Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewCNEWS (sur YouTube)· 27 juin 2026 10 min

L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Charles De Gaulle à l'honneur au cinéma»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Autre sujet à présent, on va parler cinéma. Euh avant de recevoir Tuc Duel Denis, Mathieu Booté, puisque vous souhaitez parler de de Gaulle, le général de Gaul est sur grand écran ces jours-ci. Vous avez vu les deux films puisque c'est un diptique euh et vous avez aimé ou non ?

Finalement, j'ai adoré. Très franchement, j'ai trouvé ça absolument remarquable, émouvant. La vérité, je vous donne mon état d'esprit regardant le film.

J'ai envie de différ moment de prendre le maqui. Je rêve d'une guerre pour être résistant. Ensuite, cela dit on m' pas qu'on veut ensuite retourner chez soi tranquille.

J'ai le le cœur le cœur rempli d'espoir quand je vois de Gaul réussir à l'emporter. Il y a c'est un film absolument remarquable qui a été il faut le dire bien mal servi par sa promotion au début. J'avais une méfiance, je vous avouerai parce qu'au début je vois le l'acteur principal qui est remarquable par ailleurs.

Simon Abgarian, je crois. [raclement de gorge] Absolument remarquable mais puisqu'il fait la promo en expliquant qu'il est très éloigné des idées du général de Gaul à sa manière en disant qu'il ne votera certainement pas à droite. On se dit bon mais est-ce qu'on est vraiment obligé d'aller voir un film ? où le le principal acteur nous décourage du sujet de la valeur du sujet qu'il porte.

Et là, on laisse ça de côté. On se dit que les le propre d'un grand comédien, c'est souvent d'être un citoyen un peu bizarre, un peu désorienté, mais d'être un grand comédien qui est capable d'incarner quelque chose. Et franchement, c'est exceptionnel.

Le bouche à oreille a fonctionné soit du temps passant, je m'étais dit, je suis pas certain d'aller le voir. Et là, j'ai vu plein de gens que j'estime sur les réseaux sociaux dire "Non, non, allez voir ce film là, allez voir" et je m'y suis retrouvé. Deuxième élément, pourquoi j'avais une petite réserve au début ?

Parce que de go le cinéma c'est rarement une réussite. Franchement alors moi, j'ai une réussite une fois à mon avis, c'est un téléfilm des années 2000 que vous avez peut-être vu ou peut-être pas qui s'appelle le grand Charles. Le grand Charles avec Bernard Farci.

Bernard [rires] Farci, je précise, c'est la le comédier principal de Taxi. Donc c'est c'est un un homme de c'est un comédier mais c'est vraiment sur le mode de la rigolade. Et là, il joue son de goal Bernard Farci et il est exceptionnel et ça raconte surtout le grand Charles les années de ce qu'on appelle la traversée du désert du général.

Donc ça ça ne s'interdit pas de revenir sur l'avance sur la période de la guerre mais ça nous raconte en fait de goal globalement de 45 à 58, de 46 à 58 au moment où il a quitté le pouvoir et il cherche à y revenir tout en prétendant ne pas le faire. Donc quoi qu'il en soit, j'avais mon grand Charles à moi, j'avais mon deal à moi dans la la la fiction en fait dans la le cinéma. Et là, je viens de trouver un nouveau de Gaul qui est absolument remarquable.

Santé sur la période de la guerre. On visite, on explore, on redécouvre le mythe de la France libre. Le mythe de la France libre qui est un mythe, je précise, c'est une vision de la deuxième guerre mondiale telle que la voyaient les acteurs en temps réel. pas la deuxième guerre mondiale réécrite telle qu'on l'a connu ces dernières décennies où qui devient les patries disparaissent pour n'être qu'un conflit idéologique.

Là on redécouvre par exemple des affects fondamentaux. On redécouvre le j'utilise le mot sachant qu'il ne fait pas consensus mais le nationalisme dans le bon sens du terme viscéral de ceux qui ne tolèrent pas de voir leur pays occupé. Donc je ferai une lecture politique du film bien évidemment ne serait-ce que parce que j'ai pas le talent cinématographique d'Arthur qui a une culture immense en ses matières.

