Fabien Roussel face à David Lisnard #LAREF26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:40OuverteRéponse directe
Si vous aviez une décision à prendre demain pour que dans 5 ans l'industrie française produise plus, quelle serait cette mesure ?
- 7:30OuverteRéponse directe
Le principal obstacle est le coût du travail. Comment améliorer ça ?
- 16:26OuverteRéponse directe
Dans certains secteurs stratégiques, la nationalisation pourrait-elle être une solution ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Hervé GattegnoChiffre
« En 1960, la production industrielle représentait 28 % de notre richesse nationale. En 2025, c'était seulement 13 et demi pourcent. C'était 22 % en Allemagne, 18 en Italie, 15 en Espagne. »
- 6:01David LisnardChiffre
« Les impôts de production en France aujourd'hui, c'est quasiment 4 points de PIB, 3,6 points de PIB la moyenne européenne de mémoire, mais vous pouvez vérifier, c'est 1,2. »
- 12:09Fabien RousselChiffre
« Une heure de travail coûte 47,7 euros en France contre 49,8 euros en Allemagne. »
- 12:54Fabien RousselChiffre
« 200 milliards d'euros de d'aides publiques accordées aux entreprises. »
- 13:38Fabien RousselChiffre
« Nous en avons perdu plus d'un million dans l'industrie. »
- 17:46David LisnardChiffre
« On a le record du monde de la dépense publique, on a le record du monde des impôts et des charges. »
- 19:52David LisnardFait
« On peut même imaginer des réquisitions. »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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[musique]
Hervé Gatinho [musique] qui vient prendre le court central pour ce duel entre Fabien Roussel le secrétaire national [musique] du Parti communiste français et David Lisnard le président de la nouvelle énergie, maire de Cannes et président de l'association des maires de France. Messieurs, soyez les bienvenus, venez vous installer, je vous en prie, au micro d'Hervé qui va euh mener brillamment cette rencontre. Cher Hervé, cher Fabien, cher David, vous imaginez bien qu'à Roland Garros, on attend le match entre deux joueurs de rang. Euh, je vais laisser la presse immortaliser cet instant et inviter euh nos confrères et consœurs, photographes et cameramen, à libérer l'espace dans un instant.
Hervé, bienvenue. Merci, merci, merci à tous. Merci à nos à nos deux joueurs surtout. Donc un débat débat de haute volée euh on l'espère sans trop de balles perdues, mais en tout cas sans filet, c'est promis et dans le central de Roland Garros, c'est inhabituel. Pour poser le sujet, quelques mots. En 1960, la production industrielle représentait 28 % de notre richesse nationale. En 2025, c'était seulement 13 et demi pourcent. C'était 22 % en Allemagne, 18 en Italie, 15 en Espagne. La désin- la désindustrialisation, pardon, en France, ce n'est pas une menace, c'est une réalité et c'est un problème.
Vous deux qui êtes là, autour de moi, euh David Lisnard, Fabien Roussel, vous tout le monde le sait, vous n'avez pas beaucoup d'idées communes a priori, mais il se trouve que vous en partagez au moins une, c'est la nécessité pour la France de se réindustrialiser. C'est sur les moyens de le faire que vous n'êtes pas d'accord. Donc pour débattre, il vaut mieux débattre des choses sur lesquelles on est en désaccord. Donc ma première question à chacun d'entre vous et je vais commencer par vous Fabien Roussel parce que j'ai tiré au sort tout seul ce matin euh pour l'ordre des des paroles. Euh ma première question, mais je vais vous je vous la pose à tous les deux.
Si vous aviez une décision à prendre demain pour que dans 5 ans l'industrie française produise plus, quelle serait cette ? Fabien Roussel. Une seule, hein. Oui. Euh d'abord, avant la mesure, un état d'esprit. Euh vu l'état dans lequel est notre pays, fracturé et divisé, c'est qu'il faudra avoir un président et un gouvernement qui a le sens réel et sincère du dialogue et du travail ensemble. On a il faut arrêter de s'opposer, de fracturer le pays. Euh on a des gros défis, d'immenses défis à relever. On va devoir le faire ensemble. Et donc le dialogue, c'est le respect de la démocratie sociale, c'est le respect de tous les partenaires, chefs d'entreprise, représentants des salariés et l'État.
