Consultation à 30 euros, déserts médicaux, crise aux urgences...Le 8h30 franceinfo de Frédéric Valletoux
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Bonjour Frédéric Valteau, vous êtes le cinquième ministre de la santé d'Emmanuel Macron en seulement deux ans pour un ministère qui a de nombreux défis à relever. Et on va prendre les sujets un par un, on va prendre le temps de les creuser ce matin avec vous. Le plus récent, c'est l'assurance maladie qui a donné son accord à une hausse de la consultation pour les médecins généralistes. Elle va passer de 26,50 euros à 30 euros, mais ça ne va pas se faire sans contrepartie. Qu'est-ce que vous leur demandez de plus aux médecins ? Est-ce qu'ils vont devoir faire plus de garde pour toucher plus d'argent ?
Alors la discussion qui est en cours est une discussion classique qui revient régulièrement. Elle avait échoué au printemps, elle a repris à l'automne et elle devrait, j'espère, aboutir dans les prochaines semaines. Et comme toute négociation, on discute des engagements mutuels. L'engagement de l'assurance maladie, c'est de répondre à cette demande légitime, de voir la revalorisation de la consultation en secteur 1 notamment. Mais pas que, c'est aussi d'adapter un certain nombre de tarifs. C'est votre demande à vous. Et la demande de l'État, c'est bien sûr quels sont les engagements réciproques, quelle est la contrepartie.
C'est-à-dire finalement, dans tout contrat, chacun fait un pas l'un vers l'autre. Et donc, comment on répond aux attentes, j'allais dire, d'intérêt général ? Aux questions d'intérêt général que se posent aujourd'hui les Français sur la permanence des soins.
Tout garde ou pas garde. Gabriel Attal, lui, il a été assez clair dans sa déclaration de politique générale, notamment, il n'exclut pas de réintroduire l'obligation de garde qui avait été supprimée en 2002. Aujourd'hui, clairement, c'est une menace qui pèse.
Alors, c'est une menace. D'abord, tout le monde ne le vit pas comme une menace. La réalité des faits fait qu'aujourd'hui, il y a déjà 40% des médecins libéraux qui participent à la garde. C'est-à-dire, finalement, à la prise en charge des Français après 20h, le week-end et les jours fériés. Donc, ce n'est pas une réalité que méconnaisse la médecine libérale.
Mais justement, pourquoi leur demander plus s'il y a déjà 40% ? C'est absurde, par exemple, dit Arnaud Chiche, le président du collectif Santé en danger. Il dit qu'il y a déjà des médecins qui le font. Par ailleurs, les généralistes, s'ils travaillent le soir, ils fermeront leur cabinet le lendemain matin. Donc, ça ne va pas régler le problème.
C'est pour ça que la volonté, c'est de regarder les choses territoire par territoire. En fait, ce que je souhaiterais, ce que nous souhaitons avec Catherine Vautrin, c'est vraiment de faire confiance aux acteurs de territoire pour organiser eux-mêmes, effectivement, là où c'est nécessaire. Parce que la garde n'existe pas partout et la participation de la médecine libérale à l'effort de garde aux côtés des hôpitaux n'est pas la même dans les différents territoires. Et donc, l'idée, effectivement, c'est de regarder territoire par territoire les réponses que peuvent apporter les professionnels eux-mêmes.
Et puis, ça n'est qu'en dernier recours, s'il y a carence de la réponse, qu'effectivement, mais c'est normal, l'État jouera son rôle et permettra, effectivement, d'harmoniser, d'équilibrer cette participation à la garde entre l'offre publique, c'est-à-dire l'hôpital, et, effectivement, la participation des libéraux. Moi, j'étais avant-hier dans les Yvelines. J'ai passé toute la soirée jusqu'à minuit avec les libéraux qui participent depuis plusieurs années à l'effort de garde. On voit que dans certains territoires, les choses se font déjà naturellement et de belles manières. Donc, c'est ça qu'il faut encourager.
Mais ceux qui travaillent 60 heures par semaine, vous trouvez qu'ils ne travaillent pas assez ?
Alors, il y a deux, trois choses qu'il faut dire, parce que j'entends, effectivement, du côté de certains interlocuteurs, un peu des caricatures. Et il faut se garder des caricatures. Il faut, je pense, le sujet est sérieux, compliqué, et donc, essayons d'avoir une attitude responsable. Quand on parle de garde en nuit profonde, il est dans l'idée de personne de demander à des médecins libéraux d'être entre minuit et 5h, 6h, 7h du matin, de tenir des gardes, alors que, de toute façon, il y a une lumière allumée qui s'appelle les urgences.
