Moins performer, mieux vivre / Masculinisme : un risque pour notre démocratie ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonsoir à toutes et à tous. Soyez les bienvenus dans 28 minutes. Bonsoir mes tourteraux.
Bonsoir éclatant. Comme tous les soirs, l'actualité c'est l'offensive des masculinistes. Ces jeunes mâles misogynes suprémacistes en lutte contre l'égalité homme-femme et contre la parité.
Le bid français de l'influenceur américain clavicular la semaine dernière à Paris serait comique s'il n'avait pas coïncidé avec une tragédie, une fusillade à Montréal qui a fait trois morts dont l'auteur qui a revendiqué juste auparavant sa haine des femmes. Le masculinisme menace les femmes et la démocratie des sénatrices françaises alertent. C'est effectivement une offensive contre la démocratie parce que le postulat de tout ce mouvement masculiniste, c'est que les hommes sont naturellement supérieur aux femmes et que les avancées des droits des femmes, l'égalité, tout ce qui s'est construit depuis un siècle met en cause cette inégalité originelle et qu'il faut la restaurer et la rétablir.
Alors le retour de bâton poste 68 et poste mitou est une des explications à ce masculinisme. Comment déconstruire cette propagande et empêcher des passages à l'acte ultra violent ? On en débattra avant de vous retrouver Marie Bonisso et Xavier Maudu pour vos chroniques évidemment et direction l'Italie Ellisabeth parce qu'ils étaient des milliers des milliers Romes ce weekend sur leur Vespa pour fêter les 80 ans du célèbre scooter italien Ellisabeth.
Une histoire à deux roues évidemment. Hm hm. Et vous mari ?
L'histoire folle d'un écrivain français qui vient de découvrir que l'intelligence artificielle écrivait et vendait des livres à sa place en son nom et évidemment sans lui demander son avis. Histoire dingue. Comment s'appelle-t-il ?
Julien Blangra. On en parle tout à l'heure. Et pour commencer, comment penser un monde en surchauffe climatique, un monde aux ressources limitées, un monde qui craque ?
Un brillant biophysicien au Vernia passé par l'université de Berkley et travaillant à l'INRAE, l'Institut de la recherche agronomique propose d'élaborer une société où la robustesse l'emporterait sur le culte et effrainé de la performance. Explication et presque travaux pratiques avec Olivier Amant. Tout de suite, [musique] Olivier Amand.
Bonsoir, je vous présente Adan Di et Benjamin Sportouche, voilà qui sont bénis avec cette fleur d'ortia d'Hydranga. Non, c'est pour vous, je vous désigne parce que il paraît Olivier Amand que en regardant une fleur il y a quelques années, vous avez eu tout d'un coup une révélation à propos de la notion de robustesse du vivant non humain et notamment des végétaux. C'est ça.
Alors, c'est une on est à plusieurs, he c'est toujours un travail d'équipe bien sûr. Voilà, c'est un collectif. Mais en effet, quand on regarde des fleurs d'ortia notamment, on voit qu'elles se ressemblent et donc ça c'est une question de robustesse stable dans les fluctuations.
Il y a certainement des chenilles on manger des feuilles, a du vent et cetera et pourtant elles se ressemblent, elles convergent vers la même forme donc elles sont stables dans les fluctuations et donc on a pu étudier les mécanismes qui permettent ça. Et de là est venue cette réflexion sur la robustesse qui devrait l'emporter sur la performance que vous développez dans chronique d'un monde cri cracque cri qui craque et qu'on développe avec vous juste après votre portrait par Gael Legra. Olivier Amand, vous estimez que le culte de la performance est un poison.
Dans ce cas, quel antidote pouvons-nous appliquer ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Né en Auvergne en 1975, [musique] vous vous passionnez rapidement pour les organismes vivants.
À l'âge de 27 ans, vous soutenez une thèse en physiologie cellulaire et moléculaire des plantes intitulées analyse fonctionnelle du gène à homéoboîte [musique] KNAT2 d'arabidopsistaliana. Thèse consacrée, tout le monde l'aura compris, à cette fleur résistante, autrement [musique] appelée arabè des dames. Après un post doctorat à Berkley en Californie, vous devenez directeur de recherche au laboratoire de reproduction [musique] et développement des plantes à l'ENS de Lyon.
En 2020, vous êtes nommé directeur de l'Institut Michel Ser. Mort en 2019, le philosophe et historien Michel Ser avait notamment publié [musique] le contrat naturel en 1990. Nous vivons comme si nous ne pensions qu'aux relations que nous entretenons entre nous et nous ne pensons jamais au monde dans lequel nous entretenons ces relations.
Inspiré par vos recherches en biophysique et par l'attention que vous portez aux végétaux, vous concluez qu'il faudrait substituer l'idéal de robustesse à celui de performance. La performance, c'est la somme de l'efficacité et de l'efficience. Efficacité, atteindre son objectif, efficience avec le moins de moyens possible.
Donc on est dans le monde de l'hyperoptimisation. Ben quand on fait des systèmes très efficaces, très efficients, ils sont très fragiles. Dans votre livre, vous prenez de nombreux exemples.
L'incendie de forêt. Dans la voie performante, [musique] l'incendie est éteint rapidement par des pompiers experts dont la voie robuste ont fait disparaître le problème grâce à des clairrières ou à la plantation d'essence [musique] moins inflammable. Vous appliquez votre idée à tous les domaines.
Écologie donc, mais aussi géopolitique, économie, vie en société, intelligence artificielle, langage ou encore santé. Pour convaincre [musique] vos lecteurs, vous paraphrasez l'humoriste Francis Blanche. Il ne s'agit plus de changer le pensement, il faut penser le changement.
On pourrait même écrire penser pan s pour penser le changement. Dites, pour quelqu'un qui considère que la performance est un peu surévaluée, euh vous êtes pas mal parce que comme scientifique, un post doc à Berkley, cinq prix prestigieux, vous êtes vous-même très performant comme scientifique. Olivier, oui, c'est un peu ma contradiction ambulante.
J'aiécris un bouquin sur l'incohérence, donc c'est bon, je suis donc vous êtes incohérent. Bon bah, c'est formidable. Euh après, est-ce qu'on peut revenir à cette notion de robustesse appliquée justement à la manière de lutter contre les feux de forêt ?
Parce que vous dites de manière performante, c'est envoyer des camions de pompiers tout de suite pour les éteindre. de manière robuste, c'est planter donc des essences euh qui seront moins susceptibles de s'embraser. On peut cumuler les deux.
