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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 8 juin 2023 21 min

L’Interview Politique – Sébastien Chenu, vice-président RN de l’Assemblée Nationale, député du Nord, invité d’Adrien Gindre dans Les Matins LCI

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Sébastien Chenu

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci beaucoup d'être là ce matin. Aujourd'hui devait être examinée l'abrogation de la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale. Je dis devait parce que la présente de l'Assemblée a d'ores et déjà déclaré que les amendements prévoyant cette abrogation étaient à ses yeux irrecevables, aux yeux de la Constitution selon elle. Le groupe Liotte qui avait déposé cette proposition dénonce une attaque inédite contre les droits du Parlement. Plusieurs oppositions sont exprimées hier. La France Insoumise par exemple qui dénonce un coup de force, qui dit que les droits du peuple sont remis en cause. Qu'est-ce que vous dites vous ?

0:35
Présentateur

Je crois qu'il y a pour la première fois finalement dans notre Ve République un écrasement du Parlement par la volonté de l'exécutif, par la volonté du Président de la République. Pas par la Constitution ? Non, non, non. Il y a toute une rhétorique autour de la faisabilité, la recevabilité de la proposition de loi et des amendements du groupe Liotte sur l'abrogation de cette loi sur les retraites. On peut en parler. On peut même se dire que oui, techniquement peut-être, on pouvait regarder cela et les déclarer irrecevables. Sauf que dans la pratique, ça ne se fait jamais.

En fait, dans la pratique, vous ne déclarez jamais irrecevable un texte qui a été déclaré par le bureau de l'Assemblée nationale. Un texte qui a été recevable, qui a été gagé, c'est-à-dire qui a été financé dans sa présentation par ses auteurs. Et vous allez au débat tout simplement et au vote.

1:25
Sébastien Chenu

La présente de l'Assemblée. Donc vous considérez qu'il y a eu là un cas particulier qui est fait sur ce texte ?

1:29
Présentateur

Bien sûr. Mais pourquoi il y a eu ce cas particulier ? Pourquoi est-ce qu'on en arrive là ? Parce que le gouvernement, barricadé dans son château, barricadé ayant la peur du vote, peur d'un vote des députés sur cette abrogation de la loi sur la retraite à 64 ans, a décidé d'écraser le Parlement. Je pense que c'est très grave. C'est très grave parce qu'il y a une pression qui a été faite de la part du président de la République et du gouvernement sur l'Assemblée nationale et sa présidente, Yaël Braun-Pivet. Moi, je vous le dis, je pense que Mme Braun-Pivet avait montré depuis son élection qu'elle était plutôt protectrice et garante de l'institution.

Elle avait montré presque un peu d'indépendance d'ailleurs vis-à-vis de la Macronie. Et aujourd'hui, ils la font rentrer de façon très brutale à la niche. Ils l'obligent à écraser le Parlement. Ils ont mis une pression telle. Pourquoi ? Parce qu'ils ont peur du vote.

2:27
Sébastien Chenu

Mais vous êtes, Sébastien Cheneu, je le rappelais lundi, vice-président de l'Assemblée. Elle est présidente de l'Assemblée nationale. Il n'y a pas chez vous de solidarité vis-à-vis de votre présidente ? On ne fait pas corps entre président et vice-président à l'Assemblée ?

2:38
Présentateur

Il y a une solidarité dans la gestion de la maison et dans la protection de l'institution. Et celle-ci n'a jamais été mise en cause. Yael Braun-Pivet, comme nous-mêmes et les autres vice-présidents, quelles que soient nos tendances, nous avons toujours protégé l'institution. Et nous l'avons faite bien travailler. Mais là, on voit bien que la situation échappe à la présidente de l'Assemblée nationale. Cette situation lui échappe parce que le pouvoir exécutif se mêle de ce qu'il n'a pas le droit de se mêler en réalité. Il fait irruption dans la vie législative pour empêcher un vote.

Je rappelle que sur cette réforme des retraites, qui est quand même la réforme dite phare d'Emmanuel Macron, c'était un peu son totem, il n'y a jamais eu de vote de l'Assemblée nationale sur le texte de la réforme des retraites. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de légitimité politique sur ce texte et sur cette réforme.

