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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 26 mai 2021 36 min

Jean-Michel Blanquer face aux auditeurs, à propos des annonces du Grenelle de l'éducation

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 19h23. France Inter, 18-20, Fabienne Sintès. La promesse date d'avant la crise, avant la crise du Covid, celle d'améliorer le salaire des enseignants très mal placés au regard de nos voisins. Cet impératif pour l'éducation nationale n'a pas changé. Il est même peut-être plus pressant après l'année passée dans les établissements scolaires, les deux années scolaires même chamboulées et perturbées. Une enveloppe donc déjà a été versée pour 2021, reste 2022. 700 millions d'euros annoncés cet après-midi, dont 400 vraiment dédiés à des primes. Mais on y viendra évidemment dans le détail. Nous verrons aussi à qui bénéficie cette augmentation.

L'un des enjeux, c'est l'attractivité d'un métier qui ne fait plus rêver les jeunes. Les concours de recrutement ne font pas le plein. Un métier qui épuise aussi parfois les plus aguerris. Un enseignant sur trois seulement juge ses conditions de travail satisfaisantes et l'incompréhension parfois entre les enseignants et leurs ministres a rendu cette profession à fleurs de peau. En témoignent, en tout cas, les très nombreuses questions et témoignages qui nous attendent déjà au 01 45 24 7000, comme d'habitude. L'autre enjeu voulu par le ministre, c'est de réfléchir au métier d'enseignant en 2021. Et bien précisément, allons-y. Bonsoir Jean-Michel Blanquer. Bonsoir.

Merci beaucoup d'être avec les auditeurs de France Inter ce soir pour le Téléphone Sun. C'est parti. Le Téléphone Sun. 01 45 24 7000. Camille, c'est vous la première.

1:25
Locuteur 6

Bonsoir Camille. Soyez la bienvenue. Bonsoir. Merci beaucoup de prendre mon appel et ma question. En fait, M. Blanquer, je suis enseignant depuis 18 ans. Je suis enseignant de maternelle depuis 10 ans à Belleville, à Paris. Et j'entends régulièrement votre discours à la télé ou à la radio et vous dites que les enseignants vont être augmentés. J'aimerais beaucoup. Sauf qu'il se trouve que c'est un tiers des enseignants qui vont être augmentés. Les deux tiers des enseignants ne vont pas recevoir un euro de plus sur leur fiche de paye mensuelle. Alors arrêtez de faire croire en brandissant des chiffres comme 700 millions d'euros que tous les enseignants vont être augmentés. C'est faux.

Ce sont les jeunes enseignants qui vont être augmentés entre 36 et 100 euros. Qu'est-ce qu'on fait avec 36 euros de plus, M. Blanquer ? Combien gagnez-vous ? Combien je gagne ? Pourquoi votre métier est-il plus important que le mien qui, depuis 18 ans, enseigne et transmet à des enfants ? Est-ce que la santé et l'éducation ne sont pas les piliers d'une bonne société qui va bien ?

2:21
Présentateur

On va poser la question à Jean-Michel Blanquer. Camille, merci beaucoup. M. le ministre, on a dit 700 millions, 400 qui sont très spécifiquement cibles et primes. L'augmentation de 2021 concernait 31% des enseignants. Est-ce qu'on dit que cette enveloppe-là, celle de 2022, concerne aussi 31% des enseignants ? Priorité donc aux plus jeunes qui ne sont pas Camille.

2:42
Jean Michel

Alors il y a beaucoup de choses dans ce que vous venez de dire et dans ce que disait l'auditrice. Il y a d'une part le fait qu'il y a effectivement une augmentation 2021 qu'un tiers, en effet, des personnels, il faut parler des professeurs, mais aussi des personnels de l'éducation nationale, vont voir sur leur fiche de paye du mois de mai 2021. Et souvent, on m'a parfois accusé d'être dans l'abstraction sur cette question. Ça devient très concret pour tout le monde.

3:05
Présentateur

Donc 36 à 100 euros, elle a raison là-dessus, Camille.

3:07
Jean Michel

Quand l'auditrice dit que c'est 0 euros pour tout le monde, ça n'est pas tout à fait exact puisqu'il y a eu la prime informatique de 150 euros annuelle qui est tombée sur le bulletin de paie de février et bien entendu qui a vocation à se renouveler tout au long des prochaines années.

3:19
Présentateur

Mais là, elle a raison. Pour 2021, c'était 31%, c'était de 36 à 100 euros en fonction de son ancienneté.

3:24
Jean Michel

C'est ça, jusqu'au 7e échelon, c'est-à-dire en gros les 15 premières années d'exercice de la profession. Pourquoi ? Parce que le rattrapage que vous avez évoqué en introduction doit concerner tout le monde, mais c'est vrai, encore plus les plus jeunes pour lesquels il y a un retard par rapport à d'autres pays et puis les milieux de carrière, ce qui serait le cas d'ailleurs de notre auditrice. Dans ce que j'ai annoncé, elle peut être concernée puisque nous allons maintenant, tout au long du mois de juin, voir avec les organisations syndicales, la façon dont nous répartissons ces moyens.

C'est ce que j'ai fait l'année dernière et nous avions fait un choix qui était celui que vous venez de rappeler, c'est-à-dire 15 années. Ce n'est pas rien, contrairement à ce que j'ai entendu là, puisque si vous êtes dans la carrière depuis l'année dernière, ça veut dire 100 euros par mois, c'est-à-dire 1200 euros par an, c'est évidemment pas rien du tout. Je voudrais rappeler par rapport à tous ceux qui peuvent considérer que ça ne va pas assez loin et que quand même depuis 2017, c'est 6 milliards d'euros que nous avons mis en plus dans les budgets de l'éducation nationale.

C'est beaucoup plus que dans les mandats précédents, dans les quinquennats précédents, où on était plutôt autour de 2 milliards ou 2 milliards et demi. Donc bien sûr que nous voulons toujours faire plus, mais là il y a clairement quelque chose qui est enclenché, qui est important, et dont je viens d'exposer les tenants et aboutissants.

