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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 28 mai 2025 35 min

"On pourra envoyer des soignants en prison s’il ne propose pas l’euthanasie" (Gauthier le Bret)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va commencer évidemment par cette loi qui est en train proposition de loi qui est en train d'être votée à l'Assemblée nationale. Clélé Mathias, vous êtes sur place avec Laurent Séarier. Ça y est, les députés sont en séance.

Oui, ils sont en séance. C'est lors des explications de de vote sur ces deux textes. Vous l'avez dit, l'un c'est les soins palliatifs et il devrait être voté à l'unanimité.

Et puis l'autre, c'est sur cette ce droit à l'aide à mourir qui va donc être créé. Le vote c'est dans quelques instants. Là encore une fois les députés s'expliquent.

On peut souligner quand même que tout au long de ce débat et et ils ont été longs ces débats et bien il y avait une atmosphère d'écoute. Ça s'est tenu dans une atmosphère qui était plutôt j'allais dire de de respect de chaque opinion. Et vous l'avez dit, ce qui est important à retenir ce soir, c'est que chaque député va être libre dans sa propre conscience de voter pour le choix qu'il estime le plus juste selon ses son intimité, selon ce qu'il pense, selon sa philosophie, sa religion. ou ces convictions personnelles.

Il n'y a pas de consigne de vote. Chaque député est libre de voter soit oui soit non. Les résultats sont attendus d'ici une trentaine de minutes maintenant.

Merci beaucoup Chie Mathias Laurence Sellarier. Le le premier ministre François a dit ce matin que lui s'il était député il s'abstiendrait. François pux sur le deè texte sur la partie évidemment euthanasie.

On va écouter un pour un contre. Olivier Falorni d'abord euh qui lui milite euh pour ce texte euh qui a salué la qualité des débats à l'Assemblée. Il y a la réponse principale que sont les soins paillatifs et puis il y a aussi cet ultime recours que constitue l'aide à mourir.

Alors je comprends hein les réticences qui peuvent être d'ordre philosophique, spirituel, religieux et et elles ont toutes leur légitimité. Euh en revanche, ce que je perçois, c'est que la qualité du débat que nous avons eu dans un cadre apaisé et qui tranche avec ce que nous vivons euh depuis la dissolution ici euh dans cette enceinte, et bien je crois que ça a permis à chaque parlementaire de de s'approprier définitivement la question et de se forger un jugement. Voilà, c'est Olivier Falorni, rapporteur du projet de loi sur l'aide à mourir.

On va écouter Laurent Jacobelli, porte-parole du RN qui lui est contre ce texte. Je faisais partie de ces députés qui attendaient pourvoir et qui n'avaient pas d'idées préconçues qui comprenaient qu'on veuille accompagner des Français souffrant malade dans leurs derniers instants. En revanche, la loi qui qui nous est proposée, c'est la porte ouverte à tous les abus.

Un consentement simplement oral et pas écrit quand on a une maladie incurable. Mais il y a des maladies incurables qui parfois durent 20 ans et donc il n'y a même pas cette notion de temps et de durée. Bref, on craint de pouvoir devenir ce que la Belgique ou les Pays-Bas sont devenus où aujourd'hui des gens dépressifs demandent la mort ou des autistes demandent la mort où il y a des regrets de certaines familles qui voient disparaître des proches et qui finalement se disent on aurait pu faire autrement.

Voilà pour Laurent Jacobelli Gautier Lebret là il y a pas de clivage partisan et politique. C'est vraiment en leur âme et conscience que les députés vont voter ce soir. Absolument.

Il y a pas de consigne de vote qu' elle a très bien rappelé. Après, il y a quand même des sensibilités euh qu'on voit allez s'imposer dans différents groupes plus qu'ailleurs. Je pense que ça m'étonnerait de voir énormément de LR voter favorablement euh pour l'aide à mourir et les mots parce que le clivage est au sein même du gouvernement hein, les mots de Bruno Rotaillot, ministre de l'intérieur contre ce texte porté donc par Catherine Vrin et contre ce qui a été voté ce weekend avec un hémicycle quasi vide, c'est-à-dire le délit d'entrave.

à l'euthanasie avec la réaction de la patronne des soins palliatifs en France Claire Fourcat qui euh a dit "Maintenant, les soignants pourront aller euh à la prison de la santé si il proposent autre chose que euh l'euthanasie euh aux patients qui souffrent parce qu'on pourra dire délit d'entraave 2 ans de prison et donc vous allez alors j'imagine que personne ne que aucun juge ne prononcerait jamais mais c'est inscrit dans le droit français si ça passe c'est inscrit dans le droit français et donc potentiellement on peut envoyer des soignants en prison s'il propose pose autre chose que le et l'aide à mourir. Et quand vous échangez avec des soignants en soi, ça d'ailleurs ça n'existe pas. Je sauf si un jour on l'invite sur un plateau et ça serait l'exception.

Un soignant qui vous dit qu'il est favorable à ce texte parce qu'ils vous disent nous on est là pour surtout en soin palliatif, on passe nos journées nos journées à soulager, à soigner ceux qui sont en soin palliatif. Nous ne sommes pas là pour donner la mort parce que vous le rappelez souvent Laurence, on a euphémisé depuis 1 an et demi depuis 2 ans l'aide à mourir c'est plus doux quehanasie mais à la fin c'est quoi ? C'est un tiers qui donne la mort.

