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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 4 mai 2026 37 min

Macron, sa dernière année...

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Invité

Et le week-end prolongé du 1er mai a lancé la saison touristique. Je vous emmène à Chinon, dans la région des châteaux de la Loire, grande région touristique. La saison en est à ses prémices, mais déjà, vous allez le voir, restaurateurs, hôteliers et autres professionnels du tourisme ont le sourire. Reportage de nos partenaires de Val-de-Loire TV, il est signé Faustine Luneau. En terrasse, ce midi à Chinon, beaucoup de touristes venus des quatre coins du monde. Et des Français qui ont préféré passer quelques jours pas trop loin de chez eux. On vient de la région parisienne, de Clisson, une autre cité médiévale.

Voyages prévus de longue date ou optimisme à toute épreuve, les visiteurs étrangers semblent moins frileux que les Français en ce début de saison touristique. C'est le constat de cette restauratrice depuis le début du mois d'avril.

0:58
Locuteur 7

On retrouve tous les étrangers qu'on avait perdus avant le Covid, les étrangers très lointains.

1:03
Invité

Et la tendance se confirme dans les hôtels. C'est une chambre qui est occupée ce soir, qui là est en cours de vérification. Même si son taux d'occupation prévu pour les ponts de mer reste satisfaisant, cet établissement se remplit pour l'instant surtout grâce aux touristes étrangers. Les Français semblent plus prudents face à la conjoncture économique actuelle défavorable. On va faire en sorte d'aller combler les petites cases manquantes, mais on sait qu'on a quand même un bon potentiel sur tout ce qui est en option qui va être confirmé. Du côté de ce camping, victime de la crue de la Vienne en février dernier, le démarrage est plus difficile.

C'est un beau site, mais il y a eu quand même beaucoup de dégâts. Même si le camping a pu rouvrir à peu près normalement, aujourd'hui, seuls quelques camping-cars ont élu domicile sur les emplacements. Sarah prend son mal en patience, la saison devrait débuter plus tardivement.

1:55
Présentateur

C'est plutôt pour fin mai, à partir de fin mai, juin. Après, on a beaucoup d'anglais, allemand, belge, beaucoup de belges.

2:02
Invité

On a eu un petit peu de français, mais c'est surtout les pays nordiques qui sont là en ce moment. Juste à côté, c'est justement un groupe de néerlandais que l'on croise chez ce loueur de canoë. Ici, beaucoup de locations de dernière minute habituellement, mais pour ce mois de mai, les week-ends se remplissent déjà très vite. Et à l'avance, les clients incités par le climat doux du mois d'avril. Je pense que c'est à peu près pareil, peut-être un petit peu mieux quand même que l'année dernière. On a bien bossé sur le mois de mai, mais si je me souviens bien, c'était arrivé assez tardivement quand même. Là, on a beaucoup de réservations à l'avance, donc plutôt positif.

Un bilan positif, à condition que le beau temps se maintienne le mois prochain. Alors, il est très très beau, on l'a vu dans le reportage il y a quelques jours du côté des châteaux de la Loire. Bon, alors, c'est pas le cas. En ce moment, il y a deux départements qui sont en vigilance orange, pluie, inondation. La Sarthe, la Mayenne, suite à des orages particulièrement violents hier et ce week-end. Oui, violents notamment pour les exploitations agricoles. C'est à la une de l'édition Haute-Pyrénée du journal La Dépêche. Le nord du département a été balayé samedi et dimanche par le vent et la grêle, notamment dans les communes de Siaroui, Sarnigué et Artagnan.

Résultat, 2000 poulets élevés en plein air sont morts à cause de la grêle. Et les semis de maïs, encore tout droit et vert, ont été réduits à néant en quelques heures. Les pertes de rendement iront de 20 à plus de 60 %, souffle Mathieu Carrère, un agriculteur dans le département interrogé par La Dépêche. Et comment aider les élus et les collectivités à prévenir et à gérer ces événements climatiques et particulièrement les inondations ? C'est un débat qui aura lieu demain soir dans l'hémicycle du Sénat. Bonjour Pascal Martin, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes sénateur centriste de la Seine-Maritime. Vous êtes le rapporteur de ce texte sur la prévention, la gestion des inondations.

Alors on le voit, il y a évidemment le contexte météorologique actuel. Et puis il y a un contexte plus large, le rapport Copernicus qui nous rappelle que l'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite au monde. Est-ce que nos territoires sont suffisamment préparés face à ces événements ? Bonjour. Non, effectivement, on a aujourd'hui des procédures qui datent, des procédures trop complexes. Et donc l'objectif de cette proposition de loi qui a été, je le rappelle, votée à l'unanimité il y a un an au Sénat est de rendre les procédures plus simples, plus accessibles, plus rapides.

Et donc c'est l'objet même de cette proposition de loi qui aborde les problématiques administratives dans le domaine de la prévention. Cette proposition de loi n'a pas pour objectif et prétention de régler tous les problèmes, notamment les questions de financement suite aux inondations ou les problèmes assuranciels ne sont pas évoqués dans cette proposition de loi. Mais c'est un point de départ qui est particulièrement attendu par nos concitoyens et aussi par les élus locaux. Effectivement, parce que les élus locaux, ils ont de plus en plus de mal à assurer leur territoire. Les assurances aujourd'hui ne suivent plus ou suivent en tout cas moins qu'avant.