Les deux sont complémentaire. C'est pas un point de vue binaire pour ou contre. Non non, on fait pas du ou, on fait du.
Il faut bien articuler les deux. C'est que la performance c'est pour le pic de la crise. Donc le pompier, on en a besoin pour le pic de la crise.
Mais si on a fait que ça en temps normal, on va jamais y arriver. Il y aura pas assez de pompiers, il y aura pas assez de canadair. Donc il faut en faire faire des des forêts qui sont capables en sérénité d'avoir de temps en temps un incendie, de pouvoir gérer ça ou de en avoir le moins possible.
Et quand il y en a un, bah là on envoie un pompier. Alors vous remontez loin, vous dites qu'on a mal lu Darwin. Il ne c'est pas la sélection du plus fort.
Il fait au contraire les loges de la coopération donc de la robustesse. Comment cela ? C'est pas la performance.
Il a pas utilisé le mot robustesse, c'est vrai. Mais en fait, il a beaucoup évolué dans sa carrière, j'ai envie de dire. Donc le l'origine de des espèces le la théorie de la sélection naturelle, ça c'est en 1859.
Là il parle beaucoup de compétition mais déjà il y a pas mal de coopération et en 1871 c'est l'affiliation de l'homme et là il parle de sélection sexuelle et là en fait c'est bah c'est carrément le contraire. Un pan par exemple on voit très clairement que c'est pas sélectionné pour résister à des attaques. C'est une proie énorme avec plein de couleurs pour dire je suis une proie.
Donc c'est on est clairement dans dans autre chose et en fait il a beaucoup évolué et il a beaucoup parlé de coopération. le mot de sympathie même le mot sympathie revient des dizaines de fois 70 fois dans la filiation de l'homme. Donc en fait il est très très occupé par ça.
D'ailleurs, c'était plutôt quelqu'un qui était visionnaire hein. Il était anti-esclavagiste assez engagé sur les questions sociales. Donc en fait bon c'est plutôt on on l'a très mal lu, on a mal voulu le lire certainement hein.
Expliquer dans votre bouquin. Voilà. Exactement.
En fait, bon, c'est Spencer exclé qu'on détourné sa pensée. On va quitter Charles Darwin, on va revenir à des notions par exemple donc de de performance ou de robustesse appliquée à l'agriculture. Vous dites la performance ça fragilise si on regarde l'agroindustrie.
Toujours plus de rendement mais des sols qui sont de plus en plus fragilisés et puis qui sont donc euh très dépendants des alléas climatiques. Si on pense à l'agroécologie, au contraire diversification, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier et là ça résiste beaucoup mieux. C'est robuste dans le temps long.
C'est ça. Exactement. Exactement.
Et en plus, on on enlève des dépendances externes. On est moins dépendant des engrais, moins dépendant des pesticides. Donc c'est une question de souveraineté.
En fait, c'est beaucoup plus joyeux, quoi. C'est c'est un monde plus autonome où en fait on vit en sérénité dans son territoire. Et les paysans qui font de l'agroécologie et qui sont robustes, ils font pas seulement des mélanges variétaux ou de l'agroforestorie, ils font aussi de la transformation, ils font du pain, ils font de l'agrotourisme, enfin, ils diversifient vraiment énormément et donc leur robustesse, elle est aussi économique.
Hm hm. On va évoquer avec vous Olivier Amand et avec Anna euh la canicule, un épisode qui est terminé pour le moment mais qui a mis sous tension de manière absolument dramatique l'hôpital. Oui, 1000 morts de plus que la normale ont été enregistré depuis le 24 juin à cause de la canicule.
C'est un bilanoire et sous-estimé, prévient santé publique France. Et parmi les personnes les plus touchées, les plus de 65 ans et celles résidant dans l'ouest de la France et en Île-de-France. À Paris par exemple, 109 décès ont été constatés sur la voie publique ou à domicile dans la seule journée de vendredi.
C'est 7 en temps normal. Alors pour connaître ces chiffres définitifs de mortalité, il faudra patienter encore un petit peu, quelques semaines voir quelques mois. Mais en attendant, les soignants, eux qui sont en première ligne, pronostiquent une très forte surmortalité et sont d'autant plus inquiets qu'une nouvelle vague de chaleur pourrait toucher la France à partir du 6 juillet.
Olivier avant tout ce qui vient de se passer, est-ce que ça montre justement que notre système de santé est loin d'être robuste ou manque de robustesse ? Oui. Oui.
Et surtout ça montre qu'il a été suroptimisé pendant des années hein. C'était quand Eric Vert allait sur tous les plateaux pour dire qu'il fallait optimiser les hôpitaux. Bon ben on voit le résultat hein.
Donc en fait ce qu'il faut voir avec cette crise de la la canicule là c'est que ça définit bien le monde fluctuant. Le monde fluctuant ça veut dire que le long terme vient au présent. Donc ce que le J prévoit en ça arrive d'un seul coup aujourd'hui cette année.
Donc c'est le Canada en 2021, on avait eu 50°gr au lieu de 35. Bah c'est ce qui nous arrive maintenant là grosso modo enfin c'est la même feu de forêt colossau d'ailleurs. Canada.
Donc une fois qu'on a compris ça, ça veut dire qu'il faut être dès aujourd'hui capable d'encaisser des fluctuations beaucoup plus fortes que la norme. H h mais vous préférez préférez parler de robustesse que de résilience par exemple. Pourquoi ?
Oui parce que la la résilience ça appelle plutôt à la chute en fait. Une résilience on tombe et on se relève. La la robustesse, c'est se placer dans les conditions dans lesquelles on ne tombe pas.
Donc la la robustesse appelle la pulsion de vie. On on crée un espace de viabilité et si les fluctuations augmente, on augmente cet espace de viabilité. Hm hm.
Néanmoins, vous êtes d'accord, la performance, c'est nécessaire dans l'état de domaines, domaine scientifique, la recherche médicale, l'astronomie, l'astrologie. Vous n'êtes pas contre la notion de performance appliquée aux soins et par exemple. Bien sûr sûr, il faut il faut de la performance mais c'est vraiment un mal nécessairement transitoire.
C'est le pompier dans l'incendie. C'est le chirurgien dans l'acte chirurgical. Faut c'est très bien que le chirurgien quand il fait son coup de bistorie, il soit très performant, très efficace, très efficient.
Il faut surtout pas que l'hôpital soit performant parce que s'il est pas robuste, tout le monde est en burnout, il manque la moitié des gens autour de la table d'opération, ça va pas marcher. Et vous évoquez les ce que le GC annonçait, la nécessité absolue de décarboner et vous dites il ne faut pas décarboner, il faut décombustionner. Ça veut dire quoi ?
