La grande interview de Laurence Ferrari avec Gabriel Attal
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Europe 1 La grande interview Europe 1 C News Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1 c'est Gabriel Attal
Bonjour à vous, patron du
parti Renaissance, auteur de En Hommes Libres, ce livre aux éditions de l'Observatoire, on va y revenir dans un instant mais d'abord une question évidemment sur les Etats-Unis, le président Trump a été évacué samedi lors du gala annuel de la presse après des coups de feu tirés par un individu qui voulait s'en prendre à lui et à de haut responsable américain. Est-ce que vous pensez que cette forme de violence en politique peut s'exporter dans notre pays en France ?
D'abord je pense que c'est très choquant ensuite je pense que c'est effectivement révélateur d'une forme de montée des tensions dans les démocraties or la violence c'est la fin de la démocratie et on voit que les violences verbales peuvent ensuite se transformer en violences physiques ou en tentatives de violences
qui attisent ces violences aujourd'hui, chez nous
par exemple. On a tous une responsabilité par définition, on est tous acteurs du débat public et donc on doit toujours faire attention aux mots qu'on emploie, à la manière dont on s'adresse à nos adversaires on peut penser ce qu'on veut du président Trump, on ne peut pas accepter évidemment la violence de la même manière, on doit être responsable dans le débat public. Mais ça veut dire
qu'il y a des partis politiques, des formations politiques qui en France aujourd'hui attisent cette forme de violence
dans le débat public ? Bien sûr vous regardez les termes qui sont employés par certaines formations politiques, je pense notamment à la France Insoumise à l'égard de l'ensemble des autres partis politiques il y a une violence dans le débat et cette violence, on le voit, elle peut se transformer ensuite parce que vous avez parfois des individus qui sont dangereux ou qui sont déséquilibrés elle peut se transformer en tentative de violence physique et on doit toujours le condamner.
On va évoquer aussi le pouvoir d'achat des Français parce que le grand sujet c'est cela aujourd'hui le pouvoir d'achat en Berne, un train d'aide ciblé a été étendu et élargi la semaine dernière par Sébastien Lecornu à 3 millions de grands rouleurs et travailleurs modestes pour un coût de 180 millions d'euros. Est-ce que vous avez fait différemment ? Lorsque vous étiez à Matignon, est-ce qu'il faut aider différemment les Français qui ne s'en sortent pas aujourd'hui ?
Moi j'avais été ministre à Bercy quand on avait mis en place, c'était au moment de la guerre en Ukraine vous vous souvenez, une ristourne à la pompe une ristourne carburant, ça coûte très cher et donc c'est quelque chose qui doit être temporaire moi ce que je veux dire c'est que on sait que la solution de long terme c'est évidemment de moins dépendre du pétrole mais d'ici là, on a des Français qui n'ont pas d'autre choix. Vous avez des gens qui doivent prendre leur voiture tous les jours, qui ont besoin d'essence pour aller travailler et donc là on doit mettre en place des dispositifs qui doivent être temporaires et ciblés. Le problème des dispositifs...
Ça vous va ce qu'a proposé Sébastien Lecornu ou pas ? Vous auriez fait pareil ? Je crois que ça va être mis en place dans quelques semaines ou quelques mois, on va voir exactement qui peut y avoir droit etc. Moi je vais vous dire la réserve que j'ai sur les dispositifs ciblés c'est que vous avez des gens qui sont toujours au-dessus des seuils moi je parle beaucoup avec les Français, vous avez des gens qui disent moi j'ai jamais droit aux aides, je suis toujours juste au-dessus pour bénéficier des aides alors que je dois bosser que je dois utiliser ma voiture. C'est ça la limite des dispositifs qui sont ciblés.
Maintenant c'est vrai que une infirmière libérale, elle doit tous les jours utiliser sa voiture pour faire sa tournée, pour aller voir ses patients et l'augmentation du coût du carburant ça lui coûte énormément. Donc des dispositifs qui peuvent les aider, évidemment il faut les prendre en ayant en tête quand c'est trop ciblé, vous avez beaucoup de gens qui sont exclus alors qu'ils le mériteraient. Est-ce qu'il n'aurait pas été
plus simple de baisser la fiscalité sur les carburants ? On sait à quel point elle est élevée dans notre pays est-ce qu'il fallait plafonner les prix propositions et du RN et de LFI pour l'autre ?
