Forum des Libertés 2022 - Conférence de Mme Adeline HAZAN, présidente de l' UNICEF
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Adeline HAZANChiffre
« en France métropolitaine il y a près 3 millions d'enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté »
- 4:00Adeline HAZANChiffre
« un enfant sur cinq c'est-à-dire 21 % de la population de moins de 18 ans vit dans un ménage dans le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté »
- 5:00Adeline HAZANFait
« le taux de pauvreté de l'enfant est supérieur à celui des adultes »
- 6:00Adeline HAZANChiffre
« 40,5 % des enfants vivants au sein d'une famille monoparentale était pauvre contre 15,4% des enfants élevés par des parents en couple »
- 7:00Adeline HAZANChiffre
« à Mayotte par exemple la pauvreté concerne 8 enfants sur 10 »
- 8:00Adeline HAZANChiffre
« en Guadeloupe et en Martinique quatre enfants sur 10 sur 10 sont quand même des chiffres qui font froid dans le dos »
- 19:00Adeline HAZANFait
« pour aller dans un CMP centre médico-psychologique il faut entre 6 mois et deux ans d'attente »
- 24:00Adeline HAZANChiffre
« fin août début septembre il y avait 42 000 enfants sans domicile »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
merci de cette invitation je suis vraiment très contente d'être parmi vous en tant bien sûr que présidente de l'UNICEF française à ce titre que vous m'avez invité mais aussi accessoirement en tant que membre de cette belle organisation qu'il a LDH alors tout d'abord bravo d'avoir choisi en ce jour anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme d'avoir choisi vous la thématique de la défense des droits des enfants c'est important et bravo aussi à l'intérieur de cette thématique des droits des enfants d'avoir choisi le thème de la pauvreté des enfants parce que c'est un thème qui nous est évidemment à tous très chers extrêmement d'actualité encore plus d'actualité en ce moment en ces périodes à la fois de crise géopolitique de crise économique interne interne à la France donc c'est un sujet qui à l'un et évidemment dans toutes les associations est un sujet qui est tout à fait tout à fait crucial je vais vous donner quelques chiffres sans vous assommer parce que il est tôt et vous avez fait vraiment vous avez fait un bel effort en vivant si tôt pour nous accueillir et avec un temps pas très clément donc je veux pas vous assommer mais quand même il y a quelques chiffres qui jaloux moi-même quand j'ai découvert en arrivant à l'ICEF et pourtant je connais bien la situation des enfants l'ont fait froid dans le dos en France métropolitaine il y a près 3 millions d'enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté il y a 15 millions d'enfants en France donc 3 millions d'enfants ça veut dire un cinquième pour info ce sont des données qui remontent à 2018 donc sont un tout petit peu anciennes mais pourquoi elle remonte à 2018 parce qu'en fait il n'y a pas de statistiques officielle ce qui en soi est un sujet c'est anormal que justement le gouv de faire ne demande pas des statistiques officielles actualisées on peut imaginer facilement que de toute façon ça ne s'est pas arrangé depuis 2018 et ça s'est forcément aggraver donc en d'autres termes un enfant sur cinq c'est-à-dire 21 % de la population de moins de 18 ans vit dans un ménage dans le niveau de vie était inférieur au seuil de pauvreté qui lui-même en 2018 était 2063 euros par mois donc vous imaginez ce que ça veut dire pour pour un enfant ce qui est intéressant aussi c'est qu'en fait le taux de pauvreté de l'enfant est supérieur à celui des adultes pourquoi parce que justement s'il taux de pauvreté monétaire des enfants et plus élevés que celui de l'ensemble de la population c'est bien parce que les ménages eux-mêmes sont plus exposés à la pauvreté et qu'en fait très souvent à la naissance d'un enfant un des deux parents est obligé par exemple de s'arrêter de travailler de passer à mi-temps parce que justement ses parents ses familles ne peuvent pas payer un mode de garde mais la pauvreté ne doit surtout pas se mesurer uniquement c'est un élément mais uniquement sous le prisme monétaire elle se mesure aussi et elle a des conséquences aussi bien sûr en termes de conditions de conditions de vie en termes bien sûr de capacité des familles à pouvoir j'y reviendrai se loger se chauffer faire face à des dépenses imprévues également faire