Alors c'est parce qu'en fait on a mal traduit l'anglais. En fait, le l'anglais c'est décarbonize. Décarbonize, ça veut dire décombustionner.
Donc arrêtez de brûler du bois, du charbon, du pétrole, des biocarburants. Tout ça faut réduire massivement parce que ça a émet du CO2. Par contre, faut certainement pas décarboner l'économie, il faut la recarboner.
Alors, je veux pas être trop perturbant ici qu'on va être d'accord de il faut arrêter de brûler du pétrole, tout ça, des énergies. Mais par contre recarboner, ça veut dire qu'il faut remplacer le pétrole et les métaux, le lithium, le cobalt et tout le bazar par des textures biosourcées, biodégradable compostable. Donc c'est des peintures à base d'algue, c'est des isolants à base de lin, de chambre, c'est aussi des il y a loyau là qui vient de sortir un morceau d'ordinateur fait avec du champignon.
Donc le le signal électrique passe dans le mycélium du champignon. C'est ça le futur he ? C'est un monde organique où quand on est dans ce monde là en fait on a plus besoin d'envahir le Groenland par donc oui ça vous parlez de Donald Trump là mais j'imagine que le le le la perspective d'électrifier de plus en plus les voitures, c'est quelque chose qui vous laisse pantois ou circonspect par exemple.
Alors le le la voiture du futur elle est ni thermique ni électrique, elle est légère, partagée, réparable. C'est en fait ce qu'il faut bien se rendre compte c'est qu'on est dans un moment culturel. C'est une une transformation culturelle.
Donc quand on passe de la voiture thermique à la voiture électrique, bon très bien pour des certaines tâches, pourquoi pas ? Mais c'est pas un changement culturel. Passer de la voiture individuelle à la voiture partagée ou au transport en commun, ça c'est un changement culturel.
Qui est votre héros ? Gaston la gaffe, un révolutionnaire étourdi. En quoi est-il robuste ?
Où l'incarnation de cette notion de robustesse appliquée euh à tout ce qui nous entoure et qui lutte contre les coanxiétés ? Alors, c'était un écolo avant l'heure, hein, quand même quelque part. Euh, et c'est aussi quelqu'un qui est joyeux et c'est la seule personne qui est libre dans ce dans ce bureau.
Finalement, quand on regarde bien, c'est le seul qui est qui ouvre des espaces de liberté. Gaston la gaffe, le héros de Franquin, bien sûr, on précise. Merci Olivier Aman, merci infiniment d'être venu nous évoquer quelques pistes parce qu'il y en a beaucoup hein.
Il y a d'abord à lire et ensuite il y a les travaux pratiques dans chronique d'un monde qui craque chez Audil Jacob. Merci infiniment. On va passer à notre débat sur le masculinisme et ces dérives ultra violentes comme cette fusillade qui a été perpétrée par un Insel, un célibataire involontaire au Québec il y a exactement une semaine qui a fait trois morts.
En France, un rapport sénatorial s'alarmait au même moment de l'offensive misogyne, rétrograde et possiblement antidémocratique de ces masculinistes qui règnent sur les réseaux sociaux notamment. On en parle après la mise au point d'Amiras Willem. [musique] Il pensait venir en France pour y donner des conseils en séduction.
Clavicular, comme il se fait appeler en hommage à sa carure, n'a pas reçu l'accueil escompté. Avec un discours qui prône une masculinité exacerbée et caricatural, cette star des réseaux sociaux est pourtant suivie par près de 900000 personnes sur Instagram. Ce jeune homme est désormais la cocluche des masculinistes.
Loin d'être anecdotique, cette tournée française s'inscrit dans une montée du masculinisme qui inquiète les pouvoirs publics. Dans un rapport, le Sénam est en garde contre les liens que cette galaxie entretient avec l'extrême droite suprémaciste, mais aussi sur la menace qu'elle fait peser sur les droits des femmes. [musique] Quand on sait que 43 % des hommes qui sont exposés à des contenus déclarent adhérer à une vision inégale, toxique et violente des rapports entre les femmes et les hommes, on voit quel enjeu quel que c'est vraiment un enjeu de société.
Une attention [musique] d'autant plus grande que le masculinisme ne relève pas de la simple idéologie. Il implique dans certains cas de possible passage [musique] à l'acte. En juillet 2025, à Saint-Étienne, une attaque préparée par un masculiniste [musique] a été déjouée.
Un étudiant de prépa de 18 ans qui se qualifiait de célibataires involontaires avait prévu d'attaquer au couteau des femmes exclusivement. La menace masculiniste qui pourrait être qualifiée de terroriste à partir du moment où ce discours existe, il nous faut l'observer. Il faut nous former à être en mesure de répondre pour le cas où ces menaces apparaîtraient plus concrètes sur notre territoire.
Plus jeune et plus violent selon la DGSI, quelle menace représentent vraiment les masculinistes ? En remettant en cause les droits des femmes, le masculinisme fait-il aussi peser une menace sur la démocratie [musique] comme le soutient, le rapport du Sénat ? Et bien justement, nos trois invités à commencer par Dominique Verrien, bonsoir.
Sénatrice UDI de Lyonne et présidente de la délégation aux droits des femmes. C'est votre délégation qui a fourni ce considérable travail à l'origine du rapport mascu, la nouvelle offensive contre les femmes. Selon vous, le masculinisme est un mouvement protéiforme.
Il y a par exemple ceux qui veulent se passer des femmes et puis il y a ceux qui exhibent leur virilité qui auraient tous à priori un point commun, la haine des femmes. À côté de vous Alice Apostoli, bonsoir. directrice de l'Institut du genre en géopolitique, vous estimez qu'on assiste à une radicalisation du masculinisme.
Cela existait déjà avant les réseaux sociaux, ajoutez-vous. Mais ces derniers ont accéléré la diffusion, la propagation de cette idéologie avec des contenus qui sont à priori quand même de plus en plus violents. Et à côté de vous Vincent Coquebert, bonsoir journaliste, essayiste.
Dernier essai la guerre de sexession qui vient de paraître aux éditions Arqué. C'est ça, c'est bien le bon éditeur. Selon vous, le masculinisme est le symptôme d'un malaise qui repose notamment sur l'absence de récits positifs autour de la masculinité.