Une mesure pour l'industrie. Les chiffres que vous avez énoncés sont édifiants. C'est la démonstration que ces 20-30 dernières années, moi j'avais les chiffres de ces 20 dernières années, on est passé de euh 19 % à 10 % et quand je regarde les politiques de ces 20 dernières années et euh la réalité des chiffres de notre industrie, c'est que ça marche pas. Ce que l'on a fait ces 20 dernières années ne marche pas et notamment toutes les politiques de réduction du coût du travail, d'aides publiques aux entreprises, on va en parler. Il faut arrêter tout ça. Il faut oser, avoir le courage de dire ça n'a pas marché, il faut changer.
Et l'une des premières mesures que moi que je mettrai en œuvre, c'est euh justement de planifier la ré- réindustrialisation de notre pays et d'arrêter le stop-and-go que nous vivons tous à notre niveau mais que vous aussi chef d'entreprise vous subissez. Il faut avoir de la lisibilité sur le long terme. Il y a une mesure sur laquelle je donnerai de la lisibilité aux entreprises, c'est sur l'accès à l'énergie. Des chefs d'État font des guerres, je pense à Trump en mettant l'énergie, la bataille de l'énergie au cœur de leur guerre. La France a des atouts immenses dans ce domaine.
Il faut pouvoir donner aux Français mais aux entreprises, aux industriels une énergie abondante, décarbonée, stable [grognement] et sur le long terme. Et ça, ce serait un avantage compétitif énorme que nous aurions en Europe et par à d'autres par rapport à d'autres pays pour reconstruire une industrie forte et utile pour le climat, pour les travailleurs et pour notre économie. OK, merci beaucoup. L'énergie pour Fabien Roussel, David Lisnard, votre réponse. L'énergie, l'énergie c'est fondamental, c'est tout à fait exacte.
Mais on voit bien qu'il y a deux visions qui qui s'opposent, hein, c'est-à-dire une attente de planification et moi je pense que si l'industrie a régressé jusqu'à passer derrière l'Espagne depuis quelques mois, c'est parce que justement on a trop administré l'économie. Donc on a deux modèles qui s'opposent, c'est pourquoi d'ailleurs le le le vrai débat de la présidentielle, il est au il est en ce moment. Je ne vous le fais pas dire. Alors j'ai parce qu'on a vraiment deux modèles qui de de de conception qui qui s'opposent et et et c'est tout à fait sain en démocratie. J'ai entendu qu'il y avait un un débat annexe cet après-midi.
Moi je ne vois que des déclinaisons de la capacité de d'une forme de Je vois des communistes partout, c'est ce que j'avais dit la dernière fois à Fabien quand on s'est croisé, je vois des communistes partout, c'est de la phobie. votre mesure. Et donc C'est service volé, David. Il faut pour relancer l'industrie, c'est comme pour tout, il faut libérer l'industrie. Il faut libérer le foncier des obligations stupides telles que le ZAN. On doit lutter contre l'artificialisation des sols par du bonus malus sur évidemment l'artificialisation ou l'étalement, mais ne pas administrer l'attribution du foncier qui est cher et rare. Si on veut des entreprises et des usines, il faut du foncier.
Il faut évidemment libérer l'acte de création, c'est-à-dire que la fiscalité et les charges soient compétitives. Les impôts de production en France aujourd'hui, c'est quasiment 4 points de PIB, 3,6 points de PIB la moyenne européenne de mémoire, mais vous pouvez vérifier, c'est 1,2. On va y venir. Donc, c'est votre mesure. Évidemment, libérer l'industrie de la sur-bureaucratie et de la et de la sur-régulation qui fait que pour ouvrir une usine, pour avoir l'autorisation, pardon, de construire une usine, il faut au mieux 40 mois, là où on peut être à 6 ou 7 mois en Allemagne ou en Italie ou en Pologne.