En nuit profonde, on n'a évidemment pas besoin d'un effort de participation à la permanence des soins, comme entre 20h et minuit, ou comme le week-end et les jours fériés. Donc, il faut graduer, selon les territoires, selon les besoins, parce que c'est nécessaire aujourd'hui d'avoir une approche qui soit beaucoup plus spécifique et se garder. C'était un des mots, d'ailleurs, de notre système de santé. C'est d'avoir des solutions toutes faites, de penser depuis Paris, et qui doivent s'appliquer partout de la même manière.
Non, on va sortir de cette logique, on fait confiance aux acteurs de terrain pour s'organiser, pour dialoguer et pour organiser les choses, et notamment sur ce sujet sensible de la garde.
Et on verra donc jusqu'où ira cette gradation, obligation ou pas, à terme, pour certains médecins, pour certains territoires. Peut-être juste d'un mot, les 30 euros, la consultation à 30 euros, c'est pour quand ?
Alors, la consultation à 30 euros, les discussions sont en cours, c'est une proposition qu'a faite l'assurance maladie, parce que derrière les 30 euros, ce n'est pas que ça. Il y a comment on finance mieux les consultations complexes, comment on revalorise les actes dans des spécialités où, aujourd'hui, on souffre beaucoup. Je pense à la pédiatrie, je pense à la santé mentale, à la psychiatrie. Donc, là aussi, c'est évidemment des discussions plus fines. J'espère que ça va aboutir le plus vite possible. Moi, je ne participe pas personnellement aux discussions, mais j'espère que ça va aboutir le plus vite possible.
Je pense qu'aujourd'hui, il y a un sens des responsabilités de toutes parts, et notamment chez les syndicats de médecins, qui veulent aussi aboutir, parce que c'est nécessaire, les Français nous regardent, et les Français nous attendent, et on a besoin, aujourd'hui, d'avoir un système de santé qui inclue beaucoup plus et qui fasse confiance à ces professionnels.
Les Français vous attendent, effectivement, 30% d'entre eux vivent dans un désert médical, près de 90% du territoire est concerné, et ça fait 7 ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir. Quand est-ce que tous les citoyens auront accès à un médecin ?
Alors, moi, je suis élu d'un territoire, le sud de Seine-et-Marne, où on est... Alors là, les déserts médicaux, on connaît bien. Et je sais très bien la difficulté de ceux qui, je pense aux généralistes, qui sont dans des villages, dans des petites villes, et qui tiennent le système à bout de bras, effectivement, en y passant de longues journées, de longues heures. On ne part pas de zéro. Il y a des choses qui ont été faites. On a la suppression du numerus clausus, qui permet aujourd'hui d'avoir presque 20% de plus d'étudiants en médecine en deuxième année qu'on en avait avant le Covid, c'est-à-dire en 2019.
Mais bien sûr que ça prend du temps.
Et donc, le système de santé, on ne résout pas ces difficultés d'un claquement de doigts ou en quelques mois.
Et est-ce qu'on le résout en allant chercher des médecins à l'étranger ?
On résout en jouant sur plusieurs leviers.
La nomination d'un émissaire. Il est nommé, cet émissaire ?
Alors, l'émissaire n'est pas nommé, mais l'effort qui est fait d'aller aussi regarder pour voir si des professionnels étrangers peuvent venir. Il est fait depuis plusieurs années. Vous voyez, vous allez dans les salons infirmiers, même en France. Moi, je suis allé à un salon infirmier en France il n'y a pas très longtemps. Vous avez des beaux stands d'hôpitaux étrangers qui viennent aussi, entre guillemets, chercher des infirmières françaises. Parce que la pénurie de soignants, elle affecte beaucoup de pays. Donc l'idée, c'est quoi ? C'est de garder nos soignants et d'aller les chercher ailleurs ? D'aller les chercher ailleurs, ce n'est pas que ça.
