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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 26 mai 2025 10 min

Éric Coquerel est l'invité de la matinale de Franceinfo, canal 27

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour Éric Coerrel. Bonjour. Euh l'examen de la proposition de loi visant à lever les contraintes pour les agriculteurs débutent aujourd'hui à l'Assemblée nationale.

Alors vous bataillez contre la réautorisation de certains pesticides ou des facilitations pour créer des retenus de stockage d'eau. Euh c'est les les fameuses mégabassines. Les partisans de ce texte et surtout les agriculteurs estiment que ces mesures sont nécessaires pour simplifier en quelque sorte le quotidien des agriculteurs. leur dites quoi ces agriculteurs qui sont aujourd'hui dans les rues une partie des agriculteurs, surtout un syndicat en l'occurrence, vous savez, il y a un an, il y a eu un grand mouvement d'agriculteur euh et la le mot d'ordre central, c'était on a le droit de vivre notre travail pour les revenus puis d'autres ont essayé de le dévier un peu en disant le problème c'est les normes, on nous empêche d'utiliser le pesticid et là c'est ce que avec cette loi du pont tel qu'elle est en tout cas tel qu'elle vient du Sénat, c'est cette vision là qui est en train de gagner.

Euh écoutez, ça serait un un retour en arrière finalement une victoire de l'agrobiness qu'on réintroduise ou du moins qu'on permette de prolonger l'utilisation de produits qui est pas seulement mauvais pour les abeilles, qui est pas seulement mauvais pour les humains mais en premier lieu pour les agriculteurs qui en meurent souvent. Donc voilà, on s'y oppose et tout à l'heure on même si sur les pesticides, il s'agirait d'une dérogation qui pourrait être levée par l'Agence nationale de sécurité alimentaire. Vous voyez bien le problème c'est queon commence on avait tout un mouvement de de de limitation et puis de de d'extinction l'utilisation des pesticides et là finalement on revient en arrière et quand on revient en arrière en général la boîte de pandore est ouverte.

Donc moi je je crains beaucoup. Je pense que c'est une ça serait une victoire de l'agrobiness encore une fois et puis on voit bien que il faut aller vers une nouvelle forme d'agriculture qui en plus permet aux agriculteurs de mieux en vivre qu'aujourd'hui. Et c'est pas du tout ce que prévoit ce texte.

J'alerte juste sur une chose, c'est que l'idée des partisans de ce serait ce texte, ça serait paradoxalement de le rejeter tout à l'heure en entrée l'assemblée. Il y a une motion de rejet pour après qu'il y a une commission sénat où la version était pire qu'on ne puisse pas en discuter. Euh donc on va avoir un paradoxe, c'est que ceux qui sont pour débattre de ce texte pour essayer euh de de l'atténuer par rapport à la version du Sénaterront contre la motion de Roger.

Et il y a une autre mobilisation en ce moment qui est celle des taxis. Eux protestent contre une baisse de leurs tarifs hein sur les transferts euh de de malades. Euh François Baot estime que enfin censé revoir sa copie euh mais le nombre de transferts de malades, il a explosé hein.

C'est c'est et et le budget avec Oui, c'est normal puisque tout a été fait pour qu'il explose puisque je vous rappelle qu'on a favorisé l'ambulatoire, on a fermé les hôpitaux de proximité. Donc les temps de parcours s'allongent et on s'étonne que ça coûte plus cher. Voilà.

Donc c'est un peu paradoxal tout ça. Non, les chauffeurs taxi, je les soutiens pleinement pour trois raisons. D'abord parce que c'est assez paradoxal de sans arrêt dire que le travail rapporte pas assez et puis de pénaliser une profession premièrement.

Deuxièmement parce que en réalité ils sont peu responsables des justement des hausses dont vous parliez. C'est surtout le système de santé qui a évolué et puis aussi l'inflation. Et troisièmement parce que ils se retrouvent dans une situation où ils sont concurrencés par le dérèglement, la dérégulation. de leur métier notamment avec les plateformes.

Je parle pas des chauffeurs VTC, c'est pas eux les responsables, c'est les plateformes qui sont favorisées. Tout ça les inquiète et ils ont raison de demander la suspension de cette convention, non pas de retravailler comme le dit monsieur Berérou un peu pour enlificoter les choses. Il faut que monsieur Berérou suspende cette convention qui je rappelle n'a pas été votée.