Il faut évidemment libérer le capital, c'est-à-dire l'acte d'investissement, que l'acte d'investissement soit rentable, ait une rentabilité normale. Or, il est moins rentable qu'ailleurs. Il faut libérer les facteurs production, donc le capital et le travail. Évidemment, le travail, le salaire net est beaucoup trop bas, le salaire l'extra-brut est beaucoup trop haut, donc il faut revoir tout le système social. Bref, il faut laisser faire les salariés et les entrepreneurs, ceux qui font du terrain, qu'on leur foute la paix et avoir une ensuite, une fois qu'on a un système fiscal et social compétitif, de l'assurer dans la stabilité.
Et par exemple, il faut aussi libérer l'innovation, l'innovation en supprimant de la Constitution le principe de précaution et en lui substituant un principe de responsabilité, ça me paraît évident. Voilà, quelques pistes. OK, alors rentrons dans le fond du sujet. Le principal obstacle, vous l'avez un peu dit tous les deux, surtout vous David Lisnard, c'est le coût du travail en France. Produire en France, ça coûte plus cher qu'ailleurs, objectivement. Euh, donc est-ce qu'on veut euh comme comment est-ce qu'on veut améliorer ça si on veut produire davantage en ? Euh, David Lisnard, vous venez de dire qu'il faudrait baisser les impôts de production.
Est-ce que c'est raisonnable dans la situation de nos finances ? Et est-ce que ça ne veut pas dire forcément, et puisque le thème c'est le courage, avoir le courage de dire que il faut diminuer certaines prestations ? Est-ce que c'est ça que vous voulez ? Alors, il y a deux choses. D'abord, il faut bien comprendre que la dégradation des comptes publics, elle vient précisément de la dégradation de l'acte de production. Avant de distribuer, il faut produire. Il faut créer de la richesse et de la valeur.
Et je me réjouis qu'on se retrouve là-dessus, enfin en tout cas en partie là-dessus, parce que vous faites pas partie de de de cette gauche de la décroissance qui est qui est qui est masochiste à mon sens. Euh, ça c'est vraiment essentiel. Ensuite, l'impôt de production, c'est pas lui qui alimente le système social. Ça, c'est c'est certain. Ce qu'il faut, c'est que le le social revienne à des solidarités locales. On a aujourd'hui euh toute la capacité euh de pouvoir localement, avec les communes, avec les associations, pouvoir permettre à ceux qui sont le plus en galère, qui souffrent le plus, de s'en sortir.
Mais en revanche, on ne peut pas avoir un système qui repose sur des cotisations sociales qui sont les plus élevées du monde, qui redistribue plus de 930 milliards d'euros et qui crée de la pauvreté. C'est-à-dire que défendre aujourd'hui les plus précaires, les plus en difficulté, c'est relancer la production. C'est permettre de revaloriser le travail. C'est permettre donc de cotiser moins pour gagner plus. C'est la seule façon saine de concilier la création de richesse, l'assainissement des comptes publics et des destins individuels positifs. OK, mais si on cotise moins, euh, on réduit la voilure sur le plan social ou ? bien sûr, moi je dis que oui, évidemment.
Bien sûr, il faut réduire la voilure sur le plan social. La France a le record du monde. Faut bien voir que c'est pas simplement des corrélations, ce sont des causalités. Plus on a augmenté les dépenses sociales Roussel appelle appelle les soignants là. Mais c'est bien, on n'est pas d'accord. Plus on augmentait les dépenses sociales, plus on a de pauvreté. On n'a jamais autant dépensé d'argent social, on a jamais autant eu de SDF dans les rues. Donc à mon avis, il faut regarder ça en face. C'est que ce système qui est un système qui pénalise l'acte de création à la fin crée de la pauvreté.
Donc il ce qu'il faut c'est réduire la pauvreté et ensuite accompagner les plus pauvres et les plus précaires. Je suis maire d'une ville qui a un taux de pauvreté très élevé historiquement, 22 %. Bien, cela on on le fait avec vraiment l'associatif, la commune, on connaît les individus, on les met dans des parcours individuels d'insertion. On ne fait pas de la distribution de l'argent de l'argent de nos enfants. Parce qu'aujourd'hui le système social, il est financé par la dette.