Je pense que la difficulté d'une baisse de fiscalité c'est qu'on a peu d'exemples de baisse de TVA sur des produits qui se sont répercutés sur les prix. On se souvient la baisse de la TVA sur la restauration, il y a eu les protections périodiques, il y a eu plein d'exemples où la TVA a été baissée et pour autant c'est plutôt les marges des distributeurs qui ont augmenté et pas le pouvoir d'achat des français qui s'est amélioré.
Donc si une mesure générale devait être prise moi je crois que la ristourne qui avait été mise en place à l'époque permettait quand même d'avoir un impact sur le prix mais elle coûte très très cher et on est dans une situation budgétaire qui est compliquée et je crois aussi que les français ils ne sont pas dupes. Parfois ils se disent en fait si on prend une mesure qui coûte trop cher est-ce que je ne vais pas devoir ensuite la payer en impôts supplémentaires, en charge sur mon salaire où je gagnerais moins ? Donc c'est une situation qui est hyper difficile.
Je pense que le gouvernement fait du mieux qu'il peut et évidemment l'objectif c'est que ça puisse retourner à la normale aussi vite que possible même si on ne maîtrise pas tous les tenants.
Mais je n'ai pas compris ce que vous proposez concrètement une ristourne c'est ça ?
Ce que je dis c'est qu'à l'époque on avait mis en place cette ristourne. Moi je ne suis pas aux affaires je ne suis pas au gouvernement je n'ai pas tous les détails si vous voulez de ce qu'il est possible de faire aujourd'hui en revanche ce que je dis c'est que les dispositifs ciblés doivent être temporaires parce que le risque c'est qu'ils créent une forme de frustration chez des français qui ne peuvent pas en bénéficier.
Bien sûr et des français qui vont continuer à attirer la langue et qui vont continuer à ne pas poucler leur fin de mois. C'est ça qui nous attend dans les mois à venir parce que la crise s'annonce longue
au moins jusqu'à l'hiver. Pour moi le coeur du sujet c'est la rémunération du travail. Ce que les français attendent je pense avant tout plutôt que de recevoir des chèques ou des aides c'est que leur salaire net se rapproche de leur salaire brut. Pour ça il faut des mesures il faut des décisions politiques, il faut des économies sur le modèle social pour que les charges soient moins élevées. Vous savez j'avais fait des propositions en ce sens, notamment une réforme de l'assurance chômage, des économies sur le modèle social qui permettraient de financer une diminution des charges sur le travail. Ça sera un débat de l'élection présidentielle.
Mais survenons justement à la question du travail que vous abordez aussi dans ce livre vous aviez déposé un proposer de loi pour permettre à certains salariés de travailler le 1er mai. Il a été retoqué enterré par l'Assemblée nationale. Il y a eu un manque de courage politique là-dessus. Gabriel Attal.
Moi je regrette et je déplore le choix du gouvernement d'avoir retiré le texte. La manquée de courage ou pas ? En tout cas ils ont cédé quelque part à la CGT à des partis de gauche qui leur ont demandé, exigé qu'ils retirent un texte qui pourtant est examiné au Parlement. J'étais hier à Bayonne, à la foire au jambon de Bayonne. J'ai échangé avec des charcutiers qui m'ont dit on marche sur la tête. On aimerait pouvoir ouvrir le 1er mai. On a des salariés qui sont volontaires pour travailler le 1er mai parce qu'ils seront payés double qu'ils auront un jour de repos supplémentaire. Et on nous empêche de le faire. Donc oui, c'est incompréhensible.
