David Caumartin (RebrAIn) : RebrAIn, l'IA au service de la neurochirurgie - 08/10
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Bonsoir David. Vous êtes le CEO de ReBrain.
- 0:23OuverteRéponse directe
L'IA au quart de la chirurgie du cerveau.
- 2:48OuverteRéponse directe
Comment faisait-il avant vous ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Tout votre savoir-faire, c'est avant l'opération.
- 4:42OuverteRéponse directe
Potentiellement, vous pourriez soigner combien de personnes dans le monde ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Quel est votre objectif ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45InvitéFait
« En fait, si vous êtes atteint de Parkinson, au bout de 5 à 10 ans, vous allez être intolérant au traitement médicamenteux et physiothérapeutique. »
- 2:17InvitéFait
« Rebrain, c'est un métamodèle mathématique qui a appris de données de patients très bien améliorés, sans effet secondaire »
- 3:14InvitéPromesse
« on reste 2-3 jours aussi à Chute-Bordeaux. Et on a un projet de faire ça en ambulatoire assez prochainement. »
- 4:06InvitéChiffre
« En 2 ans et demi d'utilisation du service, on a été capable de faire plus de 100 opérations au bloc de Neurochir supplémentaires »
- 5:13InvitéChiffre
« On réduit les coûts d'environ 25% au CHU de Bordeaux grâce à ce service-là. »
- 5:47InvitéFait
« la neurostimulation française est une excellence française. C'est une invention du CHU de Grenoble, le professeur Hamid-Louis Benavid dans les années 80. »
- 6:13InvitéChiffre
« Aujourd'hui, on a 5 centres commerciaux dans le monde. »
- 6:44InvitéFait
« on ne guérit pas, on réduit les symptômes avec le Parkinson ou les tremblements essentiels. »
- 8:16InvitéChiffre
« on cherche 6 millions pour utiliser à 2 tiers cet argent pour passer de 5 centres qui payent à une cinquantaine de par le monde. »
- 11:06InvitéFait
« Nos brevets couvrent l'ensemble des techniques de neuromodulation qui sont la neurostimulation profonde ou les ultrasons thérapeutiques, notamment. »
- 11:28InvitéFait
« les coûts cumulés de cancer. et pour lesquels, en fait, c'est tellement compliqué et qu'on a peu de moyens que je pense que l'IA est vraiment le vecteur de transformation »
Temps de parole
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Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
Et
on poursuit ce Tech & Co, la quotidienne depuis l'Accor Arena avec une boîte passionnante. On est dans la MedTech, mais dans la MedTech de haut niveau. Je vous présente tout de suite David Comartin. Bonsoir David. Bonsoir. Vous êtes le CEO de ReBrain. Est-ce que c'est comme ça qu'on prononce
ReBrain
? Tout à fait, ReBrain.
L'IA au quart de la chirurgie du cerveau. En fait, vous êtes une MedTech française, issue du CHU de Bordeaux et de l'INRIA. Tout à fait. Et vous avez mis en place un logiciel d'IA qui analyse les IRM et les données des patients.
Et
ça aide les neurochirurgiens à identifier les zones cérébrales qu'ils doivent cibler. C
'est ça ? Tout à
fait, exactement. En fait, si vous êtes atteint de Parkinson, au bout de 5 à 10 ans, vous allez être intolérant au traitement médicamenteux et physiothérapeutique.
Donc
c
'est-à-dire que le médicament ne fait plus effet ? Le médicament ne
fait
plus effet, voire ça devient un poison. Et donc votre vie devient un enfer. C
'est
-à
-dire
que vous ne
savez
plus écrire, vous ne savez plus boire. Vous êtes totalement ostracisé de votre vie de tous les jours. parce que vous ne savez plus remplir les fonctions classiques de se nourrir, écrire, parler, même des fois, se déplacer.
Oui, c
'est
notamment les gestes en saccade, c
'est ça, qui sont
dus à la molécule qui soigne l'Alzheimer. Mais au bout d'un moment, elle a des effets secondaires terribles. C
'est ça, c'est ce que fait l'aléopamine. Donc du coup, vous êtes éligible à un traitement chirurgical qui est une procédure très longue et très complexe, puisque pour être sûr de vous opérer avec succès, on va devoir identifier une zone qui n
'est
pas plus grosse qu'un grain de riz de 1 mm. Et ce 1 mm... Et qui est où ? Dans le cerveau ? Dans le noyau sous-talamique. C'est-à
-dire
que c'est en plein milieu du cerveau. En plus ? En plus.