3:31
Sébastien Chenu

C'est incontestable. Il y a eu usage du 49.3 à l'Assemblée nationale. Vous avez tout à fait raison. En revanche, il y a eu à ce moment-là une motion de censure déposée. Le gouvernement n'a pas été renversé. Il a engagé sa responsabilité sur le texte. Là, hier, vos collègues de la France Insoumise ont dit nous allons à nouveau déposer une motion de censure. Donc il pourra y avoir un vote. D'ailleurs, est-ce que vous voterez cette motion de censure ?

3:50
Présentateur

On peut la voter. Vous savez, on a démontré, je pense... On peut la voter ou on va la voter ? On va regarder comment elle est écrite. Mais on ne s'empêchera pas de la voter si on considère qu'elle peut permettre de faire tomber le gouvernement et cette réforme des retraites. On n'a pas de problème avec ça parce que nous ne sommes pas des gens sectaires. On ne peut plus techniquement. Vous savez qu'on a le droit à un certain nombre de motions de censure. On a utilisé quelque part nos cartouches sur ça. On a déjà démontré qu'on n'était pas sectaires. Et lorsque l'intérêt général prévalait, nous étions capables de le faire.

4:18
Sébastien Chenu

Mais l'intérêt général aujourd'hui, c'est de renverser le gouvernement ?

4:21
Présentateur

Non, mais l'intérêt, c'est de se dispenser, c'est de se passer et d'envoyer dans le décor cette réforme des retraites. Ça, c'est l'intérêt général. Une majorité de Français n'en veulent pas. Une majorité de députés n'en veulent pas. 93% des actifs n'en veulent pas dans le pays. Tous les syndicats. Je veux dire, cette réforme des retraites, elle met tous les Français, si ce n'est dans la rue en tous les cas, en opposition avec ce que le gouvernement propose.

4:46
Sébastien Chenu

Sauf qu'elle va entrer en vigueur, Sébastien Chenu, à partir du 1er septembre. Elle va entrer en vigueur valablement. Elle est validée par le Conseil constitutionnel. Ça, c'est autre chose. Et même si vous contestez l'usage des institutions, elles ont été respectées.

4:54
Présentateur

Nous ne contestons pas l'usage des institutions. Nous demandons à pouvoir voter. Le Parlement, il débat et il vote. Et là, on s'attendait avec, dans le jeu normal des institutions, puisqu'il arrive ce qu'on appelle une niche. Une niche, c'est un moment, parce que tout ça, c'est de la technique parlementaire. Une journée dédiée à un groupe parlementaire. Une journée qu'un groupe parlementaire d'opposition a à sa disposition pour mettre au vote, au vote, un certain nombre de propositions.

Le petit groupe Liot, qui est un groupe d'élus centriste, qui n'avait rien d'hostile à Emmanuel Macron à la base, qui n'était pas un groupe d'opposition particulièrement véhément, a décidé de se positionner contre cette réforme des retraites.

5:31
Sébastien Chenu

Sébastien Chenu, est-ce qu'il ne faut pas, parfois en politique, accepter de reconnaître sa défaite ? Vous avez tout tenté, et le gouvernement a gagné. Il a réussi à réunir les conditions pour que sa réforme des retraites entre en vigueur.

5:43
Présentateur

Mais ça, ça marche quand on joue à la loyale. C'est-à-dire, lorsqu'on accepte le vote, lorsqu'on accepte qu'un texte pareil finisse par être voté ou pas. Donc le gouvernement n'a pas joué à la loyale. Ah non, pas du tout. Parce que jouer à la loyale, c'est faire en sorte qu'à la fin, ce soit les députés qui votent, qui votent sur ce texte. Il y avait cette possibilité. C'est votre définition du point de vue du gouvernement, c'est s'inscrire dans tout ce que la Constitution permet. Le gouvernement a utilisé toutes les argusties, tous les artefacts possibles pour qu'il n'y ait pas de vote. À la fin, en démocratie, c'est toujours les représentants du peuple qui doivent voter.

