaginez vraiment, vu la violence de la campagne présidentielle entre vos deux camps, vu les défections, les trahisons qu'il y a eu, vous en êtes l'illustration, vous avez quitté Marine Le Pen avec des noms d'oiseaux, quelques... Non, ce n'est pas vrai. Moi, j'ai exprimé un désaccord politique. Oui, mais vous savez, une campagne électorale... Vu les expressions qu'a utilisées Éric Zemmour pendant la campagne, quand il dit « Marine Le Pen, c'est les chats, moi c'est les livres », ce qui veut dire quand même qu'elle n'a aucune culture.

10:54
Nicolas Bay

Marine Le Pen explique qu'il y a des nazis autour du... Voilà, comment vous voulez vous réconcilier quand on se traite de nazis ? Mais je pense qu'on peut être capable, une campagne électorale... Il n'y a pas un petit point Godwin qui a été... Une campagne électorale, c'est des divergences qui s'expriment, qui s'expriment... On ne se traite pas tous les jours de nazis, Nicolas Bé... Qui s'expriment parfois vivement... Et oui, mais nous, on est capable de dépasser ça. Qui est capable... Vous auriez pardonné ? Et pourtant, c'est infamant, comme attaque et diffamatoire.

Mais nous, nous sommes capables de dépasser ça au nom de l'intérêt national, au nom de la préservation des intérêts fondamentaux des Français. Et moi, je regrette...

11:24
Auditeur

Au nom de la survie de votre parti aussi, Nicolas Bé.

11:26
Nicolas Bay

Cette main tendue, c'est dommage qu'elle ait trouvé porte-close. Maintenant, nous, on ne fait pas la manche. Nous, on est capables de... Aujourd'hui, on va construire la droite patriotique de demain. On aligne des candidats partout. Dans toutes les circonscriptions, nous serons présents. Reconquête sera présente, sera au rendez-vous, parce qu'il y a beaucoup d'électrices et d'électeurs qui voient bien que les Républicains sont en train de disparaître et que le Rassemblement national est devenu une sorte d'astre mort, c'est-à-dire à la fois une force électorale significative, mais qui n'a plus de militants, qui n'a plus de personnalité, plus de cadres et plus d'idées.

Ce que vous dites très clairement aujourd'hui, c'est qu'il n'y aura pas non plus d'accord entre les deux tours. Vous êtes irréconciliable. On verra. Moi, je pense qu'il n'y a rien qui est... Vous savez, moi, je suis naturellement optimiste. Ce n'est pas parce que, encore une fois, pour des raisons, des comportements d'épicerie, en quelque sorte, de boutiquier, on refuse la main tendue d'Éric Zemmour, que, durablement, ils ne comprendront pas que c'est aussi l'intérêt national que d'être capable de se rassembler. Donc, on verra entre les deux tours. On verra ce qui se passe. Mais ce qui est certain, c'est que, quand nous, on a proposé la main tendue, le but, c'était quoi ?

Au premier tour de la présidentielle, le Rassemblement national arrive en tête dans 180 circonscriptions. Et vous, nulle part. Coalisé, coalisé, on pourrait arriver en tête dans 370 circonscriptions. Donc, on voit bien l'intérêt de cette coalition. Vous avez tout à gagner, elle, rien ? Pas du tout. Le bloc macroniste est rassemblé. Le bloc islamo-gauchiste autour de Jean-Luc Mélenchon. Islamo-gauchiste ? Islamo-gauchiste, oui. Oui, oui, parfaitement. Oui, parce qu'en fait, ce n'est pas seulement la gauche et l'extrême-gauche. C'est aussi tous ceux qui sont les complices des femmes musulmans et de l'islamisation de la France. Ils sont rassemblés.

Et par conséquent, les forces patriotes devraient se rassembler. Voilà, c'est regrettable que ce ne soit pas le cas.

13:06
Auditeur

Nicolas, votre parti a donc investi 550 candidats. Et chez vous, comme chez les autres, il y a plusieurs investitures qui posent question. Chez vous, on peut par exemple retrouver des militants de groupuscules d'extrême-droite comme Génération Identitaire, dont le ministère de l'Intérieur a demandé la dissolution l'année dernière, ou des anciens militants du GUD, là aussi dissous en 2017. Ça, ça ne fait pas tâche. Est-ce que ça ne confirme pas ce que disait Marine Le Pen et que vous avez répété tout à l'heure ? Éric Zemmour est entouré de nazis.

