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interviewFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 mai 2026 37 min

Pédocriminalité : tous cyber-flics ?

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès.

0:10
Invité

Le chiffre, évidemment, est flottant, mais il y aurait quasiment 2,5 millions, 3 millions de pédocriminels actifs sur le net. Chez nous, la plateforme Pharos, destinée à recueillir les signalements de contenu illicite de tous ordres, parle de 16 000 signalements de pédocriminalité. Au premier trimestre 2025, Pharos a retiré 50 000 contenus au moins. Le nombre de photos qui circulent est ahurissant. Comment ne pas être désespéré de ces chiffres, inquiet pour ces enfants, pour ceux des autres, et vouloir prendre part à cette lutte, aller chercher ceux qui traquent les petits dans les recoins d'Internet où vous ne savez pas aller.

Les associations, les groupes ou les internautes agiles, tout seuls, derrière leur clavier, commencent à être nombreux. Le dernier en date qui a provoqué de vives réactions et justifie aussi cette émission. Vous en avez forcément entendu parler, peut-être même que vous avez vu la vidéo qu'il a mise en ligne, celle d'un homme bedonant, libidineux, qui fait des propositions indécentes à ceux qu'il croit être une ado de 14 ans. En réalité, c'est une IA. À la sortie de cette vidéo, il y a ceux qui applaudissent. Bah, bien fait pour lui, le gros dégueulasse. Et il y a ceux qui s'inquiètent aussi. Certes, cet homme a été repéré, désormais placé en garde à vue.

Mais même les associations qui travaillent à traquer les pédocriminels sont souvent gênées. Exposer quelqu'un sans passer par une procédure judiciaire. Est-ce que c'est ça qu'on veut ? Est-ce que c'est ça qu'il faut faire ? Exposer pour passer aux pédocriminels l'envie de recommencer. Est-ce qu'on doit parler de lanceurs d'alerte et considérer que ça va avec le travail de la police, qui, objectivement, ne peut pas être partout ? Est-ce qu'il faudrait, puisqu'ils sont là, encadrer, réglementer, informer peut-être ceux qui partent d'une bonne volonté, mais peuvent aussi entraver le travail de la police ?

Qu'est-ce qui se passe si le pédocriminel traqué et exposé était justement dans un réseau visé par la police ? Est-ce que l'usage de l'IA et la multiplication de ces chercheurs de pédocriminels peut virer au Far West ? Est-ce qu'on doit craindre une forme de dérive un peu à l'anglo-saxonne ? C'est le téléphone sonne, mes amis, soyez les bienvenus. Le téléphone sonne. 01 45 24 7000. La première question, elle est sur WhatsApp, c'est celle de Didier de Nogent-sur-Marne, qui nous dit ceci. Que dit la loi au sujet des chasseurs de pédophiles ? Est-ce que cette activité est reconnue ?

Les preuves accumulées sont-elles recevables, y compris lorsqu'elles sont recueillies en dehors des clous d'une procédure judiciaire ? Pour répondre à toutes ces questions, toutes vos questions ce soir jusqu'à 20h autour de la table, il y a Véronique Béchut, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice de l'observatoire de l'association I-Enfance et vous êtes ancienne commandante de police à l'Office des mineurs. Vous allez nous raconter votre translation. Il y a Agathe Foucault, bonsoir. Bonsoir. Vous, vous êtes porte-parole de la police nationale et vous y êtes toujours. Il y a Cédric Téna, pardon, qui est là également. Bonsoir.

2:45
Présentateur

Bonsoir.

2:46
Invité

Vous êtes le président de l'association Les Enfants d'Argus. Vous traquez, vous, les pédocriminels sur Internet et de manière quasi professionnelle. Je vais le dire comme ça, vous allez nous expliquer comment vous faites. C'est peut-être vers vous, Agathe Foucault, que je vais me tourner d'abord pour répondre à cette question-là. Est-ce que les preuves accumulées lorsqu'elles vous arrivent sont de toute façon toutes recevables ? Quand on les recueille en dehors des clous de la procédure, comme dit notre auditeur, est-ce que ça marche quand même, si j'ose dire ? Alors, pour les personnes qui le font sans être policiers, oui, les preuves sont recevables.

Mais il faut avoir conscience en agissant comme ça et en diffusant ces vidéos, en particulier sur les réseaux sociaux, comme ça a été le cas sur la dernière affaire, qu'il y a un risque de destruction des preuves justement par le pédocriminel qui va être informé, qui va être au courant que potentiellement il va faire l'objet d'une procédure. Là, par exemple, dans le cas qui a justifié cette émission, le cas de cet homme dont la publicité, effectivement, la vidéo sur Internet a fait parler beaucoup de monde. Là, pour le coup, est-ce qu'on dit, bah oui, ça a marché ? Parce que vous ne pouviez pas tomber sur lui et en même temps il existe et désormais il est mis en examen.

Ce qui a fonctionné, c'est le comportement de l'internaute qui a transmis le signalement de cette vidéo à la plateforme Pharos que vous évoquiez et qui nous a permis d'ouvrir l'enquête et effectivement d'interpeller l'individu. Ça veut dire que s'il l'avait mis sur le net sans passer par Pharos, c'était mort ou pas ? Ça veut dire qu'il aurait dû transmettre directement sa vidéo à Pharos, ce qui aurait enclenché l'enquête autant que la publicité qui en a été faite. Mais ce que je veux dire, c'est que vous ne pouvez pas agir. Vous tombez dessus sur YouTube, par exemple, il l'a mis nulle part, il l'a prévenu nulle part.

