Geoffroy Didier - L'interview politique du 06/10/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse directe
Expliquez-nous ce qui suscite la colère du ministre de l'Intérieur.
- 1:38OuverteRéponse directe
Le vrai casus belli, c'est la personnalité de Bruno Le Maire ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui peut se passer au conseil stratégique ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Qu'allez-vous demander pour assurer votre participation au gouvernement ?
- 4:42RelanceRéponse partielle
Si même les participants au socle commun sont mécontents, le gouvernement a quelques jours de sursis ?
- 6:17OuverteRéponse directe
Est-ce que des concessions sont possibles sur la fiscalité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05Invité politiqueChiffre
« Nous n'avions pas imaginé un instant qu'allait remonter dans le train celui qui est l'homme des 1000 milliards d'euros de déficit, de dettes supplémentaires depuis 2017. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Il y a eu manifestement une volonté de la part du Premier ministre de cacher qui serait le titulaire du ministère des armées. »
- 3:21Invité politiquePromesse
« Nous n'allons pas continuer à ne rien faire en vue de 2027, le but c'est qu'il puisse y avoir des réformes, qu'il puisse y avoir un budget. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Nous avons clairement exigé que la masse fiscale, c'est-à-dire la pression fiscale, n'augmente pas. Et nous l'avons obtenu par écrit de la part du Premier ministre. »
- 6:58Invité politiqueFait
« Il y a un taux de saturation des impôts qui est atteint en France. »
- 8:32Invité politiqueFait
« Je pense que pour l'image de la France, c'est déplorable et qu'il faut absolument réformer. »
- 8:47Invité politiqueFait
« Certaines choses, notamment sur l'exécution provisoire. Il n'est pas normal, par exemple, qu'on ne puisse pas faire appel de l'exécution provisoire en matière pénale. »
- 9:52Invité politiquePromesse
« Ce qui n'est pas négociable, c'est la libération des otages, qu'il s'agisse des otages vivants ou des otages défunts. »
- 10:52Invité politiqueFait
« C'est une honte absolue, mais malheureusement, on n'est pas au bout de nos surprises avec les parlementaires LFI. »
- 11:42InvitéChiffre
« De janvier à juin 2025, 646 actes antisémites perpétrés. »
Temps de parole
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- Invité25 %
- Présentateur6 %
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7h45 sur Radio-G, bon réveil, place à l'invité politique du jour, Geoffroy Didier, vice-président de la région Île-de-France et ex-député européen, est au micro de David Revaud-Dallon. Bonjour messieurs.
Bonjour Geoffroy Didier. Bonjour. Alors, à peine nommé, déjà menacé d'implosion le gouvernement Lecornu. Hier, le Premier ministre a pris les mêmes et recommencé, selon l'expression consacrée, à part quelques aménagements, notamment Bruno Le Maire aux armées. Et quelques minutes plus tard, à 21h22, c'est le drame. Bruno Retailleau tweet sur X. La composition du gouvernement ne reflète pas les ruptures promises. Expliquez-nous un petit peu ce qui suscite la colère du ministre de l'Intérieur.
Il y a manifestement un problème. Bruno Retailleau avait fait preuve de bonne volonté. Les Républicains, dans leur ensemble, avaient fait preuve de bonne volonté en acceptant de participer à ce gouvernement par souci de stabilité et pour éviter que ce soit l'extrême-gauche qui prenne le pouvoir. Mais nous n'avions pas imaginé un instant qu'allait remonter dans le train celui qui est l'homme des 1000 milliards d'euros de déficit, de dettes supplémentaires depuis 2017 et qui incarne le macronisme finissant.
Donc il y a eu tromperie sur la marchandise et je comprends parfaitement que Bruno Retailleau ait dit clairement que nous ne pouvions pas continuer ainsi et que la rupture promise, celle qu'avait promise Sébastien Lecornu, pardon, je ne suis même pas à en oublier son prénom, n'était pas au rendez-vous et qu'il fallait donc revoir la copie.
Donc le vrai casus belli, c'est la personnalité de Bruno Le Maire, c'est un vrai affront. Il paraît qu'il n'était même pas au courant Bruno Retailleau, il a vu 1h30 le Premier Ministrière et Sébastien Lecornu ne l'avait même pas informé de cette nomination, vous confirmez ?