4:32
Présentateur

Et là, qu'est-ce que vous voulez faire, vous ? Alors on a entendu que vous allez avoir ces discussions avec les organisations syndicales. Votre inclinaison à vous, votre souhait, est-ce que c'est de poursuivre la revalorisation des plus jeunes pour qu'ils arrivent effectivement à un niveau qui nous rapproche beaucoup plus de la moyenne de l'OCDE ? Ou est-ce qu'on dit qu'on répartira à plus grande échelle ?

4:51
Jean Michel

Il y a un objectif que je partage d'ailleurs avec certaines organisations syndicales, c'est d'avoir pas un seul professeur, personnel d'ailleurs, mais en tout cas pas un seul professeur, en dessous de 2 000 euros nets par mois. C'est un objectif qui peut s'atteindre plus ou moins vite, selon justement les choix que nous allons faire ces prochaines semaines, en concentrant soit sur les débuts de carrière, comme on l'a fait en 2021, soit en allant vers les milieux de carrière, ce qui rendra cet objectif un peu plus lent.

Mais la dynamique qui est enclenchée, c'est celle d'environ 500 millions d'euros par an, et ce que je souhaite pour même après 2022, de façon à ce que, au cours des prochaines années, nous rejoignions le peloton de tête des pays de l'OCDE, et donc que la France reconnaisse ses professeurs.

C'est quelque chose que je dis depuis le début, c'est quelque chose qui s'est enclenché, qui ne concerne pas que le sujet de la rémunération, vous l'avez d'ailleurs évoqué dans votre introduction, l'idée c'est d'améliorer le bien-être au travail, c'est pourquoi j'ai pris solennellement aujourd'hui 12 engagements qui résultent des travaux du Grenelle, et qui doivent permettre d'améliorer, par exemple, l'aide au logement des professeurs, pour ne prendre que cet exemple. Mais aussi bien d'autres choses, comme la question des directeurs d'école, par exemple, et d'autres sujets.

5:58
Présentateur

Et on y viendra au fil des questions, je l'espère, puisqu'on est sur les salaires, nous avons cette question de Yves sur franceinter.fr, et qui dit, à l'augmentation de salaire, correspondra-t-il à un accroissement des obligations de service ?

6:08
Jean Michel

Nous n'avons pas du tout placé les choses comme ça, et là aussi, ça montre la logique de confiance que j'ai souhaitée. C'est-à-dire, il y a un fait que j'ai voulu partager avec la société française, qui est que nous devons améliorer la rémunération des personnels de l'éducation nationale en général, des professeurs en particulier, tout simplement parce que c'est une question de justice. Et je crois que la crise sanitaire a en quelque sorte accentué cet enjeu que je soulignais auparavant. parce que la France, en ce moment même, est très reconnaissante à son corps professoral et à l'éducation nationale d'avoir tenu pendant la crise sanitaire. On est dans des circonstances très particulières.

En cette fin d'année scolaire, beaucoup sont fatigués, et je le comprends très bien. Mais au-dessus de cette fatigue, il y a de la fierté, il y a vraiment la fierté d'avoir tenu. Et vis-à-vis de la société française, je crois que c'est très important, parce que pratiquement tous les Français, et a fortiori les parents d'élèves, savent qu'ils doivent quelque chose de particulier à l'école, et tout le monde a compris à quel point c'était essentiel. Il est donc très légitime que la nation investisse davantage.

C'est un message d'ailleurs que je porte à l'échelle française, mais que je porte aussi à l'échelle européenne et internationale, parce que dans les sociétés post-Covid, il va falloir investir beaucoup dans l'éducation pour tous les enfants qui ont pu pâtir de cette situation. Et comme vous le savez, ça a été bien pire dans d'autres pays.

7:23
Présentateur

Et on viendra également au Covid, parce que je les vois tomber les questions. Pas de loi de programmation pluriannuelle, cependant, ce qui avait été un souhait à un moment. Est-ce que cette porte est définitivement fermée ?

7:32
Jean Michel

Alors l'idée, si vous voulez, la question de la loi est plus une question de forme que de fond, parce que l'objectif reste ces marches annuelles de 500 millions d'euros qui s'ajoutent les unes aux autres. Je rappelle qu'elles s'ajoutent, c'est-à-dire que là, par exemple, quand on dit...

7:45
Présentateur

Après, c'est aussi une question de pérennité, en fait, d'assurance, de pérennité.

7:47
Jean Michel

Alors, il y a aussi un sujet démocratique, c'est-à-dire que c'est difficile de faire une loi de programmation en fin de quinquennat. Et pourquoi pas en faire une, d'ailleurs, au début du prochain quinquennat. Et démocratiquement, il faut évidemment que ce soit le gouvernement de ce moment-là qui l'assume. Mais ce qui est très important, c'est qu'une trajectoire est donnée. Il sera très difficile pour quiconque, après 2022, de dire que ça n'est pas légitime d'ajouter 500 millions d'euros par an, en plus des autres augmentations qui existent du budget, avec des objectifs qui sont pour le pays.

Parce que cet investissement, il est évidemment in fine pour les élèves et pour la réussite des élèves. Et c'est pourquoi le Grenelle, ce n'est pas seulement les augmentations de rémunération. C'est aussi une série de transformations qualitatives, mais pas dans la logique binaire ou de contrepartie qui était dans votre question.

8:29
Présentateur

Xavier est avec nous. Bonsoir, Xavier.

8:31
Locuteur 9

Oui, bonsoir. On vous écoute. Voilà, je voulais d'abord préciser que M. Blanquer, vous en êtes à votre deuxième mandature, en réalité, puisque vous étiez déjà à la direction de l'éducation sous Sarkozy. Après, sous Hollande, ce n'était pas le cas. Puis là, vous revenez. Donc, vous avez eu largement le temps de l'éducation nationale et puis d'agir pour nos salaires. Donc, moi, je fais partie, comme la personne précédente, des enseignants qui sont en poste depuis 18 ans, qui font leur travail le plus sérieusement possible et qui ne verront pas la moindre augmentation encore sur leur fiche de salaire. 36 euros, franchement, vous pouvez les garder, c'est honteux.