Premier élément que je retiens de ce film, ce qui est mise en scène dans le le my de la France libre, c'est le refus viscéral de la défaite et de la soumission un ennemi qui s'installe chez nous et qui doit repartir chez lui. Alors chez de Gaul, c'est pas compliqué. La vocation, on connaît la formule, je pense de Jean Dark, j'aime les anglais, j'aime les anglais chez eux.

Et bien de Gaul aime les Allemands mais les aiment chez eux et débarrasser par ailleurs de la du tyran Hitler pour qu'il redeviennent un peuple civilisé. ce qui est arrivé quand ils sont débarrassés évidemment d'Hler en fait quand le monde occidental c'est Adélus dans les circonstances a réussi à se débarrasser d'Hitler. Donc un refus viscéral de la défaite premier élément.

Deuxièmement c'est une idée simple, il ne faut jamais s'avouer vaincu. Même lorsque vous êtes faible, si vous avez une résolution existentielle absolue, vous êtes peut-être capable de tenir et de renaître. Autre élément qui est central, l'intransigence dans la condamnation des dirigeants qui ont conduit le pays à la ruine.

Et là, c'est intéressant parce que la critique des vichistes qui est fait dans le film, parce que les vichistes le moins qu'on pe dire, ils ne sont pas aimés, mais ils ne sont pas critiqués sur le mode idéologique du genre le programme de la révolution nationale où ils ne sont pas critiqués sur le mode idéologique. Ah mais c'est l'extrême droite, ils sont terribles, ils sont réactionnaires. Non non non, je dis pas que c'est pas un élément important.

à l'échelle de l'histoire, je dis que dans le film, les vichistes sont condamnés parce que ce sont ceux qui ont rendu possible la capitulation ou qui ont rend qui ont consenti la capitulation, ils sont attaqués sur la base politique presque vous êtes des gens qui vous couchez devant l'ennemi. Quelle que soit votre idéologie, vous vous couchez devant l'ennemi. Et vous noterez d'ailleurs que Avichi, comme dans la collaboration, il y avait des gens de toutes les tendances idéologiques d'anciens socialistes, des centristes, des gens de des démoraciens.

Oui, des communistes, des gens qui sont devenus nazis ensuite. Donc c'est une drôle l'histoire de la deuxième guerre est une histoire d'étrange synthèse. Par ailleurs, un autre élément qui est essentiel dans le livre dans le film, pardonnez-moi, c'est l'appel à l'histoire pour fonder l'action au temps présent. de Gaul quand il fait référence par exemple euh à Clovis, il fait référence à Jean Dark, il fait référence à plusieurs figures historique importante.

Donc quand on voit les historiens contemporains nous expliquer que l'histoire est un construit social qui ne devrait pas avoir une dimension existentielle parce qu'il s'agit d'un savoir reconstruit en laboratoire universitaire, ces gens n'ont rien compris à ce que veut dire l'histoire comme matière première qui forge l'identité d'un peuple. Autre élément fondamental dans le film et on le voit la le camp national en fait le gaulisme dans sa définition la plus exigeante mais c'est trouve son acte de naissance avec des gens qui viennent de partout. Il y a des gens qui viennent de l'Action française, il y a des gens qui viennent de la gauche, il y a des militaires, il y a des politiques qui se mettent au service de leur pays, il y a des gens ordinaires qui ne veulent pas voir leur pays occupés par une puissance étrangère.

Autrement dit, dans un moment où la patrie est menacée de d'élitement, et bien vous êtes capable de voir des gens qui viennent de tous les horizons se rassembler autour d'une cause existentielle. Ça ne veut pas dire ça ne veut pas dire que dans ce conflit, dans ce combat, ils mettent de côté ce qui les divise. Il continuent d'avoir des visions sociales différentes, mais ils sont réunis autour [raclement de gorge] de quelque chose d'absolument fondamental, la liberté, l'existence de la patrie.

Et regardez la beauté des personnages qui nous sont présentés. Lecler surtout dans le deuxième, il est exceptionnel Leclerc franchement c'est c'est quand même le c'est c'est pas un homme de gauche lecler disons ça ici. Il est splendide dans il incarne en fait la France libre combattante.

Kunig magnifique aussi comme personnage. Moulin Jean Moulin franchement son son rôle d'organisateur la résistance la dignité absolue le patriotisme on résolu et sans en phase d'un homme qui était pris au plus grand sacrifice pour ne pas parler. et Fernand Bonier de la Chapelle dans le premier qui incarne ce petit français ordinaire qui ne tolère pas l'occupation de son pays et qui se bat véritablement, qui entre en résistance et qui va d'ailleurs contribuer à mobiliser les Français en novembre 40 pour protester justement à l'Arc de Triomphe contre la présence des Allemands à Paris.