Vous avez le droit de l'appeler lui en disant où est-ce que vous avez trouvé ce gars-là et enclencher une procédure ou pas ? Oui, on va ouvrir une procédure. Le code de procédure pénale permet d'agir en cas de faits dédictueux qui sont constatés. Vous allez nous raconter comment vous travaillez, Cédric Tainette, parce que vous aussi, j'allais dire, vous faites la même chose. Non, justement, vous le faites de manière bien plus... Est-ce que je dis bien plus sage ? Bien plus professionnelle ? Est-ce qu'on peut dire les choses comme ça ? Comment vous qualifiez ?

4:43
Présentateur

En tout cas, on travaille avec des professionnels, on travaille avec les forces de l'ordre, toujours main dans la main. Je reprends juste un terme, un autre terme. Nous, on ne traque personne. On ne chasse personne. C'est eux qui traquent les enfants. Paradoxalement, nous, on ne fait absolument rien sur les réseaux sociaux. C'est eux qui viennent à nous et c'est eux qui nous traquent. Je faisais de manière plus professionnelle, puisqu'on travaille main dans la main avec les forces de l'ordre. L'année dernière, on a même eu deux policiers qui sont venus en stage dans l'association et qui ont signé des conventions de stage.

On a un cabinet d'avocats qui travaille avec nous dans des procédures très, très strictes. Et nos procédures, en tout cas, ont toujours abouti à des effets judiciaires.

5:18
Invité

Comment ça se passe pour vous ? Ça veut dire que vous inventez un profil et vous attendez que ça vienne ? Pardon de le dire comme ça. Parce que ma question d'après, c'est ça vient en combien de temps, en fait ?

5:26
Présentateur

En quelques minutes. Effectivement, on crée des profils d'enfants, des enfants virtuels, grâce, en tout cas, avec de l'intelligence artificielle, puisqu'on ne mettra jamais d'enfants en danger et on ne va pas mettre des photos, par exemple, de nos enfants plus jeunes. Ça va toujours être de l'intelligence artificielle, parce que ça nous est déjà arrivé de tomber sur des gens qui étaient juste à côté de chez nous, c'est possible. Des enfants qui auraient, pour la France, en tout cas, 10 et 12 ans, donc pour la France, qui sera entre la 6e et CM2, 6e, 5e. Et on vit sur les réseaux sociaux, très basiquement, sans absolument rien faire.

Mais comme je vous disais, en quelques minutes, on a des demandes d'amis, on s'aperçoit qu'à leur photo, ou dans certains cas, ils essayent directement de se cacher, que c'est des adultes qui viennent très, très, très rapidement.

6:09
Invité

À partir de quel moment vous signalez ? C'est-à-dire, le gars qui vient commence à discuter avec ce qu'il croit être une petite fille ou un petit garçon. À quel moment vous dites, là, je signale ? Qu'est-ce qu'il faut qu'il ait fait ou dit, si j'ose dire, pour que le signalement puisse être utilisé par la police après ?

6:25
Présentateur

Alors, évidemment, on ne va pas appeler la police parce qu'un vieux monsieur nous a proposé une sucette. C'était le principe de ma question. On l'aura à tous les cas. Il y a très rapidement de la corruption de mineurs, mais maintenant, on s'aperçoit également qu'avec la facilité d'accès qu'ils peuvent avoir aux pédoporno, on reçoit de temps en temps du pédoporno ou du porno. Ils essayent de faire dériver l'enfant sur de la sexualité. Ils veulent très souvent, en tout cas, que l'enfant lui parle de sexualité. Nous, on ne fera jamais. On n'est jamais, jamais dans l'incitation. C'est toujours eux qui viendront vers nous.

On peut appeler la police au bout d'une journée, au bout d'une semaine ou un mois. On va monter notre dossier, l'envoyer au procureur. Et dans ce cas, assez rapidement, après, ils sont interpellés suivant les infractions qui sont constatées.

7:09
Invité

Je ne vous ai pas obligé, Véronique Béchut, mais en écoutant Cédric Ténage, j'ai une question à Gathe Foucault. Est-ce que, juridiquement, si, dans ce que nous raconte Cédric, on incitait celui qui est de l'autre côté, tu ne veux pas qu'on se voit, etc., des choses qui incitent, effectivement, peut-être vont le faire sortir du bois. Est-ce que, juridiquement, c'est ce qui peut faire tomber un dossier, par exemple ? Il y avait Véronique Béchut, l'ancien policier qui dit absolument. C'est ce qu'on appelle la provocation à l'infraction, en termes policiers. Et, effectivement, ce n'est pas possible de provoquer à l'infraction.

Et les policiers, lorsqu'ils agissent également sous pseudonyme, le cadre est vraiment posé et précis. Et le seul but, c'est de permettre d'apporter, justement, aux magistrats des éléments de preuve pour que, derrière, ils condamnent le pédocriminel. Ça veut dire qu'une association comme celle de Cédric Ténage vous dit oui, donc vous travaillez ensemble, d'ailleurs. Et l'idée, c'est ça, en fait. Comment vous faites pour faire la différence entre le bon grain et l'ivraie ? Ceux qui travaillent, comme nous l'expliquent les enfants d'Argus, et ceux qui sont derrière leur ordinateur et qui se prennent, effectivement, pour des justiciers masqués.