Vous estimez qu'il faut donner envie aux jeunes garçons, aux petits-enfants et aux jeunes garçons de se projeter dans une masculinité heureuse et positive. Donc, on en reparlera et on démarre avec le masculiniste du jour. clavicular hein qu'on ce jeune influenceur américain qu'on vient de voir dans la mise au point Braden Eric Peter, c'est son vrai nom, il a 20 ans.
Il est très connu dans la sphère du Lux Maxing qui prennent la modification du corps pour maximiser une pseudovérilité à coup de marteau par exemple sur la mâchoire. Et il tire un vrai commerce de ces vidéos sur les réseaux sociaux puisqu'il gagnerait plus de 100000 dollars par mois. Alice Apostoli, est-ce que claviculaire, c'est un archétype ou une caricature du masculiniste d'aujourd'hui ? [soupir] Euh, je dirais que c'est une un peu des deux très sincèrement, il il représente en fait cette masculinité euh hégémonique, toxique, un certain idéal de beauté qui fait vendre, hein, qui est le son fond de business.
Euh d'un autre côté, il participe à un discours politique euh très concret, très large euh qui se base sur la victimisation en fait euh des hommes. Là, on parle beaucoup des des jeunes hommes par exemple, mais c'est les hommes en règle générale hein, les masculinistes, c'est différents mouvements et différentes offres idéologiques euh à destination des jeunes qui sont particulièrement influencés par le Lux Maxling par exemple et qui qui peuvent être radicalisés en ligne notamment dans la communauté Incell mais il y a d'autres offres idéologiques célibataires à volontaire. il a des offres idéologiques pour les hommes plus âgés comme way euh qui ne sont pas forcément influencés par ce type de euh de personne, ce type de physique.
Euh mais voilà, c'est [raclement de gorge] un petit peu des deux. Mais Dom Verrien, ça remonte à loin finalement euh ce masculinisme, ça remonte à loin. le la misogénie d'une façon générale remonte à loin et la le fait de considérer que les femmes cherche à nuire à la masculinité, à la virilité des hommes effectivement remonte à loin puisque quandon l'ancien os dire qu'on attaquait les hommes dans leur virilité parce que les femmes en 190 avant Jésus-Christ avait osé s'élever contre une loi qui leur interdisait de conduire un char ou de s'habiller avec des vêtements colorés, elles avaient osé protester et donc l'homme n'avait quand même plus d'autorité.
C'était insupportable. On était 190 avant Jésus-Christ. Donc on voit effectivement qu'on a rien inventé.
Mais Vincent Cogbert, est-ce que c'est le bon mot masculiniste ? Parce que quand on voit ce moment, on se dit "Bah, c'est l'équivalent masculin du féminisme." Donc une sorte de combat légitime.
Voilà ce qu'on entend a priori. Ouf ! Non non, il y a pas de il y a pas de parallèle exactement à faire.
Là où on pourrait faire une distinction, c'est entre le matchisme et le masculinisme. Et moi, je pense que le match bah le matchisme en fait c'est et le matchiste, c'est quelqu'un qui vit en fait avant la révolution, on va dire, du féminin dans les années 70, qui vit dans les années 50 60 et qui pense en fait donc les que les femmes ont tel rôle, que elles doivent rester à la cuisine par exemple, ce genre de choseslà. Les masculinistes pour moi en fait ont pris acte que les que les femmes avaient pris une autre place dans la société, parfois supérieure à la leur et il le déplore et ils aimeraient retourner à un monde ancienour.
C'est il y en a voilà, il y en a qui qui n'ont pas vu le monde changer et d'autres en fait qui l'ont vu et qui aimeraient bien retourner en arrière. H ah ben alors justement ça nous amène à notre archive puisque les masculinistes s'opposent à l'égalité des droits hommes-femmes qui souhaitent réfier les femmes et vous venez de le dire les maintenir dans des rôles traditionnels. C'était en germe dans ce petit film qui date de 79 où un homme accable son épouse, vous allez voir en sa présence.
Mais qu'est-ce que vous aimeriez qu'elle fasse à la maison ? Alors j'aimerais qu'elle fasse tout ce que je ne peux pas faire. Tout ce que je ne peux pas faire.
C'est-à-dire quand je rentre le soir, j'aimerais avoir au moins le repas qui soit prêt. Or, c'est jamais le cas. C'est souvent moi qui fait le repas.
Marquelle fait la vaisselle après. Enfin, on se partage exactement toutes les tâches, mais j'ai l'impression que j'en fais à 75 % et elle à 25 %. Alors, comme elle milite dans un mouvement féministe, si vous voulez, c'est les rôles renversés.
Maintenant, ça va bientôt être les hommes qui vont aller qui vont s'occuper des enfants et qui vont rester à la maison et les femmes qui vont prendre des responsabilité travailler à l'extérieur. Dominique Verrien, on en r parce que quand même ça a changé depuis. C'est pour ça aussi qu'on braque les projecteurs sur les masculinistes qui sont certes une minorité mais activistes.
Ça a changé mais c'était exactement le même discours. C'estàd que des hommes qui disent qu'effectivement il faut pas ça sert à rien qu'une femme travaille parce que de toute façon comme elle est un peu bête son travail rapportera moins. Donc il vaut mieux qu'elle soit à la maison comme ça le soir elle est reposée pour pouvoir s'occuper de son homme.
Et et ça c'est des jeunes qui ont 25 ans qui prôent ce genre de discours. Donc c'est absolument terrible. Et donc là, on voit bien qu'il y a un vrai projet idéologique de retour en arrière.
Vis-à-vis de mère, c'est seul justement vous dites les fils avec des mères, vous pointez cela. Alors, quand il se radicalise et il se radicalise sur les réseaux sociaux puisque l'algorithme fait que les réseaux sociaux s'adressent pas à vous de la même façon qu'à un jeune garçon entre 13 et 15 ans. Et sur TikTok, on va mettre un garçon enfin quelqu'un va mettre 26 minutes et à mon avis un jeune garçon moins d'un quart d'heure pour avoir des contenus masculinistes.
Et s'il continue à les regarder, il va s'enfermer dedans. Et on a une radicalisation qui fait qu'après on a effectivement au mieux un tyran à la maison qui va tyraniser sa mère, sa sœur en contrôlant comment elle s'habille, comment elles sortent, qui va refuser de faire la vaisselle parce que c'est une tâche de fille et qui au pire risque un jour de passer à l'acte comme les Insell comme on a vu il y a quelques jours encore au Canada. C'est l'expression d'un malaise, malaise profond chez les jeunes hommes.