Maintenant que le gouvernement a annoncé que les boulangers et les fleuristes qui souhaiteraient ouvrir le 1er mai ne seraient pas verbalisés. On prend ce qui est à prendre. Moi je le regrette pour les bouchers, notamment les charcutiers qui aussi auraient aimé pouvoir travailler. Là aussi, je vais vous dire, tout ce qui ne peut pas être fait aujourd'hui, il faudra évidemment le mettre dans le débat de l'élection présidentielle pour le rendre possible ensuite. On voit qu'aujourd'hui, on a un gouvernement, un Parlement qui globalement sont empêchés par la situation politique actuelle. Or, on a besoin de réformes, on a besoin de mesures pour les Français.
C'est encore long avant la présidentielle. La question de fond, c'est est-ce qu'on doit travailler plus dans notre pays, Gabriel Attal ? Est-ce que les Français ne travaillent pas assez ? Est-ce qu'on peut le dire ouvertement aujourd'hui l'IDA sans avoir, évidemment, lire des Français ?
Moi d'abord, je pense qu'on doit être plus à travailler. Et donc, le premier objectif, ça doit être de faire en sorte... Pas forcément travailler plus. D'abord, il faut faire en sorte qu'il y ait plus de gens qui travaillent. Parce que quand vous regardez en termes de temps de travail, on est assez proche finalement pour ceux qui travaillent, des Allemands ou d'autres pays qui nous entourent. En revanche, on a une part de notre population qui travaille qui est moins élevée qu'une partie de nos voisins. D'où la réforme de l'assurance chômage que j'avais proposée, d'où l'investissement... Passer de 6 à 8 mois, effectivement. Absolument.
Devoir travailler davantage pour bénéficier du chômage et avoir une durée d'indemnisation du chômage qui est réduite pour nous mettre globalement dans la moyenne des pays européens parce que c'est aussi une incitation à travailler. D'où la réforme du RSA que j'avais portée quand j'étais Premier ministre. Désormais, pour toucher votre RSA, vous devez avoir 15 heures d'activité dans la semaine pour vous remettre le pied à l'étrier vers le travail. Et on voit que ça fonctionne. Donc moi, le premier enjeu, il est là.
D'accord. Mais sur la question de travailler plus, est-ce qu'on revient sur les 35 heures dans votre proposition ?
C'est pas ce que je propose. Non, moi je propose...
C'est le totem indépassable. Et je vais vous dire,
il faut que les Français qui souhaitent travailler davantage puissent le faire. Ce débat sur le 1er mai, là on parle d'une journée dans l'année, mais globalement... Donc travailler plus pour gagner plus, c'est votre second. Voilà, je vais le laisser à son auteur de l'époque qui est Nicolas Sarkozy, mais ce qui est certain, c'est que les Français qui souhaitent travailler davantage doivent pouvoir le faire. D'où le débat aussi sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Moi je suis favorable à ce qu'elle soit défiscalisée intégralement. Nicolas Sarkozy l'avait fait. François Hollande est revenu dessus.
Emmanuel Macron a réenlevé une part de la fiscalité et des cotisations, mais je pense qu'il faut aller au bout.
Un tout petit mot du programme du Parti Socialiste qui a été révélé la semaine dernière. Plus de taxes, taxes sur l'héritage, les 200 000 euros sur les grandes fortunes, réorientation de 30 milliards des deux entreprises, inefficace selon ce qu'il dit dans ce programme. Qu'est-ce que vous en pensez ? C'est un retour en arrière ?
Moi je trouve ça très conservateur et effectivement, je trouve qu'en fait on a le sentiment qu'ils ne perçoivent pas les évolutions du monde, la course technologique qui existe aujourd'hui. Ils proposent par ailleurs des mesures contre lesquelles je suis, je pense notamment à l'héritage.
À 200 000 euros, on est riche ? Moi je considère que vous avez travaillé
toute votre vie, vous avez accumulé un patrimoine. D'ailleurs parfois, c'est même la seule motivation pour des Français pour travailler dur et travailler beaucoup en se disant je veux quelque chose à laisser à mes enfants. C'est l'argent qui a déjà été taxé au long de votre vie, donc moi je ne suis pas du tout pour qu'on touche à la fiscalité sur l'héritage et qu'on augmente la fiscalité sur l'héritage. Et pour le reste, les mesures qui sont proposées, qui sont des mesures de taxation, vont à l'encontre de ce qui se joue aujourd'hui, qui est une forme de guerre technologique, industrielle entre les Etats-Unis et la Chine.