150 euros pour s'équiper en informatique, mais c'est indécent. Donc, on reste parmi les professeurs des écoles les moins payés de tous les pays de l'OCDE. Un collègue allemand gagne deux fois plus que moi. Deux fois plus que moi. Et voilà. Donc, l'amertume est énorme. Il n'y a plus de confiance. On ne vous croit absolument plus. Vous avez eu le temps. Vous ne l'avez pas fait. Et je suis complètement désabusé. Voilà. Alors, en fait, ce que vous êtes en train de faire...

9:35
Présentateur

Il y a une question, vous, un moment, Xavier, ou pas ?

9:37
Locuteur 9

Il y a une question qui arrive, mais je termine là-dessus. En fait, ce que vous êtes en train de faire, c'est que vous êtes en train d'habituer les Français à avoir un corps de professeur des écoles sous-payé. Ce qui est grave, parce que ça a plein de conséquences. Et ce serait faire preuve de féminisme, vraiment de féminisme en acte, que de revaloriser réellement nos salaires pour tous. Et de façon suffisamment conséquente, parce que la profession est très féminisée. C'est la raison pour laquelle on accepte des salaires aussi bas, un niveau de compétence aussi élevé. Je rappelle que les jeunes collègues arrivent avec un niveau Bac plus 5.

10:05
Locuteur 8

Voilà.

10:06
Locuteur 9

Alors, ma question ne concernait pas les salaires. Elle portait sur le corps d'inspecteur. Moi, je me sens abandonné par mes inspecteurs depuis quelques années. J'ai des inspecteurs qui ne sont plus que carriéristes. J'ai eu ce qu'on appelle un rendez-vous de carrière en tant que prof d'école. J'ai rencontré mon inspecteur pour la dernière fois jusqu'à la fin de ma carrière. Donc, je ne verrai plus d'inspecteur pendant une douzaine d'années jusqu'à la fin de ma carrière. Je trouve ça complètement ahurissant. Évidemment, c'est lié au manque de moyens. On ne charge plus d'inspecteurs de cette mission-là. Et moi, j'ai vu trois générations d'inspecteurs en une quinzaine d'années.

Les premiers, ils étaient compétents. Ils nous apportaient quelque chose quand ils venaient dans nos classes. Quelques temps après, on a eu des inspecteurs qui nous brossaient dans le sens du poil, qui étaient complètement débordés, qui ne nous apportaient plus rien. Et là, on a des inspecteurs qui nuisent à notre travail, qui nuisent à nos élèves, qui ne sont là que pour faire passer des réformes qui viennent d'en haut de façon absolument verticale, qui ne regardent absolument pas ce qu'on fait de positif avec nos élèves, avec les familles, dans nos quartiers. Moi, je travaille dans un quartier très difficile. On parvient à faire des choses extraordinaires. On est complètement ignorés.

11:07
Jean Michel

Est-ce que vous vous attendez plus ?

11:08
Locuteur 9

La question, c'est, vous trouvez normal que je n'ai plus de rapport avec un inspecteur dans ma classe jusqu'à la fin de ma carrière. Qu'est-ce que c'est, cette manière de nous...

11:17
Présentateur

Xavier, on a entendu la question. Est-ce que vous êtes en REP+, vous avez demandé Jean-Michel Blanquer ?

11:21
Locuteur 9

On va être reconnus comme ça. On est capable de faire des choses dans nos classes. Arrêtez de nous faire tout descendre d'en haut. Il se passe plein de choses positives. On va faire de la recherche à action. On veut des inspecteurs qui servent à quelque chose.

11:31
Présentateur

Xavier, on vous a entendu, Xavier, je vous le promets. Et on va répondre à votre question. Vraiment, on a entendu à la fois votre question, on a aussi entendu votre colère. Et on va y aller dans les deux sens, c'est promis. Il y avait une question du ministre à l'instant. Est-ce que vous êtes en REP+, ou pas ?

11:42
Locuteur 9

Je ne suis pas en REP+, mais je suis dans un quartier très difficile quand même. Je voulais juste souligner, j'ai des collègues qui démissionnent là. J'ai un collègue, par exemple, qui va arrêter parce qu'il ne supporte plus tout ça. C'est un excellent enseignant.

11:54
Présentateur

Xavier, pardon, excusez-moi. Xavier, je m'excuse vraiment, mais vous savez qu'il y a énormément de monde au standard. On vous a entendu et le ministre va vous répondre, c'est promis. Et pardon de vous avoir interrompu, mais ça a commencé à faire long. Alors d'abord, un, M. Blanquer, on va parler du ton de Xavier, en fait, et ce qu'il est en train d'essayer de vous dire. L'inspection, d'abord.

12:11
Jean Michel

Alors d'abord, effectivement, sur le ton, vous avez raison, parce que je pense que c'est vraiment important d'écouter ce que j'ai dit tout à l'heure, et chacun peut le voir sur Internet. J'ai prononcé un discours d'une heure pour lequel il y a des réponses positives à certaines attentes de votre auditeur. Par exemple, il ne faut pas dire que vous n'aurez pas d'augmentation telle que vous êtes. Encore une fois, il y a d'abord des augmentations universelles qui s'accumulent, puisqu'il y a, encore une fois, 150 euros annuels pour tout le monde, plus environ 180 euros au titre de la protection sociale. Ces deux choses-là s'additionnent.