Si
encore,
ça
avait été au-dessus, ça aurait été plus simple. Là, c'est véritablement dans les tréfonds du cerveau.
C'est
ça. Et donc, le stress pour les neurochirurgiens fonctionnels qui font cette opération est immense. Vous avez une douzaine de personnes dans la salle de bloc opératoire avec un neurologue interventionnel, un anesthésiste, parce que le patient est réveillé pendant toute l'opération.
Oui, parce que justement, il faut voir si l'interaction qu'on a avec son cerveau fonctionne. Tout
à fait. Donc, on va sonder avec des micro-aiguilles pendant plusieurs heures pour savoir si cette zone-là est la bonne zone à cibler pour la neuromodulation qui va ensuite avec l'implantation des électrodes. Et donc,
en
fait, Rebrain, c'est un métamodèle mathématique qui a appris de données de patients très bien améliorés, sans effet secondaire, pour lesquels on est certain que cette zone millimétrique, ce grain de riz que nous recherchons dans une zone assez vaste, somme toute, est la bonne zone. Vous
êtes un
peu le Google Maps du cerveau, quoi.
Moi, je dis qu'on est le Waze de la
neurochirurgie.
Le Waze, mais c'est ça, finalement. C
'est ça.
C
'est-à
-dire
que vous allez permettre aux chirurgiens d'arriver à destination... Directement. De manière hyper précise. Voilà. Sans ciblage direct.
Mais excusez-moi,
David, comment faisait-il avant vous
?
Comment on faisait avant nous ? Oui. Comment il faisait avant vous, ces
chirurgiens ? En fait, il faisait
un trou gros comme une pièce de 2 euros de chaque côté du cerveau. On enfonçait des petites électrodes pour mesurer en temps réel l'activité du cerveau. C'est une opération très compliquée, très délicate, qui a pas mal d'effets indésirables.
Beaucoup
plus invasive, j'imagine.
Beaucoup
plus invasive, oui. On reste environ une semaine à l'hôpital pendant cette opération, alors qu'avec Rebrain, aujourd'hui,
on
reste 2-3 jours aussi à Chute-Bordeaux. Et on a un projet de faire ça en ambulatoire assez prochainement.
Et alors, avant l'opération, parce que c
'est...
Tout votre savoir-faire, c'est avant l'opération. Tout
à fait. C
'est-à-dire que... Qu'est-ce que vous faites ? Notre métamodèle, en fait, a appris de cas très, très bien améliorés, pour lesquels on est sûr que ces grains de riz a été bien identifiés. Et ce modèle, il est personnalisé.
C
'est-à-dire qu'on identifie 18 marques anatomiques dans votre cerveau, qui est personnel. C'est votre cerveau. C'est votre cerveau gauche, c'est votre cerveau droit. Et donc, on est capable de prédire, grâce aux supercalculateurs qui ont inversé la matrice de transfert, on est capable de prédire pour tel type de pathologie, tel type de cerveau, où cibler ce patient, sans le réveiller. Et donc, le patient, de A à Z, il est endormi. Il a une expérience de vie qui est totalement différente. Et en 2 heures, skin to skin, le patient est opéré. Ça devient quasiment aussi simple qu'une biopsie du cerveau.
A Bordeaux, en 2 ans et demi d'utilisation du service, on a été capable de faire plus de 100 opérations au bloc de Neurochir supplémentaires, sans ouverture de salles, sans personnel supplémentaire. Et avec un taux de réussite ?
Le
taux de réussite est le même, en fait, parce qu'on ne peut pas faire mieux par rapport aux données qu'on a apprises. Donc, on répète, on simplifie, mais on ne fait que répéter les meilleurs gestes faits dans les CHU du monde entier. Et donc, un des axes de développement de Rebrain, ce n
'est
pas seulement de vendre son service, c'est aussi de s'approprier, de s'allier avec les meilleurs centres au monde pour être capable de les partager à la planète entière.
Parce que, potentiellement, vous pourriez soigner combien de personnes dans le monde ?
Aujourd'hui, il y a 8 millions de personnes qui souffrent de troubles à la démarche, qui devraient être opérées. Dans le monde ? Dans le monde, oui. On n
'en
opère qu'un pour cent. C'est à peu près 600 personnes par an en France.
On
n
'en
opère qu'un pour cent tellement c'est compliqué. Dans le monde, toujours ? Dans le monde, on n
'en
opère qu'un pour cent des malades. Parce que c'est compliqué. Ça met plus de 20 ans à fabriquer un neurochirurgien pour avoir cette autonomie. Et là, avec l'IA, on est capable de lâcher un chef de clinique après quelques années. Et donc, d'accélérer sa capacité à traiter un patient. Et on réduit les coûts d'environ 25% au CHU de Bordeaux grâce à ce service-là.