Qui peut être assez cynique pour dire "Allez, j'achète la paix sociale ou j'achète des voix ou je me fais bien voir, je dépense l'argent des enfants et des petits enfants." C'est inadmissible ce qui se passe aujourd'hui là-dessus. Alors, Fabien Roussel
[applaudissements]
Fabien Roussel, ça y est, vous vous êtes remis de vos ? Donc qu'est-ce qu'est-ce que vous lui répondez à David Lisnard ? Euh ça ne m'étonne pas du tout. Et d'ailleurs les propositions qui sont en débat dans cette rentrée euh c'est pas la première fois que je viens aux universités d'été du MEDEF. Merci Patrick Martin pour l'invitation faite au Parti communiste français de venir plancher devant vous et devant les entrepreneurs. Mais euh j'allais dire, c'est la même rengaine que nous entendons tous les ans. Euh on demande aux Français de travailler plus et de gagner plus. Et là, j'entends encore une fois les chefs d'entreprise qui veulent gagner plus sans produire plus.
Et le vrai enjeu pour moi mon cher Patrick, le vrai enjeu pour moi, on en parle à chaque fois. Le vrai enjeu pour moi c'est effectivement de produire plus dans notre pays, de créer les conditions d'une croissance utile, socialement utile, écologiquement utile et bénéfique à la nation, à la France afin qu'elle retrouve son indépendance et qu'elle ne dépende plus de pays étrangers, que ce soit les États-Unis, la Chine ou d'autres pays. Reconstruire une France forte, industriellement forte. Or, excusez-moi, mais je le disais tout à l'heure, je vais vous redonner quelques chiffres.
Ça fait 20 ans qu'on applique ces mêmes recettes qui font que l'on on tape sur le coût du travail qui serait excessif. Dans l'industrie, une heure de travail coûte 47,7 euros en France contre 49,8 euros en Allemagne. Et ça n'empêche pas l'Allemagne d'avoir une industrie plus forte qu'en France parce qu'ils ont une politique, une stratégie préservant leur industrie. Il n'y en a pas en France, nous avons un pays ouvert aux quatre vents et nos usines partent à l'étranger. Mais donc la vôtre, votre stratégie c'est à l'étranger malgré toutes les les les mesures qui ont été exigées et mises en œuvre ces 20 dernières années.
Exonération de cotisations sociales, ça coûte 70 milliards d'euros à l'État aujourd'hui. Baisse des impôts de production entre 10 à 15 milliards d'euros par an. Baisse de l'impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % ça coûte là aussi 10 millions 10 milliards d'euros par an. Je pourrais les aligner comme ça, il y a une commission d'enquête qui l'a fait et les chiffres sont pharaoniques, 200 milliards d'euros de d'aides publiques accordées aux entreprises. Nous ne sommes pas contre les aides publiques accordées aux entreprises. Nous ne sommes pas contre. Il y aura toujours toujours besoin d'accompagner nos entrepreneurs.
Mais avec des conditions, des garanties que l'on relocalise la production en France, que l'on crée des des emplois en France, que l'on arrive enfin à reconstruire une base industrielle forte. Or, ce n'est pas ce qui s'est fait ces 20 dernières années, ça nous a coûté beaucoup d'argent à l'État et ça n'a pas créé d'emplois, au contraire, nous en avons perdu plus d'un million dans l'industrie. C'est pour ça qu'il faut changer la tendance. L'argent de l'État, l'argent de nos impôts aux entreprises doit servir à créer des emplois et à relocaliser l'activité. Donc il nous il faut mettre des critères à chaque fois que l'on donne de l'argent public, il peut pas avoir un guichet ouvert comme ça.
Et puis encore une fois Moi je je ne me retrouve pas dans ce discours où d'un côté l'État serait un ennemi et en même temps une vache à lait dans laquelle il faut puiser pour payer les exonérations de cotisations sur les salaires. Et de la même manière, je ne dis pas que les entreprises sont des prédateurs et elles aussi des vaches à lait qui devraient tout payer. C'est bien la raison pour laquelle je dis, je le redis ici, nous avons des défis immenses à relever dans notre pays. Le défi climatique, la transition écologique, quand on voit les ravages que ça a fait cet été, est un des défis les plus importants. Mais celui aussi de la formation, je vous parle à vous qui êtes chefs d'entreprise.