Mais je note aussi que Mme Borne a été totalement incapable de construire des majorités. Mme Borne qui nous avait dit, rappelons-nous, qui avait baratiné les Français, je dispose d'une majorité sur ce texte. Elle n'a jamais disposé de majorité. Pourquoi on en est là ? Parce qu'ils ont peur, parce qu'ils n'ont pas de majorité, parce qu'ils savent que tout ça est très faible, parce qu'ils n'ont pas convaincu. Et comme ils n'ont pas convaincu, ils veulent imposer. C'est un rapport bizarre à la démocratie qu'a Emmanuel Macron et qu'on la macronie avec les Français. Ils ne convainquent pas, alors ils imposent. Nous, nous refusons ça.

6:45
Sébastien Chenu

Est-ce que ça veut dire pour autant que la Première Ministre doit partir, de votre point de vue ? Est-ce qu'un changement de Première Ministre apporterait quoi que ce soit ?

6:51
Présentateur

Non, mais Mme Borne, elle ne compte pas. Je veux dire, tout le monde a bien vu que c'est une techno qui est incapable de construire des majorités politiques. Elle est là pour passer les plats. C'est l'encéphalogramme plat à l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas de vision politique pour le pays. Elle ne porte rien. Elle ne construit pas de majorité. Qu'elle parte ou qu'elle reste, on ne verra pas la différence, sincèrement. Ça dit, s'il y a un nouveau Premier ministre soutien d'Emmanuel Macron, est-ce que vous le verriez mieux ? Vous diriez la même chose ?

Mais c'est pareil, c'est pour nous mettre Elisabeth Borne avec un autre chapeau, avec des autres lunettes, avec des moustaches ou avec une cravate. Ça n'a pas d'intérêt. C'est la ligne politique. C'est le seul remaniement qui peut fonctionner. C'est celui qui passe par les élections. C'est lorsque les Français décideront de porter Marine Le Pen aux responsabilités. C'est lorsque les Français enverront la liste que, j'espère, mènera Jordan Bardella aux élections européennes, en tête de toutes les élections. Ça, ça aura du sens politique. Ça, ça enverra des signes.

7:39
Sébastien Chenu

Les élections européennes, pour vous, qui sont a priori sur les sujets européens, seront des élections de politique nationale ?

7:45
Présentateur

Bien sûr, parce que l'impact des décisions de l'Union européenne dans notre vie quotidienne est tellement fort que ce sont des élections nationales, évidemment. Heureusement, d'ailleurs. Et le signe qu'enverront les Français, à travers leurs choix, sera un signe d'adhésion ou de rupture, à mi-mandat à peu près, avec la politique d'Emmanuel Macron. Vous avez dit que c'est un référendum pour ou contre Macron, ces élections ? Mais pas uniquement pour ou contre Macron. C'est un référendum sur la façon dont l'Union européenne est gérée aujourd'hui. C'est un référendum sur les priorités que veulent les Français aujourd'hui, que ce soit sur le pouvoir d'achat, que ce soit sur l'immigration.

Oui, ce sont des élections très politiques. Ça permettra d'envoyer un signal et d'envoyer la Macronie au tapis. Vous dites, je souhaite que ce soit Jordan Bardella. Il y a un doute sur cette question ? Aujourd'hui, il n'a pas fait acte de candidature. Moi, je pense que c'est le meilleur pour mener notre liste. Il avait fait un score remarquable en arrivant en tête lors des dernières élections européennes. C'est le président de notre parti. Moi, je souhaite qu'évidemment, ce soit lui qui mène notre liste aux élections européennes, évidemment.

8:41
Sébastien Chenu

À droite, il y a encore une interrogation aussi sur qui sera la tête de liste de Reconquête, Éric Zemmour, Marion Maréchal ou d'autres, aux Républicains également. Est-ce que ce sera à nouveau François-Xavier Bellamy comme il y a cinq ans ? Vous avez des réelles différences sur le fond avec Marion Maréchal et François-Xavier Bellamy sur l'Europe ?