13:31
Nicolas Bay

Non, mais c'est tout à fait ridicule, ces accusations. Génération Identitaire, je n'identifie pas, moi, immédiatement

13:37
Auditeur

des gens qui étaient à Génération Identitaire,

13:39
Nicolas Bay

parce que Charles Darmanin ne les aime pas, mais on s'en fiche complètement.

13:43
Auditeur

Mais ils ne décident pas tout seuls.

13:44
Nicolas Bay

Non, mais la question, c'est est-ce qu'ils ont enfreint la loi ?

13:47
Auditeur

S'ils ont été dissous, c'est qu'il y a eu des problèmes.

13:49
Nicolas Bay

Non, mais non, mais ça, c'est une décision politique, la dissolution. Mais on voit bien, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont été à la frontière avec des blousons fluorescents en disant que la frontière n'est pas tenue. Est-ce que ça justifie, vous croyez vraiment, qu'ils soient dissous ? C'est une honte absolue. On voit bien que tout ça, sur des manipulations politiques qui sont grossières. Si on regarde de près, un groupuscule doit être dissous s'il menace la République, s'il enfreint nos lois, s'il enfreint les principes fondamentaux du droit, Nicolas Bé, dans vos candidats, parmi vos candidats,

14:14
Auditeur

il y a des militants de groupuscule d'extrême droite. J'ai dit Génération Identitaire, le GUD, dissous aussi en 2017. Il y a aussi des candidats ouvertement homophobes qui se sont positionnés pendant le mariage pour tous, parce que c'est le cas.

14:25
Nicolas Bay

Ah, d'accord, mais ça n'est rien à voir. Non, non, vous savez, vous pouvez être contre. Nicolas Bé, je vous promets ça. Attendez, attendez. Oui, pour que ce soit clair, on va essayer d'être... Vous laissez Salia poser la question, vous y répondez à ça. J'ai entendu la question. Ce que je dis,

14:34
Auditeur

c'est qu'il y a des profils qui peuvent poser question, qui peuvent faire tâche parmi tous les candidats dont vous disposez.

14:41
Nicolas Bay

Vous pouvez être contre le mariage homosexuel, avoir défilé, comme c'est mon cas, contre la lote au birra, sans être homophobe. Est-ce que vous voyez la différence ?

14:48
Auditeur

Or là, c'est pas ces profils-là. Est-ce que vous voyez la différence ? Ce n'est pas juste ces profils-là, c'est des gens ouvertement homophobes.

14:53
Nicolas Bay

Est-ce que je peux me marier avec mon chien ? Vous affirmez de manière péremptoire qu'il sera homophobe. Nicolas Bé, sans apporter à mon démonstration. Nicolas Bé, s'il vous plaît.

14:59
Présentateur

Pardon, mais j'ai l'air d'idée de ce débat. Si vous faites ce débat, pour l'air d'être s'en prie. Est-ce que je peux me marier avec mon chien, a dit l'un de vos candidats sur Twitter, au moment du mariage pour tous ? Ça, c'est pas infamant. Non, mais je ne dis pas...

15:10
Nicolas Bay

C'est pas homophobe. En réalité. C'est pas homophobe. Écoutez, il faut remettre ça dans le contexte. C'est quoi le contexte du mariage avec les chiens ? Non, mais il voulait dire par là que le mariage comme institution, ça n'est pas, comment dire, la reconnaissance des sentiments que se portent deux individus. C'est une institution dont l'objectif est d'assurer la stabilité du foyer familial et au service des enfants. Mais honnêtement, on s'éloigne un peu du débat. Nos 550 candidats, il y en a un tiers qui sont issus des rangs des Républicains. Environ un tiers qui sont issus des rangs du Rassemblement National. Et un tiers, d'ailleurs, qui ne faisaient pas de politique avant.