Par ailleurs, les milieux de carrière, et quand vous avez 18 ans d'expérience, vous êtes en milieu de carrière, seront probablement très concernés par ce que j'ai annoncé et que je vais discuter au cours des prochaines semaines avec les organisations syndicales. Donc oui, une personne comme vous sera concernée par les augmentations de salaire. Je rappelle par ailleurs qu'il y a eu toute une série d'augmentations, y compris dans les années précédentes, que j'ai eu à décider. C'est pour ça que je posais la question de Réplus. Par exemple, en Réplus, c'est désormais plus de 2 000 euros de prix manuel pour ceux qui y travaillent. Il y a eu des mesures, évidemment, qui restent à compléter.

Je suis le premier à le dire. Mais je rappelle les montants que je disais tout à l'heure. Maintenant, que vous ressentiez une fatigue, je le comprends complètement. Je vous demande vraiment de regarder précisément ce qui a été annoncé, parce que ça répond à votre question, celle de l'inspecteur, sur l'accompagnement que vous attendez. Et précisément, c'est ce que j'ai dit cet après-midi. C'est-à-dire qu'il n'est pas normal qu'on ne soit pas dans une logique d'accompagnement, et donc de plus grande présence, que ce soit d'ailleurs des corps d'inspection ou d'autres interlocuteurs de l'éducation nationale.

Et parmi les grandes avancées du Grenelle, il y a le fait que tout professeur et tout personnel de l'éducation nationale doit avoir une relation beaucoup plus personnalisée avec son institution. Je vous renvoie aux détails de ce que j'ai pu dire, mais concrètement, ça veut dire plus de rendez-vous de carrière, plus d'opportunités pour évoluer, pour muter, et toute une série de choses qui, d'une certaine façon, ouvrent les possibilités dans la carrière d'un enseignant.

14:05
Présentateur

Après, Jean-Michel Blanquer, vous avez entendu la manière dont Xavier s'adresse à vous, il a prononcé les mots d'amertume, il a parlé de fatigue, il parle des gens qui s'en vont, de ses collègues qui s'en vont. A quel moment vous avez le sentiment d'avoir perdu le fil avec une bonne partie du corps enseignant, en fait ? Pourquoi on vous parle de cette amertume-là ?

14:25
Jean Michel

Il y a un million, cent mille personnes qui travaillent à l'éducation nationale. Chacun a le droit à ses opinions et à sa tonalité. Vous n'avez pas inféré d'un intervenant que tout le monde pense la même chose. Je suis sans arrêt sur le terrain. Mais la difficulté, la difficulté, elle existe. Bien sûr, elle existe. Je ne pense pas qu'elle soit liée à votre serviteur. On est au contraire en train de faire un travail de fond, encore une fois avec un effort financier qui est inédit sur l'ensemble du quinquennat. Un travail qui porte sur des réformes éducatives et pédagogiques, qui porte sur des réformes RH, qui, cette année, est particulièrement difficile avec la crise sanitaire.

La France peut être particulièrement fière de son système scolaire tel qu'il a traversé la crise sanitaire. Et moi, mon invitation, c'est à être dans une logique extrêmement constructive. Heureusement, je vais sur le terrain, je rencontre des personnes, je vous assure, qui me disent qu'elles pensent que certaines décisions sont les bonnes. Elles pensent qu'en effet, les augmentations décidées sont pertinentes. Quand vous êtes jeune professeur et que vous avez 100 euros de plus par mois, vous ne considérez pas que c'est nul. Quand vous travaillez en REP et que vous avez les primes que j'ai dites tout à l'heure, vous ne considérez pas que c'est nul.

Quand vous êtes à ESH, vous trouvez que votre salaire n'est pas assez fort et vous avez raison de le penser. Mais vous savez que c'était des contrats aidés il y a trois ans, que désormais c'est des CDD, voire des CDI. Il y a toute une série d'améliorations. Que les choses n'aillent pas assez vite et assez loin, je suis le premier à le penser. Je veux, comme tout le monde, qu'on fasse le maximum. Et c'est bien pour ça qu'une trajectoire est fixée, qui est d'avoir un système éducatif dans le plan de tête des pays de l'OCDE en matière de rémunération des professeurs.

15:58
Présentateur

Vous avez parlé des zones plus difficiles. Justement, Jean-Baptiste est dans un lycée de ce type qui est en ZEP. Bonsoir Jean-Baptiste.

16:06
Locuteur 1

Oui, bonsoir. Bonsoir Monsieur le Ministre.

16:07
Présentateur

Bonsoir Monsieur.

16:08
Locuteur 1

Voilà, donc ma question portait justement sur le classement des lycées. Donc un lycée comme le mien était anciennement ZEP et aujourd'hui classé politique de la ville. Et dans le sillage de la réforme des lycées, la dotation horaire pour la prochaine rentrée s'est trouvée brutalement réduite. Concrètement, ça veut dire qu'un élève de seconde à partir de la prochaine rentrée qui bénéficie jusqu'à présent d'une heure d'aide personnalisée en français et d'une heure d'aide en mathématiques ne va plus pouvoir bénéficier de cet accompagnement.

Donc ma question porte précisément sur ce genre de lycée et ne pensez-vous pas qu'il faille justement pérenniser les moyens supplémentaires dans les lycées comme les nôtres qui recrutent d'ailleurs pour une bonne part des...

16:51
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Baptiste. Jean-Michel Blanquer vous répond.

16:54
Jean Michel

Oui, alors plusieurs éléments de réponse. C'est vrai que sur le plan budgétaire, les efforts on les a beaucoup concentrés sur le premier degré depuis le début du quinquennat avec une stratégie qui est de long terme qui est de dire qu'on doit consolider les savoirs fondamentaux de nos élèves. C'est vrai qu'il y a des difficultés au collège et au lycée et ces difficultés, elles nous conduisent à créer de l'accompagnement personnalisé pour chaque élève et parfois il y a des choses à rattraper au collège ou au lycée qui normalement ne devraient pas exister.

