The big interview: Nicolas Dupont-Aignan
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Européens, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour à vous. Bonjour Laurence. Président de Debout la France, candidat à la présidentielle. On va évoquer d'abord cette violence qui s'est exercée à l'égard de certains maires sortants, qu'ils soient de gauche ou de droite, dimanche soir, dans des bastions remportés par l'extrême gauche ou la France insoumise, Saint-Denis, Mante-la-Jolie, Creil, Blanc-Ménie-Nile, Vaud-en-Velin, Aubert-Villiers. Les images sont absolument terrifiantes, les familles de ces élus sont traumatisées. Comment est-ce que vous qualifiez ces comportements qui n'ont rien de républicain ?
Décivilisation, ensauvagement napolitique, on va voir ces images.
Six années, a été l'honneur de même. Terreur, terreur politique. Mais en fait, si vous voulez, ils ne peuvent gagner que comme ça. Donc, c'est une minorité agissante qui terrorise ses adversaires. Mais ce que je veux dire, au-delà des condamnations, parce que c'est abominable, c'est la fin de la démocratie, ce que vivent les élus là, leurs familles, dans les cages d'escalier des HLM, les Français le vivent tous les jours. Vous comprenez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'on découvre, parce que ça touche des élus, et c'est insupportable, les élus de la République, que ces mœurs barbares, eh bien c'est le quotidien de millions de Français. C'est ça qui est insupportable.
Parce que la vraie cause, c'est le laxisme judiciaire permanent, c'est la culture de l'excuse. Donc, au-delà de la condamnation, moi je veux qu'on prenne des mesures.
Mais pour ça, mais pour ça... Parce qu'il s'agit de dérive communautariste, c'est à quoi on assiste, Nicolas Dupont-Henot ?
Délinquante, ce que j'appelle de la délinquance. Et la délinquance, ça a d'abord été la délinquance, après c'était le trafic de drogue, et maintenant c'est la délinquance politique. En fait, ce sont les mêmes méthodes. Intimidation, omerta, démission de la justice... Julien Aubert, DLR parle de comportements très beaux. Est-ce que vous auriez jusque-là ? On peut dire ça, mais j'allais dire, c'est encore pire. C'est un système, c'est un système d'inversion des valeurs. Mais ce système d'inversion des valeurs, il gangrène toute la France. Et tout l'enjeu, c'est de rétablir l'autorité de l'État.
Mais rétablir l'autorité de l'État, ça veut dire prendre des moyens qu'aucun gouvernement n'a osé prendre. Ça veut dire se dégager de l'Union européenne, ça veut dire rétablir nos frontières, ça veut dire construire les places de prison, vous savez tout ça. On en parle, mais il y a eu 150 rapports. Donc on sait ce qu'il faut faire, mais on ne le fait pas.
Mais j'entends Nicolas, vous me parlez de délinquance, là je vous parle de militants, de maires qui ont été élus. Donc là, il y a une dimension politique qui vient d'extrême-gauche.
Oui, mais parce qu'ils ont pris le pouvoir des délinquants, des voyous, une mafia a pris le pouvoir. Les maires qui viennent d'être élus sont des délinquants ? À partir du moment où dans certaines villes, on a laissé les voyous prendre le pouvoir sur le terrain, pourquoi ne voulez-vous pas qu'après avoir pris le pouvoir de la drogue, après avoir pris le pouvoir de la rue, c'est tellement plus simple de prendre le pouvoir du conseil municipal ?
Mais on ne qualifiait pas ses maires élus démocratiquement de délinquants, on est d'accord.
Mais leurs militants ont des méthodes délinquantes. Et il faut appeler un chat un chat, ce n'est pas un jeu politicien. Mais vous avez vu l'affaire Quentin, c'est quoi ? Il y a eu un mort, un jeune de 17 ans qui est mort. Mais il y a une tolérance, il y a une acceptation, il y a une fatalité dans le pays incroyable. Mais ce qui est insupportable, c'est qu'au-delà des condamnations, qu'est-ce qu'on fait ? Rien. Donc ça gagne.