Souvent, étaient des abstentionnistes. Souvent, n'ont jamais eu d'engagement politique. Donc, on voit aujourd'hui que Reconquête est un parti réellement nouveau. Une nouvelle offre politique qui rassemble des Français qui viennent d'horizons très différents. Alors, que vous essayiez de trouver deux ou trois candidats qui auraient tenu des propos un peu polémiques sur les réseaux sociaux, vous savez, on nous fait le coup. Non, c'est pas ça. On nous fait le coup à chaque élection. Et la vérité, c'est que vous en trouverez

16:06
Présentateur

dans tous les partis politiques. Vous savez quoi ? Si vous nous écoutez chaque matin, vous aurez remarqué qu'on interroge chacun des invités de ce rendez-vous sur les candidatures qui peuvent poser problème. On le fait avec vous comme on le fait avec tous les autres. Qui peuvent selon tous les critères. Ce que j'ai dit au début de ma question. On le fait tous les jours.

16:19
Nicolas Bay

Encore une fois, une plaisanterie de mauvais goût sur les réseaux sociaux, ça peut arriver. Ça n'est pas forcément de bon goût. C'est pas forcément acceptable. Est-ce que ça disqualifie, quel que soit le parti d'ailleurs, est-ce que ça disqualifie définitivement la personne pour être candidate à une élection locale ou une élection législative ?

16:36
Auditeur

Pour représenter les Français, ce n'est pas un problème ?

16:40
Nicolas Bay

Mais écoutez, c'est aux électeurs de juger. Vous savez, en démocratie, ce n'est pas les juges ni les médias qui doivent décider. Vous prenez la décision d'investir ces candidats.

16:47
Auditeur

C'est pour ça, vous avez une responsabilité aussi. D'abord,

16:49
Nicolas Bay

les phrases en question, on n'a pas forcément eu connaissance. Ensuite, encore une fois, on juge sur un ensemble d'éléments. Nous, on a des candidats qui sont impliqués dans la vie locale, qui sont des acteurs économiques, qui sont des acteurs associatifs, qui sont des élus locaux ou des anciens élus locaux. C'est sur ces critères-là, sur leur capacité à défendre des idées avec clarté, à défendre les Français dans leur circonscription.

17:08
Présentateur

Vous restez avec nous, Nicolas Bay ? Toute petite pause, le temps du fil, il faut 8h50, Sophie Allemand.

17:14
Invité

Une bonne nouvelle pour l'emploi dans les Hauts-de-France. 500 postes ouvrent chez ArcelorMittal, en CDI-CDD, en alternance dans l'usine de sidérurgie, notamment le site de Dunkerque, après l'enveloppe d'un milliard 700 000 euros d'investissement annoncés en février par le gouvernement. Les législatives, l'un y va, le président du Parti Reconquête, officialise sa candidature dans le Var depuis la circonscription de Saint-Tropez, où il a fait son meilleur score à la présidentielle. Dans les bouches du Rhône, Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis, lui, laisse sa place à son directeur de campagne, Manuel Bompard, du côté de Marseille.

Face à l'annonce de la Finlande qui souhaite rejoindre l'OTAN, les menaces de riposte de Moscou pour mettre fin aux menaces de la sécurité nationale russe, selon le Kremlin. Cette candidature est soutenue par le chancelier allemand des élus du Sénat américain et par Emmanuel Macron. Les funérailles de la journaliste américano-palestinienne tuée mercredi en Cisjordanie se tiennent aujourd'hui à Jérusalem. La dépouille de la reporter de la chaîne d'Al Jazeera a été transférée. Shirin Abou à clé a été tuée par Bâle mercredi alors qu'elle couvrait une opération militaire de l'armée israélienne. France Info

18:24
Présentateur

Le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Nicolas Bell vice-président exécutif du parti Reconquête est l'invité de France Info. Est-ce que vous dites comme Robert Ménard le maire de Béziers qui a longtemps d'ailleurs tenté de vous réconcilier avec Marine Le Pen mieux vaut Macron que Mélenchon aux législatives ?

18:43
Nicolas Bay

Il est un peu difficile à suivre Robert Ménard.