Donc c'est l'euthanasie. Moi je crois depuis le début, je pense que le choix du premier ministre de dissocier les deux textes, c'était pour que sur les les soirs palliatifs, il y a pas débat, tout le monde est à peu près d'accord, il faut le faire. Sur la fin de vie, il y avait un sujet et je pense que lui-même d'ailleurs, il le dit, il n'est pas pour.

Euh je sais que Catherine Vrain avait beaucoup de dossiers là peut-être défendu le texte hein même si elle dit qu'il faut le voter mais elle avait aussi des doutes. Le le délit d'entrave risque de faire basculer pour le coup le vote contre parce que je répète un soignant qui dit non peut-être pas je veux pas le pharmacien pareil le pharmacien un prêtre qui va visiter quelqu'un en fin de vie et qui va lui expliquer que c'est pas très bien faut pas faire ça ou un rabin ou un imam peut être éventuellement mis en cause parce que il explique que la religion voilà ça je pense que c'est un mot enfin si le texte ne passe pas je suis sûr que ce dernier article là il a fait basculer les choses du côté du du vote compte et à contrari c'est vous qui me disiez loué que le délit d'incitation a été supprimé Le délit d'incitation, oui, a été supprimé. Absolument.

Vous pouvez faire la promotion de l'euthanasie et ça vous ne risquez rien. Non, exactement. Alors que si vous essayez de dissuader quelqu'un de mourir, ce qui est totalement dingue, c'est que vous vous allez vous retrouver en France dans une situation dans laquelle vous voyez quelqu'un qui est en train de sauter d'un pont. vous allez le dissuadder au nom de l'assistance à personne en danger.

Vous pourriez être poursuivi d'ailleurs pour non assistance à personne en danger et vous aurez peut-être soigner au dans une chambre juste à côté dans le même hôpital quelqu'un qui lui pour le coup demandera à se faire euthanasie, à mourir et pour le coup si vous l'en dissuadez vous vous serez poursuivi. C'est c'est ça qui est extrêmement grave. Alors moi ce que je j'observe juste c'est je trouve hein, je sais que ça va peut-être blesser certaines personnes, mais la la gigantesque hypocrisie de tous ceux qui disaient "C'est super, il faut un texte séparé en deux.

Euh euh ah aujourd'hui le texte est allé trop loin. Euh en fait tout le monde savait qu'on aboutirait à ce résultat-là. Donc là je trouve qu' il y a un peu une réaction de tartuf et même le premier ministre il savait très bien qu'en sein dans le texte en deux on aboutirait à ce résultat là.

Et pour terminer, il y a aussi une autre catégorie de de parlementaires, ceux qui disent "Non mais attendez, euh il y a il y a des garanties extrêmement fermes, ça ne bougera pas." On sait bien sur tous les textes, sur tous les sujets de société, euh au début il y a il y a des il y a des garanties, il y a des restrictions et puis au fur et à mesure elles sautent tous. rappelle quand même simplement queon parle de de grandes restrictions.

Enfin, en tout cas ceux qui veulent montrer qu' sont pas allés trop loin, ça concerne quand même 1 million de personnes qui sont éligible. Aujourd'hui, si le taxe passait, il y a 1 million de personnes qui pourraient demander le droit à mourir. Rapidement, Noé.

Oui. Et puis outre la question du fond, il y a aussi la question du calendrier. On peut se demander est-ce qu'il y a aujourd'hui une urgence de voter ce texte sur sur la fin de vie ?

Je lisais tout à l'heure une tribune d'une députée UDR Bartolonais Lenoî députée EDR de la Creuse et elle explique très bien que Bartholit il explique très bien que l'aide à mourir pourrait arriver plus rapidement dans les campagnes qu'un médecin. Il explique par exemple que un malade de cancer doit faire 2 à 3 he de route pour pouvoir aller faire une radio. Il explique qu'il y a plus de dentistes dans certains territoires.

Et donc si vous voulez déjà réglons le problème de la désertification médicale. Bien sûr, voulez répondu le délit d'entrave qui va être inscrit dans la loi si est voté va faire basculer la conscience de beaucoup de députés en défaveur de cette loi. Parce qu'en réalité, au-delà de la question des soignants, n'oublions pas qu'un médecin dans son serment d'Hippocrate, il est écrit que il doit soigner, il doit sauver, il doit pas donner la mort.

Donc vous allez avoir aussi des médecins bien sûr mais il va y avoir autre chose me semble-t-il sans rentrer dans tous les détails mais vous allez avoir des batailles juridique en plus finir parce que à l'intérieur même des familles euh voilà famille je vous a disait Sart famille je vous aime moi je dis ça mais en fait vous allez avoir vous allez avoir des conflits forcément qui vont être il y a ceux qui vont vouloir précipiter euh dans la fin d'un d'un grand d'une grand-mère d'une arrière-gr-mère pour bénéficier peut-être de quelque que sous de son héritage et ceux qui vont dire euh ben pas du tout en fait tu veux me coller un droit d'entrave parce que toi tu veux le contraire. Donc à mon avis et puis attendez, vous rendez compte, on parle de la vie de quelqu'un et on parle d'entrave, voyez comme si on disait c'est une entrave à la bonne circulation dans les rues de Paris, voyez. Enfin, moi je trouve que donc et je parlais tout à l'heure de la politique de prévention du suicide.

Comment vous allez expliquer après faire de la prévention quand c'est légalisé ? un scandale absolu. Non mais moralement c'est bien sûr.