Et je pense que l'effort qu'on fait actuellement avec l'école primaire doit nous permettre d'arriver à de meilleurs résultats de ce point de vue-là. Lorsqu'on crée devoirs faits au collège par exemple et qui bénéficient désormais à des centaines de milliers de collégiens, c'est un dispositif qui est fait pour avoir de l'accompagnement personnalisé. Au lycée, nous avons une politique dite d'éducation prioritaire. Alors c'est vrai que les classements conduisent parfois à des choses un peu binaires. Soit on y est, on a un certain nombre de moyens, soit on n'y est pas et on ne l'a pas.

Alors le lycée est dans un cas particulier parce que c'est quand même surtout les écoles primaires et les collèges qui bénéficient de la logique éducation prioritaire. S'agissant des lycées, ils peuvent bénéficier parfois de politiques sociales que nous avons. Je pense à ce qu'on fait au titre des cités éducatives actuellement. Et il est évident qu'on doit regarder au cas par cas ce qui doit être fait en matière d'accompagnement personnalisé. Je vais prendre des mesures nouvelles au mois de juin sur la préparation de rentrée 2021 pour des moyens supplémentaires dans le second degré de façon à tenir compte des enjeux de la crise sanitaire.

Donc un lycée comme le vôtre situé en zone défavorisée pourrait avoir une amélioration de ces moyens pour tenir compte de cela et tout particulièrement du retard de certains élèves.

18:32
Présentateur

Adèle, bonsoir.

18:33
Locuteur 3

Oui, bonsoir. On vous écoute Adèle. Oui, bonsoir. Voilà, ma remarque, c'était par rapport aux mutations dans le premier degré. Un des engagements, la suite au Grenelle, c'est de favoriser les mobilités des professeurs. Or, il y a des académies où c'est très compliqué de sortir. Justement, moi, je viens de l'académie Créteil. J'aimerais pouvoir rejoindre mon conjoint et ça, c'est assez compliqué. Surtout qu'un des autres engagements, c'est de favoriser les ressources humaines dans l'éducation nationale. Et malheureusement, là, par rapport aux mobilités, les ressources humaines, on les voit très peu. On est vraiment juste des numéros, quoi.

On a des points pour pouvoir sortir et c'est très compliqué. Je pense que je ne suis pas la seule dans la situation, là, de rapprochement de conjoints qu'on n'arrive pas à rejoindre et c'est compliqué, quoi, dans ces situations.

19:20
Présentateur

Voilà. Et comment ça fait partie de ce que vous dites, d'ailleurs, aussi être l'acteur de sa propre carrière, c'est exactement ça, c'est aussi pouvoir, à un moment, choisir où on a envie d'être. Qu'est-ce qu'on peut répondre à Adèle ?

19:32
Jean Michel

D'abord, je veux vous dire, Madame, à quel point je sais que ce que vous dites est exact et à quel point je comprends l'ensemble des points que vous venez de dire. Et le Grenelle est fait pour répondre au maximum à cette attente. On ne doit plus être considéré comme un numéro avec des points et un traitement presque robotisé de la carrière. Ça, ça doit être fini. C'est le sens du Grenelle que de passer à une nouvelle étape. Tout ne va pas s'améliorer du jour au lendemain, mais la nouvelle logique est là.

Dans les jours qui suivent, c'est-à-dire demain ou après-demain, vous allez recevoir, vous êtes à Créteil, donc de la part de l'Académie de Créteil, mais ce sera vrai de tout personnel de l'éducation nationale dans chaque académie, une feuille de route ressources humaines qui explicite la façon dont on va s'y prendre pour sortir de cette situation. Et notamment, d'abord, il y a le sujet de l'interlocution, c'est-à-dire pouvoir, et c'était d'ailleurs aussi le sens de la question de l'auditeur précédent, c'est-à-dire pouvoir parler à quelqu'un, pouvoir s'entretenir des problèmes, regarder où on va. Deuxièmement, les règles du jeu vont évoluer.

C'est encore un sujet d'ailleurs de l'agenda social dans la discussion avec les organisations syndicales. Mais par exemple, le fait qu'il y ait plus de postes à profil dans les temps à venir doit permettre à quelqu'un...

20:37
Présentateur

Il y aura des postes à profil désormais.

20:38
Jean Michel

Oui, des postes à profil. Ça existe déjà dans l'éducation nationale, mais on va en faire un peu plus pour que, tout simplement, chacun soit à l'endroit où il a envie d'être. C'est ce que l'on doit rechercher au maximum.

20:49
Présentateur

Mais donc, ça veut dire qu'on ouvre la porte au fait que les lycées, parfois, certains lycées, peuvent recruter des profs qu'ils auront choisis comme un retrutement dans une entreprise, en quelque sorte ?

21:02
Jean Michel

Ça existe déjà aujourd'hui dans le sens où, si vous faites, par exemple, je ne sais pas, un cours très spécifique de géographie en japonais, par exemple, Vous avez besoin d'un profil spécifique. Est-ce qu'on augmente cette idée-là ? Bien sûr. Il est très important que chacun soit à l'endroit où il se sent le mieux. Alors, on sait bien que souvent, les plus jeunes débutent, par exemple, en Ile-de-France, et qu'ensuite, c'est très difficile de retrouver son conjoint. Et donc, ce n'est pas un sujet qui est facile.

Mais néanmoins, je veux dérobotiser ce sujet pour que chacun puisse véritablement aller à l'endroit qui lui convienne et avoir des perspectives qui soient ouvertes et qui soient claires.

21:40
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire hors mouvement, par exemple, M. Blanquer ? Par exemple, pour certains lycées, pour les lycées REP+, quand on a des enseignants qui sont extrêmement motivés pour aller dans ces lycées-là. Donc, on décide vraiment de recruter hors mouvement. On casse complètement les codes ? Est-ce que c'est ça que ça veut dire ?

21:53
Jean Michel

Alors, on ne casse pas tous les codes, parce que certains codes ont leur mérite quand même. Il faut garantir une équité entre tous. C'est un point, évidemment, important auquel je suis attaché. Mais on peut changer certains codes. Et notamment, votre exemple est très bon, puisque, en effet, vous avez, en réalité, travaillé en REP+, dans certains endroits, vous avez des gens qui sont très motivés pour le faire, parce qu'il y a beaucoup d'enthousiasme et beaucoup de projets. On va favoriser, par exemple, les mutations collectives.

