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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 13 décembre 2024 9 minContradictoireFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesEurope & international

Pierre Moscovici : "La crainte c'est une situation à l'italienne" Reportage C dans l'air

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment les Européens commentent notre situation?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que Bruxelles peut lâcher du lest?

  • 4:00ComplaisanteRéponse directe

    Cet éclairage européen est intéressant et fait écho à cette mauvaise humeur des grands patrons français.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30P.MoscoviciChiffre
    « En 2024, on a voté un budget, 4,4 % de déficit. Il est exécuté à 6 %. »
  • 1:30P.MoscoviciFait
    « Nous ne sommes pas menacés d'un scénario à la grecque, par l'arrivée du FMI... Ce sont des fantasmes. »
  • 2:30S.MatellyFait
    « On est plus sur le scénario à l'italienne. »
  • 3:30S.MatellyFait
    « La France fait partie de la zone euro, qu'elle est protégée par une sorte de bouclier sanitaire de monnaie unique. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

P.Moscovici ne craint pas une tempête. Ce qu'il craint, c'est une crise à bas bruit, justement un scénario à l'italienne. - Il est l'homme qui, depuis plus de 4 ans, scrute à la loupe les comptes de la France.

P.Moscovici appelle le nouveau Premier ministre à présenter au plus vite un nouveau budget et redresser les comptes publics. - P.Moscovici: Je ne suis pas obsédé par les dépenses, les déficits publics.

Je ne suis pas un partisan ardent de l'austérité. Je ne l'ai jamais été comme homme politique ou président de la Cour des comptes. Ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas faire de bonnes politiques publiques si on n'a pas de finances publiques saines.

Ces dernières années, on a vu le déficit monter constamment. Ces 2 dernières années ont été catastrophiques du point de vue de la gestion des finances publiques. Il faut le dire.

En 2024, on a voté un budget, 4,4 % de déficit. Il est exécuté à 6 %. C'est un dérapage jamais vu en période de crise.

Il faut reprendre le contrôle de nos finances publiques. On peut ne pas avoir de budget pendant l'année qui vient. C'est ce qu'il se passe en Espagne depuis 2 ans.

Si on ne peut pas avoir un gouvernement majoritaire, les conséquences, c'est pas d'innovation, pas d'investissement, une imposition du revenu qui croitrait pour des millions de Français. A mon sens, c'est une situation...

Ce serait une absurdité. J'ai été ministre des Finances, commissaire européen en charge de négocier avec la Grèce la sortie de son programme. Ca n'a rien à voir.

Nous ne sommes pas menacés d'un scénario à la grecque, par l'arrivée du FMI...

Ce sont des fantasmes. En revanche, on peut avoir une situation à l'italienne où on vit, pendant des années, avec des taux d'intérêt assez élevés, une dette élevée...

Par ailleurs, une économie qui reste sur une croissance faible. C'est une perte de dynamisme, de crédit. - C.Roux: Nous sommes en direct avec S.Matelly.

Merci d'être avec nous. Vous êtes économiste et directrice de l'institut Jacques-Delors. Nous voudrions savoir comment les Européens commentent notre situation.

Les Européens craignent de voir la France basculer dans un scénario à la grecque ou à l'italienne? - S.Matelly: On est plus sur le scénario à l'italienne.

Ce qui inquiète probablement le plus les Européens, c'est de se retrouver face à de grands pays en Europe, l'Allemagne et l'Italie, qui sont dans une crise politique majeure. L'Allemagne et la France, excusez-moi. Ces 2 pays sont dans une crise politique majeure, donc en incapacité de prendre des décisions et des initiatives à Bruxelles.

Dans le cas de la France, la situation financière et économique est très mauvaise, avec des finances publiques qui dérapent sans qu'on comprenne pourquoi ni comment, même si, à Bruxelles, on le comprend peut-être mieux qu'en France. En même temps, la situation économique subit directement les effets de cette crise politique et inquiète très fortement à Bruxelles et au sein des institutions européennes. - C.Roux: Vous parlez de Bruxelles et des institutions européennes.

P.Moscovici n'était pas non plus alarmiste sur ce qu'on redoute tous: un affolement des marchés et quelque chose qui rende un peu caduques toutes les discussions qu'on a sur des arrangements politiques, ce qui fait basculer la France dans une urgence et une inquiétude financière. C'est totalement écarté, parce que l'Europe, parce que l'euro, parce que la France? - S.Matelly: Difficile de répondre.

On est dans un scénario inédit où un grand pays comme la France...

C'est 16 % du PIB européen. C'est un pays de poids dans l'économie européenne. Ce pays se retrouve dans une situation de crise politique majeure et de situation incontrôlée des finances publiques.

Si ça n'a pas dérapé jusque-là, c'est parce que la France fait partie de la zone euro, qu'elle est protégée par une sorte de bouclier sanitaire de monnaie unique qui fait que les investisseurs et les acteurs financiers se disent: "On ne laissera pas tomber la France dans cette zone euro parce que ça mettrait en péril l'euro." Il n'empêche, on voit les taux d'intérêt qui augmentent. Comme le disait P.Moscovici, ça va peser aussi sur le taux d'intérêt auquel vont s'endetter les entreprises françaises.

C'est un vrai risque. - C.Roux: Parce que la France est la France, est-ce qu'on pourrait imaginer un scénario où Bruxelles dit qu'il y a une instabilité politique en France, qu'on va desserrer l'étau sur les finances publiques car on ne reviendra pas à 5 %? "Redonnons un peu d'oxygène et de souffle sur ce sujet, alors même que M.Barnier a déclaré que la dette financière est une réalité qui s'imposera à tout gouvernement, quel qu'il soit?" Est-ce que Bruxelles peut lâcher du lest? - S.Matelly: Bruxelles a déjà pas mal lâché.

On est à plus de 5 % alors qu'on s'était engagés à se limiter à 3 %. Bruxelles a donné des délais à M.Barnier car l'Europe a initié une procédure de surveillance renforcée.

Malgré cela, la Commission européenne a donné un délai à M.Barnier, qui est allé présenter son projet de budget un mois plus tard que la date initialement prévue. L'Europe a déjà assoupli.

Simplement, on est dans le même bateau avec notre euro qui nous protège et qui met aussi en péril les autres. On est bien obligés de respecter une certaine discipline. Le déficit public de tous les pays européens et de la zone euro est retombé au niveau des 3 %, avec un certain nombre de pays qui dépassent largement et qui sont dans des situations difficiles, comme la France.

Certains pays sont en dessous, voire en excédent. La Grèce fait un excédent de ses finances publiques cette année. - C.Roux: Merci.

Cet éclairage européen est intéressant et fait écho à cette mauvaise humeur des grands patrons français, qu'ils ont exprimée récemment. P.Pouyanné dit: "Je vais étudier des arbitrages vers des pays plus accueillants." Le PDG d'EDF dit que c'est l'enfer d'investir en France.

Ca bouillonne du côté du Medef, des patrons et des grandes entreprises. - D.Seux: Ce qui est intéressant, c'est la déclaration du patron d'EDF, avec l'Etat qui est au capital.

Il dit que c'est "l'enfer" d'investir en France. Il dit: "C'est trop long, Bureaucratique et complexe. Quand je veux installer un barrage, une éolienne, des panneaux solaires, c'est impossible." Je n'ai jamais entendu ça.

Dans la bouche des patrons d'entreprises privées,