Si on veut relocaliser l'industrie ici, si on veut avoir une industrie compétitive, nous allons avoir besoin d'ouvriers qualifiés, de soudeurs, d'électromécaniciens, mais aussi de chercheurs, d'universitaires, de mathématiciens, il faut les former. La formation est un enjeu immense. Or aujourd'hui, il y a des dizaines de milliards d'euros mis dans la formation, mais c'est c'est un puits sans fond. On voit bien que nous avons un problème de formation dans notre pays. Ces ces grands rien que ces défis-là vont coûter des centaines de milliards d'euros sur plusieurs années. C'est donc un choc d'investissement massif qu'il faut faire pour pouvoir relancer notre industrie, la reconstruire.
Et on ne le fera pas, je le dis clairement, et d'ailleurs à gauche, c'est une voix différente que je porte. On ne paiera pas ces investissements colossaux pour notre pays en taxant seulement les grandes fortunes, en allant mettre des impôts supplémentaires sur les dividendes. Ça, c'est pour le fonctionnement de l'État. Mais donc vous avez dit pas seulement, donc je j'entends pas seulement. Vous nous avez annoncé qu'il faudra le faire quand même un petit peu. Vous nous annoncez des hausses d'impôts massives pour Chacun doit contribuer à la hauteur de ses moyens et c'est normal.
Or aujourd'hui, ceux qui ont vu euh les impôts et la fiscalité le plus baisser sont ces 10 dernières années les grandes entreprises et les grandes fortunes. Et donc il est normal qu'il y ait une contribution supplémentaire qui soit supportée par cela, mais ça ne suffira pas. C'est pas les les 20 à 30 milliards d'euros supplémentaires que nous pourrons récupérer qui permettront de financer ce plan de relance. Alors, c'est pour ça que je parle de planification et je parle Vous avez beaucoup planifié, mais il faut que vous laissiez David l'histoire. il avait un temps de parole, il avait il a pris du temps tout à l'heure.
Là vous avez Vous savez, on marche au chrono tous les deux, on est des coureurs de fond, il y a pas de problème. On fait attention. David Lisnard, dans certains secteurs très stratégiques, on l'a vu depuis quelques années avec la pandémie, avec la crise de l'énergie, dans certains secteurs très stratégiques, euh est-ce que vous iriez jusqu'à dire que euh la nationalisation pourrait être une solution parfois ? Vous le libéral. Ah non, mais je vais répondre très clairement à la question, mais il faut ce qui se fait depuis 20 ans c'est la socialisation de l'économie, hein.
C'est-à-dire que c'est pas ce que j'ai entendu, c'est-à-dire que il faut quand même regarder, on a le record du monde de la dépense publique, on a le record du monde des impôts et des charges. C'est c'est ça c'est c'est vraiment c'est la réalité. Et parallèlement, on a un taux de pauvreté qui augmente et on est passé euh du du 11e rang de création de richesse par habitant au 27e rang. Et on a plus de déterminisme social qu'avant. Et le record le record, ça s'améliore, vous savez. Fabien Roussel vient d'annoncer plus d'impôts. Et on a on a des jeunes qui qui ont très peu d'espoir selon l'endroit où ils sont nés et cetera.
Donc, il faut absolument apporter de la mobilité à la société et apporter de la liberté. C'est le premier élément. Le deuxième élément, euh dès que moi, je suis contre les aides publiques aux entreprises. Voilà. Je suis contre, je l'ai déjà dit ici, je le répète. Euh et en plus, j'aime pas du tout le discours qui va avec. ? On va faire des économies. Ouais, oui, bien sûr. Mais euh je vais vous dire pourquoi. Je vais vous dire pourquoi on fait des économies parce que les aides publiques aux entreprises elles créent des bureaucrates, elles créent des contrôleurs, elles créent des serfa, elles créent des cabinets de conseil qui parasitent l'activité. Toute une économie parasitaire autour de ça.
