Audiovisuel Public : Audition des anciens dirigeants de France Télévisions - 2/04/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames et messieurs qui nous suivent à travers les les écrans, je me réjouis de vous retrouver pour cette première audition de la journée qui va nous permettre d'entendre plusieurs grandes figures de l'audiovisuel public, notamment deux anciens présidents de France Télévision et deux de ces anciens directeurs généraux. Je remercie le rapporteur, les membres du bureau de cette commission d'avoir accepté que nous puissions vous auditionner, mais je trouvais que dans le cadre d'une commission d'enquête qui porte sur l'audiovisel public, il était intéressant de vous entendre, vous qui avez dirigé, présidé aux destinées de France Télévision pour nous donner, je l'espère, un peu de hauteur de vue sur nos sujets et sans doute quelques propositions utiles qui permettront d'éclairer nos travaux. Je vais donc vous présenter rapidement d'abord vous madame Michel Cot.
Vous êtes une journaliste politique reconnu, un visage bien connu des Français depuis de nombreuses années qui peut se targuer d'avoir notamment au cours de votre carrière coarbitrer deux débats d'élection présidentielles entre François Mitteran et Valérie Giscardestan en 81 puis le débat présidentiel en 1988. Soyez la bienvenue à l'Assemblée nationale. J'espère que vous avez eu moins de difficultés à y entrer euh que la première fois vous êtes venu ici au palais Bourbon lorsqu'un huissier vous a interdit d'entrer alors que vous étiez accompagné d'une autre jeune journaliste nommée Catherine Net en raison, je cite de vos tenues d'alors d'après ce que vous nous avez raconté.
Il a alors fallu que vous fassiez appel à la présidence et que Jacques Chaband Mas vienne lui-même en personne pour vous faire entrer les temps sans changer. En tout cas, bienvenue dans cette commission d'enquête. Et dans ce palais Bourbon, vous êtes passé par l'Express, le Point, par Radio France et par France Télévision, tant journaliste que comme dirigeante.
Vous êtes journaliste, vous avez été aussi contrôleur, on peut dire des médias, en tout cas régulatrices comme Osian président de la haute Autorité de la communication audiovisuelle entre 1982 et 1986. Vous avez une expérience qui à n'en pas douter nous éclairera ce matin. Monsieur Patrick de Carolise, vous êtes aujourd'hui connu comme maire horizon de la ville d'Arl, ville dans laquelle vous avez été récemment réélu mais c'est en tant qu'ancien président de France Télévision que nous vous recevons aujourd'hui et également comme ancien présentateur, vous êtes diplômé de l'École supérieure de journalistes de Paris.
Vous avez commencé votre carrière de journaliste à France 3 avant d'entrer à TF1. Vous êtes passé par la 5, vous êtes vous avez été directeur de l'information d'M6, vous avez présenté zone interdite. En 1997, vous revenez sur le service public en devenant directeur des documentaires et magazines.
Vous travaillez bien sûr sur France 3, chaîne à laquelle que vous créez chaîne pardon au sein de laquelle vous créez un autre magazine bien connu des Racines et des ailes. Vous devenez président de France Télévision en 2005 et occupez ce poste de 2005 à 2010. Monsieur Marc Tessier après des débuts professionnels comme inspecteur des finances, vous arrivez au sein d'Avas en 1982.
Après avoir participé au lancement de Canal Plus, vous dirigez le CNC avant d'être président de France Télévision en mai 1999 où vous restez jusqu'en 2005, Patrick de Carolise, vous succédant. Vous ne quittez pas les sujets audiovisuels pour autant puisque vous entrez chez Netgem en 2006 qui était un fournisseur de service dans le domaine de la TNT. avant de passer notamment chez IDF1, le secteur de l'audiovisuel vous donnant également l'opportunité de rendre plusieurs rapports notamment sur la TNT qui vous sont commandés par les pouvoirs publics.
Monsieur Patrice Damel, bienvenue dans cette commission d'enquête. Vous êtes journaliste de profession, entrer à l'ORTF, vous passez ensuite à TF1 en 1974, vous dirigez le service politique. Après être passé à la radio RMC, vous devenez directeur général de Radio France en 1994 avant de repasser à la télévision comme directeur général de France 3.
Pendant le mandat de Patrick de Carolise, vous devenez directeur général de France Télévision, chargé des antennes et de la diversification des programmes. Aujourd'hui, vous corréalisez notamment des documentaires politiques avec Michel Cota notamment. Vous êtes également un auteur prolifique.
Votre dernier livre, La photo sur la célèbre photo du 15 octobre 1942 une poignée de main entre François Mitterran et le maréchal Pétin. Je vous remercie vivement d'être ici tous les quat ce matin puisque comme je l'ai dit, nous allons essayer de prendre de la hauteur et du recul sur France Télévision où vous avez tous les quatre occupés des fonctions éminentes. Avant de vous poser quelques questions liminaires et de céder la parole au rapporteur, je vais vous demander de nous déclarer tout autre intérêt public ou privé de nature à influencer vos déclarations.
Et je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées par une commission d'enquête de prêter serment, de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Je vais donc vous demander chacune et chacun à tour de rôle de lever la main droite et de dire je le jure. Merci monsieur Tessier.
Merci. Merci monsieur Carlis. Monsieur Damel.
Merci. Que vous c'est maintenant juste dire que je suis membre du comité d'éthique du groupe M6 RTL. Merci.
Est-ce qu'il y a d'autres déclarations d'intérêt d'activité en lien l'audiovisuel ? Non. Très bien.
Et je vous laisse la parole pour un proposiminaire de 5 minutes chacun. Je sais pas si vous voulez commencer par Cota. Alors ouais.
Voilà. Alors bien sûr, d'abord c'est difficile de commencer ou plus directement de finir parce que euh depuis des semaines euh je crois que vous avez entendu beaucoup de choses et que malheureusement je crains de de répéter un certain nombre de choses qui ont été dites. En gros, ce que je voulais dire, c'est que je crois au service public.
Je crois qu'il faut à la France un service public. Et un service public, ça veut dire un service pour tous les publics et un service pour tous les genres de télévision. Donc de ce point de vue-là, je trouvais que la formation et que je trouve toujours d'ailleurs que la formation du service public en une, deux ou trois chaînes est quelque chose de nécessaire.
Je pense je sais que j'ai été accusé à un certain moment de euh de vouloir euh rechercher la clientèle de TFA, mais je pense quand même que il faut euh une chaîne qui soit en concurrence avec une chaîne comme TF1, c'est-à-dire qui est assez qui réunissent assez de public qui touche sa cible avec une différence majeure. qui est que je crois que euh la cible, les cibles qui sont définies par la publicité sont euh forcément correspondent à un ciblage particulier, c'est-à-dire que le service c'estàd que les chaînes payantes ou les chaînes comme TF1, les chaînes privées ont besoin d'une publicité, que cette publicité s'adresse aux ménagères de plus de 50 ans, on le sait, qu'elle est dans plus qu'elle est nos demeurant de plus en plus ciblé au fur et à mesure et que euh le service public ne doit pas s'adresser uniquement au ménagère de plus de 50 ans. Donc ça posera ça posera sûrement des problèmes mais ça peut-être qu'on on y reviendra en cas de d'éventuell privatisation.
Et quand je dis tous les gens, je crois aussi tous les gens doivent être doivent passer sur la même chaîne, une chaîne comme France 2 en tout cas qui est si j'ose dire ce que Hervé Bourge appelait le navire amiral. Euh l'info bien sûr, les magazines, les documentaires. Je vous rappelle qu'il n'y a plus de documentaires ou pratiquement pas pratiquement plus sur TF1.
Euh alors, fiction plus ou moins patrimoniale, on en reparlera aussi. euh variété, jeux, culture. Euh tout cela euh a doit cohabiter sur le service public. tous les genres de télévision correspondant à tous les publics.
Alors, un mot sur la culture. Alors, je je lisais dans le questionnaire qui m'a été qui m'a été envoyé que j'avais dit un jour on peut pas obliger à écouter les gens avec un écouter la culture avec unashnikov. Paraphrasant ainsi un mot de Michel Charas, vous rappelez qu'il avait dit à un moment donné qu'on pouvait pas faire monter des gens dans un train à coup de de Kalashnikov.
Euh donc par enfant cette phrase, oui, je pense en effet que il y a une grosse place pour la culture à dans le service public et euh je prends une référence qu'on a dû vous donner 14 fois euh même plus que ça euh qui est le fameux bouillon de culture euh de Bernard euh Pivot. Je me rappelle très bien quand même, c'était l'émission la plus célébrée à l'époque et elle l' toujours et je trouve que c'est toujours une émission formidable quand j'ai quand je la revois. moyen dans quoi elle faisait effectivement une audience assez basse et une audience qui assez rapidement aurait terrifié une chaîne comme TF1.
Mais en revanche, je trouve que il est important que les chaînes trouvent leur public, c'est-à-dire que il y ait place pour un public qui a envie de se cultiver, qui a envie de regarder du théâtre, qui a envie parce que tout ça au fond qui a envie de lire des livres et je remarque avec plaisir que une émission de livres continue en ce moment sur les chaînes de service public. Donc l'essentiel pour une émission culturelle est de trouver son public. Si elle trouve pas son public, ça c'est qu'elle ne correspond pas à ce qu'on en attend.
Mais elle peut trouver un public même si c'est un public minoritaire et surtout si c'est un public minitaire. Voilà ce que je voulais dire en disant qu'on n'obligeait pas des gens à regarder de l'opéra s'ils n'aimaient pas ça. Moi, j'adore ça donc je peux regarder ça à 8h du matin.
Euh mais bon alors euh euh alors je je moi j'aime bien la notion de compétition avec entre public privé. Ça a des avantages et des inconvénients. Les inconvénients sûrement c'est que ça a fait monter les salaires du service public.
Je pense que la compétition TF1 France 2 a eu des effets qui étaient pas forcément volontaire. Et si j'ajoute à ça que euh je trouve que les chaînes trou en ce moment ont déjà les chaînes prises ont déjà un gros problème de publicité puisque la publicité à la fois passe sur tous les tous les supports y compris au supports comme YouTube où on demande pas de faire de on demande pas de faire de la création de faire de la production. Ils ont quand même de la publicité.
Donc cette publicité pose déjà à l'heure actuelle et on le sait des problèmes au privés. Je euh ne souhaiterais pas ajouter une concurrence à ça. Par conséquent, c'est un service public euh qui n'a pas de publicité.
Ça veut dire un service public cher. En effet, de notre temps, il était moins cher que la BBC et que la chaîne et que la chaîne allemande. Mais voilà, ceci, la situation a complètement changé depuis.
Nous avons commencé Marc et moi, il y avait quelques chaînes, il y en a maintenant des centaines. C'est une différence, une différence appréciable et qui a des conséquences sur moi. Voilà.
Merci beaucoup pour ce premier propos et puis on aura la parole au cours des questions. Je vais laisser la parole peut-être à monsieur Tessier. Oui, merci.
Bah écoutez, à titre à titre préliminaire, moi je voulais surtout insister sur le fait que j'ai eu la chance d'avoir à intervenir dans pratiquement toutes les tous les domaines de la de la télévision et en particulier bien entendu France Télévision puisque j'ai commencé et je suis rentré dans ce secteur par Canal Plus. J'ai occupé les fonctions de directeur général adjoint de Canal Plus et et donc je payante ensuite donc j'ai pu avoir le privilège de jouer de l'un à l'autre. J'ai été aussi euh comment dirais-je membre du du Conseil national du numérique.
Donc j'ai plongé à ce moment-là dans ce dans un secteur qui était sensiblement différent de celui que que l'on connaissait avant et que l'on connaîtra par la suite. Et puis enfin, dernier dernier dernier élément donc France Télévision et le passage notamment de la TNT qui est un élément de l'époque où j'étais président président de de France Télévision et et cette TNT a a proliféré puisque depuis depuis depuis qu'elle a été mise sur les rails, elle le nombre de chaînes a explosé et c'était l'objectif qu'on suivait. Voilà, je ferai pas de de d'autres commentaires.
Je pense que les questions et notamment celles qui nous sont suggérées répondront à vos préoccupation. Merci beaucoup. Je vais laisser parler à monsieur Duamel puis on terminera par vous monsieur Carolise.
Monsieur président, juste quelques mots rapides comme marque euh sur les leçons que je peux tirer de plus de 25 ans dans le service public. pas dans la continuité hein. Il y a eu 60 euh 69 81 puis euh 93 95 96 99 et 2005, c'est pas 25 ans dans la continuité.
Il y a des allers-retours avec notamment la presse écrite. Euh deux trois leçons. La première, c'est que j'ai toujours en tête quand on est dans ces circonstances là, un formidable slogan qui remonte à des décennies pour Radio France et qui était et pour France interre plus précisément qui était écouter la différence et je pense que l'audiovisuel public ça doit être écouter la différence pour la radio et regarder la différence pour la télévision publique.
La différence c'est il y a il y a une autre définition que j'aime bien qui est d'un de mes amis qui est un grand universitaire spécialiste des médias qui a été membre du CSA Francis Bal et qui a dit il y a plusieurs reprises il a théorisé alors c'est un petit peu plus sophistiqué que regarder la différence c'est l'audiovisuel public et notamment la télévision publique doit faire différemment ce que le privé fait aussi l'information le sport la fiction le divers divertissement et doit faire ce que le privé ne fait pas. Les grands documentaires Michel il faisait référence, les grands spectacle vivants, nous en avons fait beaucoup avec Patrick pendant les les 5 ans à France Télévision, l'opéra, le théâtre en première partie de soirée, une une dizaine de de première partie de soirée par an. La différence c'est ça. différence dans la fiction, c'est par exemple ce que Patrick avait présenté quand il a été élu, c'est-à-dire une une collection de de d'adaptation des comptes et nouvelles de mots passants avec une satisfaction que j'ai eu une année après où j'ai croisé patron d'un de de d'édition de poche qui m'a dit dans les mois qui ont suivi les la vente des éditions de poche des de toutes les œuvres de mot passant a augmenté de 60 %.
C'est ça la différence et c'est ça la télévision publique. Et puis les les grands documentaires, nous avons créé par exemple une collection qui existe je crois toujours, qui s'appelle Apocalypse euh qui était absolument extraordinaire, qui a été vendu dans le monde entier et le première soirée pour un documentaire qui a dépassé les 6 millions de téléspectateurs. C'est ça aussi la différence et c'est ça aussi le service public. très vite, la deuxième leçon, c'est que l'audiovisuel public doit pouvoir non pas bénéficier mais s'appuyer sur un financement pérenne et durable.
Ça veut pas dire qu'il faut pas faire d'effort quand le pays a des difficultés budgétaires bien entendu. Mais je pense en regardant, je connais pas dans le détail les comptes actuels, mais je je pense que le yoyo ou les coûts d'accordéon budgétaires, c'est extraordinairement difficile à gérer quand on est à la tête deun entreprise de l'audiovisuel public. La troisème leçon, c'est un souvenir que j'ai avec Patrick où un soir nous avions des difficultés avec non pas la tutelle parce que ce mot est absolument insupportable, mais avec l'actionnaire, c'est-à-dire l'État, on avait compté le nombre de le nombre d'actionnaires et on était arrivé à H la télévision publique et la radio publique.
Ils ont huit actionnaires. l'Élysée, Matilon, le ministère de la culture, le ministère des affaires étrangères, le ministère des départements et territoire d'outremè la direction du budget, l'Agence des participations de l'État et la DGMIC, la direction générale des médias et des industries culturelles. Quand vous avez huit actionnaires qui sont pas toujours d'accord et c'est un euphémisme euh entre eux, c'est extraordinairement difficile de tenir un cap.
Voilà les trois leçons que j'ai tiré de cette expérience. Merci beaucoup et qui sont effectivement utile qui nous donne à réfléchir. Monsieur de Carolis, vous qui avez été président de France Télévision.
Bonjour monsieur le président, monsieur rapporteur, messieurs. Bah, je crois que ils ont planté le décor, mes collègues ont planté le décor. Euh, je reviendrai pas sur ce qui a dit et sur la la volonté que nous avons eu à à nos époques différentes et à nos responsabilités respectives.
Moi, j'ai toujours essayé en tout cas parce que j'ai travaillé j'ai travaillé à la fois dans le privé et et sur le service public d'avoir une le souci le souci du citoyen quand on travaille dans le service public. Dans public, il y a peuple et dans peuple, il y a pays. Et quand vous avez l'honneur de diriger euh un groupe, une chaîne de télévision de service public, un groupe de service public, vous devez avoir ce souci du citoyen.
Ce que le général De Gaul avait résumé en disant la culture, ce c'est c'est ce qui permet à un peuple de devenir plus grand que lui-même. Et bien le service public, c'est ce qui permet justement à nos concitoyens de devenir plus grands qu'eux-même. Et lorsque j'ai eu moi-même à à à à créer des émissions, à imaginer des émissions, j'ai toujours essayé de faire en sorte de de rendre intelligible l'intelligence, essayer de de de de de rendre accessible ce qui pouvait paraître complexe.
Et le service public, c'est deux jambes. la jambe information, c'est-à-dire il y a un travail journalistique important et puis il y a le programme et pour moi, le programme c'est justement ce flow de de de d'émission, de documentaires, de programmes qui doivent irriguer irriguer notre notre territoire. Et c'est le maire qui parle à ce moment-là.