Alors, les condamnations politiques, elles arrivent peu à peu, parce que depuis lundi, nous parlons de ces violences. Absolument, les condamnations judiciaires, vous avez raison, mais les condamnations morales, politiques, elles affluent peu à peu. Parce que depuis lundi, nous montrons sur nos antennes ces images, parce qu'elles sont inacceptables. Et vous êtes les seuls. Ah oui, les autres ont mis un peu de temps. Gabriel Attal, qui estime que nos élus locaux méritent mieux que la brutalité et les torrents de haine promus par Jean-Luc Mélenchon et ses alliés.
Gabriel Attal, pardonnez-moi, l'hypocrisie à ce... Gabriel Attal, il a fait alliance avec LFI aux législatives de 2024.
Il a rectifié depuis. Oui, il a rectifié.
En tout cas, si LFI est là, c'est parce que des LR, des macronistes ont servi la soupe à LFI. Donc il faut arrêter. Moi, il y a un moment, les girouettes permanentes, ça suffit. Il faut être clair dans la vie. Moi, je pense que les Français plébisciteront les gens clairs. J'espère, du moins.
Juste encore un mot de ces municipales. À Saint-Denis, le nouveau maire, Bali Bagayoko, a confirmé hier sa volonté de désarmer progressivement ces 160 policiers municipaux. D'abord des LBD, puis sans doute des armes à feu. Ça a provoqué un mouvement de désaffection chez les agents de la police municipale. Comment vous jugez ça ?
Cette volonté de désarmer la police. C'est leur ligne. Moi, vous savez, j'ai été élu dans ma ville à 80% des voix dans une ville de 30 000 habitants. Et au premier tour ? Au premier tour. Parce que j'ai, depuis des années, fait de la sécurité la priorité. Et nous sommes dans les 10 villes les plus sûres, pas d'Île-de-France, de France. Et donc, moi, je vais recruter les quelques policiers qui voudront venir chez... Vous les accueillez chez nous ? Je les accueille volontiers. Et ce qui est terrible dans cette affaire, c'est que ce sont les habitants de Saint-Denis qui vont le payer cher. Très cher.
Et là, je pense que si on avait un gouvernement qui s'appelle un gouvernement, immédiatement, si j'étais ministre de l'Intérieur, je mettrais des effectifs de police nationale à Saint-Denis pour dire, on ne va pas vous laisser tomber. Vous voyez ? Ce n'est pas au-delà des condamnations. C'est le choix. Les électeurs ont élu cet homme. Démocratiquement. Et la DI qui désarmerait. Il va désarmer. Bon courage, les habitants de Saint-Denis. C'était dans son programme, essuie de la France, Saint-Soupir. Voilà. C'est leur programme. Ils vont voir ce que ça veut dire. Mais après, il y a une France. Ce n'est pas des communautés. Ce n'est pas des féodalités.
Parce que le problème de fond du pays, c'est la décentralisation à outrance. C'est-à-dire qu'on a laissé des féodalités. Et ce que moi, j'ai retenu des municipales, c'est qu'en fait, c'est un pays fracturé. Souvenez du livre sur l'archipel. Bien sûr. C'est un pays fracturé. Jérôme Fourquet. Et qu'est-ce qu'on fait de la France ? Comment on rétablit l'État ? C'est ça l'enjeu. Vous avez raison. Les gens attendent des résultats. Vous avez raison, Nicolas Dupont-Aignan. Ils attendent des condamnations. Puisqu'ils ont compris que les condamnations des politiciens, c'était un moyen de se donner bonne conscience et de tourner la tête. C'est du vent.
Justement, vous parlez de la France. Jean-Luc Mélenchon parle de la nouvelle France. Avec un concept, effectivement, qui regroupe tous les derniers arrivés sur la scène politique. Les personnes qui luttent pour leurs droits. Qu'est-ce que c'est que ce concept de nouvelle France ?