8:54
Présentateur

Oui, il y a des différences. Sinon, je pense que nous ne partirions pas sous des bannières différentes. Mais peu importe, ce sont eux qui font les choix d'aller aux élections. Nous, nous faisons un choix qui est celui de présenter un programme cohérent aux élections depuis toujours. Si Marion Maréchal, si François-Xavier Bellamy considèrent qu'ils ont une voix à porter, ils la porteront. Mais quand je vois, par exemple, les Républicains et leur façon d'avoir sauvé la tête d'Emmanuel Macron sur la réforme des retraites, puisqu'on y revient à l'Assemblée Nationale, on peut se demander dans quel jeu ils jouent, dans quel cours jouent-ils ? Parfois avec vous.

9:31
Sébastien Chenu

Si on regarde ce qui s'est passé hier soir à l'Assemblée Nationale, Sébastien Chenu, vous avez, le Rassemblement National, ce faveur de ma part, voté avec les Républicains sur la proposition de résolution autour de l'aide médicale d'État, l'AME sur le sujet d'immigration, vous ne semblez pas être très éloigné. Vous avez été les deux seuls groupes à voter pour cette proposition.

9:48
Présentateur

Mais c'était très intéressant. D'abord, je pense que tout ça valide ce que nous disons depuis des années. Ça fait des années que nous sommes les seuls à crier dans le désert, à demander qu'on revoie l'AME pour la transformer, non pas pour en mettre fin et pour y mettre fin une bonne fois pour toutes, tout simplement pour la réduire à une aide d'urgence pour les cas de santé les plus graves. C'est ce que dit aussi en substance les Républicains. Non mais d'accord, mais qu'aujourd'hui ils disent la même chose que nous, mais c'est très bien.

Moi, plus il y a de gens qui disent la même chose que Marine Le Pen, que Jordan Bardella et que nous, plus il y a de parlementaires, de groupes politiques qui viennent sur nos positions, plus nos idées progressent. Donc hier, évidemment, nos idées ont encore progressé, elles n'ont pas encore gagné.

10:27
Sébastien Chenu

Est-ce que vous l'appliquez au fait que les Républicains aient fait des propositions de loi d'une constitutionnelle, une ordinaire, dans laquelle ils parlent tout à la fois de la possibilité d'un référendum sur la politique migratoire, d'inscrire l'assimilation dans la Constitution, la possibilité de déroger aux droits européens, par exemple, ce qui donc est une sorte de frexit juridique, ça veut dire qu'on s'extrait de nos obligations européennes sur ce sujet. Bon, est-ce que tout ça, c'est pour vous l'application du RN ? Est-ce qu'aujourd'hui les Républicains se sont alignés sur vous ?

10:54
Présentateur

Mais ça veut dire que tout ce qu'on proposait, tout ce que Marine Le Pen portait, le référendum, la réforme du droit d'asile, tout ce que vous avez cité, Marine Le Pen le porte pendant les élections présidentielles, mais elle le porte depuis 20 ans, elle le porte depuis des années, et je crois que les Français nous donnent beaucoup de crédit sur cela. Mais parce que les politiques de tous les bords, qui lorsqu'ils sont au pouvoir, ne font jamais ça, se rendent compte que nous avons raison, ils viennent sur nos positions. Mais vous savez, on préfère toujours l'original à la copie, et nous continuerons parce que nous, nous avons...

Vous avez vous-même rappelé à l'instant, nous n'avons pas gagné. Mais bien sûr, à l'Assemblée nationale, nous ne sommes pas majoritaires, nous n'avons pas gagné. Ni à l'Élysée. Non mais encore un effort, nous sommes arrivés à 89 députés en juin dernier, nous sommes 88 aujourd'hui, c'est une invalidation, mais je veux dire, nos positions, que ce soit dans les esprits, que ce soit dans les discours, que ce soit dans les propositions, ou que ce soit dans le nombre de sièges que nous réussissons à conquérir, et j'espère que nous entrerons au Sénat, et bien montre que nous progressons sans arrêt.

Nos idées progressent, ceux qui portent nos idées sont de plus en plus nombreux, et nous nous élargissons de plus en plus. Ce qui était intéressant hier dans ce débat sur l'aide médicale d'État, c'est de voir la position du gouvernement, la position des amis d'Edouard Philippe... Qui n'est pas aligné avec vous. Ah ça c'est clair. Je vous rappelle que les amis d'Edouard Philippe ont un groupe à l'Assemblée, qui s'appelle Horizon. Il y a quelques jours dans l'Express, on a un Edouard Philippe qui se veut très ferme sur l'immigration. Ses amis hier ne votent pas la réforme de l'aide médicale d'État.

