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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 7 novembre 2025 12 min

Sécurité du Louvre : le rapport alarmant de la Cour des Comptes

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

X-TRA, la lessive numéro 1 en France. ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue. Bonsoir, P.Moscovici.

Vous êtes le premier président de la Cour des comptes, la vigie budgétaire de la France. On va aborder le sujet du budget, celui de la Sécurité sociale. Commençons par le rapport accablant que vous avez rendu sur la gestion du Louvre entre 2018 et 2024.

Un vol à 88 millions d'euros a eu lieu. Les différents directeurs du Louvre ont privilégié des projets plus visibles comme l'acquisition d'oeuvres d'art au détriment de la sécurité du musée. C'est votre constat. - P.Moscovici: "Accablant", c'est un jugement de valeur que je ne porte pas.

C'est un rapport objectif très détaillé et factuel, avec des points qui fonctionnent, comme les réserves importées à Liévin pour éviter l'inondation. Il y a des zones inondables au Louvre. C'est pas une question de gestion mais de choix.

Le Louvre, contrairement à d'autres institutions culturelles, ne souffre pas d'un manque de moyens. Il a beaucoup d'argent. Il en dépense beaucoup.

Les directions successives ont choisi de privilégier de travailler sur l'attractivité du Louvre, avec la muséographie, l'achat d'oeuvres...

En face de ça, il y avait un besoin massif de rénovation des infrastructures. Il y a la sécurité, l'incendie, les risques d'inondation par le haut et vers le bas...

On a un gros retard. Rien que pour la sécurité, qui est un problème qui concerne les Français, on a dépensé 3 millions d'euros, soit 4 % du plan prévu de 87 millions d'euros. Il faut remettre l'église au centre du village et faire en sorte de privilégier la rénovation des infrastructures du Louvre pour que les publics puissent accéder mieux, pour que la sécurité soit assurée, et pour que les risques soient maîtrisés.

Il faut prioriser différemment les choix. - A.Casse: La présidente directrice du Louvre dit que vous avez tort d'être aussi sévère avec elle.

Elle dit: "J'ai appliqué ces priorités car je pense que les Français sont très attachés à leur patrimoine." - P.Moscovici: Je pense qu'elle a tort de juger la Cour des comptes.

La Cour des comptes est une institution française que les Français connaissent et apprécient. Ils la croient car c'est toujours des constats objectifs informés et chiffrés. Entrer dans un ping-pong, c'est toujours une erreur.

Nos rapports ne sont pas sévères. Ce sont des rapports objectifs. Il faut les discuter.

L.des Cars est attachée au Louvre, comme les Français et moi. Il y a beaucoup de membres de la Cour des comptes dans la Société des amis du Louvre.

Si les Français sont attachés au Louvre, ils veulent aussi pouvoir accéder correctement aux oeuvres. Ils veulent que la sécurité soit assurée. Ils ont été très choqués par ce vol.

Ce vol des joyaux de la couronne est un signal d'alarme assourdissant. Je ne suis pas en train d'accabler cette dame que je ne connais pas. Je ne la juge pas.

Je regarde une action. Je dis qu'il y a des choses à faire. Je crois que les Français le savent.

Ils peuvent lire notre rapport, qui est sur notre site. Il est extrêmement factuel, il n'est pas sévère mais il souligne des points de faits qu'il faut prendre en compte. - A.Casse: Vous allez même plus loin quand on pense au projet d'étendre le Louvre et de créer les salles sous la Cour carrée.

L'estimation passe à... - P.Moscovici: Plus 50 % en un an. - A.Casse: Vous dites que c'est un projet porteur de risques financiers significatifs. - P.Moscovici: C'est un projet dont je n'ai pas à discuter la pertinence.

Il marque une ambition pour le Louvre. Ca fait depuis 2016 qu'on pense à ça. On peut avoir une ambition pour le Louvre.

Aujourd'hui, on n'a pas fait d'études préalables à ce projet. Son plan de financement n'est pas encore consolidé. Il faut étudier ce financement, notamment en proposant...

Il y a le Louvre Abou Dhabi, dont les fonds devraient abonder dans le projet. Le Louvre doit d'abord financer la rénovation du Louvre et de ses infrastructures. Il faut que le financement soit crédible.

Sinon, c'est porteur de risques. Les risques sont supportés par le contribuable. - A.Casse: Vous avez chiffré le trou de la Sécurité sociale à 23 milliards d'euros.

Il a doublé en 2 ans. Vous craignez un effet siphon, qu'il ne reste plus rien des mesures débattues à l'Assemblée. Est-ce qu'on y est déjà? - P.Moscovici: Je vais vous faire une confidence: je ne regarde pas tous les jours les débats de l'Assemblée.

J'ai de l'expérience. J'ai été 3 fois parlementaire et 2 fois ministre, dont ministre des Finances. Nous ne savons pas ce que sera le budget final.

Il y a des discussions et des votes en commission, mais il n'y a pas encore eu de vote en plénière. Ensuite, il faudra aller au Sénat et revenir à l'Assemblée. On verra à la fin.

Le président Chirac disait: "C'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses." Il faut veiller à ce qu'in fine, le budget voté adopté par la France soit en dessous de 5 % du PIB. 4,9, c'est en dessous.