Quand vous êtes maire d'une ville, d'une petite ou d'une grande commune, vous observez le le la scène audiovisuelle et vous espérez que beaucoup de de de programmes touchent vos concitoyens, touchent vos administrés euh et faire en sorte que l'effervescence créative parisienne qui est importante puisse irriguer votre territoire. Vous savez la comédie française, elle est à Paris. Et ben quand vous, comme le disait Patrice Duamel, vous retransmettez des pièces de théâtre de la Comédie française, vous irriguez le le territoire et vous rendez accessible quelque chose qui est à Paris.
Quand vous avez un programme de l'Opéra Bastille, par exemple, un opéra, l'Opéra Bastille, et ben il y a pas d'opéra partout en France. Et lorsque vous mettez à 20h30, comme nous le faisions avec Patrice Duamel, un opéra euh en première partie de soirée, même si les audiences n'étaient pas aussi fortes qu'un film ou qu'une série ou qu'un autre programme, je me souviens du de la retransmission en direct des corrigid d'Orange, je crois, du trouver euh avec Alania, nous avions eu ce soir-là 1800000 téléspectateurs. Alors sur la grille, c'est pas beaucoup par rapport aux autres, mais c'est énorme. 1800000 téléspectateurs, c'est tenez-vous bien, 2 ans 2 ans de programmation quotidienne de l'Opéra Bastille.
Donc en une soirée, vous vous gagnez 2 ans de programmation d'Opéra Basti. C'est ça le service public. Pour moi, c'est ce qui iradie.
C'est ce qui permet à à à un pays d'avoir une souveraineté culturelle. La souveraineté culturelle passe par le service public et l'influence culturelle passe par le service public également. Voilà ce qui moi m'a animé pendant toute cette carrière.
Voilà, essayer de en tout cas de d'élever et d'éclairer nos nos concitoyens comme le disait le général de Golf pour essayer de les rendre plus grands que même. Merci beaucoup. Je vous propose peut-être de rentrer directement dans vif du sujet.
J'aurais une question puis je laisserai la parole au rapporteur. L'une des missions du service public audiovisuel et notamment de France Télévision. vous l'avez dit, c'est d'informer les Français et et de le faire dans un cadre qui est celui de la loi 86 qui qui exige le pluralisme, l'honnêteté de l'information, son impartialité euh et ce pluralisme interne euh conduit notamment au respect strict des temps de paroles qui parfois peut compliquer la la gestion euh la gestion euh et la tâche qui était la vôtre comme dirigeant de de France Télévision. et peut-être vous demander comment dans les fonctions qui étaient les vôtres euh vous avez veillé à cet équilibre, à ce pluralisme de l'information, à cette impartialité euh de l'information.
Est-ce que pour vous les règles doivent doivent évoluer ? Sont-elles adaptées à la réalité du paysage informationnel aujourd'hui où euh les réseaux sociaux deviennent aussi des lieux où on s'informe n'ayant pas les mêmes règles que le service public audiovisuel et que les médias en général ? Et et peut-être une dernière question sur le sujet, mais tout ça est lié.
Delphin Ern euh qui a succédé au moins deux d'entre vous ici a jeté, je vais le dire comme ça, un pavé dans la mar il y a quelques semaines en indiquant que la multiplicité de ces règles, la complexité de les mettre en œuvre nécessitait peut-être une évolution de la loi pour assumer des médias d'opinion, s'inspirer finalement de ce qui existe dans la presse écrite où le pluralisme interne n'est pas obligatoire avec des lignes éditoriales très marquées dans les dans les journaux et dans la presse écrite. Est-ce qu'il faut renoncer à ce pluralisme interne au sein de l'audiovisuel ? Je parle pas seulement de l'audiovisuel public, mais ce qu'il faut assumer que certains médias privés puissent devenir des médias d'opinion qui n'ont pas à respecter les règles de pluralisme interne ?
Finalement deux questions en une. D'un côté, respect des règles de pluraliste, d'impartialité, donnité de l'information dans l'audiel public et peut-être l'évolution euh au sein de ce secteur audiovisuel vers des médias d'opinion ou pas. Je serais heureux de vous entendre là-dessus.
Je sais pas qui va commencer. Je bien commencer sur les temps de parole ici même, j'avais évoqué, ça avait été un petit peu agité après les règles notamment pour le les campagnes présidentielles, on va y arriver dans quelques mois et j'avais dit à la fois que sous l'autorité de Patrick, nous avions pendant 5 ans absolument respecté à la seconde près ou à la minute près les équilibres de temps d'antenne, mais que comme journaliste ou éditorialiste politique et comme le disent beaucoup de journalistes politiques, les règles notamment et je l'ai redit devant l'arrcom il y a quelques semaine je crois que c'est pas faisable malheureusement dans un dans un c'est c'est quelque chose qu'on peut faire au lendemain d'une élection mais quand on est un an d'une élection c'est très difficile mais je trouve que l'obligation donnée aux médias de respecter à la seconde près ou disons à la minute près l'égalité de tous les candidats là dans les 15 derniers jours avant le premier tour pose un problème journalistique. Alors, on me répond que c'est pas très démocratique mais moi je ce que ce que les Français s'intéressent aux campagnes et notamment à la campagne présidentielle, ce qu'on appelle à partir de la période de cristallisation quand c'est au mois d'avril, ça démarre en février mars, mais les 15 derniers jours, ils sont vraiment passionnés par la campagne.
On le voit dans toutes les audiences, des journaux télévisés, les émissions politiques et cetera. Et bien compte tenu de cette règle, ils sont privés de ce qu'ils souhaitent voir et ce que souhaitent voir les Français en le mesure quand il y a des débats de cette nature en dehors de cette période. C'est par exemple un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
C'est un débat à l'intérieur des camps que quand il y a des primaires à droite, à gauche ou au centre et qu'on voit tous les candidats, il y a des il y a des audiences qui ont surpris tout le monde. 4 millions 5 millions de téléspectateurs. Et ça c'est des choses qui ne peuvent pas se faire dans les 15 jours qui précèdent le premier tour au moment où les Français se passionnent pour l'élection.
Et moi je trouve que c'est pas normal. Bon maintenant je l'ai dit et ça ne changera rien avant la prochaine présidentielle parce que je crois qu'il faudrait à la limite peut-être même changer la constitution. Ma-ton répété ça sur la constitution je suis pas convaincu.
La loi sûrement voilà ce que je voulais dire sur sur le sur les médias d'opinion. Vous pensez qu'il faut alléger les les règles qui pèsent sur le secteur privé par exemple ? parce qu'il faut que certaines chaînes privées comme c'est news comme BFM voit leurs règles évoluer où vous êtes attaché sur les sur les temps d'antenne non sur le pluralisme interne.
C'est qu'aujourd'hui vous savez bien qu'ils doivent respecter le pluralisme interne. C'estàdire la pluralité des donner la parole à une pluralité de courant d'opinion de courant politique. Euh certains, Delphin l'a indiqué a proposé qu'on évolue, qu'on fasse évoluer les règles pour aller vers des médias d'opinion.
C'est-à-dire des comme la presse écrite, c'està-dire où il y a pas de de règles sur le pluralisme intern. Je vais laisser mes amis s'exprimer, mais je suis pas un militant fanatique de faire des lois à chaque fois pour changer les choses qui sont des lois d'opportunité et cetera. En revanche, il faut que toutes les chaînes respectent la le pluralisme.
Effectivement, il peut y avoir des chaînes d'opinion mais qui doivent respecter le pluralisme. Allez-y. Alors, attendez, monsieur.
Allez-y mam côar. Tant qu'il y a différentes façons de de le faire. Alors, je je reprends ce que dit Patrice.
Euh moi, je me suis beaucoup occupé de ça, du temps de la haute autorité. Nous avions comme euh la loi nous obligé à respecter l'équilibre de l'information, c'était un peu vague et euh euh et euh euh la variété des programmes et le pluralisme des programmes. Alors, c'était tout à fait facile effectivement dans une période préélectorale, mais autrement on se retit évidemment à de la part des journalistes et d'ailleurs nous n'avions pas nous n'étions pas un ordre des journalistes.
On n'ét pas l'ordre des journalistes comme l'ordre des médecins. Nous étions obligés évidemment de reprendre de temps en temps par injonction de leur imposer, de rectifier euh un papier ou de donner un droit de réponse. Nous le faisions forcément.
Mais euh c'est vrai qu'on s'était dit à un moment donné la règle des 3/3, vous savez 1/3 gouvernement, 1/3 opposition, 1/3 majorité et l'égalité des temps de parole, tout ça c'est très arithmétique. Alors oui, on peut se dire c'est pas suffisant et et c'est même idiot se limiter à mais comme dirait Churchild, c'est comme la démocratie, il y a rien de mieux. Voilà, il y a rien d'autre.
Donc on est bien obligé à certains moments effectivement de comptabiliser les temps d'antennes quant à au public privé. Moi je suis contre je suis effectivement pour un équilibre des programmes des des informations à l'intérieur aussi des privés simplement pour ne pas faire des télévisions communautaires. Voilà, j'ai très peur télévision communautaire.
Le service public, c'est le service de la communauté française. Euh si on transforme les privés en chaînes communautaires, ça me paraît un danger un danger euh vraiment euh important pour la France. Merci beaucoup.
Vous vouliez réagir monsieur Dier ? Puis on va très simplement par rapport Non seulement je je suis non seulement je suis euh je suis d'accord avec ce que viennent de dire et en particulier Michel Cot les personnes ici autour de cette table. Je voudrais je voudrais vraiment indiquer que sur cette comment dirais-je cette priorité absolue du du fixé au au euh au aux chaînes euh généralistes comme au comme aux chaînes euh comme au aux chaînes locales, je dis je dis simplement que on a on a un foisonnement et successif de de règles qu'on on pense pouvoir tout améliorer en change en en en en proposant un nouveau un un nouveau projet de loi applicable.
Je pense qu'il faut être plus modéré et et reconnaître que le le ce qui ce que ce qu'on fait les chaînes les chaînes de télévision publique comme privé d'ailleurs mais publique en priorité euh été a été quand même très positive pendant toute cette période. Merci beaucoup et je laisse monsieur de Carolis conclure même si la loi date quand même de 1986, on peut pas dire que sur le sujet on a changé beaucoup les règles alors que le paysage audiovisuel aujourd'hui est quand même bien différent de celui de 1986. Monsieur Carolise, je sais pas si vous vouliez compléter.
Sinon, je donne la parole au rapporteur. Alors, monsieur le rapporteur, monsieur Carolise, rapide votre micro. Alors qu pardon euh pas de pas de phrase supplémentaire mais euh je ne pense pas que la répartition à égalité des temps de parole euh fasse nous fasse dire que on est on est exemplaire.
Euh je pense que il y a des lignes éditoriales qui se développent et c'est la ligne éditoriale qui va donner le ton plus que le chronomètre. Euh moi, j'ai participé en tant que maire dernièrement dans une élection où j'étais face à quatre personnes qui qui m'attaquaient et nous avions exactement le même temps d'antenne à peu près. Je vais vous donner un exemple.
On avait 2 minutes chacun chaque fois que nous prenions la parole. simplement, j'avais en face de moi quatre personnes qui accumulaient les 2 minutes pour m'attaquer et je n'avais que 2 minutes pour répondre aux quatre autres personnes. Donc je pense que le chronomètre n'est pas forcément la la la le bon système.
En revanche, bien travailler, bien faire son métier de journaliste, faire en sorte qu'il y ait des faits, pas que des faits, mais des faits avec un discernement. Le travail journalistique, qu'est-ce que c'est ? C'est de prendre un fait et de le mettre en perspective, de lui donner du discernement.
Euh et après vous avez le commentaire et c'est dans le commentaire que vous donnez une ligne éditoriale. Je peux me permettre de prendre un exemple ? Je donne la parole au rapporteur.
Oui. Bon euh en 95, j'étais journaliste, j'étais directeur de l'information d'M6. En 95, il y avait un ennemi numé un ennemi public numéro 1 qui s'appelait monsieur Kelcal.
Il était recherché par toutes les polices de France. Et ce quelqu'un là un jour, il est repéré à côté de Lyon et un certain nombre de journalistes se précipitent pour assister à son arrestation et ce quelqu'un les tué sous l'œil des journalistes et sous les caméras des journalistes. Enfin sous les caméras partielles des journalistes parce que les caméras filment mais pour se protéger de la fusillade s'abrite derrière derrière des voitures.
Et donc la caméra continue et on entend des sons et à un moment donné, on entend fin-le, fini-le mais on n pas l'image. Et donc ces images nous reviennent et ces documents nous reviennent à la rédaction nationale et on doit faire un montage. Et je réunis à ce moment-là ma rédaction et je dis voilà quelqu'al est mort, il a été tué.
Nous avons l'image de sa mort. Nous n'avons pas l'image des derniers instants, mais nous avons un son qui dit finis-le, finis-le. Si nous passons ce son, ça veut dire que l'homme a été tué sans sommation.
Or, tous les témoins oculaires de la scène disent qu'il y a eu des sommations. Qu'est-ce que nous faisons ? Et la rédaction à l'unanimité dit, on ne passe pas le finis-le, finis-le.
Et nous avons l'impression pendant 2 jours d'avoir fait correctement notre travail. Le lundi, la presse se déchaîne en disant "Ils ont omis de dire finis-le, finis-le, ils ont caché l'information, ils ont trahi la réalité." Et bien non, on avait pas trahi la réalité.
Si on avait dit et diffusé ce son, fini-le, finis-le, on induisait une réalité qui n'était pas vraie. Et donc nous avons pris la responsabilité de ne pas le faire. L'information c'est un miroir brisé.
Chaque élément du miroir ne peut pas à lui seul refléter l'intégralité de la vérité. C'est ça qui est important. Et donc quand vous avez un fait que vous êtes journaliste, il faut toujours avoir le discernement de ce fait.
Et que vous soyez sur le public, sur une chaîne publique ou que vous soyez sur une chaîne privée, vous êtes d'abord journaliste. Et après, vous avez le commentaire et c'est le commentaire qui va donner la ligne éditoriale et c'est le commentaire qui va donner la ligne éditoriale de C News ou de LFI ou d'une autre d'une autre chaîne. Et c'est cela la différence, ce n'est pas le chronomètre.
Merci beaucoup monsieur des Carolis. Monsieur le rapporteur, la parole est à vous. Merci monsieur le président.
Merci madame, merci messieurs pour votre participation ce matin. Vous êtes quatre, vous avez tous à divers titres dirigé tout tout partie de l'audiovisuel public. Vous avez tous signé des contrats, nommer des directeurs, négocier avec l'État, gérer des budgets.
Et vous êtes tous là aujourd'hui à un moment d'une commission d'enquête où la Cour des comptes parle à propos de France Télévision de situation insoutenable où le déficit cumulé depuis 2017 par cette entreprise dépasse 80 millions d'euros et où un rapport qui devait sortir rapport de la Cour des comptes avant la reconduction de madame Airnote pour un 3è mandat a probablement dû être enfin a probablement été retardé. J'aimerais commencer donc si vous le voulez bien parce que vous avez pu voir de l'intérieur de l'audiovisuel public pour mieux le comparer à la situation d'aujourd'hui. Ma première question s'adressera à vous monsieur Tessier, la direction de France Télévision lorsqu'on les a entendu ces dirigeants, mais régulièrement en cause les dotations de l'État, l'absence de pilotage de l'État pour expliquer notamment la situation financière critique de France Télévision.
Alors, je le rappelle, entre l'année d'arrivée de madame Airnut 2015 et le dernier budget vérifié par la Cour des comptes, il y a pourtant eu une augmentation de 136 millions d'euros de dotation publique. Mais bon, en tout cas, c'est l'argument principal défendu par la direction de France Lévion pour expliquer la situation budgétaire critique. et j'ai retrouvé un article, un entretien, monsieur Tessier, c'était le 1er février 2004, c'était dans les écho.
Et à l'époque, vous alertiez sur les perspectives de financement du groupe en expliquant, je vous cite, la croissance des ressources diminue régulièrement et vous appeliez à ce moment-là en conséquence à une nécessaire réforme. Bon, pardon si le proposiminaire est un peu long, mais ma question et s'adressera à vous quatre, mais en commençant par vous, monsieur Tessier, quels étaient les enjeux budgétaires que vous pouviez avoir à l'époque où vous étiez en responsabilité et est-ce que au fond cette critique des baisses de dotation de l'État n'ont pas été toujours des critiques assumées et affirmées par les dirigeants de l'audiovisuel public ? Je suis pas sûr de vous de vous avoir de vous comprendre parfaitement.
Moi moi je je peux dire simplement qu'entre le moment où j'ai pris les reennes de du groupe France Télévision et la et et la période où je les ai rendu suite à à au à des à des comment dirais-je suite à des des excusez-moi, j'ai quelques problèm des changements de enfin jusqu'à votre départ, on va dire comme ça. Et euh le le l'opinion générale était que la gestion financière de du groupe français des visions s'était s'était amélioré par rapport à la période antérieure et que par conséquent il y avait pas lieu de d'en faire un un j'allais dire un sujet important. Monsieur de Carolis, peut-être vous vouliez compléter sur la gestion.
Non, nous avons euh nous avons tous bataillé euh le moment venu pour avoir, c'est vrai, un un un meilleur budget pour euh soit pour nos rédactions, soit pour nos programmes, soit pour nos rédactions parce que vous avez du matériel à à renouveler, vous avez des carts de production à à renouveler en région et notamment pour le service public. Nous avions à l'époque, je crois 7/4 de production. Il fallait en renouveler un tous les 2 ans.
Enfin, tout ça, ce sont des investissement lourd. Et puis après, en fonction de l'ambition que vous avez pour votre programme et bien vous espérez que l'actionnaire, l'État vous suive. Donc, on s'est toujours bataillé.