Et puis je rappelle toujours ce que dit Philippe Juvin le grand professeur de Mestine de de Pompidou, il dit en fait souvent quand on souffre terriblement et chacun est face à sa propre souffrance, on a des degrés de tolérance. En fait, dès que la souffrance grâce à des médicaments ou grâce à des soins palliatifs, y compris pour une maladie incurable, baisse, et bien en fait les gens qui avaient demandé à le enfin à mourir le plus vite possible en fait reviennent sur leur décision. Donc vous voyez, on va on va être dans une situation à mon avis et puis il y a l'humanité, on est des êtres humains.

Absolument. Petite pause, on continue à suivre évidemment ce vote crucial à l'assemblée en direct dans Punchline sur ces news et sur européen. Tout on en a parlé et l' plus important c'est que puis l'image est là et l'image est belle.

Exactement. Beaucoup de président. Il est 18h30, on accueille Jeanne Amour.

Bonsoir à vous. Vous êtes infirmière en soins palliatif et évidemment on est suspendu au vote qui se déroulent en ce moment même à l'Assemblée nationale. On a décrit les deux phases de ce texte, la phase soin palliatif, la phase qui est publiquement appelée aide à mourir mais qui en fait recouvre évidemment le champ de l'euthanasie.

On va découvrir en direct avec vous ce vote qui est fondamental, qui est crucial pour notre société. Vous vous êtes au contact des patients euh tous les jours. Euh qu'est-ce que vous dites ce soir à ceux qui sont en train de voter ?

Nous, on a pris la parole dans le débat parce que c'est pas notre habitude, c'est pas forcément notre métier, mais parce qu'il nous semblait important de pouvoir dire ce qu'on vit tous les jours au contact des patients qui sont atteints de maladie graves, qui sont en fin de vie parce que nos patients prennent pas la parole ou très peu. Alors, on peut pas parler à leur place, mais en tout cas, on peut témoigner de ce qu'on vit tous les jours à leur côté. Ce qu'on voit tous les jours, c'est que les personnes qu'on accompagne, elles nous demandent pas à mourir.

En revanche, elles nous demandent à être accompagné, à être soulagé, à être entouré et à ce qu'on leur promette qu'on les laissera pas tomber, qu'on les abandonnera pas. C'est ce qu'on a essayé de dire tout au long de ce débat. Apporter de la complexité, essayer de sortir d'une binarité qui était très forte en disant "Bah, je suis pour, je suis contre." C'est plus complexe que ça d'accompagner des personnes qui sont gravement malades et c'est ce qu'on a essayé de dire et voilà, on espère que ça a été entendu mais c'était difficile quand même.

Si évidemment et si cette loi a été votée et on le saura donc elle va suivre après un chemin parlementaire, aller au Sénat, revenir faire la navette parlementaire mais ça voudrait dire que vous soignant vous pourriez notamment sur le délit d'entrave être condamné parce que vous diriez à un patient mais non il y a d'autres options que que l'euthanasie en fait. Je crois que c'était la la plus grosse absurdité de ce débat. Enfin voilà, si je peux me permettre ce mot, mais on est extrêmement impliqué.

Nous les soignants, on nous demande d'aller faire quelque chose qui est pas du soin. On a essayé de dire ça, que donner la mort, ça pouvait pas être constit comme un soin. On a toujours fait ce métier là pour accompagner, pour soulager, mais en aucun cas pour provoquer la mort.

Et ce délit d'entrêve en fait, c'est nous empêcher de faire notre métier. Et qu'on soit soignant en soins palliatifs, en gériatrie, en oncologie, tous les soignants, on est là pour soutenir le désir de vie et pas pour écouter le désir de mort. Donc euh se dire queen fait on on va devoir continuer d'accompagner nos passions et on va le faire euh mais en étant suspendu à une condamnation parce qu'on soutiendrait le désir de vie et puis le le délit d'incitation, il a pas été retenu non plus.

Donc ça aussi c'était c'estàd qu'on peut vous inciter à faire l'euthanasie, ça pas de problème. Mais si vous essayez de dire il faut pas le faire, vous pouvez être condamné ce qui est absolument fou. Alors que les macaras me signale que ça y est le vote et on dirait peut-être qu'on peut écouter ce qui se passe à l'Assemblée nationale.

Ça c'est donc ça c'est la soinpalliative qui a été adopté majorité absolue. Voilà unanimité. Donc évidemment cette partie là du texte elle est significatif he pour nous de voir que le texte il est adopté à l'unanimité.

Bien sûr. Et donc là, on va voir peut-être on va attendre quelques secondes parce que les délégations de vote ne sont pas les mêmes sur les deux tests. On va donc avoir il faut que nos services madam que on va attendre quelques instants avant d'avoir le résultat sur la deuxème partie de ce texte.

Proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir. Le scrutin est ouvert. Voilà donc c'est le vote en direct.

On vit ce moment extrêmement important. Gautier Lebret on ain clos on va voir le résultat tout de suite. On va voir le résultat immédiatement qui va s'afficher.

VO 561 exprimé 504 majorité 253 pour 305 contre 199. L'Assemblée nationale a adopté. Voilà 305 voix pour 199 contre François Pony.

La majorité absolue c'était 253. Il y a 50 voix de plus, on voit très bien que le vote à l'Assemblée donc c'est surtout les Républicains et l'Assemblé nationale qui a voté contre mais avec des votes pour quand même et puis globalement le bloc central et la gauche qui ont voté contre pardon les autres et le bloc central et la gauche qui ont voté pour. D'accord.

Donc ça veut dire que ce projet de loi sur la madame Mourir a été adopté et je recueillir à l'Assemblée nationale. À l'Assemblée nationale encore c'est pas définitif. Non mais c'est symbolique bien sûr et ça évidemment laissera des traces dans tout ce qui va se passer par la suite.