C'est une question de trajectoire et de crédibilité pour la France. Il faut veiller à ce que les mesures votées ne dégradent pas l'équilibre budgétaire et le financement de la Sécurité sociale. - A.Casse: Comment expliquer ce trou béant de la Sécurité sociale?

Il faut changer notre modèle social? - P.Moscovici: Il y a eu des recettes mais les dépenses ont augmenté plus vite.

C'est une question de maîtrise de la dépense. Il y a une mesure de la dépense qui s'appelle l'Ondam. Il a augmenté de 3,6 % l'an dernier.

Dans le PLFSS soumis à l'Assemblée, on dit 1,6 %. Donc il faut maîtriser les dépenses sociales. On dépense trop. - A.Casse: Donc il faut changer le modèle social? - P.Moscovici: Non, mais il faut mieux le gérer.

Nous avons un Etat-providence. Nous sommes très protégés. C'est un Etat protecteur.

Je suis favorable à cette protection sociale. Mais si on veut garder la Sécurité sociale et éviter qu'elle fasse faillite...

On va avoir une dette sociale de 110 milliards d'euros d'ici 2029. Si on veut assurer la pérennité de notre modèle social, il faut faire des économies, et ce, sans dégrader le service rendu. Il faut fournir des services de meilleure qualité.

Les médicaments génériques, en France, c'est 15 %. Dans l'UE, c'est 58 %. Un médicament original coûte parfois 2 à 3 fois plus cher que le générique.

Le remboursement coûte plus cher. Autre exemple: les transports médicaux. Si vous êtes un dialysé en Bretagne et que vous devez aller à Vannes, c'est normal de prendre un taxi.

Tout ça est remboursé. Il y a une question de prescriptions médicales. Il faut que chaque acteur soit responsabilisé dans la chaîne de la dépense de l'Assurance maladie.

On peut faire des économies sans paupériser le service public. - A.Casse: C'est difficile pour certains Français de se dire que la santé doit coûter plus cher. - P.Moscovici: Elle doit coûter moins cher. - A.Casse: Il y a des mesures explosives comme la prime de Noël, dont le champ est restreint.

On parle des foyers qui touchent les minima sociaux. La secrétaire générale de la CGT dit que c'est mesquin et honteux. - P.Moscovici: Je comprends toutes les polémiques, mais il faut être conscients que le jour où notre dette explosera, nous ne pourrons rien financer.

Trop de dettes, ça veut dire plus d'impuissance publique. Plus on s'endette, moins on peut agir pour la défense, pour la Sécurité sociale ou pour la transition écologique. Le risque, c'est que notre protection sociale soit insoutenable.

Voilà pourquoi il faut, comme pour un ménage ou pour une entreprise, adapter nos recettes à nos dépenses. Ca passe aussi par des économies dans les dépenses. La France n'est pas un pays qui aime l'austérité.

Nous avons le taux de dépense le plus élevé d'Europe: 57 %. Il y a de la marge. Il y a de la marge pour faire des économies intelligentes et qui ne dégradent pas le service public. - A.Casse: "C dans l'air" organise une grande soirée sur la dette.

Vous avez dû entendre les propos d'A.Montebourg à propos de la taxation à 75 % sur les très hauts revenus. - A.Montebourg: Les fameux 75 % inventés par F.Hollande, c'était des 75 % de papier.

Ils avaient imaginé un dispositif qui serait censuré par le Conseil constitutionnel, ce qui s'est évidemment produit. C'était conçu pour que ça n'ait pas lieu. - A.Casse: C'était aussi votre idée.

Donc c'était du grand bluff? - P.Moscovici: C'était pas mon idée. - A.Casse: Avec S.Le Foll et M.Valls... - P.Moscovici: Il se trouve que j'étais ministre des Finances donc apparemment, j'ai inventé ce dispositif diabolique pour faire les 75 % en étant censuré.

Je connais par coeur A.Montebourg. Il est charmant et il a beaucoup de talent.

Maintenant, il dit "monsieur Hollande"...

Il était là. Il était ministre du Redressement productif. C'est un acteur.

Il est tellement talentueux qu'il croit à ses histoires. - A.Casse: Vous dites qu'il ment? - P.Moscovici: Le dispositif n'était pas bâti avec la conscience ou la volonté qu'il soit censuré.

La possibilité existait. Le problème, c'est qu'on peut considérer ce que fait le Conseil constitutionnel, qu'au-delà d'un certain taux, la fiscalité devient confiscatoire. On le savait, mais on n'a pas bâti la taxe avec la volonté que ce soit censuré.

C'est une fantasmagorie. - A.Casse: Plusieurs constitutionnalistes alertaient là-dessus pendant la campagne.

Pourquoi ment-il aujourd'hui? - P.Moscovici: Il raconte des histoires.

C'est un talent, vous savez. Les histoires de l'Oncle Paul...

Maintenant, les histoires de l'oncle Arnaud! Je n'étais pas favorable à la taxe à 75 %. S.Le Foll non plus.

D'autres y étaient favorables. F.Hollande l'a décidée.

C'était lui le candidat et il a été président ensuite. Je me suis exécuté en tant que ministre des Finances. En aucun cas je n'avais l'idée de mentir.

Est-ce qu'il s'agissait de passer devant Mélenchon? Bah oui!

Sécurité du Louvre : le rapport alarmant de la Cour des Comptes — Pierre Moscovici · Pourquijevote