Et est-ce que c'est compliqué de faire cette différence ? Sans doute, ce qu'il faut interroger, c'est la finalité de l'action. Effectivement, Cédric l'explique, c'est la lutte contre la pédocrimialité, c'est également le travail des policiers. Lorsqu'il y a d'autres intérêts, comme des intérêts monétaires, qui sont visés, eh bien là, naturellement, on peut vraiment s'interroger sur l'utilité de l'action. Il y a beaucoup d'appels, et on y viendra, Véronique Béchut, qui nous disent, mais effectivement, la police ne peut pas être partout, peut-être est parfois impuissante.

Est-ce que c'est pour ça que vous, vous avez translaté, si j'ose dire, deux commandantes de police à l'Office des mineurs jusqu'à l'association I-Enfance ? Qu'est-ce que vous faites là ? Que vous aviez le sentiment que vous ne pouviez pas faire ? Ou est-ce que, simplement, vous aviez fait le tour de ce que vous faisiez à la police, et vous avez l'impression d'apporter quelque chose à I-Enfance que vous n'auriez pas apporté si vous n'aviez pas ce background-là ? Alors, je pense que, déjà, on ne fait jamais le tour de cette thématique, je dirais ça, malheureusement.

Et je pense que les collègues qui sont engagés au quotidien dans cette lutte, qui sont là pour protéger les enfants et lutter contre les violences sexuelles, qu'elles soient en ligne ou hors ligne, sont extrêmement engagés. Et ça, on peut vraiment leur reconnaître. Néanmoins, je pense que, vu l'ampleur des phénomènes, de la multiplicité qui se dégage de l'utilisation d'Internet, que les nouvelles technologies, comme l'intelligence artificielle, développent de nouveaux phénomènes, et qu'effectivement, on ne peut pas mettre un policier derrière chaque ordinateur, derrière chaque écran, derrière chaque école, etc.

Et, à mon sens, la prise en compte de l'enfant dans sa globalité, c'est-à-dire en répression de ce qu'il peut subir, mais surtout en prévention, ne subissent pas ces faits, est extrêmement important. Donc, évidemment, pendant 25 ans, j'ai été en répression, et je me dis que là, c'est bien d'avoir aussi le champ de la prévention, de la sensibilisation, de manière à outiller les enfants aussi pour détecter eux-mêmes en ligne quand ils font face à une situation problématique et savoir comment réagir pour que, justement, on n'en arrive pas à un passage à l'acte.

On va reparler de prévention, mais on va parler aussi d'agilité, justement, parce que les enfants, je le disais tout à l'heure en introduction, vont dans des recoins d'Internet où, moi, je ne sais pas aller, par exemple, je ne sais pas aller chercher où sont ces gens. Je voudrais d'abord qu'on écoute Anissa, qui est avec nous. Bonsoir, Anissa. Bonsoir, Fabienne. On vous écoute. Pour moi, si notre système était efficace dans la traque de ces pédocriminels, je serais contre ce type de méthode. Mais manifestement, on n'y arrive pas.

Ils agissent, un enfant sur dix par classe, si ce n'est pas plus, selon certaines enquêtes, on n'arrive pas à les mettre en prison avant qu'ils fassent du mal à des enfants. Donc, moi, ces méthodes-là, vu que notre système n'arrive pas à les endiguer, je suis pour, parce que je préfère un tien que deux tu l'auras. Et par rapport à ce qu'a dit votre invité, elle a dit que c'était une incitation à passer à l'action, que d'avoir ce type de méthode-là. Moi, ça me dérange qu'on utilise cette expression. C'est comme dire qu'un violeur, il est passé à l'acte parce qu'on l'a incité à violer une femme, parce qu'elle avait des vêtements qui l'auraient excitée.

quelles que soient les raisons pour lesquelles un pédophile parle avec de mauvaises intentions à un enfant, c'est répréhensible. Donc, s'il est passé à l'action et qu'on arrive à l'enfermer à ce moment-là avant qu'il agisse, je suis promenée. Anissa, merci beaucoup pour votre témoignage. Agathe Foucault, c'est pour vous. Je voudrais préciser que quand vous parliez d'incitation tout à l'heure, vous expliquez qu'on n'a pas le droit juridiquement d'inciter à l'infraction ou au crime au moment où on est devant son clavier. Et c'est là que la limite juridique effectivement est ténue.

Mais sur ce que dit Anissa, qui dit mais de toute façon, il y en a trop, c'est trop compliqué pour la police parce qu'il y en a trop. Donc, laissons les associations agir. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Alors, deux choses effectivement pour Anissa. Les termes ne sont pas des termes policiers ou les miens. C'est les termes du code de procédure pénale. Et donc, c'est la provocation à l'infraction qui est encadrée lorsqu'elle est notamment réalisée par la... Enfin, elle n'est pas possible pour notamment les policiers qui enquêtent sous pseudonyme. Après, effectivement, il y a des associations qui agissent avec nous. Et c'est ce qu'on encourage.

C'est effectivement d'agir de cette manière mais de manière encadrée en respectant les règles et en respectant les modalités qui vont permettre derrière que les éléments qui sont apportés puissent permettre la condamnation de l'individu. Est-ce que vous aussi, au fond, Cédric Teyna, vous avez un peu la trouille de ces justiciers tout seuls derrière leur écran et qui probablement partent d'un bon sentiment et veulent bien faire mais sont moins structurés, on va dire, que vous l'êtes vous aux enfants d'Argus, par exemple ?