Robert Ménard il nous disait il y a quelques mois qu'il fallait un régime autoritaire en France ensuite il a passé 5 ans à dire que Marine Le Pen ne pouvait pas gagner ensuite il expliquait qu'il n'y avait que Marine Le Pen qui pouvait gagner et maintenant il nous explique qu'il faut soutenir Emmanuel Macron donc j'ai un peu de mal à le suivre je ne vois pas trop la logique politique à part peut-être préserver ses intérêts dans sa circonscription ce que je trouve assez étonnant quand même c'est que Éric Zemmour a appelé à voter Marine Le Pen le 10 avril elle met un candidat face à lui dans sa circonscription du Var alors que dans le même temps elle ne met pas de candidat elle soutient même Robert Ménard alors même que Robert Ménard dit qu'il faut se coaliser avec Emmanuel Macron on notera quand même l'incohérence totale de cette position politique

19:30
Présentateur

mais du coup là où vous serez absent au second tour lorsqu'il y aura et il y en aura sans doute des dizaines ou des centaines de ce cas de figure une liste en marche face à une liste de la gauche réunie vous ferez quoi vous voterez pour qui vous appellerez vos électeurs

19:43
Nicolas Bay

d'abord on n'est pas obligé d'infantiliser les français et on n'est pas obligé de la donner si on peut on peut donner des consignes générales en disant simplement qu'il faut voter pour le moins pire vous savez au premier tour on choisit au deuxième tour on élimine donc évidemment s'il y a une menace islamo-gauchiste dans une circonscription on peut inviter les électrices et les électeurs plutôt à voter pour le candidat qui est en face vous dites exactement la même chose que Robert Ménard non non ça n'a rien à voir plutôt Macron il ne va pas avec enthousiasme je ne crois pas moi ce qui me frappe à la veille de ces législatives c'est qu'il y en a Marine Le Pen en tête et Jordan Bardet qui nous disent de toute façon circuler il n'y a rien à voir Emmanuel Macron aurait une majorité absolue alors ce qui est vrai il y a une réalité c'est que la tendance électorale de ces dernières années parce que la présidentielle et les législatives sont couplées c'est qu'en effet il y a une majorité pour le président sortant mais enfin ce n'est pas une fatalité quand on mène le combat politique on ne commence pas la bataille un mois avant en disant de toute façon ça y est c'est plié ça y est une majorité absolue et ou en tout cas à tout le moins qu'il ait en face de lui une vraie opposition qui ne soit pas l'opposition mélenchoniste parce que ça ce serait désastreux et en plus ça ne correspondrait absolument pas à la réalité de la France à la réalité des opinions en France donc au lieu d'aborder avec fatalisme le fait qu'Emmanuel Macron aura tous les pouvoirs exécutifs et législatifs et même pas la préoccupation de sa réélection ce qui le poussera à aller très loin oui mais vous savez très bien que c'est un pouvoir limité le Sénat ça l'incitera à aller très loin dans la politique qu'il mène et ça va être désastreux pour la France et les Français

21:14
Auditeur

Nicolas Béle le patron français de Frontex l'agence européenne des gardes frontières vient d'être poussé vers la sortie il est accusé d'avoir fermé les yeux sur des refoulements illégaux de migrants en mer égé d'avoir commis un parjure devant le Parlement européen et d'avoir des problèmes dans la gestion de ses équipes

21:28
Nicolas Bay

vous savez je connais très bien le sujet puisque j'ai été vous ne voulez pas attendre les questions

21:30
Auditeur

laissez-moi finir vous avez publié vous une tribune de soutien justement

21:36
Nicolas Bay

absolument

21:36
Auditeur

pourquoi ?

21:37
Nicolas Bay

parce qu'en réalité sur ce qu'on doit faire de Frontex le mandat qu'avait Fabrice Légeri le directeur exécutif de Frontex le mandat du Parlement européen et du Conseil c'était de faire monter en puissance Frontex d'augmenter les effectifs de 3 à 10 000 et d'être une vraie police aux frontières un vrai corps de garde-côte et garde-frontière de l'espace Schengen c'est ce qu'il a fait et c'est ce qu'on lui reproche aujourd'hui on lui reproche aujourd'hui d'organiser le contrôle effectif des frontières alors que la commission européenne ne rêve que d'une chose c'est d'utiliser Frontex comme une annexe des ONG pour accueillir et organiser l'arrivée de migrants et donc c'est deux visions totalement opposées la gauche européenne a mené avec la complicité de certains médias une véritable cabale contre Fabrice Légeri moi je faisais partie d'un groupe de travail