Comment on aide ces élus à aménager les territoires face aux inondations ? Ces problématiques ont été à multiples reprises évoquées au sein de nos travaux du Sénat. En cinq ans, j'ai pu noter que près de 360 questions avaient été évoquées concernant les problématiques des inondations et notamment un sujet essentiel qui concerne l'entretien des cours d'eau, que ce soit l'entretien régulier ou l'entretien suite à des inondations.

Il y avait aujourd'hui des procédures particulièrement complexes et donc l'objet même, encore une fois, de cette proposition de loi, c'est de simplifier les procédures, de faire en sorte que les élus qui sont au cœur de ces problématiques de risque naturel puissent aller beaucoup plus vite avec l'appui naturellement des représentants de l'État au sein de chaque département, les préfets, pour rendre encore une fois cet entretien plus accessible, plus rapide, sans négliger la consultation du public et c'est aussi peut-être insister sur un autre dossier qui intéresse fortement les élus locaux, ce qu'on appelle dans notre jargon les PAPI, ce sont les programmes d'action de prévention des inondations qui sont une approche planificatrice à moyen terme et qui aujourd'hui étaient beaucoup trop longues ces procédures.

Donc là encore, concrètement, sans rentrer dans le détail, parce que c'est assez technique et c'est notamment mettre en place une coordination entre deux codes, celui de l'environnement et celui du code rural et de la pêche maritime qui venaient en confrontation et qui rendaient encore une fois beaucoup trop compliquée la préparation et la prévention de la lutte contre les inondations. Merci beaucoup, merci Pascal Martin d'avoir été avec nous et le débat il aura donc lieu demain soir dans l'hémicycle du Sénat sur la prévention et la gestion de ces inondations. Merci à vous.

On poursuit avec les unes de la presse régionale et c'est aujourd'hui la publication d'un rapport qui fait débat, celui du député Charles Aloncle sur l'audiovisuel public. C'est la une du Midi Libre, Stéphane. Un rapport qui veut tout casser, titre le quotidien, des auditions houleuses jusqu'au vote de la publication de ce document. Cette commission d'enquête aura été source de polémiques et de tensions politiques, raconte Midi Libre.

Parmi les 70 recommandations qui sont en ligne sur le site de l'Assemblée nationale depuis aujourd'hui, il y a par exemple la fusion de plusieurs chaînes, France 2, France 5, France Info, France 24, les réseaux régionaux France 3 et ici anciennement France Bleu. Le rapporteur ciottiste plaide aussi pour la suppression de la chaîne France 4, la chaîne de radio Le Mouve et France TV Slash et il vise un milliard d'économies, soit plus d'un quart du budget total de l'audiovisuel public. Autre proposition polémique, rétablir la nomination par le président de la République des PDG de France Télévisions et de Radio France.

La PDG de France Télévisions, Delphine Arnaud, dénonce sur X un rapport à charge. Elle explique que ce qu'il propose est le plus grand plan social de l'histoire culturelle française. – Allez, on va parler d'un jouet emblématique, c'est Sophie la girafe, ce petit jouet qui fait un peu de bruit et qui aide à faire ses dents pour les enfants. Et alors, c'est un fleuron qui prône le Made in France, sauf qu'en fait, il est produit en Chine. – Une information révélée par nos confrères de Mediapart.

Hier et à la une des journaux du groupe Ebra de l'Est de la France ce matin, c'est le jouet préféré des Français qui s'écoule à 700 000 exemplaires et qui est dans une boîte qui met en avant l'origine française du produit. Mais vous l'avez dit, en réalité, depuis 2013, la majeure partie de ces petites girafes et leurs petits couinements, peut-être parfois un peu insupportables, sortent d'usines chinoises et plus des ateliers de Rumi, en Haute-Savoie et de Saint-Nabor dans les Vosges. Le quotidien l'Est républicain a joint le PDG de Vully, l'entreprise qui commercialise Sophie la girafe. Il dément tout secret, précisant que si on nous demandait, on le disait.

Il assure aussi que cette délocalisation de la production en Chine est due à un retard dans la maîtrise d'un nouveau procédé de fabrication. Une situation temporaire, jure le PDG, qui n'évitera quand même pas une enquête de la répression des fraudes pour pratiques commerciales trompeuses. – Mais on sent que ça vous a agacé, vous, le couinement de Sophie la girafe dans votre enfance. – Allez, on va terminer par du sport, du cyclisme. Et la participation, hier, l'annonce de la participation au Tour de France du cycliste français Paul Sexas, l'étoile montante. – Exactement, une première participation à tout juste 19 ans pour le jeune prodige du cyclisme.

Il s'élancera donc de Barcelone le 4 juillet en devenant le plus jeune coureur à s'aligner sur la plus grande épreuve du monde depuis 1937, écrit le Télégramme. Il fera la course avec son équipe, Decathlon CMA-CGM, et son objectif n'est pas seulement de découvrir la grande boucle, affirme-t-il, mais de performer. Et pourquoi pas la gagner ? C'est un petit peu tôt, répond l'ancien champion Bernard Hinault, vainqueur du Tour à cinq reprises. Et pour la première fois à l'âge de 24 ans, il a été interrogé par le Télégramme. Et l'ancienne gloire du cyclisme, imagine quand même Paul Sexas, lui, succédé. Il est déjà au niveau des très grands, dit-il. Il est déjà dans la grande classe.

