La grande interview : Michel Barnier
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'attend la France face à la crise des carburants ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Le gouvernement a-t-il assez d'argent pour agir ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Faut-il bloquer temporairement les prix des carburants ?
- 3:00OuverteRéponse partielle
Comment financer l'électrification des véhicules ?
- 4:00OuverteÉludée
Étiez-vous hostile à la guerre en Iran ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Faut-il soutenir les étudiants iraniens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Michel BarnierPromesse
« Il faut prendre des mesures ciblées. Et si ça continue, il faudra prendre des mesures plus générales de blocage des prix temporairement. »
- 2:30Michel BarnierFait
« Il faut bloquer temporairement les prix. C'est ce que vous nous dites, Michel. »
- 3:30Michel BarnierFait
« Les Américains qui ont lancé cette guerre sans trop réfléchir aux conséquences, sans mesurer la résilience. »
- 5:30Michel BarnierFait
« Il faut que Donald Trump, qui annonce d'ailleurs que les négociations reprennent. On voit bien qu'il veut en sortir. »
- 6:30Michel BarnierFait
« Il est engagé avec des lois de programmation militaire, mais pas suffisamment. »
- 7:30Michel BarnierPromesse
« Il faut réarmer, il faut soutenir notre industrie de défense, il faut tirer les leçons de la guerre. »
- 10:30Michel BarnierFait
« Il faut cesser de décourager les Français. Y compris par des règles comme celles qu'on a voulu introduire, avec une sorte d'écologie punitive. »
- 11:30Michel BarnierFait
« La masse de travail, la durée des vacances est plus longue chez nous qu'en Allemagne. Et donc, on a un problème de compétitivité. »
- 14:30Michel BarnierPromesse
« Je ne soutiendrai aucune formation qui sera dans la démagogie dans le nationalisme et dans le populisme. »
- 15:30Michel BarnierFait
« Je suis définitivement un passionnément patriote et je suis raisonnablement... Européiste. »
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour à vous. Bonjour Madame Ferreri.
Ancien Premier ministre, député LR de Paris. Commençons par la crise énergétique liée à la guerre en Iran qui se poursuit. Les travailleurs qui utilisent leurs voitures sont étranglés par les prix des carburants.
Le gouvernement envisage un décret pour encadrer les marges des distributeurs afin de ramener le prix du gasoil à 1,71€. Le litre de son côté, l'Allemagne a décidé de réduire pendant deux mois une grosse taxe sur le diesel et l'essence. Qu'attend la France ?
Est-ce qu'elle attend une crise sociale pour agir, Michel Barnier ? J'espère que non. La réalité aussi, c'est qu'on n'a pas d'argent.
On n'a plus d'argent. À force de l'avoir dépensé sans compter et en mettant la charge de l'emprunt, 65 milliards d'euros. Cette année, 65 milliards d'euros sur les épaules ou la tête de nos enfants, de nos petits-enfants.
Donc il faut faire attention. Néanmoins, il faut, comme le gouvernement a commencé de le faire timidement sur les agriculteurs, sur les pêcheurs, sur les aides-soignants, sur les transporteurs, il faut prendre des mesures ciblées. Et si ça continue, il faudra prendre des mesures plus générales de blocage des prix temporairement.
Mais il faut aussi dire la vérité aux gens. On ne peut pas dépenser de l'argent qu'on n'a pas. La réalité aussi, c'est qu'il faut voir comment...
Il faut bloquer temporairement les prix. C'est ce que vous nous dites, Michel. C'est une mesure que le gouvernement devrait étudier, de bloquer les prix, de bloquer les marges, pour demander à tout le monde un effort, y compris aux distributeurs.
Et en même temps, on parlait d'électrification, on parlait de cette mesure sur les aides-feu et cette écologie punitive dont vous parliez sur votre antenne. Il faut électrifier. Donc je peux imaginer, comme l'a dit un jeune député, M.
Vermorel, qu'on utilise une partie des taxes supplémentaires qu'encaisse l'État. Mais ce n'est pas tellement juste pour financer les gens qui ont besoin d'une voiture électrique. Il y a déjà des prêts flash carburant qui sont assez demandés par les entreprises.
