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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 30 janvier 2018 41 minComplaisantMixteSantéTravail & emploiLogementÉconomie & entreprises

LE JOURNAL DU 30 JANVIER 2018

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Bruno Lomè attribue la croissance à la confiance post-élection Macron. Est-ce crédible ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    La croissance à 1,9% suffit-elle à relancer l'emploi ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Les lois Macron favorisent-elles des emplois de mauvaise qualité ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi Trump radicalise-t-il la politique de réindustrialisation d'Obama ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les originalités du mouvement Potere al Popolo en Italie ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le nouveau régime climatique selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Chiffre
    « 15 millions de personnes touchées d'une façon ou d'une autre par la crise du logement. 4 millions mal logés ou privés de domicile. »
  • 6:00Chiffre
    « Près de 9 millions de personnes vivaient dans un logement surpeuplé en 2013. »
  • 8:00Chiffre
    « La croissance économique atteint 1,9 % en 2017. C'est son plus haut niveau depuis 6 ans. »
  • 10:00Dani LangFait
    « On a coutume de dire qu'à partir de 1,5 % de croissance, l'emploi repart. »
  • 11:00Dani LangFait
    « Les lois Macron poussent à ce que l'emploi reparte plus facilement mais vers des emplois de mauvaise qualité. »
  • 13:00Chiffre
    « En 1980, il fallait 25 emplois pour générer 1 million de dollars en production manufacturière aux États-Unis. Aujourd'hui, il en faut seulement cinq. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Nous sommes le 30 janvier 2018, le 20h s'est échappé de la télé. Vous regardez le journal du média. Bonsoir à tous.

Invité de ce journal, Danny Lang économiste atterré. Nous parlerons croissance, emploi et ruissellement. Théophile Quamo reviendra sur Donald Trump qui a promis le retour des années glorieuses de l'industrie américaine.

Un retour qui se fait un peu attendre. Oui oui, tout à fait. Marc de Bon viendra ensuite nous conter l'histoire d'un renouveau au sein de la gauche italienne.

Enfin comme chaque mardi, Noël ma mère recevra un invité ce soir. C'est le philosophe et anthropologue Bruno Latour, auteur notamment de où atterrir, comment s'orienter en politique. On voit ça tout à l'heure, mais d'abord c'est l'ctu. [Musique] C'était donc un féminicide.

Le mari d'Alexia Duval a avoué, on vient de l'apprendre, avoir étranglé son épouse. Le corps de la jogueuse, on s'en souvient, avait été retrouvé et calciné le 30 octobre dernier en haute zone. C'est une mobilisation nationale inédite, des débrayages et des rassemblements dans toute la France.

Les personnels des ÉPADES des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes sont en grève. Soutenu par une très large intersyndicale et par plusieurs associations de retraités, il réclame davantage de moyens afin de s'occuper dignement des aînés. Vous voyez en ce moment des images de la manive de Toulouse.

Imag tournée par une socio qui s'appelle Sarah et on le remercie. Entre les budgets qui stagnent et les emplois aidés qui ont été supprimés, les personnels se disent à bout. Le déblocage de 50 millions d'euros annoncé jeudi dernier par la ministre de la santé Agnèse Busin a été qualifié de broutille par les gréviste.

Je vous propose maintenant d'écouter le témoignage d'Anne-Sophie Peltier. Elle est porte-parole des grévistes des Opalines, un épade du Jura dont le personnel avait mené au printemps dernier une grève de 117 jours. Quand j'arrive dans une chambre le matin et puis que je me dis que j'ai pas le temps de faire une toilette et ben c'est que je vais encore pas faire mon travail correctement parce qu'on m'a demandé des cadences et parce qu'on m'a demandé un rythme, je vais forcément faire du travail qui ne sera pas accompli et ça je porte la culpabilité mais tout le temps, tout le temps, tout le temps.

C'est un métier si beau. Pourtant, c'est vraiment un métier que j'aime et c'est pour ça que j'ai choisi parce que le rapport avec nos anciens est quelque chose qui me tient à cœur et nos anciens sont de véritables histoires vivantes. Aujourd'hui, ils sont des dépossédés.

C'est là tout le problème. Quel sens on donne au soins aujourd'hui ? On lui donne juste la technicité réduite ou est-ce qu'on y apporte normalement cette part d'humain qui est indispensable à la relation avec nos personnes âgées ?

Elles inspirent à vivre paisiblement leur fin de vie. Et puis ben moi je des fois je suis obligée de de les tresser un peu parce que voilà, j'ai pas le temps aujourd'hui. Il faut vraiment que ça change, ça change parce que j'aime mon métier et parce que nos anciens ils ont ils ont droit d'être pris en charge dans la dignité et c'est une forme de maltraitance institutionnelle.

Et quand j'entends des soignants qui se dénoncent même d'être maltraitant et maltraitant pas par notre volonté mais bien par des directions qui nous demandent des cadences comme si on était à l'usine et ça c'est plus possible, c'est immoral et intolérable. Voilà des propos recueillis cet après-midi par Virginie Créci pendant la manifestation devant le ministère de la santé. 15 millions de personnes touchées d'une façon ou d'une autre par la crise du logement. 4 millions mal logés ou privés de domicile.

Ça se passe en France et ce sont les conclusions du dernier rapport annuel de la fondation Abéierre. Cette édition met l'accent sur une forme particulière de mal logement, le surpeuplement. Près de 9 millions de personnes vivaient dans un logement surpeuplé en 2013.

Ce sont des chiffres de l'INC. La fondation interpelle directement le gouvernement. Je cite "Les actes posés depuis 6 mois sont profondément inquiétants.

