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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 22 juin 2022 7 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprises

"On a peu de personnes qui aujourd’hui dans les banques connaissent l’inflation", estime Olivier Klein, directeur général de BRED Banque Populaire

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'inflation est aujourd'hui une réelle menace de long terme pour notre pouvoir d'achat et notre économie ?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que la crise va inverser la tendance ? Est-ce que les Français vont aller plus puiser dans leur épargne pour consommer ?

  • 2:40OuverteRéponse directe

    Il va y avoir un impact direct sur le crédit, par exemple, le coût du crédit pour les particuliers, risque d'augmenter avec cette tension inflationniste et la remontée des taux d'intérêt, bien sûr.

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que les autorités monétaires ont bien réagi ? Je pense à la Banque Centrale Européenne, à la Fed, donc l'équivalente de la BCE aux États-Unis. Est-ce que cette réaction n'est pas trop tardive ?

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que des pays sont aujourd'hui en grand danger ? Je pense notamment à l'Italie. Est-ce que des pays peuvent faire défaut, c'est-à-dire faire faillite ?

  • 5:41OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette crise aura un impact sur le métier bancaire en tant que tel ? Est-ce que vous allez devoir revoir vos process, vos méthodes de commercialisation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53InvitéFait
    « À mon avis, oui. Ça a démarré évidemment parce que, bien avant la guerre d'Ukraine d'ailleurs, parce que l'offre a été très contrainte. »
  • 1:40InvitéFait
    « Mais le plus long terme, c'est que les entreprises ont des augmentations de coûts tels qu'elles sont obligées de passer dans les prix, parce que sinon, c'est leur marge qui disparaît complètement et elles sont mal. »
  • 2:15InvitéFait
    « C'est probable. Ce n'est pas encore tout à fait le cas. »
  • 2:50InvitéFait
    « Voilà. Même avant l'augmentation des taux d'intérêt pour la Banque Centrale Européenne, qui va avoir lieu la première fois en juillet, on a une augmentation des taux longs. »
  • 4:01InvitéFait
    « Oui et non. Désolé de répondre un peu en normand. »
  • 4:21InvitéFait
    « La deuxième raison, c'est qu'il y a quand même des montagnes de dettes dans le monde en ce moment. Beaucoup d'États très endettés, mais il y a aussi certaines entreprises, pas beaucoup les ménages, mais quand même. »
  • 5:53InvitéFait
    « La première chose, c'est qu'on a peu de personnes dans les banques qui, aujourd'hui, connaissent l'inflation. Ça fait quoi ? 20 ans qu'on ne connaît plus d'inflation ? 30 ans. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur35 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous. La rémunération du Livret A augmentera de nouveau le 1er août. Promesse du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Gallo. Aujourd'hui, c'est un juste retour des choses alors que l'inflation galope et que les questions autour du pouvoir d'achat sont de plus en plus pressantes. Bonsoir Olivier Klein. Vous êtes directeur général de Bred Banque Populaire, réseau bancaire coopératif, je précise, sans actionnaire. Ce sont les sociétaires qui sont propriétaires de la banque, enfin du réseau bancaire. Et vous êtes également professeur de macroéconomie à HEC. Vous publiez aux éditions Erol un essai intitulé « Crise et mutation, petites leçons bancaires ».

Olivier Klein, est-ce que l'inflation est aujourd'hui une réelle menace de long terme pour notre pouvoir d'achat et notre économie ?

0:53
Invité

À mon avis, oui. Ça a démarré évidemment parce que, bien avant la guerre d'Ukraine d'ailleurs, parce que l'offre a été très contrainte. On ne pouvait pas autant produire qu'avant à cause de la pandémie. Et le prix des matières premières avait commencé à exploser. La guerre d'Ukraine a compliqué le jeu, naturellement, et a cru le phénomène. Mais ce qu'il faut bien voir, c'est que ce n'est pas qu'un phénomène d'offre. Ce n'est pas seulement un phénomène de manque de production. Il y avait une très grosse demande, puisque finalement, les États ont très bien protégé les personnes et les entreprises pendant la pandémie. Cependant, l'offre n'était pas là, la production n'était pas suffisante.

Alors ça, ça ne pourrait être que transitoire. Et à ce titre-là, on comprend pourquoi certains ont pu penser que ça ne pouvait être que transitoire.

1:38
Présentateur

Et alors donc, sur le plus long terme ?

1:40
Invité

Mais le plus long terme, c'est que les entreprises ont des augmentations de coûts tels qu'elles sont obligées de passer dans les prix, parce que sinon, c'est leur marge qui disparaît complètement et elles sont mal. Et deuxièmement, les salariés voient depuis plusieurs mois leur pouvoir d'achat baisser, ce qui n'était pas vrai sur les cinq années précédentes. Les cinq années précédentes, il y a eu une augmentation de pouvoir d'achat.

1:58
Présentateur

Alors justement, l'épargne, on le sait, est surabondante en France aujourd'hui. Il n'y a pas que le livret A, dont on a parlé aujourd'hui avec le gouverneur de la Banque de France. Olivier Klein, est-ce que la crise va inverser la tendance ? Est-ce que les Français vont aller plus puiser dans leur épargne pour consommer ?

2:15
Invité

C'est probable. Ce n'est pas encore tout à fait le cas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a toujours une épargne accumulée dans les dépôts bancaires, dans les livrets, etc., qui est très supérieure à celle que l'on avait avant la pandémie. Donc, ça n'a pas encore baissé. Mais avec la perte de pouvoir d'achat progressive qui va arriver, qui a commencé à arriver déjà, les uns et les autres vont puiser dans leur épargne. Il n'y a pas de doute. Ça se fait déjà aux États-Unis. Ça a commencé.

2:40
Présentateur

Alors, il va y avoir un impact direct sur le crédit, par exemple, le coût du crédit pour les particuliers, risque d'augmenter avec cette tension inflationniste et la remontée des taux d'intérêt, bien sûr.

2:50
Invité

Voilà. Même avant l'augmentation des taux d'intérêt pour la Banque Centrale Européenne, qui va avoir lieu la première fois en juillet, on a une augmentation des taux longs. Et pourquoi les taux longs augmentent ? Parce que les marchés anticipent que les banques centrales vont augmenter leur taux. Mais aussi, tout simplement, parce qu'il y a de l'inflation et beaucoup d'inflation, comme vous l'avez dit tout à l'heure.

3:09
Présentateur

Donc, ce n'est pas uniquement technique et financièrement parlant. Ça concerne nous tous, Françaises, Français, au quotidien.

3:15
Invité

La seule chose, c'est que pour l'instant, comme il y a une forte concurrence bancaire en France, les taux longs montent encore assez peu vis-à-vis des clients. Mais les taux longs sur les marchés ont monté davantage sur les marchés financiers. Donc, aujourd'hui, on peut dire que quelqu'un peut emprunter encore à 20, 25 ans, disons à 1,82%.

3:35
Présentateur

Mais ça, ça va changer rapidement ?

3:36
Invité

Ça a changé déjà, parce qu'avant, vous pouviez emprunter à 0,80%. Mais même à 1,82%, honnêtement, par rapport à l'histoire longue, c'est très peu cher encore. Donc, aujourd'hui, on n'a pas de baisse de la demande de crédit, pour le moment.

3:48
Présentateur

Olivier Klein, directeur général de Bred Banque Populaire. Est-ce que les autorités monétaires ont bien réagi ? Je pense à la Banque Centrale Européenne, à la Fed, donc l'équivalente de la BCE aux États-Unis. Est-ce que cette réaction n'est pas trop tardive ?