Près d'une centaine d'entreprises ont déjà fait la demande auprès de la BPI. Ça, c'est pareil, mais c'est pour permettre de payer les taxes. Vous vous rendez compte dans quel pays on est ?
On demande aux entreprises d'emprunter pour payer les taxes sur le carburant. Vous me dites, Florence Ferrari, dans quel pays on en sait mieux que les pays endettés ? C'était le message principal que j'ai porté comme Premier ministre.
Arrêtons d'endetter notre pays et faisons un effort. Pourquoi ? Parce qu'il faut dire aux Français pourquoi on fait un effort.
Pourquoi il faut croire à la France ? C'est aussi important de dire le sens des efforts qu'on demande aux gens. Maintenant, la clé de cette question, c'est quand même que la guerre s'arrête.
C'est ça. Que les Américains qui ont lancé cette guerre sans trop réfléchir aux conséquences, sans mesurer la résilience. Vous étiez hostile à cette guerre, Michel Bariani ?
Ça ne sert à rien de dire, après coup, on est hostile ou pas. Le régime des Mollas devait tomber. J'étais hostile au régime des Mollas et personne ne pleurera sur le fait que l'ayatollah et d'autres aient disparu.
Hier, j'étais, Laurence Ferry, au Jardin du Luxembourg avec le président du Sénat pour marquer la mémoire des jeunes résistants lycéens qui ont été fusillés en 1942-1943, des jeunes de 17-18 ans. On a évoqué d'autres courages, ceux des étudiants iraniens qui ont été massacrés il y a quelques semaines à peine, ceux des étudiants ukrainiens. Donc, c'est le même courage qu'on trouve à travers les générations.
D'accord. Donc, il faut continuer à soutenir ces jeunes étudiants iraniens. Que ce régime tombe, il n'est toujours pas tombé.
Et que les hostilités cessent ? Il faut que Donald Trump, qui annonce d'ailleurs que les négociations reprennent. On voit bien qu'il veut en sortir.
Il s'est engagé dans cette affaire sans réfléchir à toutes les conséquences. On voit bien qu'il pense qu'il n'a besoin de personne. Moi, je pense que c'est une erreur de la part des États-Unis.
Je me demande combien de temps M. Trump devra prendre pour se rendre compte que ces agressivités, parfois ces agressivités incroyables contre le chef de l'État français ou contre le pape, vont le priver de tous les soutiens de son qui sont les mieux disposés, qui sont ses meilleurs alliés. Voilà.
Je pense qu'on ne peut pas gouverner le monde tout seul et faire la gendarme tout seul. Il reste que dans cette affaire, il y a aussi un pays auquel je pense, qui est le Liban. Et il faut très vite que ce conflit s'arrête.
Il y a un gouvernement libanais, il y a un président libanais, M. Raouna, avec lequel on peut discuter pour l'aider. Le cas Israël a entamé les négociations.
Enfin, après avoir beaucoup bombardé et poussé des centaines de milliers de Libanais vers le nord. En raison de la présence du Hezbollah. Oui, il faut désarmer le Hezbollah.
Il faut aider le gouvernement. Ça fait 30 ans qu'on dit qu'il faut désarmer le Hezbollah. Oui, mais là, vous avez un gouvernement libanais qui est prêt à le faire.
Donc, il faut l'aider. En a-t-il les moyens ? Je pense qu'il n'a pas les moyens tout seul.
Il faut qu'on lui donne le moyen, qu'on lui donne le temps. Et la France peut jouer un rôle dans ce domaine. La France a été exclue des négociations par Israël, étant donné les relations exécrables que nous avons avec le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
Oui, mais ce n'est pas à Israël de faire la pluie et le beau temps dans cette région tout seul. C'est Israël qui est menacé existentiellement, M. Parmi.
La France a des accords avec tel ou tel pays du Golfe. Les Émirats, Rabuny en particulier. La France a une tradition de solidarité avec le Liban.
Et je pense que c'est un autre rôle. Et le rôle des Européens, c'est d'aider le Liban à désarmer le Hezbollah. Que pèse la voix de la France, justement, dans ce conflit au Moyen-Orient, Michel Barnier ?