– Oui, ça me donne un peu d'espoir. Parce qu'on est quand même un peu chauvin quand on regarde le Tour. – On a envie d'espérer en tout cas. – Oui, voilà. – Allez, merci beaucoup. Pour cette revue de presse, on va passer au débat du club. Elisabeth Martichoux, Frédéric Dhabi vont nous rejoindre. Dans un an aura donc lieu l'élection présidentielle. Comment Emmanuel Macron peut-il imprimer sa marque durant cette dernière année du quinquennat ? Le chef de l'État qui, en tout cas, mise beaucoup, notamment sur l'international. Il était, notamment hier, en Arménie. Il participait au huitième sommet de la communauté politique européenne. On va l'écouter.

10:47
Locuteur 1

– M. le Président, M. le Président, this event was your idea.

10:52
Invité

– Je pense que l'Europe est un moment de vérité qui suppose plus d'unité et plus d'ambition. Cette réunion était importante. Pour moi, on doit encore accélérer et aller plus loin. On a besoin d'une Europe forte qui réduise ses dépendances excessives, qui bâtisse ses solutions de paix et de sécurité pour elle-même et qui agit comme un continent vraiment uni par une communauté de destin. C'est ça en quoi nous croyons. – Et on va débattre, justement, de ce bilan d'Emmanuel Macron et de la manière dont il peut imprimer sa marque dans cette dernière année de quinquennat. Bonjour Elisabeth Martichoux. Merci beaucoup d'être avec nous, editorialiste politique. Bonjour Frédéric Dhabi. – Bonjour.

– Merci également d'être là, directeur général opinion de l'Institut de sondage IFOP. On a entendu Frédéric Emmanuel Macron qui était donc hier en Arménie. Emmanuel Macron qui continue d'imprimer sa marque sur l'international, c'est ce qu'il maintient aujourd'hui sur le devant de la scène ?

11:44
Emmanuel Macron

– Clairement oui, clairement oui en termes de popularité. Alors c'est un président impopulaire, structurellement impopulaire, pas le plus impopulaire de la Ve République. Quand je prends l'historique du baromètre, il ne faut pas une rixe pour l'opinion, mais c'est un président en difficulté avec un second mandat qui est très compliqué, mais l'international le sauve. Le sauve dans le sens où son socle de popularité entre 25 et 30%, ce qui est faible, mais ce qui n'est pas non plus ridicule, ça correspond à son score de l'élection présidentielle du premier tour, il avait fait quasiment 28%, c'est l'international qui lui permet d'enclencher ce que j'appelle une logique de distinction.

C'est les Français qui nous disent, bon, on ne l'aime plus trop, mais c'est le seul qui peut parler à Poutine, c'est le seul qui peut agir international. Il est à sa place. La fameuse phrase « for sure », ce qu'il a fait, s'opposer à Trump, ça a énormément marqué les Français, et plutôt positivement, et ça s'inscrit dans un contexte particulier. Il n'a rien à voir avec un François Mitterrand ou un Jacques Chirac en fin de mandat, fatigué, usé, qui étaient très silencieux dans leurs dernières mois ou semaines de mandat. Il laissait la campagne présidentielle se dérouler. Est-ce qu'on peut imaginer un président Emmanuel Macron complètement silencieux pendant la campagne ? Je n'y crois pas.

Il sera, à mon avis, actif, pas au cœur de la campagne, mais il sera présent, un peu comme la statue du commandeur. Et puis, l'international désormais intéresse beaucoup plus les Français que par le passé, parce que les Français ont compris que ce qui se passe, et ils ont vu, ils ont même payé pour voir, que ce qui se passe en Iran, ce qui se passe en Ukraine, ce qui se passe n'importe où dans le monde pourrait avoir un jour un impact sur leur vie. Je pense à la crise du carburant, je pense à l'énergie. Et donc, le président, il n'y a pas ce phénomène de démonétisation et de « on tourne la page de Macron ».

Par l'international, il est toujours présent dans l'esprit des Français, même si, je le répète, c'est un président qui finit son mandat dans une certaine difficulté, avec des propos, dans les inquiets qualitatifs, plutôt très durs sur son bilan, notamment sur la dette et sur la réforme des retraites, tout ce qu'on peut dire, sur la scène intérieure. Il y a vraiment une dissociation scène intérieure, scène extérieure sur lui.

13:38
Invité

L'international, il est à mettre au crédit d'Emmanuel Macron. Est-ce qu'il restera comme celui qui a défendu la place de la France dans le monde, qui a aussi poussé pour une Europe puissance, face notamment aux États-Unis de Donald Trump ? Dans son bilan, qu'il va tenter maintenant, dans la dernière année qui reste, nous sommes le 5 mai, dans un an et quelques jours, une dizaine de jours, il quittera l'Elysée. Après 10 ans, et d'ailleurs Frédéric le laissait entendre, il avait fait une entrée complètement inédite à l'Elysée. Son âge, sa campagne, le paysage politique, il va faire, il essaye de faire une sortie inédite, mais de fait, elle l'est du fait de son âge.