Et puis, en plus, comme vous le disiez, on réduit les coûts aussi de séjour à l'hôpital du patient, qui va sortir plus vite. Tout à
fait. Puisque on touche à peine son cerveau, on fait un trou de 2 mm,
on
rentre,
on
ressort, c'est terminé.
Aujourd'hui, vous êtes au CHU de Bordeaux. L'idée,
c
'est d'aller vous émanciper et aller peut-être à d'autres endroits en France, aux Etats-Unis. Quel est votre objectif
? On a la chance, c'est que la neurostimulation française est une excellence française. C'est une invention du CHU de Grenoble, le professeur Hamid-Louis Benavid dans les années 80. Et qui est unique au monde ? Alors non, mais l'école française de la neurostimulation profonde est connue mondialement. Et donc, l'étude clinique que nous venons de terminer, une phase 3, atteint les sommets des meilleures études jamais faites depuis les 15 ans. Et donc, on va pouvoir utiliser ces données cliniques qui démontrent absolument l'excellence parfaite de la médecine française et la généraliser à d'autres centres. Aujourd'hui, on a 5 centres commerciaux dans le monde.
On a 8 contrats scientifiques, principalement aux Etats-Unis, qui sont nos premiers marchés.
Et
on a environ 25 discussions actives pour convertir ces centres-là en centres soit de clients, soit de partenaires scientifiques.
La
personne qui est opérée avec votre système,
elle
ressort de là ? Elle n'a plus de tremblements ? Elle est guérie, en quelque
sorte ? Alors en fait, on ne guérit pas, on réduit les symptômes avec le Parkinson ou les tremblements essentiels. Après, vous avez deux types de modalités de traitement. Vous avez la neurostimulation profonde qui va nécessiter entre 5 et 8 visites chez votre neurologue pour régler le générateur et l'adapter à votre pathologie elle-même. Parce qu'il
y
a 8 plots, il y a un nombre de réglages électriques à faire qui est
important.
Parce qu'il y a donc des petites sondes qui sont dans le cerveau qui envoient des stimulations électriques ? C'est ça.
Vous avez 6 en général. Autour de ce grain de riz ? Alors on essaye de viser le milieu du grain de riz pour être sûr de couvrir la zone maximale. Et sinon, vous avez d'autres technologies qui sont des technologies dites ablatives. C'est-à-dire qu'on va juste détruire de façon radiochirurgicale la zone où vous avez un problème dans le cerveau. Et donc on détruit ces toutes petites zones. Et là, par contre, les progrès sont instantanés. C'est-à-dire qu'on a vu pas mal de patients qui arrivent en chaise rousante. Et c'est comme dans la Bible. Ils se lèvent et ils marchent.
C'est incroyable.
Simplement en détruisant un grain de riz finalement.
C
'est ça ? Oui. Dingue. Aujourd'hui, vous voulez plus de financement ? Ou est-ce que vous êtes autonome ? Est-ce que vous avez des désirs particuliers pour faire grandir Ribrenne
?
Aujourd'hui, depuis 5 ans, la société a été créée. On a une maturité clinique et technologique qui a largement été supportée d'ailleurs par la BPI à Bordeaux et à Paris avec plusieurs prix. Aujourd'hui, on essaie de terminer une série A pour pouvoir évangéliser plus de centres. Et pour ça, il faut des vendeurs. Et les vendeurs,
ça
coûte cher. Il faut aller dans les conférences comme ici, mais qui sont cette fois-ci payantes. Et donc, on cherche 6 millions pour utiliser à 2 tiers cet argent pour passer de 5 centres qui payent à une cinquantaine de par le monde.
Et
vous êtes confiant
?
Écoutez, le marché en France n
'est
pas terrible, pour être très honnête avec vous. Je ne dois pas être le premier à vous le dire avec les élections présidentielles à venir qui génèrent beaucoup d'incertitudes.
Et pourtant, vous apportez une solution qui
peut
être un business incroyable.
C'est ça.
Non, non, c'est un très gros business.
C
'est un marché de plusieurs milliards qu'on pourrait considérablement transformer puisqu'on augmente la capacité des neurochirurgiens qui sont parmi les meilleurs médecins qu'on peut trouver et qui vont non seulement adresser des pathologies telles que les troubles de la démarche, mais aussi l'épilepsie, les troubles obsessifs compulsifs, la dépression ou l'addiction, qui sont des enjeux majeurs dans toutes les sociétés du monde. Bien sûr. Mais aujourd'hui,
c
'est vrai qu'on a plus d'écho avec des investisseurs soit espagnols, soit du nord de l'Europe, voire même des Américains.