Il y a eu manifestement une volonté de la part du Premier ministre de cacher qui serait le titulaire du ministère des armées et donc de ne pas associer pleinement à l'ensemble des décisions une composante importante du gouvernement puisque nous-mêmes nous avions accepté de jouer le jeu aussi parce que Sébastien Lecornu avait fait des progrès dans les engagements qu'il avait pris en acceptant par exemple de ne pas augmenter la pression fiscale qui concitait une véritable ligne rouge pour nous.
A partir du moment où nous avions fait cet effort par souci de stabilité de participer au gouvernement, à partir du moment où Sébastien Lecornu avait fait l'effort lui-même de prendre des engagements calés dans notre sens, nous estimions qu'il y avait une rencontre de volonté honnête et que malheureusement le fait de cacher l'un des titulaires majeurs de ce gouvernement est en passe d'entamer la confiance qui débutait pourtant hier. Donc c'est vraiment le cas Bruno Le Maire qui cristallise la colère.
Oui mais vous savez nous ne sommes pas d'accord avec toutes les options voulues par le Premier ministre mais tout cela est le fruit d'un compromis et dans un compromis par définition on n'est pas d'accord avec tout et on n'est satisfait de rien. Mais c'est encore une fois cette volonté de stabilité et pour éviter le pire que nous étions prêts et que nous sommes encore prêts a priori, nous le déciderons évidemment aujourd'hui au conseil stratégique qui aura lieu à 11h30 au siège des Républicains, prêts à gouverner avec les autres composantes du socle commun parce que nous voulons jouer le jeu et parce qu'au fond nous n'avons qu'une ambition c'est que ça marche.
Parce que nous n'allons pas continuer à ne rien faire en vue de 2027, le but c'est qu'il puisse y avoir des réformes, qu'il puisse y avoir un budget parce que moi je pense à tous les ménages inquiets, à tous les commerçants, à tous les artisans, à tous les entrepreneurs, à tous ceux qui disent mais donnez-nous un gouvernement, entendez-vous, mettez-vous d'accord et qu'on évite de faire perdre du temps à la France d'ici 2027. Même si chacun sait que c'est en 2027, c'est-à-dire à l'occasion de l'élection présidentielle, que nous pourrons véritablement avoir un débat public sur les réformes structurelles à mener pour notre pays.
Alors vous le disiez, 11h30, rendez-vous au conseil stratégique au siège des Républicains, qu'est-ce qui peut se passer ? Qu'est-ce que vous allez demander pour assurer votre participation au gouvernement ? Vous allez demander la démission de le maire ?
Nous le verrons, nous le déciderons collectivement. Ce qui est certain, c'est que nous demandons de la clarté. Nous demandons d'avoir en face des règles du jeu qui soient connues de tous et qu'on ne découvre pas certaines choses en cours de route. Parce que si nous découvrons la nomination du ministre Bruno Le Maire un dimanche soir, nous risquons aussi de découvrir dans quelques jours ou quelques semaines des engagements que le Premier ministre aurait pris vis-à-vis du Parti Socialiste et qui nous auraient été cachés. Donc nous, nous voulons bien travailler en toute transparence, en toute intelligence, en toute confiance. Mais la confiance, elle ne se décrète pas, elle se démontre.
Alors, ça sent quand même un peu le roussi, on va se parler franchement. Si même les participants au socle commun sont mécontents, comme vous le soulignez, et que les oppositions l'attendent, le gouvernement le cornu avec le couteau entre les dents, on ne va pas se mentir, il a quelques jours de sursis, ce gouvernement. On ne voit pas comment il pourrait d'abord réunir un conseil des ministres cet après-midi, ce qui est prévu, faire une déclaration de politique générale demain et passer l'épreuve de la censure.
Nous ne sommes pas là pour compliquer la tâche du Premier ministre et encore moins celle de la France. Nous, ce que nous voulons, c'est que ça fonctionne. Mais pour que ça fonctionne, il faut encore une fois des règles du jeu qui soient claires, simples et saines, que nous travaillions en confiance et en transparence. C'est tout ce que nous demandons, c'est-à-dire une méthode de travail. Et puis après, qu'il y ait des engagements qui soient pris sur le fond, parce qu'au fond, les hommes et les femmes ne sont que la traduction d'une politique publique.
