Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe billet d'humeur de Patrick Kanner· 8 juillet 2026 6 min

La chronique de Patrick Kanner du 08/07/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

sur Radio-J, nous sommes à présent en ligne avec Patrick Cannaire, ancien ministre sénateur du Nord, président du groupe socialiste, écologiste et républicain au Sénat. Bonjour.

0:09
Patrick Kanner

Bonjour, Léna. Merci beaucoup, Patrick,

0:11
Présentateur

d'être avec nous ce matin sur Radio-J. Je voulais vous faire réagir avant votre chronique sur cette condamnation de Marine Le Pen. Trois ans de prison, 45 mois d'inéligibilité et pourtant, grâce à un pourvoi en cassation qu'elle a annoncé hier soir sur TF1, elle sera candidate du Rassemblement national. Ça vous choque ?

0:31
Patrick Kanner

Alors, c'est son droit, mais la vraie question, c'est est-ce que nous pouvons imaginer un jour, dans notre pays, de la République française, celle qui a été imaginée sous la cinquième par Charles de Gaulle, d'avoir une reprise de justice comme présidente de la République ? Voilà, c'est la question. Madame Le Pen a été condamnée en première instance, elle a été recondamnée en appel et la cassation n'est que la vérification de l'application du droit. Donc, Madame Le Pen est effectivement quelqu'un qui a, excusez-moi, volé dans la caisse de l'Union européenne.

1:01
Présentateur

Alors, par ailleurs, vous examinez actuellement un projet de loi logement présenté par le gouvernement comme un grand texte de relance et de simplification. On est en pleine crise immobilière, Patrick, est-ce que c'est enfin la réponse concrète que les Français attendaient ?

1:15
Patrick Kanner

Non, non. Je vous rappelle les chiffres, Iliana, et pour nos auditeurs, on a aujourd'hui 3 millions de demandes de logements sociaux non satisfaites, on a 4 millions de mal logés dans notre pays, et il y a même 1 million de locaux citoyens qui n'ont aucun logement des SDF ou qui vivent en cohabitation. Donc, on est très loin de l'objectif, c'est du bricolage de dernière minute, 10 articles pour un sujet aussi important, c'est trop peu. Le ministre Jean Brun nous promet un rythme de 400 000 logements par an. Aujourd'hui, on est à peine à 300 000 logements construits par an.

Je pourrais d'ailleurs rappeler qu'il y a 10 ans, à l'époque de François Hollande, nous étions sur un rythme de 500 000 logements par an, donc ça a été une catastrophe. 10 ans d'Emmanuel Macron en matière de logement et notamment de logement social, ça a été une catastrophe. Donc, le logement social va mal, le logement privé va mal. Cette loi est vraiment une toute petite réponse, une goutte dans un océan, malheureusement, de dérive.

2:15
Présentateur

Alors, le projet de loi met pourtant sur la table le lancement de l'ANRU3, ce grand plan national pour rénover les quartiers populaires d'ici 2040. C'est quand même une mesure forte pour les élus locaux, pour les habitants.

2:26
Patrick Kanner

Bien sûr, ce n'est pas celui qui a été ministre de la Ville qui a lancé l'ANRU2, c'est-à-dire cette politique de rénovation urbaine dans les quartiers difficiles qui vous dira le contraire. Ça a été lancé en 2016, mais à l'époque, j'avais les financements et les engagements de l'État ont été tenus. Aujourd'hui, l'État n'a versé que 22% des sommes promises sur les dispositifs précédents. Et ce que je crains, c'est que les 900 millions d'euros qui sont encore dus par l'État aux collectivités territoriales, ne soient pas versés considérant la difficulté budgétaire de notre pays. Donc, c'est une bonne nouvelle. On va y souscrire dans le débat parlementaire. Nous l'avons donc déjà fait.

Mais je crains malheureusement que ce ne soit encore une annonce non concrétisée par des financements à la hauteur. Et puis, il y a un autre sujet important qui est traité. C'est la mise sur le marché de logements en difficulté, de logements, de passoires thermiques. 700 000 logements, 700 000 passoires thermiques qui d'ailleurs deviennent des bouloirs thermiques l'été, on le sait bien aujourd'hui, vont être remises en location avec une promesse de contrat de travaux par les propriétaires entre 3 et 5 ans. Pendant ce temps-là, les gens vont vivre dans des conditions impossibles.

Donc, c'est une très mauvaise idée que nous allons combattre aujourd'hui même d'ailleurs au Sénat, à la haute Assemblée.

3:46
Présentateur

Le gouvernement affirme aussi vouloir décentraliser la politique du logement, donner plus de pouvoir aux maires, notamment pour attribuer les logements sociaux de leurs communes. Pourquoi la gauche s'y oppose ?

3:58
Patrick Kanner

Alors, c'est une fausse décentralisation. En fait, il y en a qui braquent tout le monde, à commencer d'ailleurs par l'Association des maires de France et qui, vous savez, est composée de toutes les sensibilités politiques. L'article 9 du texte veut forcer, par exemple, le transfert de la gestion des logements d'urgence aux intercommunalités. C'est unanimement que nous combattons cette idée. Il faut là que les logements d'urgence restent au niveau communal pour avoir un vrai suivi social des personnes les plus en difficulté. C'est manifeste.

Par contre, on voit que les maires pourraient être je dirais les seuls à décider qui aurait un logement social dans leur commune dans le logement social classique ce serait une erreur, ce serait une contre-vérité, une très mauvaise idée encore une fois parce qu'on risque d'avoir des choix qui ne soient pas des choix républicains et des choix prioritaires pour telle ou telle population en excluant d'autres populations. Donc, nous pensons que ce n'est vraiment pas à ce bon niveau que la décision doit être prise.

heureusement, heureusement, et ça c'est une bonne nouvelle, vous voyez, j'essaie d'être le plus équipé possible, la loi SRU, cette loi qui oblige la construction de logements sociaux dans toutes les communes françaises, eh bien, ne sera pas heureusement touchée par ce texte. Donc, voilà, une mesure qui date de plus de 20 ans maintenant et qui sera respectée. Et donc, vous avez devant vous un sénateur combattant qui veut protéger le logement social dans notre pays et permettre que la crise de logement soit traitée dans de meilleures conditions.

5:33
Présentateur

Eh bien, merci beaucoup. Merci à vous, Patrick Canin, d'avoir été avec nous ce matin sur Radio-J. On vous retrouve jusqu'à la fin du mois de juillet avec plaisir en podcast sur Radio-J.fr et sur notre chaîne YouTube Radio-J. Ne bougez pas tout de suite. Le Zoom Israël de Pascal Zonschein à suivre également le billet d'humour et l'invité de la rédaction ce matin, c'est Franck Riester, maire de Coulomiers et ancien ministre de la Culture qui répondra à nos questions.

La chronique de Patrick Kanner du 08/07/26 — Patrick Kanner · Pourquijevote