On voit que nous sommes exclus des négociations sur le Liban. Nous envisageons, avec la Grande-Bretagne, peut-être, d'aider à sécuriser l'étroit d'Hormuz. On a l'impression qu'on est un peu sur une position flottante.
Non, on n'est pas sur une position flottante. On a été exclus de cette négociation, de cette guerre. Les Américains ne nous ont pas demandé notre avis.
Tout le monde le sait. Néanmoins, c'est une région où nous avons une histoire, parfois des oppositions. Nous avons une tradition.
Je pense aux chrétiens d'Orient, nous avons une raison d'agir, notamment auprès de peuples avec lesquels nous sommes en coopération, ou des peuples qui sont des amis et des alliés, comme le Liban. Vous avez publié un fascicule qui s'appelle « Bâtir ensemble ». Vous dites qu'il est urgent, d'ailleurs, pour récupérer notre souveraineté, d'augmenter notre effort de défense à 3% de la richesse nationale, dans un monde, évidemment, qu'on voit extrêmement dangereux.
Est-ce qu'on est au niveau sur le réarmement de la France, Michel Barnier ? Il est engagé avec des lois de programmation militaire, mais pas suffisamment. Peut-être qu'il faut aussi réfléchir au modèle de notre armée pour faire face aux nouveaux conflits.
On voit bien en Iran qu'on est à la fois dans des conflits traditionnels, et puis dans des conflits totalement nouveaux, qui surprennent notamment la place des drones, qui sont l'arme numéro 1 de la guerre actuellement, y compris d'ailleurs au Proche-Orient. Oui, il faut réarmer, il faut soutenir notre industrie de défense, il faut tirer les leçons de la guerre, n'oubliez pas la guerre en Ukraine. Il y a des tas de leçons à tirer pour retrouver notre souveraineté, pour diminuer nos dépendances.
On avait une dépendance alimentaire, une dépendance en matière de sécurité, une dépendance en matière d'énergie. Il faut qu'on retrouve une Europe indépendante et une France indépendante. Ça, c'est l'objectif des cinq prochaines années.
Peut-être d'abord une France indépendante avant une Europe indépendante, Michel Barnier ? Oui, ça va ensemble, une France souveraine dans une Europe indépendante, si je devais résumer les choses. C'est ce que j'ai voulu dire dans ce petit document, que j'ai mis en débat sur un site, d'ailleurs, Bâtir Ensemble 2027, et je reçois toutes les contributions.
C'est une tentative pour montrer qu'un candidat de la droite républicaine et du centre, ceux qui m'ont aidé quand j'étais Premier ministre, ça n'a pas suffi, peuvent travailler ensemble, et pourquoi faire ? Et dire le débat d'idées, il est plus important que le débat de personnes pour l'instant. Oui, pour l'instant, la droite se complète dans le débat de personnes.
Oui, mais c'est pour ça que je voudrais qu'on en sorte. Absolument. Encore une fois, comment restaurer notre souveraineté ?
Vous avez été négociateur du Brexit, commissaire européen, ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac. Comment est-ce que nous pouvons, nous Français, retrouver notre souveraineté par rapport à Bruxelles, que vous connaissez bien, dont vous connaissez bien les méandres ? À Bruxelles, dès l'instant, on décide de rester européen, et on voit bien qu'il faut rester européen, sinon on est foutu.
On est définitivement sous-traitant des Américains et des Chinois, et moi, je ne me suis pas engagé pour De Gaulle il y a très longtemps en pensant que la France doit être sous-traitante. Mais ce n'est pas déjà le cas ? On n'est pas déjà un vasso de la Chine et des États-Unis ?
Non, je pense qu'on peut, grâce au marché unique, grâce à la coopération, grâce à notre propre capacité nationale en matière agricole ou industrielle, on peut, si on le soutient, rester souverain et travailler à une Europe indépendante. Donc, pour ça, il faut être influent aussi. Dès l'instant, on décide de rester européen, et même les Hongrois ont fait ce choix, et j'en suis très heureux, il y a deux jours.
Rester européen, mais pas n'importe comment, pas avec une commission européenne qui veut donner des instructions à tout le monde, et une bureaucratie. Vous savez, les bureaucrates à Bruxelles, c'est comme à Paris. S'ils prennent le pouvoir, c'est qu'on leur a laissé le pouvoir.