Et donc, si la traduction d'une politique publique, c'est celle qui a augmenté de 1 000 milliards d'euros, plus de 1 000 milliards d'euros, la dette depuis 2017, et qu'on recommence la même chose, ça, ça ne peut pas fonctionner. Si en revanche, il y a des engagements intelligents qui sont pris dans un esprit de compromis avec le Premier ministre, c'est-à-dire une allocation sociale unique qui serait plafonnée, c'est-à-dire à 70% du SMIC pour que le travail soit mieux valorisé, que travailler paye toujours mieux que de vivre de l'assistance ou de l'assistanat, ça, ça nous intéresse.
Si c'est pour s'assurer qu'il n'y ait pas de pression fiscale qui soit augmentée pour les Français, parce qu'on paye déjà beaucoup trop d'impôts et que nous avons le taux de prélèvement obligatoire record des pays de l'ECDE, ça, ça nous intéresse.
Sur la socialité, justement, c'est quand même une des conditions sine qua non d'un accord avec les socialistes, c'est donc la survie du gouvernement Lecornu. Est-ce que des concessions sont possibles ? On a beaucoup parlé du fait de taxer les hauts revenus et du fait que beaucoup de macronistes, y compris le premier d'entre eux, c'est-à-dire le président, se serait un peu résolu à cette idée. Pour vous, c'est une ligne rouge, la fiscalité ?
Oui, nous avons clairement exigé que la masse fiscale, c'est-à-dire la pression fiscale, n'augmente pas. Et nous l'avons obtenu par écrit de la part du Premier ministre. Moi, je suis favorable à ce qu'il n'y ait aucune augmentation d'impôts pour les personnes physiques, c'est-à-dire vous et nous qui nous écoutez ce matin, les ménages, mais aussi pour les personnes morales, c'est-à-dire les entreprises. Il y a un taux de saturation des impôts qui est atteint en France. Et donc, en plus, on sait comment ça se passe. On fait payer les riches et finalement, ce sont les classes moyennes ou les classes moyennes supérieures qui trinquent.
On nous explique que ce sont des impôts provisoires et ils se pérennisent et deviennent durables. Donc, j'estime aujourd'hui que nous devons arrêter avec cette obsession fiscale et que toute augmentation d'impôts est un aveu de faiblesse politique et une erreur de stratégie économique parce que c'est un aveu de faiblesse. Pourquoi ? Parce que ça démontre qu'en réalité, l'État est incapable de se réformer tout seul et de se serrer la ceinture. Donc, quand on est incapable de se serrer la ceinture et de diminuer ses dépenses publiques, qu'est-ce qu'on fait ? On fait trinquer les ménages et les entreprises en les faisant payer encore davantage d'impôts.
Bon, ça va être compliqué. On ne va pas se mentir cette affaire. Nous savons que c'est compliqué. Est-ce que vous pensez que Sébastien Lecornu peut passer d'abord la semaine et ensuite l'automne, honnêtement, à votre pronostic ?
Mais je le souhaite. Moi, je ne suis pas là pour faire des pronostics. Je suis là pour exprimer des souhaits et surtout faire en sorte que des choses arrivent. Nous, nous sommes prêts à jouer le jeu si, en face, nous avons des interlocuteurs fiables. C'est tout ce que nous demandons. Et encore une fois, nous voulons travailler au service des Français pour éviter de faire perdre du temps à la France d'ici 2027.
Un mot sur la condamnation de Nicolas Sarkozy. C'était, il y a une quinzaine de jours, figure tutélaire de LR que vous connaissez bien. Cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs avec mandat de dépôt, exécution provisoire. Ça a créé beaucoup d'émotions, pour ne pas dire de polémiques. Qu'est-ce que vous en pensez de ce jugement ?
Vous avez raison, ça a créé beaucoup d'émotions qu'un ancien président de la République, que j'ai toujours considéré comme honnête et qui a toujours servi la France, puisse se retrouver avec un mandat de dépôt émis sous écrou, ce qui risque de lui arriver dans quelques jours. Je pense que pour l'image de la France, c'est déplorable et qu'il faut absolument réformer, parce que ça, ça appartient aux politiques. Certaines choses, notamment sur l'exécution provisoire. Il n'est pas normal, par exemple, qu'on ne puisse pas faire appel de l'exécution provisoire en matière pénale, alors que ça existe, son droit administratif. Et donc, il y a des réformes politiques.