Votre première réaction jeune amoureuse ou qui est infirmière ? Effectivement, c'est pas fini mais c'est quand même sa marque. C'est quelque chose de difficile hein d'entendre de voir ces résultats.

Euh c'est euh un changement en profondeur de notre métier. On n'a pas choisi ce métier pour faire ça et surtout c'est pas la demande des patients. Euh on nous parle d'une d'une loi de liberté, mais comment est-ce qu'on peut être libre quand euh la moitié de des Français qui devraient avoir besoin de soin béliatif n'y ont pas accès ?

Demain, dans plein de territoires, ce sera plus rapide et plus facile d'accéder à une euthanasie ou un sué qu' a des soins. C'est c'est vraiment ça qui nous paraît qui nous paraît difficile, c'est enfin l'urgence et la priorité, ça devrait être de développer, de mettre en place cette loi sur les soins béatifs. Je salue quand même cette loi qui a été adoptée à l'unanimité.

Ça montre bien que de pouvoir se cinder en deux, c'était important parce qu'il y a vraiment un consensus sur le développement des soins palliatifs et c'est quand même beaucoup plus partagé sur l'autre partie. Mais c'est pas fini mais c'est quand même difficile. C'est le Louisel c'est une étape qui a été franchie dans un climat serein et c'est vrai qu'il faut le noter et et le souligner.

Il y a pas eu de d'empoignade on aurait pu vraiment assister parce qu'il y avait vraiment beaucoup de clivage. Les les les partis étaient divisés, les députés aussi ont voté là ce soir. Alors oui, climat enfin il y a eu des débats sereins mais moi ce qui m'a frappé c'est le peu de présence des parlementaires.

Il y en avait qui avaient piscine, il y en a qui avaient vraiment autre chose à faire et je trouve que pour un sujet aussi important euh enfin je je vous ça d'habitude on peut apparaître un peu cynique quand on est journaliste politique mais moi je trouve qu'un sujet aussi important devrait mobiliser la quasi intégralité des des parlementaires. Quand il s'agit de toucher à la vie, à la mort, à l'anthropologie, à la au fondement de notre société, j'ai l'impression qu'il y a moins de monde que pour je sais pas la la question de la TVA associale, enf je prends cet exemple là puisqu'on en parlait avant qui est certes important mais qui est absolument pas fondamental. C'estd que on va pas dénaturer le rapport à la vie, la mort, le le même rapport à à l'homme, à l'être humain.

Alors que là, c'est pourtant le cas. Euh ensuite, ce qu'il faut bien avoir en tête, c'est qu'il y aura un vote. Euh donc le le texte va être étudié par le Sénat à l'automne.

Donc euh ce soir-là, donc il y a le vote en de l'Assemblée nationale, mais l'euthanie n'est pas mise en application demain sur le territoire français. Donc ensuite, il y a il y a le vote du Sénat. Euh donc quand il y a des entre le Sénat et l'Assemblée, c'est l'assemblée qui l'emporte.

Vous avez raison mais bon, on verra puisque après on approchera quand même de l'élection présidentielle. Le problème au Sénat, ils vont inscrire ça en même temps ou après le budget, la loi de finance. Compte tenu de ce qu'a lancé le premier ministre sur les efforts demandés aux français, je suis pas sûr que le R finance a jusqu'au bout dans les conditions actuelles et qui peut être censuré.

Donc le chemin va être long encore avant qu'on arrive à une loi votée effectivement et plus on s'approchera de la présidentielle et plus ça sera compliqué. Je suis d'accord mais ça veut dire quand même que ça y est, il y a un cap qui a été franchi sûr. Ah oui non c'est clair.

Ça y est ça passera. Ça passera maintenant ou dans 2 ans. Euh s'il y a une dissolution parce que je rappelle que ce texte était déjà étudié avant la dissolution.

On peut repartir sur une dissolution mais parti au début ça semble pas mais bien sûr il y a un vote. Mais non mais je peux je peux dire que ça veut dire que si quand ça sera au Sénat si entre-temps l'assemblée est dissoute ça sera une nouvelle assemblée. Mais bon j'y crois pas.

Moi je pense que ce texte étant passé en première lecture l'assemblée triomphant toujours sur le Sénat. Je ne vois pas pourquoi ce texte ne finirait pas adopté avant 2027. D'ailleurs, quand on a eu la nouvelle composition de l'Assemblée nationale, quand on regardait les équilibres, on disait que l'un des premiers textes qui pourrait être adopté par cette nouvelle assemblée, c'est euh un texte sur l'euthanasie où l'aide à mourir si on reprend la l'appellation d'Emmanuel Macron.

Et pour aller dans le sens de Louis, il faut le redire. Quand ils ont voté pour le délit d'entrave pour tous ceux qui se mettraient entre un patient et l'euthanasie, l'hémicycle était vide. C'est dire que vous pouvez envoyer des gens pendant 2 ans, il y compris des soignants en prison.

C'est hypothétique hein, c'est la peine maximale et ça se fait sans que personne ne soit sur les bancs avec quatre brochettes de députés. C'est pas possible. Je demande vraiment à voir la personne qui sera poursuiv je demande vraiment une chose la personne qui sera poursuivie pour non assistance à personne en danger parce qu'il sauve pas quelqu'un du suicide.

Non, mais juridiquement, je pense qu'on va on va se heurter à des à des cas auxquels les juristes ne se sont jamais confrontés avec une législation qui est totalement contradictoire. Les porteurs de projet ont intérêt dans la navette à supprimer le délit d'entrave. On voit bien que c'est un point de blocage.