13:07
Présentateur

C'est ça le problème. C'est que ça risque à un moment ou à un autre de vous décrédibiliser. C'est pas un jeu. C'est pas un jeu de se confronter à la pédocriminalité. S'il y a des professionnels qui le font dans les forces de l'ordre, c'est que c'est vrai, c'est dur. Quand on dit aux gens qu'il y a un enfant qui est agressé toutes les trois minutes, c'est pas la peine d'essayer d'aller voir si ce qu'on vous dit c'est vrai. C'est pas du complotisme. C'est vrai. Donc, laissez faire les professionnels ou alors, venez vers nous, association, on essaye de se structurer, mais quand les gens rentrent dans l'association, on fait un énorme tri. On prend peut-être une personne sur 100 ou sur 200.

13:42
Invité

J'allais vous demander si moi je viens vous voir, qu'est-ce que vous allez me demander par exemple, honnêtement ?

13:46
Présentateur

Pour entrer dans l'association, il me faudra votre quasi-judiciaire, une pièce d'identité, un CV. Tous nos membres entre eux sont anonymes, mais j'aurais vu tous les membres par visio pour savoir qui est qui. Que vous ne m'aviez pas envoyé la pièce d'identité de votre voisin. Les cow-boys, on ne va pas travailler avec eux. Les gens qui ont leurs enfants qui ont été abusés il y a quelques jours, quelques semaines ou eux-mêmes et qui ne sont pas entre guillemets guéris ou on ne les prendra pas non plus. Encore une fois, ce n'est pas un jeu. C'est dangereux. Autant pour les familles de pédocriminels ou même pour nous-mêmes. Il faut faire attention à ce qu'on fait.

Il faut surtout bien penser qu'on est là pour essayer de faire neutraliser des pédocriminels. C'est une chose, mais surtout pour essayer de venir en aide aux enfants. Il n'y a pas de buzz médiatique à faire derrière tout ça, même si aujourd'hui, avec ce qu'a fait Finizzi, c'est pour ça qu'on est là ensemble.

14:36
Invité

Finizzi, c'est le fameux internaute qui a dévoilé cette vidéo.

14:39
Présentateur

Voilà, c'est ça. Ça fait effectivement un buzz. On peut s'apercevoir que ce n'est pas top parce que le monsieur qui l'a mis en avant, il a pu faire disparaître des preuves. Il était très certainement en contact avec d'autres personnes qui ont pu eux-mêmes se cacher. C'est possible, mais d'un autre côté...

14:57
Invité

Donc, on a pu perdre le réseau. C'est possible.

14:59
Présentateur

Je ne sais pas, je ne suis pas au courant de l'enquête, mais c'est possible. Mais d'un autre côté, c'est aussi pour les très jeunes de faire de la prévention. Même si, dans le cas de toutes ces vidéos, on fait voir aux enfants qui regardent ces vidéos, qui ont 10, 11 ans, 12 ans, du contenu possiblement pédocriminel, puisque en live, on voit tout ce que ces messieurs racontent.

15:18
Invité

voici Marie qui nous attend au Standard. Bonsoir, Marie. Oui, bonsoir. On vous écoute, Marie. Moi, j'ai un témoignage en deux temps. La première chose, c'est que je suis très partagée sur ces initiatives personnelles. Je comprends très bien les questions qui se posent. Moi, mes enfants ont été victimes d'agressions sexuelles par un individu qui a été identifié par des associations américaines. Je ne sais pas comment on fonctionne de ces associations. Est-ce que c'est comme vient de l'expliquer votre invité, des personnes très sélectionnées ou si c'est des personnes physiques qui sortent sur le net et qui identifient des pédophiles ?

En tout cas, l'alerte a été donnée au service français par ces associations. Cette personne a été identifiée et en remontant la file, on s'est aperçu qu'il avait commis, outre des infractions, des agressions sexuelles, également des viols. Très bien. Identifié, ouverture d'une instruction, instruction au cours. Une instruction pour viol sur mineurs, c'est 4 ans minimum. Aujourd'hui, cette procédure est en cours depuis 3 ans. On a un procès qui ne s'annonce pas avant au moins un an. Et pendant toute cette période, cet individu est sous un contrôle judiciaire extrêmement léger. Il est en liberté. Qu'est-ce qui l'empêche d'être en contact avec des enfants ? Pas grand-chose. Rien.

Il est un casier judiciaire vierge à ce jour. Qu'est-ce qui l'empêche de continuer à surser sur le net comme il le faisait en modifiant ses IP, etc. Rien. Et donc, je comprends très bien les questions qui se posent. Mais quand la justice est débordée, les policiers sont débordés, la justice est très lente, si ces personnes se sentent surveillées par un peu plus qu'uniquement la police, est-ce que ce n'est pas un moyen aussi de freiner certains. Pas tous, mais au moins certains. Merci beaucoup pour votre témoignage.

Marie, un mot là-dessus, Véronique Béchut, parce que quand elle parle de ses enfants, Marie, c'est aussi vous que ça concerne dans une association comme IEnfance, comme vous le disiez, effectivement, vous, ce que vous vouliez, c'est que votre spectre d'intervention, si j'ose dire, soit plus large. Elle a raison, il y a toute cette période qui est longue et qui est compliquée pour les familles, évidemment. Oui, tout à fait.

Alors, pour revenir sur les propos de Marie, en fait, la structure américaine qui a signalé l'agresseur de ses enfants, c'est le National Center for Missing and Exploited Children qui est aux Etats-Unis, qui est une fondation et qui collecte, en fait, tous les signalements que font les veilles opérationnelles et les services de modération de chaque plateforme parce que les plateformes font de la détection volontaire et dès qu'ils détectent un contenu, quel que soit le contenu, pédocriminel, ils ont l'obligation légale de le signaler. Et ensuite, on géolocalise tant l'auteur que la victime via son adresse IP et les services d'enquête qui sont concernés dans les pays sont saisis.