Et en plus, ce que j'aime pas, c'est le discours qu'on entend qui euh les entreprises en France, une fois reçu toutes les aides ou qui sont très souvent des exonérations, hein, des déductions fiscales, les aides en subventions, les premières entreprises qui reçoivent, ce qu'oublient de dire très souvent les gens à gauche, c'est la RATP et la SNCF et EDF. Voilà. Faut quand même le rappeler. Mais euh simplement, on a les entreprises, une fois toutes ces déductions, toutes ces niches et cetera, qui sont toujours les plus taxées de la zone euro. ? Ça, c'est une réalité factuelle.
C'est comme si dans la rue, on vous pique 50 euros, 50 balles, le mec, il vous rend 100 5 euros, il vous dit "Tu pourrais me remercier de te filer 5 euros quand même, ?" Non non, non non, tu m'as pris 45 euros. Donc, là-dessus, je suis contre aussi parce que tous ces dispositifs d'aides, d'exonérations qui génèrent la bureaucratie, amplifient la fracture entre les entreprises qui ont de l'ingénierie, qui ont accès, c'est comme pour les collectivités, hein, comme pour les communes, et j'ai connu ça dans le petit commerce, moi, je viens de la petite entreprise, si vous voulez, qui ont accès à des services pointus et qui peuvent les payer et les autres.
Ensuite, elles favorisent les entreprises déjà en place. Donc, elles pénalisent toute la vitalité entrepreneuriale. Et puis regardons l'avenir en face. Tout le rapport au travail entre l'IA et la robotique, tout va changer. On va avoir en 2050 peut-être 50 millions de robots en France, 20 millions dans l'industrie et les services. On en aura 20 millions dans les ménages et 10 millions pour les personnes en difficulté. Le coût moyen de robot, si on regarde aujourd'hui, c'est 5000 euros, 250 milliards de chiffre d'affaires.
Est-ce que on veut avec une planification d'État dire toi tu fabriques des robots ou est-ce que l'on veut que les entreprises de robots que l'on a en France, qui sont des pépites, puissent accéder au ? C'est pour ça que je propose de moins en moins seule la retraite par capitalisation obligatoire en plus d'un étape d'un étage de répartition pour qu'on puisse financer les entreprises, pour que on puisse maîtriser nos facteurs de production et la nationalisation, moi on peut même imaginer des réquisitions, je je parle très sérieusement.
Quand il y a des périodes de crise, de guerre, les États-Unis n'ont pas hésité à à faire une réquisition de locaux, mais à quoi servirait par exemple que dans l'armement d'assaut appartienne à ? Que l'État passe commande, qu'il passe commande puisqu'il y a que lui qui peut passer commande d'armement. Et vous verrez qu'on aura pas de difficulté. Sur le l'industrie du médicament stratégique, à quoi servirait-il que l'État soit actionnaire, mais propriétaire de de l'industrie ? Rendons la compétitivité à l'industrie pharmaceutique.
Que l'État, qui est très important, moi je suis très attaché à l'État, d'ailleurs c'est nous qui allons rétablir la force de l'État, notamment sur le régalien et sur le stratégique, mais que l'État fasse les stocks de molécules essentielles, ça c'est le rôle de l'État. Vous ? Mais vous rendez compte qu'aujourd'hui à force de ce délire de régulation, les instances européennes, quand c'est l'Institut Montaigne qui l'a sorti récemment, c'était dans les Échos, lorsque les instances européennes homologuent un nouveau traitement médical, un un un médicament, c'est c'est c'est c'est faramineux, le délai c'est 120 jours.
Donc il y a 120 jours après l'autorisation, il y a un délai de carence de 120 jours pour voir si le médicament est vraiment et cetera. La France d'elle-même ajoute 580 jours et en plus l'État fixe un prix d'achat du médicament en dessous du coût de revient et on et on vient de constater que 40 % des traitements innovants n'arrivent plus jusqu'aux gens malades. Et les gens riches, eux ils vont à l'étranger, il y a pas de problème. C'est pour ça que c'est nous, nous qui sommes des des des promoteurs de la liberté qui allons permettre aux gens pauvres de retrouver une espérance, un espoir. On va restaurer l'école. Je suis d'accord avec vous sur la formation.