Il en a 49 ans, n'a rien à voir avec, effectivement, les deux autres présidents depuis, après le général de Gaulle, qui ont fait deux mandats consécutifs, c'est-à-dire Jacques Chirac et François Mitterrand, parce qu'il a 49 ans, parce qu'il n'est pas atteint physiquement, comme l'étaient ses deux prédécesseurs. Donc, il a 49 ans, il va défendre son bilan, parce qu'il peut éventuellement imaginer de revenir, c'est ça qui fait le caractère inédit d'Emmanuel Macron quand il quittera l'Elysée dans un an, et c'est vrai que sur son bilan, il va maintenant s'attacher à le réhabiliter, à le défendre et même à l'améliorer.

Il l'a dit il y a quelques jours, il a dit, il me reste un an, ce serait quand même stupide, ce ne sont pas exactement les mots, mais c'était l'intention, de ne pas essayer de rectifier ce que je n'ai pas réussi à faire dans la dernière année. Et il y a une chose quand même qu'on peut lui porter à son crédit, c'est évidemment son leadership européen. Même s'il a eu des problèmes avec Angela Merkel, avec d'autres leaders européens, il aura tenté vraiment de construire cette Europe.

Ce n'est pas complètement réussi, il y a encore beaucoup, beaucoup de boulot, mais il a été, je crois, de ce point de vue-là, vraiment dans le droit chemin de ce qui peut nous apporter nécessaire souveraineté, indépendance, plus indispensable que jamais. Donc oui, sur le leadership européen, il aura marqué les esprits. On va regarder une petite séquence. C'était hier, en Arménie, Emmanuel Macron qui pousse la chansonnette. Il chante la bohème, de Charles Aznavour. Très belle voix, très belle voix d'Emmanuel Macron. Il a peut-être un avenir effectivement à The White. Blague à part, Frédéric, qu'est-ce que ça dit, ça, d'Emmanuel Macron, du style Emmanuel Macron ?

16:32
Emmanuel Macron

– C'est un style, bien sûr, en rupture avec ses prédécesseurs. Là, on n'est pas dans la para, l'étiquette des voyages diplomatiques. Je ne sais pas si c'est un voyage d'État, mais c'est quand même un déplacement. Peu de présidents… – C'est un déplacement officiel. – Voilà, il a été un déplacement officiel, aussi pour commémorer le terrible tremblement de terre de la fin de l'année 88 en Arménie. Bon, là, c'est le clin d'œil en chanson à l'arménien le plus illustre et aux Français d'origine arménienne le plus connu, à savoir Charles Aznavour. C'est vrai que c'est un président plutôt décontracté.

17:10
Invité

– Mais est-ce que ça restera pour les Français ? Est-ce que c'est quelque chose qui marque, qui imprime chez les Français du côté d'Emmanuel Macron ? Alors, il y a eu les lunettes de soleil, et il y a Emmanuel Macron qui pousse la chansonnette. Est-ce qu'il y a un style Emmanuel Macron qui restera dans l'esprit des Français ?

17:25
Emmanuel Macron

– Je ne pense pas autant que ça. Il y a eu à une époque un style Sarkozy, c'est-à-dire la rupture avec le prédécesseur Jacques Chirac, qui avait parfois agacé une partie de son électorat, un président trop décontracté. On se souvient du footing avec le t-shirt « Police de New York » quelques heures après son entrée à l'Elysée, des images qu'on a sous son tête lors de déplacements internationaux. Je pense que les Français se sont habitués à une forme de désacralisation de la fonction présidentielle. Il y avait le fameux chapeau, une grande chapelle qu'avait porté François Hollande lors d'un déplacement qui avait apparu à certains un petit peu ridicule.

Je pense qu'on est toujours dans cette forme de désacralisation de la fonction présidentielle. Je pense que les Français restent un peu éminemment politiques. leur mécontentement global à l'égard d'Emmanuel Macron n'est absolument pas lié à des gestes, à des moments qui sont un peu en décalage avec ce qu'on attend d'un président de la publique. C'est vraiment sur l'absence de résultats, sur la dette, sur la situation intérieure. Mais je le répète, sur l'international, son bilan est relativement présenté, alors que dans l'écosystème politico-médiatique, il y a quand même des propos très durs, sur le recul de la France en Afrique, sur la relation avec l'Algérie.

C'était la une du dimanche avec Bruno Rotaillot la semaine dernière. Les Français, je pense, ne sont pas sur cet aspect qui est plutôt, j'ai envie de dire, anecdotique et j'ai envie de dire même assez sympathique.

18:52
Invité

Il a été accompagné par le Premier ministre arménien. Donc c'était un duo, c'était hors presse et ça a été effectivement capté. Mais vous dites, il n'y a pas de style. Alors au plan national, il y a eu quand même des petites phrases qui ont énormément choqué les Français. Donc c'était quand même un style qu'a voulu imprimer Emmanuel Macron au début de son mandat. Sur les gens qui ne sont rien, sur traverser la rue pour trouver un emploi. Il a pensé pouvoir avoir un exercice du pouvoir de cette façon très familière, très directe. Alors ça lui a réussi quand il a fait le grand débat. Mais quand il a fait ses petites phrases à l'emporte-pièce, ça lui a beaucoup coûté parce que ça marque.