Ça a été le cas pour l'agresseur des enfants de Marie. Vous voyez exactement de quoi on parle. Tout à fait, c'était mon service qui a reçu le signalement et qui ensuite l'a envoyé aux collègues aux services locaux qui ont pu enclencher. On a ouvert l'enquête et les services locaux ont pris la main. Donc déjà, je suis ravie de savoir que les enfants de Marie sont actuellement en sécurité et que l'individu est sous contrôle judiciaire. Alors, c'est toujours le problème du contrôle judiciaire. Je pense qu'effectivement, ce monsieur doit avoir une interdiction dans le cadre de ce contrôle judiciaire d'être en contact avec des mineurs.

on sait que c'est quelque chose qu'ils ne respectent pas forcément et encore là, c'est compliqué d'aller vérifier tous les jours si cet individu n'est pas en contact d'enfant, notamment via le net parce que c'est extrêmement facile. Donc oui, ça peut être compliqué mais encore une fois, il ne faut pas hésiter.

Quand on a un souci, qu'on soit parent, qu'on soit professionnel ou qu'on soit un enfant, quand on constate quelque chose en ligne, il y a bien évidemment, on peut signaler un contenu à la plateforme Faros mais quand on a besoin de parler avec des psychologues, avec des juristes et d'évoquer, surtout quand on est un enfant, une problématique, il ne faut surtout pas hésiter de faire le 3018 parce que c'est un numéro qui a été créé il y a 20 ans. On a 25 écoutants, ils sont formés, on est là, on a un gendarme, il y a moi-même qui sommes présents pour aider les collègues. Il faut absolument, absolument, avoir ce réflexe dès qu'on a une situation problématique en ligne de signaler.

Il n'y a que comme ça qu'on pourra, en quelque sorte, c'est un appui au service d'enquête pour orienter vers des situations problématiques et des individus problématiques. Ce que vous donnez d'ailleurs vous, Cédric Teynat, une fois que vous vous dites là, je préviens la police, c'est quoi ? C'est une adresse IP et ensuite charge pour la police d'aller matcher une identité avec une adresse IP ?

20:24
Présentateur

Non, on ne donne pas une adresse IP, on réussit à remonter jusqu'au domicile réel de la personne. On trouve son domicile. Donc c'est un nom que vous donnez en fait ? On donne le nom, l'adresse, la profession, la date de naissance, tout ce qu'on arrivera à trouver. On arrive légalement en open source à tout trouver. même si les gens se cachent, nos enfants virtuels sont tellement pointus dans ce qu'ils font qu'à un moment ou à un autre, dans certains cas, on a même des pièces d'identité.

Si l'enfant virtuel est terrorisé parce qu'il ne veut pas venir à la gare où le monsieur lui a donné rendez-vous parce que maman nous a dit qu'on pouvait être kidnappé, le gars, pour nous rassurer, va nous envoyer une pièce d'identité, un permis, une carte vitale. On peut, dans certains cas, tout avoir. Il faut quand même

21:02
Invité

être sacrément sûr de soi, c'est presque ça qui est totalement effrayant.

21:05
Présentateur

Ils sont sûrs d'eux.

21:06
Invité

Je vous vois sourire et j'entends bien que vous souriez jaune, Agathe Fougo, parce que vous connaissez ce genre de cas, mais il faut quand même être sacrément sûr de soi pour montrer sa pièce d'identité. Donc, ne jamais imaginer que derrière ce geste-là, il peut y avoir aussi la police et le reste. C'est quand même assez fou. Oui, c'est assez fou et malheureusement, c'est une réalité, Véronique le disait, à laquelle est confrontée les policiers au quotidien.

Effectivement, leur travail est difficile d'être confrontée à ce type d'image et donc ça nécessite une formation particulière et juste pour rebondir, effectivement, il y a un numéro de téléphone national qui existe et pour les mineurs qui souhaitent également communiquer avec des policiers, signaler un comportement qui serait anormal pour échanger avec un policier, eh bien, il y a un espace mineur aujourd'hui qui est dédié sur MaSécurité, qui est un site internet qui permet d'échanger avec un policier. Après, j'ai écouté le reportage, le témoignage de Marie tout à l'heure, effectivement, et le signalement par une plateforme américaine.

Si on monte justement jusqu'à cette dérive-là, puisqu'on parle des Etats-Unis, aux Etats-Unis, il y a des applis qui sont même gratuites où on a la carte des pédocriminels qui sont autour de vous géographiquement sans savoir s'ils ont été jugés, s'ils ont été... si le fait qu'ils sont fichés, c'est juste parce que, pardon, ils ont été pris en train de faire pipi derrière une voiture, ce qui est parfaitement interdit aux Etats-Unis ou quelque chose d'extrêmement plus grave. La crainte, est-ce que c'est ça aussi, c'est d'en arriver à ce genre de dérive-là ou est-ce qu'on a le sentiment quand même que tout ça est bordé chez nous nonobstant le cas qui nous occupe aujourd'hui ?

Alors le cadre légal est différent entre les Etats-Unis et la France. Ça s'appelle l'excès ensuite. Et pour nous en France, il y a aussi le risque, au-delà de la déperdition de preuves, de l'impossibilité d'identifier potentiellement des victimes si des éléments sont effacés sur les ordinateurs, il y a le risque pour la personne qui va aller chercher le pédocriminel de commettre lui-même des infractions avec une atteinte à la vie privée, une atteinte à la présomption d'innocence, à la diffamation. D'où la nécessité, on en revient, à réaliser cette activité avec des associations. Regardez ce que nous dit Lucie sur WhatsApp. Elle dit, je suis très partagée autour de ces méthodes-là.

