Nicolas Dupont-Aignan face à Jean-Jacques Bourdin en direct
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Notre invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Député de l'Essonne, président de Debout la France, l'assassinat du professeur Samuel Paty vendredi. Conseil de défense, présidé par Emmanuel Macron hier soir, 2h30, avec six ministres, le procureur antiterroriste. Déjà, des premières mesures, vous allez me dire, premières mesures annoncées, renforcement de la sécurité des établissements scolaires et de leur environnement d'ici la rentrée le 2 novembre, mesures contre des associations ou des personnes proches de milieux radicalisés. Il y a d'ailleurs des perquisitions ce matin et des arrestations. Personnes radicalisées qui propagent des appels à la haine.
Et puis des mesures aussi contre ceux qui ont applaudi à l'attentat sur les réseaux sociaux. On a déjà dénombré 80 personnes qui, sur les réseaux sociaux, se réjouissent de cet assassinat. C'est insuffisant. Évidemment, vous attendez quoi de la part de l'État ?
D'abord, je pense à la famille et à tous les enseignants de France parce qu'ils sont au front. Ce que j'attends de l'État, c'est qu'ils disent clairement les choses à l'égard de tous les Français. Et la première chose à dire, je crois, c'est que la France, c'est un système de valeurs. C'est une histoire. C'est la liberté. Mais c'est dit, c'est dit, répété. Non ? Allez-y. Et quand on arrive en France, quand on est en France, on doit respecter cela. On ne doit pas venir en France et vouloir imposer sa culture, son origine. La France a été une terre d'accueil. Une terre d'accueil qui a réussi à une époque.
Et aujourd'hui, le problème de fond qui n'est pas nommé, et il faut le nommer, c'est que la France n'a pas à renoncer à ce qu'elle est. Alors est-ce que la France doit rester une terre d'accueil ? La France doit rester une terre de liberté. Et aujourd'hui, elle ne peut plus être une terre d'accueil parce qu'il lui faut déjà assimiler. Assimiler ceux qui sont venus sur son sol. C'est pourquoi l'affaire qui nous occupe est profondément liée aussi à la question migratoire. Mais pas que. Il faut bien dissocier les choses. D'abord, il faut nommer le mal. Le mal, c'est quoi ? C'est un islamisme politique qui veut imposer la charia au-dessus des lois de la République. C'est ça, le mal.
Et ça ne veut pas dire que tous les Français musulmans veulent le faire. Attention. Ne confondons pas islamisme politique et Français musulmans. Ce qu'il faut dire, d'abord aux Français, c'est que notre terre de liberté ne transigera jamais sur ses valeurs. Premier point. Ensuite, une fois qu'on a dit ça, bien sûr, ça ne suffit pas, il faut que l'État, l'intérêt général, le garant de l'intérêt général, fasse respecter. Or, cela fait 30 ans, Jean-Jacques Bourdin, 30 ans, que la lâcheté s'est emparée des décideurs politiques. 30 ans. Ce n'est pas nouveau.
Vous avez un rapport de Bensoussan sur le monde scolaire, Georges Bensoussan, sur le monde scolaire, les territoires perdus de la République, qui datent, je crois, il y avait un article dans Marianne de 2003. Donc, ce n'est pas nouveau. J'ai alerté, moi, élu de banlieue, et je ne suis pas le seul, Manuel Valls et d'autres ont alerté depuis des années. Et on a assisté depuis des années à une sorte de lâcheté collective. L'âcheté collective. On a laissé les enseignants. Je vais vous donner des exemples. Allez-y, mais lâcheté collective. C'est le refus de la mixité. C'est des horaires séparés à la piscine. C'est, au-delà de ça, des manifestations.
Vous savez, quand il y a eu l'affaire du Charlie Hebdo. Oui. Il y a des milliers d'enseignants qui ont expliqué que dans leur collège, dans leur lycée, il y avait des élèves qui s'étaient réjouis. Donc, on n'a pas crevé l'abcès. On n'a pas crevé l'abcès. Et donc, je crois qu'il faut à un moment dire clairement, l'islam politique a déclaré la guerre à nos valeurs. Et il faut absolument qu'il y ait un rassemblement de tous les Français, avec l'action de l'État défendant l'intérêt général, pour mettre hors de fonction l'islam politique, qui est partout en France.
Donc, vous êtes rassemblé aujourd'hui derrière le président de la République ?
Je ne suis pas rassemblé tant que je ne sais pas les mesures. Je ne vais pas... On ne va pas recommencer. Oui.