Moi, pendant ma période, j'ai eu un événement crucial qui a changé mon modèle économique. Je pense qu'il y aura des questions là-dessus. Euh donc voilà, vous vous vous arrivez à un moment donné où vous avez à peu près, je me tourne vers Patrice, on avait à peu près 800 millions de de recettes publicitaires par an sur un budget qui était à l'époque de 3 milliards.
Vous voyez, il était pas de 26 ou de 28, il était de de de 3 à l'époque. et on avait on avait une capacité d'autofinancement de de de 800 millions de de d'euros de publicité. Et quand on vous dit du jour au lendemain, il y a plus de publicité, bah vous voyez fondre à un moment donné un pan de votre de votre apport financier.
Et donc pour vos programmes, c'est un c'est un problème. Donc moi, je pense que je pense que le le on a toujours on a toujours regardé le service public à l'envers et nous devons répondre, vous devez répondre, l'État doit répondre. à une seule question.
À quoi sert le service public ? Si on arrive à répondre à cette question, on arrivera à mettre en face les vrais moyens, les bons moyens, le bon périmètre du service public. Et je crois qu'il sert à quelque chose.
J'ai toujours lutté pour ça. Mais nous devons définir aujourd'hui ce à quoi il sert pour pouvoir mettre les bons moyens en face. Ça c'est une on ne doit pas en permanence réformer le service public pour réformer le service public.
On doit le réformer parce qu'il a un projet et on met d'abord le projet sur le papier et ensuite on lui donne les moyens et les moyens qui correspondent à ce projet. Donc on aura beau ce ce se ce tordre le cerveau en disant est-ce qu'il y a trop d'argent, pas assez d'argent et cetera. Définissons la mission du service public et après vous verrez les moyens viendront en face.
Merci monsieur Carolis, monsieur le rapporteur. Merci monsieur le président. Ah oui, vous pouvez tout à fait si vous le souhaitez.
Vas-y. Je juste vu du côté de de la mission que Patrick m'avait confié, c'est-à-dire les les tous les contenus, programme, information et cetera, euh ce qui était très important, c'est que euh enfin c'était notre notre conception et et le projet que Patrick a présenté devant le CSA, ce qu'on a appelé le virage éditorial, c'est la sanctuarisation de des budgets de l'information et les œuvres et je pense que ça correspond à cette idée de service public que Patrick a défendu et que nous avons ensuite mise en œuvre. Les œuvres, je répète, donc c'est la fiction, le documentaire, le spectacle vivant et l'animation.
Faut, je pense impérativement, c'est forcé, c'est pas toujours possible. Ça dépend les circonstances et je ne peux pas du tout juger les budgets 2025, 26 ou les projets 2027. Je ne connais pas les chiffres dans leur précision, mais c'est très important de sanctuariser ces deux piliers qui font la spécificité et la différence de l'audiovisuel public.
Et juste un mot sur ce que Patrick vient d'évoquer, peut-être que il y aura d'autres questions après, sur ce qu'on a appris ensemble en direct à la télévision sans avoir été informé avant, c'est-à-dire la suppression de la publicité. C'était un grand moment, je dois dire, hein. On était dans le dans le bureau de Patrick, on était trois ou quatre et ça nous est tombé dessus comme ça.
Boum, il y a plus de publicité. Donc, il y a pas eu de travail préparatoire, mais le rapporteur viendra sur la publicité de de enfin je ne pense pas. Donc, on a pas eu d'information, il y a pas eu d'information préalable en tout cas.
Mais c'est devenu quelque chose de très important parce que euh dans la dans le projet et dans les missions et dans l'ambition du service public, à partir du moment où je vous avez je crois à France Télévision autour de 350 millions d'euros de recettes publicitaire, ça doit être quelque chose comme ça. Donc avant 20h, ça veut dire que avant 20h, il faut quand même des émissions qui draînent un public qui correspondent aux cibles commerciales, les ménagers de moins de 50 ans notamment euh parce que il faut que ces ces recettes publicitaires correspondent à la réalité budgétaire. En revanche, après 20h et c'est pour ça c'est une des choses qui nous a fait encore accélérer le mouvement et on avait même démarré à ce moment-là les programme à 20h35.
On l'avait on l'avait fait mettre dans le cahier dans le cahier des charges. Proposeir après rapporteur des questions sur la publicité. Juste un mot, ça veut dire qu'il faut que le le service public après 20h quand il y a plus de recette publicitaire et peut-être qu'on viendra à l'audience parce que c'est quelque chose très important pour nous enfin la la conception que nous avions de des priorités et que l'audience n'en était pas forcément une dans le service public.
Pas forcément. Et bien ça veut dire qu'après 20h il y a plus de publicité et que le service public peut prendre des risques, peut oser comme disait notre ami regretter Jean-Pierre El Cabache. Ça c'est absolument essentiel dans la spécificité je crois du service public.
Merci beaucoup dans l'occasion d'y revenir plus précisément monsieur le rapporteur. Je vous laisse continuer. Merci monsieur le président.
Madame Clota, vous avez été donc directrice générale de France 2 entre 1999 et et 2002. Monsieur Tessier, vous avez succédé à la présidence de France Télévision en 2000. Vous aviez succédé donc à l'époque avec Xavier Gouyou Bechant qui avait lui-même succédé en 1996 au démissionnaire Jean-Pierre El Cabache.
Et la démission de Jean-Pierre Elcab était dû, vous en rappeler, à l'affaire des animateurs producteurs. On en a beaucoup parlé dans le cadre de cette commisse. On en a notamment parlé hier dans le cadre de l'audition de de Nagi.
C'était un scandale qui avait à l'époque interpellé et ému beaucoup de Français qui faisait suite notamment à un rapport parlementaire. le rapport du parlementaire Alain Grilloterry qui pointait notamment trois animateurs producteurs à l'époque Jean-Luc de la rue, Arthur et NI qui percevaient à eux trois plus d'un quart du budget total des programmes de France Télévision avec des marges excessives et des faits de favoritisme pour lesquels notamment NIG avec sa société a été condamné à l'époque. Alors, à la mort de Jean-Luc de la rue, le journal Le Monde en date du 24 août 2012 écrira même, je le cite, avec Nagi et Arthur, Jean-Luc de la Rue devient alors le symbole de cette débauche d'argent public finançant des sociétés de production privées.
Fin de la citation. Comment cette affaire a impacté la gestion de votre groupe, vos gestions respectives ? Est-ce que vous avez tiré des leçons ?
Et la question s'adresse à vous quatre au fond, mais quelles ont été les leçons tirées pour éviter ces dérives d'argent public et pour éviter en fait des marges excessives d'animateur producteurs devenus devenus des stars de l'audis public qui trlait toutes les toutes les places. Allez, écoutez, je je réponds je répondrai très simplement. Euh euh ça a été une des des premières décisions euh de ma de ma présidence qui a été de faire cesser cette pratique qui avait et qui a effectivement coûté son poste euh à mon prédécesseur et j'espère j'espère qu'on peut aujourd'hui avec le recul mesurer le la les progrès qui ont été effectués dans la gestion quotidienne de du groupe France Télévision.
Et alors je peut-être que vous pourriez n décrire quand vous arrivez. Qu'est-ce que vous voyez ? Bah je vois je vois je vois ce qui est ce qui apparaît dans les différents rapports qui qui vont concerné cette période des animateurs producteurs.
J'étais bien placé pour voir les sommes qui étaient qui étaient qui sur lesquelles je devais travailler. Je pense que je l'ai fait en en en tenant compte du possible. Michel Cot a été à mes côtés et et a et a fait elle aussi un un gros travail dans dans ce domaine.
Euh donc la réponse que j'ai à vous donner c'est oui, le le le cette évolution n' n'a pas été facile mais mais elle a été faite. Et je voudrais terminer sur un sujet. le le système public de contrôle de notre à cette période était quand même largement les contrat d'objectif et de moyens qui n'ont pas de qui dont pratiquement aucun d'entre eux n'a été suivi des faits complètement puisque en cours de route on a supprimé la publicité ou euh modifié les modifier les le pourcentage des des recettes de et de la redevance qui serait affecté au programme versus et versus la partie qui n'est pas qui n'a pas qui qui qui fait reflète la la gestion même du groupe.
Donc je je je cherche dans ma mémoire et je ne vois pas de parce que je vous rappelle que nous sommes maintenant une trentaine presque presque 25 ans sur par rapport à cette période mais je de mémoire, n'est-ce pas Michel, je pense qu'on peut dire qu'on a fait le ménage de des animateurs producteurs assez rapidement enfin pas pas du jour au lendemain et on a imposé des modifications en volume et et des déficites minoré au maximum. En tout cas, quand quand quand la passation de pouvoir a eu lieu avec mon mon successeur et on a il pourra il pourra lui-même dire que les les les observateurs ont bien entendu qualifié de positivement la gestion financière de de pendant ma présidence. Merci.
Peut-être monsieur de Carolise si le rapporteur souhaite pour concernant votre réponse ou je sais pas. Monsieur le rapporteur, vous quand vous arrivez peut-être vous quand vous arrivez euh ça été cette question est réglée ou il y a encore des problèmes ? Non, la la la question était en passe d'être réglée et et je dois rendre à à Martier le le travail qui a été fait en en amont, mais vous savez, c'est une résurgence permanente. c'est qu'à un moment donné, vous rabaissez les niveaux et puis petit à petit parce qu'ils ont des résultats, parce que le le présentateur ou le producteur devient incontournable, vous continuez à à essayer de lui de lui donner des programmes à faire.
Je vais laisser parler Patrice parce que c'est Patrice Duamel qui avait cette fonction là en tant que directeur général du groupe et des antennes. Mais ça a été ça a été un sujet. Oui, ça a été un sujet.
Je me souviens d'ailleurs que nous avions souhaité à cette époque-là demander à nos présentateurs l'exclusivité de leur présence sur le service public. Euh je trouvais anormal que les présentateurs puissent à la fois être sur telle chaîne sur le service public et puis sur une chaîne même mineure mais privée. Euh je disais voilà, nous on est on a on a une éthique, on a une image, on a un projet, vous faites partie de ce projet, vous ne pouvez pas vous démultiplier sans cesse.
Ça a été un une vraie bataille et nos présentateurs l'ont l'ont compris, accepté, hormi un d'ailleurs qui n'a pas voulu jouer le jeu et qui n'est pas resté sur nos antennes. Voilà. Mais je laisserai peut-être Patrice évoquer ou ou Michel alors le micro.
Voilà. Merci. On est arrivé euh Gouchon avait commencé hein déjà la lutte contre les animateurs producteurs.
Mais je voudrais dire que essentiellement c'était un effet de la concurrence. C'est-à-dire que lorsque je comprendre la la réflexion d' Cabache et de ceux qui l'entouraient, c'est-à-dire que comme il voyait que les animateurs qui gagnaient le plus partaient euh sur TF1, euh il a voulu sûrement en garder et c'est c'est comme ça que ça s'est enclenché. Donc on on bon on savait évidemment que les marges étaient excessives, mais je trouve que du côté de certains en tout cas, ils l'ont bien compris, c'est-à-dire qu'ils ont vraiment eu peur de perdre leur boulot.
Donc euh quand ils se sont vu euh désignés au fond euh comme euh les principaux auteurs des dérives hein du service public, ils ont été pour certains d'entre eux en tout cas euh que je connaissais et que et et que j'aimais bien, tout à fait sensible aux arguments euh pas seulement politique mais public qui était de dire ces types, ils gagnent trop d'argent, c'est pas possible. Euh mais je je sensible et même condamné. Donc je pense que quand la justice passe effectivement d'autant plus sensible mais c'est vrai que c'est un problème permanent parce qu'à partir du moment où effectivement l'émission d'un animateur marche bien qu'il il en devient le producteur ce que nous n'avons ni Patrice ni moi jamais fait à partir du moment où on devient le producteur évidemment et si on vous en demande une autre course repart sans arrêt.
Donc c'est quelque chose auquel il faut veiller d'une manière permanente, c'est que le succès évidemment pardon votre micro tu veux faire il y a un rebond du rapporteur. Je vous laisserai répondre monsieur Duamel comme ça vous répondrez. Oui votre réponse mintrigue monsieur de Caroline vous expliqué qu'il y a un animateur qui n'avait pas joué le jeu à votre époque de l'exclusivité que vous aviez demandé avec le service public.
Est-ce que vous pourriez peut-être nous nous donner son nom s'il vous plaît ? Oui, c'était monsieur Attendez attendez votre micro. Allez allez-y.
Oui, c'était monsieur Hardisson. Voilà, tous les autres avaient joué, c'est vrai, avaient joué le jeu et je vais pas rentrer dans le détail de la façon dont ça s'était fait, mais tout le monde avait été informé de cette volonté commune que nous avions et et au dernier moment, monsieur Ardisson a ressigné avec une chaîne privée avant même de rigner avec le service public. et donc je lui ai dit qu'il avait fait lui-même le choix de s'extraire de nos règles et donc il ne serait plus sur le service public.
Voilà comment ça s'est passé. Si si euh si je peux me permettre un petit pas de côté puisque vous avez dit tout à l'heure, monsieur le président, qu'il fallait élever le le le débat. Euh l'image, l'industrie de l'image doit servir aussi les intérêts français.
Je me place toujours au niveau pardon de de l'État. Et donc nous avons aussi intérêt à ce qu'il y ait en France des groupes forts, des groupes de production forts. Et c'est vrai que parfois ces groupes ben sont omniprésents sur des des chaînes.
Mais le secteur de l'audiovisuel a aussi besoin de ces groupes, soit dans le cinéma, soit dans la télévision, soit dans la littérature ou ou l'édition. Nous avons besoin pour exister sur la sur la scène internationale d'avoir des groupes forts. Donc il faut un juste milieu entre pas trop sur la même chaîne mais aussi faire en sorte que des groupes puissent exister sur la scène internationale et après quand vous êtes sur le service public de servir l'ensemble des produits producteurs comme on les comme on les appelle.
Quand je dis petits producteurs parce qu'ils sont indépendants. Voilà donc c'est ce juste milieu qu'il faut en permanence en permanence que nous que nous trouvions. Merci.
Attendez juste rapporteur puis après je je je voudrais qu'on aborde un sujet que vous avez évoqué monsieur de Carolis. Le 8 janvier 2008 Nicolas Sarkozy alors président de la République annonça une véritable révolution culturelle. Ce sont ces mots dans le service public de télévision.
Puis le 25 juin 2008, il confirme la réforme de l'audiovisuel public avec suppression progressive de la publicité et le renforcement du rôle de l'exécutif aussi dans l'élimination du président de France Télévision. Le 30 juin 2008, lors d'un déplacement dans les antennes de France 3, il vous apostrophe alors monsieur de Carolif en déclarant cette maison n'est pas tenue. Fin de la citation.
Alors, quand Nicolas Sarkozy prons, cette maison n'est pas tenue. Est-ce qu'à l'époque de votre présidence à ce moment-là, vous considérez que France Lévision était en meilleure santé ? En même temps, c'est difficile de de faire pire qu'aujourd'hui ou du moins, quels étaient les efforts de gestion que le président de la République alors vous a demandé de faire ?
J'ai combien de temps ? C'est c'est une c'est une longue histoire. Alors d'abord, comme le disait tout à l'heure Patrice Amen, nous l'avons appris était appris dans bureau euh parce qu'avec les autres collègues des des chaînes privées qui est qui étaient invité à cette conférence de presse du président de la République, nous avions décidé de ne pas y aller parce que c'était pas notre notre rôle.
Donc chacun dans notre bureau, nous avons dû regarder la la cette conférence. Et là, c'est là que nous avons appris effectivement que il y aurait la suppression de des chaînes des de la publicité sur nos chaînes. Moi, je pense très humblement que c'est une bonne chose.
Ce que je n'avais pas apprécié à l'époque, c'est de ne pas être informé. Quand vous êtes le président d'un groupe de cinq chaînes de télévision euh que vous dirigez à peu près 9 à 10000 collaborateurs ou ou ETP comme on dit et que vous n'êtes pas prévenu, il faut organiser réorganiser votre votre entreprise. C'est pas simple et et vous devez amortir le choc.
Donc ça ça a été ça a été un un vrai un vrai travail. J'ai pas raconté toute l'histoire quand le président de la République vient sur la ministre de la culture était informé madame Albanel à l'époque vous pensez qu'elle était écoutez vous vous lui poserez la question je crois que personne n'était informé d'accord même pas le premier ministre monsieur Fillon je suis je retrouve nous apprenons ça le lundi me semble-t-il le lendemain je suis dans le bureau du premier ministre c'est un tête à tête et Il me dit alors comment va-t-on faire ? Et je lui dis "Monsieur le premier ministre et bien on va gérer.
Voilà comment ça s'appelle. Il n'était pas au courant lui-même." Et c'est peut-être le le la la le le le voilà le le tort qu'on qu'on qu'a eu le le l'actionnaire de ne pas prévenir et et d'avoir pris cette décision un peu seule.
Vous faisiez, monsieur le rapporteur, référence à cette maison n'est pas tenue. Non, si c'est c'est c'était pas sur euh c'était pas sur le sur le budget. C'était tout simplement que euh le président de la République venait venait sur les antennes de France Télévision euh et qu'il avait été accueilli euh à son passage un peu fraîchement par des par une vingtaine de de de personnes et que ça l'avait fortement vexé. euh ce que j'avais pu moi obtenir et c'est pour ça que je trouvais que la maison était assez bien tenue d'abord financièrement sur les sur le plan des programmes et puis sur le plan aussi des relations avec les syndicats.