Coup aveugle dans les APL. fonction massive sur le secteur HLM, répression contre les personnes migrantes. Le tout évidemment sur fond de discours zéro personnes dans les rues.

Et sinon, sachez-le, le marché de l'immobilier lui va très très bien. La croissance économique atteint 1,9 % en 2017. C'est son plus haut niveau depuis 6 ans.

Un niveau qui reste quand même nettement inférieur à celui de la zone euro avec une hausse de 2,5 % de son produit intérieur brut. Il paraît que c'est duû jamais vu depuis 10 ans. C'est en tout cas ce que dit l'Office européen de statistique Eurostat.

Alors évidemment le ministre de l'économie, Bruno Lemer, est très très content mais il rappelle, je cite qu'il faut que cette croissance se profite à tous les Français et c'est peut-être ça le défi le plus important. En d'autres termes, il nous refait le bon vieux coup du ruissellement. On en reparle dans un instant avec notre invité.

Bonsoir Danilang Lang. Vous êtes économiste, membre des économistes atéré. Ça tombe bien, moi je suis une économiste athérante, vous allez pouvoir m'éclairer.

Bruno Lomè a très vite réagi en annonçant que ces 1,9 % étaient d notamment au retour de la confiance des ménages et des entrepreneurs après l'élection d'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est vrai ? Alors, c'est toujours très difficile à mesurer la confiance.

On peut toujours dire ce genre de chos et effectivement la conscient la confiance a toujours un impact sur la croissance. Ceci étant dit, d'attribuer ces 1,9 % juste la confiance liée à l'élection d'Emmanuel Macron, c'est allé peut-être un peu vite en besogne. Alors si c'est pas ça, c'est quoi ?

Alors c'est 1,9 % déjà vous l'avez dit tout à l'heure, c'est moins que la moyenne de la zone euro qui est à 2,5. Les Allemands sont au-dessus, les Espagnols sont au-dessus. Euh effectivement, on a on a une le retour d'une croissance mondiale, mais ça n'est certainement pas dû aux politiques économiques qui sont mené par ce gouvernement qui coupe dans les dépenses publiques, qui coupe dans les dépenses sociales et qui fait finalement moins bien que ses voisins européens.

Du coup, c'est c'est ça peut ça peut être lié à quoi cette cette croissance ? Qu'est-ce qu'on a fait ou qu'est-ce qu'on a pas fait qui qui permet aujourd'hui d'avoir un une croissance à 1,9 % On a une reprise mondiale, on a une reprise européenne, on bénéficie essentiellement du relâchement de l'austérité de nos voisins d'un certain nombre de nos voisins, le Portugal, d'autres pays et en particulier les pays hors de la zone euro. Donc et puis serait ce serait quand même un peu aller vite que de dire que Emmanuel Macron ayant été lu en mai, on a une croissance exceptionnelle euh pour toute l'année 2017.

On a coutume de dire qu'à partir de 1,5 % de croissance, l'emploi repart. Est-ce que c'est vrai ? Alors ça c'est ce qu'on appelle le fameux seuil de la loi d'OKun.

Il y a différentes évaluations. Euh ça dépend de la conjoncture. Euh l'OFCE nous dit aujourd'hui 1,2.

On peut dire 1,8. Ça dépend de la manière dont on l'estime. Après la vraie question c'est de quel type d'emploi on parle ?

Est-ce qu'il s'agit d'emploi de qualité ? Est-ce qu'il s'agit de CDI à temps plein ou est-ce qu'on a des CD de mauvaise qualité avec des personnes finalement qui vont avoir des emploi de mauvaise qualité à temps partiel contrat et cetera ? Alors justement toutes les lois Macron poussent à ce que l'emploi reparte plus facilement mais vers des emplois de mauvaise qualité.

Un peu comme en Allemagne où on a beaucoup de travailleurs pauvres et de de d'emplois précaires ou même en Grande-Bretagne dans un genre différent où on embauche et on débauche très facilement. On en est pas au stade de la Grande-Bretagne, mais c'est effectivement le le modèle qu'Emmanuel Macron a en tête. Euh pour l'Allemagne, on se plainte souvent de l'Allemagne, mais il faut quand même se rappeler que dans un certain nombre de secteurs, l'emploi est soutenu.

Euh on parle de la RTT euh beaucoup plus qu'en France, certains syndical imposer les 28 heures. Euh donc il y a des grves qui sont prévu on critique beaucoup les Allemands, mais je pense qu'il y a des choses dont on pourrait s'inspirer. Euh il y a un coût social à cette à cette remontée de de la de la croissance.

On parlait des emplois précaires. Est-ce qu'il peut y avoir autre chose ? Non, ce globalement le sauf pour l'écologie évidemment qui a une préoccupation majeure, le retour de la croissance peut être une bonne nouvelle si elle est équitablement répartie.

Or, justement, la politique économique du gouvernement ne me paraît absolument pas aller dans ce sens puisque il a pris un certain nombre de mesures euh pour que cette croissance bénéficie essentiellement au rentiers, au détenteur de capitaux euh et aux milliardaires. Donc le russellement ah non, le la théorie du russellement qui voudrait que quand les riches sont de plus en plus riches, tout le monde en profite, plus personne n'y croit. Même le FMI écrit dans des rapports très sérieux que le le russellement n'existe pas.

Enfin, si le ruissement fonctionnait, euh on pratique ça depuis le tournant libéral des années 80, euh ça ferait longtemps qu'on aurait une croissance exceptionnel. Pour conclure, euh dernière question, c'est une bonne nouvelle ou pas ? C'est 1,9 % de croissance.