L'idée, c'est de jouer sur différents leviers. Il faut former plus, revaloriser les actes. Et je pense notamment, effectivement, ce qui a été fait avec le Ségur, qui donne aujourd'hui des métiers à l'hôpital plus attractifs. Et on voit d'ailleurs qu'à l'hôpital, pas partout, je suis prudent, mais il y a des signaux positifs qui commencent à revenir. On réouvre des lits parce qu'on arrive à compléter les services. Là où, pendant longtemps, on a eu effectivement des services qui étaient pénalisés par le manque d'effectifs, on réouvre des lits. Il y a aussi des fermetures de lits. On a réouvert 400 lits. Non, mais je ne dis pas que c'est partout et je ne dis pas que la situation est simple.
Mais il y a des signaux qui montrent qu'effectivement, aujourd'hui, les conditions de travail, la revalorisation du travail de nuit, qui a été opérée par François Braun avec Elisabeth Borne, il y a quelques mois et qui a été pérennisée, permet aujourd'hui d'avoir des postes qui sont plus attractifs. Donc, on joue là-dessus, sur l'attractivité des métiers. Et il y a encore beaucoup à faire. On joue sur le numérosclosus, je l'ai dit, pour mieux former. On joue aussi sur la délégation de tâches. Faire confiance à des infirmières qui peuvent venir en soutien des médecins, sous le contrôle des médecins, parce que là aussi, je ne veux pas créer des polémiques qui seraient inutiles.
Mais ça, ça fait aussi des années qu'on va donner plus de responsabilité aux enfants. Pour les libérer du temps médical. Ce qu'a annoncé Gabriel Attal, 10 000 assistants médicaux, on en a 6 000 aujourd'hui, payés par l'État, payés par l'assurance maladie, pour mettre, effectivement, soulager les professionnels de santé dans leur cabinet des tâches administratives. C'est des millions d'heures de consultations qui vont pouvoir être dégagées et permettre à des médecins de se concentrer sur ce qu'est finalement leur métier premier, c'est-à-dire soigner, prendre en charge, accueillir les Français, les malades, et au détriment des tâches administratives portées par ces assistants médicaux.
On va vers 10 000 dans les prochains mois. Donc, tous ces efforts, il n'y a pas une recette magique, une recette miracle, mais tous ces efforts doivent permettre, non pas, là aussi, de changer complètement la phase du système de santé, mais de permettre de dégager du temps médical pour les médecins, de retrouver des heures de consultation pour les Français, et finalement, de desserrer un peu la contrainte et les taux qu'on connaît aujourd'hui.
Il y a d'autres pistes pour résoudre ce problème qu'on n'a pas encore détaillées. On va le faire dans un instant, comment résoudre les déserts médicaux. C'est juste après le fil info, 8h41, une minute le fil info, donc, Damien Mestre.
L'État français est attaqué en justice par cinq grandes villes pour sa gestion de l'hébergement des sans-abri. Cinq villes écologistes ou socialistes qui dénoncent les carences du système actuel et demandent notamment le remboursement des dépenses qu'elles ont mises en œuvre pour pallier les manques de l'État. La SNCF refuse de négocier, selon le syndicat Sudrail, qui tient pour responsable la direction, alors qu'un important mouvement de grève des contrôleurs début de ce matin, seul un TGV sur deux circulent aujourd'hui et jusqu'à dimanche. Volodymyr Zelensky attendu en Allemagne, puis ce soir en France. Le président ukrainien doit signer des accords bilatéraux de sécurité.
Dans le même temps, l'armée ukrainienne renforce à nouveau ses troupes autour de la ville d'Avdivka ce matin. Mauvaise soirée pour les clubs français en Ligue Europe de football hier soir. Aucun d'entre eux ne réussit à s'imposer. Rennes, balayé 3-0 par l'AC Milan, lance tenu en échec à domicile, zéro partout face à Fribourg-Toulouse. S'inclinent à Lisbonne de Buzan.
France Info. Le 8.30 France Info. Agathe Lambré, Jules Dequisse. Toujours avec Frédéric Valtoux, ministre délégué chargé de la santé et de la prévention. On parlait de cet émissaire que Gabriel Attal veut nommer pour aller chercher des médecins à l'étranger, des médecins étrangers. Est-ce que ce ne sont pas aussi des médecins français qu'il faudrait aller récupérer à l'étranger ? Parce que de plus en plus d'étudiants partent obtenir leur diplôme. Par exemple, en Roumanie, qui fait vigueur d'Eldorado, tant les études de médecine en France sont complexes.