Ils sont déjà gagnés avec 50 voix. Ils suppriment le délit d'entrave le vote le voix le le texte a voté massivement. Ils l'ont même durci le d'entraf parce qu'au début ça devait être un an de prison.

Ils l'ont durci à 2 ans. Jean amoureuse vous êtes infirmière. Je le disais en soit pignatif.

Qu'est-ce que vous allez dire demain à vos patients ? Et ben on va continuer de les accompagner. On va pas fuir, on va continuer de rester avec eux.

Ça va être difficile de je trouve de de revenir mais évidemment qu'on va continuer. On va continuer de prendre la parole aussi dans ce débat comme on a essayé de le faire pour continuer d'apporter la complexité, notre vision du terrain et puis aussi pour redéfinir ce qu'il y a vraiment dans cette loi parce qu'on nous a beaucoup parlé d'une loi d'exception pour des cas très particuliers de personnes qui étaient en fin de vie. Or, c'est une loi avec des critères hyper larges qui concernent près d'un million de patients euh avec qui seraient en phase avancé ou terminal.

Euh mais en fait nous on va se retrouver à faire du tri des patients de se dire bah est-ce que lui il est éligible, est-ce que lui il n'est pas éligible ? Et c'est vraiment une loi de toute puissance médicale. C'est ça qui est qui est aussi difficile de comprendre he nous les soins péatifs, on lutte contre cette toute puissance médicale en essayant de remettre le patient au cœur de la décision.

Euh là au final la décision ce serait une décision purement médicale. Euh donc on va continuer de pouvoir porter cette voie, d'essayer de de voilà d'apporter cette mais il peuvent vous poser la question demain vos patients dire qu'est-ce que vous allez faire ? Est-ce que vous allez administrer la substance létale ?

Alors évidemment on sait que la décision doit être collégiale, il faut avoir remplir un certain nombre de conditions mais ça y est, je veux dire c'est c'est l'actualité. Moi, je pense que je continuerai de faire comme on a toujours fait en équipe, c'est-à-dire d'écouter cette demande qui existe euh de patients qui arrivent et qui ont envie de mourir parce que c'est trop difficile, parce qu'il y a une douleur non soulagée, parce qu'ils se sentent seul, d'écouter et d'ci de prendre en charge de toujours accompagner à plusieurs et ces demandes elles disparaissent. Alors, on supprime pas toute la souffrance parce que quand on est gravement malade, qu'on va mourir, qu'on est jeune, c'est forcément difficile et on peut pas tout enlever.

En revanche, on peut essayer d'apporter une réponse. On peut essayer de toujours soutenir quand même le désir de vie qui est toujours là et et d'accompagner nos patients et qui vivent dans des qui vivent vraiment dignement. Et ça, je voudrais aussi le redire.

On nous a beaucoup parlé de d'une mort dans la dignité si elle était choisie. Euh moi mes patients, ils sont tous dignes. Tous dignes, mais c'est la question de quel regard on pose sur eux. euh quel regard on pose sur la fragilité, sur la vulnérabilité, sur le patient qui a un corps de temps en temps abîmé, euh qui est seul, euh qui enfin voilà qui se sent de temps en temps euh un peu inutile.

Et la question c'est qu'est-ce qu'on veut apporter comme message collectif, comme message de société ? Et nous on s'est toujours senti soutenu par la société qui nous a dit bah on est là avec vous et enfin voilà on soutient tout ce que vous faites pour les patients. Et là vous avez le sentiment et là moi je me sens ouais je me on se sent abandonné de se dire bah en fait on on nous donne un droit enfin de mort de vie et de mort.

On pourrait donner la mort à des gens. C'est vraiment et vous parliez hein de du terme aide à mourir euh c'est pas de l'aide à mourir. Moi c'est ce que je fais tous les jours.

C'est vraiment l'euthanasie et le suc assisté et c'est donner la mort à quelqu'un d'autre. que il y a un risque Oui, il y a un risque dès demain d'ailleurs que que des patients là les gens vont lire demain dans les dans les médias le texte adopté, ils vont croire que ça y est. Donc dès demain, il y a peut-être un patient qui v dire "Bah moi je vais en profiter, en bénéficier, allez-y quoi." Et donc vous risquez d'être confronté.

Est-ce que vous avez cette crainte là ? Vous êtes confronté dès demain. Ouais, tout à fait.

Mais donc moi je pense qu'on continuerait de vraiment faire notre travail. Alors après c'est vrai que la question du délit d'entrave c'est vraiment ça qui vous ferez vous pour le délit d'entrave j'irais peut-être en prison. Enfin, je je sais pas mais en tout cas moi mon j'ai fait mon ce j'ai choisi ce métierlà pour soutenir la demande de le désir de vie.

Euh je peux pas me résoudre à à voir un patient qui a envie de mourir et de lui dire bah on est d'accord pour que tu meures et on va même organiser ta mort. C'est c'est vraiment extrêmement fort comme message. Éricelle.