permettre aux enfants une éducation et ça bien sûr ce sont des conséquences importantes un autre chiffre qui est intéressant c'est qu'en France le taux de pauvreté et d'exclusion sociale des enfants et inférieur quand même de deux points c'est pas énorme mais ça n'est pas rien à celui de la moyenne européenne donc en France le taux de pauvreté des enfants avec 22,8% en Europe il est de 24,4% alors on pourrait s'en réjouir dire bon bah c'est quand même deux points de moins que dans chez nos voisins mais en réalité ne nous en réjouissons pas vraiment parce que ça comme vous savez c'est un taux moyen et que si on regarde les variations d'un territoire à l'autre on obtient des chiffres absolument terrifiants sur certains territoires par exemple et ça ne vous étonnera pas puisque je sais que vous travaillez beaucoup sur ces questions pardon dans les territoires d'outre-mer ou le niveau est de vie est bien moins élevé que comme métropole à Mayotte par exemple la pauvreté concerne 8 enfants sur 10 8 enfants sur 10 c'est quand même dingue cinq enfants sur 10 à la Réunion la moitié des enfants à la Réunion vivent sous le seuil de pauvreté et en Guadeloupe et en Martinique quatre enfants sur 10 sur 10 sont quand même des chiffres qui font froid dans le dos elle varie aussi fortement en fonction de la composition familiale en 2018 40,5 % des enfants vivants au sein d'une famille monoparentale était pauvre contre 15,4% des enfants élevés par des parents en couple c'est quand même incroyable comme différence dire à quel point ces enfants vivant en famille monoparentales sont tout de suite en risque de pauvreté d'exclusion évidemment et Marie-Christine l'aborder sous un autre angle mais l'angle pauvreté est importante les enfants en situation de migration sont très touchés encore plus touchés par la pauvreté notamment du fait de leur situation mais la précarité administrative qui peut qui peut qui va entraîner justement un non accès aux droits notamment aux droits sociaux je vais pas m'étendre dans la cuisine la évoqué mais c'est quand même un sujet qui nous qui nous préoccupe tous bien sûr sur la situation des MNA qui parce que les préfectures et les conseils généraux les conseils départementaux pardon ne les considèrent pas tout de suite comme mineur se retrouve à la rue à l'encontre d'un principe que pour lequel toutes les associations se battent c'est de dire tant qu'un mineur n'a pas été en gros déclaré majeur c'est à dire tant qu'il n'a pas été fait la preuve qu'éventuellement il y a il doit y avoir il n'y a pas il doit y avoir une présomption de minorité et il doit être pris en charge par l'azote immédiatement et on doit pas lui dire en gros tu vas à la rue et puis ensuite si vraiment l'évaluation montre que tu es mineur on te prendra parce que pendant ce temps-là il y a six mois et pendant ce temps-là surtout il n'est pas accepté à l'école il n'est pas accepté en foyer mais pas l'école non plus donc la pauvreté sur ces mineurs non accompagnés et évidemment évidemment un fléau et puis ça va de soi c'est presque il n'a pas dit ça de dire les enfants dont les parents sont sans emploi sont évidemment les plus les plus exposés alors le problème est malgré cela un petit peu évoqué aussi c'est que cette pauvreté qui est matérielle d'abord elle impacte complètement le développement des enfants dans toutes les composantes de la vie des enfants et elle a un incidence énorme sur l'avenir des enfants car un enfant vivant en situation de pauvreté à des risques majeurs de devenir un adulte j'ai pas la statistique en tête mais elle était elle était énorme un adulte évidemment en situation de pauvreté ça ça paraît absolument évident je voulais vous citer une phrase de la d'une proposition de recommandations du Conseil européen qui établit une garantie je reviendrai européenne pour l'enfant qui dit je trouve que cette phrase est tout à fait significative c'était en 2021 l'exclusion sociale est un phénomène complexe au facteur multiples elle est principalement causée par la pauvreté des ressources insuffisantes mais aussi c'est là que je voulais insister mais aussi par un accès inégal à certains biens et services résultant de désavantage divers et en travaillant une pleine participation à la société et ça c'est très important c'est de montrer que la pauvreté c'est dur pour tout mais que ça va aussi entraîner une cascade de