Il y a un vrai travail à faire sur l'accessibilité des études de médecine. C'est un travail qui reste à apprendre à bras le corps. J'ai dit qu'on avait augmenté les capacités à former. Ça, c'est vrai. On doit aller plus loin encore. Mais au-delà de ça, sur l'accessibilité des études, il y a une réflexion à apporter.
Et pourtant, le président a réformé les études de médecine. Est-ce que ce n'est pas l'échec de son système, de sa réforme ? Parce que vous dites que vous avez augmenté le numerus clausus. Non, je ne crois pas. Mais il a augmenté de 15 %, c'est-à-dire qu'il est au même niveau que dans les années 70, alors qu'il y avait 15 millions de Français en moins.
Oui, d'accord.
Mais ça ne change pas grand-chose. Sinon, vous n'avez pas vos arrivages.
Mais ça ne change pas grand-chose. Là aussi, vous savez, augmenter les effectifs conformes, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. Il faut accueillir les étudiants, il faut leur trouver des terrains de stage, il faut trouver des professeurs qui augmentent des élèves plus nombreux. Et donc, il y a toute une organisation à repenser. Il y a toujours eu des médecins étrangers dans notre pays. Il y a 25 000 médecins qui s'inscrivent à l'ordre des médecins qui sont des médecins étrangers. Ce qui a été fait ces derniers mois, c'est de leur donner un vrai statut. Vous savez, c'est les fameux padus. C'est ces médecins qui ont diplôme hors Union européenne.
Écrasés par les contraintes administratives. D'ailleurs, ils manifestaient devant le ministère de la Santé.
Oui, bien sûr, parce qu'effectivement, mais beaucoup ont, et ça a été un travail qui a été fait par le précédent gouvernement, de leur donner un vrai statut, une vraie reconnaissance et une vraie insertion dans le système français qui aujourd'hui, je veux dire, soit clair. Ça, c'est fait. Il y a eu 3 000 médecins étrangers hors Union européenne, je dis diplômés hors Union européenne, qui ont été régularisés.
Eux, ils veulent une vraie régularisation, pas juste une prolongation d'un an.
On a créé, grâce à la loi immigration, un passeport à l'on pour les métiers de la médecine. La loi immigration, elle date d'il y a quelques semaines, si on regarde à l'échelle du temps, c'était juste avant Noël. Donc, on va pouvoir, effectivement, aujourd'hui, pouvoir avoir des conditions d'accueil des médecins étrangers qui soient, je veux dire, beaucoup plus, qui ne les mettent pas dans un statut, qui soit un statut intermédiaire, comme c'était le cas, mais un vrai statut avec une vraie reconnaissance de leur rôle et de leur place.
Vous parliez de la loi immigration, vous vouliez, dans la loi immigration, durcir les conditions d'accès aux prestations sociales pour les médecins étrangers, notamment. Si le Conseil constitutionnel n'avait pas censuré cette mesure, ils auraient été soumis à des règles plus dures. C'était peut-être pas très pertinent.
Il y a une politique d'accueil des talents qui ne date pas de la loi immigration, qui date de plusieurs années, où, effectivement, sur certains métiers qui sont des métiers sur lesquels la France aussi a besoin d'apports étrangers, et c'est bien normal, on le comprend, eh bien, on facilite l'accès, on facilite l'insertion, on facilite, j'allais dire, les démarches administratives. C'était pas ce que vous vouliez faire avec les médecins. Et c'est ce qu'on voulait faire avec les médecins.
Avoir plus de médecins à l'avenir et dès aujourd'hui, et puis libérer du temps médical aussi, et ça passerait par cette idée de la taxe lapin, taxer les rendez-vous non honorés pour lutter, justement, contre ces rendez-vous pris, et on ne s'y rend pas. Comment ça se passerait très concrètement ? On prend une empreinte de carte bancaire, par exemple ?
Alors, on va y réfléchir, on va y réfléchir. Le sujet, il doit être posé, pour le coup, avec les organisations de médecins. Aussi, peut-être, avec les plateformes numériques qui, aujourd'hui, sont des intermédiaires importants. Si on appelle, je ne sais pas,
la secrétaire médicale au téléphone pour prendre rendez-vous.