Elle aurait pas été majoritaire à l'assemblée et puis qu'à partir de là, on remette les choses à place. C'est ce qu'ils veulent. Il y a pas un mauvais signal qui est envoyé à à au moment où on doit trouver milliards de d'économies sur le budget à la rentrée et là de faire marche arrière sur encore une fois des des dépenses.

Euh mais c'est la même ch, vous savez, la sécurité sociale euh a le même problème finalement que les dépenses de l'État. C'est-à-dire que la question c'est pas qu' plus de dépenses et qu' a moins de recettes. Et notamment le paradoxe c'est qu'on veut favoriser par le travail ubérisé qui ne cotise pas, qui ne fait pas rentrer de cotisation qui donc pénalise justement les les recettes de la sécurité sociale.

Donc tout ça montre bien que on prend pas le la chose par le bon bout. La chose par le bon bout c'est de permettre notamment à des professions comme chur taxi qui qui cotisent qui payent leurs impôts et cetera de continuer justement à pouvoir et bien bénéficier des revenus qui sont les leurs qui sont normaux. Ils font un bon travail dans notamment dans les campagnes où il y a pas assez d'ambulances.

Donc ne ne prenons pas arrêtons d'attaquer ceux qui travaillent pour en réalité cautionner le fait qu'il y a des recettes en moins parce qu'on a trop exonérer euh euh les cotisations, parce qu'on a trop de charge indu sur le le système de santé et parce que on favorise des des une forme d'exploitation euh des des personnes qui justement met à mal le système de de protection sociale. Demain, c'est le premier scrutin pour désigner le premier secrétaire du Parti socialiste, hein. Je rappelle trois textes d'orientation, celui d'Olivier Fort, le sortant, de Boris Vallot et de Nicolas Mayer Rossignol.

Nicolas Mayer Rossignol qui est le maire de Rouin et qui semble quand même être le challenger d'Olivier Fortnoumis. Est-ce que son élection ce serait pas une forme de clarification au sein de la gauche ? Écoutez, j'ai pas envie de me mêler de de de leur vote.

Ce que j'observe, c'est que plus aucun même fort Olivier Fort préconise l'unité avec les insoumis. Donc c'est un retour en arrière. Bon, c'est clair que chez monsieur, on est on est sur le retour aux années Hollande en gros.

C'estàdire l'idée que il faut réinstaller un Parti socialiste égonque à gauche qui lui-même va installer une ligne d'accommodement qui nous a amené monsieur Hollande et monsieur Hollande nous a amené monsieur Macron plus madame euh madame Hidalgo 1,70 %. Bon voilà, je je moi ce que j'appelle plutôt à ce que tous ceux qui se sentent à gauche favorisent ce qui a donné les 22 % de Jean-Luc Mélenchon qui a failli nous amener au 2è tour qui a donné le NFP, c'est-à-dire un programme de rupture. Ceux qui ne sont pas d'accord avec ça sont évidemment c'est évidemment un problème quoi.

Karim Boamram, le maire de Saint-Toin, a eu des mots un peu forts à votre rencontre hein et c'est un supporter, un soutien de Nicolas Mailler Rossignol. Ça veut dire quoi ? Ça illustre.

Vous pouvez plus vous supporter et moi non mais excusez-moi mais il y a quelqu'un qui dans ce dans cette situation est un agresseur et pas l'autre quoi. Donc c'est pas qu'on peut plus supporter. Moi j'ai pas de problème personnel avec Caram et un peu fort disons-le c'est qu'il a dit qu'il allait euh me me vous défoncer voilà euh faut pas soi-disant qu'il fallait pas les emberberder au municipal et qu'ils allaient me défoncer au dans ma circonscription.

Excusez-moi mais c'est le genre de terme je suis un peu étonné. Euh, ça aurait été un insoumis qui aurait sorti ça. Alors là, je vous dis pas, ça aurait fait la une de l'actualité.