Chez les jeunes hommes, la le à mon sens l'adolescence est difficile pour tout le monde. Donc il y a un malaise, je ne le remets pas en cause. En revanche, je me méfie un petit peu la médicalisation, la psychologisation du discours euh dans le sens où la santé mentale, c'est un problème extrêmement important qui est sûrement euh sous-traité par voilà la société, les services publics et cetera.
Moi, je me pose la question de euh on a un mal-être chez les jeunes hommes qui euh se matérialise en acte de violence, le mal-être chez les jeunes filles qui en plus euh sont face à ces discours de haine euh dont elles sont la cible et parfois d'actes de violence, de camarades de classe dont elles sont la cible. Euh on en parle pas forcément. Euh donc qu'il y ait un mal-être, oui, qu'on psychologise le débat et qu'on part du principe que ah c'est à cause de la santé mentale, je suis pas forcément d'accord.
Ça s'inscrit quand même dans un continuum de violence et une société encore très patriarcale aujourd'hui. Vous êtes d'accord ? Oui.
Euh oui oui, je suis je suis d'accord sur le l'idée qu'il ne faut pas psychologiser euh tout pour euh pour l'expliquer. Euh néanmoins, ce qu'on observe aussi dans le l'apparition en fait et la diffusion du masculinisme, c'est qu'il intervient après une longue séquence des années 70 jusqu'à la fin des années 2000, on va dire, où on observait toute proportion gardée en fait une une homogénéisation des valeurs entre mes femmes et où quand on posait la question aux femmes, est-ce que comment sont vos relations avec les hommes ? globalement, il disait "Bah, c'est quand même nettement mieux que pour ma mère, pour ma grand-mère et encore plus pour mon dernière grand-mère." Et euh on observe en fait avec la crise de 2008 qui n'est pas qu'une crise économique qui est aussi une crise symbolique et qui qui est un peu une crise de rupture de confiance dans le pacte du progrès.
Donc demain sera mieux où a pu se révéler chez une partie des des jeunes hommes et a raison en fait he qu'ils étaient bah qu'ils étaient un peu dans une désaffiliation on va dire symbolique économique sociale parce qu'en fait c'est vrai que les rôles du masculin ne sont plus les mêmes. Et donc en l'absence aussi, c'est pour ça que je vous parleriez tout à l'heure de récit positif, c'est que je crois qu'on a beaucoup beaucoup et a raison défini ce qu'on ne voulait plus que soi les hommes, mais je pense qu'on a du mal encore à définir, à donner en fait un récit d'une masculinité adulte positive. H donc quand on a quand on est quelqu'un de 30 40 ans, entendre tous ces discours-là, c'est euh ça peut être très bien parce que ça permet de se décentrer, de sortir, de prendre question de ces privilèges.
Quand on a 12 13 ans entendre parler sur la masculinité qu'à travers le prisme du privilège ou de la domination, c'est compliqué parce qu'en fait c'est se définir à travers voilà, c'est compliqué de se définir à travers une identité négative et c'est précisément là où interviennent les masculinistes. Et puis par ailleurs, souvent ceux qui passent à l'acte, si on cherche un peu, ils ont été victimes de harcèlement. Enfin, il y a une faille initiale quand même avant ce passage à l'acte d'harcèlement scolaire. vous dites alors ce qui est compliqué c'est qu'il y a des femmes alors surtout aux États-Unis mais ça vient aussi de ce côté-ci en Europe des femmes qui qui se revendiquent du masculinisme qui le défendent dans les trad donc comme Williams vous allez voir s est l'une des plus emblématiques independent Alice Apostol, ça c'est du carburant pour les masculinistes.
Est-ce que ils sont de pères, ils sont complices avec ces femmes ? Comment ça çaarticule ? Euh bah écoutez, ils sont complices, oui, encore une fois, ils soutiennent le même narratif, ils ont les mêmes objectifs.
Il a eu récemment un congrès aux États-Unis. Exactement avec notamment euh euh la veuve de Charlie Cœur, la veuve de Charlie Cœur qui était qui était présente et énormément d'influenceuses qui étaient présentes pour expliquer euh que euh Dieu nous a créé euh en tant que femme et homme et euh il nous faut euh euh assumer nos missions divines qui est de procréer, qui est de rester à la maison et puis c'est génial de rester à la maison. Donc en fait, ils utilisent les codes de l'influence donc avec une esthétique, avec des récits positifs, on y revient.
Donc une dimension religieuse, vous diriez identitaire même euh dans le cas des États-Unis. Oui. Oui, tout à fait.
Ils reprennent tout le lexique voilà traditionnel et de la sacralisation de la famille nucléaire. Euh blanche, famille blanche bien sûr, blanche aussi. Euh c'est un enjeu de suprématie blanche évangéliste traditionnel.
Euh donc oui, ce sont des des complices. Après la réalité les rattrape dans le sens où il n'y a aucune influence Strade Wife qui a plus de 35 ans. Où sont ces femmes-là ?
J'allais dire au premier divorce où elles vont se retrouver seules avec les enfants, elles vont comprendre que de faire des études et d'être autonome, c'est bien aussi. Donc je suis moins inquiète des trades que des masculinistes parce que elles finiront par quitter les trades. De fait dans la vraie vie, quand on voit effectivement les violences intrafamiliales, le nombre qu'il peut y avoir, je pense qu'il y a un moment elles vont revenir sur terre.
Alors la grande attquitude, c'est évidemment les passages à l'acte violent. On va en parler avec vous Anna puisque la semaine dernière, c'était lundi dernier à Montréal, un homme a tué deux personnes et a laissé derrière lui un manifeste incell extrêmement haineux vis-à-vis des femmes. Oui.
Une fusiade a éclaté lundi dernier, c'était à Montréal au Québec. L'assaillant a été abattu après avoir ouvert le feu sur deux hommes, un policier et un habitant qui sont décédés. On ne connaît pas précisément encore aujourd'hui le mobile de cette attaque, mais la police a retrouvé un manifeste de 104 pages écrites par l'assaillant dans lequel sont consignés des propos racistes, antisémites et violemment misogynes qui appellent à la violence.
Il est notamment question de réorganiser la société pour je cite redonner aux hommes ordinaires l'accès au corps des femmes. Ce manifeste, il s'inscrit donc dans la mouvance Incell ces hommes célibataires involontaires qui se sentent rejetés par les femmes et qui les tiennent responsables de leur malheur. Toujours est-il que cet épisode, il fait tristement à deux autres tueries qui avaient déjà eu lieu par le passé au Canada, revendiqué par des masculinistes.