Oui, bien sûr, mais en tous les cas, il y a à réfléchir un système qui permette... Évidemment, aujourd'hui, on a 27 millions de rendez-vous, nous disent les professionnels, nous disent les médecins, 27 millions de rendez-vous non honorés. Deux heures hebdomadaires par professionnel. C'est exactement, on a les mêmes chiffres. Donc, vous voyez, deux heures hebdomadaires, c'est énorme, parce qu'en deux heures, vous voyez 5 à 6 patients. Donc, effectivement, on voit qu'il y a des gains qui seraient disponibles et qu'il a, par un système plus efficace, plus responsabilisant, parce que c'est un manque de civisme.
L'idée, on la comprend, mais dans la mise en œuvre, c'est épineux.
Les médecins vont devoir dénoncer les patients, par exemple ? Non, mais on va en discuter. Moi, je ne veux pas avancer sur une discussion qui n'a pas encore eu lieu. On va trouver des solutions. Gabriel Attal a été clair, le Premier ministre souhaite une réponse dans les prochains mois. Il aura une proposition, effectivement,
de réponse à ce problème. Et hors de grandeur de la taxe lapin, si jamais elle arrive, c'est quoi ? C'est 1 euro, 10 euros ?
Vous imaginez bien que je ne vais pas lancer des chiffres alors que la discussion n'a pas du tout commencé. Donc, il y aura des propositions pour, effectivement, lutter contre ce phénomène qui a explosé avec l'arrivée des plateformes qui ont désintermédié, si on peut dire ça comme ça, le rapport avec le cabinet médical avec lequel on prend rendez-vous.
En mars, le doublement des franchises entrera en vigueur. Ce qui reste à la charge du patient augmentera de 50 centimes à 1 euro par boîte de médicaments, de 1 à 2 euros pour les actes et consultations médicaux. Donc, que l'on soit riche ou pauvre, on paiera deux fois plus.
Alors, il faut d'abord rappeler un chiffre. 236 milliards, c'est l'effort que la nation fait pour, effectivement, financer l'accompagnement des Français à la maladie, le médicament, les dépenses de soins. On a un des taux de couverture le plus important au monde de financement des dépenses de santé pour les Français par l'assurance maladie, par la solidarité nationale. Donc, c'est aussi des ordres de grandeur qu'il faut rappeler. On est d'un pays qui couvre le mieux le coût du soin pour ses citoyens. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, effectivement, il y a ce forfait qui a augmenté mais qui reste malgré tout marginal et puis qui pose derrière une autre question.
Parce qu'on a un taux de couverture, je le disais à l'instant, qui est le plus élevé au monde mais on a aussi un appétit à la dépense de médicaments qui est quand même assez fort. Et peut-être qu'il faut travailler avec des messages de civisme, avec des messages de prévention, d'explication, de pédagogie à une sorte de sobriété sur les médicaments. C'est-à-dire, effectivement, pour expliquer que la consommation de médicaments pourrait peu baisser. Mais ça, c'est pas de la prévention,
ça, c'est de la sanction. Et puis, vous dites que c'est marginal 1 à 2 euros mais pour les étudiants, par exemple, qui ont du mal à se nourrir correctement, c'est pas marginal.
Il y aura des campagnes pour faire, pour effectivement essayer de contenir la dépense de médicaments. Je vois bien qu'effectivement, c'est une dépense. Mais ce qu'on veut aussi, c'est assurer l'équilibre autant que possible ou en tous les cas, le financement de nos comptes sociaux. Et ça, c'est majeur parce que derrière, on finance l'hôpital, on finance le monde libéral, on finance ces dépenses de médicaments que j'évoquais. Et donc, il faut aussi assurer, effectivement, la recette.
Je reviens quand même sur ce que vous venez de dire aux Français, aux Françaises qui nous écoutent, sobriété en termes de médicaments. Concrètement, ça veut dire quoi ? En cas de certains symptômes, on ne prend pas un médicament comme avant ? Non, non, non,
c'est pas que pour les Français, c'est aussi peut-être dans le conditionnement par les industriels du médicament, le conditionnement des boîtes parce qu'on a tous dans nos placards des boîtes qui servent...
Médicaments à l'unité, par exemple, ça serait bien de le mettre en place pour éviter d'en prendre une plaquette et de jeter les autres.
avec Catherine Vautrin qui est donc ministre du Travail, de la Santé et de la Solidarité. C'est un sujet sur lequel elle souhaite qu'on aboutisse, qu'on avance parce qu'effectivement, je pense qu'il y a des marges de manœuvre là aussi qui permettraient à la fois d'ajuster l'offre de médicaments mais de faire comprendre aussi aux Français que le rapport aux médicaments doit aussi peut-être être mieux compris sur les enjeux qu'il y a derrière, c'est-à-dire avoir cette sobriété que j'évoquais.