Non, mais je vous dis ça, parce que rassemblement hier, c'est vrai que c'est symbolique. C'est rassemblement. Mais est-ce que ça ne devient pas malheureusement insignifiant ?
Le rassemblement. Mais bien sûr qu'il est insignifiant. Mais hier, je n'y ai pas été. Nicolas Dupont-Aignan, oui. Je ne pouvais pas y aller. Pourquoi je n'y ai pas été ? Je comprends les Français qui ont manifesté. Je comprends les enseignants qui ont eu envie d'aller à la place de la République. Mais en revanche, moi, responsable politique, je n'allais pas me mettre à côté de Mélenchon. Les autres qui ont manifesté, je crois qu'il n'y a pas si longtemps, contre la fameuse islamophobie avec des gens antisémites, homophobes...
Est-ce que vous voulez dire par là que certains responsables politiques ont une part de responsabilité dans ce qui se passe ? Pas dans l'acte qui se passe. Pas dans l'acte lui-même, oui. Non, je ne vais pas polémiquer. Évidemment. Non, mais ça, on est bien d'accord. Oui.
Dans la montée de l'islamisme, dans tous les cas. L'islamisme politique, c'est-à-dire, je veux bien dissocier les choses. Oui. Ceux qui pensent que la loi islamique doit l'emporter sur la loi républicaine. Et ça, c'est la ligne. C'est très simple. Oui. C'est très simple. Mais c'est partout. Et on a laissé tomber nos enseignants. On a laissé tomber nos médecins dans les hôpitaux. On a laissé tomber nos élus face à cette vague.
Mais est-ce que certains responsables politiques ont une part de responsabilité ? Mais bien sûr. Pourquoi ? Parce qu'ils considéraient chaque critique de l'islam comme un acte islamophobe ? Oui, et raciste. Et d'extrême droite.
Voilà la réalité. Et poursuivait même. Le fameux Ben Soussan n'est pas suspect de racisme a été poursuivi. Oui, toute personne qui disait qu'il y a un problème dans notre pays était poursuivie, accusée. Et ce faisant d'ailleurs, on a laissé tomber... Mais à qui pensez-vous ? Les responsables politiques, à qui pensez-vous ? Écoutez, ceux qui manifestaient dans la marche contre l'islamophobe, ils se reconnaîtront. Qu'ils fassent leur examen de conscience. Mais on n'est pas dans la polémique tellement la situation est grave dans le pays. La situation est gravissime. Je vais vous donner... Allez-y.
Les premières victimes de cela, ce sont ces femmes et ces hommes issus de l'immigration qui se sont assimilés dans notre pays, qui ont fait l'effort d'assimilation, qui aiment la France, qui sont d'ailleurs souvent venus en France parce que c'était une terre de liberté. Et je connais bien ma suppléante, ma propre suppléante dans ma circonscription et d'origine algérienne. Elle est profondément attachée à la laïcité, à la liberté. Mais ce sont eux qui sont les plus menacés. À les croyantes. Alors regarde, je ne sais pas. Oui, non mais d'accord. Ce n'est pas le problème. Non mais parce que... Ce n'est pas le problème. Et ce que je veux dire, c'est que ceux-là sont en train d'être marginalisés.
Et l'islam politique est en train de gangréner le culte musulman. Et donc cela veut dire que l'État doit à un moment dire stop. Dire stop, et j'insiste Jean-Jacques Bourdin, c'est prendre des mesures concrètes. Quand il y a eu l'attentat de Charlie Hebdo, j'ai proposé à François Hollande, et je me souviens très bien de l'entretien à l'Elysée, il ne s'était pas moqué de moi. Pas du tout, mais il avait souri en disant vous venez toujours avec des écrits. Je lui ai dit oui, monsieur le Président, je viens avec 25 propositions écrites. 25 propositions écrites. J'ai regardé hier soir, je crois qu'il y en a eu deux de prise. Ça voulait dire quoi ? Je propose quoi ? Soyons concrets.
Oui, soyons concrets. Cour de sûreté de l'État. Cour de sûreté de l'État. Justice particulière et d'exception. pour prendre les mesures qui s'imposent rapidement. Parce qu'en fait, on s'aperçoit que quand l'État prend des mesures, immédiatement la justice française les supprime. Donc, Cour de sûreté de l'État. Délit, j'ai fait une proposition de loi que je déposerai aujourd'hui, qui était prête depuis un certain temps, que je préparais, que je peaufinais, sur le délit de persécution de prêche religieux. C'est-à-dire un prêche religieux ? J'ai repris la proposition de Nathalie Kosciusko, de paroles subversives, qui veut imposer une loi particulière.
