La bataille du rail
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
On parle de disparition du statut de cheminot, j'aimerais qu'on soit très concret, ça changerait quoi précisément et pourquoi c'est un casus belli
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous disiez que l'Etat voulait faire payer la note aux cheminots. Qu'est-ce que vous entendez par là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Laurent CourtoisChiffre
« 9 000 kilomètres de lignes abandonnées sur 28 000. Un tiers du réseau abandonné »
- 6:00Laurent CourtoisFait
« C'est à cause de la dette que les choses ne vont plus. D'abord savoir d'où elle vient cette dette ? Elle vient d'abord de la stratégie de gouvernements successifs »
- 7:00Laurent CourtoisFait
« Il y aurait un deal et que l'Etat reprendrait une partie de la dette, même pas tout la dette d'ailleurs, en échange du statut des cheminots »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La bataille du rail commence et elle promet d'être rude, le gouvernement a entamé aujourd'hui ses consultations sur l'avenir de la SNCF quatre jours après la remise du rapport Spinetta vécu par les cheminots comme une attaque contre le service public ferroviaire Les syndicats ont prévenu qu'une remise en cause du statut de cheminot à l’embauche serait un casus belli Gérald Darmanin le ministre des comptes publics a redit ce matin que sa suppression n'était pas un tabou. Laurent Courtois bonsoir, vous êtes syndicaliste à Sud Rail et vous avez également été candidat de la France Insoumise aux dernières législatives dans la 12e circonscription du Nord. On parle de disparition du statut de cheminot, j'aimerais qu'on soit très concret, ça changerait quoi précisément et pourquoi c'est un casus belli Bonsoir, tout d’abord merci pour votre invitation ce n'est pas souvent que l’on invite des gens de Sud Rail sur des plateaux télé donc je parle au nom de tous mes collègues syndiqués et tous mes collègues cheminots merci pour cette invitation !
Le statut, là actuellement vous n'entendez parler que de ça depuis trois jours mais on nous la refait en fait comme à la dernière réforme du ferroviaire en 2014. On essaie d'instaurer dans la tête des gens que ce statut est un privilège. Ce statut il a une histoire, il relève d'une histoire.
Et c’est un casus belli pourquoi ? Parce que nos dirigeants ont oublié que notre entreprise avait une culture d'entreprise. Et ce statut a été bâti par nos prédécesseurs, nos anciens, qui se sont battus pour l'améliorer petit à petit, et faire en sorte qu'on puisse travailler dans des conditions décentes et surtout dans des conditions optimum de sécurité C'est un acquis social donc ce statut.
C'est un acquis social bien évidemment. Un casus belli encore une fois, je ne connais pas, dans mon entreprise, un cheminot qui n'est pas attaché à son statut. Je n'en connais aucun !
Même les jeunes qui viennent d'arriver dans l'entreprise sont tout de suite intégrés et on sent bien que, quand ils arrivent, pour certains c'est vraiment un choix de carrière. C’est une fierté d’être cheminot ? C'est une fierté d'être cheminot !
On aime tous notre entreprise et on aime aller au travail quoi ! Vous disiez tout à l'heure, avant qu'on commence cette interview et ce journal, c'est un écran de fumée ! Bien sûr que c'est un écran de fumée parce que, ce qui va se passer, ce qui est dans le rapport Spinetta et ce qu'il préconise, c'est en fait une déréglementation totale de notre système ferroviaire. 9 000 kilomètres de lignes abandonnées sur 28 000.
Un tiers du réseau abandonné, ça veut dire quoi ? 1 - Ça veut dire que ce sont des emplois qui ne seront plus là, des installations, et donc un aménagement du territoire qui va s'en trouver complètement chamboulé. Il y a des régions de France, si ceci est appliqué, qui ne verront plus un train.
Ça, c'est un service public qui n'est plus assuré. Exactement ! c'est tout l'esprit de la LOTI qui avait été promulguée en 1982 qui disparaît.
C'est isoler complètement, définitivement du rail, certaines régions. Je pense au Limousin, vous avez certaines parties dans la Normandie, on parle beaucoup du Paris-Granville, parce que les gens là bas commencent à s'organiser pour défendre leurs lignes. Vous avez des endroits dans l'Est où ces petites lignes qu'on dit non rentables, c'est d'ailleurs pour moi un non sens de dire que c'est non rentable, c'est un non sens parce que ça permet à des gens de se déplacer d'aller au travail d'aller à l'école, il faut le dire aussi.