Ces derniers mois, plusieurs décès aux urgences ont alerté sur l'état de l'hôpital s'il le fallait. Il y a notamment ce drame. Lucas, 25 ans, mort aux urgences d'hier dans le Var après plusieurs heures passées sur un brancard fin septembre. Les parents ont porté l'affaire en justice. On peut mourir aujourd'hui en France aux urgences parce qu'on n'a pas été pris en charge à temps ?
Alors, ce cas est dramatique comme tous les cas effectivement de personnes qui meurent aux urgences ou dans les services. On peut mourir à l'hôpital. Oui, et parfois effectivement, donc là, il y a une enquête qui est en cours et qui dira s'il est défaillant, s'il y en a eu, d'où proviennent-elles ? Sur le fond, quand même, juste deux chiffres. Les services des urgences, c'est le service public qui a vu sa fréquentation la plus doublée, donc la plus augmentée en France. Il y avait 10 millions de passages aux urgences il y a une douzaine d'années. On est à plus de 21 millions aujourd'hui.
C'est-à-dire qu'effectivement, la crise du système de santé et le fait qu'effectivement, aujourd'hui, il y a de moins en moins de médecins de la crise du système de santé qui affecte aussi le monde libéral, fait qu'on se tourne de plus en plus vers les urgences parce que c'est la seule lumière allumée et que parfois, c'est l'espoir d'une consultation même si on n'y a pas forcément besoin d'aller aux urgences.
Et qu'est-ce qu'on fait alors ?
Et donc, il faut effectivement continuer à travailler à ces solutions. On évoquait en début d'entretien cela, c'est-à-dire cette réponse territoire par territoire qui permet effectivement de mieux prendre en charge des gens qui n'auraient pas besoin d'aller aux urgences mais qui y vont parce que de fait, quand on veut voir un médecin, on sait qu'il y en a aux urgences. Donc, il faut...
Et que parfois, on est dans des zones où on appelle SOS médecin, il n'y en a pas, on veut prendre un rendez-vous, il n'y en a pas, donc on n'a pas d'autre choix que d'aller aux urgences.
Mais complètement, ce qu'on appelle le service d'accès aux soins qui a été déployé ces derniers mois. Aujourd'hui, 63 départements ont un service d'accès aux soins. L'objectif fixé par préliministe, c'est que tous les départements soient couverts dans les prochains mois, c'est-à-dire effectivement, le service d'accès aux soins, c'est un lieu de coordination entre la médecine hospitalière et la médecine libérale. Ce sont des opérateurs et ce sont des médecins qui effectivement permettent d'avoir une réponse de premier recours pour les Français qui n'ont pas besoin d'aller aux urgences.
Donc, il faut à la fois essayer d'amener aux urgences, vers les urgences, ceux qui sont vraiment dans une situation d'urgence. Il s'agit de mieux faire travailler la médecine de ville et la médecine hospitalière pour effectivement adapter ça parce qu'on ne peut pas courir non plus à toujours mettre plus de moyens dans les urgences et à faire finalement des urgences la seule réponse dans laquelle on mettrait les moyens. Il faut faire confiance à la médecine libérale pour assumer sa place et son rôle en matière de premier recours.
Frédéric Valtoux, ministre délégué chargé de la santé et de la prévention. On se retrouve dans une minute. Le temps de dérouler le fil info à 8h51. Damien Mestre.
Vers une consultation médicale à 30 euros contre 26,50 euros actuellement. L'assurance maladie s'est dite favorable. A l'instant, sur France Info, le ministre de la santé Frédéric Valtoux dit espérer que ce changement aboutisse le plus vite possible. Après de lourdes pertes l'an dernier, EDF renouvelable avec les bénéfices 10 milliards d'euros engrangés l'an dernier. Résultat dévoilé ce matin est qualifié d'exceptionnel. De bons chiffres en partie dus à la hausse du prix de l'électricité et au redressement de la production nucléaire. Six mois de prison avec sursis pour un policier jugé pour violence aggravée sur un manifestant à Rouen en 2020.