Mais c'est c'est jamais une mauvaise nouvelle en soi d'avoir un peu plus de croissance. Le la question c'est comment est-ce que les fruits de la la croissance seront répartis et est-ce que c'est soutenable ? Est-ce que c'est soutenable avec les politiques économiques du gouvernement, les 50 milliards de baisses des dépenses publiques, les restrictions budgétaires à tous les niveaux, les couples dans les dépenses sociales, tout cela ne va pas dans le sens d'une soutenabilité de de cette croissance.

Et puis après, vu les orientations de politique générale du gouvernement, je doute que on prenne la bonne direction pour que ce soit soutenable et pour que ce soit équitable. En gros, ça dépendra ce qu'on en fera, quoi. Ça dépendra ce qu'on en fera.

Merci Dani Lang. Je vous en prie. Théophile, la semaine dernière, les autorités américaines faisaient trembler la planète Finance par des déclarations dont l'objectif apparent était de faire baisser la valeur de leur propre monnaie.

Pourquoi ? Dans quel intérêt ? À quoi ça sert ?

Bon, à la base, il faut savoir que c'est le cours des du marché. C'est le marché qui fixe le cours des grandes monnaes mondiales. Donc quand le secrétaire d'État américain au trésors, Steven Manoshin, laisse entendre à Davos que le fait de voir sa monnaie dévisser ne le dérange pas, il crée une mini panique sur les marchés.

Les traders vendent leur dollars, ce qui participe à le faire baisser. Mais ça signifie quoi pour les États-Unis ? que le prix des produits importés augmente tandis que celui des produits fabriqués localement demeure.

Du coup, l'hypothèse de manœuvre délibérée de manipulation du cours de dollar du dollar devient crédible. Pourquoi ? Parce qu'au fond, ce serait conforme à un des principaux aes stratégiques poursuivis par Washington depuis les années Obama.

Il s'agit de la réindustrialisation des États-Unis. Moi, il y a un truc que je comprends pas, c'est que euh Trump, son obsession, c'est de faire exactement le contraire d'OB. Pourquoi du coup il s'inscrit dans enfin pourquoi Trump s'inscrit finalement dans la continuité de ce que fait Obama ?

Ben le fait est que les États-Unis souffrent depuis 1995 d'une forte désindustrialisation. Une image valant 1000 mots, regardons ces graphiques, qui montre les l'évolution de l'emploi manufacturé d'un certain nombre de pays. Euh les États-Unis, la France, l'Angleterre, l'Allemagne et l'exception qui confirme la règle.

Mais en tout cas, il y a clairement un problème. Pendant ce temps, en Chine, les courbes sont ascendantes. L'accélération, la mondialisation est passé par là. pour augmenter leur marge.

Les grands groupes américains ont fait fabriquer des produits dans des pays à bas coup de main d'œuvre et les conséquences ont été fortes sur la balance commerciale et sur l'emploi dans leur pays. Aux États-Unis, dès l'époque Obama, il est question de renverser cette tendance, de relocaliser la production dans le pays. Le discours d'OB justement sur l'état de l'Union en 2012 monte de manière assez nette cette tendance.

On en écoute quelques extraits. Non, nous ne reviendrons pas à une économie affaiblie par l'externalisation. les créances et les profits financiers douteux.

Nous allons bâtir une économie durable, une économie fondée sur l'industrie américaine, l'énergie américaine, les compétences des travailleurs américains et le renouvellement des valeurs américaines. Ce plan commence avec l'industrie américaine. Mon message est simple.

Il est temps d'arrêter de récompenser les entreprises qui expédient des emplois à l'étranger et de commencer à récompenser les entreprises qui créent des emploi ici en Amérique. Envoyez-moi ces réformes fiscales et je les signerai tout de suite. Nous créerons une unité administrative chargée d'enquêter sur les pratiques commerciales déloyales de pays comme la Chine. travailleurs sont les plus productifs sur terre et avec de bonnes règles du jeu, l'Amérique gagnera toujours.

Sous Obama, le gouvernement fédéral a financé des initiatives de recherche pour développer des technologies comme l'industrie 3D, l'impression 3D présentée comme le moyen de faire advenir une nouvelle révolution industrielle made in America. Parce qu'il voulait une énergie bon marché produite sur place, Obama aussi encouragé le développement du pétrole et du gaz de schist et ce contre la la vie des ONG de défense de l'environnement. Finalement donc en refusant de signer l'accord de Paris sur le climat, en remettant en cause les traités de libre échange, en jouant au petit jeu de la guerre des monnaies, Donald Trump poursuit la politique de réindustrialisation d'Obama.

En réalité, il la radicalise pour des raisons électoralistes. Il a ciblé et réussi à conquérir les grands perdants de la mondialisation, la classe moyenne ouvrière blanche. Du coup, pour conserver sa base, Trump met en scène son protectionnisme.

La semaine dernière encore, il annonçait une surtaxe spéciale pour les lave-linges et les et panneaux solaires importés. Est-ce que ce nationalisme économique ça produit des résultats concrets ? Sur le papier, certains signes sont positifs, la croissance repart, elle semble s'installer, mais il faut ouvrir le capot.

Les importations de produits chinois et mexicains continuent d'augmenter. On est presque au plein emploi avec un chômage officiel à 4,1 % mais bizarrement les salaires stactent juste au-dessus de l'inflation. En réalité, le secteur industriel aux États-Unis est moins dynamique que ce qu'on appelle la guig économie.

Le secteur des petits boulots précaires, peu qualifiés et mal payé. manque de peau pour Trump. Ces emplois-là, ces emplois précaires-là touchent plus, ils irradent plus les fières démocrates que ces fièves à lui.