Une équipe, par exemple, de jeunes enseignants qui se sont connus à l'INSPE ou qui se connaissent dans un territoire et qui ont envie d'aller, qui ont un projet pour aller ensemble ailleurs. Eh bien, ça, on va le favoriser. De la même façon, si on a mis des primes importantes en REP+, c'est aussi pour renforcer l'attractivité ces dernières années. Ça concerne 50 000 personnes qui savent de quoi je parle. Donc, il y a le renforcement de l'attractivité là où c'est difficile, mais aussi des règles de mutation qui vont évoluer. J'en ai donné certains grands principes en conclusion du Grenelle. Et bien entendu, nous allons continuer ce travail avec certains effets dès la rentrée prochaine.

22:51
Présentateur

Fanny nous attend depuis très longtemps. Pardon, Fanny. On vous écoute. Allez-y.

22:56
Locuteur 4

Bonjour. Moi, je vous appelle. Je suis professeure de français en collège à Bègle, près de Bordeaux. Et j'appelle pour quelque chose qui est un peu anecdotique, mais je pense que c'est assez révélateur. C'est que, ben voilà, je suis éligible au vaccin contre le Covid depuis, je pense, deux semaines, trois semaines, puisque j'ai 52 ans. Et bien, voilà. J'ai eu un rendez-vous aujourd'hui pour dans dix jours, mais sinon, il a fallu quand même y passer du temps, sur tous ces vitres, ma dose et compagnie, tout en corrigeant ses copies. Et on est plusieurs collègues comme ça. À Bordeaux, il y a très peu de place.

Et donc, je trouve quand même que notre employeur nous a un petit peu laissé tomber sur ce coup-là, puisqu'il me semble quand même qu'on fait partie d'une profession très exposée. Après, je ne suis pas phobique du Covid, heureusement. Et sinon, ça serait un petit peu compliqué. Je pense aussi aux surveillants de mon collège qui surveillent la cantine, où il y a 80 élèves qui mangent sans masque et qui n'ont eu aucun créneau pour être vaccinés ou aucune possibilité d'être vaccinés au collège. Je pense à la CPE qui voit 600 adolescents par jour non masqués à la cantine et qui n'ont eu aucune possibilité qui a réussi à se faire vacciner avant-hier.

Moi, je serais vaccinée en 10 jours, tant mieux. Mais bon, je trouve quand même que ça révèle une sorte de, je ne sais pas comment dire, de manque d'attention envers le personnel qui correspond un peu à tout ce que j'ai entendu.

24:02
Présentateur

On vous a entendu, Fanny. Merci beaucoup. Merci, pardon. Jean-Michel Blanquer va vous répondre. Effectivement, la priorité des enseignants a été moins prioritaire que ce qu'ils auraient souhaité. On va le dire comme ça.

24:12
Jean Michel

Oui, vous savez, l'organisation de la vaccination, elle a obéi à un premier principe qui était d'aller des plus vulnérables aux moins vulnérables. On est aujourd'hui, je crois, autour de 22 millions de Français vaccinés. Et l'objectif, c'était quand même que les plus âgés ou ceux qui avaient des comorbidités, parmi ceux qui avaient des comorbidités, il y avait des professeurs, bien sûr, ou des personnels, soient vaccinés en premier. C'est ce qui s'est passé. Ce qui, d'ailleurs, fait qu'on n'a pas un taux de contamination spécifique à l'éducation nationale. On est même plutôt en dessous.

Il y a eu un circuit prioritaire qui a été organisé, vous vous en souvenez, à partir de la fin du mois d'avril, pour les professeurs et les personnels de plus de 55 ans. Et là, ça ne correspond pas à la description qui vient d'être faite, puisque les centres étaient ouverts. Ils ont été un peu noyés dans les autres, en fait. D'ailleurs, moi-même, je suis allé être vacciné dans un centre de ce type, à l'AstraZeneca. Et ça a concerné, je crois, autour de 20 000 personnes qui ont pu avoir ce court-circuit. Mais le nombre de personnes qui sont venues était inférieur à ce qui était possible. Ensuite, ça a été ouvert récemment, au moins de 55 ans.

Et évidemment, chaque rectorat a été mobilisé pour informer les professeurs sur la façon de faire que les choses n'aient pas été parfaites. Je suis tout à fait...

25:29
Présentateur

Ils ont le sentiment d'avoir été noyés dans la masse, en fait, parce que, effectivement, les ouvertures ont été faites assez rapidement. Voilà, moi qui ai 52 ans, je me suis fait vacciner aussi assez rapidement. Au fond, même à un rythme peut-être supérieur à certains des collègues de Fanny.

25:42
Jean Michel

Il y a eu des choses très différentes d'un endroit à l'autre, en fonction aussi des circonstances locales. Mais néanmoins, les rectorats étaient... Je peux vous le dire, depuis le début de la crise sanitaire, les personnels des rectorats sont très, très mobilisés pour ce suivi, que certaines choses soient imparfaites. Mais vous savez, je voudrais souligner sur la crise sanitaire, je voudrais le redire très fortement, on peut souligner plein d'imperfections, et il y en a.

Mais regardons ce qui s'est passé dans le monde entier, regardons à quel point le système a tenu, d'abord grâce à chacun et chacune, chaque professeur, chaque personnel, et je pense à toutes les catégories de personnel, et la France entière doit remercier pour cela, mais aussi grâce à une mobilisation du système. Et donc, il y a eu mille défauts, et je suis tous les jours à travailler sur ces défauts, mais le bilan, au bout du compte, d'avoir réussi à avoir cette année scolaire, 2020-2021, la plus normale possible pour nos élèves, et beaucoup plus normale que dans tous nos pays voisins, eh bien, ça doit être un sujet de fierté collective.