D
'accord. Bon. Espérons qu'après les chances présidentielles, tout ça se calme. J'avais une question,
j
'allais dire,
que
je vous pose en tant que plutôt spécialiste. Aujourd'hui, on a besoin d'un neurochirurgien. On voit que les opérations par robot sont en train d'arriver un peu partout et il y a des choses qui sont vraiment impressionnantes. Est-ce que, votre avis, demain,
un
robot pourrait remplacer un neurochirurgien pour ce type d'intervention ?
Alors, en fait, on utilise déjà les robots. Oui, bien sûr, mais il y
a
toujours le geste... Le geste le plus compliqué, c'est le robot qui le fait.
C'est le robot qui le fait. C'est lui qui va
calculer la trajectoire, qui va s'arrêter au micron près là où il faut et le neurochirurgien a juste...
Oui, parce que l'humain ne peut
pas le faire, ça. Non, c'est trop compliqué, il y a trop d'incertitudes avec le mouvement du neurochirurgien. Ça reste le chef d'orchestre et ça restera le chef d'orchestre.
Je
pense que demain, l'IA ne
va
jamais remplacer les médecins. En revanche, il y aura très peu de médecins qui n'utiliseront pas l'IA. C'est un peu comme vous et moi avec Chad GPT ou Claude, je ne
sais
pas ce que vous utilisez, mais on va beaucoup plus vite, on est plus performant. Et c'est ce que l'IA va faire, mais on ne va jamais remplacer la décision médicale et la responsabilité du neurochirurgien d'opérer ou de ne pas opérer et de comment opérer un patient. Mais est-ce qu'on va donner de plus en plus de responsabilité aux robots
sur
les blocs
opératoires ?
Je pense un peu comme le Waze qu'on évoquait tout à l'heure. On va apporter de plus d'informations contextuelles par rapport à la pathologie du patient, par rapport à son type de maladie. Aujourd'hui, on a déjà identifié dans le Parkinson des phénotypes
pour
traiter les patients de façon différente d'un autre. Donc on est de plus en plus précis grâce à la donnée. Et ça, le neurochirurgien, aussi intelligent qu'il soit, il n
'est
pas capable de faire ce calcul-là par lui-même. Donc notre devoir,
c
'est de lui apporter le plus d'informations en paie opératoire pour qu'il prenne la meilleure décision pour la sécurité et l'efficacité du traitement du patient.
Très bien. La prochaine étape, est-ce que vous pensez qu'on peut aller encore plus loin et qu'on peut soigner d'autres maladies avec une technologie relativement similaire à celle que vous développez actuellement ?
Tout à fait. Nos brevets couvrent l'ensemble des techniques de neuromodulation qui sont la neurostimulation profonde ou les ultrasons thérapeutiques, notamment. Quand vous allez dans les grands congrès de neurochirurgie, aujourd'hui, 80% des moyens de recherche sont dédiés là-dessus. Et on regarde effectivement comment sauver des vies de patients qui sont en dépression sévère, en addiction ou en épilepsie, qui sont des grosses cohortes de patients qui coûtent beaucoup plus cher que tous les coûts cumulés de cancer.
et pour lesquels, en fait, c'est tellement compliqué et qu'on a peu de moyens que je pense que l'IA est vraiment le vecteur de transformation, de trouver une alternative thérapeutique pour ces patients qui sont en grande détresse et qui coûtent extrêmement cher.
Voilà. La grande inconnue, c'est plus l'Alzheimer, finalement, qui aura sans doute une autre stratégie si on veut la guérir ou en tout cas la soigner.
Il y a pas mal de recherches en cours. Moi,
je
suis peut-être de l'audace, comme le disait Nicolas Dufour. Moi, je suis aussi un éternel optimiste. Je pense qu'on va tout réussir.
C
'est une question de temps, de moyens et de focalisation. Et je pense que quand vous êtes dans la MedTech et que vous vous intéressez à la donnée et que vous traitez la donnée de façon supervisée, fiable et cartésienne, on est capable d'extraire de se donner des choses qu'on ne voyait pas avant, en fait. Et la puissance des supercalculateurs nous permet aujourd'hui de l
'utiliser.
Et ça ouvre des portes, en fait.
Et
ça ouvre énormément de portes. Inenvisageable auparavant. C'est ça. Merci beaucoup, David Comartin. Passionnant. Ça s'appelle Rebrain. Vous en êtes le CEO. Merci beaucoup. Merci beaucoup.