Donc, il faut reprendre le pouvoir. Comment on fait ? Eh bien, en étant influent.
Et ça commence par mettre de l'ordre chez nous, dans nos frontières, dans nos rues, dans nos comptes. Il faut remettre de l'ordre. On n'est pas influent quand on a un déficit de 3 200 milliards d'euros.
Une dette de 3 200 milliards d'euros. Est-ce qu'on peut récupérer le contrôle de nos frontières, Michel Barnier, je rebondis sur l'occasion, en restant au sein de l'Union européenne ? Oui, je pense.
Est-ce qu'il faut s'extraire de certains traités ou pas ? Non, pas s'extraire. Modifier les traités, c'est ce que vient de faire avec une directive, dite la directive retour de l'Union européenne, en donnant beaucoup de capacités pour maîtriser nos frontières.
Nos frontières, elles sont celles de l'Union européenne, parce que c'est le prix à payer, Madame Ferrari, pour avoir la liberté de circuler entre nous. Si on rétablait les frontières comme les nationalistes ne veulent, ceux d'extrême droite comme ceux d'extrême gauche, c'est très frappant, d'ailleurs pas marrant, mais frappant de voir que M. Bardella et Mme Le Pen disent la même chose que M.
Mélenchon. Ils votent souvent ensemble, comme ils l'ont fait contre moi. On doit faire que nos frontières européennes ne soient plus des frontières passoires.
Et donc aider, créer des postes de garde frontière et faire de vraies frontières, qu'on sache qui rentre en Europe et qui en sort. Comme aux États-Unis. Ça, c'est l'objectif.
Et on peut maîtriser nos frontières, et l'Europe doit nous le permettre. Michel Varnier, on voit les grands enjeux mondiaux qui nous entourent. Pendant ce temps-là, la France se complait dans ses querelles qu'elle adore, sur le 1er mai, sur le ZFE.
Vous siégez à l'Assemblée, vous savez de quoi je parle. Est-ce qu'encore une fois, il ne faut pas, comme le disait M. Pompidou, arrêter d'emmerder les Français ?
Oui, je pense. Pompidou le disait comme il avait l'habitude, avec les pieds sur terre. Et je pense qu'il avait raison.
Il faut cesser de décourager les Français. Y compris par des règles comme celles qu'on a voulu introduire, avec une sorte d'écologie punitive. Et pour ça, je recommande d'ailleurs à mes amis politiques, je le dis dans cette brochure, ne laissez pas l'écologie au vert.
Les verts très foncés qu'on a actuellement. Parce que sinon, très à gauche, il y a des sujets qu'il ne faut pas laisser aux autres. Ni la patrie à l'extrême droite.
Il faut défendre notre patrie nous-mêmes. Donc, je dis cela dans ce texte. Et je pense qu'en effet, il faut poursuivre et aller au bout de ce chantier de simplification que j'avais lancée lorsque j'étais Premier ministre.
Et par exemple, vous parliez du 1er mai. Est-ce qu'il faut travailler plus ? Est-ce que les Français ne travaillent pas assez, Michel Vargas ?
Il y a beaucoup de Français qui travaillent beaucoup et parfois beaucoup trop. Mais globalement, la masse de travail, la durée des vacances est plus longue chez nous qu'en Allemagne. Et donc, on a un problème de compétitivité.
Donc, il faut globalement, nous savons tous qu'il va falloir travailler plus. Il ne faut pas dire ça à tous les Français qui travaillent déjà beaucoup et je le répète, beaucoup trop. Mais le 1er mai, par exemple... 10% des Français pour 70% de l'impôt sur le revenu.
C'est une mesure de bon sens, le 1er mai. Que certaines professions, notamment les boulangers, le fleuriste, puissent travailler. Qu'on laisse les Français travailler quand ils le veulent.
Qu'on encourage le mérite plutôt que de l'ébrimer. Et ce sont des mesures de bon sens. Et on voit la gauche idéologique, l'extrême gauche, très violente, s'opposer à ça.
Je suis dans l'hémicycle hier soir et avant-hier soir sur un texte que je défends avec un jeune député Renaissance, M. Rotwell, pour tirer les leçons d'un drame, celui de Philippines et d'autres drames qui ont eu lieu. Et je vois des socialistes s'opposer à ça.
Ce sont des mesures de bon sens pour empêcher que d'autres drames n'arrivent. Et l'autre jour, une députée socialiste, Mme Hervieux, nous dit « On n'a pas fait d'études d'impact. » Je lui ai répondu « Mais vous pensez que la famille de Philippines a besoin d'une étude d'impact pour savoir qu'on doit mettre dans des centres de rétention administrative des gens dangereux et les empêcher de commettre des crimes avant de les expulser ? » Donc ce sont des mesures de bon sens et je pense que la France doit retrouver le bon sens.
Ce texte sera voté, votre avis, Michel Martin ? Je pense et j'espère qu'il va être voté par une majorité de députés et une majorité de sénateurs. C'est important pour notre pays.
C'est important pour notre pays de tirer des leçons partout et d'avoir des mesures de bon sens pour la sécurité des Français. Alors, vous avez un petit livre bleu, effectivement, « Bâtir ensemble » que vous avez envoyé à certains parlementaires, de la droite, du Bloc central, Gabrielle Attal, Bruno Rotaillot, Édouard Philippe. Vous dites alors qu'il est essentiel qu'il y ait une compétition, effectivement, entre les personnes télévites.
D'abord, il faut qu'il y ait un programme, une plateforme. Aujourd'hui, ce ne sont que des querelles de personnes. Qu'est-ce que nous ont dit ?
La droite est éparpillée, face en puzzle. On vient d'avoir des élections municipales, Madame Ferrari, dans toutes les communes de France. On a d'ailleurs choisi sereinement dès le premier tour, dans la plupart des cas.
Qu'est-ce qu'ils nous ont dit les Français sur le terrain ? Dans les petites communes qu'il faut écouter autant que dans les grandes. Mettez-vous d'accord et occupez-vous de nos problèmes.
Traitez nos problèmes. Arrêtez de faire des discours, de vous diviser. Donc, j'essaie de dire dans ce texte qu'il faut traiter pour les Français.
Alors, lesquels précisément ? La maîtrise de l'immigration, la sécurité publique, l'encouragement du travail et du mérite, redresser l'école, garantir la santé publique, faire de la France une puissance influente, à nouveau, dans le concert européen, le concert mondial. Il y a plein d'idées.
Par exemple, prenons un exemple...
Tout le monde dit ça, Michel Barnier. Concrètement, comment on s'y prend ? Prenons un exemple important, celui de l'éducation et de la formation.
Nous n'avons pas assez de jeunes qui font des mathématiques et qui deviennent ingénieurs. Je pense qu'il faut doubler...
Le niveau s'est effondré. Doubler le nombre d'ingénieurs dans notre pays, notamment en s'intéressant aux jeunes femmes qui sont prêtes à s'engager. Mais vous savez à combien on recrute aujourd'hui au CAPES de maths ?
À 5 sur 20. Les professeurs ne veulent plus entrer dans l'éducation nationale. C'est un chantier qu'on va régler par un coup de barreau.
Revaloriser la fonction publique ? Revaloriser la fonction publique, revenir aux fondamentaux. Il y a plein de mesures dans cette brochure que nous avons imaginées avec l'équipe qui m'entoure.
Et je mets en débat. Et apporter leur contribution. Et tous les mois, on va actualiser ce programme jusqu'aux élections présidentielles pour montrer que la droite républicaine, dont je fais partie, et le centre, les mouvements centristes peuvent travailler ensemble.
Elle va jusqu'où, la droite républicaine, Michel Barnier ? Est-ce que tout le monde s'échappe sur primaire, pas primaire ? Elle va de qui à qui pour vous, cette primaire ?
Elle va, de mon point de vue, je vais peut-être vous décevoir, de tous ceux qui font partie de ce sol, qui ont travaillé avec nous et qui ne sont ni populistes, ni simplificateurs, ni...
Donc ça peut aller jusqu'à Gabriel Attal et Edouard Philippe ? Ça peut aller à tous ceux qui ont travaillé avec moi et vous avez cité des noms de gens avec lesquels j'ai travaillé. D'accord.