En 2018, un jeune homme avait foncé dans la foule avec sa fourgonnette, tuant 10 personnes dont h femmes. C'était à Toronto. Son acte était directement inspiré d'elliot Roger, un jeune californien de 22 ans, figure emblématique des masculinistes, qui lui avait tué six personnes avant de se suicider.
Et puis près de 30 ans plus tôt, cette fois en décembre 1989, il y avait eu le premier féminicide de masse au Canada. 14 jeunes femmes, on les voit ici, assassinées à l'École polytechnique de Montréal au motif qu'elles n'avaient rien à faire dans les écoles d'ingénieur. Et c'est précisément sur la place du 6 décembre 1989 en leur mémoire que des centaines de personnes se sont réunies jeudi dernier pour manifester et dénoncer le danger grandissant de cette idéologie incell.
Dominique Verrien, est-ce que vous craignez ce genre de tuerie en France au nom du masculinisme ? Oui. Euh en 2025, un attentat et vous l'avez dit tout à l'heure, avait été déjoué à Saint-Étienne.
La DGSI que nous avons auditionné euh nous dit suivre de façon très sérieuse ces mouvements et ils ont une dizaine de personnes en ligne de mire, euh sachant que certains maintenant commencent à être fichiés S. Donc on a affiché S. Oui, fichier S parce que on a effectivement un risque d'attentat puisque c'est ce qu'on disait, c'est une espèce de radicalisation qui se fait un peu à bas bruit parce que c'est beaucoup au travers des réseaux sociaux un peu comme les jeunes qui partaient faire le djihad et qu' fich le fichier c'est comme les djihadistes.
C'est exactement ça mais parce que c'est exactement la même méthode aussi d'imprégnation et ensuite de passage à l'acte possible. Vincent Cogbert, vous trouvez qu'il y a une prise de conscience quand même aujourd'hui justement des autorités, de la justice, de la police ? Est-ce que quand on fait ce parallèle avec les djihadistes, il est légitime, il est justifié ?
Euh oui, là où il me semble justifié, c'est que enfin on pourrait revenir à un livre de 2004 de l'écrivain allemand Hansmanus Hzenberger qui avait c'était commençait à avoir des premiers profils de djihadistes et il avait écrit un livre sur la figure du loser radical. Donc vraiment c'est ces individus qui euh qui avaient l'impression d'être rejetés par la société, par leur valeur et qui quelque part affirmaient une identité négative en allant au pire et en et en transgressant quelque part l'ordre établi au maximum jusqu'à la mort éventuellement d'ailleurs tout à fait parce que c'était la la manière d'être reconnu. Après je pense que c'est quand même néanmoins des profils psychopathologiques assez assez particuliers pour pour ce type de passage à l'acte là.
Le masculinisme est évidemment une une idéologie mortifère, mais il ne faudrait pas non plus qu'à travers ces exempl on a l'impression en fait que derrière chaque jeune garçon, il y a un prototerroriste non plus. C'est euh vous dites ça peut être un peu vite en besogne. Oui, parce qu'en fait enfin moi pour mon livre, je me suis évidemment beaucoup allé sur ces forum là et on voyait aussi beaucoup d'excell qui euh qui se rendaient compte ensuite après dans quelle voilà dans quelle idéomie mortifère il baignait et euh souvent ils en sortaient en fait à à la faveur d'une rencontre et à la faveur en fait donc on se rendait compte que la déradicalisation la désescalade était était possible en tout cas.
Donc il est possible d'en sortir a dit apostolie. Bien sûr, il est possible de sortir à travers des récits positifs et puis surtout avec la mitigation de ces discours-là qui est possible euh de par exemple une meilleure modération sur les réseaux sociaux, chose qui n'est pas du tout euh le cas aujourd'hui euh parce que le business modèle des grandes plateformes de réseaux sociaux aujourd'hui, c'est l'engagement, c'est l'attention et comment on attire l'attention et l'engagement en proposant des du contenu polarisant, violent et c'est le cas notamment des discours de haine masculiniste. On a vu d'ailleurs une image de clavicular avec Nick Fuentes, un masculiniste et avec Andrew Tate qui faisait du trafic d'êtres humains chantait Hitler dans une boîte de nuit à Miami.
H oui donc il y a un contenu il y a un contenu politique antidémocratique évidemment dans ce Oui. Alors antidémocratique liberticide euh et puis on parlait de d'un enjeu conservatif d'un retour en arrière. On parle aussi, on parle surtout de d'un enjeu réactionnaire quoi depuis la 2e élection de Trump où effectivement il a mis tous les gars femmes au pas et à condition de suivre ses conditions à lui justement et entre autres d'oublier toute politique d'égalité, toute politique de modération et donc de laisser la haine tranquillement se diffuser sur les réseaux.
Oui, on a vraiment un problème. C'est ça le plus urgent, c'est la modération sur forcer les réseaux sociaux. Il y a deux choses.
Il y a le modèle le modèle économique des plateformes qui font qu'elles font de l'argent effectivement avec du buzz et les propos et la modération qu'on devrait mettre en face à partir du moment où on veut une société plus apaisée. Et effectivement nous on appelle de nos vœux que ce qui est interdit le sénat nous la délégation au droit des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes du Sénat. Nous souhaitons que ce qui est interdit dans la vraie vie, enfin dans la rue, soit interdit sur les réseaux évidemment et qu'on puisse condamner poursuivre, condamner, punir via une amende dctuelle.
Alors, face à ce regard de masculinisme et son impact notamment chez les jeunes, on en parlait jeunes garçons, la R Poste s'organise. Regardez cet extrait d'un clip de campagne de l'association britannique de scoutisme féminin diffusé en septembre dernier. I don't want to walking down the streets. [musique] Some boys jokes and making girls feel uncomfortable and scared for the rest of their life.
Having easy access to pornographies making boys viewers bills as just a piece of meat. Vincent Cber, c'est ça qu'il faut faire, ça marche. Alors déjà, c'est c'est plutôt une bonne chose parce que ça ça permet quand même de diffuser plutôt des on va dire des discours des discours positifs.
Ensuite, après, je pense aussi que c'est le masculinisme aussi s'exprime à on parlait des réseaux sociaux à travers une transformation de nos modes de vie en fait et avec des vie qu'on passe de plus en plus online et avec des et avec on va dire des rencontres et des socialisations IRL de plus en plus incertaines même de de plus en plus rare. Et c'est pour ça qu'en fait aujourd'hui on observe aussi entre les jeunes garçons et les jeunes femmes, au-delà du problème du masculinisme en fait une polarisation affective, relationnelle, culturel et de plus en plus politique avec des jeunes garçons qui sont de plus en plus conservateurs comme on l'a dit et des jeunes femmes elles qui sont de plus en plus progressistes. Mais pour revenir à ce que vous suggériez au tout début, redonner créer un récit de masculinité heureuse ou positive, comment on fait ?