Oui, si vous le permettez, moi je voulais euh madame Amourous vous dire toute notre admiration euh pour le Mant, mais euh moi j'ai un ami euh qui a été à Jean Garnier euh et j'ai vu la sollicitude palliative bien connu de la région parisienne et euh j'ai vu toute la sollicitude euh dont faisait partie enfin faisait part le le le personnel soignant et et en vous écoutant parce qu'en fait votre patronyme amourous, il y a j'allais dire il y a amour dedans quoi. Non mais non mais je je parce que vous parlez avec tellement d'humanité de de cas extrêmement difficiles j'imagine à titre personnel à vivre au quotidien des personnes en soin palliatif sont au bout de leur vie et voilà et je voulais vous enfin vous remercier tous les personnels qui accompagnent dans les centres de soins palliatifs parce que voilà vous êtes jeune dynamique et vous confrontez la souffrance la vieillesse ou la la mort imminente. Et on se demande parfois même si vous avez un joli patronyme, comment on fait pour supporter tout ça ?

On travaille, on travaille pas tout seul, on travaille en équipe et je crois que c'est vraiment ça qui nous soutient en soin palliatif, c'est que on travaille en équipe pluridisciplinaire, on se soutient beaucoup, on accepte aussi d'être touché parce que de temps en temps c'est vrai que c'est un métier qui est difficile et donc je pense qu'on en parle et qu'on se met des barrières mais qui finalement ça vous arrive d'être touché par tel ou tel patient complètement. Moi, ça m'est déjà arrivé de alors ça a peut-être choqué certains soignants mais de pleurer avec des familles. Alors heureusement ça arrive pas très souvent mais évidemment qu'il y a des situations qui sont tellement tragique où on se laisse toucher.

Mais je crois que c'est aussi ça qui est très beau de pouvoir se laisser toucher par l'humanité de l'autre et on est aussi beaucoup on reçoit beaucoup de nos patients qui sont effectivement en fin de vie qui sont très gravement malades mais qui sont pleinement vivants. Moi j'ai enfin voilà j'ai passé des moments aussi très joyeux et je passe des moments très joyeux en unité de son béliatif parce que nos patients, ils sont vivants jusqu'au bout. Hm hm.

Noémie Alisa, on écoute ce témoignage magnifique et on est sous donc sous le coup de ce vote, 305 députés ont donc voté pour cette aide à Moura. Oui, c'est vrai qu'on se demandait on se demandait au fond s'il y avait une vraie dissension, si le texte allait passer, si et surtout à combien il allait passer parce qu'on sait que c'était pas forcément évident. Alors bien sûr, il est passé largement.

Alors, il va avoir encore, ça a été dit, mais une longue vie devant lui. Il va aller au Sénat, il va il va revenir, il va s' Oui, mais un cap franchi, défier d'ici là, mais franchis. Et c'est vrai qu'on on est en train de basculer.

Ça ça a été cette question, elle a beaucoup été euphémisée ces derniers mois. Il y a beaucoup de de de commentateurs et même parfois de personnes politiques qui expliquaient qu'au fond, ce texte n'était que un pas de plus vers quelque chose qui avait déjà été engagé avec la loi Léonetti. Mais on voit bien quand on vous écoute madame euh que on est en train de de franchir un un nouveau cap que c'est on se demande qu'est-ce qu'on aurait pu faire de de de plus.

C'est vrai euh peut-être que ça n'a pas été suffisamment expliqué. Quand on regarde, il y a pas eu suffisamment de de mobilisation. Il y a eu quelques mobilisations mais qui n'ont pas il y a pas eu de grandes manifestations partout en France.

Les français sont majoritairement pour hein. Vous faites les sondages, les Français sont majoritairement pour mal le sujet en réalité. Mais je pense que le sujet n'a pas été suffisamment expliqué.

Il n'a pas été suffisamment expliqué aux gens. On ne leur a pas expliqué exactement euh ou pas suffisamment en quoi ça consistait ce texte parce que sans doute qu'il se serait davantage mobilisé. C'est pas une question d'idéologie, vous l'expliquez très bien madame, c'est une question de de d'anthropologie, de rapport à la vie, de rapport à la mort, de rapport à la souffrance.

Et ça c'est pas une question de d'idéologie ou de religion. vraie question, c'est quand personne ne j'imagine que ça va arriver souvent, quand personne ne voudra donner la mort dans les services de soins palliatifs, comment ça va se passer ? Quand personne ne voudra être celui qui donne la mort et qui administre la substance létale et donc fait une euthanasie, ça se passe comment ?

Parce qu'il y a le droit de conscience, on va quand même pas forcé comme pour l'IVG, on s'en prendra la clause de conscience. Non, mais en vrai, c'est ça qui est menacé. Bah le ce qui ce qui est stipulé, c'est que les directeurs d'établissement euh doivent organiser en tout cas accepter que peut-être d'autres professionnels qui seraiit d'accord pour faire le geste puisse venir dans l'établissement.

Mais ça pose vraiment des des questions. Moi je travaille aussi en épath de temps en temps quand on voit pareil la question du grand âge parce qu'on a beaucoup parlé des son batifs mais la question du grand âge c'est une question majeure. Les épades il y a pas de moyen.

Les résidents, ils sont malheureusement pas accompagnés comme il faudrait. Moi quand je travaille en épat, je suis toute seule comme infirmière. Donc la question de pour une soixantaine de résidents et la question de la clause de conscience, elle m'est arrivé un peu de plein faux aussi sur sur dans ce contexte là en me disant bah moi je suis toute seule comme infirmière en ÉPAD, on me demande s'il y a une demande, je pose ma clause de conscience mais il y a personne d'autre donc il va y avoir enfin voilà ça va être de manière compliqué.

Est-ce que demain on recrutera dans les services de soins palliatifs en posant cette en posant cette question au préalable ? Et entre deux CV équivalents ou même avec un CV un peu meilleur d'un côté mais une cause de conscience et un CV un peu moins bon qui est d'accord pour administrer la substance létale, vous choisissez lequel ? soignant, ça pose des questions vertigneuses, hein.