Mais ce n'est pas ce qui est important, ce n'est pas tellement les personnes, pour l'instant, c'est qu'est-ce qu'on fait ensemble pour remettre de l'ordre dans la rue, remettre de l'ordre dans nos comptes qui en ont besoin pour protéger les générations futures et remettre nos comptes de l'ordre à nos frontières. Mais pour l'instant, on n'est que dans les querelles de personnes, personne ne parle de fonds, M. Barnier.
Est-ce que vous pourriez être l'homme providentiel, celui qui réunirait à cette droite éclatée face au puzzle ? Vous commencez par personnaliser, vous compliquez la situation. Je pense que chaque candidat devra se poser trois questions.
Le moment venu, ce moment n'est pas venu. Est-ce que je suis capable d'être chef de l'État ? Est-ce que j'ai la dignité, la capacité d'être président de la République ?
Deux, est-ce que j'ai le bon programme ? C'est à ce quoi je veux travailler. Et puis, est-ce que je peux rassembler au-delà de mon camp ?
Aucun candidat ne gagnera tout seul. Et nous devrons gouverner avec les autres. Donc, il faut se préparer à ça.
Donc, aucun candidat gagnera tout seul. Ça veut dire qu'en gros, le chemin est pavé pour le RN et les filles pour le second tour de 2027 à l'heure où on se parle. Non, ça veut dire que si on sait se mettre d'accord sur un programme et trouver un candidat qui rassemble, on sera au deuxième tour.
Sinon, on n'y sera pas. Et il faut y être. Et s'il faut se rassembler derrière Edouard Philippe, vous dites, Banco, on y va ?
Je ne vais pas dire ça maintenant. Pourquoi pas se rassembler derrière un candidat des Républicains ? On verra bien.
Pour l'instant, chacun est dans son couloir et chacun exprime, ce qui est logique, un projet politique et c'est bien que les Républicains et que M. Retailleau éventuellement, Edouard Philippe et d'autres soient candidats. Il y a un moment de vérité vis-à-vis des Français qui nous attendent au tournant où il faudra se mettre autour de la table et trouver un seul candidat pour porter ce projet.
Et pour gagner du temps, j'essaie de travailler avec tous ceux qui le veulent pour ce projet. Mais ce qui me frappe, c'est que pour vous, Bruno Retailleau n'est pas ce candidat naturel de la droite et des LR alors qu'il n'en est pas. Il est le candidat légitime des LR, des Républicains.
Il y a d'autres candidats Xavier Bertrand, M. Lysnard qui est parti malheureusement qui aurait pu être candidat. Je vais citer mon nom mais ce n'est pas le sujet.
Quel est celui qui le moment venu et ce moment n'est pas venu fera la preuve qu'il rassemble au-delà de son camp. Être capable d'avoir le bon projet rassemblé au-delà de son camp. Le plus grand danger pour vous Michel Barnier on est sur CNUS et Europe 1 c'est le rassemblement national ou c'est la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ?
Moi je n'aime ni l'un ni l'autre. Mais est-ce que vous mettez un signe égal entre les deux ? Je suis à nouveau député grâce à la confiance des Parisiens député du 7ème, du 6ème, du 5ème arrondissement depuis quelques mois.
Je vois un climat pré-insurrectionnel à l'Assemblée nationale. Mais instauré par qui ? Oui, par la violence réciproque de ces deux groupes et je vois...
Il y a de la violence du côté du RN ? Je vois la violence verbale qui peut d'ailleurs entraîner la violence physique on l'a bien vu du côté de l'extrême gauche et je pense qu'il faut...
Parler de la jeune garde j'imagine. Il faut combattre les deux de la même manière. Mais encore une fois s'il y a un choix à faire quel choix ferez-vous ?
Vous Michel Barnier avec votre histoire votre expérience Mon expérience et mon histoire Mélenchon, RN qu'est-ce que vous choisissez ? Je ne soutiendrai aucune formation qui sera dans la démagogie dans le nationalisme et dans le populisme. Voilà.
Pour l'instant je voudrais éviter ça. Ne demandez pas à un homme politique de se résigner. On ne fait pas de la politique de la résignation ni du fatalisme ni de la nostalgie.