Bon, il est possible à un moment donné que sa politique produise des fruits malgré tout, mais l'industrie de demain produira moins d'emplois que l'industrie d'hier. C'est c'est ce qu'explique l'expert en innovation Marc Mura. Dans un article d'une revue spécialisée du MIT, nous avons retranscrit une partie de son analyse à l'oral.

En tout état de cause, le retour à plus de production ne rapportera pas beaucoup d'emploi car le travail est de plus en plus fait par des robots. L'intensité de main d'œuvre des industries américaines et en particulier en ce qui concerne les emplois les plus qualifiés et les mieux payés va forcément diminuer. En 1980, il fallait 25 emplois pour générer 1 million de dollars en production manufacturière aux États-Unis.

Aujourd'hui, il en faut seulement cinq. Les ateliers automatisés et hyper efficaces de l'industrie moderne ne donneront pas à Trump beaucoup de marge pour tenir sa promesse démesurée de ramener des millions d'emplois pour ses partisans. Alors, quand on suit ce raisonnement, on se rend compte qu'avec la robotisation et l'intelligence artificielle, les revenus de travail ne pourront plus être le moyen le plus efficace de redistribuer la richesse produite dans les pays développés.

Il faut des services publics, il faut des subventions, il demeure essentiel. Or, Trump, il a choisi de dynamiser l'économie par des mesures pro business, notamment de très fortes baisses d'impôts pour les grandes entreprises. Et pour financer ses cadeaux fiscaux, il devrait priver les pauvres d'environ 1700 milliards de dollars surdisant.

Parmi ces pauvres ou ces Américains appauvrit en voie d'apovrissement, il y a de nombreux électeurs du locataire de la Maison Blanche. Jusqu'ici sont chaud identitaire. Ben, il est fait patienter un peu mais ça ne va pas durer.

Ça ne peut pas durer. Alors, des cadeaux fiscaux riches, la théorie du ruissellement, des passions identitaire, moi j'ai un peu l'impression que Donald Trump c'est le fils naturel d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. En tout cas, on peut dire qu'il symbolise les deux impasses politiques qui sont furieusement à la mot de ces derniers temps.

Et encore, on n' pas tout vu. Merci Théophile. On continue avec l'actualité internationale.

En bref, deux hommes pour un fauteuil et une situation sensible au Kenya. L'opposant Raila Hondinga a prêté serment comme président du pays aujourd'hui dans un parc de Nairobi devant des milliers de militants. Problème, le pays a déjà un président, le chef de l'État sortant Urou Kenyata et ce dernier a prévenu que l'usurpation du titre pourrait être sévèrement réprimée.

On rappelle que les deux hommes s'étaient affrontés en août dernier dans un scrutin marqué par d'importantes fraudes. des fraudes reconnues par la Cour suprême qui avaiit annulé l'élection et ordonné un nouveau vote. Le nouveau scrutin a eu lieu le 25 octobre.

Mais Raila Odinga l'avait boycotté. Les conditions n'étaient selon lui pas réunies pour disperser les doutes sur la sincérité des résultats. Ambiance tendue donc dans cette puissance majeure d'Afrique de l'Est.

La preuve, les autorités ont interrompu la diffusion en direct de la cérémonie par les télévisions privées. H responsable de l'Union des médecins de Turquie arrêté aujourd'hui après des critiques implicites formulées par ce syndicat contre l'offensive turque en cours dans l'enclave kurde syrienne d'Afrine. Dans un communiqué, les médecins dont le président Rit Touquel avait simplement digne de l'offensive qu'elle posait un problème de santé publique.

Depuis le début de l'offensive, les autorités turques s'efforcent de museler toute critique. Plus de 300 personnes ont été arrêtées pour propagande terroriste sur les réseaux sociaux. Les Irlandais appelés à un référendum fin mai pour décider s'ils veulent libéraliser l'avortement.

L'Irlande imprégné d'une culture très catholique affiche une des législations les plus restrictives en Europe concernant l'IVG. L'avortement est interdit par le 8e amendement s'est inscrit dans la constitution du pays depuis 1983. Seul un référendum donc pourra changer la donne et accessoirement la vie des femmes.

Les pays membres de l'Union européenne se sont accordés hier sur la période de transition réclamée par le Royaume-Uni pour matérialiser le Brexit. et les conditions sont dures. La transition durera 21 mois.

Le Brexit démarrera officiellement dans un peu plus d'un an, le 30 mars 2019 et la période de transition s'achèvera le 31 décembre 2020. Entre les deux dates, les Britanniques continueront à payer leur cotisation à l'Union européenne. Les règles de l'Union, y compris celles qui pourraient être adoptées pendant la transition, continueront d'être appliquées.

Londres ne pourra pas conclure d'accord commercial avec des pays tiers. Et le Royaume-Uni n'aura plus ni ministre à la table du Conseil, ni députés au Parlement, ni commissaire européen. Marc, on parle de politique italienne.

L'italien, l'Italie pourrait nous étonner. Alors, bonsoir Aud. Effectivement, aujourd'hui, je voulais parler d'un événement politique majeur, les élections générales qui se tiendront bientôt en Italie.

Ces élections générales, c'est un peu comme nos élections législatives mais en plus important parce que les Italiens renouvellent leurs sénateurs et leurs députés au même moment et cette élection se tiendra à partir du 4 mars prochain. C'est d'autant plus important que c'est à l'issue de cette élection que le président du conseil sera désigné. Et puisque l'Italie est un régime parlementaire, le président du conseil c'est le personnage central du gouvernement.