non accès à des droits fondamentaux et à des services par exemple et ce qui est absolument inacceptable parce qu'on devrait faire en sorte qu'on doit penser on devrait faire en sorte que justement pour ces enfants là on risque de convoiter il devrait y avoir un accès prioritaire justement au service public et au service de médecine de santé etc d'éducation or c'est évidemment le contraire il y a une espèce de on l'appelle un cercle vicieux et intergénérationnel de la pauvreté c'est-à-dire que parce que les parents seront en pauvreté en situation de pauvreté ils auront moins accès de façon culturelle de façon monétaire à ses services ils pourront évidemment pas aller dans des services privés et donc cette pauvreté elle va se transmettre de génération en génération et donc ce qu'on peut la stratégie justement en 2018 de national de prévention et de lutte contre la pauvreté puisqu'il y a une stratégie nationale qui j'y reviendrait se termine en 2022 ça marche pas d'accord et là ça va il y a une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté qui a démarré en 2018 et qui se termine en 2022 et justement alors évidemment quand on lit les termes des stratégies nationales très souvent on est ravis on est content et elle disait justement cette stratégie que la France était marquée par un fort déterminisme de la pauvreté et qu'elle voulait cette stratégie rompre la reproduction de la pauvreté moi je trouve que c'est très important cette notion de cycle de reproduction en favorisant l'égalité des chances dès l'enfance alors le problème c'est que cette stratégie nationale de lutte contre la pauvreté elle existe en France mais c'est une lutte c'est une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté en général c'est pas mal nous je crois qu'on n'est pas les seules on dit c'est bien une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté mais cette stratégie elle n'avait pas d'éléments spécifiques sur la pauvreté des enfants or bien sûr tout est dans tout et tout se tient mais il est extrêmement important pour nous qu'il y ait une véritable stratégie nationale à partir de 2022 2023 spécifique sur la pauvreté alors c'est vrai que cette stratégie globale elle a quand même permis des avancées il faut pas être trop pessimiste elle a permis quand même le ressort le renforcement de l'accueil des enfants en situation de pauvreté dans les crèches elle a permis la distribution de petit déjeuner gratuit dans les écoles elle a permis le développement d'un dispositif cantine un euro mais bien sûr c'est des avancées mais franchement si on regarde le bilan il reste plus que mitigé il reste mitigé d'abord parce qu'il ne cible pas les enfants et puis nous ce que nous regrettons et nous disons régulièrement à la secrétaire d'État et au gouvernement nous regrettons justement l'absence d'une politique nationale interministérielle de prévention et de lutte contre la pauvreté centrée totalement sur les enfants qui permettent justement de se concentrer sur leurs besoins spécifiques parce que les besoins des enfants c'est pas les mêmes que les besoins des adultes de plus et ça je pense que pour avoir discuté avec Eric de demain on en est je sais qu'on est parfaitement d'accord là-dessus il y a des actions il faut pas dire que tout que rien ne se fait tout est noir il y a des actions qui concourent à la pauvreté à la lutte contre la pauvreté des enfants mais elles sont complètement éclatées elles fonctionnent en silo on en parlait hier soir elle fonctionne en silo dans différentes stratégies justement il y a une stratégie ceci lutte contre les violences il y a une stratégie cela mais elles sont éclatées les de cette stratégie ne se parle pas ou très peu ne se rencontrent pas ce qui fait qu'il y a aucune vision globale finalement de la situation de l'enfant et comment on peut améliorer globalement la vie de l'enfant parce que le sujet c'est quoi c'est qu'un enfant il puisse avoir une vidange nous c'est ce qu'on dit toujours à l'Unicef un enfant doit avoir une vie en France et il peut pas avoir une vie en France et privé c'est ses besoins spécifiques et puis par ailleurs si on évalue cette stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté en général puisqu'ils en général en plus on relève des retards sur la mise en oeuvre notamment justement comme par hasard sur les mesures ciblant les enfants à titre d'exemple