Lors d'un prêche, paroles subversives, c'est-à-dire un prêche politique. Qui veut imposer l'alcharia à la place de la loi de la République. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n'est pas susceptible d'être extrémiste, avait proposé une loi très intéressante, que j'ai reprise, que j'ai adaptée. Il faut qu'il y ait une base juridique pour agir. Sinon, on aura des fermetures de mosquées qui sont annulées par la justice, on aura des expulsions de personnes qui sont annulées par la justice. Il faut une base légale. Il faut aussi modifier la constitution. Je ne suis pas le seul à le demander depuis un certain temps. Mettre dans la constitution la laïcité.
Parce qu'en fait, la question majeure, c'est la laïcité. Est-ce qu'on respecte la laïcité française ? C'est-à-dire que la loi de la République s'impose aux religions. On respecte les religions. Chaque religion a le droit de vivre. Mais la loi religieuse ne peut pas l'emporter. Je vais revenir sur les réseaux sociaux. Pardonnez-moi, il faut aller beaucoup plus loin aussi. Et on va revenir sur les réseaux sociaux. Sur l'immigration, contrôle migratoire. Arrêter le droit d'asile. Le droit d'asile est déformé. Il faut le laisser, mais il faut arrêter sa déformation. L'attaquant de Tchétchène n'aurait jamais dû avoir le droit d'asile.
Oui, ce n'est pas lui, c'est sa famille. Sa famille.
Et lui a eu sa carte de 10 ans. Au mois de mars. Alors même qu'il avait été connu des services de la justice. Ce qui pose un vrai problème. Est-ce que vous trouvez normal qu'il y ait 851 fichiers S étrangers en France en situation irrégulière ? C'est le ministre de l'Intérieur, M. Darmanin, qui a cité ces chiffres. 851.
Qui a commencé à expulser. Qui annonce sa volonté d'expulser.
Vous connaissez que depuis 10 ans, je demande, surtout depuis les attentats, qu'on expulse les fichiers S étrangers. Et notamment, en premier, ceux qui sont en situation irrégulière. Je pourrais citer aussi les condamnations. Je pourrais citer aussi le retour des djihadistes. Vous savez qu'on fait toujours revenir des djihadistes de Syrie. Je pourrais citer la peine de sûreté qui a été annulée par le Conseil constitutionnel. Si on les juge, si on les condamne, si on les emprisonne ? Non. Écoutez. Ils ne sont pas condamnés fermement. Moins de 10 ans, parfois. Quand ils sortent de prison, on a voté à l'Assemblée nationale une disposition sur un délai de sûreté. De contrôle de sûreté.
Ça a été annulé par le Conseil constitutionnel. Donc, on est face à une gangrène et la République n'a pas les armes pour couper les branches. Donc, moi, ce que je demande en termes migratoires, pour être clair, en termes de condamnation, en termes d'expulsion et en termes de contrôle financier, notamment des mosquées, de contrôle de l'islam politique, eh bien, on change. On change de braquette. C'est fondamental. Je vais vous parler des réseaux sociaux. Sinon, on passera notre vie à manifester.
Oui. J'ai lu... Je vais vous parler des réseaux sociaux, mais j'ai lu sur les réseaux sociaux cette phrase citée plusieurs fois, cette phrase de Voltaire, qui dit « Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? »
Oui, c'est le vrai problème. Ben oui. Alors, que répondre ? Que répondre ? Il y a plusieurs choses. D'abord, pour les étrangers, l'expulsion. Personne n'est forcé de vivre en France. Non, mais moi, il y a une chose qui me sidère depuis un temps fou, c'est que personne...
Pour les étrangers soupçonnés de radicalisation... Expulsion. Expulsion.
Mais personne n'est obligé de vivre en France. Expulsion.
Quand on vient vivre en France, quand on va vivre en Arabie, c'est-à-dire difficile à faire aujourd'hui avec le Covid, difficile d'expulser aujourd'hui, difficile d'obtenir, de laisser passer dans des pays. Mais bien sûr que si. Bien sûr que si.
Écoutez, la France donne suffisamment d'aide aux uns et aux autres pour lier l'aide au développement à la capacité de renvoi. Et de toute façon, n'oublions pas, n'oublions jamais, que les pays avec lesquels nous travaillons, je pense aux pays du Maghreb, sont beaucoup plus sévères face à l'islam politique que nous. Et que vous avez des militants de l'islam politique qui sont interdits de séjour en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte, et je ne parle même pas des Émirats, et qui sont libres comme l'air en France. Et d'ailleurs, les autorités de ces pays ne comprennent pas la faiblesse française. Donc, j'aimerais que...