Un mélange si vous voulez entre notre président de la République et son premier ministre. Pourquoi tu décides de nous en parler maintenant alors que c'est le 4 mars prochain les élections ? Alors parce qu'on connaît aujourd'hui la liste définitive de tous les partis qui vont s'inffronter dans l'élection.

Il y a une nouveauté à gauche dans le paysage politique italien. Alors pour comprendre, il faut savoir qu'en Italie, c'est le centre gauche et le centre droit qui gère alternativement le pouvoir depuis la seconde guerre mondiale. Et aujourd'hui, au sein de la gauche italienne, le paysage est dominé par le parti démocrate de Mattho Renzi, l'ancien président du conseil que l'on a souvent comparé à Emmanuel Macron.

Face à lui aujourd'hui, on ne trouve qu'un autre parti libre liberogi en italien qui a été créé récemment par des anciens du parti démocrate sur une ligne qui se veut plus progressiste. Et dans ce contexte, il y a un nouveau mouvement qui ne veut pas laisser le terrain libre à cette gauche aux accents libéraux. Je vous présente donc poteral popul.

En français, ça veut dire pouvoir au peuple. Donc il a recueilli en 15 jours deux fois plus de parrainage que nécessaire pour pouvoir se présenter. Il faut comprendre que pour un petit parti, c'est un exploit. surtout qu'il est tout nouveau, il s'est créé voilà il y a à peine 2 mois.

Il va pouvoir aujourd'hui donc présenter des candidats dans l'ensemble des pays. Mais laissons plutôt la porte-parole du mouvement Violakarov alors nous dire de quoi il s'agit. Nous existons depuis 2 mois à peine.

Nous sommes une force politique qui se distingue par deux éléments. Le premier c'est sa composition. Nous sommes formés d'une part de partis politiques mais aussi en grande partie de nouveaux venus qui n'ont jamais participé à des élections ce qui est mon cas.

Ces personnes sont issues de collectifs, de centres sociaux, de comités écologistes ou de syndicats. C'est notre première nouveauté. La seconde originalité, c'est notre parcours de construction qui a été totalement horizontal en se fondant sur des assemblée territorial.

Nous en avons organisé dans 150 villes d'Italie ces derniers mois et elles ont décidé de tout. Du programme au candidats jusqu'aux modalités de décision au sein du mouvement. alors ha ce mouvement poter et poltexte politique particulièrement instable marqué par des nombreuses causes de colère pour les électeurs italiens par exemple la crise économique qui n'en finit pas les inégalités qui se creusent notamment pour les jeunes et les précaires et tout ça c'est sans compter la gestion de la crise des réfugiés qui crée des situations très compliquées dans les villages du sud et les villes aussi qui ont très peu de moyens et surtout la déconstruction de l'état social devrait pourrait prendre un coup d'accélérateur avec ce qui est présenté comme une réforme du droit du travail mise en chantier par le président du conseil actuel Paolo Gentiloni membre du parti démocrate de Mattho Renzi.

Alors au sein de Poter et Alpopol, on a suivi évidemment avec attention la croissance de Podemos en Espagne mais surtout les campagnes des législative et de la présidentielle de la France insoumise et on va voir donc quelle leçon ils ont pu en tirer. Je crois que ce qui a été très significatif et dont nous pourrions nous inspirer en Italie, c'est la communication, c'est-à-dire la manière dont les valeurs de gauche ont été présenté aux électeurs comme des valeurs normales et pas comme des extravagances. Parce que pendant de nombreuses années, ces valeurs ont été renvoyées à la marge.

Alors maintenant reste un défi pour Potter et Alpolo, c'est incarner la colère populaire face au fameux mouvement 5 étoiles. Vous savez le M5S, c'est cette formation fondée par l'humoriste Bpé Grillo et qui surf sur le rejet des élites corrompu. Selon les sondages, la colère des Italiens est telle qu'il pourrait arriver en tête au scrutin de mars prochain.

Et pour viol caralo, il ne faudrait surtout pas confondre populaire et populiste. Elle va nous expliquer pourquoi. Alors effectivement ces dernières années, une part importante de la critique du système s'est trouvée captée par le mouvement 5 étoiles.

C'est une des raisons pour lesquelles en Italie pendant ces années de crise, on n'a pas vu se développer de mouvement d'opposition aux mesures de couple budgétaires et d'austérité. Le mouvement 5 étoiles est parvenu à canaliser les dissensions politiques. La grande différence entre eux et nous et qui me fait dire que nous ne sommes pas simplement populiste, c'est que nous sommes ouvertement de gauche.

Nous avons des idées claires non seulement au sujet de l'Europe, mais aussi sur la politique d'accueil des exilés et sur le racisme qui est un de nos principaux problèmes en Italie. Nous avons aussi une ligne très claire sur la réforme du marché du travail. Le mouvement 5 étoiles continue à s'appuyer sur la coopération entre les classes sociales et c'est un raisonnement qui n'est pas acceptable.

Seulement certains ont payer le prix de la crise en Italie, les pauvres. Et c'est à eux à qui il faut parler et avec lequel il faut s'appuyer pour refonder le combat politique. Alors en terme d'ambition, Potter et Alpo, Paolo a la modestie de son jeune âge.

Il vise pour le moment d'atteindre le seuil des 3 % qui lui permettront d'avoir des élus dans les chambres. Cela marquerait le retour d'une gauche vraiment de gauche au Parlement italien après des années d'absence. Verdict en tout cas dans les urnes le 4 mars prochain.

Merci Marc. En bref toujours tout arrive. Ryaner la compagnie aérienne irlandaise à Bakou a signé à un accord reconnaissant le syndicat de pilote Balpa comme instance représentative au Royaume-Uni.