en octobre 2021 le nombre de places créées en établissement du jeune enfant était prévu dans cette stratégie à 30000 jusqu'en 2022 c'est 2018 à 2022 en fait on est arrivé à 8927 places donc on est loin du compte donc c'est bien une stratégie mais si elle n'est pas suivie des fesses elle ne sert à rien vous m'entendait là parce que j'essaye de forcer ma voix en plus le suivi réalisé n'est pas satisfaisant car là aussi du fait de ces stratégies en silo il y a pas moyen d'avoir vraiment une vision globale des résultats qui ont été qui ont été effectués donc finalement on n'a pas de d'évaluation de la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et on n'a pas non plus de de comment dire de d'observation de l'impact réel en termes en termes de résultats alors nous on demande depuis toujours une lutte une stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants spécifiques la première ministre a récemment annoncé un pacte des solidarités je ne sais pas si c'est si ce sera ça mais en tout cas ce qu'on demande c'est que compte tenu de cette situation de crise depuis des années et évidemment largement gravé par le covid la paix sanitaire par la crise économique actuelle par la crise de la politique y est vraiment des efforts qui sont faits et ce qui est intéressant c'est que là on doit s'inscrire dans les recommandations de la Commission de du Conseil de l'Union européenne Marie-Christine et moi nous avons été députés européennes toutes les deux et nous savons à quel point c'est difficile justement pour les pays souvent de s'inscrire dans ce qui est demandé par la Commission le Conseil mais en tout cas le 14 juin 2021 le Conseil de l'Union européenne a adopté une garantie européenne pour l'enfance nous on a beaucoup beaucoup à l'Unicef poussait pour ça une garantie européenne pour l'enfance ça veut dire un dispositif permettant que plus aucun enfant ne vivre en pauvreté et surtout accède au service essentiels c'est-à-dire la petite enfance l'éducation la santé le logement j'y reviendrai et une alimentation descente alors quand le Conseil adopte justement cette recommandation ça veut dire quoi ça veut pas dire que c'est juste pour faire joli dans le dans le tableau ça veut dire qu'il membre de décliner cette garantie européenne que ce qui est que les enfants soient garantis d'avoir leurs droits la France a envoyé je crois que c'est en avril dernier un plan à la Commission européenne alors il est relativement intéressant notamment parce qu'il propose ce pourquoi nous on se bat depuis longtemps c'est un service public de l'enfance et pourquoi un service public de l'enfance là aussi c'est pas pour faire joli dans le dans le paysage c'est parce que ça permettrait une vision globale de l'enfant c'est pas c'est c'est ses actions en silo donc la France a envoyé en avril son son plan qui est plutôt pas mal le problème c'est que elle envoie un plan mais d'après ce qu'on en a su et vu il y a absolument pas d'engagement budgétaire en face donc c'est bien joli mais ça risque d'être simplement alors par rapport à ce constat quand même pas très joyeux joyeux nous voilà ce qu'on recommande on fait quelques recommandations plutôt de à caractère transversal et puis certaines thématiques comme recommandation transversale ça va de c'est la conclusion de ce que je viens de dire d'abord on demande que soit améliorée la connaissance les connaissances sur la pauvreté des enfants vous voyez je vous ai dit ces chiffres ils sont depuis 2018 il y a pas le chiffre officiel on est obligé les uns et les autres les associations ou les autorités administratives indépendantes comme le défenseur comme le Défenseur des droits on est obligé finalement de faire nos propres statistiques et nous par exemple à la rentrée enfin août début septembre sur le logement j'y reviendrai un petit peu plus en détail dans un instant mais nous avons été obligés de faire un baromètre que nous avons fait en commun avec le salut social puis ensuite nous avons fait une action avec la Fédération des acteurs de la solidarité et nous avons pu découvrir que en France fin août début septembre il y avait 42 000 enfants sans domicile moi-même je vous avoue que ce chiffre m'a terrifié alors quand on dit son domicile c'est pas à la rue quand on dit son domicile mais c'est quand même grave c'est à la rue c'est 1600 et quelques c'est quand même énorme 1600 francs