Si on est relégué de cette guerre-là, et de cette course-là en tout cas, et bien plus tard, ça sera l'appauvrissement généralisé des Français. Pour moi, le cœur des années à venir pour la France et l'Europe, c'est l'innovation. La Chine est à la frontière technologique sur à peu près tous les sujets. On est en train d'être relégué de cette course-là. Tout doit être fait pour refaire de la France une nation de scientifiques et d'ingénieurs, pour avoir une fiscalité qui permet l'innovation et l'entrepreneuriat pour l'innovation. Et donc, ça va à rebours, ce qu'ils proposent de cet objectif.
Le Rassemblement National a aussi proposé et présenté son programme économique. Rencontre beaucoup le patronat. C'est normal que les patrons, le MEDEF notamment, rencontrent tous les candidats.
Ils ont un groupe à l'Assemblée Nationale. Je ne jette pas la pierre, je ne reproche pas à qui que ce soit, de rencontrer des responsables politiques qui sont représentés au Parlement. Donc, je n'ai pas de commentaire à faire sur le sujet.
Alors, sur l'immigration, quelles sont vos propositions ? En homme libre, vous l'abordez. Par exemple, l'Espagne, qui réglerait 500 000 clandestins. Quel impact sur la France ? Et vous, qu'est-ce que vous proposez pour la question de l'immigration du travail ?
Moi, je n'ai pas du tout la même vision, les mêmes propositions que le gouvernement espagnol. Il se trouve que j'étais en Espagne, j'ai rencontré Pedro Sanchez dans le cadre d'une tournée européenne il y a quelques semaines. J'ai rencontré cinq chefs d'État et de gouvernement européen sur la question migratoire. Ce n'est pas du tout la politique que je propose. Moi, ce que je souhaite... Plus de fermeté ? Moi, je souhaite qu'on assume une préférence travail. Qu'on assume qu'il faut restreindre les autres motifs d'immigration, notamment le regroupement familial. Vis-à-étudiant ? Au profit de l'immigration par le travail. Oui, bien sûr, mais au profit de l'immigration pour le travail.
Moi, ce que je propose, c'est un, définir les besoins économiques, les besoins de notre économie en matière d'immigration via les partenaires sociaux qui, tous les deux ans, définissent quels sont les besoins de l'économie. Deux, on transfère ces besoins au Parlement et le Parlement vote des quotas d'immigration par secteur d'activité, peut-être même par métier. Trois, on importe le système canadien de choix de l'immigration, qu'on appelle le permis à points. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une personne qui souhaite immigrer en France, qui souhaite avoir une régularisation en France, elle doit remplir un certain nombre de critères. Ça lui donne des points.
Si elle a le nombre de points suffisants, elle peut bénéficier... Mais vous connaissez la réalité de notre pays
avec les frontières qui sont des passoires. Vous le savez, Gabriel Attal. On ne peut pas choisir notre émigration.
Aujourd'hui, on ne choisit pas notre émigration. C'est ça qu'il faut qu'on soit en mesure de faire. Dans ce livre, vous l'avez dit, je parle d'immigration et je propose ce système qu'on a travaillé évidemment avec mes équipes.
Mais alors, à charge de réformer le Conseil constitutionnel, de sortir de certains traités qui nous ligotent ou pas ?
Moi, sur les propositions que je fais, je ne crois pas qu'il y ait besoin de sortir de traités ou de changer le Conseil constitutionnel ou la Constitution. Le réformer.
Ou de le réformer, pardon.
Mais en tout cas, on peut prendre des mesures suffisamment fortes, suffisamment puissantes et radicales sur le regroupement familial. Il n'y a pas besoin de changer la Constitution. Donc on arrête le regroupement familial ? Oui ou non ? En tout cas, il faut le restreindre. Donc ça veut dire, je vous donne un exemple, aujourd'hui, la durée de résidence du conjoint pour que sa famille en bénéficie, je crois que c'est 18 mois en France. Il faut augmenter cette durée-là. Il faut la passer à deux ans, peut-être plus. Sur les conditions pour la maîtrise du français, le respect des valeurs de la République, il faut probablement aller plus loin aussi. Mais tout ça, pas pour l'immigration zéro.