Maintenant, là, il va entamer une tournée en France. Et vous allez voir, il va multiplier les selfies. Mais alors qu'est-ce qu'il peut faire justement pendant cette dernière année ? Est-ce que la dissolution finalement a été une erreur qu'il condamne à l'immobilisme durant cette dernière année de quinquennat ? Ou est-ce qu'il a encore des marges de manœuvre ? Alors lui, il n'a jamais pensé qu'il était condamné à l'immobilisme. Il a à peine pensé que c'était une erreur, la dissolution. En tout cas, il ne l'a pas dit franchement. D'autres le disent pour lui. Ça, oui, c'est moi qu'on puisse dire. Et les Français en particulier, Frédéric le dirait mieux que moi.

Et Gabriel Attal qui le marcelle encore ces jours-ci. Non, maintenant il va s'attacher, vous savez, c'est classique, c'est la tournée des adieux. Donc il n'y aura que des dernières qui vont s'enchaîner. Et lui pense qu'il a, parce qu'il le pense profondément, il pense qu'il peut rattraper et qu'il peut avoir du crédit. Parce que naturellement, il a le sentiment que le regard des Français est très injuste sur lui. Et qu'il a un bilan à défendre. Mais les Français, eux, ils vont tourner la page. Cette dernière année, elle va être consacrée uniquement à la défense du bilan. Ou est-ce qu'il y a encore des réformes qu'il veut qu'il peut imprimer ?

Il y a notamment la loi sur la fin de vie, il y a l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Est-ce que ça, il veut que ça reste quand même une marque, ces réformes ? Alors la fin de vie, ça c'est son... Effectivement, il veut absolument que ce soit fait avant son départ. Il en a fait une promesse. Mais à cause de sa dissolution, il ne fait pas ce qu'il veut avec le Parlement. C'est le Parlement qui décide. Et on voit bien que le Président, en fait, est-ce qu'il a vraiment un pouvoir ? C'est intéressant, mais il en fait l'expérience. Il a peu de pouvoir pour imposer des réformes.

Il y a des pages d'ailleurs très intéressantes dans Bruno Le Maire, dans son livre « Le temps d'une décision » chez Gallimard, où il explique bien à quel point la répartition des pouvoirs aujourd'hui sous la Ve République, bon, lui, il n'est pas pour une réforme de la Constitution, et le poids de l'administration fait qu'un Président peut peu et que le couple, finalement, administration, Matignon, Président, finalement, condamne à une forme d'immobilisme. Mais je laisse la parole à Frédéric, parce qu'il est vraiment bien.

21:51
Emmanuel Macron

Ah non, je vais vous dire, c'est très intéressant ce qu'a dit Elisabeth sur les petites phrases. Je rappellerai que ces petites phrases n'ont pas commencé lors de son arrivée à l'Élysée. C'est la marque de fabrique de l'homme politique Emmanuel Macron. Son premier média, après avoir été nommé ministre de l'économie par François Hollande, Emmanuel Valls, en août 2014, il va sur Europe 1 et il parle des ouvrières de Gade comme des illettrés. Et ceux qui ne sont rien, c'était avant son mandat présidentiel. Donc ces petites phrases, ça a donné une impression de parler vrai, de parler cash. Parfois, ça a été soutenu par les Français.

Le fameux « traverser la rue pour trouver un emploi », ça a bien marché. « emmerder les noms vaccinés », un petit peu moins. Ça a pour autant fait que, par rapport à ses prédécesseurs, c'est un des présidents qui a été jugé le plus déconnecté de la réalité des Français. Il y a une triple phrase que beaucoup de Français nous ont dit. Il ne nous connaît pas. Il ne connaît pas nos vies. Il ne nous écoute pas. Il ne nous comprend pas. Maintenant, il présidera jusqu'au bout. Et quand bien même, il voudrait seulement s'attacher à sculpter un bilan honorable pour un éventuel retour en 2032. Il a quand même dit, très récemment, une phrase un peu sibylline.

Je ne faisais pas de politique avant, je n'en ferais pas après.

23:00
Invité

On va y venir. Mais juste, Frédéric, pardon. Qu'est-ce qu'attendent les Français de cette dernière année d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'ils attendent encore des choses concrètes, des réformes de sa part ? Ou est-ce qu'ils ont déjà, eux, tourné la page ?

23:11
Emmanuel Macron

Non, ils ont plutôt tourné la page. Ils attendent qu'en cas de crise, ce qui a été une de ses forces de président des crises, il a quand même géré, gilet jaune, Covid, Ukraine, crise de l'inflation, etc. Même si c'est une crise politique qui lui a fait énormément mal, vous en parliez, Elisabeth, cette fameuse dissolution, qui a été vraiment un acte, c'est peut-être l'acte le moins bien compris par les Français, tout président de la Ve République compris. C'est quelque chose qui a été très fort. Mais je pense qu'il y a des éléments exogènes qui peuvent s'imposer à lui, qui fait qu'il ne pourra pas seulement être sur la défense de son bilan pour une forme de postérité.

23:45
Invité

C'est l'international, les éléments exogènes ?

