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interviewC dans l'air· 14 janvier 2026 8 min

Le RN et les patrons

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Celui qui s'est depuis des mois installé par la force des choses dans le rôle du recours travaille ses réseaux, en particulier auprès des patrons. Certains acceptent volontiers l'hypothèse RN. - Au coeur du 8e arrondissement de Paris, dans les salons feutrés de ce club parmi les plus fermés de France, une quarantaine de chefs d'entreprise ont répondu présent pour ce déjeuner du très libéral mouvement patronal Ethic. - Je suis vraiment ravie de vous avoir aujourd'hui tous ici.

Je voudrais signifier que ça suffit d'insulter les patrons, de les taxer, de les faire payer, de les détester quand ils réussissent. - Et de faire trop de grève! - N'en parlons pas! - A sa tête, S.de Menthon, souvent présentée comme le trait d'union entre le RN et les patrons.

Elle appelle de ses voeux l'union des droites, comprendre avec l'extrême droite. - Ca s'appelle pas l'extrême droite, mais le RN. Si le RN arrive au pouvoir, je travaillerai avec eux. - Même si la contradiction à la tête du parti ne lui a pas échappé. - Le plan marketing est magnifique.

Il y en a un qui prend les patrons, l'économie, le libéral, et l'autre qui prend les gens qui souffrent, qui travaillent trop dur pour partir à la retraite, le nord de la France. C'est M.Le Pen. - A l'Assemblée nationale, M.Le Pen mise sur la ligne sociale, Vote pour la taxation des multinationales, pour la taxation des superdividendes et surtout pour la suspension de la réforme des retraites.

Mais qu'importe pour celui qui incarne la vitrine libérale du RN. J.Bardella tente de séduire les milieux économiques. - J.Bardella: Il y a beaucoup de patrons, que ce soient des petits patrons, de petits ou de grands groupes, qui considèrent que les mesures que nous portons sur la simplification, le prix français de l'énergie ou le patriotisme économique, partagent les diagnostics et les propositions que formule le RN. - Le RN en pleine mue...

Au Medef, J.Bardella tentait en août dernier de gagner la bataille de la crédibilité, couronné d'un certain succès. - P.Martin: Certains sont plus conscients des périls et de ce qui se passe dans le reste du monde que d'autres.

Ce n'est pas un parti pris de ma part, mais c'est plutôt G.Attal, B.Retailleau et J.Bardella dans une certaine mesure. - Une forme de validation qui pousse de plus en plus de chefs d'entreprise à discuter, comme le patron de Total, P.Pouyanné, convaincu de la nécessité d'engager un dialogue avec les extrêmes.

Et ce n'est pas le seul. - T.Cotillard: C'est logique qu'un chef d'entreprise ou un représentant du monde économique parle avec un politique, quel que soit son bord. - Echanger, pour peut-être réussir à influer sur la politique économique du RN.

Au déjeuner du mouvement de S.de Menthon, certains croient l'objectif réalisable. - Je n'ai pas de sympathie particulière, mais je pense que nous pourrons plus facilement nous adapter, apprendre et prendre des leçons d'économie plus que LFI. - Quand une partie du monde économique n'a plus peur du RN... - On a essayé ceux qui ont gouverné ces 30 dernières années.

On a essayé l'élite française. Regardez la situation du pays: appauvrissement, déclassement, désindustrialisation, la santé, c'est une catastrophe. Même si le RN gagne demain, il ne gouvernera pas seul. - Selon "L'Opinion", d'ici la fin janvier, environ la moitié des dirigeants du CAC 40 auront rencontré M.Le Pen ou J.Bardella. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: Très clairement.

Si vous regardez le dernier recensement agricole, qui date de 2023...

On a quasiment 500 000 agriculteurs. On en avait 2 millions il y a encore quelques années. La surface agricole n'a pas tellement diminué, mais c'est parce que les fermes se sont agrandies.

On a un sujet de renouvellement des générations. Certaines filières, comme la volaille ou les fruits et légumes, s'étiolent. Pareil pour le sucre.

Elles ont du mal à résister aux importations et à maintenir leur compétitivité. - C.Roux: On voyait les efforts du RN vis-à-vis des chefs d'entreprise.

Est-ce qu'ils ont besoin de faire des efforts vis-à-vis des agriculteurs? - N.Mauret: Dès qu'on rencontre les agriculteurs, on voit qu'ils sont de plus en plus proches du RN.

Peut-être que c'est bien de regarder la carte électorale, celle des européennes. C'était un scrutin national. 93 % des communes ont mis en tête le RN.

C'est essentiellement toute la ruralité. Il y a beaucoup d'agriculteurs. Ils prospèrent beaucoup sur la colère agricole.

Ils sont très présents. M.Le Pen et J.Bardella n'oublient jamais les agriculteurs dans leurs discours.

Les idées du RN sont de plus en plus répandues dans le milieu rural. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

Question. - C.Barbier: C'est une manifestation organisée d'une séquence politique assez bien scénarisée des 2 côtés.

C'est là qu'on voit l'expérience de la FNSEA. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: Tout à fait.

Si on regarde les derniers sondages, plus de 90 % des Français soutiennent ce mouvement agricole. Le monde agricole a eu beaucoup de gestes politiques depuis quelques années. Malgré ça, les Français considèrent que leurs demandes sont légitimes.

L'enjeu va être de garder ce soutien, notamment concernant les sujets de radicalisation des actions de la part des syndicats contestataires, qui tendent à verser de plus en plus dans la violence. Le risque, c'est de perdre le soutien des Français. - C.Roux: Est-ce qu'on est au début de quelque chose?

On parle des blocages. Est-ce amené à durer? Il y a le Salon de l'agriculture...

Dans quel moment sommes-nous? Est-ce que la signature du Mercosur samedi va clore une séquence, en ouvrir une autre? - O.Détroyat: Elle va en ouvrir une autre.

C'était le point qui cristallisait toutes les difficultés du monde agricole, la capacité à exporter, la concurrence déloyale, la mondialisation. Au moins jusqu'au Salon de l'agriculture, la démonstration de force va se poursuivre. Les cycles agricoles font qu'une fois qu'il faudra ressemer et repartir dans les champs, on aura moins de monde sur les routes. - C.Roux: Question. - C.Barbier: C'est de la souveraineté au sens propre.

Après, on ne cultivera pas toutes les denrées qu'on aime manger dans notre pays. Le libre-échange a encore de l'avenir, pourvu qu'il soit fait en équité pour les producteurs et en sécurité pour les consommateurs. - C.Roux: T.Breton disait que c'était Un traité d'un autre âge. - C.Barbier: C'est d'un autre âge.

Ca fait plusieurs décennies qu'on le négocie. Les Américains du Nord nous tapent dessus avec leurs droits de douane. De nombreuses filières se taisent en ce moment, comme les spiritueux,