On va restaurer l'espérance par la liberté et non pas par la planification parce que le soviétisme ça n'a jamais marché quoi, c'est comme ça.
[applaudissements] [applaudissements]
C'est du courage aussi pour vous de de venir affronter ça mais vous avez l'habitude. D'ailleurs, je voudrais Non non, là maintenant c'est à lui quand même parce Il faut remercier Fabien Roussel de son invitation. Merci beaucoup. Si vous voulez et je j'aimerais être invité à la fête de l'Huma pour tenir très [raclement de gorge] sérieusement. Alors je sais pas si tu les si vous les connaissez monsieur Roussel mais mais je suis très sérieux en plus. Je suis très preneur pour pour venir tenir ce discours-là à la fête de l'Huma. Voilà. La réponse
[applaudissements]
Hervé, pour les 40 secondes qu'il vous reste. La la réponse de David Lisnard sur les nationalisations, elle vous elle vous convient Fabien ? Très bien. Très vite et après un mot de la fin. Ah non mais là il y a je veux parler autant que lui. Mais vous avez parlé autant que Vous l'avez fait avant monsieur. Vous avez parlé autant que lui. Non non mais je Non non, je vous assure. Mais temps de parole. Sinon je reviens l'année prochaine pour le reprendre. Et vous reviendrez sûrement mais tous les deux. Et il vous reste 20 secondes. D'abord, je je je parlerai autant que David Lisnard.
Mais vous avez d'abord D'abord, je tiens à dire que je me suis exprimé de la même manière qu'il a pu le faire avec ses mots concernant le temps qu'il faut en en et en Europe pour avoir des brevets euh qui soient officialisés. C'est inadmissible par rapport au temps qui existe notamment aux États-Unis, ça pénalise la recherche, ça pénalise l'innovation et ce temps, il faut le raccourcir, c'est indispensable. La deuxième chose où je suis pas du tout d'accord avec David Lisnard et notamment où je voudrais pointer sa contradiction, il dit "Je ne veux plus que l'État subventionne les entreprises." Il va même au-delà de ce que nous-mêmes nous disons.
Mais quelle contradiction parce que si l'État ne subventionne plus les entreprises, mais comment vous financez ces suppressions de cotisations sociales, cette fiscalité que vous dénoncez sur les ? La proposition du MEDEF, c'est de rapprocher le net du brut et de compenser ça par une hausse de la TVA de deux points que supporteront pas seulement les travailleurs, mais aussi les retraités, la consommation, l'économie et cetera. Mais sans Non mais supprimer les cotisations et la fiscalité sur les salaires, les cotisations sociales, c'est 140 milliards d'euros que ça coûte. Il y en a déjà 70 milliards aujourd'hui et on en rajouterait 70 milliards. Vous voulez doubler la mise.
Mais qui va payer à la Sécurité sociale ces 140 milliards d'euros qui manquera demain pour financer les retraites, l'accès à la santé et à nos hôpitaux publics quand on doit soigner un cancer, une maladie ? Qui va financer la politique ? Qui va financer la dépendance et la prise en charge des personnes ? On a compris la réponse. c'est la double peine. C'est bien la raison pour laquelle il faut terminer regardez ce qui est C'est bien la raison pour laquelle cette proposition autant que Fabien Roussel. cette proposition ne peut pas tenir debout.
Ça va représenter un gouffre financier pour le budget de l'État et si ça doit être compensé par une hausse de la TVA qui est l'impôt le plus injuste, ça veut dire que vous donnez d'un côté, mais vous reprenez de l'autre en faisant payer à tous les Français la baguette plus chère, les produits de consommation plus chers, ça va pénaliser les entreprises elles mêmes. Parce que les français paient pour compenser. C'est pas ça le problème d'impôts. Merci infiniment cher Hervé Gattegno directeur de la rédaction de Radio Classique. Merci Fabien Roussel, merci David Lisnard, applaudissez-les s'il vous plaît.
[applaudissements] [musique]