Moi, vous savez, ça peut être populaire d'aller dans les médias et de dire, moi je propose l'immigration zéro. Moi, j'assume de dire que je ne pense pas que ce soit possible ni souhaitable. On a besoin d'une part d'immigration. Il y a d'ailleurs dans tous les pays une part d'immigration. La question, c'est donc pas de dire on la veut ou on la veut pas.
Tout en remettant certains Français au travail. C'est compatible ?
Oui, c'est compatible. Vous savez, j'étais à Bayonne, je vous le disais, j'ai vu des artisans, des commerçants, des chefs d'entreprise. Ils cherchent tous à recruter aujourd'hui. Donc, je pense que c'est tout à fait compatible. Mais en tout cas, pour moi, ma ligne, c'est celle-là. Préférence travail. Assumer qu'une personne qui vient en France pour travailler, qui parle notre langue, qui respecte nos règles et nos valeurs, qui a un contrat de travail et qui bosse, elle doit pouvoir rester en France. Le jour où une de ces conditions-là s'arrête, elle ne travaille plus, elle ne respecte pas nos valeurs, évidemment, elle ne peut plus rester en France.
Vous avez des propositions fortes aussi concernant notamment la laïcité, le séparatisme. Vous en parlez dans ce livre En Hommes Libres. Vous êtes un peu moins naïf sur le sujet. Vous avez, à l'époque, quand vous étiez ministre de l'Éducation nationale, prononcé l'interdiction de la baïa pour les fillettes à l'école. Aujourd'hui, encore une fois, est-ce que les digues cèdent sur ce sujet ?
Alors d'abord, dans ce livre, c'est le premier chapitre de mon livre qui s'appelle Liberté. Je dis que la valeur la plus importante pour moi, et c'est d'ailleurs la première de notre devise républicaine, c'est la liberté et qu'il y a un certain nombre de menaces pour la liberté aujourd'hui et que l'entrisme islamiste en fait partie. Et oui, je dis que j'ai eu une forme de prise de conscience dans mes fonctions gouvernementales.
Je raconte que j'étais secrétaire d'État à la jeunesse, que je me suis rendu à Maubeuge et que j'ai été confronté au récit d'une directrice d'école d'enseignants qui m'ont raconté une forme de harcèlement d'une association prétendument d'aide aux devoirs pour des enfants. En réalité, une association communautariste qui cherchait à inculquer à des enfants l'idée que des règles pseudo-religieuses étaient au-dessus des règles de la République.
Et je raconte cette scène d'une directrice d'école qui est dans une école intégralement refaite avec 12 élèves par classe, des super-enseignants qui reçoivent une prime importante, un petit déjeuner servi à tous les enfants tous les matins à l'école et pourtant une déscolarisation qui augmente, c'est-à-dire des familles qui retirent leurs enfants de cette école publique Pour les mettre dans des écoles professionnelles.
Pour les mettre officiellement, ils disent en scolarisation à domicile mais dans les faits on s'est rendu compte que ces enfants-là étaient dans cette forme de madrassa clandestine qu'est cette association d'aide aux devoirs et donc évidemment c'est une situation qui interpelle. On ne peut pas accéder. C'est des brèches dans notre République et dans notre pacte républicain et donc il faut prendre des mesures fortes pour lutter contre ça.
Moi j'ai toujours pris dans les fonctions qui étaient les miennes que ce soit en tant que secrétaire d'État avec le service national universel en tant que ministre à Bercy sur le sujet du financement illicite de ces associations sur le port de la Baia et du Camise dans les établissements scolaires. J'ai toujours été d'une grande clarté et d'une grande...
Alors allons plus loin Gabriel Attal. Est-ce que vous êtes favorable à l'interdiction du voile pour les mineurs dans notre pays ? On se rappelle que le Laurent Nunez à la Grande Mosquée de Paris a affirmé qu'il ne serait pas celui qui irait expliquer à des enfants qu'en portant le voile elles menacent le vivent ensemble républicain.
J'ai exprimé que j'étais favorable à cette mesure il y a un an maintenant. Interdiction du voile pour les mineurs. Mais parce que vous savez ce n'est pas expliqué à des fillettes c'est expliqué à des parents. Une fillette de 5, 6, 7 ans enfin personne ne peut croire qu'elle fait le choix elle-même en conscience de se voiler. C'est évidemment quelque chose qui lui est imposé parce que c'est une fillette de 7 ou 8 ans c'est une fillette à qui on impose de se voiler et quelque part à qui on explique dès le plus jeune âge qu'elle doit être soumise à l'homme et qu'il y a une forme d'impureté à se montrer ou à montrer ses cheveux.
Encore une fois qu'une femme en conscience décide elle-même de se voiler c'est son choix. Je n'ai pas à le remettre en cause. Une fillette ça n'est pas son choix. A l'université est-ce que vous êtes pour ou contre le port du voile ? Je ne suis pas favorable à des interdictions pour les majeurs. Moi je parle des fillettes et c'est là où je prends cette mesure. Donc là pas de problème pour l'université ? Je ne suis pas favorable à ce qu'on interdise. Encore une fois je pense que si on veut que des mesures puissent être prises il faut que ce soit les mesures qui sont essentielles et encore une fois des fillettes pour moi c'est inadmissible. J'assume cette proposition. 18 ans.
Dans ce livre en homme libre il y a à la fois vos propositions à la fois votre parcours. Vous faites la tournée des librairies en ce moment où vous évoquiez vos différents voyages. Que vous disent les français ? Quand ils viennent vous voir est-ce qu'ils vous reprochent votre bilan ? Est-ce qu'ils vous disent vous êtes trop associé à Emmanuel Macron ? Il faut vous en détacher ? Je crois que vous avez déjà commencé un peu à vous en détacher.
J'ai fait des séances de dédicaces.
Les français qui viennent vous voir dans une séance de dédicaces pour dédicacer votre livre en général c'est des gens qui vous soutiennent plutôt Laurence Ferrari je ne pense pas que c'est pas de tous les français mais en tout cas les français qui viennent il y a des encouragements il y a des questions sur le fond ils ont aussi très envie de connaître un peu les coulisses de la dissolution parce que depuis la dissolution je rencontre tout le temps des français qui me disent mais on ne comprend pas comment cette décision aussi folle a pu être prise qu'est-ce qui s'est passé et donc dans ce livre je raconte finalement ce qui se passe derrière les portes dans les réunions ce que les français n'entendent jamais effectivement comment est-ce que le président de la république a été amené à prendre cette décision et comment vous l'apprenez au dernier moment à 18h30 en même temps que tous les français juste avant avant qu'ils ne l'apprennent notre ami Pascal Praud ou après manifestement après voilà tant mieux pour lui mais effectivement je raconte tout ça parce que les français ont envie en tout cas beaucoup de français ont envie de savoir et donc effectivement il y a une partie très détaillée où je raconte presque minute par minute ce qui s'est joué les jours et les semaines qui ont précédé donc je poursuis ces séances de dédicaces je serai demain à Lyon à la librairie de Citres pour échanger avec les français
la tournée de France que devez-vous à Emmanuel Macron le droit d'inventaire évidemment c'est une nécessité un passage obligatoire est-ce que vous y devez quelque chose Gabriel Atta bien sûr
je lui dois l'honneur d'avoir pu servir mon pays au plus haut niveau j'étais pas en politique engagé en tant qu'élu en politique avant son élection j'étais conseiller municipal dans ma commune je le suis depuis 12 ans avant mais c'est le président de la république qui m'a donné la possibilité de servir mon pays au gouvernement en tant que ministre puis en tant que premier ministre et donc j'ai forcément mais vous le comprenez un peu mieux
parce que je ne comprends plus le président
mais vous pouvez avoir une reconnaissance pour un homme et ne pas comprendre des choix politiques j'ai assumé de le dire moi j'essaye d'être lucide et de dire les choses telles que je les pense telles que je les ressens voilà après ça peut déplaire à certains mais je pense que c'est ce que les français ça lui déplait à lui en particulier en tout cas c'est ce que les français attendent
il a lu votre livre ou pas ?