C'est une première historique pour le groupe régulièrement en proie de fortes tensions sociales et où la culture syndicale n'était pas particulièrement bienvenue. C'est d'ailleurs le premier accord de ce type signé dans l'histoire de Ryaner. Des cobails animaux et humains dans l'industrie automobile allemande.

Le porte-parole de la chancelière Anguela Merkel a réclamé hier des explications aux différents constructeurs parmi lesquels Volkswagen et Belm W. En 2014, 10 singes auraient été enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Beatle. Le successeur de la célèbre coxinelle.

Volkswagen a réagi dès samedis et pris, je cite, ses distances avec toute forme de maltraitance d'animaux. Sauf que les journaux Stuttgarter Saitung et Zud Deutschung parlent depuis hier de test sur des êtres humains. On narrête décidément pas le progrès.

Et puis comme tous les mardis, vous retrouvez Noël ma mère et son invité. [Musique] Et aujourd'hui, Noël reçoit Bruno Latour, professeur à Science Po Paris, philosophe et sociologue. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'anthropologie du monde moderne.

L'ouvrage qu'il vient présenter aujourd'hui, où atterrir, comment s'orienter en politique, nous invite à repenser les chiquers politiques et à réorienter les clivages. Plus que ça, c'est toute l'épistémologie des sciences sociales, physiques et naturelles qu'il propose de refonder. [Musique] Bruno Latour, bonsoir.

Merci d'avoir répondu à notre invitation. Vous avez écrit de nombreux ouvrages sur la philosophie des sciences et sur l'anthropologie comme ça a été dit euh par Audre signeux il y a quelques instants. Parmi vos principaux ouvrages, on peut citer Fasaga et politique de la nature.

Le livre Où atterrir est un livre très politique. Vous commencez par le refus de Donald Trump d'appliquer les prescriptions de la COP 21, c'est-à-dire de se couper d'une certaine manière du monde et vous l'analysez comme le symbole de ce que des les classes dirigeantes depuis finalement les années 80 veulent se retirer du monde. Oui, moi j'aime j'aime assez Trump euh parce que Trump a clarifié quand même pas mal la la situation en se rejetant disons et c'est la se d'ailleurs la seule chose cohérente de la politique de Trump c'est le déni de la situation climatique.

Et donc ça ça m'intéresse parce que ça veut dire que quand il travaille euh quand il a une politique euh il montre que la question climatique, ce que j'appelle le nouveau régime climatique est central pour définir la politique. Et jusqu'ici personne, aucun chef d'état n'aurait osé sortir de la question. Lui, il a dit clairement ce qui se passe aux États-Unis, ça ça ne ce qui se passe aux États-Unis est différent de ce qui se passe ailleurs.

Nous, nous n'avons pas de crise écologique, on n pas de crise climatique. Le problème concerne disons les les autres pays. Donc il a mis la la géopolitique, il a donné un sens nouveau à la géopolitique.

Alors, définissez-nous ce qu'est ce que vous appelez le nouveau régime climatique qui était d'ailleurs déjà présent dans votre livre face à GA. Il y a il y a plusieurs composantes de ce nouveau régime climatique. Je pense en particulier aux inégalités extrêmes et à la dérégulation.

Oui, j'essaie de de évidemment j'ai aucune hypothèse, je n'ai pas de preuve de mon hypothèse, mais j'essaie de mettre en face l'accroissement des inégalités, disons dans les années qui commencent vraiment au niveau des années 80. Ensuite, évidemment massivement la dérégulation et à partir des années 2000 ans le l'extension foudroyante, y compris d'ailleurs en France et manifestement beaucoup plus encore aux États-Unis du dénique. Donc ça ça veut dire que ça toute la vision politique s'est réorganisée à partir des des années 80 et jusqu'à maintenant en disant finalement euh ce monde commun qu'on était supposé imaginer.

Alors, on a on sait bien que ça a toujours été un peu une imagination, mais personne n'avait dit jusqu'ici euh la question de partager le monde commun. Espè de de de renversement qui est quand même très intéressant et très grave. Disons, vous dites qu'une partie de l'Occident en fait a renoncé à cette idée du monde commun.

On a vu dans les Paradies papers que cette partie de l'Occident, je sais pas c'est même 1 % 2 1 % une toute petite fraction avait vraiment clairement décidé que ça serait même plus de faire semblant de dire on va moderniser la planète au niveau des Américains. Donc c'est c'est ça qui m'intéressait la fin d'une de la modernisation en quelque sorte le climatique et en même temps nous obliger à regarder différemment nos catégories politiques si je puis dire puisque pour vous droite et gauche ça veut plus dire grand-chose. Il faut se déterminer par rapport à la question que pose le climat aux sociétés aussi bien aux sociétés émergentes qu'aux sociétés industrielles.

Ça c'est un peu embarrassant de discuter ça avec vous parce que vous connaissez beaucoup mieux cette question que moi disant les philosophe l'écologie politique a désigné un troisème attracteur qui est pas du tout le le globe qui est pas du tout le globe vers lequel on allait quand on était disons dans l'horizon de la modernité et qui est pas non plus le retour à toutes ces ces territoires dont on parlait tout à l'heure au aux nouvelles, c'est-à-dire le retour à à l'état nation disons. Donc on a les gens sont désorientés comme je l'explique parce qu'ils sont pris on ne voudrait bien continuer disons à aller vers l'idéal du globe mais ce globe a disparu en quelque sorte et si on revient vers l'ancien État nation je sais pas on parlait tout à l'heure de la Pologne de l'Irlande de la France du Front National du Brexit de Trump et cetera, c'est des nations qui n'existent pas en fait c'est des illusions aussi. Donc les gens sont c'est un peu embêtant.