Alors, j'ai envie de dire, c'est très intéressant. C'est que Jean-Luc Mélenchon, il a du talent. C'est diabolique, mais il a du talent. Il parle de nouvelle France. Et pourquoi cela ? C'est très dangereux. C'est parce que les autres ne parlent plus de France. Et si la droite, si certaines personnalités politiques parlaient plus de France, la défendaient davantage, son indépendance, sa grandeur, sa force, ses résultats, Eh bien, sa nouvelle France à la noix, elle paraît très dérisoire. Le danger dans cette affaire, c'est que comme ils sont tous mis à la remorque de l'Union européenne, comme ils sont tous soumis, comme le pouvoir politique a disparu, comme c'est que du cinéma, des tambouilles.
Vous avez vu les tambouilles municipales des uns des autres. Eh bien, le danger, c'est que le seul qui parle de France, maintenant, ça va être Mélenchon. Mais c'est insupportable. Avec une vision communautariste de la France. Triste, mais bien sûr, mais avec un mot qui peut tromper. Donc, l'enjeu, ce n'est pas de faire la pub de Mélenchon. Moi, je ne veux plus parler de lui. Parce qu'il sait très bien comment faire pour qu'on fasse sa pub. On fait sa pub en permanence, puisqu'on ne parle que de lui. Moi, je veux qu'on parle de la France, la vraie France, la seule France, la France éternelle. Et c'est ça qui est important pour l'avenir.
Il a aussi évoqué toutes ces alliances avec le PS qui n'ont pas porté chance aux socialistes dans toutes les villes, qui sont alliées aux insommies. Ça, c'est une des leçons des municipales aussi.
C'est une des leçons. Encore qu'à Nantes et dans d'autres, ça a porté. Donc, attention. Attention. LFI tient le PS. De toute façon. Mais moi, ce qui m'attriste, parce que ça, on le connaît, c'est qu'en face, c'est la tambouille, c'est la nullité, c'est la faiblesse.
À gauche comme à droite.
À droite. Qui lorgne vers les macronistes en permanence. Qui se trompent. Votre ministre, c'est plus la droite que la gauche, Nicolas Dupont-Aignan ? Non, mais j'aimerais tellement qu'il y ait un peu de bon sens à droite. J'aimerais tellement qu'ils arrêtent de coopérer toujours. Moi, j'ai un exemple. Je peux vous le dire. J'ai été élu dans ma vie à 80%. Il y a une agglomération de neuf maires qui ont magouillé pour faire élire à LFI, à l'époque contre moi quand j'étais député. Qui sont tous ensemble dans le marigot, macroniste, socialiste, LR. Ils ont fait en sorte que dans la communauté d'agglomération du Val d'Hier, je sois exclu des instances.
Donc ça veut dire que celui qui gagne le plus, qui a la confiance des habitants, est exclu par les magouilleurs. En fait, tant que LR, et je pèse mes mots, tant que les leaders d'LR auront des paroles qui sont souvent estimables, mais des actes qui continuent à cautionner un système, un gouvernement qui a failli. Parce que c'est quand même ce gouvernement macroniste depuis près de 10 ans qui a mis la France en faillite sécuritaire, économique, financière. Et tout ce petit monde politique magouille.
Donc ça s'adresse à Bruno Retailleau, à Laurent Wauquiez, à tous les...
Mais évidemment, ils sont en train de réfléchir, mais vous imaginez la situation. Ils sont en train de réfléchir à une espèce de primaire, on ne comprend rien, avec l'Édouard Philippe et à tous ceux qui ont détruit la France. Et ils croient qu'ils vont encore, comment dire, attraper les Français avec ces magouilles du balai. Ça ne marchera pas pour vous, ça ? Je l'espère, c'est pour ça que je me bats. Et je souhaite que les Français prennent conscience que tous ceux, tous ceux qui ont mis la main dans le pot de confiture soient sanctionnés. D'ailleurs, ils l'ont été un peu au municipal. Rachida Dati, pourquoi elle a été devenue ministre de la Culture ?