je ne sais pas il l'a reçu ? je lui ai envoyé mais je ne sais pas s'il l'a lu il se passe beaucoup de choses dans le monde donc ça ne me choquerait pas qu'il n'ait pas eu le temps de le lire encore il est sorti il y a quelques jours
Gabriel Attal vous êtes candidat à l'élection présidentielle de 2027 municipale
j'ai été réélu quand je suis municipal avant c'est révélateur présidentiel ou pas ? ce livre Laurence Ferrari c'est une forme d'étape décisive sur ce chemin loin de ce moment de vérité avec les français je me livre beaucoup dans ce livre parler de votre vie privée sur mon histoire votre couple votre enfance ma jeunesse mon couple voilà je pense que je me livre il faut tout dire
quand on est candidat c'est la transparence totale pour exposer sa vie privée c'est obligatoire je ne crois pas qu'il y ait d'obligation de le faire parce qu'on voit que Jordan Barniel elle a fait dans Paris Match pour sa compagne
oui c'est un choix moi je ne vais pas le remettre en cause je ne vais pas poser dans Paris Match mais je parle de ma vie dans mon livre parce que je pense qu'il y a aussi des événements ou des éléments que vous avez vécu dans votre vie personnelle qui explique une partie de vos combats politiques dans mon livre je parle par exemple de ma famille de ma mère qui après le divorce avec mon père nous a élevés seuls avec mes soeurs elle n'avait jamais travaillé parce qu'elle s'occupait de nous quand elle était mariée avec mon père elle a dû s'assumer elle-même travailler elle a galéré pendant un certain temps ça fait écho à ce que vivent des millions de mères célibataires en France des mamans solos qui sont en difficulté c'est aussi pour ça que je m'engage sur ce sujet là et on peut multiplier les exemples
vous avez aussi fait cet acte de candidature enfin c'est quasiment un acte de candidature mais il y a beaucoup de monde qui se déclare candidat je pense à Edouard Philippe évidemment il y a eu un pacte secret entre vous deux d'ailleurs l'Express dit qu'il y a eu un dîner vous avez convenu d'un pacte secret
il n'y a rien de secret d'abord heureusement on se parle avec Edouard Philippe ce qui est certain c'est que il faut éviter en 2027 un second tour entre la France insoumise et le Rassemblement National je veux que les Français évidemment un autre choix que ça ça passe par quoi d'abord ça passe plutôt que de parler des autres de taper sur les autres ça passe par d'abord parler de notre projet à nous et de faire une vraie campagne et donc il y aura tout au long de l'année 2026 une vraie campagne avec différents candidats y compris sur le même espace politique et ensuite en 2027 et ensuite en 2027 qu'est-ce qui se passe s'il y a effectivement un risque d'un second tour entre LFI et le RN il faudra que des candidats qui sont sur un même espace politique c'est-à-dire qui partagent l'essentiel se rassemblent évidemment si Edouard Philippe est mieux placé
vous vous retirez en sa faveur si vous êtes mieux placé celui qui se retient c'est ça que vous avez décidé ?