Ils sont pris entre parce qu'il voit bien que il y a pas d'avenir. En tout cas, il voit bien que ce cet avenir communiste plus. Donc il se rétracte, il se regarde, ils sont un peu embêté d'avoir été trahis, ils ont été abandonnés par les globalisateurs disons parce que quand on lit les paradis paper, on voit bien que c'est c'est pas pour les 9 milliards de gens, c'est c'est c'est pour très peu de gens.

Nombre ou donc déçu et trahi, ils se remènent dans une situation de retour disons à l'État nation qui est lui-même une illusion. Ils sont perdus. Pendant ce temps-là, il y a un troisème terme, ce que j'appelle le le le terrestre qui effectivement réoriente la politique, mais depuis longtemps, après tout, l'écologie politique a toujours désigné ce lieu, mais je suis navré de le dire devant vous, mais l'écologie politique n'a pas eu la même le même recours au aux luttes de masse, disons qui ont été caractéristiques de la question sociale.

Oui. Ce qui est très intéressant dans votre livre, deux choses. La première, c'est que vous liez comme d'autres ben le font maintenant la question écologique à la question sociale.

Vous dites même que ça ne pourra pas se faire si il n'y a pas une alliance avec ce qu'on appelait jusqu'à maintenant la classe ouvrière. Mais en même temps, cette classe ouvrière, elle a changé de sens. on le disait tout à l'heure à propos euh de la de l'analyse économique.

Donc la la difficulté maintenant, c'est de redéfinir ce que j'appelle les classes géosociales. C'est toujours une lutte de classe, mais c'est une des classes qu'il faut appeler géosociales à la fois et vous avez vous-même euh milédité pour ça il y a il y a bien longtemps. C'est-à-dire des classes qui sont où on ne puisse plus dire comme on continue à le dire, il faut choisir entre l'économie et l'écologie, le développement et et l'écologie parce que on parle du même territoire. jusqu'à Trump, il faut reconnaître que c'était pas clair, que c'est une question de territoire, que c'est une question de géopolitique, que c'est une question d'occupation du sol.

Et évidemment, les Français le savent mais pas par la crise écologique, ils le savent par la migration. C'est la crise migratoire qui traduit mais évidemment de façon tragique le fait que il y a des gens qui perdent leur sol, qui perdent leur appartenance au territoire et en un certain sens nous aussi nous les Français même les Français riches, le territoire sur lequel nous sommes et bien il est en train de de changer lui aussi parce que nous menons des politiques dites hors sol c'estàd qui où on est sorti de notre enveloppe en tout casopique. Oui.

La question de retrouver des enveloppes. Alors évidemment, le problème politique qui est compliqué, c'est que ces gens qui reviennent parce qu'ils ont été trahisés, qui se sentent perdus à la au territoire défini à l'ancienne, c'est c'est eux nos alliés potentiels. Mais le problème, c'est qu'on sait pas leur parler parce que on traite ces mouvements de populisme.

C'est intéressant d'avoir le cas d'ailleurs des Italiens tout à l'heure, mais le problème c'est que vouloir être protégé, vouloir être assuré d'une identité, vouloir garder son job, vouloir garder son métier, c'est pas réactionnaire. C'est c'est dans l'hypothèse d'avant, c'est-à-dire celle où on allait vers la modernisation utopique, disons que toutes ces attitudes d'attachement au sol, d'appartenance et d'identité nous apparaissaient réactionnaire. Donc la gauche est très démunie parce que brusquement elle sait pas comment parler et il faut reconnaître que les les intellectuels et les politistes disent "C'est un mouvement populiste qui est une façon de pas comprendre ce qui ce qui se passe." Alors justement, faisons euh il faut que les choses soient bien claires parce que quand vous parlez de d'atterrir, ce n'est pas le retour à la terre comme on aurait pu le dire à une certaine époque de notre histoire politique.

C'est le retour de la terre, c'est-à-dire une rupture avec l'idée qu'on se faisait d'un progrès continu. Et là maintenant, c'est une sorte de conception disait, on peut employer un mot un peu savant dialectique entre regarder le monde et et avoir les pieds sur terre. C'est que la modernisation en fait, on s'aperçoit maintenant, elle était très peu matérialiste.

Même les marxistes faisaient des analyses matérialistes d'un monde qui est finalement très peu matériel puisque il y a pas de terre qui correspond à cette à ce à ce mondeel. Si si on se développait euh au niveau des Américains sur toute la planète, de toute façon, il y a pas il y a pas de planète qui correspond. Donc brusquement et c'est ça la désorientation, c'est que si vous êtes matérialiste, si vous êtes pour l'économie libérale et cetera, aussi bien que si vous êtes de gauche ou d'extrême gauche, le problème est commun.

Il y a pas de terre qui correspond à ça. C'est ça l'utopie. Ça c'est pas être réaliste en fait.

Non, justement et B comment tout le monde se dit "Ah oui, mais alors à ce moment-là, donc il y a là, il y a plusieurs positions. La position du 1 %, du 1 % c'est de dire bon ben on se tire et il y a des gens qui se tirent effectivement dans des dans des espèces de gated community. L'autre solution c'est de dire je reviens à l'État nation classique et même ethnique disons.

Puis la troisième solution qui est celle évidemment la plus intéressante, c'est de d'atterrir. C'est mais le problème c'est qu'on atterrit où ? Et là, il y a une immense incertitude parce qu'on sait pas où c'est cetage.