23:47
Emmanuel Macron

L'international, bien sûr, mais les Français sont maintenant dans une logique un petit peu, avec une sorte d'énergie, du désespoir, d'espérance, d'avoir, ils nous le disent dans nos enquêtes, une belle campagne présidentielle qui permet de faire une sorte de switch, c'est-à-dire de reset, de passer à autre chose, de sortir de la crise politique et parlementaire. C'est plutôt mal parti quand on voit ce début de pré-campagne qui est surtout polarisé sur une offre électorale qui est extrêmement pléthorique.

24:13
Invité

De toute façon, il n'y a pas de majorité pour faire des grandes réformes. Il n'y aura pas de réformes de structure. Il peut y avoir, vous l'avez évoqué, deux réformes de société auxquelles il est très attaché, c'est-à-dire la fin de vie et l'interdiction du téléphone en dessous de 15 ans, téléphone intelligent, smartphone. Mais en revanche, et puis parallèlement, les Français, on voit bien, ils veulent tourner la page. Ils n'attendent plus rien d'Emmanuel Macron. Ils sont plutôt dans une logique de dégagisme. Vous n'avez pas réussi, il y a une dette abyssale, il y a une forme d'immobilisme, le système social craque, l'immigration n'est pas contrôlée, etc. Vous n'avez pas réussi, dégagez.

C'est quand même un peu ça. Et on va voir dans quelle mesure ils voteront en faveur d'une rupture radicale ou pas. Mais Emmanuel Macron, au milieu de ça, oui, lui, il va être encore une fois dans la volonté de partir, pas avec le goudron et les plumes. Les dernières années de François Mitterrand et Jacques Chirac, celle de François Mitterrand, c'était crépusculaire. Le bouquin de Péan qui avait créé une polémique énorme. Il y avait eu l'affaire Mazarine, il y avait eu des tas d'affaires. C'était plus son cancer. Quant à Jacques Chirac, il était confié politiquement dans une forme d'immobilisme, d'ailleurs, que rappelait en permanence Nicolas Sarkozy qui voulait lui succéder.

Donc, ça sera un peu différent quand même parce qu'on a un président qui a de l'énergie et qui veut, lui, revenir, malgré le fait qu'il avait dit qu'elle... Et il y aura aussi des événements. Alors, il y a des événements qui concernent la vie quotidienne des Français. On parle d'un grand plan d'électrification qui sera annoncé fermé. Il y a aussi des événements plus symboliques, à portée politique symbolique. Le 23 juin, la panthéonisation de Marc Bloch. Un 14 juillet qu'on annonce XXL, le plus grand jamais organisé, pour montrer la force de l'armée française avec également des dizaines de chefs d'État européens. Ça va aussi passer par là, la dernière année d'Emmanuel Macron ?

26:12
Emmanuel Macron

Oui, oui, c'est un président, ça a été dit, qui va être président jusqu'au bout, qui est très attaché à l'étiquette de la fonction présidentielle, à ce côté, à cette forme de puissance, qui est une arme anti-déclin. Parce que n'oublions pas, la petite musique sur le déclin est réelle dans le pays, mais l'armée, la puissance militaire, y échappe complètement. Dans toutes les enquêtes que l'IFOP peut réaliser quand on demande, j'ai en tête une enquête faite pour la Fondation Repair de Sorbonne sur l'attachement à la République, on demande qui est la plus à même de défendre la République. Les valeurs, ce n'est pas le président qui arrive en tête. Loin de là, c'est l'armée.

Donc c'est vrai qu'il va pouvoir s'appuyer là-dessus, il va présider jusqu'au bout. Et c'est vrai que même si, comme Elisabeth a rappelé l'épisode, Sarkozy, la rupture face au roi feignant, face à l'immobilisme, s'agissant de Jacques Chirac, Chirac et Mitterrand ne pouvaient pas répondre. Ils ont été complètement absents de la campagne présidentielle. Et quand même, beaucoup de... Ce ne sera pas le cas d'Emmanuel ? Absolument pas. Moi, je n'y crois pas une seconde qu'on ait un président silencieux. Il ne sera pas dans la joute politicienne de la compétition entre les différents prétendants, mais il sera là pour répondre à d'éventuelles attaques.

Il pourra, imaginons, qu'un événement terrible, fondateur, par exemple, une crise à Taïwan avec la Chine se produise et gèle la campagne. Il va être extrêmement présent. Ce ne sera pas le président sortant, Mitterrand 95, Chirac 2007, extrêmement silencieux et étant spectateur de la campagne. Il ne sera peut-être pas un acteur à part entière, mais il sera un témoin extrêmement actif. Alors, je ne dis pas qu'il va soutenir tel ou tel candidat. Ça serait ridicule de le dire et personne ne peut le dire ici aujourd'hui.

27:47
Invité

Mais s'il peut savonner la planche de certains ?

27:49
Emmanuel Macron

Alors, il sera peut-être là...

27:51
Invité

Comme vous êtes. Mais quel est l'état d'esprit ?

27:52
Emmanuel Macron

Non, je ne le vois pas comme un sniper. Je le vois comme quelqu'un qui va montrer qu'il peut être président jusqu'à la dernière heure, jusqu'au dernier quart d'heure, jusqu'au dernier seconde.