dont je crois la majorité en trois ans à la rue c'est 27000 en hôtel et le reste employé d'hébergement quand on sait ce que ça veut dire de vivre pour des enfants parce qu'on l'a fait en plus en interrogeant les enfants on interrogeant les parents etc évidemment tous les enfants nous ont raconté que quand ils étaient à l'hôtel qui rentrait de l'école quand ils sont scolarisés faire les devoirs sur le lit avec les parents etc c'est pas ça n'est pas une vie d'enfant et quand je dis quand ils sont scolarisés c'est pas une formule de style c'est que il y a des mairies je suppose que c'est pas le cas ici il y a des mairies qui parce qu'un enfant a une adresse en hôtel par exemple et en foyer ça doit être aussi le cas mais en hôtel c'est certain ne les scolarisent pas malgré l'obligation de scolarisation donc ça veut dire qu'un enfant qui vit à l'hôtel non seulement il est malheureux parce qu'il est à 4 dans une chambre d'hôtel avec ses parents etc mais il peut pas être scolarisé et on est en France donc c'est vraiment effrayant donc ça c'est une première recommandation thématique je reviens un tout petit peu en arrière c'est avoir des chiffres précis la deuxième recommandation thématique c'est vraiment garantir la mise en oeuvre effectif des actions du combat contre la pauvreté dans les territoires outre-mer compte tenu ce que je vous ai dit c'est pas acceptable on ne peut pas accepter en France que les thèmes disparité de tous les droits et de la situation des enfants et des adultes d'ailleurs mais là on s'occupe des enfants entre la métropole et l'outre-mer c'est ça n'est pas acceptable les chiffres que je vous ai donné d'autres mères ce sont absolument terrifiants et puis on fait quelques recommandations thématiques pour lutter contre la pauvreté des enfants la première évidemment ça va pas vous étonner c'est améliorer l'accès au mode d'accueil des enfants on sait tous évidemment que les premières années de la vie des enfants ça va conditionner toute la suite c'est une évidence et que si on arrive à intervenir dans les premières années ça a été la stratégie d'ailleurs mise en oeuvre par Adrien taquet sur les 1000 les 1000 premiers jours on va avoir plus de chances que l'enfant devienne un adulte en bonne en bonne santé donc il faut absolument investir plus dans l'accueil de la petite enfance parce que actuellement ça n'est absolument pas ça n'est absolument pas suffisant on observe par exemple une persistance des inégalités sociales et territoriales selon les territoires dont l'accès au mode d'accueil notamment dû à une capacité d'accueil insuffisante il manque quand même 230 000 places avec des zones ça c'est une moyenne mais avec des zones particulièrement soudées mais au total sur le territoire national il manque 230 000 places et puis on s'est bien tous puisqu'on travaille avec les mêmes publics que c'est beaucoup moins facile quand on est une famille issue de l'immigration une famille sans sans logement une famille sans travail d'avoir accès à ces dispositifs que si on est un couple avec un enfant en bas âge et que on déjà c'est difficile d'avoir une place ancrage mais on sait bien que ça sera évidemment encore plus pour des personnes éloignées de ces dispositifs donc notre recommandation je lui ai fait référence tout à l'heure notre recommandation c'est créer un service de la publicité de la petite enfance permettre à chaque famille qui le souhaite d'avoir accès à un mode d'accueil et ça nécessite de créer 230 000 places d'accueil mais aussi justement de lever les barrières existantes celles que j'ai énonçais sur les difficultés d'accès et aussi de rénover la politique de gouvernance de l'enfance ça c'est un autre débat mais ça a des conséquences deuxième proposition que nous faisons recommandations c'est évidemment l'accès à l'éducation l'éducation est un droit fondamental vous le savez et il est consacré par les articles 28 et 29 de la Convention internationale des droits de l'enfant c'est évidemment une mesure qui va permettre là aussi à l'enfant de s'épanouir et de devenir un citoyen en herbe si je puis dire or justement certains enfants ne peuvent pas y accéder je vous citer les enfants sans domicile il faut savoir aussi moi c'est un chiffre là aussi que j'ai un peu découvert il y a actuellement en France 6000 enfants bidonville et quand on dit ça des personnes qui connaissent pas bien les