4:01
Invité

Oui et non. Désolé de répondre un peu en normand. Mais la première chose, c'est qu'elles n'ont pas voulu réagir trop vite non plus, à juste titre. Et pourquoi pas réagir trop vite ? C'est parce qu'il fallait voir si l'inflation n'était pas que transitoire. Alors, si l'inflation n'avait été que transitoire, on pouvait se dire dans un an, dans 6 mois, dans 18 mois, ça rebaissait. Ce n'est pas la peine d'augmenter les taux d'intérêt en attendant. La deuxième raison, c'est qu'il y a quand même des montagnes de dettes dans le monde en ce moment. Beaucoup d'États très endettés, mais il y a aussi certaines entreprises, pas beaucoup les ménages, mais quand même.

Et donc, le fait de remonter les taux va poser des problèmes de solvabilité aux États. Ça va réduire leur capacité d'action.

4:37
Présentateur

C'est fini l'argent gratuit, l'argent facile, c'est terminé ça.

4:41
Invité

C'est fini durablement, je pense.

4:42
Présentateur

D'accord. Est-ce que des pays sont aujourd'hui en grand danger ? Je pense notamment à l'Italie. Est-ce que des pays peuvent faire défaut, c'est-à-dire faire faillite ?

4:50
Invité

Alors, des pays, dans les pays émergents, il y en aura, oui, qui seront en difficulté forte. Dans la zone euro, je ne vois pas faire faillite. Ce serait le ciel qui tomberait sur la tête. Et puis la BCE sera là pour sauver de toute façon. Probablement, voilà. Probablement. Très probablement. Donc, en revanche, l'Italie, oui, a un niveau de dette très élevé par rapport à son PIB public. Le PIB, c'est la production de richesse annuelle. C'est le niveau de richesse annuelle. Mais, elle a quand même un excédent commercial. Elle exporte plus qu'elle n'importait. Enfin, avant l'augmentation du prix du pétrole. Mais, elle exportait régulièrement plus qu'elle n'importait.

En France, attention, on importe plus qu'on exporte. Et on a un niveau d'aide moins élevé que l'Italie, mais très dépendant de l'extérieur.

5:33
Présentateur

Etienne Klein, quel impact va avoir cette crise ? Olivier Klein, pardon. Pardonnez-moi. C'est un grand scientifique, Etienne Klein. Je la vois si beaucoup. Est-ce que cette crise aura un impact sur le métier bancaire en tant que tel ? Est-ce que vous allez devoir revoir vos process, vos méthodes de commercialisation ?

5:51
Invité

Je ne pense pas. Il y a deux choses là-dedans. Je répondrai aisément. La première chose, c'est qu'on a peu de personnes dans les banques qui, aujourd'hui, connaissent l'inflation. Ça fait quoi ? 20 ans qu'on ne connaît plus d'inflation ? 30 ans. Et donc, aujourd'hui, il faut réapprendre aux gens qui sont dans les banques à comment on va gérer cette inflation. Donc ça, ça se change comment ? Ça se change avec une pratique et un encadrement qui va expliquer à tout le monde comment on fait pour gérer l'inflation. Comment on fait pour mieux conseiller les clients face à l'inflation, dans leur placement, dans leur épargne, mais aussi dans leur crédit.

Et puis comment répondre aux clients les plus fragiles ? Et les plus fragiles, naturellement, parce que les plus fragiles auront plus de difficultés de pouvoir d'achat, il faut les protéger aussi. Voilà. La deuxième réponse à cela, et je vais très vite, c'est que la mutation qu'on est en train de vivre et la crise a remis l'humain au goût du jour. Et que beaucoup plus qu'avant, l'humain est important. On a compris que le digital était fondamental, mais le digital ne remplace pas l'humain. Et là, il y a un retour de ça, y compris dans les banques.

6:48
Présentateur

Des mutations de très long terme, en tout cas. Merci beaucoup, Olivier Klein, directeur général de Bred, Banque Populaire. Je rappelle le titre de votre essai, publié aux éditions Erol, crise et mutation, petite leçon bancaire. Olivier Klein, qui était l'invité de l'écho sur France Info ce soir.