Estrosi, Canaviguet, heureusement qu'Éric Ciotti a gagné. Il y a Olas, Canaviguet, tous ces gens-là, ils sont balayés, et heureusement. Moi, je suis certain... C'est la vieille politique, je crois, pour vous ? Le résultat des élections municipales, c'est qu'une première vieille politique est en train d'être dégagée. Alors, ils s'accrochent. Regardez à Marseille, ils ont fait perdre à Lysio pour faire élire Payan. Les LR, Martine Vassal. Mais c'est ahurissant ce qui se passe. Donc, il faut que les Français n'écoutent moins les gazettes.
Il faut, pardonnez-moi, c'est pas vous, mais il faut que les Français réfléchissent sur le fond, l'intégrité des personnalités, la clarté des programmes, les bilans, les projets, les résultats.
Et vous, au milieu de tout ça, qu'est-ce que vous dites ? Parce que vous n'êtes pas pour l'union des droites, vous êtes pour l'union des droites. Est-ce que c'est un concept fumeux ? Est-ce que de toute façon, les électeurs la feront dans les yeux ?
L'union des droites, si c'est pour rattraper des gens qui ont détruit la France, c'est n'importe quoi. La seule avenir, c'est une alternative patriote de droite, mais qui va au-delà de la droite, qui rassemble les Français, les amoureux de la France. Le RN, ça va jusqu'au Rassemblement National ? Tous ceux qui n'ont jamais mis le doigt dans le pot de confiture du macronisme. Tous ceux qui n'ont jamais dirigé, ça fait beaucoup de monde.
Eh bien, ça fait tous ceux qui sont intègres, qui ont refusé les compromissions, mais qui ont aussi un projet clair, et moi je le défends mon projet clair, c'est la rupture avec l'Union Européenne, parce que je le dis à mes amis du RN ou de la droite, si vous continuez à obéir à Mme van der Leyen, vous n'arriverez pas à résoudre les problèmes. Donc moi je suis clair, je défends la sortie de l'Union Européenne, je défends l'indépendance de la France. Pour résoudre les problèmes concrets des Français. Donc c'est un projet souverainiste, 100% souverainiste. 100% souverainiste. Parce que la France ne s'en sortira que si elle est libre.
Dans la vie de l'individu, un individu, si d'abord il n'est pas libre dans sa tête, il ne peut pas s'en sortir. Donc vous êtes libre, et vous vous présenterez quoi qu'il arrive à la présidentielle. Tout à fait, pour que les Français aient au moins un candidat. Quitte à éparpiller les voix à droite. Mais je n'éparpillerai pas les voix, parce qu'il y a deux tours de scrutin, et qu'au premier tour, il faut de la diversité politique. Pas de personne, sur le fond.
Avec le risque de pouvoir permettre à Jean-Luc Mélenchon de se qualifier pour le second tour, Nicolas Dupont-Aignan. Le ticket d'entrée pour le second tour sera assez bas, vous le savez.
Non. Je suis convaincu que s'il n'y a pas de candidat qui défend la sortie de l'Union Européenne, il n'y aura pas de vrai choix pour les Français. Parce qu'on ne réglera le problème de sécurité, d'énergie, d'économie, d'emploi, que si on sort de cette prison. Et ça, c'est un débat noble, ce n'est pas une division, c'est un choix politique. Et si je ne le faisais pas, alors là, il y aurait un grand danger. Donc je le ferais, mais j'ai toujours été, vous le savez, loyal, puisque au second tour, j'ai été le premier en 2017 à me ranger, d'ailleurs, ce qui a été en tête. Et je crois que c'est la Ve République. Au premier tour, sur le fond, on exprimait un choix pour les Français.
Au deuxième tour, on est loyaux.
D'accord. Mais Nicolas Dupont-Aignan, vous voyez très bien que le piège est en train de se mettre en place pour 2027. Avec d'un côté la force du RN, qui a solidifié son ancrage local, et la France Insoumise, qui, avec sa stratégie d'hystérisation, a réussi à cranter aussi l'opinion. C'est cette mâchoire-là du piège qui va se refermer sur la droite et sur le bloc central, ce qu'on appelle le blanc central.
