Attal : Pourquoi il révèle son programme dans un média d'extrême droite ?
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 80 %
Temps de parole
- Présentateur64 %
- Gabriel Attal15 %
- Locuteur 211 %
- Locuteur 410 %
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Moi, je suis candidat parce que je crois en l'avenir de notre pays et donc je veux débloquer l'avenir de notre pays. J'ai été tout au long de la journée ici en Vendée au contact de Français qui sont confrontés à cette problématique des installations illicites de gens du voyage. Je veux qu'on ait un registre national des grands déplacements pour savoir pour les grands déplacements avec plusieurs centaines de caravanes qui va où, en prenant quel itinéraire, avec quelle consommation, etc.
Et enfin, mieux sanctionné, il faut qu'on multiplie les amendes forfaitaires délictuelles et qu'on puisse aller jusqu'à la saisie du véhicule pour montrer encore une fois qu'il y a une inversion du rapport de force et que la peur change de camp.
Gabriel Attal occupe le terrain cet été et le candidat Renaissance à la présidentielle a choisi le journal du dimanche pour détailler son programme. Avec ce titre, regardez, administration, justice, immigration. Le candidat à l'élection présidentielle dévoile ses propositions pour refonder la Maison France du sol au plafond. Un choix qui ne passe pas inaperçu. L'ancien Premier ministre, connu pour ses positions fermement pro-ukrainiennes, présente son projet dans un média appartenant au groupe Bolloré. Les médias du groupe Bolloré sont eux connus pour relayer des discours favorables aux intérêts du Kremlin. C'est ce paradoxe qui alimente aujourd'hui le débat.
Comment un responsable politique affichant un soutien constant à l'Ukraine peut-il choisir ce média pour lancer sa campagne ? Ce qui choque aujourd'hui la France, donc, c'est que les médias Bolloré alimentent l'influence russe en France et que Gabriel Attal cautionnerait cette ligne éditoriale. Vraiment, il n'y a que ça. Vraiment, c'est la seule question que cette séquence soulève. Évidemment que non. Déjà, on va revenir sur le JDD. Et à sa tête, Geoffroy Lejeune, ancien directeur de Valeurs Actuelles, souvenez-vous, en août 2020, les domadaires avaient publié une fiction mettant en scène la députée Danielle Obono en esclave. Voilà ce que Geoffroy Lejeune en disait sur les médias.
Les gens font ce qu'ils veulent. Si elle veut porter plainte, elle porte plainte. Après, la justice franchera. Honnêtement, c'est la partie qui m'intéresse le moins parce que je pense que ça va être vite réglé au tribunal pour une seule raison, c'est qu'il n'y a aucun racisme dans ce texte. Et ce qu'on nous fait, c'est un procès, en réalité, d'intention. Moi, je pense que c'est un procès politique mené par une partie de la France Insoumise. Et surtout, c'est un procès d'intention qui porte sur notre intention. C'est-à-dire que nous, on explique que le fait de représenter Danielle Obono comme ça et de faire une fiction, la mettant en scène... Honnêtement, je comprends.
Après coup, je ne l'ai pas vu avant. Donc, c'est ma faute. C'est mon erreur. Vous ne l'avez pas lu, la fiction ? Non, j'ai lu la fiction. Je l'ai validée, etc. C'est pour ça que j'assume ma responsabilité dans cette histoire, évidemment, bien sûr. Je n'ai pas vu que ça allait être compris comme ça. C'est mon erreur, parce que mon métier, normalement, c'est d'anticiper aussi les réactions, pas que ce qu'on publie. Mais notre intention, si vous voulez, c'était de dénoncer les horreurs de l'esclavage commises par des Africains sur d'autres Africains. Encore une fois, chose qui est trop souvent niée en France.
Des propos tenus avant la décision de justice. Valeur actuelle a été depuis condamné pour injure raciste dans ce dossier. Geoffroy Lejeune dirigeait alors un journal clairement identifié à l'extrême droite. Il évoluait dans cet univers sans chercher à en sortir. Puis Vincent Bolloré a tout changé. Il lui a fait prendre du galon en le plaçant à la tête d'un journal qui, lui, n'était pas estampillé extrême droite. Le journal du dimanche. À l'époque, les journalistes du JDD s'étaient mis en grève et avaient refusé de voir Geoffroy Lejeune prendre les commandes du journal. La rédaction redoutait. Un virage à droite toute. Je vais citer leur communiqué.