Euh non, mais on rentre dans quelque chose. Enfin, c'est et c'est pour ça qu'on n'est pas au bout du processus, hein. Moi, je regarde après, mais le vote, il est à la fois massif, mais il est très clair d'un clivage droite gauche, hein.

Quand on regarde le qui a voté pour, qui a voté contre et effectivement François Pip, on peut prendre la question à l'envers. Citez-moi un texte qui a été voté en première lecture à l'Assemblée nationale, qui est passé par le Sénat et qui a été retoqué ensuite mais globalement ça va être accepté, ça va être voté. Sauf si l'assemblée sous demain, Emmanuel Macron démissionne ou que sais 50 voix de majorité, ça va être voté.

Voilà ça mais ça veut dire que maintenant les questions concrètes vont se poser. Qui ? Comment ?

Euh le délit d'entrave, comment ça se passe ? Et je pense que les gens vont se poser des questions maintenant en disant "OK, c'est voté comment fait concrètement ?" Je pense que les Français vont s'emparer du débat maintenant, ils vont découvrir le débat.

Oui, je suis entièrement d'accord. Peut-être qu'il y a eu un un problème de pédagogie tout simplement, de leur expliquer réellement les choses. Oui.

C'est sûr que quand on n'aime pas les choses, quand on n'arrête pas de parler d'aide à mourir, moi je comprends et je pense que si j'étais pas soignante euh dans les sondages, j'aurais j'aurais mis oui entre est-ce que vous voulez mourir dans la dignité, dans une mort choisie ou alors ou alors non. Évidemment qu'on vote pour euh les la question des termes et je pense que c'est une bataille qu'ils ont gagné hein de la bataille des mots euh de pas vouloir nommer justement les choses et forcément on comprend pas bien ce qui se passe on comprend pas les véritables enjeux et la différence entre euthanasie et suicide assisté aussi les gens ne savent pas c'est qu'est-ce que quelle est-elle cette différence le suicide assisté c'est donc c'est aider des soignants et c'est le patient qui lui-même va prendre le produit qui l'étale ou alors déclencher la perfusion alors que l'euthanasie c'est vraiment l'injection du soignant et c'est une injection lételle qui tue en quelques minutes mais ça pose quand même des questions le sucé les soignants restent hyper impliqués. Euh, on a entendu hein pendant les débats euh un des courra rapporteurs qui disait "Bah, il faut qu'il y ait un soignon à côté si jamais ça se passe pas bien, mais qu'est-ce que ça veut dire ?" Hein ?

Et on et ils sont pas capables d'aller au bout parce que forcément c'est extrêmement violent euh mais c'est extrêmement violent ce qui nous est demandé de faire et il faut savoir que dans tous les pays, Canada, Pays-Bas, Belgique ou c'est Québec, c'est possible, c'est 99 % d'euthanasie, 1 % de suicide d'assist. Il y a ça n'existe pas en réussite non, c'est l'euthanasie. Enfin, la suasisté, c'est plus compliqué, encore plus compliqué, mais l'euthanasie, c'est vrai que aujourd'hui, y compris quand on connaît l'état des des services de soins, euh si on demande à chaque fois que quelqu'un veut se faire, c'est un million de personnes, hein, concerné qui est tout qui est un soignant à côté euh alors qu'ils sont déjà pas assez, vous le disez pour les épates par exemple, bah ils pourront pas être ailleurs.

Voilà, on va je pense qu'effectivement les Français vont commencer à se à comprendre que c'est pas aussi simple que l'idée peut être intéressante entre guillemets. On peut comprendre ce que ça veut dire. On a tous été confrontés avec des proches qui étaient concernés par ça, mais dans la vraie vie, c'est beaucoup plus complexeux.

Alors, on va juste écouter une première réaction Olivier Falorni, le rapporteur du texte qui évidemment est très satisfait du résultat. Bah, c'est une vraie satisfaction, l'ampleur du résultat. Je n'imaginais pas qu'il y ait une telle majorité ce soir pour approuver cette loi si importante.

Je crois que comme je l'ai dit dans l'hémicycle, c'est un moment qui a rendu honneur à l'Assemblée nationale et c'est aussi un vote qui marque la volonté d'avoir une une loi républicaine qui porte en son cœur la liberté, l'égalité, la fraternité. Voilà la fraternité, liberté, égalité. Louis de Ragnell, Olivier Falorni, c'est c'est ça fait il est très cohérent.

Ça fait des années qu'il partent. Moi ce qui me gêne beaucoup, c'est que dans un certain nombre de promoteurs d'ailleurs ceux qui étaient les plus militants pour l'euthanasie étaient davantage dans un combat politique et idéologique qu'un combat vraiment d'accompagnement à la fin de vie. Et se sont heurés pendant les débats quand même et c'est un justement il y a pas eu un débat de ce point de vue-là très spontané et sincère.

Euh c'est-à-dire que certains opposaient la question euh simplement de l'accompagnement pour la fin de vie et puis d'autres euh de manière sournoise parfois ne répondaient pas à ces questions-là. Et c'est un peu la stratégie qui a été celle d'Olivier Falorni qui a offert un peu une planche de savon, un mur de savon euh pour surtout donner le moins d'aspérité possible pour essayer de de rendre ce texte le moins clivant possible. Alors que pourtant était présent au cœur de ce projet euh cette espèce de rupture anthropologique.