Et puis ce sont des choses du quotidien. Ça touche le quotidien de tout le monde. Oui ce n'est pas au service public d'être rentable en somme.
Mais évidemment que non. le service public, par essence, ça ne doit pas être rentable On vous a entendu parfois dire dans certaines interviews que l'Etat voulait faire payer la note aux cheminots. Qu'est-ce que, de quoi vous parlez précisément ? -Ah la dette ! - La dette !
C'est un sujet à la mode. Mais on l’entend à toutes les sauces, partout, voilà ! C'est à cause de la dette que les choses ne vont plus.
D'abord savoir d'où elle vient cette dette ? Elle vient d'abord de la stratégie de gouvernements successifs, appliquée par des dirigeants d'entreprise successifs, qui ont investi sur des lignes grande vitesse, certes, c'est un progrès. Il faut le dire, c'est un progrès, et ça rapproche les grandes agglomérations les unes des autres, ça permet de fluidifier les trafics dans notre pays, mais aussi, pendant le même temps, et bien on a oublié notre réseau classique qui lui aussi permet de fluidifier les transports dans notre pays et le permet, beaucoup plus finement, qu'une ligne TGV où il y a quelques arrêts et où finalement ce ne sont que les grandes agglomérations qui sont desservies. - Et donc, on fait payer aux cheminots l’endettement de la SNCF, c'est ça que vous...
Il faut revenir sur l'origine de la chose. En fait c'est une discussion entre monsieur Macron et quelques cheminots lors de l'inauguration de la ligne TGV à Bordeaux, où monsieur Macron s'est permis de dire qu'il y aurait un deal et que l'Etat reprendrait une partie de la dette, même pas tout la dette d'ailleurs, en échange du statut des cheminots. Mais en quoi les cheminots sont ils responsables de ça ?
Ils font tout ce qu'ils peuvent tous les jours pour faire fonctionner le réseau du mieux possible avec des conditions de travail qui croyez moi depuis quelques années se dégradent fortement - Donc ils sont des dindons de la farce de cet accord. -Mais même les citoyens sont les dindons de la farce de cet accord ! Il faut dire les choses !
Cette bataille du rail qui s'engage, c'est une bataille d'intérêt général. C'est une bataille d'intérêt général. Les gens aiment la SNCF !
Contrairement à ce qu'on entend dans tous les médias principaux en France, les gens aiment la SNCF, la majorité des gens aiment la SNCF. Mais seulement depuis quelques années, moi j'ai en tête Nicolas Sarkozy quand il arrive au pouvoir et sa façon de taper systématiquement sur les cheminots privilégiés. Ça a commencé là.
Pour autant que je me rappelle il y avait quelques épisodes avant mais c'est vraiment là où on a senti la rupture. avec les collègues et on s'est dit : mais il nous en veut pour quoi en fait ? parce que nous on a des conditions de travail et notre statut aussi est régi par ça !
Si on a un statut comme celui-là, 1 : On le paye avec nos cotisations, 2 : Et bien c'est parce qu'on travaille en horaires décalés 365 jours par an, il faut le dire aussi, et puis 3, et c'est le plus important, c'est ce que ça garantit aussi un niveau de sécurité important. Parce que dans le statut; et c'est une chose dont personne ne parle, il y a une formation. Les cheminots sont formés par leur entreprise et c’est cette formation d'un haut niveau qui garantit la sécurité des circulations.
Merci Laurent Courtois d'être venu nous expliquer tout ça. Je vous en prie, merci à vous ! Les cheminots, on le rappelle, ont prévu une manifestation nationale le 22 mars prochain et évidemment... - Pas seulement les les cheminots !
C’est une journée aussi d’action des fonctionnaires et moi j'invite tous les gens qui aiment le rail, qui aiment la SNCF, qui ont envie d'avoir un haut niveau de circulation de trains dans notre pays, à venir nous rejoindre le 22 et après. - On suivra avec attention, merci encore ! -On sera sur le terrain !
Jean-Pierre Bataille