Donc il y a, je vous le disais en commençant, il y a de la fatigue, il peut y avoir même de l'énervement, mais il doit y avoir d'abord et avant tout de la fierté collective.

26:48
Présentateur

Alors, puisque vous êtes dans le Covid, on a beaucoup de questions aussi, on va essayer d'en faire un certain nombre. Questions courtes, réponses courtes, voici Juliette sur Franceinter.fr, qui nous dit, les élèves de 4e et 3e de nombreux départements vont en cours à mi-temps depuis le 3 mai. Que prévoit le plan de déconfinement sur le retour de ces élèves au collège à plein temps ?

27:04
Jean Michel

C'est une très bonne question. Je suis évidemment très favorable à la faveur de l'amélioration de la situation sanitaire qui se constate de jour en jour, que l'on puisse revenir à des jauges pleines, notamment pour les 4e et 3e, en effet, mais y compris ensuite pour les lycées. C'est des décisions que nous devons prendre en Conseil de défense au regard des critères, mais je vais essayer d'aller le plus possible dans ce sens.

27:27
Présentateur

C'est bientôt la fin de l'année, soyons clairs. J'aimerais qu'au mois de juin,

27:30
Jean Michel

je veux que le mois de juin soit le plus complet possible pour tous les élèves, ne serait-ce que pour compenser justement, notamment pour ceux qui ont pu être à mi-temps à certains moments. Donc on va s'efforcer de cela, mais je ne peux pas m'y engager aujourd'hui, mais je vais faire le maximum pour cela.

27:45
Présentateur

Nathalie nous dit, je suis professeure des écoles dans une école proche de Montpellier, avec les chaleurs estivales qui vont arriver, je me demande s'il serait possible d'autoriser les jeunes enfants à enlever leurs masques lors des récréations.

27:54
Jean Michel

Alors, ça fait partie effectivement des mesures possibles. Là, le sujet des masques pour les élèves des écoles primaires, à un moment donné, va être reposé en fonction des circonstances sanitaires, mais même réponse que pour le point précédent, c'est-à-dire que c'est vraiment à la lumière de la situation sanitaire que ces décisions seront prises. Je ne peux pas m'engager là-dessus, mais je comprends complètement la question, et si c'est possible, on pourrait aller dans ce sens. Mais en même temps, chacun comprend bien qu'on doit être très attentif, évidemment, à la sécurité sanitaire.

28:23
Présentateur

Magali, M. Blanquer, vous dites, ma fille passe le bac philo et le grand oral, comment ça va se passer si elle ne peut pas se présenter car positive ou cas contact ? Quel impact sur les résultats parcours sub si les épreuves de rattrapage ont lieu en juillet ou en septembre ?

28:34
Jean Michel

Alors, quand on a une raison d'être absent à l'épreuve de philosophie, là, le contrôle continu permet de compenser. S'agissant du grand oral, lorsque l'on a une circonstance justifiée de ne pas pouvoir y aller, il y aura une session de rattrapage.

28:52
Présentateur

Allez, retour au 01 45 24 7000 au standard avec la question de Myriam. Bonsoir Myriam. Oui, bonsoir. On vous écoute ?

29:00
Locuteur 2

Oui, alors, tout d'abord, je vous remercie de prendre mon appel et je vous remercie pour la qualité de vos émissions. Donc, j'avais une question autour du virage inclusif prôné par le gouvernement actuel. Et j'aurais aimé savoir quels étaient les leviers qui permettraient de faciliter l'inclusion des enfants en situation de handicap, les enfants à besoins particuliers, dans le cadre du virage inclusif. Et plus particulièrement, comment peut-on favoriser le partenariat médico-social et éducation nationale au niveau des écoles, des collèges, des lycées, dans le cadre de l'inclusion scolaire ?

29:37
Présentateur

Merci beaucoup pour votre question. Jean-Michel Blanquer vous répond.

29:40
Jean Michel

Merci, madame, pour cette question. Comme vous le savez, c'est une immense priorité. Le président de la République, d'ailleurs, dans la campagne de 2017, l'avait affichée comme première priorité. Nous y avons beaucoup travaillé avec la secrétaire d'État chargée du handicap, Sophie Cluzel. La situation a beaucoup évolué depuis 2017. J'y faisais allusion tout à l'heure. Les AESH, autrement dit, les personnes qui accompagnent les enfants se sont multipliées. Ils étaient des contrats aidés. Ils étaient autour de 70 000 en 2017. Aujourd'hui, c'est environ 100 000 CDD ou CDI dédiés à cela. Nous avons donc développé les moyens. Nous avons fait face aussi à la croissance du nombre d'élèves.

Et puis, il y a les évolutions qualitatives. Et vous y avez fait référence. Notamment, notre capacité à mieux faire coopérer le monde médico-social, donc les institutions médico-sociales et l'éducation nationale. C'est ce que nous faisons au travers de ce qu'on appelle les pôles inclusifs locaux, on appelle les piales dans le langage de l'éducation nationale, c'est-à-dire, sur le terrain, faire mieux coopérer l'ensemble des institutions. C'est ce qui se passe. Il y a de superbes exemples de cela, évidemment. Nous travaillons aussi au lien avec les parents dans ce contexte.

De plus en plus, nous réussissons à faire des rendez-vous parents, professeurs, AESH en amont de la rentrée scolaire pour une affectation le plus possible. Nous créons plus de stabilité, plus de formation pour les AESH. Ça a été le point d'effort budgétaire le plus important qu'on a fait depuis 2017. C'est une augmentation de 40% environ de ce budget qui a eu lieu. On va faire encore plus et mieux, et notamment, d'ailleurs, s'agissant du pouvoir d'achat des AESH. Mais surtout, et vous avez mille fois raison, on doit insister sur la dimension qualitative.