12:25
Sébastien Chenu

On peut être ferme sur l'immigration sans remettre en cause l'AME.

12:27
Présentateur

Oui, enfin je pense que c'est un des points fondamentaux, c'est un point fondamental, la réforme de l'AME, qui coûte plus d'un milliard d'euros aux Français par an, et qui bénéficie uniquement aux étrangers en situation irrégulière. C'est la possibilité pour des étrangers en situation irrégulière, c'est-à-dire qui ont marché sur notre droit, qui n'ont pas vocation à être dans notre pays, d'être soignés gratuitement. C'est ça l'AME. Donc si vous ne voulez pas déjà réformer l'AME, le reste de votre discours est assez invalidé. Vous disiez devant Philippe, dans son interview,

12:55
Sébastien Chenu

il propose aussi la remise en cause d'un accord avec l'Algérie. Ah, ça vous fait lever la main.

13:00
Présentateur

Non mais tout ça on l'a déjà proposé. Vous savez, l'accord avec l'Algérie, les accords de 68 avec l'Algérie, ce sont des accords qui valorisent beaucoup, j'allais dire, la partie algérienne. Ce sont des accords entre la France et l'Algérie sur l'immigration, qui donnent beaucoup plus de facilité aux Algériens pour finalement obtenir des visas, s'installer en France. C'est un accord qui n'a pas beaucoup de réciprocité, voire pas du tout même, et qui est très valorisant pour l'Algérie. Il est né à un moment de notre histoire, où il y avait eu avant, effectivement, les accords des plans, etc. Vous dites qu'on l'a déjà dit, mais on est d'accord.

Donc nous, on le dit depuis longtemps, il faut réformer cet accord de 68. Mais c'est très bien que d'autres viennent, mais Édouard Philippe, il n'a pas été Premier ministre. Ça ne lui est pas arrivé dans la vie d'avoir les manettes. Il n'était pas au gouvernement, il n'était pas la tête du pays pour faire tout ça. Non, ça ne lui a pas traversé l'esprit qu'il fallait réformer cet accord avec l'Algérie. Ce sont des gens qui ont toujours des discours qui sont valables pendant les périodes électorales, ou lorsqu'ils ne sont pas aux responsabilités.

Et lorsqu'ils sont aux responsabilités, parce qu'ils nous bassinent avec ça, nous sommes des gens, des partis de gouvernement, nous savons faire face à nos responsabilités, c'est la fuite. Alors pourquoi il le dit maintenant ? Là, il n'est pas en période électorale. Il le dit parce qu'il veut marquer d'abord probablement une différence avec Emmanuel Macron. Il souligne d'ailleurs combien la politique migratoire d'Emmanuel Macron est un échec. La politique de Darmanin, de Macron, est un échec. J'ai les chiffres, quand vous voyez le nombre, l'explosion des demandes de visa, l'explosion des demandes d'asile. Il y a précisément une immigration

14:25
Sébastien Chenu

qui est en préparation, Sébastien Chenu.

14:26
Présentateur

C'est donc précédent pour traiter ces questions. À partir du moment où on ne veut pas réformer l'AME, on imagine bien que la loi sur l'immigration, ça ne va pas résoudre grand-chose. Il n'y a pas de doute sur le fait que vous vous terez contre, quoi qu'il en soit. Mais ces gens-là ne savent pas et ne veulent pas traiter le fait migratoire parce qu'en réalité, ils considèrent l'immigration comme un projet. Nous, nous considérons qu'elle pose des problèmes, qu'elle ne peut pas être un projet pour notre pays. Et donc, que ce soit Édouard Philippe, Gérald Darmanin ou Emmanuel Macron, ils peuvent rouler les mécaniques, ils peuvent raconter n'importe quoi aux Français.

Sans pas les avoir entendus dire que c'était un projet. Mais parce que ça l'est par nature. Quand vous voulez ouvrir une nouvelle voie d'immigration à travers la validation, en tous les cas, de travailleurs sans papier sur le territoire français, vous ouvrez une nouvelle voie d'immigration. C'est donc un projet. Vous avez donc ça aussi comme projet de faire venir une main-d'œuvre immigrée qui permet de faire baisser les salaires.