C'est que j'avais obtenu des syndicats qui ne manifestent pas à l'intérieur même de l'entreprise mais sur les marches de l'entreprise. C'était un symbole euh et ils avaient accepté de de de le faire. Donc après la la démarche du président de la République à l'époque était plus de d'essayer de de faire en sorte que sa décision d'arrêter la publicité soit bien comprise et qu'il avait mis sur la place publique un argument que je trouvais fallacieux qui était de dire il n'y a pas de différence entre le service public et TF1.
Or, si il y avait une grande différence entre les deux, c'était bien à notre époque où avec Patrice Duamel, nous avions multiplié par 4 les émissions culturelles. En 2005, quand nous prenons les chaînes, il y a 250 émissions culturelles sur nos différentes chaînes. À la fin de notre mandat, il y a 1000 émissions culturelles sur nos différentes chaînes.
Tous les soirs, il y avait minimum un à deux programmes après 20h30 sur sur nos chaînes des programmes culturels. Donc, il y avait un travail considérable que nous avons fait et je trouvais ça extrêmement injuste de de le dire mais il fallait pour lui avoir un argument pour pouvoir dire il faut qu'il y ait encore plus de différence donc c'est la publicité. Voilà, ça a été un un jeu et ça a dû ça a mené à cette fameuse phrase que je prononce sur RTL, c'est faux, stupide et injuste.
Faux parce que il suffisait de regarder les programmes que nous faisions. juste euh parce que euh nous étions dans une dans une phase de redéfinition de notre de notre euh structure juridique puisque Martessier avait déjà entamé engagé l'unification de notre de France Télévision avec la holding mais qu'il restait des chaînes qui était juridiquement indépendante. Quand vous étiez PDG de France Télévision, vous étiez PDG de la Holding, mais aussi PDG de France 2, PDG de France 3, PDG de France 4 et de RFO.
Et donc vous aviez chaque fois trois conseils d'administration dans chaque tuyau, dans chaque silo. C'est c'était une une travail considérable et des sommes investies énormément pour pour le fonctionnement. Donc il fallait réunifier cela et j'avais proposé au président de la République de l'époque, monsieur Sarkozi, de dire bien justement puisque la décision est prise de supprimer la publicité, qu'il va falloir faire des économies, il va falloir réunifier totalement l'entreprise avec en faisant une entreprise unique, c'est-à-dire une seule et même entité juridique avec des antennes différentes mais une seule et même entité juridique.
Et le président m'avait dit m'avait dit OK pour ce travail là, il me restait 15 mois pour pour l'effectuer ce que nous avons fait avec Patriceamel et toutes les équipes de France Télévision et le stupide est sorti tout simplement parce que ça mettait à mal ce travail d'unification euh de du groupe France Télévision. Merci monsieur le président. Merci pour votre réponse.
Effectivement donc vous avez réagi, vous l'avez expliqué, c'était au micro d'ertel donc précisément où vous expliqué, vous qualifiez les proposes du président de la République de faux stupides et profondément injustes. Bon, l'idée est pas tant de revenir sur vos propos, mais peut-être de souligner un paradoxe. Aujourd'hui, on a l'impression que les dirigeants de France Division dénoncent une absence de de moyens, une absence de pilotage, un défaut de la tutelle notamment par l'intermédiaire du contrat d'objectif et de moyens.
Est-ce que l'intervention de l'État à l'époque ou en tout cas le le le soin apporté par l'État à la gestion de France Télévision n'est pas quelque chose qui aujourd'hui manque aux dirigeants de France Télévision ? Quel est au fond le la bonne dose, le juste créneau entre intervention de l'État et parfois réforme que les patrons de l'audiel public apprennent sans préparation de la part directe d'un président de la République. Faut parler si vous voulez parler avec micro.
Ça ça reste quand même relativement limité à l'intervention que vient dont vient de parler Patrick de Carolis. Nous nous n'avons pas connu euh euh un état nous avons connu un état très euh euh scrupuleux, je veux dire, euh et qui surveillait de près notre budget. Nous avions sur place des contrôleurs d'état pour vérifier le budget de chacune des des fictions engagées.
Mais je n'ai pas le souvenir que ni Marc ni moi nous ayons eu une conversation de ce type avec un président de la République. Oui, heureusement d'ailleurs. Mais peut-être que la question du rapporteur monsieur TC c'était plus est-ce que est-ce qu'au fond l'État a joué son rôle de tutelle ?
C'està-dire quelle vision pour le service public ? Qu'est-ce qu'il doit faire ? Quelle est sa mission ?
Ce qui avait un rôle un peu politique dans la manière dont l'État, le ministre de la culture, là je parle des politiques, ministre de la culture, premier ministre, président pilotait. Voilà. Alors, monsieur Carolise, vous voulez réagir ?
Allez-y. Alors, monsieur Tessi, allez-y. Excuse-moi Patrick.
Non non, je voulais dire simplement que dans la dans la réforme de la gouvernance du système public, on a on a on a adopté sous ma présidence un de nouveaux statuts et les nouveaux statut prévoyaient que les les les questions financières et le budget étaient d'abord voté au niveau global toute chaîne publique confondue. Et ensuite grâce grâce à cette cette mesure, ensuite le la on n nous nous nous nous nous devions enfin je devais avec mon directeur financier du groupe répartir les sommes ainsi ainsi ainsi que collecté répartir entre les différentes chaînes. Et au le budget était voté par le conseil d'administration de France Télévision de manière groupée.
D'accord. Monsieur Carol. Alors vous peut-être quand vous étiez président quel jouit quel rôle jouait l'État ministre de la culture ?
Alors sur le plan politique, il y a jamais eu d'intervention directe sur le plan de la ligne éditoriale, euh l'organisation qui était mise en place à l'époque était celle du CSA qui était le prédécesseur de l'ARCOM. et le CSA a été dirigé par, vous le savez à qui je rends hommage d'ailleurs, Dominique Bodis euh en toute indépendance. Et donc notre référent éditorial était beaucoup plus le CSA que l'État lui-même.
L'État lui donnait et nous fixait un cahier des charges et nous devions respecter ce cahier des charges. Nous avec Patrice Damè, nous sommes allés plus loin que le cahier des charges parce que nous avions une politique volontariste. Nous voulions remettre de la culture sur sur les antennes et donc nous avons proposé de renforcer les les actions que nous menions en matière de création et de les surévaluer de plus de 100 millions d'euros à l'époque en disant ben nous on pense qu'il faut aller plus loin que le cahier des charges.
On ira plus loin parce que ça correspond à la feuille de route que je m'étais donné que j'avais donné au CSA pour être élu. J'avais été un président élu. Nous étions des responsables élus.
Et donc pour être élu, nous présentions à ce moment là un projet et c'est ce projet-là qui a été validé par le CSA. Et ce projet-là devait être en cohérence avec le cahier des charges donné par l'État. Et en plus, vous pouviez vous prendre la liberté d'améliorer un certain nombre de d'options.
Et nous, c'est ce que nous avions fait avec Patrice Duamel. Donc l'intervention de de l'État après, elle est de vous laisser faire votre programme qui a été voté et qui a été celui retenu par le gendarme de l'audiovisuel, c'est-à-dire à l'époque le CSA. Voilà, nos rapports avec Ber était était cela.
Nos rapports avec le gouvernement était cela. Et puis vous avez, et il ne faut pas l'oublier, qu'en cours de route, vous avez non seulement le gendarme qui était le CSA à l'époque, mais vous aviez aussi d'autres gendarmes. Vous par exemple, c'est-à-dire le Parlement, c'est-à-dire les députés, les sénateurs, tout cela nous demandait régulièrement de venir exposer et faire un un un un un point d'étape de nos de nos évolutions.
Nous étions quand même sous contrôle entre guillemets, non pas un contrôle politique mais un contrôle administratif de contenu, de respect de nos cahiers des charges, de respect de notre de notre projet qui avait été retenu par le le CSA à l'époque. Allez-y, monsieur Duel, allez-y. Juste un mot puisque nous avons prêté serment euh quand j'ai quitté France Télévision en 2010 à la fin du mandat de Patrick, j'avais très envie de raconter ce qui s'était passé pendant 5 ans.
Donc je l'ai fait avec mon frère Alain dans un livre qu'on a dont on a un peu élargi le spectre qui s'appelait carte sur table référence à célèbre émission de télévision et on a appris comme objet principal les relations entre les présidents de la République et la télévision depuis de Gaulle. Je vais pas vous faire le spectre parce qu'il faudrait 2 he mais il y a pas c'est pas ça arrive pas à se raconter des histoires. Il y a pas un président, il y a pas un premier.
Alors ça dépend des personnalités les premiers ministres Mathignon, ils interviennent parfois beaucoup. Enfin ils cherchent à intervenir parfois beaucoup, parfois très peu. C'est vraiment les personnalités qui comptent.
Mais euh si on prend l'exemple de de de Nicolas Sarkozi, c'était c'était un dingue de la télévision. C'était un fou de enfin fou au sens cit il adorait la télévision, il avait passé sa jeunesse à regarder la télévision ses dimanche entier, le sport, et cetera et cetera. Donc il connaissait tout tous les gens de la télévision.
Donc voilà, c'était c'était c'était pas du tout la même nature que Jacques Chirac qui avait un un regard assez distancié avec la télévision. C'est une manière feutrée d'expliquer qu'il s'intéressait de près à ce que vous faisiez. Oui, mais voilà.
Mais il y en a eu d'autres. Le général de Gaulle, il a il a négocié un jour avec le chancelier à Denoer parce qu'il voulait faire un interville entre la France et l'Allemagne fédérale. Euh voilà.
Mais tous vous croyez que François Mitteran s'est pas intéressé à la télévision et c'est même lui qui est à l'origine de l'instit euh la série formidable. Voilà. Donc juste juste euh mais là c'était une question je crois plus précise du rapporteur c'estàd c'était pas tellement est-ce qu'il s'intéressait est-ce qu' l'influit sur la ligne éditoriale est-ce qu'il vous est-ce qu'il exerçait une pression c'était l'état et la tutelle et l'actionnaire est-ce que l'actionnaire pas la tutelle s'il vous plaît franchement enfin non mais justement non mais tutelle c'est mais moi j'ai connu la télévision on a connu la télévision d'état ça s'appelait la télévision d'état l'ORTF Et puis on est passé heureusement à la télévision publique.
C'est c'est une révolution quand même. Moi parce que je peux vous dire que là sur l'ORTF, c'est pas le sujet du jour, mais je peux vous en faire aussi des euh des tonnes sur la manière dont dont dont ça se passait. Mais euh sur le pour revenir précisément à la question financière, juste un mot euh je l'ai dit dans mon intervention liminaire, d'abord il y a pas assez de cohérence.
Je dis pas que tout est la responsabilité de l'actionnaire, c'est pas du tout ce que je dis, mais il y a pas assez de cohérence entre les différents centres d'impulsion euh budgétaire. Voilà, je sais pas s'ils se réunissent entre eux sans doute et cetera, mais il y a il y a souvent énormément de différences. Euh et ensuite, ils sont trop nombreux.
Donc, il faudrait quand même qu'il y ait la possibilité d'avoir ça devrait être Ber et de toute façon, c'est comme le disait Patrick, c'est sous le sous le contrôle du parlement. Nous quand on a eu le problème de de de de d'avoir la compensation des tr des des de combien il manquait 450 millions de de pubs entre puisque ça avait été supprimé après 20h. On on passait notre temps avec Damien Cuy qui était mon homologue pour la gestion et et Patrice tous les trois ont passé notre temps à Ber le ministre du budget puisquon était devant une situation où il fallait réagir très vite.
Parfait monsieur le rapporteur, je vous laisse alors attendez juste et puis après je redonne d'abord le rapporteur. Allez-y. Je raj juste un mot parce que c'était en fait moi j'ai j'ai senti ça dès la naissance de la haute autorité euh où on avait effectivement des pouvoirs en matière de programmes très important de coordination des programmes, d'harmonisation des programmes mais aucun mot à dire sur le budget de sorte qu'effectivement on comprenait très bien que les présidents de chaîne étaient à la fois très très courtois avec la haute autorité que d'une certaine façon il nous écoutez, il nous entendaiit y compris dans l'harmonisation, ce qui était la chose la plus difficile à faire mais enfin ils avaient également besoin de Bercy et cette espèce de dualité et de dicotomie est un des handicaps qu'a connu la première instance de séparation entre enfin de rupture du cordon ombilical comme on l'a dit entre l'État et la télévision et ça reste encore le cas parce que finalement c'est pas le CSA qui détaillimine les les finances ou très clair.
Voyez, on monsieur l'pporteur, attendez, je vais laisser l'pporteur juste reprendre après je vous donne la parole. Allez-y, monsieur le rapporteur. Merci monsieur le président.
Monsieur De Caroli, je voudrais revenir sur les impacts que ce cette suppression de la publicité après 20h a pu entraîner. Euh notamment quelques mois plus tard après cette annonce, l'Express a révélé que France Télévision préparait 900 départs volontaires, soit environ 10 % des effectifs à horizon 2012, donc sur un temps un peu plus long. Est-ce qu'à votre époque et je permets de comparer par rapport aujourd'hui où France Tévision compte à peu près 9000 salariés où on voit qu'il y a eu une tentative de réduction des effectifs de de près 10 % mais qui a contribué à augmenter la masse salariale donc c'est difficile à percevoir.
Est-ce que à votre époque vous diriez que France Télévision était une entreprise sur suradministrée ? Est-ce que c'était l'un des objectifs prioritaires que vous avez poursuivi et qu'il faudrait aussi continuer à poursuivre aujourd'hui au regard des risque financiers qui passent sur cette entreprise ? de tout temps, nous avons essayé de de maintenir ce que nous appelons la masse salariale.
Et c'est vrai que nous profitions à l'époque d'un certain nombre de départs à la retraite pour ne pas les remplacer un pour un comme on dit et que nous avons essayé en en bonne intelligence d'ailleurs avec les les les syndicats de de l'époque de faire en sorte que de maintenir cette masse salariale, d'essayer de la de la réduire, de la rendre encore plus performante en ne pas renouvelant les départs à la retraite systématiquement. Mais ça ça a été une politique que nous avons tous mené et qui est qui est permanente. Voilà.
Après, est-ce qu'il faut un accord politique pour mener ça ? Est-ce qu'il vous faut un appui politique pour réformer le cadre social ? C'estàdire que il faut que le ministre ou le premier ministre ou le président vous donne un peu son son appui.
Je je je je vais vous dire une chose. Euh revenons sur l'entreprise unique. Quand j'ai proposé au président de la République de revoir la structure juridique de France Télévision pour permettre de faire des des des homogénéisations de de de de rassembler et de faire l'entreprise unique.
Seul le président de la République m'a dit "OK, tous ces conseillers tous ces conseillers étaient contre." Tous ces conseillers étaient contre parce qu'ils pensaient que nous allions mettre la révolution à France Télévision, qu'il y aurait des grèves à répétition. Or, si nous avons pu faire ça, c'est en bonne intelligence avec les syndicats qui ont compris l'intérêt de faire l'entreprise unique.
Et c'est donc le pari du président de la République à l'époque de dire "OK, je te fais confiance, on y va, on le fait, c'est important." Et c'est ce qui a euh cimenté aujourd'hui euh euh la la le nouveau visage de de France Télévision. C'est un pari que vous pouvez faire parfois ou que vous pouvez prendre parfois contre les conseillers euh politique.
Peut-être Bercy n'avait pas son son mot à dire là-dedans, mais beaucoup de conseillers euh autour à l'Élysée pensaient que ce serait un un échec et le président de la République a eu raison de donner son feu vert. Merci. On note que pour certaines réformes de l'audiel public, il faut quand même l'appui politique parfois plus haut niveau.
Allez-y monsieur rapporteur. Merci monsieur le président. Bon, j'imagine que vous avez sûrement suivi un certain nombre des des révélations et des auditions de cette commission d'enquête.
Je voudrais revenir notamment sur ce qui peut s'apparenter à des gabis aujourd'hui qui ont cours à la tête de France Télévision. On a évoqué les 126000 € par jour de frais de réception et de mission. On a évoqué les frais à Cann en 2023 des suites au Majesti dans un palace à plus de 1700 € la nuit pour les dirigeants de France Lévision qui valent aujourd'hui l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris.
On a parlé de la trentaine de directeurs à la tête de France Lévision qui gagne plus que le président de la République. On a parlé d'une cinquantaine de personnes qui disposent du directeur qui dispose de voitures de fonction dont certains directeurs adjoints à la mairie de Paris soupçonnés d'emploi fictif utilisent leurs voitures de fonction de France télévision notamment pour leurs activités privées et leurs activités politiques. On a appris que le salaire moyen chez France Lévision c'était 72000 € par an ce qui les place parmi les 9 % des Français les mieux rémunérés.
On a appris qu'il y avait 14 semaines de congé payés pour les journalistes de Radio France. On a appris qu'il y a eu la rénovation d'une piscine dans un château du CSE en Dordogne pour Francevision qui a été facturé 1 million d'euros. On a appris que madame Airn dans un contexte pourtant financier extrêmement délicat, pointé par la Cour des comptes avec un déficit de 81 millions d'euros, une trésorerie aujourd'hui négative des capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social, ce qui fait peser un risque de dissolution, aller percevoir une prime de performance de 80000 € je crois près de 80000 € soit 98,5 % du montant total de la prime qu'elle pouvait espérer.