Je sais bien que ce n'est pas toujours facile sur le terrain, mais ça passe par le travail d'équipe, mot-clé, d'ailleurs, dans le Grenelle, travailler en équipe, entre les différents métiers qui existent, et avoir des équipes autour des enfants en situation de handicap. Mais en effet, le virage inclusif est pris, et il est fait pour qu'on puisse personnaliser le parcours de chaque enfant, à fortiori ceux qui ont un handicap.

31:32
Présentateur

Il nous reste peu de temps, mais encore beaucoup de questions. Nathalie, bonsoir. On vous écoute, Nathalie.

31:38
Locuteur 5

Oui, bonsoir. Écoutez, je souhaiterais savoir quand le ministre de l'Éducation nationale cessera de gérer le service public de l'Éducation nationale, en fait, comme un hypermarché, gérant ses stocks à flux tendu.

Pour information, dans les quatre dernières années du collège de ma fille, outre les baisses de DHG, la fin des modules relais, je souligne que je suis en machine dans un collège REP, module relais soutien aux élèves en difficulté, dans ces quatre dernières années, on a appris par le rectorat de Créteil que les mathématiques, l'histoire-géographie, les sciences et vies de la Terre, les langues vivantes, la technologie, étaient des disciplines en tension, sans compter les fonctions de support que sont les infirmiers, les infirmières, les assistants et assistantes sociaux, les psychologues, etc.

Et donc, le bilan, c'est que les heures de cours non remplacées et donc de savoirs non transmis, tout simplement aux élèves, les enfants vont passer au lycée sans ces savoirs, se comptent en années et je ne crois pas que ce soit les deux heures supplémentaires imposées contre l'orgueil aux enseignants par le ministère qu'on verra le bout du tunnel. C'est une cause d'évitement vers le privé, notamment, et un manque de stabilité qui ne donne pas du tout, mais alors pas du tout, confiance aux parents.

32:52
Présentateur

Merci beaucoup, Nathalie. Jean-Michel Blanquer, le flux tendu pour les remplacements dont parle Nathalie.

32:58
Jean Michel

Oui, alors la question du remplacement, ça fait partie des 12 engagements du Grenelle de l'éducation. Là aussi, chacun, j'envoie à ce que j'ai pu dire cet après-midi sur cette question, de façon à ce qu'on réussisse l'engagement, qu'aucun élève ne perde des heures de cours pendant une année. Donc, plusieurs mesures vont être prises dans ce sens, y compris d'ailleurs l'augmentation des moyens de remplacement. Je rappelle que j'ai pris des mesures même en ce moment même.

33:22
Présentateur

Mais est-ce que vous les avez ?

33:23
Jean Michel

Alors justement, c'est deux questions différentes. Et d'ailleurs, c'était présent dans la question. Il y a la question des moyens et en réalité, nous les mettons. Ça peut représenter environ 10% de nos moyens de personnel que nous mettons en remplaçant. Mais deuxièmement, c'est aussi avoir les personnes correspondant à la compétence. On sait qu'en maths et sciences, il y a une tension. C'est d'ailleurs un problème qui existe dans tous les pays du monde. Ça nous renvoie d'ailleurs à l'attractivité du métier. Mais c'est ce que j'allais vous dire. On ne sait qu'on n'a pas envie d'être prof de maths ni prof de sciences. Tout à fait. Donc nous y travaillons.

C'est aussi pour ça qu'on encourage des secondes carrières en ce moment même. Je le dis pour nos auditeurs parce qu'il y a des personnes par exemple qui peuvent être ingénieurs, travailler dans différents domaines mathématiques et scientifiques et qui peuvent être intéressés par une deuxième carrière dans l'éducation nationale. Il y en a de plus en plus qui montrent d'ailleurs qu'il y a quand même une attractivité. Tout simplement, c'est un métier qui a énormément de sens. Et puis parce que nous dressons la perspective de ces augmentations de rémunération.

Je le redis, c'est une perspective pluriannuelle qui est enclenchée et qui fait que aujourd'hui quelqu'un qui s'engage à l'éducation nationale, nous lui disons qu'en effet on va faire les rattrapages de pouvoir d'achat au cours des années qui viennent et que c'est quelque chose de concret notamment dans ces années 2021 et 2022.

34:28
Présentateur

Écoute des obligations de remplacement des profs à l'intérieur des établissements.

34:32
Jean Michel

Alors, ce sujet-là, donc là on parle plutôt du second degré, peut se traduire de différentes manières. D'abord, améliorer effectivement les moyens de remplacement. Ensuite, les heures supplémentaires à l'intérieur de chaque établissement. Et puis, en troisième lieu, une meilleure adéquation. Là, ça répond à votre question précédente mais entre, disons, l'offre et la demande, c'est-à-dire notre capacité à nous, éducation nationale, à trouver les personnes adéquates au bon moment, de la bonne façon. Donc là, il y a une amélioration de nos outils numériques qui est aussi programmée pour arriver à cela.

35:05
Présentateur

Eh bien, écoutez, on n'a pas fait le tour des questions au téléphone sonne. C'est le moins qu'on puisse dire. Vraiment pas. Elles tombent encore. Vous aurez peut-être l'occasion de répondre. En tout cas,

35:12
Jean Michel

je renvoie, si vous le permettez, au discours que j'ai pu prononcer cet après-midi, aux documents qui sont sur le site internet du ministère. Et bien entendu, c'est à la fois un point d'arrivée mais aussi un point de départ comme vous l'avez entendu sur plusieurs points. Il y a encore plusieurs sujets qui d'ailleurs vont être précisés au mois de juin dans le dialogue social avec les organisations syndicales et puis d'autres sujets qui sont aussi relancés pour des mises en oeuvre en 2022.

35:36
Présentateur

Voilà, on l'a entendu et ça vous donnera l'occasion de revenir à Jean-Michel Blanquer au Télé Sonson. Merci pour votre invitation

35:41
Jean Michel

et salut à vos auditeurs.

35:43
Présentateur

Merci à tous encore pour vos très nombreuses questions.

35:45
Jean Michel

Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada