Sénateur soupçonné d'avoir drogué une députée : "Si c'est vrai, c'est effroyable", estime Christophe Béchu
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France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9.
L'invité du grand entretien ce matin avec Marion Lourdes, notre invité, le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, secrétaire général et donc numéro 2 du parti Horizon. Bonjour et bienvenue Christophe Béchut.
Bonjour Alibadou, votre championne Marion Lourdes.
Bonjour. Vous vous dialoguez dans une dizaine de minutes avec les auditeurs d'Inter qui peuvent vous appeler au standard 01, 45, 24, 7000 ou sur l'application France Inter. Nous avons beaucoup de sujets à aborder avec vous et notamment cette décision qui était très attendue. Elle concerne le glyphosate. La Commission européenne va renouveler l'autorisation du glyphosate pour 10 ans, 10 ans de plus après l'échec d'un accord entre les 27 hier. La France s'est abstenue. Pourquoi ?
D'abord, il faut savoir qu'une abstention, en fait, ça vaut vote contre. On a essayé de trouver une position alternative à la position européenne. J'ai personnellement réuni un certain nombre de pays qui n'avaient pas soutenu la position de la Commission européenne de réautoriser le glyphosate sans aucune limite et pour 10 ans pour qu'on essaye de se mettre d'accord de façon à s'engager dans un processus de baisse et de restriction de ce glyphosate. Nous ne sommes pas parvenus à trouver suffisamment d'alliés.
17 pays ont voté en faveur de la position de la Commission et donc on a, y compris pour des raisons diplomatiques, voté comme les Allemands, au gouvernement au sein duquel il y a à la fois des écologistes et des socialistes. Pour des raisons diplomatiques, contre vos convictions, contre les promesses qui avaient été faites. Pour faire en sorte précisément de continuer à trouver des alliés sur ce sujet. Qu'est-ce que je peux vous dire ce matin ? Que ce vote, il ne va rien changer pour nous. La France va continuer à interdire des usages du glyphosate et à restreindre son utilisation. Depuis ces dernières années, nous sommes le pays où l'utilisation du glyphosate a le plus baissé.
27% par rapport à la période 2015-2017. On a interdit tous les usages pour les particuliers, pour les collectivités locales. Et on travaille avec la profession agricole pour, peu à peu, usage agricole par usage agricole, limiter, interdire, partout où on trouve des alternatives, l'utilisation de ce produit.
Vous nous dites l'abstention vaut votre contre. Comment vous expliquez, par exemple, à Théo, 16 ans, porteur de graves malformations, parce que sa mère a été exposée au glyphosate pendant la grossesse, comment vous expliquez dans ce cas-là que vous ne votez pas, que vous abstenez, que vous ne votez pas contre ?
Cette histoire qui m'a ému, comme beaucoup de gens. Aujourd'hui, elle n'est plus possible. Dans un centre équestre, vous n'avez plus le droit d'utiliser ce type de produit. En France, c'est possible potentiellement dans d'autres états. Chez nous, nous avons d'ores et déjà interdit ce type d'usage. Mais si vous traversez un champ, oui ? Si vous traversez un champ, il y a des études qui ont été faites. Aujourd'hui, toute la difficulté que nous avons, c'est que vous avez des agences européennes qui ont dit que les conséquences sur la santé humaine ne sont pas certaines.
De là où je vous parle, moi, ce que je dis, c'est que les conséquences sur la biodiversité, sur les milieux aquatiques, eux, ils sont certains et ils sont documentés. Et donc, c'est la raison pour laquelle nous devons baisser nos usages.
Mais comprenez, Christophe Béchut, qu'une abstention, ce n'est pas un vote contre. On peut voter contre. Et quand on a pris l'engagement, comme le président de la République en 2017, d'interdire les glyphosates sous trois ans, on attendait que la position de la France soit la même.
Mais non seulement je le comprends, et je vous mentirais en vous disant que je ne m'attendais pas à votre question, mais le même président de la République, en 2019, a reconnu que nous n'arriverions pas à sortir du glyphosate en trois ans, précisément compte tenu du nombre de cas dans lesquels nous n'avions pas d'alternative crédible à la minute où on se parle. Et c'est bien la difficulté devant laquelle nous sommes. La France a interdit tous les usages non agricoles. Ça a été vrai pour la SNCF, ça a été vrai y compris pour les cimetières sur lesquels il y avait des tolérances, ça a été vrai sur les usages des particuliers, sur la vente. On l'a interdit dans le cas de centre équestre.
Et nous continuons, domaine par domaine. Vous reconnaissez que c'est un pesticide mortifère, comme le dit Greenpeace ? Que c'est un pesticide qui est mauvais pour la biodiversité. Mortifère ? Il y a des débats entre scientifiques. A titre personnel, j'aurais évidemment préféré que, puisque nous étions opposés à cette décision, ça prenne la forme d'un vote contre plutôt qu'une abstention, puisque le résultat était le même. Ça m'aurait évité d'être soumis à la question telle que je le suis depuis une minute. Encore une fois, la nature de la décision... Je ne dis pas ça. Ce que je veux dire, c'est que nous n'étions pas en accord avec la position de la Commission pour une raison simple.
C'est que ça aurait été une régression environnementale. et que la position de la Commission qui dit « on autorise tous les usages pendant dix ans sans limite » est une dinguerie. Nous sommes opposés à cette position. Nous avons pris des mesures responsables d'interdiction dans un grand nombre de cas et nous allons continuer à baisser les usages comme nous nous y sommes engagés.
Sur la question des intempéries, Christophe Béchut, on en a vu beaucoup ces derniers jours, dans le Pas-de-Calais notamment. Il y en a eu en Savoie aussi. Vous avez annoncé hier que vous travaillez à la mise en place d'un fonds d'urgence exceptionnel pour les habitants sinistrés de Bretagne qui, eux, ne vont pas bénéficier de l'état de catastrophe naturelle. Quel sera le montant de ce fonds ? Est-ce que c'est l'État qui va payer ?
Alors, je peux effectivement vous l'annoncer ce matin. J'ai hier annoncé qu'on travaillait à un fonds. La journée d'hier a permis, en particulier avec les services de la préfecture de Bretagne, mais je pense également au département de la Manche qui a été touché par cette tempête siarant, de dimensionner ce qu'étaient les besoins. Et c'est une première enveloppe de 50 millions d'euros d'argent public que je suis capable de vous annoncer ce matin, avec en particulier un axe sur le reboisement. On a près d'un arbre sur 20 dans certaines forêts de manial du Finistère qui ont été déracinées et pour lesquelles il n'y a pas de procédure d'indemnisation et d'accompagnement.
On a des dégâts dans des collectivités territoriales qui n'ont pas pu être pris en compte parce que, pour des raisons historiques, une tempête ne peut pas, en métropole, être une catastrophe naturelle. Alors qu'un cyclone en Outre-mer peut l'être.
On a découvert cette aberration. Un cyclone, c'est une catastrophe naturelle. Une inondation, c'est une catastrophe naturelle. Mais une tempête comme celle qui a ravagé la Bretagne n'est pas reconnue comme catastrophe naturelle. Ça paraît aberrant, mais ça a des conséquences extrêmement concrètes pour les personnes qui doivent être indemnisées et qui ne le sont pas.
Ça a évidemment des conséquences concrètes, des conséquences concrètes qu'il convient de limiter, notamment parce que la tempête est une des choses les mieux assurées, paradoxalement, ou peut-être compte tenu de ce que je viens de dire. Ensuite, on a trois cas de figure. Un, on a tout ce qui concerne l'agriculture. Là, la Bretagne va bénéficier de la procédure de reconnaissance de calamité agricole et 80 millions d'euros dédiés aux difficultés sur la totalité de cette façade, ce sera vrai pour le Pas-de-Calais, ce sera vrai pour la Bretagne, vont être versés en complément des aides.
Ensuite, on a la catastrophe naturelle qui, elle, est possible pour le Pas-de-Calais qui ne l'est pas pour la Bretagne, d'où ce fonds de solidarité qui va nous permettre de prendre, de financer, de tenir l'engagement pris par le président de la République, d'être aux côtés des rescapés de cette tempête. Et puis enfin, il y aura quand même des conséquences à tirer. Et le fait qu'à partir de 145 km heure pendant 10 minutes, en Outre-mer, vous soyez indemnisés, et que alors qu'on a eu des pointes à 200 km heure sur la pointe du Rat, ce n'est pas une catastrophe naturelle, ça, il faudra que ça change.
Alors, ça peut sembler un peu technique, Christophe Béchut, mais vous dites que vous allez revoir la grille des catastrophes naturelles avec les assureurs, qui, eux, disent que le coût des sinistres climatiques s'envole avec le dérèglement climatique, qui doivent augmenter leurs primes. Est-ce que le gouvernement est prêt à accepter une augmentation de la surprime climatique ? Ça voudrait dire qu'on devrait payer plus cher pour nos assurances. Par exemple, la caisse centrale de réassurance prône 25 à 45 euros sur l'assurance habitation. On augmenterait, on doublerait presque cette surtaxe, en fait.
D'abord, pourquoi nous devons le faire ? Parce qu'on a une augmentation à cause du dérèglement climatique, de ces catastrophes naturelles qui sont de moins en moins exceptionnelles. C'est vrai pour le retrait-gonflement d'argile. C'est vrai pour des épisodes d'inondations comme ceux qu'on a connus et qui, malheureusement, vont se multiplier parce qu'on va connaître plus de sécheresse l'été et plus d'inondations fortes pendant l'hiver. C'est vrai pour des phénomènes de tempête. Face à tout ça, on ne peut pas continuer à avoir une solidarité qui repose sur une caisse qui est désormais déficitaire depuis quelques années et donc qui n'arrive plus à suivre en termes de rythme.
Il faut qu'on revoie la grille et donc il faudra derrière qu'on revoie le financement. Est-ce que c'est 12 euros ? Est-ce que c'est plus ? Est-ce que c'est dans un an ? Est-ce que c'est dans deux ans ? Tout ça, ce sont les débats que nous sommes en train d'avoir et qui déboucheront au début de l'année prochaine dans le cadre du plan d'adaptation de la France à plus de 4 degrés
sur un dispositif. Christophe Béchut, on vient d'apprendre que la Massif avait tranché. Il va falloir augmenter de quelques euros pour protéger ce régime et la surprime donc catastrophe naturelle. Je vous le confirme. Vous le confirmez.
Bien entendu, le sujet encore une fois, c'est quand, comment, à quelle hauteur. Est-ce que ça passe par cette augmentation sur les conventions d'assurance ? Qu'est-ce qu'on prend à l'intérieur ? Jusqu'où on va dans ce nouveau régime catastrophe naturelle que nous devrons mettre en place ? Parce que la conséquence du dérèglement climatique, c'est bien davantage de solidarité pour y faire face.
De nombreuses questions d'auditeurs. Christophe Béchut, des auditeurs qui sont au standard. Bonjour Frédéric.
Bonjour à tous. Monsieur Béchut, bonjour. Alors je comprends que ce soit très douloureux pour vous d'avoir, de subir des questions désagréables, mais je me demande si nous n'allons pas subir nous-mêmes un petit peu plus, disons, l'autorisation du glyphosate.
Et j'ai sous les yeux, disons, une étude de l'INSERM, c'est quand même votre ministère de la Recherche et de la Santé, qui reprend une soixantaine d'études documentées qui montrent que le glyphosate, non seulement est possiblement cancérigé, mais qu'il a une génotoxicité, disons, comme facteur oxydant, comme perturbateur endocrinien, comme toxique sur les mitochondries, qu'il a des effets épigénétiques, des effets sur le microbiote, une neurotoxicité directe, toutes choses que les deux agences, l'EFSA et l'ECHA, n'ont pas repris ou ont balayé de revers de main en disant qu'elles n'étaient pas évidentes, donc je me demande.
Alors si on ajoute les plus 4 degrés que vous nous promettez, en sachant que...
Alors votre question Frédéric.
Est-ce que vous n'êtes pas en train de courir après les catastrophes au lieu de vous y opposer ?
Merci pour votre question. Réponse Christophe Béchut ?
D'abord je remercie Frédéric pour sa question et si on n'est pas prêt à répondre à des questions, il faut faire un autre métier que celui que j'ai choisi.
Et de très nombreux auditeurs posent des questions comparables.
On est face à des dérèglements qui nécessitent d'agir sur tous les leviers. La baisse des émissions, travailler sur l'adaptation, faire en sorte de préserver la biodiversité.
De façon extrêmement concrète, il faut bien comprendre aussi une chose, c'est qu'on a besoin d'avoir des règles qui s'appliquent de manière internationale, parce que si je prends une décision en France et que de façon totalement hypocrite, on a des produits qui entrent, qui sont mis dans les rayons de nos supermarchés, avec les mêmes produits qu'on aura interdits pour nos agriculteurs, et donc qu'on diminue notre capacité de produire et qu'on augmente nos importations, on aura perdu sur l'écologie, on aura perdu sur la santé et on aura perdu sur l'économie.
J'ajoute quand même que dans l'histoire de Théo dont on parlait tout à l'heure, il y a un lien établi aussi par les experts du Fonds d'indemnisation entre sa maladie, ses malformations et le pesticide.
Je vous confirme et je vous redis, c'est un cas qui aujourd'hui est interdit, qui n'est pas possible, nous n'avons plus le droit en France, d'épendre ce type de produit dans un centre équestre.
Bonjour Paul, vous nous appelez d'Auvergne, merci de participer au grand entretien, votre question à Christophe Béchut.
Oui, pourquoi faites-vous une écologie punitive pour les pauvres ? Je vais prendre deux exemples. On autorise les gens très riches à acheter des voitures très polluantes puisqu'ils payent un malus de 60 000 euros. Les constructeurs de voitures de luxe vont investir dans des voitures avec des potentiels de 800 000 chevaux en voitures électrices. Est-ce que c'est écologique ? Et d'autre part, habitant la campagne, beaucoup de gens ont des remords pour aller aux déchetteries. Il n'existe pas de voitures électriques autorisées à tracter des remorques à moins de 50 000 euros. Que fait-on ?
Merci Paul pour votre question-réponse, Christophe Béchut.
Notre obsession, c'est au contraire d'avoir une transition écologique qui soit possible pour tout le monde. Et la quasi-totalité des primes augmente au fur et à mesure que les revenus baissent.
Mais l'écologie est toujours défavorable aux gens qui ont peu de moyens, disait Paul à l'instant. Ce n'est pas exact.
Je vais prendre un exemple en matière de rénovation énergétique. Nous avions un système, quand on est arrivé, qui était un crédit d'impôt qui bénéficiait aux deux tiers aux plus riches. On est aujourd'hui avec MaPrimeRénov' dans un dispositif qui bénéficie à deux tiers aux 50% les plus pauvres. Est-ce qu'on a aujourd'hui des difficultés dans certains domaines ? Évidemment, la voiture électrique, c'est l'exemple type d'un modèle qui aujourd'hui est cher parce que les modèles sont récents.
Et ça explique pourquoi, dans quelques jours, nous mettons en place le leasing à 100 euros pour les 50% de Français précisément les moins riches et pour ceux qui habitent à la campagne et pour ceux qui n'ont pas d'alternative au travers de transports en commun ou de mobilité douce.
Aujourd'hui, on fête un anniversaire où on commémore en tout cas les 5 ans, l'acte 1 des Gilets jaunes. Et cette question nous permet de faire la transition avec la hausse des prix du carburant qui rejoint ce que disait Paul à l'instant. C'est-à-dire qu'il y avait ce conflit entre la fin du monde et la fin du mois. C'est une France qui avait été profondément bouleversée. Et qu'est-ce que vous retenez de cette séquence et quelles leçons en avez-vous tirées ?
Un, je retiens de cette séquence qu'on frappe à l'écologie contre les gens. Et donc, il faut faire en sorte, quand vous prenez des décisions, de les embarquer. Deux, qu'il faut effectivement se préoccuper de la conséquence de vos décisions pour les plus fragiles, de façon à éviter de vous retrouver dans la situation qu'on a connue. Et donc, de manière très concrète. Et la question de Paul était intéressante. On a aujourd'hui à la fois les critiques de ceux qui disent « C'est scandaleux, vous en faites trop, vous êtes en train de placer des gens dans des difficultés sociales et budgétaires.
» Et ceux qui vous disent « C'est scandaleux, vous ne faites rien alors qu'il y a des urgences climatiques. » Et toute la difficulté, c'est de ne pas se laisser enfermer par deux types de caricatures. Il y a 20 pays dans le monde qui, depuis plus de 10 ans, baissent leurs émissions. La France en fait partie. Nos baisses d'émissions au premier semestre, c'est le double de ce que nous avons fait les dernières années, qui étaient déjà le double par rapport au quinquennat précédent.
Et donc, il faut tenir un cap dans lequel, sans punir, sans interdire, sans taxer, sans utiliser l'écologie pour faire du greenwashing, de la lutte des classes, ou sans être dans un déni climatique comme une partie de l'extrême droite, on assume qu'il y a une urgence et que pour réussir, il faut embarquer tout le monde et ne pas rester dans des postures.
Alors, sur cette question, justement, des émissions et de la baisse des émissions, est-ce qu'on les baisse vraiment ou est-ce qu'on les délocalise ? Je pose la question parce que la voiture électrique, par exemple, la nouvelle annoncée par Renault, elle va être fabriquée en Europe, mais pas en France, donc bilan carbone pour la ramener, sans compter la fabrication, on en parlait tout à l'heure dans le débat éco, des batteries qui utilisent des terres rares, qui sont exploitées et extraites, en fait, dans des conditions assez mauvaises pour l'environnement. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on réduit les émissions ou on les délocalise dans les pays plus pauvres ?
C'est exactement l'inverse que nous choisissons. Et merci de me poser la question. Nos émissions ont baissé au cours de ces 30 dernières années à cause de la mondialisation et du fait qu'on s'est retrouvés à aller expédier des quantités de production au bout du monde. La décision qu'on prend, c'est exactement l'inverse. Sous la houlette d'Elisabeth Borne, la décision prise sur l'industrie verte, c'est quoi ? C'est de relocaliser les productions et de réserver les bonus écologiques à des véhicules qui sont fabriqués en France ou en Europe. C'est d'investir dans des usines de Gigafactory près de Dunkerque, dans les Hauts-de-France.
C'est de réouvrir des mines de lithium avec les difficultés qu'on a de la part de certaines associations qui disent mais vous êtes en train de réouvrir des mines. Oui, il faut sortir d'une hypocrisie écologique qui consiste précisément à importer des trucs qui viennent du bout du monde qui sont fabriqués dans des usines alimentées par du charbon. Ah oui, je vous le confirme.
Alors qu'on est juste avant le Black Friday et que ça va être, comme chaque année, un grand défouloir de surconsommation.
Je vous signale qu'il y a 48 heures, j'ai lancé une campagne de communication précisément avec l'ADEME. Je me suis exprimé sur le fait que je souhaitais qu'on mette en place un Green Friday qui permette de valoriser les produits qui sont issus du reconditionnement, valoriser les gestes de réparation dans le cadre du bonus, valoriser le recyclage de manière générale et cette campagne de com qui dit en substance est-ce que vous en avez vraiment besoin avant d'acheter, elle va sans doute toucher une partie des habitudes mais je pense qu'elle correspond aussi à une attente de beaucoup de Français de mesurer que pour changer de modèle, il y a plein de paramètres.
Il y en a certains qui sont compliqués parce qu'on n'a pas la solution immédiate ou parce qu'il y a une marge financière mais il y en a d'autres qui ne sont qu'un changement et de culture.
Et en attendant, la COP28 approche et la quasi-totalité des producteurs d'énergie et de gaz continuent d'investir dans les énergies fossiles alors même que l'Agence internationale de l'énergie estime qu'il ne faudrait pas investir dans de nouveaux gisements, sans parler des ONG évidemment. C'est Total Energy qui a les activités les plus étendues géographiquement. Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire à notre champion français ?
D'abord, le gouvernement vient de prendre une décision de réformer son label sur les entreprises qui sont socialement responsables et Total va sortir de ce classement parce que précisément dans les critères que nous avons pris pour ce label ISR, il y a le fait que toute compagnie qui aurait des projets de nouveaux forages ou de nouvelles exploitations ne pourra plus bénéficier de ce label et donc des conditions de financement qui sont associées auprès de la banque ou auprès des épargnants. Deux, je sais l'émotion des gens qui disent mais vous allez faire une COP à Dubaï, le président de la COP c'est un sultan qui est le patron d'une compagnie pétrolière. Je vais juste vous dire un truc.
On a 52 pays en 2022 sur 195 qui ont baissé leurs émissions. Si on ne discute pas avec les 140 qui n'ont pas commencé à baisser leurs émissions, je ne sais pas comment on luttera contre le réchauffement climatique. On a donc deux mouvements Marion Loura à faire en même temps. Un, chez nous, en Europe, là où les émissions ont plus baissé, accélérer notre baisse mais convaincre les autres de commencer à baisser
sinon nous n'y arriverons pas. Mais donc Total Énergie, vous leur dites sortez des énergies fossiles ?
Mais je vous le dis, on vient à travers ce label de prendre la décision de les exclure des derniers types de financements dont ils pouvaient potentiellement bénéficier. Tout le monde doit se mettre en transition, nous n'y arriverons pas mais ça suppose de discuter avec les compagnies pétrolières et avec les Etats aujourd'hui qui n'ont pas amorcé cette baisse. Si on ne discute qu'avec des gens convaincus, on n'y arrivera pas.
Il y a une question qui est discutée au Parlement européen en l'occurrence. L'UE pose les bases de la reconnaissance de ce qu'on appelle un écocide, en tout cas des infractions qui portent atteinte à l'environnement et qui consacrent des comportements d'une exceptionnelle gravité. Comment est-ce que ça va se traduire dans le droit français ? Est-ce que ça va se traduire dans le droit français ?
Il faut que ça se traduise dans le droit français. Vous savez, il y a beaucoup de choses qui se passent au sein de l'Union européenne mais on aime bien décrier l'Europe pointée de ce qui ne va pas, avoir des fausses polémiques sur les boîtes de camembert en extrapolant des choses.
En vrai, cette nuit par exemple, il y a eu des accords sur le fait d'interdire les exportations de nos déchets plastiques vers les pays pauvres de façon à nous obliger à regarder en face notre politique sur les emballages et donc typiquement entre le règlement pour interdire la déforestation en la surveillant par satellite il y a quelques semaines la décision qui a été prise cette nuit et la reconnaissance de ces écocides on est en train de constituer un arsenal pour faire en sorte qu'on n'aille pas seulement dans le bon sens pour des raisons comment dirais-je pour préserver la planète mais aussi pour placer chacun devant ses responsabilités.
Bonjour Adeline
Bonjour
Merci d'être avec nous ce matin sur Inter vous êtes première adjointe d'une commune touchée par les inondations
Exactement ça fait 15 jours que la commune est touchée par les inondations et moi j'avais une question pour Monsieur le Ministre Bonjour Monsieur le Ministre
Bonjour Madame la première adjointe
Je me permets de vous contacter parce que cette semaine vous avez rencontré mon maire il était autour de la tasse quand vous êtes venu dans le Pas-de-Calais cette semaine et vous vous êtes engagé est-ce que toutes les communes soient rapidement reconnues catastrophes naturelles il y en a 230 qui ont été reconnues la mienne n'a pas encore été reconnue et je voulais savoir si vous vous rendiez compte de l'impact de cette lenteur administrative sur la vie locale parce que ça fait 15 jours que les élus locaux des petites communes vous savez qu'en plus ce sont des élus qui travaillent par ailleurs souvent sont au front pour répondre aux questions des habitants les habitants sont stressés les habitants ont peur et là le fait qu'il n'y ait pas eu de reconnaissance des tas de catastrophes naturelles encore ça va arriver mais c'est encore une explication qu'on doit donner aux habitants qui ne comprennent pas et c'est les élus locaux qui prennent encore je sais ça
merci pour votre question réponse
je sais ça parfaitement vous savez j'ai été maire pendant 8 ans élu local pendant près de 20 ans avant de devenir ministre donc je sais le dévouement je sais l'engagement et pour avoir été effectivement deux fois dans le Pas-de-Calais au cours de ces 10 derniers jours j'ai pu mesurer le rôle essentiel que vous jouiez vous allez me passer vos coordonnées hors antenne et on va évidemment regarder les choses pour vous donner un ordre de grandeur il y a effectivement 231 communes qui ont d'ores et déjà été reconnues catastrophe naturelle on sait qu'il y en a d'autres pour lesquelles ou la demande a été postérieure à la tenue de la réunion ou pour lesquelles il manquait quelques éléments et on va refaire dans quelques jours avec Gérald Darmanin un temps qui va permettre d'élargir le nombre de communes bénéficiaires mais je peux vous assurer qu'on ne vous laissera pas tomber
Christophe Béchut vous êtes ministre de la transition écologique vous êtes aussi ministre du gouvernement et la cour de justice de la République va se prononcer le 29 novembre sur la peine infligée à votre collègue le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti alors le parquet a requis un an de prison avec sursis pour prise illégale d'intérêt les avocats d'Eric Dupond-Moretti plaident la relax parce que d'après eux sa condamnation rimerait avec une démission d'après vous Christophe Béchut si Eric Dupond-Moretti est condamné est-ce qu'il doit démissionner ?
je me suis toujours astreint à une règle vous allez trouver que c'est facile mais c'est vrai qui consiste à ne pas commenter un processus judiciaire
alors parlons en théorie
et vous venez vous de dire la cour va statuer sur sa peine non elle va d'abord statuer sur le fait de savoir s'il est innocent ou coupable et je trouve que dans la lecture qu'on fait de tout ça autant il est normal qu'un ministre puisse passer en justice autant il a le droit à la même présomption d'innocence
et la position de la première
ministre c'est une clarté absolue un ministre condamné ne peut pas rester en poste point donc un ministre condamné démissionne ça a été dit par la première ministre il y a quelques jours dans la plus grande clarté et la plus grande transparence
autre question et qui concerne cette fois votre parti et c'est une question qui est très délicate et douloureuse vous ne voulez pas vous exprimer sur des questions de justice mais en l'occurrence le sénateur Joël Guerriot est toujours en garde à vue il est soupçonné d'avoir drogué une députée elle affirme avoir été invitée chez lui avoir ressenti un malaise après avoir bu un verre elle est partie des examens ont révélé qu'elle était positive à l'ecstasie lors de la perquisition au domicile de cet élu qui est adhérent à votre parti Horizon un sachet d'ecstasie a été retrouvé est-ce qu'il peut rester sénateur ?
alors d'abord je vais vous dire un truc j'ai lu ça avec consternation et effarement et si c'est vrai c'est effroyable demain matin à 9h nous aurons un bureau politique
oui
et nous aurons évidemment l'occasion d'évoquer cette situation si la moindre de ces si le moindre de ces éléments est vrai il devra évidemment en tirer les conséquences pour les décisions qui lui appartiennent la justice devra être la plus claire possible et évidemment les structures les accueils les groupes les parties au sein duquel il est prendront toutes les mesures adéquates pour tirer les conséquences logiques d'un tel comportement
mais vous êtes secrétaire général numéro 2 du parti s'il est mis en examen est-ce qu'il pourra rester à son poste de sénateur ?
nous évoquerons ce sujet demain matin à 9h et votre position ? ma position je la ferai connaître à mes collègues demain matin à 9h
d'accord bah écoutez on en verra donc demain matin à 9h petite précision
non mais il ne peut évidemment pas rester au sein du parti s'il y a le moindre doute
sur la véracité de tout ça ah bah voilà c'est beaucoup plus clair en tout cas juste une précision Sultan Al-Jaber puisque vous préparez la COP28 Sultan c'est un prénom Christophe Béchut donc ce n'est pas un titre je le dis en souriant
mais je vous réponds en souriant
puisque vous irez aux Emirats justement dans quelques jours pour la COP28 merci infiniment d'avoir été notre invité merci à vous de m'avoir invité
et pour la variété des questions auxquelles vous m'avez permis de répondre
bonne journée
très bonne journée à vous
Christophe Béchu