Bah comment on fait ? C'est je pense qu'on a on a su réussir à définir ce qu'on ne voulait plus que soit la masculinité. Donc c'est qui le fait ?
C'est qui le ferait ? Qui le fait ? Bah je pense que ça peut se faire avec l'école.
Ça peut se faire avec des paires aussi. Le PS, c'est euh ça peut être quelque chose aussi qui peut être soutenu à travers des modèles dans les dans les narrations, dans les fictions. C'est en fait, je veux dire, il y a tout un tout un arsenal pour aussi pour recréer des nouvelles représentations en fait des nouveaux imaginaires.
C'est à travers les imaginaires qu'on change en fait souvent. Alice apostolie, est-ce que les mouvements féministes ont un rôle à jouer justement dans cette prévention ? Alors oui, d'ailleurs les mouvements féministes, l'association féministe et LGBTQ plus et tire la sonnette de l'alarme du peu près de 10 ans maintenant sur ce sujet-là.
Euh après, on parle de d'une de démographies euh en ligne euh qui sont ouvertement misogynes et je pense que le message aura du mal à passer s'il est euh personnifié par une femme féministe par exemple. En même temps, ces masculines disent voilà, on est victime, on est stigmatisé. Est-ce que dans la parole féministe aujourd'hui des associations, il y a pas cette stigmatisation un peu qui peut construire et alimenter ce masculinisme ?
La différence entre les féministes et les masculinistes pour dire qu'effectivement, il y a pas de parallèle. le féminisme, il demande juste à partager et à dire "Nous sommes 50 % de la population et on aimerait avoir des places à la hauteur de notre nombre simplement et on cherche pas à annuler ou à surplomber les hommes." Donc c'est pas du tout le même rapport.
Et pour répondre à ce qu'on pourrait faire, l'éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle qui ne se passait jusqu'à présent que dans 15 % des écoles. Ellisabeth Borne a fait un programme pour que ça puisse se développer dans toutes les écoles. Je sais qu'Édouard Jeffrey est en train de regarder comment ça l'actuel ministre de l'éducation nationale comment ça se développe ou pas.
Mais il faut commencer par ça, refuser le l'accès à la pornographie parce que c'est aussi un exemple de couple qui n'est probablement pas qui n'est probablement pas effectivement à voir quand on se rend compte que 37 % de femmes, il y a eu un sondage qui montrait que 37 % de femmes de moins de 40 ans avaient subi un étranglement pendant une relation sexuelle. Ça ça vient directement du porno et d'une relation violente. Dominique Verrien une dernière question.
Il y a plein de sénateurs hommes au Sénat, ils embrassent ce combat euh où il y a que des femmes qui s'intéressent aux droits des femmes et à ce rapport mascul nouvelle offensive contre les femmes. Il y a heureusement des hommes qui s'intéressent à des femmes. Euh Gérard Larcher, je ne pas le pire de nos de nos sénateurs.
J'ai effectivement quelques noms sur quelques sénateurs qu'on pourrait probablement qualifier de masculinisme, mais ça n'est pas la majorité. Nous sommes 38 % au Sénat euh bientôt de femmes. Oui.
Et donc plus qu'à l'Assemblée nationale. Donc petit à petit effectivement tout le monde s'habitue à vivre ensemble et positivement et il faut que ça continue. Merci à tous les trois d'être venus débattre ce soir.
Merci infiniment. On va rester dans l'actualité vu par Xavier Maudu et Marie Bonisso. On évoque les 80 ans de la guêpe à roulette, la fameuse Vespa qui a été célébrée ce weekend à Rome.
Et puis un auteur français Julien Blangr a découvert dans sa bibliographie un livre qui n'avait jamais écrit. Vous verrez pourquoi. Et pour commencer, vous dînerez moins bête grâce à Victor de Kivert pour sa chronique inaugurale estivale.
Il se demande le train a-t-il inventé le retard ? Le train a-t-il inventé le retard ? La question vous paraît farfelue et pourtant.
Le 21 février 1804, au Pays de Gale, une drôle de machine crache sa première fumée. Ce jour-là, 10 tonnes de fer et 60 personnes sont tractées par une machine à vapeur. Le trajet, 16 km en 4 he, c'est une révolution.
Au départ, tout le monde n'y croit pas. Certains jurent que la vitesse pourrait, je cite, provoquer une fluxion de poitrine, voire faire éclater le cerveau. Dans des plaises au grain cheveux, les chemins de fer s'étendent au 19e siècle sur tous les continents, transformant les paysages, réduisant les distances.
Imaginez qu'en 1869, il ne faut plus que 7 jours pour traverser les États-Unis d'est en [musique] ouest, au lieu des 6 mois nécessaires quelques temps plus tôt. Mais le train a surtout transformé notre rapport au temps. Avant, on vivait dans ce que l'historien Alain Corbin appelle un temps de l'instinct.
Les paysans, les bergers, les marins ressentaient les saisons dans leur corps et les transports ne démarraient que lorsqu'ils étaient pleins. Avec l'arrivée du train, les activités humaines se temporisent peu à peu. Les trains partent désormais à un horaire précis.
Gar à ceux qui ne sont pas à l'heure, le train ne vous attendra pas. Cela crée ainsi une nouvelle anxiété sociale, celle du retard. La ponctualité s'impose d'autant plus qu'à la même époque a lieu la diffusion des horloges. [musique] Le train fascine autant qu'il est frais.
En 1896, lors de la projection du film des Frères Lumières montrant une locomotive arrivant en gare de la Siota, les spectateurs pensaient que le train allait sortir de l'écran pour les écraser. On peut les comprendre. Un an plus tôt, à la gare Montparnas, [musique] un train fou percute la façade à 60 km/h.
La locomotive perfort la pierre et plonge de 12 m en plein Paris. Heureusement, le train sert aussi de métaphore érotiqu dans la mort au trousse ditchcock. Les héros s'embrassent dans leur cabine.
La locomotive pénètre dans un tunnel. Habile manière de déjouer la censure sans renoncer au plaisir. Alors oui, le train a inventé le retard mais parfois être en retard ça peut avoir du bon.
Hkog lui l'avait bien compris. Voilà moins belle. Et voilà et Victor de Kiver a inventé la malice et au fait bravo à Tienen Cordani pour la réalisation un vrai grand artiste du grand articien.