Bon, pardon pour cet exposé un peu long, mais il y aurait bien d'autres Gabj à pointer. Est-ce que vous imposiez-vous à votre époque dans votre gestion, dans la gestion des deniers publics une forme de retenu, une forme de responsabilité supplémentaire parce qu'il s'agissait de l'argent des Français et parce que vous étiez d'une certaine façon un responsable public à la tête d'une entreprise importante financée par les Français. Personnellement, je n'ai pas à à juger ce qui se fait aujourd'hui sur le le service public et je je vous laisse avec l'État et et les responsables de l'Assemblée nationale et du Sénat vos responsabilités en la matière.
Moi, je sais que nous n'avons pas eu à de reproche à notre période. Je vais vous donner un exemple pour vous donner la mentalité qui nous animait. Euh j'ai créé un certain nombre de magazines sur les différentes chaînes que j'ai que j'ai eu notamment M6 et France 3.
À France 3, j'ai été engagé par celui qui deviendra plus tard mon directeur général mais qui était à l'époque mon patron Patrice Duamel. et il m'avait confié à l'époque avec le président Gou Beau la direction des documentaires des magazines ce qui était beaucoup à l'époque et la tâche de créer un nouveau magazine qui allait devenir des racines et des ailes. J'étais donc engagé comme directeur d'unité, journaliste de base et puis comme j'ai créé ce magazine, j'ai reçu le titre de producteur.
En fait, ça voulait dire producteur artistique et je n'étais pas propriétaire du magazine. C'està-dire que tout mon travail coïcidait à faire à la fois le métier de dirigeant des unités de présenter un programme, de le concevoir avec mes équipes et de le produire mais pour la chaîne. Quand j'ai quitté la chaîne, je n'ai pas touché un centime de droits d'auteur de ces magazines que j'avais créé, que ce soit zone interdites ou des racines et des ailes.
Ce sont des magazines qui appartiennent à la chaîne. Les titres appartiennent à la chaîne. Donc nous n'étions pas dans une voilà dans dans cette dans cette esprit de faire de l'argent.
Moi, j'ai quitté le le privé euh non pas en me disant tiens, je vais gagner plus sur le service public. Non, je gagner pas plus sur le service public. Ça veut dire juste qu'on comprenne bien pour aller au bout de ce sujet parce que je rapporte beaucoup d'autres sujets mais je veux bien qu'on aille au bout de ce sujet que vous considérez que le recours à des producteurs extérieurs est peut-être trop grand et que France Tévision pourrait produire un peu plus en interne.
Est-ce que vous prenez cet exemple pour expliquer la bonne gestion ? Rapporteur vous interrogit. Bon, c'est c'est pour vous expliquer que euh ma philosophie est que euh il y avait pas une politique dispensieuse.
Oui, mais vous expliquez en prenant cet ex Oui, mais je comprends bien. Mais pour illustrer cet exemple de politique dispendieuse et c'est tout à fait intéressant, vous nous expliquez que une des manières d'avoir une bonne gestion, c'est de produire en interne. Vous nous prenez un exemple d'un magazine justement produit en interne et un non recours à une société de production extérieure. je je pense que ce n'est pas prioritaire.
Je pense que les deux sont euh sont euh sont intéressants, la production en externe parce que les bonnes idées, elles sont partout, elles sont en interne, elles sont en externe. Mais c'était pour vous dire que il n'y avait pas une surenchère financière volontaire et et que dans notre état d'esprit, on travaillait pour une chaîne, on travaillait pour un pour une politique éditoriale, on travaillait pas pour notre portefeuille. Voilà ce que je veux ce que je veux dire.
Alors alors attendez je peut-être qu'il y a un c'est un rebond ou par monsieur alors monsieur allez rapidement et puis il y aura rapidement rapidement on touche on touche au cœur du de de la gestion d'une chaîne publique comme et et et j'estime personnellement que on a fait le maximum je je donnerai la parole à Michel Cota pour pour me soutenir mais on a on a on a suivi par exemple en interne de deux fois par mois, on les les les dirigeants des des différentes activité de de programme venait présenter les novations qu'ils avaient soit qu'ils avaient eux-mêmes conçus ou ou qui étaiit conçus par la présidence et on on a on n jamais connu de dérapage. vous citer tout des des des cas que que je comprends tout à fait et notamment le l'éternel sujet du festival de Cann. Mais sous cette réserve là, il n'y a on peut pas on peut pas dire qu'il y ait eu des des dérapages particuliers.
Faut faute de alors Michel non tu fais allusion au festival de Cann mais c'est vrai que nous nous étions aperçu à l'époque avec surprise euh qu'à l'occasion du festival de Cann qui était révélateur de l'ensemble on on nen finissait pas de compter les collaborateurs qui pour les différentes chaînes allaient au festival de canne et qu'on a eu les pires difficultés à enlever il y avait une 30 enfin il y avait une 30 j'ai oublié le le chiffre exact de gens qui partaient. Il y avait une cinquantaine de personnes avec les techniciens qui partaient à Cann et on a eu un mal fou pour enlever quelques-uns pour essayer de fédérer les efforts et que France 3 euh n'ajoute pas ses ses collaborateurs aux collaborateurs de France 2 puis à ceux de France 5. Donc ça a été effectivement c'était une bagarre mais je dois dire que moi j'ai trouvé dans alors un peu plus tôt peut-être que que l'État aussi était responsable beaucoup des dérives parce que lorsque bien avant donc en je crois que c en 83 ou 80 on nous a obligé à euh en embaucher non c sous le gouvernement de Pierre Moris en tout cas on nous a obligé à embaucher tous les contractuels qui travaillaient par exemple le matin c'était des pigistes on nous a obligé à embaucher che tous les pigistes et ça évidemment ça a créé un embouteillage de de salariés alors que ils étaient à l'extérieur, on a été obligé de les intégrer et une fois qu'on les a intégré, on nous a dit qu'il y avait trop de monde.
Mais là, franchement, on y était pour rien. On nous a obligé. Moi, je me rappelle, j'étais euh j'étais où à Radio France ou déjà euh à la Haute Autorité et je m'étais battu en disant euh c'est pas possible, ne nous obligez pas à engager des gens que nous que nous utilisons 2h par jour ou 3h par jour le matin par exemple.
Très bien. Et monsieur Damel et puis ensuite je donne la parole à monsieur Balanon. Question des producteurs que vous venez de pardon, c'est d'une très grande simplicité.
Quand une idée vient de l'intérieur, c'est normal que ça soit produit en interne si la maison a la capacité et la possibilité de le faire. Et le plus souvent, bien entendu, c'est le cas. Voilà, quand c'est une idée qui est apportée par un producteur, c'est tout à fait logique de lui confier la production de cette émission.
C'est aussi simple que ça. On est bien d'accord. Sauf que vous admettrez, allez-y monsieur reportage, je pas Oui, simplement un rebond.
Vous admetterez qu'aujourd'hui en dépit des recommandations multiples de la Cour des comptes pour mettre fin aux animateurs producteurs, on voit que les Salamé, Laurent Laous, Nagi, qu'ils sont quand même des figures internes de France Télévision viennent produire leurs émissions. Ils sont rémunérés aussi au titre d'une société privée. Donc il a un intermédiaire et ce phénomène des animateurs producteurs continue à exister alors que pourtant ce sont des figures du service public.
Ils ont un contrat avec l'audiovisuel public mais ça ne les empêche toujours pas. Enfin, ils continuent toujours à se faire rémunérer aussi par des société de production privée qui souvent leur appartiennent. C'est le cas de l'émission par exemple qu'elle époque c'est le cas de d'émission de de Nagi avec Banig dont on a parlé hier.
Donc voilà, c'est aussi je me permets de rebondir parce queon voit que c'est un phénomène en dépit des recommandations de la Cour des comptes, en dépit des scandales des années 90. C'est un phénomine qui a toujours court. Juste pour être précis quand même je dis les Salamé Laurent de Lausse Nagi, c'est pas tout à fait les mêmes statutes.
Nagi n'est pas salarié de l' duel public et et je voudrais pas oui oui. Non non mais voilà, c'est pas exactement les mêmes. Je le dis simplement, c'est pas exact.
Sauf sauf erreur de ma part, je suis pas l'avocat de Léa Salabé, sauf erreur de ma part. L'émission, elle existait avant qu'elle présente le journal de 20h. Donc à ce moment-là, elle n'était pas salariée de France Télévision. elle était salarié euh de je crois de Radio France où elle elle coanimait la la matinale.
Alors peut-être pour aller au bout alors peut-être monsieur juste pour aller au bout de ce sujet le prolongement de la question du rapporteur vous avez dit quelque chose d'important avec monsieur de Carolis vous avez dit que à votre époque euh vous aviez demandé l'exclusivité euh bon euh alors au-delà de cette question des animateurs producteurs dont on comprend bien qu'une bonne idée peut venir d'une société de production privée la créativité existe aussi dans le privé on vient apporter une bonne idée au service public et puis les bonnes idées peuvent germer de l'intérieur même si vous admettrez monsieur duamel que si on créateur Monsieur, si on crée des conditions, si on souhaite avoir une stratégie pour produire plus en interne, il faut aussi s'en donner les moyens. Vous voyez, c'est c'est dire que ça vient de l'intérieur. Encore faut-il que on suscite cette envie là et cette possibilité.
Mais ça c'est un autre un autre débat. Ma question, elle est sur le Attendez, monsieur Tessier, pardon. Le le ma question, elle est sur le peut-être le mélange des genres.
Et là, je parle pas des animateurs producteurs, je parle des figures de l'audiovisuel public qui par ailleurs officient sur l'audiovisuel privé ou ont des sociétés de production qui vont proposer des programmes pour des entreprises privées, travaillent parfois même pour des entreprises privées. Je vais vous donner un exemple et et je voudrais savoir si vous à la tête de France Télévision vous l'auriez accepté. Monsieur Hugo Clément qui est aujourd'hui une figure de l'information scientifique de France Télévision qui anime des émissions qui prend des émissions importantes pour le service public dont je remets pas en cause l'intérêt et l'utilité mais il nous a expliqué ici dans cette commission d'enquête que par ailleurs il était à la tête d'une société de production qui travaillait avec des entreprises privées parfois des entreprises l' pas cité donc je vais pas le citer ici mais enfin des entreprises privées que par ailleurs il est à la tête d'un média qui s'appelle Vakita que sur ses réseaux sociaux, ça lui arrive de effectivement promouvoir ces différentes activités.
Est-ce que pour vous c'est normal ou est-ce que c'est un mélange des genres ? C'estàd est-ce que vous auriez accepté qu'une figure de l'audiovisuel public puisse aussi travailler avec des entreprises privées, puissent animer un média privé. Est-ce que sous votre mandature ça aurait été possible ?
Et je pose la question à monsieur Tessier, monsieur Carolis, enfin parce que vous étiez des présidents parmi parmi les obligations parmi les missions de la télévision publique, il y a il y a une demande réitérée de faire travailler les producteurs les producteurs indépendants. Vous je je vous entend je vous entendais parler en permanence de est-ce que vous auriez confié ceci au public ou au privés ? Je comprends très bien et moi ce que je peux vous dire c'est dans mon quotidien c'était que j'avais des j'étais soumis à une pression pour faire travailler les les producteurs privés et l'équilibre entre les deux.
C'est-à-dire, il faut on peut pas considérer que la que le fait que le fait que ça tel tel ou tel producteur privé ne soit pas exactement euh prêt à à à réaliser les objectifs qu'on qu'on lui a fixé. Mais bien entendu, bien entendu. Moi moi je je combien de fois on m'a on m'a dit dans le dans dans votre dans les accords parce qu'on en il faut il faut il faut en parler les accords avec les syndicats professionnels.
Dans ces accords, les syndicats professionnels essayent et et en partie obtiennent de pouvoir avoir des garanties, de pouvoir avoir déboucher. Et que je sache, les débouchés en de dont il bénéficie sont j'allais presque dire presque une condition vitale du du mais vitale du développement des producteurs privés. Alors, je sais bien qu'il y a cet équilibre est toujours sujet à caution, qu'il y a forcément des critiques, que vous vous pouvez citer des cas des cas où manifestement on on aurait pu fonctionner autrement, mais l'objectif qu'on avait n'était pas de production de produire en interne, elle était elle était de faire produire.
Et c'est quand même une grande différence. Je je pardon juste je crois alors mais je je j'ai pas actualisé ça. Nous quand on était en charge donc entre 2005 et 2010 il y avait un pourcentage maximum de production interne.
Je parle pas de l'information, je parle des programmes de de de mémoire je crois que c'était 5 % à ce moment-là. De mémoire, je suis pas absolument sûr du chiffre. Aujourd'hui, je sais pas quel est ce chiffre.
Peut-être a-t-il évolué euh peut-il peut-être a-t-il augmenté ? Mais non, je vais pardon, je je quand même une commission d'enquête, on a besoin de de réponses précise. Euh ma Non, non, mais ma question elle est Non, non, mais c'est pour ça que j'actualise après je mais je pense qu'il faut aller au bout de tout cel.
Ne nous faites pas dire ce qu'on n pas dit. On ne parle pas du recours de France Télévision à des sociétés de production pour produire des documentaires, des fictions, des émissions. C'est pas notre question.
La question c'est qu'il y a des animateurs qui sont des figures de l'audiovisuel public. Monsieur de Carolis a expliqué que ces figures-là pour lui devaient accorder une exclusivité à l'audiovisuel public. Ces figures de l'audiovisuel, il y en a pas 150, je vais pas les citer ici, on les connaît celles d'aujourd'hui.
Il se trouve que ces figures-là aujourd'hui, pour certaines d'entre elles, elles ont des sociétés de production alors qu'elles sont elles-mêmes parfois salariées du service public ou en tout cas qu'elles en sont des incarnations et ces sociétés de production travaillent pour des entreprises privées. Ils ont aussi des activités de de médias. Moi, je je rebondissais sur votre question, monsieur De Carolis.
Vous nous expliquez que vous vous aviez fixé l'exclusivité pour justement, j'imagine, éviter le mélange des genres. Euh donc, je voulais vous interroger sur des cas concrets où aujourd'hui est-ce que pour vous les incarnations du service public, euh c'est normal qu'elles puissent à côté avoir et ensuite je vous donne la parole monsieur avoir des activités de producteurs privés, travailler avec des entreprises privées, parfois gérer des médias privés. Est-ce que tout ça c'est tout à fait normal ou est-ce que c'est un mélange des genres ?
Alors, je ne vais pas me prononcer sur le nom que vous avez donné tout à l'heure parce que je je suis pas en capacité de de de le faire, mais je reviens et et je confirme que nous étions à l'époque contre le mélange des gens. Voilà, à partir du moment où vous êtes salarié, vous êtes une vitrine du service public, il faut que vous soyez euh euh sinon exclusivement sur le service public, en tout cas pour votre image. Pour votre image.
Après, le travail qui est fait, euh, il peut être bénéfique, il peut être sain, il peut être voilà mais nous sommes nous sommes particulièrement attentifs au non mélange des gens. Oui, monsieur Banordan, allez-y. Oui, merci, monsieur le président.
Est-ce que exceptionnellement je peux avoir un peu plus de temps que d'habitude étant tout seul ? Je vais vous donner 3 4 minutes. Allez-y.
Ouais, merci. Euh non, juste parce que avant de poser ma question, j'aimerais revenir sur cette question qui est une vraie question de la structuration économique du secteur. Il y a deux éléments.
Le le premier élément, c'est que une entreprise audiovisuelle, un producteur qui travaille pour une chaîne aujourd'hui, vu la structuration aura beaucoup de mal à ne travailler que pour vous, pour faire tourner l'ensemble de son équipe par rapport à la façon dont se fait un projet audiovisuel où on a des moments de de travail, de préparation, il faut avoir des équipes qui qui soient qui tournent et et on ne pourrait pas avoir des gens qui ne travailleraient que en en externe que pour un un que pour la chaîne de télé en question. En plus, ça c'est un vrai problème qui est dans le codre dans le cadre de nos règles, c'est que on ne peut pas avoir de dépendance économique à un seul euh client. Donc ça c'est un vrai sujet qu'on a pas abordé non plus.
Donc ça c'était le premier point. Deuxème point, pour revenir plus sur le plus sur le fond euh de de notre de notre commission d'enquête, euh je trouve très intéressant l'audition et et vos propos euh à vous quatre parce que vous posez en fait des questions qu'on ne s'est pas assez posées durant cette commission d'enquête. Pas faute de d'avoir eu cette volonté, mais la question à quoi sert le secteur l'audiovisuel public ?
À quoi il sert ? vous avez donné quelques éléments de réponse. Déjà, moi je je pense que c'est un élément incroyable de notre souveraineté culturel, vous l'avez dit, mais également de soutien et de structuration de notre souveraineté informationnelle.
Et ce cette mission est d'autant plus aujourd'hui urgente importante face à la transformation au mutation numérique qui sont cataclysmiques et qui on le voit créer un certain nombre de concluences concurrence déloyal entre un espace le nôtre extrêmement régulé avec des règles et puis un espace qui est complètement dérégulé. Alors moi moi la question c'est euh aujourd'hui euh on se satisfait pas de la situation actuelle, c'est-à-dire qu'il faut que ça évolue. Et moi, je je vous pose la question, quelle piste d'évolution voyez-vous pour justement que cet outil de souveraineté culturelle soit renforcé, qu'il soit encore plus efficace et que nous législateurs, est-ce que nous avons des ajustements législatifs soit à notre niveau français ou au niveau européen pour que notre modèle qui est un modèle génial, qui est un modèle magnifique, nous avons des belles émissions, nous avons des productions incroyables et on peut se féliciter justement d'être ce que vous l'avez ce que vous avez dit monsieur de Carolis que c'est ça fait partie de l'influence culturelle et donc de l'influence de la France.
Donc moi, j'aimerais avoir euh euh concrètement si vous avez quelques pistes au vu de vos expériences, au vu de vos et et monsieur de Carolis aussi avec cette situation, cette particularité que vous êtes aujourd'hui un un homme politique, donc vous avez parfois euh cette cette comment dire cette capacité à à devoir prendre des décisions qui sont des décisions politiques et chacun d'entre vous évidemment par vos expériences multiples. Merci beaucoup monsieur Banan, je sais pas qui veut commencer. Moi, je suis très sensible à ce qui vient d'être dit, pardon, je suis très sensible à ce que vous êtes bien en train de dire parce que je suis absolument persuadé que le service public crée un lien, crée un espèce de ciment qui n'appartient qu'à lui et qui ne doit appartenir qu'à lui, qui est de joindre à des heures différentes des publics qui s'additionnent, des publics différents qui s'additionnent, faire des offres différentes et surtout ne pas céder à euh à à ce que j'appellerai une télévision communautariste.
On peut pas avoir une émission pour telle population. Enfin, on doit les avoir mais on doit trouver le moyen de les réir parce que c'est ça qui fait France finalement. C'est ça qui fait euh l'existence de la France à l'extérieur et à l'intérieur.
Et c'est ça qui fait un ciment social qui est même si la télévision évolue et on aurait d'autant plus besoin de ça que justement la la télévision et les images sont de plus en plus nombreuses qui qu'elles explosent. raison de plus pour garder un service public fort qui permettent oui de de regarder la même chose en même temps et que tout le monde se sente comme les administrés maintenant de Patrick de Carolis concerné par une télévision qui aborde tous les projets de la population. Donc c'est vraiment un élément de souveraineté essentiel je trouve.
Voilà. Non, vous mettez le doigt sur un combat que j'essaie de mener depuis depuis des des années. Alors, pour revenir tout à l'heure sur la propoliminaire que vous avez évoqué, nous notre exclusivité, elle était sur euh le passage à l'antenne, hein.
C'est la présence à l'antenne. Voilà. Après bien sûr, s'il a une société de production, il peut produire pour d'autres chaînes.
Mais son ça sa ça son identité son identité et c'est l'identité du présentateur qui est exclusive pour nous. C'est pas son c'est pas son activité de producteur hein. Voilà.
Sur sur le le reste, bah c'est l'essentiel à mon avis. C'est l'essentiel. Mais vous savez, nous allons aborder une politique, une une période de électorale capital pour pour la France.
Les présidentiels, quelle va être la place du culturel dans le débat présidentiel ? On parle beaucoup de sécurité, on parle beaucoup de euh d'économie, de dette. le culturel, ça c'est important, ça c'est stratégique.
Ça me paraît être l'essentiel. Si on veut que notre pays, que notre nation puisse compter puisse compter sur la place sur la scène internationale, il faut que nous ayons une influence industrielle évidente mais aussi culturelle. Et nous avons énormément perdu en matière d'influence culturelle.
Il suffit de regarder nos lycées, l'état de nos lycées français à l'étranger. Ça commence par ça. Ça commence par ça.
Il suffit de regarder les premières réductions budgétaires que nous faisons. Elles sont toujours sur la culture. Rappelez-vous la phrase de Churchill pendant la guerre la dernière guerre mondiale où on lui demande de réduire le budget de la culture et il répond "Mais si on réduit le budget de la culture pourquoi on pourquoi on se bat ?
On se bat pourquoi si ce n'est pas pour justement un modèle culturel, un modèle de de de civilisation ? Et donc nous devons nous prendre conscience en France que nous avons un travail considérable à faire sur le plan culturel. Regardez les regardez les gars femmes toutes américaines.
Et vous croyez que les Américains ne font pas de l'influence culturelle ? Ils ne font que ça, que ça. Et si nous ne voulons pas que notre jeunesse et notre population soit élevé au prisme américain, au prisme en tout cas de pays d'influence étrangère, il faut que nous ayons conscience que la culture française doit être un moteur essentiel de notre démocratie.
Voilà ce que ce que moi j'essaie. Et quand je pense au service public, je me dis que le service public est cet outil. C'est un outil indispensable.
Et c'est pour ça qu'il faut redéfinir sa position et sa mission. et que je pose la question à quoi ça sert si nous n'avons pas conscience au plus haut niveau de l'État que nous devons favoriser notre culture, favoriser nos artistes, favoriser la création, favoriser notre littérature, les adaptations et cetera et attaquer le marché universel, faire des plateformes numériques françaises ou européennes et bien nous perdrons cette influence là. Donc je le redis, le le la la culture, elle sert à éduquer, à élever, à faire qu'un peuple, comme le disait le général de Gaul, soit plus grand que lui-même.
Mais elle sert aussi à être fort sur la place internationale. Regardez l'art, le marché de l'art. Nous étions le premier marché il y a 20 ou 30 ans, nous ne sommes plus.
Tout ça, ça compte. Tout ça, ça compte et ça doit nous animer et et faire en sorte que le futur débat présidentiel porte aussi sur l'éducation, nos écoles euh et la place de la culture en France. Merci.
Alors, attendez monsieur rapidement parce que j'ai encore beaucoup de questions du rapporteur. Al en un mot monsieur Damel et monsieur T dans les dans dans très très vite dans les pistes sur lesquelles vous nous vous interrogez légitimement, il y a évidemment euh l'idée qui a fait l'objet d'un je crois une proposition de loi sur le sur le la holding. Bon, visiblement c'était il se passera rien avant la présidentielle.
Est-ce que ce sera un sujet de la présidentielle ? Ce serait peut-être et sans doute souhaitable, mais je pense que ça ne le sera pas. Simplement, moi j'étais dans la dans la continuité de ce qu'on a fait avec Patrick pendant pendant 5 ans, c'est-à-dire l'entreprise unique dans la continuité sur la philosophie.
Au départ, j'étais plutôt pour mais ça a été extraordinairement mal géré. Il s'est passé trois choses et puis j'en termine là-dessus. Donc c'est des leçons pour la suite.
S'il y a d'autres tentatives de d'addition des forces, c'est plutôt ça. C'est que ça a été présenté avec un objectif quasiment strictement financier, donc pas très mobilisateur pour les équipes. Deuxièmement, très politisé, c'est le projet de X, c'est le projet de Y et cetera.
Et troisièmement, il a manqué à mon avis et moi je là il y a marqué ancien directeur général de France Télévision, mais je suis très fier aussi d'avoir été directeur général et Michel en a été la présidente de Radio France qui est une maison formidable, magnifique. Je pense qu'on a pas suffisamment dans cette idée-là et j'ai compris la position de de Sibil Veille, euh évoquer la le la le maintien et le même le renforcement de l'identité de Radio France. On avait l'impression que c'est France Télévision qui allait gérer tout ça et cetera.
Donc ça a été très mal emanché. Mais c'est effectivement dommage Patrick parler du numérique. Là je suis pas un spécialiste donc je je voilà mais il y aurait une grande plateforme numérique euh audiovisuel publique ça serait extraordinaire là en terme de souveraineté ça serait extraordinaire.
Maintenant, c'est peut-être facile à dire ici. Je suis plus au banet, hein. Alors, monsieur monsieur qui voulait reprendre et je vous redonne la parole après parce que Merci monsieur le président.
Euh madame Cotar, votre parcours résume à lui seul presque la question des rapports entre les médias et le pouvoir. Vous avez été présidente de la haute autorité de la communication audiovisuelle, vous avez été présidente de Radio France, directrice de l'information à TF1, directrice générale de France 2. Vous avez été au cœur des nominations, des arbitrages et et des rapports de force entre l'exécutif et l'audiovisuel public.
J'aimerais revenir sur votre entretien sur LINA qui est paru en 2024. Dans cet entretien, il y a un chapitre encier qui est consacré aux relations entre les médias et le pouvoir. C'est le chapitre 12.
Vous expliquer notamment madame Cac que Pierre Desgroupes, directeur de l'antenne de d'antenne 2 sous François Miteran de 1980 à 1984, je vous cite "Ne déjeunez pas avec les politiques. Est-ce que vous diriez qu'il y avait à l'époque davantage de distance mise entre le pouvoir politique et les rédactions, les cadres de l'audiovisuel public ? Est-ce que peut-être avec un peu de recul vous avez l'impression que c'est aujourd'hui perdu ?
Allez-y monsieurier. Oui, je reviens sur un sujet la question abordé. Pardon Cota, excusez-moi madame Cot, il y avait une question madame Cota, allez-y madame Cota, excuse-moi.
Priorité non euh mais la question c'est une c'est une question quand on est journaliste, c'est une question qu'on se pose. Euh mais si vous voulez, lorsque j'étais journaliste de presse écrite, puisque c'est ma ma mon origine, lorsque j'étais journaliste de presse écrite, lorsque nous étions à l'express, nous avions une mission essentielle qui nous était forcée, qui nous était fixée par les deux co président de l'Express ou cirecteur de l'Express, Servan Schrebert, Jean-Jacques Saintchbert et François Girou, on nous disait "Voyez le plus possible de monde pour avoir le plus possible d'informations." Bon et c'est ce que nous avons fait.
Donc je maintiens que ça fait partie d'un boulot de journaliste et qu'au fond il était d'ailleurs plus facile de le faire peut-être il y a des années que maintenant où au contraire les hommes politiques sont tous armés d'un service de communication qui naturellement vous éloigne de l'homme qui doit parler. Enfin, c'est comme ça qu'on a tous que les les journalistes euh qui ont débarqué euh dans dans la presse depuis une cinquantaine d'années ont commencé à travailler. Ça ne me gênait pas du tout.
Euh au contraire, je ne pense pas je pense pas que parce qu'on déjeune euh ou qu'on voit un homme politique ou qu'on invite des hommes politiques à déjeuner ou des femmes politiques euh on est euh euh on est dans une situation euh euh de ville flagorneur. Je pense que quand on veut recueillir des éformations, il faut le faire. Maintenant, c'est autre chose quand on a des organes de direction euh et quand on occupe des des fonctions directorial ou des fonctions euh à la tête de la haute autorité ou au contraire, on doit pas chercher tellement à avoir des informations et on doit surtout pas chercher les influences, on doit surtout éviter les influences politiques qui peuvent jouer sur vous.
Donc au fond, euh moi j'ai l'impression d'avoir joué deux cartes dans ma vie mais euh euh nous sommes quelques-uns ne pas être devenus des journalistes politiques en je me rappelle Raymond Barillon de Monde qui était un vieux monsieur du monde qui disait "Faut jamais voir les hommes politiques, faut jamais les approcher." Mais moi j'ai toujours pratiqué le contraire et je pense que c'est dans une liberté de circulation entre les hommes politiques et les journalistes que se fait le journalisme. Et c'est comme ça qu'on peut se voir des points de vues différents, assurer une diversité de l'information et un des différents points de vue.
Donc l'accès à l'antenne ou l'accès à la réflexion des différents points de vue, moi je trouve que c'est pas tout seul qu'on se l'a fait dans un coin. C'est autre chose. On est libre vis-à-vis de ce qu'on voit et on reste libre vis-à-vis de ceux à qui on demandent des informations, ça c'est sûr.
Mais je ne vois pas comment on fait journaliste sans comment on fait le journalisme sans savoir ce que les gens pensent et sans savoir ce qu'ils disent directement. Très clair. C'est la conception du métier qui était qui était la nôtre et qui finalement était celle aussi de Patrice je suppose.
Mais alors monsieur voulait rebondir. Monsieur Raporant voulait rebondir. Allez-y.
Merci monsieur le président. Merci madame Cota pour votre réponse. Vous avez raison. vous az expliqué qu'il y a une liberté de circulation entre journaliste et politique, que c'est au fond un peu le le métier de journaliste d'aller s'entretenir avec des politiques.
Vous avez tout à fait raison. Mais dans cet entretien de LINA, vous expliquez qu'à l'époque, il était pas possible de deviner le positionnement politique des éditorialistes. Vous ajoutez notamment, je vous cite, on ne pouvait pas dire il y a quelqu'un qui est plutôt au centre, quelqu'un qui est plutôt à gauche, quelqu'un qui est à droite.
On ne pouvait pas le faire. Fin de la citation. Et quand on prend le sujet de l'affaire Patrick et Thomas Land, quand on entend Thomas le Grand dire, je vais rapporter ses propos précisément, nous on fait ce qu'il faut pour Dat Patrick, Patrick Len et moi en parlant à des cadres du Parti socialiste, en parlant de la campagne des municipales à Paris.
Est-ce que vous avez pas l'impression qu'aujourd'hui en tout cas dans ce que cette affaire a révélé, il peut y avoir une connivance et pas une liberté de circulation mais bien une connivance entre des politiques, des éditorialistes du service public et est-ce que parce que notre commission d'enquête s'intéresse à la neutralité du service public, il y a pas des gardes de fou à apporter aujourd'hui à l'heure de cette confusion. cette affaire, je suis surtout sensible au fait qu'une conversation puisse être écoutée de loin. Euh ça ça m'a Oui, enfin c'est vraiment la méthode aussi qui est euh qui est discutable.
Et ensuite je ne suis pas sûr que dans une conversation, on peut dire euh euh pour faire parler les gens, on peut dire "Oui, ça on s'en occupe." Mais euh voilà, donc je n'ai euh je trouve que j'ai gardé euh mon euh mon estime pour ces journalistes-là et pour Patrick Cohen notamment. Très clair, monsieur le rapporteur.
Ah, monsieur Dam, vas-y. Parce que moi je connais pas du tout le détail de les conditions dans lesquelles ça s'est fait. J'ai vu dans la presse des choses contradictoires, donc je veux pas porter de jugement là-dessus. simplement je je nous quand on a été confronté puisque vous parlez de Pierre des Group qui dirigeait une chaîne à ce moment-là, il était pas journaliste politique, il dirigeait une chaîne, il avait été producteur d'ailleurs en interne puisquil y avait que de la production interne à ce moment-là, des démissions formidables, cinq colonnes à la une et cetera.
Mais euh quand on a eu le problème financier après la suppression de la pub avant 20h, mais on a passé notre temps à voir des élus, des députés, des sénateurs qui nous ont d'ailleurs beaucoup aidé sur le plan budgétaire pour arriver à compenser euh la perte budgétaire que représentait le le l'absence de la pub après 20h. C'est tout à fait normal quand on est soit des dirigeants et pour les alors si je mets la casquette journaliste politique, j'ai un peu de mal à comprendre comment des journalistes politiques mais je donne aucune leçon, je déteste ça en plus. Mais en ce qui alors je parle pour moi, je je vois mal comment on peut être journaliste politique ou éditorialiste politique sans voir des sans voir des politiques.
C'est quand même comme ça qu'on comprend au-delà de leur déclaration publique, ce qu'ils ont vraiment dans la tête, ce qu'ils envisagent, leur stratégie et cetera et cetera. Voilà. Mais je s'il y en a d'autres et je sais qu'il y en a d'autres qui considèrent que il ne faut voir absolument personne et cetera, très bien.
C'est c'est ils ont totalement le droit de pratiquer leur métier comme ça. Mais je en tout cas moi je je pense que c'est la nécessité du dialogue et me paraît absolument évidente du dialogue avec tout le monde en très clair. Très clair.
Je vous remercie pour réponse. Oui. Ma question portait pas sur la nécessité du dialogue.
Évidemment qu'un journaliste pour bien faire son travail doit aussi se documenter, obtenir des informations. Et c'est quand ce journaliste ou cet éditorialiste du service public franchit la frontière et bascule dans une frontière militante où il va mettre ses moyens à disposition comme d'ailleurs monsieur Pigas qu'on auditionnera cet après-midi qui est producteur fondateur de la première société qui produit les émissions du service public qui explique qu'il mettra tous les moyens dont il dispose pour lutter contre la droite radicale y compris des moyens médiatiques. Voyz que cette porosité interroge.
Quelle est la limite entre l'exercice d'une mission de service public si importante et en même temps le militantisme, l'activisme politique qu'elle soit prise dans des contextes privés ou assumés de façon beaucoup plus publique comme monsieur Pigas. Je voudrais enchaîner peut-être sur sur une question, dernière question sur ce sujet-là, notamment sur vos propos. Monsieur De Carolise, vous avez déclaré, comme ça a été rapporté le 2 juillet 2008 dans le point, jamais je ne soumettrai mes grilles à un visa extérieur.
Fin lescitation. C'était un engagement assez fort qui a été prononcé dans un contexte, on l'a rappelé, de de tension à l'époque avec l'Élysée. Euh est-ce que tous les quatre lors de vos mandats respectifs, vous avez eu des pressions quelconques du pouvoir politique de l'Élysée, de Matignon, de certains ministres et comment est-ce que vous avez fait pour ne pas vous y soumettre ? peut-être voulez commencer monsieur Carolise donc vous c'était sous la 2000 oui je me souviens avoir prononcé ce effectivement cette cette phrase dans dans cette interview ça ça rejoint ce que je disais précédemment c'est-à-dire que nous avions été élus par le CSA sur enfin j'avais été élu sur au CSA sur la base d'un programme d'une intention et que cette intention là, je je je voulais l'appliquer.
C'était mon mon devoir par rapport au au CSA. Et c'est dans ce cadre là que j'ai j'ai dit cela. Je je soumets pas mes mes grill de programme à une quelconque autorité.