Bon, moi je trouve ça regrettable d'avoir une telle violence euh une telle gravité, mais ça montre qu'on n'est pas très serein quand on fait ça. Et peut-être qu'il est pas serein parce que euh dans ma circonscription euh notamment par Saint-Toin, euh les insoumis aux européennes ont fait je crois 45 % pendant des élections et moi je passe au premier tour à 65 70 %. Peut-être que c'est ça qui explique mais mais vous savez au-delà au-delà de Karim Wamran, au-delà de cette forme, ça illustre surtout le danger d'un PS qui redeviendrait hégémonique sur les lignes d'accommodement.

Voilà, faut faut se souvenir un peu de ce qui était la situation de la gauche quand si je vous entends, vous êtes pas prêt de suivre ce que souhaite François Ruffin, c'est-à-dire une grande primaire de la gauche de Poutou à François Holland. Monsieur Buxman a répondu et là pour le coup, je donne pas raison. C'est-à-dire que c'est si vous voulez les élections c'est un programme.

Donc imaginons, on fait une primaire. Monsieur Hollande gagne, monsieur Glxpag gagne. Alors monsieur Ruffin a dit qu'il était d'accord à cà faire campagne pour eux.

Bah moi, je suis pas d'accord de faire campagne pour une gauche d'accommodonement qui perpétue le système et qui en plus va se planter parce que c'est pas ça qui nous donne des bons résultats. Donc ça me paraît normal qu'au premier tour et bien euh euh on est euh on ait les deux propositions, celles qui finalement perpétue le macronisme parce que c'est pas très différent et puis celle qui instaure un vrai programme de gauche et qui nous a donné des bons résultats. Même si du coup peut-être personne ne se retrouvera au second tour.

Mais moi je ne crois pas à ça. Non, je vous fais remarquer que la dernière élection présidentielle, malheureusement, il y avait d'autres candidats, y compris par contre dans le camp de la rupture. Ça, on aurait pu l'éviter, je pense, à monsieur Roussell parce que sinon, on aurait été au deuxème tour et que ça nous a pas empêché d'être tout près de l'être.

Bon, par contre, après se pose la question de qui pour présenter cette ce camp de de la gauche en fait, hein, parce que parlons clair, c'est un c'est c'est le programme de gauche que nous incarn. Vous allez me dire Jean-Luc Mélenchon, vous bah en tout cas, je vais vous dire une chose pour l'instant, il me semble que c'est normal, ça a toujours été comme ça dans dans le passé, que ça soit la force la plus importante, un candidat issu de la force la plus importante. Au moins, je parle je prends ça en préalable.

Il me reste vraiment une minute, c'est dommage. Juste un mot sur ce rapport sur les les frères musulmans qui met en garde he contre le développement d'un islamisme à à bas pruit à bas bruit. Euh Jean-Luc Mélenchon dénonce l'islamophobie qui franchit un seuil et fuchit ce qu'il ce qu'il appelle des thèses délirantes de Retaillot et de Marine Le Pen.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que euh il y a pas de risque pour la République. On on fait des erreurs, on fait des amalgames.

Dit qu'il y a aucun risque de l'installation de l'État islamique, ni de la charia ni tyiste terroriste. Donc c'est il s'intéresse à une vision. Donc il y a pas d'entrisme islamisme.

Il y a les frères musulmans 139 lieux de culte lieux de culte. 7 % des lieu de culte. Un mouvement plutôt descendant, c'est ce que dit le rapport.

Et en plus pour le repérer, on nous propose de dire bah c'est les musulmans qui font le jeûne pendant le Ramadan ou qui portent le voile. Vous conviendrait que ça ressemble un peu au signe distinctif de la religion. Donc c'est pour ça que donc vous le balayez d'un rapport de de je dis attention 72 % d'actes islamophobes en plus au premier trimestre 2025 par rapport 2024 la mort d'Abouakar Sissé.

Donc attention à tout ce qui je n'ai pas dit le contraire. Je pense même que c'est les l'islamophobie, l'antisémitisme sont les deux syndromes gémeaux de ceux qui euh veulent nous donner le le la clé de guerre de religion des conflits actuels, ce qui n'est pas moquin. Merci beaucoup Éric Okrel.

Bonne journée.

Éric Coquerel est l'invité de la matinale de Franceinfo, canal 27 — Éric Coquerel · Pourquijevote