Le phénomène, évidemment, est systémique. Regardons ce qui se passe, par exemple, avec le périscolaire à Paris. Elle nous dit ceci, mettre en avant un président du NSS parce que c'était la profession du gars qui a été chopé, en roue libre, ça permet de montrer que le monstre, c'est aussi monsieur tout le monde. Elle signe maman de jeunes enfants en vigilance extrême. Et ça, monsieur tout le monde, Cédric Tainat, c'est ce que vous voyez aussi, j'imagine, tous les jours.

23:40
Présentateur

C'est tout le temps, monsieur tout le monde. C'est tout le monde, monsieur tout le monde. Les gens ont l'imaginaire du pédocriminel, Marc Dutroux, Fourniré, mais ça, c'est très très rare. Le pédocriminel, c'est la personne qui est à côté de vous et les gens qui se posent des questions, mais arrêtez de fermer la fenêtre de votre appartement ou de votre maison quand un enfant y crie. C'est peut-être un enfant qui est en train de souffrir ou il se passe quelque chose. N'allez pas chercher un pédocriminel à l'autre bout du monde. C'est autour de vous que ça se passe. Alors, il ne faut pas tomber dans la psychose, mais il peut y avoir des pédocriminels autour de vous. Il faut faire attention.

24:15
Invité

Le cas qui nous occupe là a mis l'IA en valeur puisque c'était une fausse petite fille. C'est aussi des faux profils que vous faites, vous. J'imagine que l'IA change tout, mais dans tous les sens du terme, est-ce que l'IA, Véronique Béchut, change aussi pour les pédocriminels qui peuvent se cacher mieux peut-être derrière des IA ? Est-ce que ça rend votre travail plus difficile aux uns et aux autres ? Je vais faire un tour de table là-dessus. Alors, Nique Béchut ? Déjà, il faut savoir que, mais je pense que Mme Foucault pourra appuyer mon propos. En tant qu'enquêteur, on n'a pas le droit d'utiliser des outils avec de l'intelligence artificielle.

Pour l'instant, il n'y a pas de cadre légal qui nous l'autorise. C'est en discussion, donc on espère que ça arrivera très vite pour les collègues enquêteurs. Mais l'IA, c'est un vrai sujet. À l'heure actuelle, c'est devenu une véritable arme pédocriminelle. C'est un outil qui est pleinement utilisé par les pédocriminels pour réaliser leur fantasme, pouvoir avoir un accès facilité aux enfants. Par exemple, dans le cas de l'extorsion sexuelle, jusqu'à présent, les pédocriminels devaient groumer les enfants, c'est-à-dire les mettre en confiance. Typiquement, ce qu'on a vu en ligne dans le cas qui nous occupe, c'était vraiment un mécanisme de prédation de grooming.

Avec l'IA, maintenant, ils n'ont même plus besoin de faire ça. C'est l'IA qui est seule, vous voulez dire ? Non, pas du tout. Ils vont chercher sur les réseaux sociaux des enfants qui ciblent une photo. Ils vont la modifier avec des outils de déshabillage. Ils vont envoyer ça à l'enfant en lui disant « Moi, j'ai un contenu de toi comme ça. Si tu ne veux pas que je le diffuse à tous tes amis, tu vas m'en produire. Et donc, tu vas te filmer dans des positions à caractère sexuel.

Donc, ça amplifie les phénomènes, ça détourne complètement et surtout, ça banalise la circulation des contenus puisqu'on peut créer plein de contenus pédocriminels de tout type en quelques secondes avec des outils de création d'IA. Et là, vraiment, on sort de son ordi, on prévient ses parents et on fait monter quand on reçoit ce genre de choses qu'on est un gamin. Je vais vous poser la question à tour de rôle. Vous aussi, Cédric Théna, l'IA, ça vous aide à travailler. Est-ce que ça vous tend aussi des pièges ? Est-ce que c'est vraiment à double tranchant cette affaire ?

26:34
Présentateur

C'est exactement ça, l'IA, c'est à double tranchant. Jusqu'à maintenant, on n'a pas eu à se battre contre l'IA, mais c'est exactement ça. Ils peuvent s'en servir pour faire chanter les enfants et après, ils vont se servir de l'IA au début pour faire chanter le gamin avec une fausse vidéo, une fausse photo, mais l'aboutissement pour eux, c'est de passer dans du réel. C'est très rare qu'ils se contentent de rester dans le réel à un moment ou un autre. Ils veulent une vraie photo, même s'ils sont capables de la faire avec l'intelligence artificielle, ça les excite d'avoir la vraie photo. Ils ont réussi à dominer l'enfant.

J'ai eu le cas dernièrement, c'était une journaliste canadienne qui avait pris contact avec nous. La personne a été arrêtée. C'était un Français et qui a commencé comme ça et qui ensuite a fait le pire à la gamine par un change de photo et heureusement, à un moment, la gamine a craqué, mais elle a craqué en allant parler à son maman où elle était terrifiée. Heureusement, elle ne s'est pas fait du mal comme malheureusement on voit des fois des cas de suicide ou de scarification ou autre.