Geoffroy Lejeune, ancien directeur de la rédaction de l'hebdomadaire d'extrême droite Valeur actuelle, exprime des idées à l'opposé des valeurs que porte le JDD depuis 75 ans. Ce n'est pas seulement la rédaction mais tous les services du journal fabrication, distribution, publicité qui s'inquiètent pour la pérennité même du titre. Cette arrivée pourrait mettre en péril la publication en repoussant les lecteurs comme les annonceurs. La rédaction a refusé finalement que le JDD devienne un journal d'opinion. La grève durera plusieurs semaines mais le mouvement social finira par s'essouffler. Geoffroy Lejeune s'installe finalement à la tête du JDD propulsé par Vincent Bolloré.
Un proche d'Éric Zemmour et de Marion Maréchal-Le Pen prenait alors les rênes de l'un des titres les plus influents de la presse française. Et ça ne dérange manifestement pas notre ancien Premier ministre qui choisit sans trembler le JDD pour son grand déballage présidentiel. Il a d'ailleurs été interrogé par un journaliste qui avant de rejoindre l'IJDD travaillait à Roulement de tambour, Valeurs actuelles, un journaliste qui a aussi contribué à Ligne droite, la matinale de Radio Courtoisie, une radio elle aussi classée à l'extrême droite.
Alors la question est simple, Gabriel Attal cautionne-t-il les thèses de l'extrême droite parce qu'il en est convaincu ou évolue-t-il dans la galaxie Bolloré parce qu'il veut être entendu par le plus grand nombre, alliance de circonstances ou alliance d'idéologie ? Alors finalement, pour Gabriel Attal, le calcul est assez simple. Avoir sa une dans les médias à forte endurance en pleine campagne présidentielle, ça a du sens. Il se dit même qu'il aurait confié à l'un de ses proches « on ne peut pas faire campagne sans aller chez Bolloré ».
Bah ça se voit, Gabriel Attal a choisi d'occuper, de saturer même l'espace médiatique cet été, profitant du silence estival de certains de ses concurrents à la présidence. Alors qu'est-ce qu'il a dit dans le JDD ? Il a plus ou moins détaillé les chantiers auxquels il s'attaquera en cas de victoire en 2027. Il veut réformer le système judiciaire, baisser le nombre de fonctionnaires et organiser au moins un référendum par an. Il a promis, je le cite, « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ». Le JDD a bien évidemment interrogé notre ancien Premier ministre sur des sujets dont il raffole l'immigration par exemple ou encore les installations des gens du voyage.
Avec cette question, je vais citer le journaliste, « Comme chaque été, les installations illicites de campements de gens du voyage se multiplient. N'y a-t-il pas une forme d'opportunisme politique à vous saisir aujourd'hui de ce sujet ? » Réponse de Gabriel Attal, « Il y a surtout une urgence à agir année après année. Les installations sauvages et illégales des gens du voyage gâchent la vie des maires et des Français. La loi est bafouée, c'est inacceptable et je vais y mettre fin. Vous voyez, sa campagne de stigmatisation des gens du voyage a commencé dans le JDD il y a quelques jours et se poursuit encore une fois dans les médias bollorés.
Cette fois-ci, c'était sur CNews et regardez, c'était filmé.
Et c'est pas chez vous, monsieur. Il parle de violation de droits, c'est monsieur. Les droits, c'est ceux des propriétaires du terrain qui sont là-bas et qui se sont fait envahir. Ritchie Thibault est militant
contre l'anti-tsiganisme. Il a répondu à Gabriel Attal sur le Média. Écoutez.
Il a décidé au contraire lors de cette journée de s'attaquer aux descendants des personnes victimes de ce génocide aux voyageurs et aux voyageuses. Et il l'a fait, il l'a fait pas n'importe où, il l'a fait dans les colonnes du journal du dimanche, à savoir ce torchant de Vincent Bolloré d'extrême droite. Et donc, ce qu'il a voulu faire ainsi, c'est volontairement s'attaquer aux voyageurs et aux voyageurs de manière bassement électorale pour séduire l'électorat raciste d'extrême droite au relant anti-tsiganes. Et il l'a fait en disant qu'année après année, les occupations sauvages et illégales des gens du voyage ont lieu et qu'il fallait s'y attaquer.
Enfin, je paraphrase la formule qui a été la sienne. Alors, premièrement, sur le fond, il feint d'ignorer, il manipule les gens du moins en disant que les occupations illégales sont de la responsabilité des voyageurs.
Gabriel Attal a choisi l'été pour occuper le terrain et pour marcher sur les thèmes qui font le succès du Rassemblement National. L'été, c'est la saison des coups politiques. L'hiver, ce sera celle des sondages. Et Gabriel Attal a déjà une idée. Si les enquêtes d'opinion le placent au coude à coude avec Edouard Philippe, il propose un vote de départage.
Gabriel Attal