OVPL : entretien avec Catherine Pégard, présidente du château de Versailles
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Et de retour donc dans On va plus loin pour l'entretien du jour. Ce soir nous recevons Catherine Pégard. Bonsoir et merci d'avoir accepté notre invitation.
Vous êtes présidente du château de Versailles. Je le disais, Versailles est un des lieux majeurs du patrimoine français. Finalement, on sait assez peu de choses sur son fonctionnement, sur son mode de financement par exemple.
Je disais que l'État versait 130 millions d'euros par an. Non, le budget c'est 130 millions, mais l'État ne verse pas 130 millions, loin sans faux. La subvention de l'État représente à peu près 25% de notre budget.
Donc c'est dire que les plus gros contributeurs du château de Versailles sont ses visiteurs, 7,5 millions de visiteurs par an. Et pour le reste, nous avons des mécènes. Parlez-nous des mécènes, justement.
Je lisais qu'il y avait un partenariat qui était renforcé avec Renault par exemple récemment. Oui, récemment, le président de Renault est venu à Versailles et a choisi d'être le mécène du salon de la paix. Salon évidemment emblématique, encore plus emblématique aujourd'hui quand on parle de l'actualité qui est la nôtre trop souvent.
Et donc là, Renault a choisi de mécéner ce salon de la paix, un salon très emblématique du château de Versailles. Mais récemment, nous venons d'ouvrir la maison de la reine grâce à un mécénat de Dior qui nous a permis de réouvrir cette maison qui était quand même fermée depuis 1848. C'est vous dire que la générosité de nos mécènes est très importante pour ouvrir toujours davantage ce château.
Ce château, comme vous l'avez dit, rayonne dans le monde entier. Mais il rayonne parce qu'il a une offre qui est sans doute unique au monde et qui concerne aussi bien les jardins que l'intérieur du château, que les fontaines, que la musique. Donc on peut parler de tout à Versailles.
On a dit justement, puisque ça rayonne dans le monde, beaucoup de mécènes étrangers. Oui, on a des mécènes étrangers. Nous allons recevoir prochainement les Américains qui, par tradition, ont toujours été mécènes de ce lieu qui représentent beaucoup pour eux puisque c'est là que la révolution américaine a été soutenue par le roi Louis XVI qui, à l'époque, avait voulu accompagner l'indépendance américaine.
Et je crois que c'est resté dans l'histoire de Versailles comme la référence pour les Américains. Et quand les Américains viennent à Versailles, ils ont leur propre histoire qui défile à Versailles. C'est la raison pour laquelle ils nous accompagnent dans des projets qui sont souvent très ambitieux à la suite de Rockefeller qui, après la Première Guerre mondiale, a sauvé Versailles.
Sans jamais faire pression, ces mécènes, est-ce que c'est un combat quotidien pour vous de trouver un équilibre entre effectivement trouver ces mécènes qui sont précieux pour le site et puis évidemment peut-être répondre à des attentes qu'eux peuvent avoir en finançant des travaux, des rénovations ? Non, je ne crois pas parce que le mécénat, c'est toujours l'histoire d'une passion. Un mécène ne signe pas un chèque en blanc pour Versailles.
Et un mécène vient avec une idée, une certaine idée de Versailles. Qu'il soit un mécène particulier qui va donner pour le château de Versailles en adoptant un arbre pour 1 000 euros, ou qu'il s'agisse d'une grande entreprise, comme Renault, nous l'avons dit, ou comme Dior, qui donne plusieurs millions d'euros pour accompagner un projet fondamental de restauration. Quel regard vous portez sur le loto du patrimoine qui a été mis en place de façon très médiatique par Stéphane Berne, dont ne bénéficie pas, je crois, Versailles ?
Non. Vous le regrettez ? Non, parce que je pense qu'il y a beaucoup de monuments qui ont peut-être moins la chance de rayonner dans le monde et qui auront besoin de cette aide du loto.
Nous-mêmes, nous avons fait un jeu de grattage il y a quelques années pour le château de Versailles grâce à la Fédération française des jeux. Nous étions évidemment précurseurs ce jour-là et nous avons pu comme ça faire un ascenseur à Versailles pour les handicapés. C'est vous dire que c'est très important et que le mécénat sous toutes ses formes est très important et que je pense que ce loto va pouvoir aider des monuments qui seraient en péril et qui vont comme ça pouvoir évidemment être ouverts au public.