Il avait frappé à coups de pied et de matraque un gilet jaune qui tentait d'aider une femme tombée au sol. Un fonds mondial pour lutter contre le tabagisme, sa création annoncée hier soir par l'Organisation Mondiale de la Santé. Un fonds qui prévoit 75 millions de dollars alors que selon l'OMS, le tabag tue chaque année 8 millions de personnes dans le monde.
France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambré Jules Dequisse Frédéric Valtour ministre délégué chargé de la santé et de la prévention ils peuvent être une aide précieuse dans les déserts médicaux dont on parlait eux aussi sont en colère et ont lancé des opérations escargots dans toute la France opérations appelées à se répéter demain ce sont les infirmiers libéraux qui réclament notamment une augmentation de leur rémunération à hauteur de l'inflation est-ce que vous allez faire un geste pour eux ?
Alors elles ont raison les infirmières libérales et il y a un sujet sur effectivement le rôle, la place des infirmiers dans le système de santé 630 infirmiers 120 000 sont des infirmières libérales l'essentiel travaillant donc à l'hôpital néanmoins et la question se pose aussi d'ailleurs à l'hôpital il faut restaurer réinterroger le rôle et la place des infirmiers dans le système de santé on doit faire plus confiance à ces professionnels qui sont formés qui ont tout à fait la capacité à épauler à intervenir sur des champs de délégation des champs de compétences aux côtés des médecins qui soient sans doute plus larges et ça c'est une discussion qu'il faut qu'on ait globalement la question elle n'est pas simplement la rémunération je le redis elle est le rôle et la place
pas d'augmentation depuis 15 ans alors que l'inflation et qu'ils se disent les oubliés du Ségur il n'y aura pas de geste vous dites
là aussi on va commencer à discuter et je souhaite vraiment ouvrir avec toutes les organisations représentatives des infirmiers et infirmières des discussions qui soient très larges et qui englobent justement aussi pas simplement la question de la rémunération mais aussi le champ de la responsabilité juste un exemple les infirmières en pratique avancée on a voté ça à l'Assemblée nationale maintenant en 2023 on est toujours effectivement en attente d'un statut donc il faut aussi qu'on accélère nous le gouvernement l'accompagnement et la reconnaissance de ces métiers là c'est un de mes objectifs dans les prochaines semaines
Frédéric Valtoux la loi sur la fin de vie en juin 2023 vous opposiez à l'aide active à mourir vous écriviez avec d'autres députés dans une tribune le soignant ne doit jamais disposer du droit de vie ou de mort sur celui qui se confie à lui est-ce que vous allez pouvoir en tant que ministre délégué à la santé porter un texte qui irait à l'encontre de vos convictions personnelles
alors premièrement si vous lisez la tribune c'était pas une opposition effectivement à ce qu'on réouvre le sujet de la fin de vie non mais il y a cette aide active à mourir non non c'était pas une opposition c'était une tribune qui plaidait pour effectivement qu'on fasse un effort sur les soins palliatifs et ça correspond de toute façon
mais justement pour éviter le sujet de l'aide active à mourir c'est pas pour éviter le sujet vos détracteurs qui vous ont placé dans un camp
non bah ouais après les gens vous mettent dans des cases sans regarder les tribunes en général se lisent la première phrase jusqu'à la dernière phrase très clairement
à mourir un geste médical que donnerait un soignant
qui doit être en terminer la vie d'un patient mais c'est pas non plus je veux dire c'est pas l'idée d'un changement comme ça de fonctionnement c'est peut-être l'idée dans le texte c'est vrai qu'on sait pas trop ce qu'il va y avoir dedans exactement donc pour l'instant c'est de trouver un équilibre et pour en avoir parlé avec le président de la république il y a de toute façon la recherche d'un équilibre sur lequel pour l'instant il n'y a pas d'arbitrage qui a été fait mais je crois que la volonté effectivement c'est justement d'augmenter de réarmer les services de soins palliatifs d'en installer un département ce qui n'est pas le cas aujourd'hui donc redonner des moyens à l'hôpital pour déployer pour permettre un accès plus facile pour les français aux services de soins palliatifs qui effectivement aujourd'hui donnent satisfaction au sens où c'est un accompagnement
mais sur l'aide active à mourir donc l'exécutif continue à se chercher à chercher son projet et pendant ce temps-là il n'est pas sûr attendre