situations nous dit mais non le bidonville ça n'existe plus en France et ben il évite ça existe encore en France les gens croient que ça existe à l'étranger non ça existe en France 6 000 enfants en bidonville avec une manque de visibilité qui fait que finalement là aussi il y a pas de visibilité il y a pas de données fiable donc il y a pas de proposition d'action d'action en face en face et puis c'est pour ça que du coup on fait une recommandation à laquelle on tient beaucoup sur les observatoires de l'annonce scolarisation on a commencé à le faire on travaille dessus en justement en Guyane parce qu'il y a beaucoup d'enfants dans scolarisés et les autorités locales qui n'étaient pas d'accord semblent être d'accord notamment le nouveau recteur on va y aller dans quelques mois et il semble d'accord mais ce qu'on voudrait c'est mettre en place un observatoire de l'annonce scolarisation nationale pour dire il faut qu'on sache quelles sont ses enfants qui ne sont pas scolarisés malgré les obligations légales et alors ce qui est amusant enfin amusant pas vraiment riche jaune c'est que quand on l'a proposé avant le dernier remaniement au ministre de l'éducation nationale on nous a répondu au ministère on nous a répondu non non ben nous c'est pas possible parce que nous on s'occupe des enfants scolarisés un petit peu d'espoir c'est que j'ai rencontré le nouveau ministre de l'éducation nationale il y a un mois et d'abord je vais raconter la première réponse du ministère qui n'a rien dit mais j'ai vu pouvez aussi choqué moi et c'est mon très intéressé sur cette sur cette mesure donc j'espère qu'elle va pouvoir voir le jour mais elle est tout à fait tout à fait importante notre troisième recommandation donc après éducation c'est l'accès aux soins c'est la santé et quand on dit la santé nous on est tout à fait sur la même ligne que et la santé mentale aussi la même ligne que l'Organisation Mondiale de la Santé c'est-à-dire la santé c'est pas seulement l'absence de troubles médicaux c'est c'est d'abord ça va du bien-être à guérir des troubles mais ça commence au bien-être et on travaille beaucoup en ce moment c'est une de nos priorités pour les années à venir à l'Unicef sur la santé mentale et là on se calme aussi parce qu'elle nous convient bien sur la définition de l'OMS qui est santé mentale c'est pas juste absence de troubles de psychiatrique ou psychologique c'est le bien-être jusqu'à comment on soigne le trouble les plus graves mais ça commence si on veut qu'un enfant soit sentimentale c'est déjà qu'ils se sentent bien tout simplement c'est pas simplement qu'il est pas de dépression nerveuse donc on est complètement calé là-dessus or là aussi quand on regarde ce qui se passe on voit des inégalités sociales particulièrement marquées avec évidemment un manque d'investissement dans les leviers de prévention que sont à l'évidence la protection maternelle et infantile et la médecine scolaire et là aussi c'est dramatique parce que là aussi ce sont les manques de ces dispositifs touchent évidemment les enfants défavorisés de plein fouet quelqu'un enfin celui-là je vais dire une évidence mais enfin il faut quand même il faut le rappeler mais un enfant d'une situation dans une famille aisée qui a des petites routes physiques ou manteau d'ailleurs des débuts on va l'emmener chez le médecin on va généraliste on va l'emmener chez le psychologue un enfant de famille défavorisé il va être il va être obligé d'attendre l'infirmière la PMI etc or ces dispositifs sont complètement défaillant faute faute de moyens et puis je pense qu'il faut aussi un accompagnement d'ailleurs de ces familles parce qu'elles sont éloignées aussi d'un point de vue culturel de par exemple consulter un psychologue il y a des familles où ça va pas de soi donc il faut faire une médiation il faut les accompagner il faut expliquer que c'est pas parce qu'on va avoir un psychologue ou même un psychiatre que l'enfant est fou ou que les parents sont fous donc voilà et nous justement c'est pour ça qu'on a fait une priorité de la santé mentale avec justement un certain nombre de préconisations parce qu'on a été on est affolé par le l'augmentation de troubles anxieux anxieux-dépressif voire plus le nombre de tentatives de suicide qui notamment par exemple sur l'année pour les adolescents sur l'année 2020 par rapport à 2019 elle a quasiment doublé alors c'est