Alors, pour terminer notre entretien, c'est la conclusion d'ailleurs de votre livre. Vous euh voyez comme une des solutions euh l'Europe. L'Europe qui aujourd'hui vous vous dites que cette Europe, elle peut nous donner une chance puisqu'elle n'est plus protégé par les Américains euh qu'elle a encore finalement euh des terres au sens euh matériel du terme et et quelle peut-être une manière pour nous de disons de réparer les dégâts ?

Ben, elle a plein de défauts, mais elle a l'avantage de pas être une nation et en même temps d'être l'intersection d'une multitude de d'intérêts et de pays de paysages aussi de villes totalement différentes. Il il y a quelque chose qui se joue en Europe que on comprend très mal quand on parle de l'Europe simplement comme Bruxelles et le machin disons institutionnel, mais c'est aussi un territoire et c'est un territoire où les questions de société, les questions d'État, providence, les questions d'industrie d'innovation et les questions de d'agriculture ont pas été complètement saccagé. Même si la raison pour laquelle c'est pas saccagé, c'est parce qu'on en a saccagé chez les autres.

C'est le problème post-colonial évidemment qui revient. Et de nouveau la question de l'immigration et la question du racisme devient devient central. Donc il y a il se passe quelque chose en Europe que je trouve que la gauche a très mal ressenti.

Disons l'Europe c'est c'est l'équivalent, je j'ose à peine le dire, de de ce qui a été le sentiment de la patrie, disons. Il y a une patrie européenne en quelque sorte ou une matrie, je sais pas comment une fraterrie, je sais pas quel est le nom exact. Et c'est cette présence là qu'il faut chérir et et protéger parce que c'est c'est le le seul espace disons qui échappe du point de vue écologique aussi qui est à la bonne taille.

C'est la bonne taille en même temps c'est pas l'État nation. Donc je trouve que la question européenne doit redevenir centrale pour la définition de la gauche. Merci Bruno Latour d'avoir répondu à nos questions.

La semaine, je rappelle donc le titre de votre ouvrage où atterrir, comment s'orienter en politique et la semaine prochaine, nous recevrons une grande figure de la défense des droits de l'homme dans notre pays. Il s'appelle Gustave Mia. D'ailleurs dans le milieu, on l'appelle Gus Mia.

Il a été l'initiateur du tribunal permanent des peuples qui s'est réuni il y a quelques semaines de cela pour analyser la politique visant les exilés plutôt que les migrants. Employons cette expression aujourd'hui des exilés et vous verrez que le la sanction du tribunal ou en tout cas le verdict du tribunal est dur pour la France et dure pour l'Europe. Merci Noël.

à mardi prochain à mardi prochain. Demain, c'est mercredi, jour des enfants et du cinéma, sorti en salle du film Zéophito 100 % bio. Un documentaire qui raconte comment il est possible dans certaines villes et quand on le veut vraiment de proposer une alimentation 100 % sans pesticides et 100 % bio.

On regarde la bandeannonce. La première introduction du bio en restauration collective à Monsartour monte à 1999. C'était le bœuf, donc c'était à l'époque de la vache folle.

Et au moment où toutes les cantines scolaires ont arrêté de servir du bœuf pendant un ou de mois suite à ce scandale, nous on a décidé de passer en bio et on a maintenu le bio parce que je pense que ceux qui ont remis le bœuf au bout de 3 mois, il y avait plus pas beaucoup de différence avec ce qui se passait avant. Personnellement, j'ai pu subir des pressions de de lobbing phy qui n'était pas forcément satisfait qu'on parle autant de Versailles et que Versailles arrive à budget constant à passer à zéro pesticides. Le fait qu'on soit à budget constant, ça était une vraie problématique puisque eux défendaient que le désherbage chimique était pas cher, ce qui reste toujours vrai.

Mais moi je leur répondais qu'on travaillait à l'échelle de la ville sur l'ensemble de la gestion des espaces verts et que les économies que je faisais en arrêtant l'usage des produits phytosanitaires, je les rebasculais sur de de du travail en entreprise d'insertion. C'est pas il faudrait que on pourrait prendre telle méthodologie, c'est telle commune pour le faire a fait comme si comme ça. Ça s'est bien passé, ça a pas forcément coûté plus cher, parfois même moins cher.

Il y a un vrai envie, plaisir, fierté de l'avoir fait qui est véhiculé à travers les rencontres et les témoignages que l'on organise. Voilà, on vous engage vivement à aller voir ce film et nous recevrons un des initiateurs de ce projet jeudi soir. Avant de nous quitter ces images du MATM Gandhi assassiné il y a tout juste 70 ans le 30 janvier 1948 par un militant fasciste hindou qui s'était vengé en tuant le père de l'indépendance de l'Inde.

Gandy, vous le savez, c'est cette figure d'autorité sereine, héros de la non violence et de la lutte anticoloniale. Bien sûr, celui qui était un jeune avocat de l'Empire britannique dans l'Afrique du Sud ségrégationniste notamment ou pendant la deuxème guerre mondiale, a eu aussi sa part d'ombre. Il reste néanmoins une personnalité que le média voulait saluer, surtout au moment où en Inde, les nationalistes sont, comme dans pas mal d'autres pays dans le monde maintenant parvenu au pouvoir.

C'est la fin du journal, votre journal. Euh restez avec nous dans peu de temps, le média diffuse l'intégralité de l'entretien d'au de Lancelin avec Philippe Vionduri sur le projet politique de la Silicone Valet. C'est dans ce sera dans quelques minutes.

Merci aux sociaux qui nous permettent d'exister et de proposer ce 20h en libre accès. Bonne soirée, à demain. [Musique] [Musique]