Je devine que selon vous, ces vertus dépassent la simple aventure de la France libre. Mathieu. Et ben, vous devinez très bien cher ami.

Alors, je ne crois pas qu'on puisse évidemment plaquer une époque sur une autre. Ça, je pense c'est la première chose qu'on doit se dire. Je je suis exaspéré par ceux qui notamment par ailleurs réduisent les catégories politiques des temps présents aux catégories politiques hérité de la 2e guerre mondiale.

Euh nous ne sommes plus aujourd'hui dans un combat fasciste antifasciste. Nous ne sommes pas non plus dans un combat le combat éternel des nations européennes entre elles. Nous ne sommes pas donc il faut savoir que nous ne sommes plus dans la même époque et quand on se retrouve avec trop de politiques qui décident de de non pas d'éclairer le présent la lumière de l'histoire mais de dissoudre le présent dans une forme de passé éternel et bien cela ne nous permettent pas de comprendre notre situation.

Ensuite, cela dit, il y a dans ce film une illustration des vertus éternelles de la politique. Premièrement, le patriotisme. Le patriotisme où je dis le nationalisme dans le bon sens du terme, cette idée que plus important que nos divisions que nos divisions qui sont inévitablement nombreuses, il y a l'idée de la liberté de la patrie, de la souveraineté de la patrie et j'ajouterai aujourd'hui de l'identité de la patrie. probablement que le passage de la France libre à aujourd'hui, c'est que l'idée à l'époque, c'était que la France demeure libre alors qu'aujourd'hui l'essentiel c'est que la France demeure française.

Deuxème élément, entre alliés, il peut y avoir des tensions. Il ne faut pas se coucher devant l'allié le plus puissant. Vous regarderez si vous allez voir le film le personnage de Roosevelt.

Alors Roosevelt c'est un personnage apprécié dans l'histoire du 20e siècle mais le Roosevelt voilà se comporte comme un ennemi des Français. Les Américains cherchent à casser les Français et il faut le comprendre. Est-ce qu'on peut véritablement croire que c'est terminé à l'échelle de l'histoire ?

Est-ce que cette idée que les Américains veulent soumettre leurs alliés, les vassaliser en toute circonstances ? Est-ce qu'on peut penser que c'est une idée si bizarre que celle-là ? J'ai quelque fois l'impression quand je vois Roosevelt dans ce film d'avoir une forme de prétrumpistocratique dans son rapport à ses alliés.

Dans cette idée, nous allons finalement vous vous indiquer les les paramètres de votre existence. Autre élément, l'honneur. L'honneur, vertu fondamentale, s'il en est une.

C'est ce qui empêche les hommes de capituler quelquefois devant plus fort que soi. Autre élément, la fidélité aux grands ancêtres. Ah, ça c'est essentiel.

La fidélité aux grands ancêtres, c'est cette capacité justement à se dire s'ils n'ont pas renoncé autrefois, s'ils n'ont pas capitulé, mais nous aussi nous allons tenir soit ditant passant ceux qui ont cherché à comprendre Mark Block. On en a beaucoup parlé cette semaine de Mark Block. Oui.

Et bien je pense que ce film permet de comprendre Mark Block parce qu'il existe une telle chose chez l'homme que le refus viscéral de la défaite, le refus viscéral de la capitulation. Je note par ailleurs que devant la défaite, certains sont toujours très heureux de se coucher. Il y a les apples, on pourrait dire les spécialistes de l'appel à ventre professionnel.

Mais mais ça existe hein. Mais cela dit, on voit que des hommes, quelques hommes, peu d'hommes peuvent être capables de tenir un pays, de le sauver. Et dernier élément, au cœur de la guerre, il y a aussi la capacité d'identifier ceux qui sont fidèles à leur pays et quelquefois ceux qui le trahissent et avec plus de tristesse.

Souvent, ceux qui savent où est leur devoirs, mais ils sont incapables de l'accomplir parce qu'ils sont d'abord et avant tout soucieux de maintenir leur privilège. Disant cela, est-ce que je pense un peu au temps présent ?