15:15
Sébastien Chenu

On est en discussion avec les Républicains et ça peut encore évoluer. Je voudrais évoquer un autre sujet, Sébastien Chenu, auquel le gouvernement s'attaque. C'est la question des autoroutes. Le ministre chargé des Transports, Clément Beaune, demande aux sociétés d'autoroutes une réduction pour cet été, au moins équivalente aux 10% qui ont été accordées l'an dernier. Alors, il y a Vinci qui a déjà répondu à ça en disant qu'il y aurait une ristourne de 20% à compter de la mi-juin, à condition d'avoir un abonnement télé-péh et de payer en chaque vacances. Vous partagez, vous, pour le coup, cet appel aux sociétés d'autoroutes lancés par le gouvernement,

15:42
Présentateur

de dire, faites des efforts ? Non, mais ce gouvernement ne sert vraiment à rien. Ce gouvernement fait la mendicité aux sociétés... Il est en train de bouger les choses. Non, mais ce gouvernement fait la mendicité auprès de sociétés d'autoroutes qu'ils ont vendues. Je vous rappelle que c'est Jospin et Villepin qui ont vendu nos sociétés d'autoroutes. Oui, ils les ont vendues 15 milliards alors que la valorisation, qui était même dite, d'ailleurs, je crois, sur votre chaîne, était de 25 milliards à l'époque. Donc, ils ont vendu les sociétés d'autoroutes construites avec l'argent des Français. Puis, ils ont laissé les péages. Je le redis, c'était un autre gouvernement, Sébastien.

C'est les mêmes. C'est les mêmes. Vous retrouvez Bruno Le Maire là-dedans, vous retrouvez Mme Borne qui était à la tête des fages, vous la retrouvez dans tous ces mécanismes-là. C'était les mêmes. En réalité, ça se déguise, ça change d'étiquette politique. C'est les mêmes. Donc, ils ont vendu les sociétés d'autoroutes. Il y a aussi des gens en majorité qui reconnaissent que c'était une erreur. Non, mais les péages... Oui, c'est sûr qu'il y a... Après, pour reconnaître les erreurs après, c'est bien de le savoir avant. Les péages ont augmenté encore en février de plus de 4,5 %, 4,7 %.

Et aujourd'hui, le ministre des Transports fait la mendicité en disant il faudrait, s'il vous plaît, baisser vos tarifs. Non, mais très bien. Mais ce n'est pas ça qu'il faut faire. C'est reprendre en main, renationaliser les autoroutes, les sociétés d'autoroutes, les contrats de toute façon, je vous le dire, arrivent à terme à peu près vers 2030, tous. Donc, il va y avoir la possibilité de le faire. Ils devraient préparer ça. Mais pour quel montant ? Reprendre la main. Qu'est-ce que ça peut faire ? Ce sont des sociétés très endettées. Donc, aujourd'hui, on sait très bien qu'elles sont finalement assez peu valorisables ou de moins en moins valorisables.

Et je considère qu'avec la reprise en main des sociétés d'autoroutes, eh bien, on peut non seulement faire baisser le coût des péages, mais on redonne aux Français ce qu'ils ont payé avec leur argent. Au lieu de faire la mendicité, la mendicité, vous l'avez rappelé, la baisse des tarifs... Je n'ai pas fait le terme mendicité. Non, je le dis, mais vous avez rappelé qu'elles ne concerneront pas ces baisses tout le monde. Il faut avoir un badge télépéage ou payé par chaque vacances. Donc là encore, ça va concerner à peu près 4 millions de Français, je crois, mais ça ne concerne pas tout le monde. C'est du bricolage et ceci n'est pas à la hauteur des attentes.

17:39
Sébastien Chenu

Il y a une autre idée du gouvernement qui a été soumise au Conseil d'État en attente de retour, c'est de taxer les super profits de ces sociétés d'autoroutes.