28:00
Invité

Je pense que, quand même, Emmanuel Macron, il se mêle de tout. C'est le problème de la présidence Macron. C'est qu'il a voulu tout faire. Une tentation. Il n'est pas le premier à l'avoir eue. Il ne va pas du tout être absent de cette campagne. Il ne fera pas de meeting. Il ne fera pas de déplacement. Mais on ne peut pas imaginer une seule seconde qu'il se tienne complètement en retrait dans une neutralité absolue. Je n'y crois pas du tout. Et on va écouter ce qu'il disait, justement, il y a quelques jours de son avenir. D'abord, j'ai conseillé d'autres présidents. Après, j'ai été même ministre. Et après, j'ai voulu changer. Je me suis dit qu'on peut changer les choses plus fort, plus vite.

Et donc, j'ai lancé un mouvement politique. Et puis, je suis allé à la présidence. Mais c'était pour... Et c'est toujours pour faire des choses que je crois pas simplement utiles, mais c'est me battre pour que mon pays et puis notre Europe avancent. Et puis défendre des valeurs auxquelles je crois. Donc, c'est une affaire de passion. Ce n'est pas tellement un plan de carrière. Je n'ai pas fait de politique avant. Et je n'en ferai pas après. Il n'en fera pas. Pour une fois, il n'a pas esquivé la question. On rappelle qu'il n'était pas en France. Il était en visite officielle. C'est des lycéens qui lui parlaient. Et oui, il dit je ne ferai pas de politique. Mon œil.

Non, mais moi, je n'y crois pas. Vous savez, c'est un virus quand même très puissant. On n'a pas trouvé... Vous parlez de la marque qu'il a imprimée au niveau européen. Est-ce qu'à défaut de la politique qu'au niveau national, il y a des postes sur le niveau européen ? Il peut très bien... On s'est posé la question est-ce qu'Emmanuel Macron va aller gagner de l'argent, prendre la tête d'une grande entreprise privée, après tout, c'est tout à fait noble, ou s'occuper d'affaires publiques. Je pense qu'il sera plus tenté effectivement de prolonger cette forme d'influence et de volonté de peser sur le cours des choses à une échelle internationale ou européenne. Effectivement, ça peut être ça.

Et puis, vous savez, il y a un goût d'inachevé quand même. Il ne se retire pas de lui-même. Ce sont les institutions, la Constitution qui l'oblige, qui le contraint à partir. Il n'a plus de mandats. Mais lui, il n'est pas rassasié, Emmanuel Macron. On a toujours la tentation de revenir pour prolonger ce qu'on a fait quand on a été président de la République. Ce n'est pas du tout à l'anglo-saxonne. Vous savez, ils s'en vont, ils font autre chose. On n'est pas du tout dans cette logique en France. Donc, Emmanuel Macron, je pense qu'il aura à cœur de revenir, encore une fois, avec la certitude d'avoir l'expérience qui lui permet, maintenant, de faire mieux que ce qu'il aura fait.

Mais on ne verra, peut-être pas tout de suite. 49 ans, vous vous rendez compte ? Aujourd'hui, il y a deux jours, il y a un candidat qui a 74 ans qui a dit qu'il voulait bien être candidat pour la quatrième fois. Il s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Donc, oui, il a de la marge, Emmanuel Macron. Il y a un peu de marge, effectivement. Qu'est-ce que, pour les Français, Frédéric, qu'est-ce que c'est le macronisme ? Qu'est-ce qu'il va rester ? Et est-ce que le macronisme va survivre à Emmanuel Macron ? Il va y avoir des thèses entières

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Emmanuel Macron

Non, déjà, le macronisme, c'est d'abord un moment où, pour la première fois sur la Ve République, les deux partis fondateurs et majeurs ont été éliminés. Ils ont connu ce que j'avais appelé un 42 avril, un double 21 avril connu en 2017 par Benoît Hamon. C'est bien, c'est là. Ça, c'est bien. On va la garder. Vous l'avez déjà dit ? Ah oui, il y a quelques années. En 2017. 42 avril. 42 avril, puisque ça s'est reproduit en 2022. C'est vrai que c'est d'abord la chute de partis nationaux qui prospèrent à l'échelle locale. On a vu les élections municipales, mais qui sont en grande difficulté quand on voit les enquêtes de pouvoir revenir sur la scène nationale.

Je dirais que le macronisme au début, pour les Français, c'était quelque chose, c'était une forme de pragmatisme, du concret, du souffle, du dynamisme et ça a glissé. Et notamment avec ce fameux terme en même temps. Au début, en même temps, c'était très jugé positivement par les Français. C'était vu comme une forme de pragmatisme. On prend les meilleures solutions. Ça répondait à un imaginaire. On prend les meilleurs à gauche, les meilleurs à droite. On va prendre un médecin à la santé, un DRH à l'emploi, une sportive au sport. C'était vraiment la composition des gouvernements en 2017. Et puis maintenant, ça a été vu comme une sorte d'hésitation, comme une sorte de tergiversation.