Parce que l'idée, c'est bien de montrer tout ce patrimoine culturel, de le montrer aux Français et de le montrer au monde entier. Le fait qu'Emmanuel Macron choisisse Versailles l'année dernière avec Vladimir Poutine, j'imagine que ça a été une vitrine, une incroyable vitrine pour le château, comme le G7 organisé par François Mitterrand en 82. On se rend compte à quel point Versailles est aussi un outil diplomatique.
Vous en avez conscience ? Oui, bien sûr, parce que je crois que c'est aussi inscrit dans l'histoire du château de Versailles. C'est le général de Gaulle qui, le premier, a voulu refaire de Versailles un lieu de rendez-vous diplomatique important en aménageant une résidence présidentielle au Grand Trianon et en y accueillant là ses autres étrangers les plus prestigieux pour des relations souvent plus intimes que celles qu'on peut avoir dans une visite d'État, dans un dialogue à l'Élysée.
Quand on reçoit à Versailles, les choses prennent une tournure différente. C'est à la fois un lieu de pouvoir, mais c'est aussi le symbole culturel de la France, mais c'est aussi le rendez-vous des arts, le rendez-vous des métiers d'art. Et je crois que ça donne une tonalité aux conversations qu'on peut avoir qui est un petit peu plus, j'allais dire, détendue.
Et en particulier, lorsque l'on va à Trianon, c'est ce que le roi Louis XIV voulait, vous savez, je crois que rien ne s'invente et que si on plaque les choses les unes sur les autres, elles ne sont pas authentiques et ça se voit. Et je pense que si le président Macron convie un homologue tel que le président Poutine à Versailles, eh bien c'est dans un fil historique, dans une continuité historique. Et ainsi, ça n'est pas plaqué, ça n'est pas, comme vous disiez, utiliser Versailles.
C'est simplement vivre avec Versailles dans son temps. Emmanuel Macron qui va, on le sait déjà, début juillet, de nouveau réunir les parlementaires au Congrès à Versailles. Alors je crois que ce n'est pas une aile qui vous concerne directement.
Si, ça nous concerne quand même parce qu'on accueille à Versailles. Mais bien évidemment, ce Congrès là aussi, c'est l'histoire du château de Versailles. Et si le président veut s'adresser devant les sénateurs et les députés réunis, devant l'ensemble du Parlement, il faut qu'ils viennent à Versailles.
Et je voudrais m'adresser à l'ancienne journaliste politique que vous êtes, Emmanuel Macron, qui aurait tendance à choisir souvent Versailles. Est-ce que vous, vous y voyez un message particulier, un trait de personnalité de notre président actuel ? J'y vois surtout un message à nos autres étrangers.
Je crois qu'il y a une perception de Versailles qu'on oublie beaucoup nous-mêmes les Français. C'est que pour les étrangers qui viennent à Versailles ou qui nous accueillent, Versailles est symbolique de la France. Et je pense que c'est symbolique de la grandeur de la France, mais aussi de son histoire, de l'histoire de, encore une fois, de ces métiers d'art que l'on voit défiler dans les images que vous montrez, à travers les tapisseries, à travers les meubles.
Et ça, c'est le Versailles d'aujourd'hui aussi. Alors bien sûr, il y a le poids de l'histoire, le poids de la grandeur, le poids du pouvoir. Tout ça est réuni.
Et tous ceux qui viennent à Versailles, invités par un chef d'État, le savent bien évidemment. Ils connaissent leur histoire. Mais c'est beaucoup plus que ça.
Mais c'est beaucoup plus que ça. Et ce n'est pas simplement, encore une fois, ça s'inscrit dans une longue histoire. Ce n'est pas seulement une opportunité du moment.
Et je crois que c'est très important pour les étrangers d'avoir ce regard-là sur la France à travers Versailles. Merci beaucoup Catherine Pégard d'avoir été notre invitée ce soir. Présidente du Château de Versailles qui propose effectivement toutes sortes d'événements culturels, balles, costumes, concerts et expositions.
Oui, on n'a pas du tout parlé des concerts. Beaucoup de concerts, de très beaux concerts qui allient à la fois le baroque et le contemporain. On aura bientôt la création d'une sonate à Versailles.
Et j'invite les spectateurs à aller peut-être sur votre site internet. J'imagine qu'à toutes les informations. Merci infiniment Catherine Pégard.
C'est la fin de cette émission.
Catherine Pégard