on a mis en place une instance un comité de liaison où vous avez un représentant d'Edouard Philippe un représentant de mon parti qui se réunissent tous les mois pour préparer cette échéance-là et définir les conditions que vous venez d'évoquer si jamais c'était nécessaire vous dites oui
si il est mieux placé que moi je me retire
c'est un travail en cours puisque ça serait logique et cohérent c'est un travail en cours Laurence Ferrari puisqu'il y a plusieurs possibilités de déterminer qui peut mener ce rassemblement vous avez effectivement des désistements comme ceux-là vous avez aussi une primaire c'est aussi une possibilité et donc on a un représentant d'Edouard Philippe Christophe Béchure représentant de moi Franck Riester qui se réunissent tous les mois qui échangent sur ces conditions-là et dans quelques mois je pense qu'on définira les conditions de ce rassemblement
vous êtes responsable vous tenez un discours si Edouard Philippe est mieux placé que moi oui je me retire et l'inverse évidemment
ce que je dis Laurence Ferrari c'est que si il y a un risque LFI-RN il faut se rassembler sur les conditions du rassemblement est-ce que ça passe par des désistements comme vous le dites ou par une primaire on est en train d'en discuter à travers des émissaires qui se rencontrent tous les mois pour en parler
le plus grand danger c'est le RN ou la France Insoumise aujourd'hui
je m'oppose aux deux
on vous a beaucoup reproché ce que vous avez dit en 2024
on m'a reproché parfois de les mettre sur le même plan dans un sens ou dans l'autre moi je m'oppose aux deux je pense que pour les deux c'est un danger aujourd'hui pour notre pays pour des raisons différentes ils ont une histoire différente mais moi je m'oppose aux deux et surtout plutôt que de m'opposer parce que c'est aussi un des travers qu'on a eu ces dernières années à être en permanence à parler qu'on est contre les extrêmes s'attaquer aux extrêmes etc parlons plutôt de nous parlons plutôt de ce qu'on propose aux français sur les sujets dont on a parlé la rémunération du travail comment on rapproche le net du brut comment on gère mieux notre immigration comment on gère mieux la sécurité la lutte contre les cambriolages il y a suffisamment de sujets sur les français sur lesquels les français nous attendent pour parler de nous plutôt que des questions une dernière question
Gabriel Attal aujourd'hui les membres de la commission d'enquête parlementaire sur audiovisuel public doivent voter pour savoir s'ils publient ou non le rapport de Charles Alonc en cas de rejet ce serait six mois d'enquête qui serait jeté à la poubelle quelle est votre position ?
alors moi je ne suis pas membre puisque vous connaissez les règles de l'Assemblée c'est seulement les membres qui ont accès au rapport maintenant j'ai des membres de mon groupe ils se sont réunis hier et je crois qu'ils ont décidé de s'abstenir pour ne pas empêcher la publication du rapport pourquoi ne pas voter pour alors ? sans pour autant cautionner en tout cas valider le contenu du rapport avec lequel ils ont des désaccords s'abstenir ça veut dire quoi ?
le vote n'est pas uniquement Laurence Ferrari sur la publication du rapport le vote c'est est-ce que vous adoptez le rapport y compris avec son contenu ils ont des désaccords sur le fond avec le rapport ils ne veulent pas pour autant empêcher qu'il soit publié moi-même je vais vous dire je trouve ça très bizarre qu'il puisse y avoir 6 mois de commission d'enquête et qu'on bloque la publication d'un rapport donc d'ailleurs pour moi il faudrait peut-être changer les règles à l'Assemblée pour que la publication soit automatique et que le vote soit clairement pour ou contre les conclusions du rapport aujourd'hui c'est pas clair si la majorité est contre il n'y a pas de publication et donc le choix qu'ils ont fait c'est une abstention qui permettra a priori la publication du rapport sans pour autant avec une réforme
de l'audiovisuel à la clé vous y êtes favorable l'audiovisuel public le réformer
le rendre plus efficace bien sûr il y a toujours l'efficacité à gagner et à trouver et peut-être même je le lirai le rapport peut-être même que dans le rapport il y a certaines mesures qui sont intéressantes qui sont utiles pour faire des économies pour réformer je pense qu'il faut le faire plutôt en regardant l'avenir plutôt qu'en essayant de ramener l'audiovisuel public à une espèce d'ORTF voilà je pense que ça doit être ça l'objectif donc je lirai le rapport je pense qu'il y a évidemment des mesures à prendre il y en a eu d'ailleurs ces dernières années il y a des économies qui ont été demandées à l'audiovisuel public il faut regarder ça de manière dépassionnée
merci beaucoup Gabriel Attal en homme libre aux éditions de l'Observatoire c'est votre faux livre adressé aux français merci à vous bonne journée merci Gabriel Attal merci Laurence Ferrari restez avec nous sur Europe 1 vos signatures votre club culture dans un instant à tout de suite
Gabriel Attal