17:46
Présentateur

Ça vous fait rire ? Non, mais écoutez, à un moment, il va falloir que ces experts, ces mozards de la finance atterrissent. Sur les autoroutes, nous, nous avons, et nous l'avons porté dans le programme présidentiel de Marine Le Pen. Donc, ce n'est pas une découverte, la nationalisation des sociétés d'autoroutes. Mais l'idée de taxer les super profits des sociétés d'autoroutes, moi, je préférerais qu'on taxe les super profits, par exemple, de Total ou les super profits dans la grande distribution, parce que là, il y a des marges de manœuvre, parce que là, nous, nous l'avons proposé. Ils ont tous voté contre la gauche, y compris.

Quand on a proposé de taxer les super profits, ils ont voté contre. Comme vous l'avez dit tout à l'heure, en l'occurrence, ce bricolage permanent, ce bricolage permanent montre qu'il n'y a aucune vision d'ensemble. Ils ne savent pas où ils vont. Ils cherchent de l'argent partout. Ils ont ruiné le pays. Ils abîment tout ce qu'ils touchent. Et aujourd'hui, ce sont les Français qui payent.

18:35
Sébastien Chenu

Juste, je voudrais qu'on évoque également cette fameuse commission d'enquête relative aux ingérences visant à influencer ou à corrompre des relais d'opinion des dirigeants des partis politiques français. Autrement dit, il y a question de savoir si oui ou non, des puissances étrangères comme la Russie ont une influence sur la scène politique. La rapporteure qui est de la majorité présidentielle, Constance Le Grip, estime que le Rassemblement National est une courroie de transmission du pouvoir russe. Votre collègue du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy, doit présenter son contre-rapport cet après-midi.

Il avait d'ailleurs, il y a quelques jours, dit qu'il allait porter plainte contre Mme Le Grip. Est-ce que ça a été fait ?

19:06
Présentateur

Est-ce que cette plainte va vraiment voir le jour ? Jean-Philippe Tanguy qui a fait ce travail très sérieux dans une commission où il n'y a pas eu de problème, finalement, a fait un certain nombre d'auditions qui aboutissent à quoi ? Que ce soit la DGSI, que ce soit TRACFIN, que ce soit la commission des comptes de campagne, tout le monde l'a dit, zéro ingérence de pays étrangers dans les partis politiques français. Il n'y a pas eu d'ingérence et zéro contrepartie de partis politiques français à des pays étrangers. Ça, c'est clair. Je te dis que la rapporteure dit que vous ne pouvez pas de la transmission. Madame Le Grip, elle fait de la politique. Elle est passée de LR à la Macronie.

Elle fait de la politique. Et aujourd'hui, Jean-Philippe Tanguy va probablement, effectivement, la traduire devant les tribunaux. Mais surtout, elle a refusé, elle, l'audition de Nicolas Sarkozy, dont elle a été l'employé. Elle a refusé l'audition de Jean-Pierre Raffarin qu'on aurait aimé entendre sur la Chine. C'est quelqu'un qui est partisan, Madame Le Grip. Mais surtout, ce qu'on oublie de dire, c'est que ce rapport, il n'a pas été voté par les LR, il n'a pas été voté par la LFI. Il n'a pas été voté par M. Ramos du MoDem qui a dit qu'il y avait une utilisation politique, voire politicienne.

20:04
Sébastien Chenu

Il a été adopté par 11 voix contre 5, majoritairement.

20:07
Présentateur

Il a été adopté parce qu'il y a une majorité dans cette commission qui est celle de Renaissance, du groupe Renaissance, des macronistes. Mais il n'a pas été voté par beaucoup d'entre eux qui ont considéré que là, Madame Le Grip et les autres faisaient de la politique politicienne. Il y a zéro ingérence, zéro contrepartie. Et je pense que ce qui est intéressant, c'était de pouvoir entendre tous ces acteurs politiques qui ont accepté de venir. Marine Le Pen, elle n'a pas eu de problème à venir prêter serment, expliquer. Là, c'est totalement de la manipulation politique parce qu'il n'y a rien.

Et puis surtout, il vous apparaîtra qu'il y a beaucoup de ces députés qui ont voté pour ce rapport qui ne l'ont même pas lu. Ce n'est pas très glorieux. Merci beaucoup Sébastien Chouin

20:44
Sébastien Chenu

d'avoir été l'invité de LCI ce matin.