En revanche, je ne conteste pas euh le devoir de sanction si jamais euh je dérape et si jamais je ne suis pas cohérent avec ce que j'ai proposé au CSA. sur sur l'influence et la porosité entre le pouvoir et le service public. Je n'ai pas souvenir d'une quelconque injonction du président Chirak à mon époque, ni du président Sarkozy.
En revanche et je l'ai d'ailleurs écrit très très directement dans un livre que j'ai publié en 2016. Vous pouvez vous y référer, tout y est. tous les noms euh qui s'appelle les ailes intérieures.
J'évoque effectivement les agacements que pouvait ressentir euh monsieur Sarkozy à à l'époque vis-à-vis de tel ou tel animateur ou journaliste et cetera, mais c'était de l'ordre de l'agacement. que monsieur Sébastien à votre place il y a quelques jours nous a indiqué que Nicolas Sarkozy vous aurait demandé sa tête. Alors, on ne demande pas la tête de quelqu'un pour vous savez quand vous êtes le président de la République, vous ne dites pas "Je veux tête".
Mais vous montrez un certain nombre, comme je le dis, d'agacements qui fait vous fait comprendre que si vous pouviez l'enlever de l'antenne, ce serait bien. "Nous n'avons jamais oempéré à une quelconque demande ou agacement." Euh c'était notre liberté, c'était notre façon de de d'agir.
Et les noms qui pouvaient agacer tel ou tel, que ce soit Franz Olivier Gisbert, que ce soit euh Patrice Duamel, que ce soit Harlette Chabau, euh pouvait agacer le président de la République, je n'ai jamais cédé à à cela. En tout cas, ça n'a jamais eu d'influence sur moi. Et je vais même vous dire une chose et je l'ai écrite.
Quand le président Sarkozy au mois de juin 2010 me convoque à l'Élysée pour me renouveler, sa confiance et pour 5 ans puisqueil avait changé la loi et que la loi n'était plus une élection mais une nomination. Il me propose de continuer et il me pose la question aussi clairement que ça en me disant et ton équipe sous-entendu, j'espère que tu vas changer un certain nombre de personnes qui pouvaient correspondre à ces agacements dont je parlais il y a un instant et je lui ai dit "Monsieur le président, si vous me reconduisez, c'est parce que j'ai bien travaillé et que si j'ai bien travaillé c'est parce que j'avais une bonne équipe et donc je repars avec la même équipe et il me regarde et il me dit "Bon bah, j'ai toujours pas pris ma décision, on se revoit dans quelques jours." Et effectivement, on s'est revu quelques jours après dans les mêmes circonstances où il m'a annoncé "Ne vous reconduisez pas que je ne t'ai pas reconduit." Donc voilà, je vous vous portez une programme, vous portez une c'est plus qu'un agacement, monsieur Carolis.
Comment ? Donc c'est entre le mot pression du rapporteur et votre mot agacement, il y a peut-être un une gradation des mots. C'est peut-être pas qu'un agacement.
Je vous laisse juge, je vous laisse ce juge, mais je vous rapporte les faits euh tels qu'ils ont été euh tels qu'ils se sont produits. Voilà. Peut-être.
Monsieur Tessier, vous avez connu le président Chirak. Est-ce que est-ce est-ce une pause ? On a bientôt terminé.
On a tout on a bientôt terminé. Je crois que le rapport peux je peux ajouter un mot ? Attendez.
Parce qu' il va falloir qu'on termine dans pas de longtemps. Attendez, il faut qu'on termine dans pas très longtemps et le rapporteur encore quelques questions sur le sujet ou oui, c'est c'est un rebond sur le sujet. Je vous laisse répondre au rebond à vous notamment madame Cota.
Vous avez présidé la haute autorité de la communication audiovisuelle de 1982 à 1986 instance qui était précurseur du CSA. Vous avez donc été des deux côtés du côté dirigeante de l'autovisuel public et et présidente de l'instance censé le contrôler. Et dans cet entretien à LINA en 2024, vous évoquez explicitement les pressions que vous avez subis de la part du pouvoir politique.
En 1986, Jacques Chiraak vous annonce dès son arrivée au pouvoir. Je le cite, bah excuse-moi, mais tu gicles, fin de la citation. Ce sont les propos que vous avez vous-même rapporté dans le reportage empreinte de 2010.
Comment est-ce que vous avez vécu ces pressions là et quelles ont été derrière les garanties que vous avez prises ? jamais très optimiste de nature donc je m'y attendais. Ça c'est pas un problème.
Après non mais à la haute autorité, j'ai surtout eu des problèmes sur un un terrain grève avec le président de la République François Mitteran puisque lui voulait se débarrasser de de Pierre des groupes et j'ai tout fait pour garder Père des groupes. On l'a gardé d'ailleurs et lorsqu'il est parti atteint par l'âge de la retraite euh et qu'on l'a remplacé, je n'étais pas d'accord. et je l'ai fait savoir avec le la personne qui m'a été proposée.
Bon donc j'ai eu effectivement ce genre de pression mais à la haute autorité je dire je je m'y attendais je m'y attendais ça pas alors quitter la haute autorité je vais vous dire d'un certain côté c'était un soulagement formidable parce que c'était très difficile et àoser et et de l'autre côté lorsque Jacques Chirac m'a dit exactement poussinette comme à sa manière un tuicle euh j'ai dit je m'y attendais mais j'ai noté que contrairement à à Valérie Jusquerdestin. Pendant toute la période de la haute autorité, Jacques Chirac avait joué le jeu et avait saisi lui-même la haute autorité de de problème. Donc je ne peux pas dire que c'était des des pressions.
Il avait joué le jeu de la haute autorité et il jouait le jeu après de François Léotard qui pensait que la haute autorité ne servait à rien et qu'il fallait la remplacer d'urgence. Ah, il y a il y a un rebond du rapporteur sur l'indépendance et les pressions et je laisserai ensuite monsieur Duamel et monsieur TC qui voulaient réagir à cette question des pressions politiques du rapporteur. Enfin, du politique question posée par le rapporteur.
Oui, je je vous pose effectivement cette question notamment sur le l'indépendance réelle du CSA maintenant Arcom et du pouvoir politique. Est-ce que ça n'a pas toujours un peu fonctionné comme une chambre d'enregistrement ? Si je vous pose cette question, c'est parce que on a entendu les propos d'Olivier Shamc, l'ancien président du CSA en 2015 qui sous serment dans une précédente commission d'enquête a révélé que François Hollande alors président de la République qui s'était pourtant engagé lors du débat du deuxème tour face à Nicolas Sarkozy que lui président de la République ne se mêlerait pas au processus de désignation des présidents de République.
Et bien, monsieur Shrelc a expliqué que Franço Hollande lui avait décommandé une ou deux personnes concurrentes de Delphine Air dans le cadre de la nomination de Delphine en 2015. Des faits et des révélations qui, on peut le dire sont quand même très graves parce que ce serait une violation de la loi et ce serait une intervention directe du même président de la République qui pourtant avait voulu apporter une indépendance totale à l'Arcom. Donc, est-ce que vous pensez que ce type de pratique d'intervention directe de l'Élysée pour la nomination des présidents de l'audovisuel public est une pratique saine ?
Est-ce qu'elle vous paraît normale ? Est-ce que au fond il faudrait pas arrêter l'hypocrisie et donner euh à l'État, au président de la République, la possibilité, comme l'a fait visiblement François Holland dans une tentative d'intervention les dirigeants de l'audiovisuel public ? Euh, vous posez toutes les questions de d'une instance de régulation.
Est-ce que telle qu'elle était définie en tout cas, est-ce qu'on pouvait vraiment euh moi j'ai ressenti au moment de la haute autorité, est-ce qu'on pouvait nommer des personnalités dont on savait qu'elles étaient une espèce de torchon rouge euh pour la présidence de la République et pour le gouvernement qui lui-même distribuait le budget du service public. Donc des des gens qu'on nommait, donc vous voyez, c'était très difficile. On ne pouvait pas nommer un quelqu'un qui était encore une fois qui prend était un chiffon rouge.
Donc oui, il y avait des négociations enfin préalables en disant euh moi je m'en tenais à euh s'il y a un feu rouge, il faut pas le faire. Maintenant les feux verts, c'est à nous de les donner. Mais un feu rouge était une pour une instance de régulation était une manière de se condamner à terme et d'ailleurs c'est comme ça que la haute autorité s'est finalement arrêté a été remplacée.
Donc je crois que il y a un moyen terme entre défier euh le le président de la République, le gouvernement et cetera et euh se conformer exactement comme il le désire. Voilà. Et je trouve que de ce point de vue-là, l'ARCOM a bien évolué et que les instances de régulation maintenant sont au au meilleur de leur fonctionnement.
Très bien. Monsieur Duamel, vous voulez réagir de choses d'abord des sur la question sur les pressions euh ça dépend ce qu'on appelle une pression, des interventions du politique, de l'économie, des syndicats et cetera, de tous les acteurs de la vie publique. Il y en a sans interruption.
Le problème est de savoir comment on y fait face si on voilà c'est c'est c'est ça c'est ça le sujet. Nous on nous demande sans arrêt compte tenu nos nos longs parcours. Enfin je parle pour moi.
Alors les pressions des exemples et cetera bien entendu. Mais il y en a il y en a sans interruption sans arrêt. J'en ai j'ai jamais connu des moments où il y en avait pas pour être clair.
Alors maintenant sur l'ARCOM moi pardon je parle à mon nom personnel. D'ailleurs, je je vois pas pourquoi je parle nom de quelqu'un d'autre. Je suis plus en responsabilité.
Je suis hostile au mode de nomination actuelle et depuis le début. Je pense que c'est trop politique. Je pense que c'est pas normal que le président de la République choisisse le président ou la présidente de l'instance de régulation.
Je trouve que quand imaginez que c'est déjà arrivé d'ailleurs une seule fois je crois avec la gauche sous François Hollande qui avait à la fois l'Élysée, la majorité large à l'Assemblée et la majorité au Sénat. À ce moment-là, vous avez la possibilité, s'il y a un arrière-pensée politique, de nommer les gens qui pensent tous la même chose. Moi, je suis hostile.
J'ai une proposition que j'avais déjà faite. Ça figurait d'ailleurs, monsieur, dans vos dans le papier qu'on a qu'on a reçu. Moi, je trouve à partir du moment où les parlementaires votent le budget, je trouverais normal que les commissions des affaires culturelles de l'Assemblée et du Sénat nomme à une majorité qualifiée, comme ça, il y aura pas de caractère partisan.
Donc des 3/5e, la majorité qualifiée, les membres 5 7 9, j'en sais rien en tout aujourd'hui c'est 9 de l'ARCOM, du CSA hier ou de la haute autorité avant et cetera. La CNCL c'était beaucoup plus compliqué. il y avait les conseillers d'État de la Cour des comptes et cetera et cetera. comprenait pas grand-chose.
Et j'ajoute même que je trouverais normal que ces neuf membres étant choisis avec des auditions publiques, euh ils élisent eux-mêmes leur présidents ou leur présidente. Et je pense qu'il faut couper au maximum le lien entre la politique exécutif, je parle bien de l'exécutif et l'instance de régulation, mais je suis peut-être tout seul à penser ça, hein. C'est-à-dire que pour bien comprendre, vous proposez que les neuf membres soient nommés soient nommés par les deux membres des commissions des affaires culturelles de l'Assemblée et du Sénat à la majorité qualifié.
Ça c'est l'article 13 de la Constitution qui prévoit effectivement pour certaines nominations, pas celle de l'ARCOM, mais pour certaines nominations, c'est comme ça que ça se passe. Vous avez parfaitement raison, hein, c'est l'article 13 de la Constitution et et ça existe pour certaines nominations. Donc, vous proposez d'avoir recours à cet article pour la nomination des membres de l'ARCOM et ensuite que et que les le neuf membres, si c'est neuf, élisent leur président.
Clair, il sera plus il sera plus nommé par le président de la République que symboliquement ça représenterait quelque chose. C'est sûrement une piste à C'est sûrement une piste à creuser 35e l'article sur la majorité qualifié sur sur le mode de domination effectivement qui avait été calqué pour la haute autorité sur le conseil constitutionnel. il n'est pas dit qu'en matière d'audiovisuel euh on doit absolument le garder.
Moi je trouve qu'effectivement une nomination par les commissions, les différentes commissions serait plutôt bienvenue. Très clair. Et vous avez une question sur les nominations sur pas ?
Alors c'est oui, c'est un peu dans dans cette ligne là, notamment peut-être sur la limitation des mandats euh des présidents de l'audiovisuel public. que le 14 mai 2025, Clarkom a décidé de renommer Madame Airnut pour un 3è mandat consécutif à la tête de France Télévision. Bon, ce qui est inédit, est-ce que vous vous auriez accepté une telle longévité, une telle de d'être conduite pour enfin d'être reconduit parce que je m'adresse à vous pour un temps aussi long ou est-ce que une entreprise de cette taille- làà avec une telle responsabilité n'a pas une nécessité aussi de renouvellement pour éviter aussi peut-être des injonctions, des biais qui peuvent être qui peuvent se révéler avec le temps ne me choque pas. une troisème une troisème nomination ne me choque pas à partir du moment où euh euh c'est la l'autorité de régulation ou qui la qui la formule, ça ne me gêne pas, je dois dire, mais je remarque que beaucoup de maires ont été exclus au bout de leur 3è mandat dans les dernières élections municipales.
Donc peut-être que le 3ème mandat est celui de trop, j'en sais rien. Je ne vois pas la raison si ça marche en tout cas s'il y a pas de reproche à faire. Je je ne Alors si ça si si vous dites que ça marche pas, moi j'en sais rien mais en tout cas je vois pas l'interdiction d'un troisème mandat.
Voilà. Moi je voudrais juste aller au bout de cette nomination. Donc on a traité la question de président de ou président de l'ARCOM.
Enfin en tout cas vous avez formulé une proposition monsieur Damel. Euh je suis le rapporteur moi de la loi qui vise à créer une holding de l'Uel public. rapporteur avec ma collègue Virginie Lumüre.
On s'est posé la question de la nomination du président ou de la présidente de France Télévision de Radio France donc des dirigeant de l'audiovisuel public. Il y a plusieurs options là là. Là aussi une des propositions qui avait été faite dans le débat public he c'était pas la la mienne, c'était de dire après tout c'est un dirigeant d'entreprise, il y a des conseils d'administration pourquoi ce ne sont pas les conseils d'administration qui nomment les des Alors c'était pas mon postulat mais c'était une des propositions je vouis vous faire réagir et je le fais à dessin en prenant cet exemple là.
L'autre option c'est de continuer le système actuel qui est une nomination de de de l'ARCOM. Enfin quel est votre quelle est votre vision sur sur le sujet ? juste sur les conseils pardon sur les j'y suis hostile pour deux raisons ou alors faut changer la composition parce qu'il y a trop de représentants de l'État donc c'est les conseils d'administration avec des représentants de l'État et des personnalités qualifiées euh qui ont été je crois choisies par l'Arcom il me semble hein pour certaines d'entre elles les personnalités qualifiées qui sont dans les conseils d'administration donc ça serait un petit peu biaisé et par ailleurs je pense que les nominations par les conseils d'administration favoriserait énormément le président ou la présidente sortante.
Sortant ou sortante. D'accord. Je veux dire que ça ça ne fait que déplacer le problème.
C'est-à-dire qu'il faut savoir qui choisit le conseil de l'administration et qui choisit les membres du conseil d'administration. Donc on peut être d'accord avec ça, sauf effectivement si la majorité est déjà acquise à quelqu'un ou à l'État. Donc ça déplace le problème sur la nomination des membres du conseil d'administration.
Et juste monsieur Carol par le rapporteur. Est-ce que si vous pensez on va faire un peu de politique fiction mais si votre si c'était pas le président qui nommait et les règles en vigueur actuelle c'estàdire de l'ARCOM, vous auriez été sans doute reconduit. C'est ce que je veux dire par là c'est c'est est-ce que l'ARCOM effectivement la nomination par l'Arcom garantit quand même un peu plus l'indépendance par rapport aux politiques.
Même si le président de l'Arcom est nommé comme on l'a dit. Enfin vous voyez ce que je veux dire ? C'est c'est il y a un lien entre l'art comme politique, ne serait-ce qu'en raison des nominations, mais est-ce que la la nomination des patrons et des dirigeants de l' duel public par l'ARCOM donne un peu plus de d'indépendance vis-à-vis du pouvoir politique ?
À votre sens ? Sans doute, monsieur le président, sans doute. Euh moi je sais que lorsque j'ai terminé mon mandat, le président de la République avait changé la loi pour pouvoir nommer le président.
Euh je me souviens à l'époque avoir eu un un communiqué de presse euh de du CSA de l'époque extrêmement élogieux sur ma mandature euh ce qui n'a pas euh inspiré le le le président de de l'époque. Donc je pense que ce qui peut éloigner laarrivée d'un d'un président ou d'une présidente à la tête de l'audiovisuel du pouvoir central, c'est-à-dire du président de la République est une bonne chose. À l'intérieur de l'ARCOM, cela me semble plus judicieux qu'au sein du conseil d'administration. effectivement euh voilà après la façon dont l'arcom peut être constitué, ça demande ça demande débat monsieur le Oui, parce qu'on on a vu par exemple d'anciens dirigeants d'ors c'est toujours pareil mais effectivement par conséquent d'anciens dirigeants de France Télévision de Radio France qui deviennent membres de l'ARCOM ce qui peut poser questions et en même temps il faut bien des spécialistes des médias enfin c'est une question importante mais il faudra il faudra aussi qu'on qu'on y travaille sur ces modes de nomination.
Monsieur le rapporteur, oui, de deux dernières questions. Une question pour vous euh madame Cotal, lorsque vous étiez directrice générale, enfin vous étiez directrice générale lorsque François Literan a été interviewé, c'était le 14 juillet 1992 par Anne Saintcler et Christine Okrent qui étaient les épouses de deux ministres de son gouvernement d'alor. Vous étiez alors élevé contre ce choix qui pouvait être de nature à jeter le discrédit, en tout cas en apparence sur l'audiovisuel public.
Est-ce que selon vous il y aurait des gardes fous à mettre en œuvre pour prévenir tout risque de conflit d'intérêt notamment politique dans le l'information du service public de l'audiovisuel ? Très je suis en tant que femme très gênée quand on me pose ce genre de question. Anne Saintclair et Christine Crint étaient incontestablement deux professionnels tout à fait formidables euh qui ont été reconnus comme tel.
Euh je euh je ne sais pas Anne Saintclair a eu je ne sais pas combien de se d'or dans la meilleure journaliste de France. Ça a été aussi le cas de Christine Crinte. Bon, alors en tant que femme, moi j'ai un un un mari que j'aime beaucoup, mais je ne partage pas toutes ses opinions et je me suis toujours senti libre de dire et d'écrire ce que je voulais.
Même euh en revanche pour les élections présidentielles ou pour les élections législatives, je comprends que des gens qui peuvent être que des femmes qui peuvent être directement plus proches des gens comme l'a été Béatrice par exemple à France I qui avait qui avait démissionné. Mais je me dis après tout alors on est dans un monde où si on est marié à un homme qui est ministre, on est obligé de s'en aller même si on est une grande professionnelle. En revanche, j'ai jamais vu un homme grand professionnel s'en aller parce que sa femme était au gouvernement.
Je sais pas si c'est si ça a été un jour le cas, mais je trouve que c'est une façon de traiter les femmes comme si les femmes qui ressemblent plus à notre époque comme si les femmes étaient absolument dépendantes de leur mari. comme si comme sous la 3è République, on refusait le droit ont refusé le droit de femme le droit de vote aux femmes parce qu'elle pensait comme leur mari. Voilà, ça m'a toujours gêné.
Ceci étant, avec ce que je viens de dire là, c'était deux grandes professionnels, je pense que ça n'était pas très habile et que les gens ont pu, certaines personnes ont pu trouver que c'était une intervention majeure. Mais encore une fois, la professionnalité de ces deux personnes me paraissait leur éviter ce genre de de remarque. Et et mais je et en effet, il y en a pas eu tellement.
J'ai regardé justement l'autre jour ce qui s'était dit pendant cet entretien et c'est un entretien qui finalement n'aura pas marqué euh dans la 5e République ni dans les entretiens de François. Merci un rebond du rapporteur puis je laisserai je vous laisserai répondre à cette question qui est importante. Allez mon rapport.
Oui. Merci madame Clot. Si je vous pose la question c'est parce que à l'époque vous étiez élevé contre ce choix éditorial.
Donc ce n'est pas ce n'est pas mon mon avis. Je je vous pose la question parce queà l'époque ça vous avait ça vous avait ému. Bon visiblement aujourd'hui vous auriez pas forcément eu la même lecture mais c'était la raison pour laquelle j'avais peur de la réaction des des d'un certain nombre de la presse et d'un certain nombre de téléspectateurs.
Mais je me lais je me l'étais posé à l'époque. Je trouvais je trouvais qu'elles étaient tout à fait dignes de faire un entretien du 14 juillet, moi en quoi j'avais peur plutôt des réactions pour nous. Alors très clair, avant que le rapporteur vous pose une dernière question sur votre sujet, moi j'aimerais bien quand même on aille au bout de cette question du rapporteur qui est un vaste sujet qui est un sujet compliqué qui est un sujet important parce qu'il se déroule ou s'inscrit dans un dans un moment où la confiance des Français dans les médias et les journalistes et dans les politiques d'ailleurs.
Nous y sommes aussi enfin nous en sommes partis de cette crise de confiance. Mais en tout cas, il y a une crise de confiance dans les médias, dans les journalistes. Et c'est vrai que les liens entre les journalistes, les politiques peuvent alimenter, peuvent créer, peuvent susciter cette crise de confiance et donc avoir des règles claires.
Le rapporteur a parlé de garde-de fou qui permettent d'éviter à cette heure de la suspicion généralisée, parfois même du complotisme, de garantir que les règles sont strictes et que les conflits d'intérêt sont évités à chaque instant me paraît important. On a eu du on a posé la même question à plusieurs plusieurs intervenants. On a eu du mal à identifier des règles précises, mais je pense que les règles précis en la matière sont essentielles.
Peut-être que si vous avez quelques recommandations pour garantir pour garantir effectivement que que l'audiel public se prémunit de tout forme de conflit d'intérêt ou en tout cas de toute suspicion parfois de conflit d'intérêt ou de mélange des genres. Ce qui est ce c'est c'est extraordinairement difficile mais je vais vous répondre parce que depuis ça fait 40 ans hein, c'est ça ? Non.
Oui, ça fait plus de 30 ans que s'est déroulé cette interview, monsieur le rapporteur. Donc les choses ont et c'est très bien comme ça, heureusement évoluer sur ce queon appelle le le féminisme. Et c'est très bien comme ça.
Après, où monsieur le président, je partage totalement votre questionnement, c'est que le le le regard des Français aussi a évolué, mais dans l'autre sens, c'est-à-dire dans le sens de la de la méfiance. Nous, on a eu deux fois à traiter le sujet avec Patrick, avec Béatrice Schnberg et avec Marie Drucer. Et bon bah à chaque fois, elles ont dû quitter la présentation du journal.
Euh j'ai eu un nous avons eu et ça me concernait euh familialement une décision à prendre qu'on a prise immédiatement la campagne de 2007 où mon frère Alain s'est fait piéger dans une réunion un débat avec des étudiants à Sciencep où quelqu'un l'avait filmé. Il savait pas qu'il était filmé où il avait dit queil pourrait très bien et pourquoi pas voter pour François Baou. On l'a immédiatement suspendu.
C'était mon frère aîné. C'était quand même pas facile. On l'a immédiatement suspendu de l'antenne pendant toute la durée de la campagne.
Et voilà, je pense que et parce que le regard des Français aussi comme c'était parti comme un feu de paille, ça circulait partout. Euh voilà, je je pense qu'il faut prendre en compte à la fois les le professionnalisme et Michel a raison sur le professionnalisme de de Christine et de et d'Anne euh mais aussi le regard des Français qui qui demande qui demande l'exemplarité la plus totale. Et par exemple, je je suis d'accord avec puis si vous enchaînez en posant la question sur ce qu'a dit laa Salamé, je trouve ça parfaitement bien vu.
C'est-à-dire à partir du moment où où son compagnon serait candidat, il est évident qu'elle ne peut pas rester présentatrice du journal de 20h. Elle l'a dit, je trouve que c'est c'est une c'est une excellente règle. Alors alors non alors une dernière question du rapport.
Merci monsieur le président. Une une dernière question sur plutôt le l'information sur l'audiovisuel public, vous le savez mais sur les depuis que Delphine Arnut est arrivé à la tête de France Vision depuis 2015, il y a eu sep directeurs de l'information sur TF1 depuis 2015, il y en a eu qu'un seul. C'est d'ailleurs la personne que Delphine Ern a choisi de remercier à son arrivée à la tête de France Lévision.
Et plus récemment, on a appris que la supervision de la direction de l'information était confiée au numéro 2 de Delphine Arnut, monsieur Sid. Simon Gomez qui donc devient de fait patron des près de 3000 journalistes de France Télévision, qui n'a jamais été journaliste, qui n'a jamais disposé de la moindre carte de presse et plus préoccupant encore qui n'avait travaillé avant d'arriver chez France Télévision que pour un parti Europe écologie les verts. Donc très loin d'ailleurs de la sphère médiatique mais une sphère de militantisme et et de politique.
Est-ce que ça vous paraît sain que l'information de l'audiovisuel public soit confiée à une personne dont la seule expérience a été l'activisme politique ? Quel que soit le parti à nouveau, mais a été l'activisme politique, une personne qui n'a pas été journaliste, qu'est-ce que ça dit au fond peut-être de la confusion entre information et et politique ? Moi je vas-y monsieur Carolise vousz allez-y.
Écoutez on est là pour pour dire ce que l'on pense réellement et on so c'est mieux c'est mieux en plus au ch je trouve ça choquant. Voilà choquant. Euh les journalistes doivent être dirigés par des journalistes.
Voilà. Euh maintenant je connais pas plus de de sur le cette personne là donc je n'en dirai pas plus mais et donc le directeur de l'information tel que vous me présentez la chose je trouve ça choquant. Donc directeur de l'information parce que donc il y a un directeur de lain formation donc les journalistes sont dirigés par le directeur de la formation qui comme l'a rappelé le rapporteur est sous l'autorité d'un directeur monsieur S Bob.
Vous nous dites que le directeur de l'information doit être attaché au président, c'est mieux, ou à la présidente. Oui, mais ça c'est un sujet d'organisation. Là, moi je réponds sur la personnalité.
Voilà. Est-ce qu'il y a une carte de de presse ? Est-ce que c'est un journaliste ?
Et un journaliste est directeur ou de de rédaction, mais c'est pas à quelqu'un d'autre d'être de diriger une équipe journalistique. Je ne comprends pas d'ailleurs que les journalistes aient accepté cela. Voilà.
Après, qu'il soit directement rattaché ou pas. Attendez monsieur Gre le directeur de l'information de France Télévision monsieur Corbet a la carte de presse est un journaliste dans l'organisation qu'a mise en place madame madame Hernot et que le rapporteur a a indiqué pour la première fois je crois dans l'histoire de France Télévision le directeur de l'information qui est un journaliste qui a la carte de presse qui est monsieur Corbet ne sera pas rattaché directement à France à la direct à la présidente de Francevision mais à un directeur des antennes et des programmes et et c'est vrai qu'on se demande du coup d'accord pardon alors je je je c'est C'est c'est pardon monsieur le président euh non non mais je j'ai Non non non mais j' maisorteur j'explique la situation parce que je voulais pas que monsieur le Carolis réponde sur une organisation qui n'est pas celle-ci ça ne change rien parce que monsieur le président monsieur j'ai l'impression que vous vous venez en défense de cette gouvernance de France Tévision qui est plus que contestable on a appris il y a quelques semaines qu'une réforme était menée et que l'information et 3000 journalistes seraiit rattaché à une personne qui n'a pas de car de presse C'est un fait inédit. C'est pas le N + 1, c'est le N + 2, mais c'est un fait inédit.
Et en plus, il a été un activiste politique avant de rejoindre France Vision. Pas du tout. Donc ça ne change pas, ça ne change rien à à la question posée.
Pas du tort, pas du pas du tout en défense parce qu'en plus attendez monsieur, pas du tout en défense que je fais attention après sur les réseaux sociaux tout est déformé. Je suis plutôt d'accord avec le rapporteur en interrogant sur la situation comme je voyais monsieur le rapporteur, monsieur de Carolis réagir à une organisation qui était pas exactement celle en place. Je voulais être précis mais vous avez parfaitement raison et on est plutôt d'accord d'ailleurs sur ce sujet vous et moi monsieur le rapporteur.
C'est vrai qu'aujourd'hui le directeur de l'information c'est un fait et qui est un journaliste qui est monsieur Corbet n'est pas rattaché à la présidente de France vision. Il y a quelqu'un au-dessus de lui qui lui n'a pas la carte de presse et qui n'a jamais été journaliste. Oui.
Alors la confusion vient du fait que j'avais compris effectivement que la direction de la rédaction a était dirigée par un non journaliste. Donc je reviens sur ce que j'ai dit. Je pense qu'une direction de rédaction doit être faite par une carte de presse après ce rattachement à une personne qui ne l'est pas.
Ça c'est un problème d'organisation. Mais dire qu'il est rattaché à telle personne parce qu'il n'a pas la carte de presse ou au président de France Télévision qui n'a pas non plus la carte de presse et tout président de de de France Télévision n'a pas forcément une carte de presse. Donc il est forcément rattaché à quelqu'un qui n'est pas qui n'est pas journaliste.
Donc pour moi c'est pas un sujet. Si si je peux ajouter juste monsieur le président euh c'est pas la première fois parce que moi j'étais euh directeur général chargé des antennes euh et cetera diversification avec Patrick et et j'avais autorité sur l'information. Alors j'avais j'avais certes une carte de presse.
OK mais donc c'est pas la première fois. Non juste vous az une carte de presse il faut il faut rentrer. Pardon monsieur le rapporteur je crois que mais vous avez une carte de presse.
Une carte de presse ? Oui oui bien sûr. Mais c'est ce que je viens de dire.
D'accord. Non, mais parce que le président a dit c'est la première fois que sans carte de presse. Ah oui, d'accord.
Pardon, j'avais mal entendu la fin. Pardon. Euh il faut il faut je ma femme un jour voulait a voulu écrire, elle va peut-être le faire, j'espère, écrire un livre qui s'appelait Éloge de la complexité.
Je pense qu'il y a des moments où il faut rentrer dans le détail des choses et dans leur complexité. Euh si le cas que vous évoquez, ça voulait dire que le directeur général allait dans les conférences de rédaction euh éventuellement disait "Vous devriez inviter ce soir X, Y ou Z dans le journal, vous devriez plutôt ouvrir le journal sur telle information et pas sur tel autre et cetera." À ce moment-là, ce ne serait pas normal.
En revanche, si c'est une nomination fonctionnelle, ce que moi personnellement j'ai compris, mais je je n'y suis plus, pardon, je n'y suis plus. Mais si c'est une responsabilité fonctionnelle qui permet, moi quand j'étais soit à la 2, soit à la 3, puis à France Télévision, dans ces trois responsabilités, à la direction générale, euh j'avais autorité sur l'information mais je n'allais j'ai pas je suis pas allé une seule fois en conférence de rédaction et j'ai jamais vu un conducteur, jamais demandé le conducteur du journal. On avait un accord, nous on a eu on a eu Arlet de Chavau pendant 5 ans qui était une merveille d'autorité, de légitimité.
Elle était formidable. Quel intérêt ? Voilà.
Quel intérêt ? Parce que vous vous êtes dans une stratégie globale. Je prends pas la défense de cette décision.
Je dis qu'il peut y avoir une forme de cohérence de c'est c'est lui qui en accord avec Corbet qui est un très grand professionnel. Moi, je suis pour France Télévision, je suis très content de cette nomination d'ailleurs. Euh pensez pas qu'à un temps monsieur Gam pardon j'inter vous pensez pas qu'à un moment où il y a une crise de confiance dans l'information où l'information doit être protégée, sacralisée, indépendante, pluraliste, fiable, c'est important que queil y ait une sorte de de de de d'indépendance totale de la direction de l'information qui ne soit rattachée qu'à la présidence.
Est-ce que vous pensez pas que, et vous en plus vous aviez la carte de presse, est-ce que vous pensez pas que la personne qui a autorité infin, vous avez pas d'autorité, vous avez dit "J'avais autorité sur l'information, je vous cite, vous aviez une carte de presse. Est-ce que vous ne pensez pas que la personne qui a donc autorité sur l'information, j'emploie vos terme puisque c'est effectivement vous avez parfaitement raison de le rappeler, on aurait pu le faire avec le rapporteur finalement la même organisation qui était celle à votre de votre temps puisque vous étiez un peu le pendant de monsieur S Bongom à peu près les mêmes fonctions si on a bien compris que monsieur le rapporteur mais vous aviez une carte de presse donc est-ce que il y a un sujet sur le fait que la personne qui a autorité sur la formation n'est pas de carte de presse la présidente non plus a pas de carte de presse oui les présidents non La présidente, elle a une responsabilité, elle est elle est la dirigeante de l'entreprise, elle a une responsabilité pénale. C'est c'est différent.
Ouais, je laisse. C'est une différence Néiale et pénal. Allez-y.
Encore une fois, s'il était avéré ou s'il se produisait que il prenait des décisions journalistiques sur telle ou telle chose, ça poserait un problème. Moi ce que j'ai compris c'est que c'était une organisation, une décision d'organisation fonctionnelle. Ça veut dire quoi autorité ?
Ah bah fonctionnel, c'est la question. Non non, vous avez dit je lu autorité sur l'information. Vous avez dit j'avais autorité sur l'information.
Oui, le le directeur de l'information, c'est lui qui a l'autorité sur la sur la rédaction. Bon, mais il faut au-dessus qu'il y ait quelqu'un qui dise "Bon bah là les Américains et les Israéliens bombardent l'Iran qui répliquent. Est-ce qu'on fait une spéciale ce soir ?" Ils en discutent tous les deux.
C'est c'est la partie c'est la partie de l'antenne qui concerne l'information. si je peux être plus clair, mais c'est pas à moi de définir les contours de la voilà, je pense que je maintiens que s'il allait par exemple une tous les jours bien entendu non ou même une fois par semaine en conférence de rédaction pour dire voilà ce que je pense, ça serait pas possible. C'est c'est je l'ai pas compris que ça se passait comme ça, que c'est le directeur de la fau qui a vraiment la légitimité et l'autorité pour diriger la rédaction.
Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir répondu à nos questions de manière approfondie et nous a permis aussi de d'éclairer des questions importantes pour nos pour nos travaux.
Patrick De Carolis