Ce n'est pas une opposition entre le monde musulman et la République, c'est une faiblesse et une lâcheté indignes de nos autorités depuis des années.
Les réseaux sociaux, que faut-il faire ? Parce qu'il y a l'assassin dans cette affaire, et puis il y a ce père d'une élève, et il y a aussi cet inspirateur du père de l'élève, le fameux Sefraoui, dites-moi, qui, sur réseaux sociaux, ont dénoncé, ont diffusé, et même ont appelé à la haine. — Mais les réseaux sociaux, que faire ? Que proposez-vous ?
— Ah, c'est très simple. Pénalisation de la consultation de sites djihadistes. Pénalisation qui a été refusée par le Conseil constitutionnel. — Oui, c'était la loi Avia. — Non, la loi Avia, c'est différent. Je vais être très franc avec vous. La loi Avia, j'ai voté contre. Pourquoi ? — Oui, vous avez voté contre, j'allais vous le dire. — Je sais. Pourquoi ? Parce que ce qui me choquait profondément dans la loi Avia, c'est qu'on déléguait l'État, déléguait le contrôle à des entreprises américaines, Facebook, Twitter ou autres, alors que j'estime que c'est à la France de prendre ses responsabilités, une autorité qui peut être administrative ou judiciaire, qui doit dire qui est interdit ou pas.
On ne peut pas déléguer à Facebook l'application, la décision, même pas l'application de la loi, la décision. C'est tout. J'ai toujours été en faveur de la pénalisation, par exemple, de la consultation.
— Et la liberté d'expression.
— Mais justement, la liberté d'expression avec un contrôle.
— Donc c'est l'État qui contrôlera ce que l'on a de droit, le droit de dire sur les réseaux sociaux.
— Avec un contrôle. Et c'était l'objet. Vous pouvez reprendre mes déclarations, parce que je me suis beaucoup exprimé à l'Assemblée sur la loi Avia, ce que nous demandions, nous étions un certain nombre à le demander, en disant « Oui, on peut à un moment dire stop sur les réseaux sociaux, à condition comme la liberté de la presse. Vous pouvez tout à fait bloquer, attaquer la presse, et il y a une jurisprudence classique, et on pouvait faire la même chose sur les réseaux sociaux, mais ne pas le déléguer à des sociétés, qu'elles soient américaines ou ailleurs, je ne sais pas le problème, mais à des sociétés privées. Nous ne voulions pas d'une justice privée. C'est tout.
Nous voulons simplement qu'il y ait des garanties. Encore une fois, les réseaux sociaux ont leur responsabilité. Mais attention. C'est pas le réseau social. C'était à une époque le journal, ensuite la radio, la télévision, le réseau social. Mais le problème, c'est la cause. C'est celui qui est en France, le fameux d'Evry, là, et qui prêche la haine depuis 30 ans, qui a menacé l'imam Chagoulmi, qui a menacé, oui, mais il y a la déchéance de nationalité possible. Vous savez, si on le veut, on peut à un moment dire stop. Mais pourquoi cet homme a menacé la terre entière, menace la terre entière depuis 20 ans dans notre pays, et ce sont les autres qui sont protégés ?
Pensez à cette femme, Zinem El-Raoui, qui est protégée par trois policiers en permanence. Mais enfin, c'est ça la France ?
Nicolas Dupont-Aignan, je voudrais terminer sur l'islam. Religion de paix et de tolérance, l'islam ? Écoutez, aujourd'hui...
Je vous pose la question, franchement. Écoutez, je n'en sais rien. Vous n'en savez rien. Je pense aujourd'hui qu'il y a une branche... Vous avez des doutes ? Vous pensez que l'islam n'est pas une religion de paix et de tolérance ? Je pense que l'islam, comme toute religion, se proclame de paix et de tolérance. Et je pense qu'il y a une dérive de l'islam politique. Et la preuve, c'est que dans les pays musulmans, il y a eu des guerres terribles. Je pense à l'Algérie, guerre civile avec combien de morts ? 100 000 morts, pays musulmans. Donc, il y a une branche de l'islam, qui est l'islam politique, qui a fait son nid en France. Et cette branche, on doit ensemble...
Et je fais appel aux Français musulmans. On doit être ensemble. Ils font partie de la France. Ils sont Français. Ils doivent condamner. Ils doivent manifester.
De nombreux imams l'ont déjà fait. L'ont déjà fait, vont se rassembler devant le collège.