22:25
Auditeur

poussé vers la sortie parce qu'il a organisé des refoulements illégaux

22:28
Nicolas Bay

il n'y a pas organisé

22:29
Auditeur

c'est à dire qu'il les a même cachés avec complicité

22:34
Nicolas Bay

d'abord les effectifs de Frontex n'interviennent pas directement ils viennent en appui des gardes-côtes et gardes-frontières nationaux donc dans le cas précis de ce qu'on appelle les pushback illégaux c'est à dire des refoulements qui auraient été faits illégalement ce sont les gardes-côtes grecques qui ont repoussé des migrants clandestins qui étaient manipulés directement par la Turquie pour venir sur le territoire européen Fabrice Algérie s'appuie et les effectifs de Frontex s'appuient sur une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme difficilement attaquable qui dit que le refoulement est possible et n'a rien d'illégal lorsqu'il y aurait la possibilité pour ces migrants de faire une demande en bonne et due forme dans un consulat Schengen dans le pays dont ils viennent donc en réalité ils auraient eu parfaitement la possibilité bien sûr de faire une demande officielle pour rentrer légalement ils ont essayé de rentrer par la force et par la violence et donc les gardes-côtes et gardes-frontières n'ont pas du tout enfreint le droit européen qui est pourtant très vous avez raison de le dire il y a un vrai problème le code Schengen et en particulier il y a la question des droits fondamentaux des migrants l'article 46 du règlement Frontex pose un vrai problème parce qu'en fait il empêche simplement de refouler ce qui est normalement la logique d'une frontière de refouler celui qui tente de la franchir de manière illégale

23:51
Présentateur

Nicolas Bay le secteur de l'hôtellerie et de la restauration s'inquiète il manque plusieurs centaines de milliers de postes aujourd'hui on s'inquiète notamment à l'approche de la saison touristique de l'été l'humile principal syndicat de ce secteur annonce qu'il souhaite recruter 200 000 saisonniers tunisiens pour pourvoir ces postes saisonniers est-ce que vous y êtes favorable ?

24:11
Nicolas Bay

Non je ne suis pas favorable parce qu'on voit bien pourquoi on arrive à cette situation si vous permettez pourquoi on arrive à cette situation parce qu'en réalité le coût pour une entreprise aujourd'hui d'embauche d'un travailleur français est très élevé donc vous savez la vérité c'est que dans énormément de secteurs aujourd'hui il y a de la manœuvre clandestine pourquoi ?

parce qu'on a à la fois la possibilité de faire venir n'importe qui dans n'importe quelle condition parce que les frontières sont des passoires et on a un coût du travail en France qui est trop élevé il y a un différentiel qui est considérable vous le savez entre le salaire brut chargé charge sociale charge patronale payée par l'employeur et le salaire net versé à l'employeur

24:52
Présentateur

donc vous préférez que les restaurateurs perdent une partie je vais vous dire

24:54
Nicolas Bay

ce que nous nous proposons ce que nous proposons c'est de baisser les charges sociales et patronales baisser la fiscalité pour faire en sorte il y a eu des augmentations dans la restauration de l'hôtellerie oui mais pas suffisante oui mais oui mais avec un coût

25:07
Auditeur

ça n'a pas fait venir les candidats

25:08
Nicolas Bay

mais avec un coût toujours trop élevé pour l'employeur et c'est ça le problème vous savez le vrai problème de la France aujourd'hui c'est qu'on est un des pays les plus imposés au monde que 47% de notre PIB part en préalèvement obligatoire mais l'été c'est demain alors on fait comment pour les postes à pourvoir non mais d'accord mais on ne peut pas raisonner uniquement en termes d'urgence que les employeurs essaient de se débrouiller à la va-vite pour trouver des solutions et avoir de la main d'oeuvre la moins chère possible à la limite on peut le comprendre mais il faut traiter le problème de fond et le problème de fond c'est il faut évidemment que l'employeur puisse facilement d'abord embaucher et débaucher et puisse que sa main d'oeuvre n'est pas un coût exorbitant tant qu'on a un système où à chaque fois que vous donnez 1000 euros à un employé ça vous coûte 2000 euros et bien évidemment on aura toutes sortes de dérives à commencer par la main d'oeuvre étrangère et la main d'oeuvre clandestine

26:03
Présentateur

merci beaucoup Nicolas Bay et très bonne journée à vous si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisez la bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr