Prudhomme : "Nous n'attendons pas grand-chose des vœux du président"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous y croyez, Christophe Prudhomme ? Qu'est-ce que vous en attendez de ces voeux d'Emmanuel Macron ?
- 1:28OuverteRéponse directe
En tant qu'hospitalier, quel regard portez-vous sur vos collègues libéraux en grève ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on sort d'une période avec le vote du budget de la Sécurité sociale, avec une augmentation qui ne couvre même pas l'inflation. »
- 0:33Invité politiqueChiffre
« nous en aurons encore moins que l'an dernier. »
- 0:57Invité politiqueFait
« avant la crise de la Covid, nous étions dans la rue en 2019 pour demander, que nous ayons un grand plan de formation et d'embauche de personnel à l'hôpital »
- 1:06Invité politiqueChiffre
« il faut un an pour former une aide-soignante, trois ans pour former une infirmière. »
- 1:41Invité politiqueFait
« je comprends leur colère, parce que c'est l'ensemble du système de santé qui est en train de s'effondrer. »
Temps de parole
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Emmanuel Macron sera tout à l'heure dans l'Essonne, au centre hospitalier sud-francilien, pour présenter ses voeux au personnel de santé. On nous dit qu'il devrait faire des annonces dans le cadre, je cite, de la refonte du système de santé. Est-ce que vous y croyez, Christophe Prudhomme ? Qu'est-ce que vous en attendez de ces voeux d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, pour l'instant, on n'attend pas grand-chose. Vous savez, on sort d'une période avec le vote du budget de la Sécurité sociale, avec une augmentation qui ne couvre même pas l'inflation. Donc, ce qui veut dire que, alors que nous manquons de moyens en ce moment à l'hôpital, l'an prochain, enfin cette année, puisque maintenant nous sommes en 2023, nous en aurons encore moins que l'an dernier. Donc, vous comprenez bien que le président de la République est peu crédible.
Et je doute qu'il nous apporte les réponses que l'on attend depuis maintenant fort longtemps, puisque je répète qu'avant la crise de la Covid, nous étions dans la rue en 2019 pour demander, que nous ayons un grand plan de formation et d'embauche de personnel à l'hôpital, personnel qui manque aujourd'hui, raison pour laquelle l'hôpital public est en train de s'effondrer. Or, il faut un an pour former une aide-soignante, trois ans pour former une infirmière. 2019-2022, nous aurions le personnel aujourd'hui qui nous manque pour ouvrir des lits.
Alors, vous parlez de l'hôpital, mais c'est tout le système de santé, qui a l'air d'être à bout de souffle, parce que l'actualité de la semaine, c'est cette grève des médecins libéraux, qui étaient dans la rue hier, on les a vus réclamer une hausse du tarif de leur consultation à 50 euros. En tant qu'hospitalier, vous, Christophe Prudhomme, en tant que médecin urgentiste, quel regard vous portez sur vos collègues libéraux qui sont dans la rue en ce moment ? Est-ce que vous les soutenez ? Est-ce que vous les comprenez ? Ou vous avez l'impression que chacun joue sa partition parmi les médecins ?
Non, non, moi, je comprends leur colère, parce que c'est l'ensemble du système de santé qui est en train de s'effondrer. C'est en particulier les médecins généralistes, mes collègues généralistes, qui sont de moins en moins nombreux, qui sont mal répartis sur le territoire. Voilà, donc, il y a un problème d'organisation du système de santé. Alors après, bon, tout le grève, moi je suis syndicaliste, donc je ne vais pas critiquer, vous avez le droit de grève. Après, il y a les modalités de la grève. Là, je suis beaucoup plus critique. Vous savez, quand nous, nous sommes en grève à l'hôpital, nous continuons à travailler.
Nous portons un badge, nous faisons signer des pétitions, nous mettons des banderoles. Je pense que mes collègues libéraux auraient dû réfléchir à leur modalité d'action. Ils auraient dû garder leur cabinet ouvert, mettre des affiches sur le fait qu'ils étaient en grève, expliquer aux patients le pourquoi de cette grève, leur faire signer des pétitions, demander leur soutien. Là, ils sont en train de se couper de la population dans une période où il est très difficile de se soigner. Or, nous sommes quand même là pour assurer la sécurité de la population.
Donc, fermer les cabinets alors que dans le même temps, il est très difficile d'avoir accès à l'hôpital, que le gouvernement demande aux patients de ne pas venir aux urgences et d'appeler les centres 15 qui sont engorgés. Et on ne trouve plus de cabinets ouverts, cabinets qui aujourd'hui sont de moins en moins accessibles parce qu'il y a eu des évolutions qui font que vous ne pouvez plus joindre votre médecin par téléphone. Aujourd'hui, vous tombez sur des plateformes type Doctolib ou autre. Écoutez, ça ne me paraît pas très adapté. Mais après, ils sont dans la même misère. Donc... Merci.