Donc euh voilà si ça Oui mais les gens ils comprennent pas rupture anthropologique et bien c'estàdire qu'on touche à la base de la vie et de la mort. Normement'hz de naturelle pouz être accompagné dans je parle contrôle parce que c'est votre métier. Moi je voilà et la rupture c'est que vous pouvez provoquer, vous pouvez décider de votre mort et vous pouvez demander àce- qu'il y a une assistance médicale pour vous tuer alors que normalement l'assistance médicale le serment d'Hippocrate fait que vous ne pouvez un médecin ne peut pas vous donner la mort.

Got la brette. Moi, je suis très inquiet pour euh les soignants qui ne se sont pas engagés pour ça et quand on les a entendu euh durant euh tout ce débat euh enfin j'aimerais bien en trouver un ou deux en soins palliatifs qui nous disent qu'ils sont favorables à l'euthanasie, il y en a pas. donc où médiatiquement ils doivent pas exister.

Et donc on va comment on fera quand dans les services de soins palliatifs les soignants ne voudront pas donner la mort et quand vous disiez ils ont gagné le la bataille des mots je pense que c'est vrai dès qu'on a entendu cette aide à mourir pour euphémiser et pas utiliser le terme d'euthanasie en sachant les dérives qui se passent en Belgique donc de l'autre côté de nos frontières il y avait déjà mourir dans la dignité comme si ceux qui mouraient aujourd'hui sans euthanasie ne mourraient pas dans la dignité tout ce cette bataille sur le champ lexical et sur les mots évidemment a a permis ou a aidé parce que je pense que cette assemblée l'aurait faite quoi qu'il arrive même avec un terme comme euthanasie à aider à ce que 300 députés plus vote pour ce vois sur une une étude de la fondapul qui montre que dans tous les pays où l'euthanasie a été légalisé les demandes ont explosé. Oui et puis c'est les chiffres hein, c'est pas une proposé on est on est loin d'y être et François Piponi en Belgique il ils ont ouvert pour les mineurs. Pour les mineurs.

Les mineurs là c'est exclu pour l'instant en France. Jean Amourous mais ce qui est sûr c'est que à partir du moment où légifère pour certains, pourquoi est-ce qu'on légifera on légiférait pas pour les autres ? En fait, c'est c'est la question de la liberté.

Enfin, et c'est ça qui va se produit qui se produit dans tous les pays qui ont légalisé, c'est qu'à partir du moment où on ouvre ce droit, évidemment qu'on élargit partout. Et le Canada est un pays qui malheureusement qui a un des exemples là-dedans, on a essayé d'avertir, je pense que on pourra pas dire qu'on l'a pas dit, que au Québec, c'est 7 % des décès qui sont du par euthanasie queon a élargé par que 5% au Canada. Ouais, tout à fait.

Et donc évidemment que ça va s'élargir partout. Drag mais ce qui est vrai, c'est que le débat juridique qui s'ouvrira après la promulgation de la loi, c'est la question d'égalité, d'accès à ce droit. Et donc vous aurez des patients qui diront "Mais moi, je rentre pas dans toutes les conditions, mais ça crée une distorsion, une inégalité de droit par rapport à d'autres personnes pour des questions d'âge, pour des questions d'état de santé qui ont accès à ce droit.

Et c'est ça peut-être la rupture la plus importante qui est permise, qui est ouverte à travers le vote de ce texte. Et c'est pour ça que à partir du moment où vous rentrez dans la logique d'un droit, et bien forcément ce droit à vocation à à devenir universel et à s'élargir, à être disponible pour tous puisque sinon s'il n'est pas accessible à tous, ça crée une inégalité de droit. Donc moi, c'est ça qui me gêne profondément.

Et dernier mot sur vos équipes, comment vous allez vous allez en parler, j'imagine demain dans les dans les services de soins palliatifs. Vous allez dire comment on va faire Jean Amour ? Comment on va faire ?

Ça va être on va continuer de travailler en équipe, d'échanger, de discuter. Je pense que c'est vraiment ça qui nous soutient tous les jours, c'est de pouvoir échanger, de parler sans tabou. Je pense qu'on est vraiment des équipes où on n pas beaucoup de tabou, mais ça va être difficile et je pense que l'enjeu ça va être de rester uni, de enfin voilà, de continuer de promouvoir tout ce qu'on a dit, tout ce toutes nos valeurs.

Et moi je suis surtout très inquiète pas forcément enfin pour les unités de soin pour les équipes de soin béliatif mais aussi pour tous les soignants qui sont tout seuls dans les dans des endroits dans des déserts médicaux pour tous ces médecins généralistes qui sont tout seuls pour les infirmières libérales pour les infirmières dépad qui sont toutes seules et qui vont se qui sont déjà confrontés à la question de la souffrance et comment est-ce que je peux bien prendre en charge mes patients alors que j'ai pas forcément les connaissances que j'ai pas les moyens surtout et je enfin voilà je suis surtout très inquiète pour eux mais on va continuer de prendre la parole et d'être dans ce débat Merci beaucoup d'être venu ce soir dans Punchline Jean Amour Saintfirnière en soins palliatif. Je rappelle donc ce vote pour cette loi sur les soins palliatif d'une part et sur l'aide à mourir de l'Assemblée nationale. Merci à vous tous.

J'imagine que vous en reparlerez à 21h Gottier dans votre émission. Absolument. Absolument.

Et à 22h, nous aurons un conseiller de Donald Trump. Yeah.

"On pourra envoyer des soignants en prison s’il ne propose pas l’euthanasie" (Gauthier le Bret) — Marina Ferrari · Pourquijevote