je crois que le président de la république doit s'exprimer prochainement sur le sujet d'ici l'été ah moi je ne suis pas je ne suis pas vous savez moi je suis ministre depuis 5 jours 6 jours donc je n'ai pas encore tous les je ne suis pas encore dans la conférence dans tous les dossiers mais simplement je sais que c'est un sujet qui n'a pas été oublié qui sera pris à bras le corps et la recherche c'est une recherche d'équilibre là aussi parce que de toute façon et en écoutant les soignants parce que in fine ce sont vers les soignants qu'on se tournera pour accompagner dans une écriture qui reste à préciser à accompagner les personnes qui sont en fin de vie et donc on ne peut pas faire contre et sans les soignants c'était aussi le sens de la tribune et je pense que ça de toute façon il n'y avait pas besoin de l'écrire pour convaincre le président de la république qui avait de toute façon spontanément parfaitement compris ça
vous incitez sur les soins palliatifs mais il y avait une version de travail du projet de loi datant d'octobre qui évoquait en plus du suicide assisté une exception d'euthanasie pour les personnes qui ne seraient pas elles-mêmes en mesure de s'administrer le produit létal est-ce que cette exception d'euthanasie figurera dans la loi ou est-ce que vous repartez d'une page blanche
là aussi je ne peux pas vous dire ce qui figurera dans la loi il y a différentes versions qui ont circulé ces derniers mois n'oublions pas que c'est quand même un chantier qui a fait l'objet d'une maturation exceptionnelle il y a eu la convention citoyenne qui a permis pendant de longs mois effectivement à ce que des français s'acclimatent de cette question en perçoivent les différentes facettes éthiques médicales et permettent effectivement de faire progresser la réflexion il y a eu des consultations auxquelles je n'ai pas participé avec tous ceux qui philosophes religieux médecins avaient sur cette question des choses à dire et à faire valoir donc ce que sera le point d'arrivée de cette réflexion qui a quand même été longue et exceptionnelle et moi je veux rendre hommage à Agnès Fermin Le Baudot qui a mené dans les précédents gouvernements ces réflexions permettent aujourd'hui sans doute d'arriver à une maturation un point d'équilibre que je ne connais pas mais dont je sais que vraiment l'intention c'est de retrouver un point d'équilibre qui finalement emmène l'ensemble des acteurs plus qu'eux veuillent imposer une solution qui ne serait pas partagée
Juste un mot les socialistes au Sénat voulaient faire adopter une proposition de loi pour les femmes souffrant de règles douloureuses pour leur offrir un droit à un congé menstruel qui serait indemnisé par l'entreprise quelle est votre position sur ce sujet ?
Je l'ai dit hier au Sénat la cause est juste la cause est effectivement à travailler mais la réponse qui était proposée sans rentrer dans trop de détails mais la réponse qui était proposée était inadaptée parce que c'était une réponse d'un congé qui serait donné qui aurait peut-être été un coup de canif enfin pas peut-être c'était mon analyse qui aurait été un coup de canif au secret médical parce que et donc sans doute le sujet est à retravailler je l'ai dit hier au Sénat
Ça se fait en Espagne depuis un an ?
Pas dans les mêmes manières pas du tout dans les mêmes manières donc le sujet est à retravailler il y a de toute façon dans les prochaines semaines on va réouvrir le sujet avec les parlementaires sénateurs et députés et proposer effectivement un nouveau texte qui sera sans doute d'initiative parlementaire
D'un beau Frédéric Valtou vous êtes ministre de Gabriel Attal et en même temps membre d'Horizon est-ce qu'Edouard Philippe reste votre candidat pour 2027 ?
Écoutez Edouard Philippe reste le président de mon parti et effectivement celui qui j'espère relèvera le gant en 2027 il est aujourd'hui très bien placé pour ça mais c'est pas mon...
Ça se corse avec la percée de Gabriel Attal
Oui mais ça tout ça on verra vous savez de toute façon ce qu'il faut aujourd'hui c'est éviter les solutions radicales et vous voyez très bien à quoi je fais allusion en parlant de ça et donc il faut que le gouvernement réussisse personne ne réussira sur la défaite du gouvernement Edouard Philippe le sait le premier et Edouard Philippe reste effectivement le candidat de mon cœur
Merci beaucoup Frédéric Valtou ministre délégué chargé de la santé une de vos premières interviews depuis votre nomination ce matin sur France Info Merci beaucoup
Frédéric Valletoux