27:30
Invité

On va retourner au standard rapidement mais juste un mot, Agathe Foucault, est-ce que vous, dans la police, vous dites vivement qu'on puisse nous aussi, pour jouer à armes égales, il faut jouer avec les mêmes armes. Donc vivement qu'on puisse nous aussi jouer avec l'IA. Si j'ose employer le mot. Qu'on puisse utiliser l'intelligence artificielle de manière plus présente. Oui, évidemment et ça reprend vraiment l'intérêt de la prévention et de la sensibilisation de nos enfants à ce type de comportement et d'aller parler, d'aller échanger en appelant un numéro de téléphone, en allant sur ma sécurité. Voici Marion qui est avec nous. Bonsoir Marion.

28:03
Auditeur

Oui, bonsoir. On vous écoute. Bonsoir, merci. J'écoute l'émission depuis tout à l'heure et j'ai notamment écouté les interventions, notamment celles de Marie. Je voulais juste dire qu'il y a quelque chose qui me choque dans cette émission. C'est que je n'ai pas une seule fois entendu vu le terme de prévention d'innocence et qu'on soit, donc c'est la raison pour laquelle vous faites cette émission, donc la traque qui a été faite pour la personne qui a été mise en examen ou ce que disait Marie tout à l'heure sur le contrôle judiciaire qui n'est pas satisfaisant et effectivement les contrôles judiciaires ne sont jamais très satisfaisants.

Néanmoins, même quand une information judiciaire est ouverte et c'est ce à quoi ça aboutit, finalement la raison pour laquelle vous faites cette émission, les personnes restent présumées innocentes. C'est quelque chose qui est fondamental, qui est une pierre angulaire de l'état de droit et je suis extrêmement choquée que ça n'ait pas été rappelé dans cette émission par personne. Voilà, je suis choquée et une autre chose que je voudrais dire aussi c'est que moi aussi je suis avocate. Voilà, c'est ce que j'allais

29:06
Invité

vous demander mais je me doutais un peu.

29:09
Auditeur

Mais je vous en prie. Je suis avocate en Seine-Saint-Denis et je déplore les délais de la justice. Je suis la première à le déplorer. Les justifications croulent sous les dossiers ce qui explique puisque la détention provisoire est limitée dans le temps et bien heureusement que des personnes se retrouvent sous contrôle judiciaire mais encore une fois elles sont présumées innocentes et finalement si on ajoutait peut-être un peu plus de budget à la justice notamment et bien les informations judiciaires seraient traitées plus rapidement. Je pense à ce que disait Marie notamment et à ses inquiétudes vis-à-vis de ses enfants et de la personne qui est mise en examen.

Mais voilà, en tout cas mes propos portaient vraiment sur le fait que je suis très choquée qu'à aucun moment on ait parlé de présomption d'innocence parce que votre prochaine émission ça va être dans quelques mois et ça va être la vengeance dans la rue à partir du moment où on va constater quelqu'un peut-être à regarder des enfants dans un parc ou à envoyer un message ou quoi que ce soit.

30:00
Invité

Alors, n'exagérons rien mais quand on parlait tout à l'heure de dérive et d'arriver à une dérive face à ces pratiques-là effectivement elle a raison Marion de craindre ce genre de dérive parce qu'on ne sait jamais effectivement où on va parler de temps qui court et pour la présomption d'innocence pardon Agathe Foucault elle a raison aussi Marion. Bien sûr c'est une des dérives qu'on évoquait tout à l'heure il y a se rendre soi-même auteur de diffamation d'atteinte à la vie privée d'atteinte à la présomption d'innocence et c'est pour ça qu'enquêter sous pseudonyme et bien effectivement requiert une formation particulière et ça se fait dans un cadre particulier.

Christophe Ella, bonsoir Christophe Bonsoir On vous écoute Christophe

30:41
Auditeur

Oui, bonsoir moi j'ai été en charge d'un très très gros site de vidéo français il y a quelques années et on travaillait beaucoup avec à l'époque le CLC TIC qui s'occupait de Paros donc en 2015 c'était de mémoire une soixantaine de personnes aujourd'hui c'est 200 de ce que j'ai vu et donc on parle en fait de 200 personnes qui travaillent sur l'ensemble des sujets cyber dont pédo criminels pour l'ensemble de la population française donc en gros on est sur un commissariat d'une petite ville pour l'ensemble de la France et donc on vient de passer 20 ans à faire des lois sur du juridique de l'outil technique etc sauf que le vrai sujet on le voit c'est un sujet humain donc à un moment donné la discussion elle est simple mais juste il faut mettre des gens

31:20
Invité

Vous avez fini Christophe parce que vous vous arrêtez d'un coup vous êtes encore là ?

31:25
Auditeur

Oui oui Mais j'ai entendu la phrase

31:27
Invité

il faut mettre des gens et Marion avait raison il faut mettre des gens pour la justice et évidemment Agathe Foucault si vous aviez plus de personnel on n'aurait pas besoin de Cédric Alors d'abord Cédric il a réussi à dire l'OCLTIC parfaitement donc c'est l'office anti-cybercriminalité et effectivement l'office de la police judiciaire auquel est rattachée la plateforme Faros ce sont des policiers qui ont traité en 2025 55 000 signalements 14% étaient liés à des atteintes mineures et donc elles ont toutes donné lieu effectivement à une prise en compte et à une enquête Après l'organisation de la police nationale ne s'arrête pas à l'office anti-cybercriminalité et l'OFMIN traite également des signalements dans les départements tous les commissariats ont au sein de leur service judiciaire des policiers qui sont formés qui sont dédiés à la lutte sur les atteintes aux mineurs et donc ça ne s'arrête pas aux 200 policiers qu'évoquent Cédric Est-ce que c'est pour ça d'ailleurs Cédric Ténac que vous vous êtes lancé parce que vous vous êtes dit de toute façon il n'y a pas assez de monde de toute façon la police ne peut pas être partout donc moi aussi je dois y apporter ma pierre ça commence comment vous cet engagement là pardon c'est votre métier d'ailleurs ou pas

