Le projet Bromo ne peut pas être une simple fusion industrielle ! - Arnaud Simion
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le spatial, c'est ce qui permet à la France de voir, de comprendre, de communiquer et d'agir de manière souveraine. Les satellites, c'est notre capacité d'observation militaire, notre renseignement, nos télécommunications sécurisées, notre autonomie stratégique. Le projet Bromo ne peut donc pas être traité comme une simple fusion industrielle.
Il vise à regrouper les activités spatiales d'Airbus, de Talè, de Leonardo au sein d'une même entité. présenté comme un outil de souveraineté européenne, il soulève en réalité une question très simple. Qui commandera demain ?
Les industriel ou la puissance publique ? À ce stade, trop peu d'informations sur la position réelle de l'État, or dans un secteur aussi stratégique, le silence du gouvernement est inquiétant. Si la France ne dispose ni de droits de vote suffisant, ni d'un siège effectif dans la gouvernance, ni d'une golden chair permettant de bloquer une session d'actifs sensibles ou une décision contraire à nos intérêts de défense, alors nous prendrons un risque majeur, celui de perdre la main sur des capacités essentielles à notre souveraineté militaire et industrielle.
Ce risque, il est aussi social et territorial. Il y a des sites comme à Toulouse, Elancour, Cann, Mignac, il y a des savoir-faés qualifiés, des entreprises associées, des filières de formation, un tissu économique local qui fait vivre notre filière spatiale. Nous ne pouvons accepter qu'au nom de la compétitivité, on construise un acteur dominant qui affiblerait l'État, fragiliserait l'emploi et mettrait les territoires devant le fait accompli.
Ma question est donc claire. Le gouvernement va-t-il enfin dire quelle garantie il exige dans le cas de Bromau pour protéger la souveraineté militaire de la France, préserver une gouvernance sous contrôle public réel notamment au travers du KNÈ et sécuriser les emplois, les sites industriels, le tissu économique local qui dépendent de cette filière stratégique. Merci beaucoup.
Il s'agit en réalité de créer un champion européen. Un champion européen du spatial. C'est une nouvelle ère du spatial. une aire du spatial dans laquelle il ne s'agit plus de produire quelques satellites par an mais des dizaines des centaines voire des milliers de satellites par an aujourd'hui.
Donc c'est une nouvelle ère industrielle du spatial et nous avons besoin d'un champion européen. S'agissant du volet social du projet, c'est évidemment la responsabilité des entreprises mais les échanges aujourd'hui avec les syndicats sont aujourd'hui nourris au travers des consultations qui sont obligatoires. L'État enfin sera extrêmement vigilant.
Les technologies qui sont critiques pour notre souveraineté doivent évidemment rester en France et en Europe. C'est indispensable pour l'avenir de l'industrie spatiale. Je vous remercie, monsieur le député.
Arnaud Simion