Donc je ne suis pas comme ça et je ne suis pas montagnard pour être nostalgique et il faut regarder devant et regarder le sommet. Et donc je veux me battre pour éviter précisément ce choix que vous évoquez et que je ne veux pas avoir à faire. Un choix qui est important pour la jeunesse de notre pays qui a des grands enjeux encore une fois devant elle l'impact de l'IA sur les emplois est-ce que tous ces enjeux-là ils ne doivent pas être pris en compte au-delà des querelles politiques ?
Est-ce que je pense ? Je pense qu'il y a des sujets d'intelligence nationale. Et pas d'intelligence artificielle.
La maîtrise de l'immigration devrait être un sujet d'intelligence nationale. La réduction des déficits, l'encouragement du travail et du mérite de ceux qui veulent travailler devrait être un sujet d'intelligence nationale. Et en effet, les grands investissements qu'on va devoir faire sans doute avec les autres Européens y compris les Anglais sur l'intelligence artificielle, le quantique, voilà des sujets sur lesquels on doit beaucoup investir à condition d'en avoir les moyens.
Mais encore une fois, la France doit forcément évoluer au sein de l'Union Européenne pour exister selon vous ? Ma conviction est définitive. Je suis définitivement un passionnément patriote et je suis raisonnablement...
Européiste, disent certains. Non, non, je suis européen, lucide. Je sais ce qu'il faut changer à Bruxelles.
Il y a plein de choses à changer. Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Sinon, on va se retrouver tout seul.
Et si on se trouve tout seul dans le monde où nous sommes avec des empires qui ne demandent la permission à personne, qui, on le voit bien, nous agressent tous les jours. Monsieur Trump, le président chinois, le président russe, et ce sont des agressions très brutales quelquefois, on est foutus. Et moi, je ne suis pas en politique pour être dominé par les Chinois ou les Américains.
Pour vous, Donald Trump n'est plus un allié, c'est ce que je comprends. C'est un ennemi qui se comporte comme quelqu'un. C'est un ennemi ?
Non, certainement. Ne confondez pas les États-Unis avec M. Trump.
Ils l'ont élu quand même. Oui, M. Trump est le président des États-Unis, mais les États-Unis vont durer au-delà de M.
Trump et donc ce sont nos alliés. Mais l'alliance, ce n'est pas l'allégeance. L'alliance, ce n'est pas l'allégeance.
Et M. Trump ferait mieux de faire davantage attention quand on le voit agresser le Danemark et avec le Groenland, on se demande qui est l'allié de qui. Moi, je pense que les alliés que nous sommes doivent rester solidaires, mais bâtir une alliance qui soit équilibrée.
Et peut-être construire une Europe de la défense qui ne passe pas par des commandes d'avions américains dans tous les pays européens. Avant la préférence européenne dans tous les domaines. Pas seulement la défense.
Mais l'imposer alors ? L'imposer par la loi, par la réglementation. Il faut être affluent.
L'argent européen doit servir aux entreprises européennes, notamment aux entreprises françaises. Bien sûr. Mais quand on a un budget comme vous l'avez décrit au début de cet entretien, on est faible.
D'une manière générale, il ne faut pas être craint. Il faut être...
Oui, mais je pense que...
C'est l'antienne du président. Oui, mais c'est au-delà de ce qui est dit et de ce qui est fait. Je pense qu'il faut réduire les déficits et retrouver notre souveraineté financière.
Vous en voulez Emmanuel Macron de la situation dont il laisse le pays ? Il faudra faire le bilan un de ces jours. Il y a de bons côtés, il y a des points positifs sur les entreprises, l'attractivité de la France, l'apprentissage et aussi de grandes faiblesses.
On l'a vu notamment sur le nucléaire qui n'a pas été suffisamment soutenu et on le voit sur les déficits aujourd'hui. C'est lui qui a laissé filer les déficits de la France. Oui, mais on va bientôt parler de l'avenir si vous voulez bien.
C'est plus important de parler de l'avenir mais il faut tirer le son du passé. Michel Barnier, bâtir ensemble, c'est le fascicule que vous avez envoyé à tous ceux qui pourraient se présenter. C'est un objet de débat parce que le moment est priorité aux idées et aux projets pour aider notre pays et le rassembler.
Merci beaucoup d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe. Bonne journée.
Michel Barnier