vrai que c'était vraiment l'année du confinement mais ça c'est pas assez ça c'est un peu tasser mais très peu et on est quand même dans un mouvement de prévalence des sentiments anxieux dépressifs des enfants ce qui est pas étonnant d'ailleurs c'est pas un mystère d'abord il y a eu le covid mais justement c'était enfin même les adultes les troubles anxieux-dépressifs sont en augmentation donc on imagine sur des enfants les impacts de ce qu'on entend sans arrêt sur le covid ce que la guerre en Ukraine la récession va pas rester son pardon n'est pas resté sur la crise économique regardez ce matin à l'hôtel un reportage sur les personnes qui étaient dans des passwords thermiques et qui avait 15 couches de de couverture en rentrant chez eux pour faire travailler leurs enfants tellement ils aient froid le fait que l'inflation augmente enfin tout ça évidemment ce n'est pas c'est les adultes qui lui de plein fouet mais on sait tous c'est pas bien d'avoir fait de la psychologie de les angoisses des parents se répercutent sur les enfants de toute façon matériellement il le voit bien les enfants ils mangent moins bien enfin bon et alors là il y a justement une circonstance aggravante c'est que dans le même temps où il y a ces augmentations de troubles de troubles de la santé mentale on connaît une baisse drastique des pédopsychiatres j'ai repris le chiffre à chaque fois il me fait froid dans le dos au cours des 20 dernières années moins 54% de médecins en pédopsychiatrie moins 54% sur les 20 dernières années notamment évidemment du fait du manque d'attractivité de cette profession il y a des structures qui ferment à cause de ça et du coup il y a un effet ciseaux c'est à dire il y a de plus en plus de troubles de maladies et il y a une baisse des de l'offre en pédopsychiatrie quand on sait quand même que pour aller dans un CMP centre médico-psychologique il faut entre 6 mois et deux ans d'attente mais on se dit que vraiment c'est fou c'est fou mais un enfant qui commence juste à montrer un peu moins d'intérêt un peu de des lancements les un peu désintéressement vis-à-vis de l'école et qu'on ne peut pas emmener au CMP dans les 1 mois de mois il est évident que par exemple si les harcelé c'est un vrai sujet le harcèlement scolaire chez les enfants à l'école et bien ça sera pas pris en charge il pourra pas en parler et et ça va s'aggraver petite parenthèse sur mes précédentes fonctions de contrôleurs général des lieux privations de liberté il y avait évidemment un gros sujet psychiatrique dans dans mon portefeuille et je voyais bien des enfants qui étaient hospitalisés et on voyait bien en interrogeant la famille les médecins etc que justement si c'est premier truc qui avait été repéré souvent repéré soit par les professionnels mais parfois même par les parents qui avaient essayé de frapper à la porte si je puis dire des CMP mais qui n'avaient pas pu trouver de rendez-vous et bien on aurait pu empêcher une hospitalisation c'est quand même incroyable de se dire que par carence des moyens publics un enfant qui pourrait être justement aider simplement par de la parole dans un CMP par un recours psy va se retrouver un an ou un an et demi après hospitalisé parce que pour un enfant hospitalisation au service psychiatrique c'est pas rien alors heureusement ils vont pas tous être hospitalisés mais en tout cas moi j'en étais beaucoup où on s'était tous dit si ça avait été pris en amont ça se serait pas terminé par une hospitalisation donc ça c'est vraiment dramatique c'est pour ça que nos recommandations c'est évidemment d'investir davantage sur ces leviers PMI médecine scolaire médecine colère c'est dramatique également et puis aussi faire un dispositif alors le terme devient très à la mode à l'hiver enfin vous savez tout ce que ça veut dire c'est à dire faire la médiation c'est à dire expliquer aussi à les repérer justement ces enfants et ses familles qui deviendront pas d'elle-même pour toute une sorte de raison vers ces dispositifs donc aller à les trouver et puis quatrième recommandation thématique mais j'en ai j'en ai déjà un peu parlé c'est la question du logement je vous ai donné je vous ai donné les chiffres donc je ne n'y reviendrai pas mais là aussi il faut qu'on sorte d'abord il faut qu'on sorte d'une logique d'urgence il y a une réponse d'urgence à effectuer elle est insuffisante mais il faut il faut l'augmenter