32:35
Présentateur

absolument pas absolument pas je travaille dans l'association en plus de ce que je fais tous les jours et je travaille beaucoup c'est juste un truc je suis un peu choqué par ce qu'a dit notre avocate de Saint-Denis mais nous on parle toujours de présumés pédocriminels on parle toujours de présumés innocents très bien moi ce qui me choque c'est un enfant toutes les 3 minutes qu'il a agressé sexuellement il n'y a personne qui se met à hurler là on me demande souvent pourquoi je fais ça très souvent pourquoi vous vous faites ça moi j'ai envie de vous dire pourquoi vous vous le faites pas un enfant toutes les 3 minutes c'est 400 enfants par jour en France 160 000 par an pourquoi je fais ça vous avez raison

33:09
Invité

mais pour défendre ce que disait Marion tout ça doit toujours rester dans le cadre de la loi mais on reste dans le cadre mais on reste dans le cadre

33:14
Présentateur

la police reste dans le cadre la justice reste dans le cadre on n'a jamais vu un policier outrepasser ses droits en matière de pédocriminalité évidemment qu'on parle toujours de présumés innocents mais est-ce que c'est

33:25
Invité

je reviens à ma question est-ce que c'est précisément devant ce constat-là pas assez de trop de pédocriminels trop d'enfants victimes pas assez de policiers pas assez de monde derrière une plateforme

33:36
Présentateur

il n'y a très certainement pas assez de moyens dans la lutte contre la pédocriminalité c'est un constat on voit bien il n'y en a pas assez il n'y a pas assez de prison il n'y a pas assez de personnes qui peuvent les arrêter il n'y a pas assez de psys pour pouvoir les aider parce qu'il faut penser aussi à ça pour moi un gars qui est pédophile c'est pas de sa faute moi je suis hétéro il y a des gens qui sont homos il y a des gens qui sont pédo c'est pas de leur faute à eux c'est de leur faute quand ils passent à l'acte mais pour ne pas qu'ils pensent à l'acte ça serait bien aussi de pouvoir les soigner et ça c'est pas prendre parti pour eux ça serait de pouvoir les aider mais pensons d'abord à tous ces enfants qui sont agressés je ne suis pas du tout injusticier je ne suis surtout pas pour qu'il y ait des vengeances parce que tout ça ça va nous desservir ça serait même très dangereux et si un jour quelqu'un de l'association les enfants d'Argus venait à faire du mal à un pédocriminel ou à présumer pédocriminel moi mon association elle va sauter ça sera fini on ne pourra plus aider les enfants et des cas où on aide les enfants on est partie civile car dans toutes nos affaires nous on est partie civile il y en a énormément

34:33
Invité

puisque l'heure tourne Véronique Béchut et justement la parole aux enfants en fait vous parliez de prévention tout à l'heure moi j'ai un souvenir en tête de cette série Adolescence il y a cette phrase du père qui dit je croyais que mon fils était tranquillement dans sa chambre en réalité il était sur des choses que j'ignore devant son ordinateur comment on fait pour lutter contre ça comment on fait pour prévenir de ce qu'il peut y avoir sur le dark net des endroits où ils savent encore une fois aller les enfants ou moi je ne sais pas aller comment on fait pour faire ça est-ce que cette lutte c'est aussi un peu vider l'océan à la cuillère alors déjà il faut savoir que le dark net on s'en fait tout un monde mais encore une fois les pédocriminels ce sont des majoritairement monsieur tout le monde et donc ils sont là où sont les enfants les enfants ne vont pas ou très rarement sur le dark net les enfants sont sur les plateformes les plateformes de jeu les enfants sont sur les réseaux sociaux les enfants sont sur les applications mobiles chiffrées whatsapp télégramme vous avez quand même 41% des enfants de primaire qui sont déjà sur whatsapp où on sait que les pédocriminels les plus à risque à haut profil de risque sont également donc c'est quelque chose qu'il faut aussi savoir c'est-à-dire que les médias utilisés par les enfants ce sont ces mêmes médias que vont utiliser les pédocriminels donc en fait on intervient dès le primaire dans tous les niveaux pour expliquer les bons usages du numérique comment bien paramétrer ces profils où il faut aller pas aller et également expliquer les dangers parce qu'en fait les enfants ils n'ont pas peur d'un inconnu ils ont peur de l'inconnu ce qui est différent donc on leur explique ce qu'ils risquent s'ils agissent de telle ou telle manière en ligne et on double ça très régulièrement de sensibilisation aux parents parce que les parents on sait que 74% d'entre eux ne savent pas ce que font leurs enfants en ligne donc en fait l'accompagnement à la parentalité numérique est aussi extrêmement importante à l'heure actuelle et former les policiers aussi Agathe Foucault en former plus j'imagine à savoir comment naviguer effectivement dans ces endroits sombres si j'ose dire former les policiers effectivement à la prise en compte des procédures mineures former les policiers à l'enquête sous pseudonyme effectivement c'est des choses importantes et qui sont une priorité pour la police nationale Merci beaucoup à tous les trois merci de votre participation merci à tous pour vos appels Merci à tous les deux

Pédocriminalité : tous cyber-flics ? · Pourquijevote