Et c'est terrible pour Emmanuel Macron, la grille de lecture, mais il l'a, si je puis dire, cherché avec cette dissolution du macronisme. C'est une forme d'inaction, de léthargie. Je le répète sur la scène intérieure, pas sur la scène extérieure. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on voit les héritiers du macronisme, c'est-à-dire les représentants du bloc central, Modem, Renaissance, Horizon, personne ne se réclame véritablement d'Emmanuel Macron. Gabriel Attal récemment parlait de respect à son égard. C'est le cas également d'Edouard Philippe. Alors qu'il dirige

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Invité

le parti présidentiel, entre guillemets, Gabriel Attal,

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Emmanuel Macron

qui marque la rupture avec Emmanuel Macron. Il est passé de 300 députés en 2017 à moins de 90-91 aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, personne ne relève le flambeau du macronisme. Et soyons honnêtes, en 2007, qui a relevé le flambeau du chiracisme ? En 1995, Lionel Jospin parlait de droit d'inventaire par rapport aux années Mitterrand. C'est toujours compliqué pour un président en fin de vie politique. Mais Elisabeth l'a bien dit, le saut générationnel, le fait qu'il soit si jeune, le fait qu'il soit, à mon avis, quelqu'un qui va être très actif pendant la campagne présidentielle, pas au cœur de la campagne, mais en surplomb, fait que lui-même, on est toujours bien servi.

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Invité

Mais la rupture, ce n'est pas nouveau. C'est-à-dire, ce n'est pas lié à Emmanuel Macron. Non, ce n'est pas lié à l'huile. Emmanuel Macron, il avait théorisé, Elisabeth, pardon, la fin du clivage droite-gauche, gouverné au centre en même temps, l'a rappelé Frédéric. Et dans le même temps, il avait pris un engagement, c'est-à-dire, à la fin de mois au pouvoir, le RN aura baissé. Est-ce que cette fin du clivage droite-gauche, au contraire, il a abouti à la montée des extrêmes et particulièrement du Rassemblement national ? C'est un ensemble, c'est une combinaison d'inefficacité sur le plan politique et effectivement, ce nouveau paysage bloc à trois, il va rester.

Et Emmanuel Macron, il avait promis de faire en sorte de faire baisser le Rassemblement national. Il est plus haut que jamais. Mais qu'est-ce que le macronisme ? Il y avait aussi une promesse sur le fond d'efficacité. Rappelez-vous ce qui avait séduit les Français, c'était la promesse que plus personne ne serait assigné à résidence. Vous vous rappelez ? Et c'est vrai que ça avait résonné très fort. À défaut d'être une vision, c'était là, d'une certaine façon, une promesse de liberté et d'efficacité. Et la fin des fractures territoriales, c'était aussi quelque chose en 2017. Vous habitez en banlieue, vous trouvez un boulot grâce au VTC.

Rappelez-vous, le chômage pour les personnes qui démissionnaient. Il y avait une forme d'innovation dans des dispositifs qui en fait se sont heurtés à la mise en œuvre. Et c'est là où effectivement il y a un problème avec l'administration. Un président, quand il lance une idée, elle ne débouche pas forcément. Ensuite, vous revenez un an après et finalement, ce que vous aviez promis à l'individu qui était en face de vous, ça n'a pas été mis en œuvre mais ça a été mal préparé. La politique de l'œuvre quand même restera parce qu'elle a eu des résultats. Sachant que c'est François Hollande qui n'est rien. La réindustrialisation, oui mais l'accélération.

La réindustrialisation, il y a eu une amorce, puis il y a eu le Covid. Et puis il y a eu effectivement la baisse du chômage amorcée par Emmanuel Macron. Emmanuel Macron à l'Élysée n'y était pas non plus complètement pour rien. En tout cas, c'était complètement sa conception de l'économie. Et donc, il restera quand même ça. Mais en revanche, sur le plan politique, c'est un désastre si on considère qu'il avait prédit qu'il allait faire baisser le Rassemblement national. Il n'a jamais été aussi fort. Et c'est une lame de fond très puissante que Frédéric documente sondage après sondage. Ça vient de très loin.

Et aujourd'hui, c'est le premier parti de France qui est promis dans tous les sondages à se qualifier et éventuellement, sauf, il y a un sondage qu'il a donné battu par Édouard Philippe au second tour. Oui, ça n'a pas d'importance.

36:00
Emmanuel Macron

C'est vrai qu'aujourd'hui, le RN apparaît comme l'alternative. Et c'est vrai que Elisabeth a bien rappelé cette promesse d'efficacité par rapport au clivage, par rapport au vieux schéma, le fait de déréglementer des professions. Ça, c'est vu beaucoup de Français, le fait de libérer les choses sur le code du travail. Mais ça s'est heurté aussi aux crises. Ça a été un président qui est resté président des crises.

36:21
Invité

Mais tous les présidents ont des crises.

36:22
Emmanuel Macron

C'est vrai. Mais lui, elles ont été quand même très, très successives. Je dirais aussi que son second mandat a été terrible parce qu'il n'a jamais pu montrer d'infection, d'élan nouveau entre le premier et le second mandat. Beaucoup de Français se sont dit qu'il a fait un mandat de 10 ans.

36:34
Invité

Merci beaucoup. Merci Elisabeth Martichoux. Merci Frédéric David d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.

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Présentateur

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Macron, sa dernière année... — Emmanuel Macron · Pourquijevote