évidemment mais il y a il faut sortir de cette logique d'urgence et dire que prioritairement d'abord développer l'offre de logements et la construction de logements sociaux et l'offre de logements sociaux mais aussi décider que l'attribution va en priorité évidemment évidemment famille on a heureusement les associés le secteur associatif c'est beaucoup battu il y a quelques mois parce que malgré cette situation dramatique dans la proposition de loi de finances au mois de septembre ou octobre il était question de supprimer 15000 places d'hébergement d'urgence dans les foyers heureusement alors que justement alors que justement il en manquait absolument donc là maintenant c'est maintenu à 197000 places donc il y aura de suppression pour 2023 mais de toute façon 197000 places c'est un suffisant et vous rendez compte l'idée d'avoir baissé d'avoir baissé aura été dramatique alors ce qui est d'ailleurs là mais on cesse j'ai posé la question au ministère du Logement quand on demande mais pourquoi vous voulez supprimer 15000 places alors justement c'est déjà dramatique on nous répond parce que justement on veut plus qu'il y ait des de l'hébergement on veut qu'il y ait des véritables logements en appartement ah oui mais enfin ça va pas se faire du jour au lendemain donc si on attend que les logements soient construits et que dans ce même temps on supprime 15000 places c'était complètement complètement fou donc voilà nous nos propositions et bien sûr garantir un accueil inconditionnel des enfants donc je vais m'arrêter là parce que j'ai déjà été trop longue mais comme vous le voyez beaucoup restent à faire pour que les droits parce que ce sont des droits qui sont garantis par la cdevention internationale des droits de l'enfant qui existent depuis maintenant 33 ans Marie-Christine a beaucoup parlé justement aller à juste titre de la Déclaration universelle des droits de l'homme on a cette convention internationale des droits de l'enfant donc comme on l'a dit signé par tous les pays sauf les États-Unis qui lui ont ratifié mais pas signé mais voilà maintenant il faut que ces droits soient appliqués il est absolument inacceptable que dans un pays dit des libertés et puis un pays surtout développé même s'il y a une crise économique nous sommes un pays développés on est ces situations que je viens de écrire c'est absolument inacceptable donc si on est là tous avec chacune chacun nos casquettes respectives c'est pour se battre pour arriver à ce que un enfant et ben il puisse vivre comme un enfant c'est à dire ne pas avoir ses angoisses de est-ce que je vais être à la rue demain est-ce que je vais manger assez est-ce que je vais pouvoir aller à l'école je vous remercie [Applaudissements] merci beaucoup Adeline j'avais juste envie de dire je ne me demande mais j'ai pas vérifié dans le détail sur cette histoire sur les places hébergement c'est pas aussi un jeu budgétaire parce que sauf erreur de ma part une grande partie de ces places d'hébergement sont ce qu'on appelle des dépenses obligatoires donc on enlève 14000 places ça permet de faire des économies budgétaires et qui de toute façon seront à ajouter par la suite mais ça ne change rien sur la question des principes et puis l'autre élément mais c'est ma vie antérieure une vie qui nous a été en partie commune de députés européennes c'est la France est souvent dans la moyenne européenne quand on regarde la France est dans la moyenne alors c'est pas il y a pas de quoi se vanter parce que la France est quand même un des pays les plus riches de l'Union européenne et quand on regarde sur ces sur ces questions là notamment sur la question de pauvreté il y a des écarts terribles à l'intérieur de l'Union européenne entre les pays les plus riches notamment scandinave et les pays les plus pauvres qui sont notamment la Hongrie et la Bulgarie ou alors il y a des situations de pauvreté qui sont assez épouvantables et puis dernière chose cette question des indicateurs et la grande spécialité de la France c'est justement de d'avoir des grandes stratégies nationales sans indicateur avec des grandes mesures blablabla comme je disais tout à l'heure et en réalité il y a pas d'indicateurs qui permettent de montrer l'évolution donc tout ça sont autant d'éléments sur lesquels il faut qu'effectivement nous menions des combats des combats communs donc j'ai déjà beaucoup
Adeline Hazan