Parfois, il ne faut pas l'oublier, mais moi, je ne suis pas dans le bloc central. Le bloc central, ils sont compromis. Le bloc central, ils ont ruiné la France. Donc, du balai. Dehors. Dehors. Vous dites ce que dit Jean-Luc Mélenchon, dégagé. Mais si on laisse à Jean-Luc Mélenchon le monopole du dégagisme, alors là, il y aura un grand danger. Moi, je ne suis pas pour garder ceux qui ont compromis, qui sont compromis, qui ont ruiné le pays. Je suis pour qu'il y ait une alternative patriote qui traite les problèmes. Et pour traiter les problèmes, j'estime que les Français ont le droit de sortir de l'Union Européenne.
Les problèmes, ils sont là. On a parlé de sécurité, parlons de pouvoir d'achat. Le ministre de l'Économie nous a annoncé un nouveau choc pétrolier. Le pouvoir d'achat, évidemment, c'est la préoccupation principale des Français. Les prix des carburants, qu'est-ce que vous proposez ? Pour l'instant, le gouvernement ne peut rien faire. Ils l'ont redit hier, pas de chèque énergie, parce que nous sommes à l'os. Il n'y a plus d'argent.
Alors, c'est faux. D'abord, il y a première chose, le gouvernement remplit les caisses, raquette les Français et gagne de l'argent sur la crise, puisque vous savez que la TVA augmente aux proportions du prix. Donc, je demande, premier point, bien évidemment, qu'il rende le surplus. Il n'a pas à gagner de l'argent sur la crise.
Comment on la rend ?
Par une base de taxes, c'est simplissime. Premier point. Deuxième point. Donc, on perd de l'argent ? Non, on évite d'en gagner. Actuellement, le gouvernement... On creuse le déficit ? Non, le gouvernement fait du beurre sur la crise.
C'est un profiteur de crise, comme dit Marine Le Pen.
C'est un profiteur de crise. Bon. Deuxièmement, je supprime la TVA sur la taxe. On est le seul pays au monde qui a une TVA sur la taxe. 13 centimes. Troisièmement, je fais des économies ailleurs. Parce que c'est curieux, M. Macron a donné encore des milliards à Zelensky. M. Macron a donné 5,5 milliards de plus à l'Union européenne. Mais avec les 5,5 milliards de plus à l'Union européenne en 2026, on aurait pu baisser les carburants de 20 centimes. Donc, moi, il faut maintenant arrêter de dire qu'il n'y a plus d'argent. L'argent, il l'a donné, il le donne. Les fausses cartes vitales, pourquoi on ne lutte pas contre ?
Donc, cette idée qu'il n'y a plus d'argent parce qu'ils l'ont dilapidée et que les Français doivent crever, parce que l'automobile, ce n'est pas un plaisir, c'est un outil de travail. C'est vital pour certains en région. Les artisans, les pêcheurs, les agriculteurs, tous ceux qui travaillent. Donc, il faut d'urgence une baisse, comme en Italie, comme en Espagne, comme dans la plupart des pays. On peut le faire. On peut le faire. Mais ça veut dire d'autres priorités. C'est tout.
Ça veut dire que si la crise se poursuit en Iran et elle risque de durer, le gouvernement sera obligé de faire un geste sur les carburants.
Ce n'est pas un geste. Ce n'est pas la charité. C'est arrêter de raqueter les Français et d'avoir une autre priorité de dépense. On a encore le choix de choisir à qui on donne notre argent. Est-ce qu'on veut donner notre argent pour alimenter la guerre en Ukraine et nourrir la corruption et les marchands de canons américains ? Ou est-ce qu'on donne de l'argent pour que les Français survivent ?
On arrête d'aider l'Ukraine ?
On arrête, bien évidemment. On la livre aux Russes ? On ne la livre pas aux Russes. On fait la paix là-bas. Parce que les Américains sont en train de la faire dans notre dos et de s'entendre sur les terres rares, sur les ressources pétrolières avec les Russes. Et nous, on est les dindons de la farce. Et vous savez ce qui se passe aujourd'hui ? C'est que les Français sont en train de crever parce qu'il y a des mauvais choix de politique étrangère. Parce que le pays ne défend plus ses intérêts. Et il y a un moment, quand il y avait une phrase de Cicéon je crois, vous pouvez tondre un peuple, vous ne pouvez pas l'écorcher. Aujourd'hui les Français sont écorchés. Il y a des mesures à prendre.