Pour qu'ils le fassent, soyons précis aussi. Il faut qu'ils soient soutenus par l'État. Et que l'État ne soit pas lâche. Et que l'État forme les imams. Oui, bien évidemment. Que l'État forme les imams. Je l'avais proposé. J'avais même proposé à la présidentielle un serment à la République des imams qui reconnaissent l'égalité homme-femme, l'apostasie, le refus du financement des cultes étrangers qui n'est pas dans le projet de loi sur le séparatisme. Je demande l'interdiction du financement étranger pour tous les cultes d'ailleurs. Mais on a besoin, avec les Français musulmans qui respectent les lois de la République, de mettre fin à l'islam politique en France.
Ça sera un combat très dur à ce qu'ils nous ont déclaré la guerre. Et ce sera eux ou nous. Et on doit être ensemble. Et l'État doit être là. Parce que si on est ensemble et qu'il n'y a pas l'État, ça ne marchera pas.
Nicolas Dupont-Aignan, vous avez parlé de la présidence de la République. Vous êtes candidat à la présidence de la République. Vous avez dit non à Marine Le Pen qui vous proposait, ici même, le regretté il y a quelques jours, qui vous proposait un nouveau rapprochement. Pourquoi ce non ? Pourquoi lui avoir dit non ?
D'abord, ce n'est pas un non, si on est précis, je n'ai qu'un objectif. Oui. Un seul. Il faut pouvoir battre Emmanuel Macron et éviter à tout prix qu'Emmanuel Macron fasse un second quinquennat. Car je pense qu'il est profondément mauvais pour le pays. Et que son action est dramatique pour notre pays. Tout procède de là pour moi. Tout procède de là. Personne ne peut me suspecter d'avoir été hostile à Marine Le Pen. Je suis la seule personnalité politique de droite à l'avoir soutenue. Vous avez flirté avec elle. Mais j'assume mon soutien. Parce que moi, je n'avais qu'une idée, c'était d'éviter qu'Emmanuel Macron soit élu. Je savais ce que ça allait donner. On a vu le résultat.
Et je ne regrette rien. Simplement, pour 2022, je constate que ce duel Macron-Le Pen... Vous n'y croyez pas, vous ? Ah mais je sais qu'il y a 80% des Français, c'est dans tous les sondages qu'ils n'en veulent pas. Parce qu'ils ont très bien compris la manœuvre d'Emmanuel Macron. Qui est de reproduire 2017. Et j'ai dit...
C'est la manœuvre aussi de Marine Le Pen, de reproduire 2017 ?
Elle a envie d'être candidate. Je ne lui en veux pas d'être candidate. Je dis simplement que ce duel étouffe la vie politique française. Empêche à terme de battre Emmanuel Macron. Et j'ai proposé à Marine Le Pen, très clairement, en janvier, une primaire ouverte de tous les patriotes et républicains, allant d'un retaillot, des républicains qui n'iront pas vers Macron. Il y en a qui ne veulent pas aller vers Macron. Au Rassemblement National, en passant par debout la France, en un mot de tous ces électeurs. Et j'ai proposé à Marine Le Pen une primaire ouverte, en disant que le meilleur gagne. Si c'est elle qui gagne, je m'inclinerai. Si c'est moi qui gagne, j'en serai ravi.
Si c'est une troisième personne, l'important c'est de choisir, et que ce soit nos électeurs qui choisissent le meilleur candidat. Marine Le Pen a refusé. Primaire ouverte aux militants, ouverte qui ? Primaire ouverte aux Français. Aux Français. Aux Français, parce que je pensais que c'était la meilleure solution pour éviter la réédition de 2017. Marine Le Pen a fait son choix, elle a refusé. Je lui demande encore de bien réfléchir, car je n'ai toujours pas compris, je lui ai dit, pourquoi elle aurait peur de son propre électorat ? Si elle est si sûre d'être la meilleure pour gagner face à Emmanuel Macron, elle ne devrait pas avoir peur de son propre électorat.
Ou alors c'est qu'elle craint peut-être que son électorat en préfère un autre, ou une autre, et à ce moment-là, elle doit assumer son acte. Donc il n'y a pas de polémique entre nous. Si elle ne veut pas de primaire, la primaire sera le premier tour, c'est la Ve République, ça ne sera pas un drame. Parce que moi j'ai un projet à proposer aux Français. Ce projet, c'est un projet de rassemblement, c'est un projet de réforme de notre pays, de rupture sérieuse. Et je suis convaincu que ce projet peut permettre de gagner. Et à partir de ce moment-là, comprenez qu'en démocratie, eh bien j'offre ce projet aux Français. Merci Nicolas Dupont-Aignan.
Nicolas Dupont-Aignan