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interviewINA Politique· 19 mars 2022 4 min

Marine Le Pen : « On ne peut pas traiter par le mépris Vladimir Poutine » | INA adn

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Un petit salon modeste du Kremlin qui sert à des rencontres informelles, mais les caméras sont bien là pour immortaliser l'instant. Marine Le Pen a enfin obtenu la rencontre censée lui octroyer sa stature internationale et elle a du mal à cacher son émotion.

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Marine Le Pen

Merci Monsieur le Président de m'avoir accordé cette entrevue. Vous le savez, je fais depuis longtemps pour que la France et la Russie reprennent des relations.

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Présentateur

Une candidate à l'élection présidentielle qui s'engage à œuvrer pour une levée des sanctions européennes contre Moscou, Vladimir Poutine ne peut qu'approuver, même s'il se défend de toute ingérence dans le scrutin.

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Invité

Que vous dit cette image de 2017 à la lumière de 2022 ?

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Marine Le Pen

C'est une image qui est très importante parce que la réalité c'est qu'au fur et à mesure des années et au fur et à mesure des choix qui ont été faits par l'Union Européenne, la Russie n'a eu de cesse que de s'éloigner de l'Europe. Moi je pense qu'au départ Vladimir Poutine, il souhaitait que la Russie ait des relations avec l'Europe et accessoirement avec la France. Et à force de l'en avoir éloigné, il s'est tourné vers la Chine. Je pense que c'est une très mauvaise idée qu'on a eue là d'ailleurs. Parce qu'il est beaucoup plus dangereux de voir la Russie avec la Chine que la Russie en ayant des relations avec l'Europe. Mais là on est deux ans en fait après les attentats du Bataclan.

Et moi je vais voir Vladimir Poutine et je défends l'idée que la Russie, qui peut être par ailleurs un adversaire dans certains endroits, un concurrent dans d'autres, on le voit bien en Afrique aujourd'hui, mais incontestablement peut être un allié dans la lutte contre le fondamentalisme islamiste. Et je n'aurais de cesse d'ailleurs que de pouvoir rencontrer des dirigeants de pays pour organiser en fait sur des sujets qui sont des sujets qu'on peut avoir en commun, des points de convergence. Vous voyez là je rencontre Vladimir Poutine, j'ai rencontré il y a peu le Premier ministre polonais. Mais pour le coup les deux ne peuvent pas s'entendre.

Ils se détestent cordialement, leurs pays sont dans une guerre diplomatique majeure. Mais parce que je pense que c'est le rôle de la France. Le rôle de la France c'est d'être cette puissance d'équilibre, c'est d'être à équidistance, c'est d'être capable de parler aux uns et aux autres et accessoirement le moment venu de rapprocher les positions des uns et des autres.

2:19
Invité

Mais dans cette visite et dans cette poignée de main il y avait un peu plus que des considérations stratégiques ou de la réelle politique. Il y avait, vous l'avez exprimé, une forme d'admiration pour Vladimir Poutine. Vous l'avez dit, est-ce qu'elle a faibli depuis cette admiration ?

2:34
Marine Le Pen

Non mais, pardon, mais essayons d'avoir une vision un petit peu cohérente. Vladimir Poutine est un dirigeant politique qui a réussi quand même à arracher de l'effondrement économique, de l'effondrement social. Un pays qui a vécu des décennies de bottes soviétiques, puis une décennie de pillage ultralibéral. Voilà, c'est ça qu'il récupère. Et on peut avoir à son égard énormément de réserves, on peut s'en méfier, on peut le considérer brutal, on peut tout ce qu'on veut, mais on ne peut pas, je veux dire, traiter par le mépris le dirigeant politique qu'il est.

Parce qu'il a réussi à faire de la Russie à nouveau un acteur de premier plan, à nouveau un pays qui tient la route sur le plan économique. Donc moi j'essaye d'être objective, j'essaye de ne pas être subjectif. Parce que quand on est dirigeant politique, on ne peut pas être subjectif. Il ne faut pas être subjectif, il faut être très, comment dire, lucide sur ce qu'il est, sur ce qu'est la Russie. Mais il faut aussi être capable de comprendre pourquoi il agit comme ça, qu'est-ce qu'il a derrière la tête, qu'est-ce qu'il souhaite faire et qu'est-ce qu'il cherche à obtenir par la brutalité qu'il exprime.

Maintenant c'est sûr que ce qui s'est passé là, la guerre en Ukraine, est inadmissible, est insupportable, est à mon avis impardonnable. Mais je pense surtout que c'est une gigantesque erreur de sa part.