L'édito de Paul Sugy : «Charles de Gaulle et le dernier panache»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la petite histoire du boxoffice rencontre la grande. Ça commence par une défaite, voir une capitulation et puis petit à petit la résistance s'organise jusqu'au succès glorieux. C'est l'histoire évidemment que raconte la bataille de Gaulle.
C'est aussi l'histoire de ce film donc au box office qui a été lancé, on s'en souvient, le 3 juin avec son premier volet et qui n'a pas rencontré le succès espéré, hein, quelques 3800 entrées. C'est beaucoup mais c'est peu au regard de l'ambition et du budget du film. Donc un lancement timide, la deuxème semaine était pire encore.
Et enfin en 3è semaine, alors aidé peut-être aussi par la canicule qui poussait les les spectateurs français à chercher la fraîcheur des salles et puis la fête du cinéma qui permet d'aller voir des films bon marché. Aidé surtout par un formidable bouche à oreille où on s'est dit petit à petit ce film vaut le coup aller le voir autour de soi. Bien voilà que le premier volet du diptique a décollé.
Il frôle désormais les 2 millions d'entrées. C'est loin d'être terminé tandis que le second en parallèle dont la sortie a été avancée au 26 juin dernier fait un démarrage du tonner. Alors, comment vous l'expliquez ce succès Paul ?
Bon euh, je laisse évidemment les chroniques ciné euh à ceux qui savent véritablement le faire. À ma toute petite mesure, j'estime que le film le mérite s'il est porté par un casting français exceptionnel et a bien des égards assez audacieux. C'est une super production qui n'a rien à envier au fast hollywoodien de ces fresques historiques de légende.
Mais surtout, je pense que et là on parle de politique que le film vient réveiller une fierté patriote que l'on avait peu vu porter au cinéma et qui fait un bien fou. Il laisse peu de place, il faut bien le dire, à la nuance. Les méchants sont très méchants et les gentils sont des héros tout droit sortis d'un roman d'aventure.
Mais c'est pourtant notre histoire qui défile et non un roman. On y voit la détermination du général de Gaulle, la gloire de Leclerc, le second volet du diptique est un film entier à sa gloire. L'insolente ténacité du général Kunic qui permet à tous ceux qui traversent le pont de Birakem sans savoir très bien ce que ce nom signifie et bien de donner enfin une réalité historique à ce nom glorieux.
Et puis le film rencontre de surcroix des préoccupations qui sont un peu dans l'air du temps, des préoccupations politiques, la place d'abord de la France dans les grandes puissances et la juste distance à trouver avec les États-Unis. En définitive, le vrai méchant du FIB, ça n'est pas Hitler, on le voit pas. C'est à peine pétin qu'on voit peu, c'est Roosevelt qui veut vassaliser la France, écarter de Gaulle au profit du général Giro et découper l'Europe continentale en zone sous contrôle militaire américain avec une monnaie de singe et des préfets de polichinel formé aux États-Unis.
Donc on retrouve aussi dans le film alors en plus de cette inquiétude sur la place de la France écrasée entre les empires qui rencontrent une préoccupation fort contemporaine, on trouve aussi une inquiétude sur les partis politiques. On voit Jean Moulin essayer d'exercer une pression sur eux pour leur faire avaliser la création du Conseil national de la Résistance. Et ce qu'il faut faire avec ou sans les partis politiques à l'heure où il semble si peu se soucier de l'intérêt et de la grandeur de la nation.
Là aussi, on sent que cette préoccupation rencontre particulièrement le public français aujourd'hui. Si on doit résumer, c'est un film qui nous rend fier et c'est donc ça le ressort de son succès. Oui, et j'irai même plus loin, il y a quelque chose de puit folet dans cette épopée golienne et dans son traitement par Antonin Baudri au cinéma.
Le général de Gaulle de la France libre est le porteur au fond du dernier panache. Vous savez, c'est le nom d'un des spectacles précisément du puit du fou. La France y est glorieuse, un peu trop sûre d'elle et même arrogante malgré les circonstances mais déterminé, héroïques, mu par une conscience d'elle-même qui semble tout droit sorti de sa longue histoire, c'est la France éternelle réconciliée avec elle-même.
D'ailleurs, notez que les deux héros du film, le général de Gaul et le général Leclerc, Philippe de Hloc, sont deux officiers catholiques issus de la vieille aristocratie d'ancien régime, Philippe de Haut Cloc, lecler et même un moracien fervant monarchiste. Le film n'insiste pas beaucoup là-dessus mais enfin c'est la réalité historique et de Gaulle lui convoque Jean Dark devant les anglais pour expliquer sa destinée. Faut croire que ça plaît aux gens quand un film nous donne enfin un peu envie de nous aimer nous-même.
C'était
Charles de Gaulle