Il ne suffit pas de s'émouvoir, même si l'émotion a été réelle, même si l'image de la France est écornée à travers ce qui va être imposé à l'ancien président de la République. Je crois que les politiques doivent aussi prendre leur disposition et réformer certains pans de l'autorité judiciaire afin d'éviter qu'il arrive à l'ancien président Nicolas Sarkozy, ce qui risque de lui arriver dans quelques jours.
Alors, un mot sur la situation internationale. Le plan Trump semble avancer dans la bonne voie. Négociation aujourd'hui à Charmelsher en hérégie entre les délégations israéliennes et le Hamas sous l'égide des États-Unis de l'Égypte. Est-ce que vous êtes confiant et qu'est-ce que vous pensez de cette avancée à la veille du deuxième anniversaire du 7 octobre ?
C'est une avancée historique et c'est une lueur d'espoir dans un monde si complexe et où les bonnes nouvelles sont si rares. Ce que je souhaite ardemment et avant tout, et ce qui n'est pas négociable, c'est la libération des otages, qu'il s'agisse des otages vivants ou des otages défunts. Et c'est seulement s'il y a une libération de tous les otages que nous pourrons envisager cesser le feu, voire un retrait de l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Mais d'abord et avant tout, le Hamas doit être démilitarisé et le Hamas doit rendre les otages et les corps des otages à leur famille. Tant qu'il n'y aura pas cela, nous n'accepterons pas de discuter autre chose.
Un mot sur la fameuse flottille dite de la liberté qui a été raisonnée il y a quelques jours par la marine israélienne. Quatre élus de la France insoumise, dont Rima Hassan, restent retenus en Israël et auraient commencé une grève de la faim pour protester contre cette situation. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative et du fait que des parlementaires français participent à cette flottille ?
C'est une honte absolue, mais malheureusement, on n'est pas au bout de nos surprises avec les parlementaires LFI et tous les élus LFI qui sèment la haine dans notre pays, qui sont profondément antisémites, qui cachent leur antisémitisme parfois avec pourparavant l'antisionisme et qui sont prêts à s'adonner à toutes les manifestations, toutes les élucubrations, les pires qui soient, pour tenter de faire adhérer une partie de la jeunesse française. Parce qu'au-delà de leur bêtise à eux, il y a malheureusement le risque de susciter l'adhésion chez certaines personnes françaises qui sont soit ignorantes, soit instrumentalisées.
Je crois que tout cela est vain, mais tout cela est surtout triste et j'ai envie de dire que tout cela est révoltant.
Il y a effectivement une vague antisémite sans précédent, même si on constate un léger recul depuis la flambée de l'automne 2023. De janvier à juin 2025, 646 actes antisémites perpétrés. Est-ce que vous estimez que la France insoumise, puisque vous dites clairement que c'est un mouvement antisémite, a une responsabilité dans cette flambée ?
Moi, je ne me suis jamais fait à l'idée et je n'ai jamais compris, ni émotionnellement, ni intellectuellement, comment les événements du 7 octobre avaient pu, non pas faire taire l'antisémitisme, mais le libérer, l'exacerber. C'est pour moi un mystère de la nature humaine. Ce qui est en revanche moins un mystère, c'est l'instrumentalisation politique de la part de la France insoumise qui est véritablement coupable de souffler sur les braises, de créer du désordre, avec une volonté ferme de monter des Français les uns contre les autres. La France insoumise est légale en France, mais la France insoumise doit être combattue.
Combattue dans les urnes, combattue au micro, combattue à travers des manifestations, combattue à travers les réformes que nous devons accomplir pour protéger les juifs de France et pour exprimer l'idée que lorsqu'on s'attaque à un juif, c'est à la France, c'est à la République, c'est à la nation et c'est à la nature humaine que l'on s'attaque.
– Merci beaucoup Geoffroy Didier, on va suivre avec attention le suspense de la journée et bien sûr ce qui va se décider au bureau des Républicains d'ici quelques heures. A très bientôt sur Radio-Gibou.
– Merci à tous les deux et jeudi, David, vous recevrez le maire de Nice, Christian Estrosi. – Sous-titrage FR – – Sous-titrage FR –
Geoffroy Didier