On peut les prendre. Ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas les prendre.
Parlons aussi de la posture de la France vis-à-vis de la guerre en Iran. Posture défensive selon Emmanuel Macron. Avec des mises en garde notamment Israël pour qu'il n'envahisse pas le sud-Liban alors que le Hezbollah y est présent et est une menace existentielle pour Israël. Comment vous jugez la posture de la France vis-à-vis du conflit en Iran et d'Israël ?
Je pense que la France a une position extrêmement prudente. Et que là pour le coup elle a raison. Que vous validez ? Que je valide. Prudente. Ça ne veut pas dire de laisser bien évidemment le Hezbollah. Il faut être intransigeant avec le Hezbollah qui menace la sécurité d'Israël. Je suis clair. Il faut aller au bout. Il faut aller au bout là-dessus. Mais il faut absolument à un moment savoir arrêter une guerre. Et ce qui se passe avec les négociations de paix de Trump en ce moment est vital. Parce que ce que je veux vous dire c'est que le premier continent qui fait les frais de la guerre en Ukraine et maintenant de la guerre en Iran si elle continuait.
Une fois que les capacités de l'Iran ont été démantelées, il faut savoir s'arrêter. Parce que si on continue comme ça, c'est la Chine, c'est les Etats-Unis qui vont ratiboiser notre économie. Nous allons être un pays de seconde zone. Alors détruire les capacités nucléaires de l'Iran, oui. Faire tomber le régime des moilas ? Faire tomber le régime ? Non, on les laisse continuer. Mais il faut le faire tomber. Mais comment vous le faites tomber ? Plus vous avez... Intervention au sol ? Et bien il n'y aura jamais d'intervention au sol, tout le monde le sait. Parce que Trump ne le peut pas. Par rapport à son opinion publique ? Par rapport à son opinion publique.
Donc maintenant que les capacités ont été détruites, et il fallait les détruire, il faut absolument arrêter la guerre, de manière justement à faire tomber le régime, maintenant qu'il est affaibli. C'est en deux temps. D'abord détruire les capacités nucléaires, oui. Mais maintenant il faut la paix. Il faut la paix, sinon le monde occidental risque d'être emporté par la crise pétrolière, et l'Europe risque d'être ruinée. Et si on est ruiné, on ne pourra pas s'en sortir.
La France, quelle est la portée de la voie de la France dans ce conflit ? Nul.
Il n'y a plus de portée de voie de la France, puisque la France n'a plus de voie indépendante. Vous avez remarqué que Mme Van der Leyen commande. Mme Van der Leyen est allée en Australie signer un accord au détriment de nos agriculteurs. La France est couchée sur le Mercosur. Il faut bien comprendre que la France doit porter une voie indépendante, mais pour qu'elle porte une voie indépendante, il ne faut pas qu'elle se voie à genoux. Il faut que la France ait une industrie, une agriculture, des Français qui travaillent. Une défense ? Le nouveau porte-avions s'appellera le France libre, ça vous va ? Ah bah, ça serait magnifique. C'est tout ce que la France n'est plus. 10 milliards d'euros ?
Mais il faut le faire. Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas le faire. Mais il faut peut-être... D'abord, j'ai écrit un livre où Valpognon, Claire, où il y a des économies à faire. Il faut une France qui avait compris le général de Gaulle. La France peut être libre, avoir une voie qu'il porte, si elle est solide, s'il y a un État, s'il y a une économie. Donc la priorité absolue pour moi de la France, c'est de reconstituer nos forces. Sinon, on ne peut pas parler au monde.
Et votre prochain livre sortira en avril, il s'appellera 2027, La liberté ou la mort ? Aux éditions Varier, on aura l'occasion d'en reparler avec vous, Nicolas Dupont-Aignan. Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la matinale sur CNews et Europe. Bonne journée à vous.
Nicolas Dupont-Aignan