Bon à demain Victor de Kiver Marie Bonissu Xavier B. Lors de vos chroniques, on commence avec 20000 mecs à roulettes et filles à roulettes ce weekend à Rome qui ont défilé pendant 80 ans de la la guêpe, la veste de la marque Piagio. Exactement Ellisabeth parce que c'est le 23 avril 1946 que la société Piat Jo compagnie dépose à Florence Lebrevet de son nouveau scooter la Vespa donc la guêpe et ce n'est pas à Odin d'avoir choisi cet insecte volant pour désigner ce scooter la Vespa parce qu'il y a des avions et des hélicoptères dans l'affiliation de la Vespa des avions déjà parce que Enrico Piagio qui gère toute la branche aéronautique de la société développe c'est sa passion les avions il s'est installé à Pontedera.
C'est pas très loin de Pise où il y a toute l'usine qui profite he du contexte de l'entre de guerre, c'est-à-dire contexte de guerre des commandes aussi de l'État fasciste. Sauf que voilà, en 1943, les alliés débarquent en Sicile. Mussolini s'écroule, son régime s'effondre, il est se réfugie dans la République de Salot et pour l'aéronautique, bah le secteur bas de l'aile.
Donc pour Piaggio, il faut trouver notre secteur. Bien, ça va être celui des scooters. Voilà.
Ben donc racontez-nous les scooters. Sauf que les scooters ne sont pas les seules inspirations. Je vous ai dit, il y a les Ah, il y avait les hélicoptères les hélicoptères.
Et cette fois-ci, c'est du côté de Codarino d'Ascager. Lui, c'est l'ingénieur qui est appelé par Piaggio pour réaliser dans l'entre de guerre ici, on commence à penser ce scooter qui est extrêmement terre à terre. Vous l'avez compris, on a deux fuer d'aéronautique qui réfléchissent à des scooters.
C'est important parce que ça veut dire qu'ils n'ont pas la conception qu'on pourrait avoir de fan de moto qui chercheraiit un aersat de la moto et un petit peu viriliste, enfin quelque chose qui veut en jeter plein les yeux. Non, eux ce qu'ils veulent un véhicule solide, familial, élégant, destiné à toute la population, confortable, une belle selle, on est bien assis, les repos-pieds bien plat et comme ça on peut avancer. Et puis un véhicule pas cher, accessible à tout le monde.
On est dans l'Italie juste de là près guerre. C'est une véritable catastrophe. Le pays tard construire beaucoup de familles n'ont pas de quoi s'acheter même une voiture modeste, c'est pas possible.
Sauf que là on peut être motorisé et la publicité va se saisir de tous ces arguments avec une efficacité absolument redoutable parce que la Vespa, ça devient le véhicule polyvalent. véhicule des jeunes qui vont aller à la plage de monsieur qui va au bureau c'est publicités qu'il dit extrêmement genr comme lecture de madame qui va faire les courses et puis ce sont les amoureux en gogette bien sûr on le voit bien ici cette vespa absolument magique participe de la dolce vita la vespa fait le succès de Piaggi et évidemment Fellini aussi ah j'ai vous allez nous faire un coup avec Vespien Vespienne mais non c'était pas le bonjour [rires] merci Maudi. Cher Marie une première en France Lia générative a usurpé l'identité d'un véritable écrivain Julien Bras qui raconte ça mes aventures vertigineuses et inquiétantes d'étrangeté dans le journal Le Monde de ce weekend alors Julien Blancras c'est un écrivain français actuel vivant qui a publié une quinzaine de livres sur les voyages et le tourisme.
C'est ça, c'est c'est marot. Livre que vous pouvez acheter en librairie, je vous en supplie. Ou alors si vraiment vous pouvez pas vous déplacer, vous allez l'acheter sur internet, notamment sur la plateforme Amazon.
Et c'est justement en regardant ses ventes ou les commentaires recueillis par ses bouquins sur Amazon que Julien Blangra s'est rendu compte de ça. Un guide complet d'aventure signé de lui-même. Regardez, il y a son nom en bas.
Julien Blog, il n'a pas écrit une ligne de ce livre. La mise en page, elle est très très laide. Le texte est d'une insondable nullité.
C'est ce qu'il dit. Dixit Blancra. Ben ouais, il a été écrit par l'intelligence artificielle générative qui reprend ces thèmes de prédilection, donc le voyage mais dans un style d'influenceur marketing avec dit Blanra une neuve langue de Camelo sousaska une plante hallucinogène d'Amazonie.
Alors, il a commandé, c'est quand même, c'est pour ça que c'est, il a commandé son propre faux livre sur Amazon. Il a payé 17,5 centimes pour vérifier que son jeu est bien un autre. Et effectivement, le blanc gras version IA invente des mots.
C'est absolument n'importe quoi. Ça parle par exemple d'un flat trroofing, ça ne veut rien dire. C'est censé expliquer comment imperméabiliser votre budget voyage en contournant les algorithmes.
Ne cherchez absolument pas à comprendre. Ce qui est le plus intéressant dans cette histoire, c'est que ensuite le vrai Julien Blancra s'est demandé comment se défendre. Sa maison d'édition dont le sa vraie maison d'édition dont le directeur a trouvé très chic d'être copié paraît-il n'a rien pu faire pour l'aider parce que il y a pas le nom de l'éditeur sur le faux livre.
Donc elle est pas concernée. Il a été voir un avocat spécialisé qui lui a expliqué qu'il avait de grandes chances dans le meilleur des cas d'obtenir une réparation symbolique. Si et seulement si Amazon accepte de collaborer, ça veut dire de donner l'identité des fauxères qui vendent ce livre.
Sachant que Amazon comme plateforme n'a pas l'obligation de surveillance des livres qu'elle vend. Est-il judicieux de se lancer dans une bataille contre l'une des entreprises les plus puissantes de l'univers ? demander Julien Blancras qui a donc préféré finalement faire appel à la presse et donc écrire un article dans le monde pour raconter son histoire en espérant que ça va un jour pouvoir aboutir à une loi une vraie loi de protection des auteurs et des artistes français contre cette intelligence artificielle générative IA qui conclut l'écrivain nous fait entrer dans une ère où l'humain n'est plus qu'une hypothèse.
Après tout qu'est-ce qui nous prouve que c'est bien Julien Blangra qui a écrit cet article dans le monde ? et c'est ça qui et merci Marie, merci à tous et à demain 20h05 Chus. [musique]
Dominique Verien