L'invitée d'Apolline Matin : Manon Aubry - 04/05
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Il devait passer le flambeau. Jean-Luc Mélenchon, candidat une quatrième fois à l'élection présidentielle. Il l'a donc annoncé hier soir au journal télévisé de TF1. Bonjour Manon Aubry. Bonjour. Vous êtes eurodéputée La France Insoumise. Vous étiez d'ailleurs hier dans cette réunion qui a officiellement approuvé la candidature de Jean-Luc Mélenchon. On y reviendra dans un instant. Un homme blanc de 74 ans qui a quand même déjà échoué trois fois. Est-ce que c'est ça pour vous la nouvelle France ?
Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, c'est celui qui a amené la gauche au plus haut ces dernières années, quand la gauche était en cendres, y compris après le quinquennat de François Hollande. C'est celui qui a raté de peu la marche du second tour en 2022. Et moi, j'ai envie de faire cette campagne avec enthousiasme, parce que je pense que Jean-Luc Mélenchon, il a la stature, la carrure, dans un désordre international global de ramener une voix de la France qui pèse au niveau international et qui répond aux urgences des Français. Et puis Jean-Luc Mélenchon, rassurez-vous, il n'est pas seul. Il est entouré d'une équipe, j'en fais partie, avec d'autres. Je crois que c'est une des plus grandes forces.
Quand il disait « faites mieux », nous avons fait mieux aux élections européennes, nous avons fait mieux aux élections législatives. Et c'est désormais avec cette force collective qu'il va faire la campagne de 2027. C'était une évidence ? Oui, je crois que c'était une évidence. Pour être honnête, on en discute déjà depuis des mois entre nous, évidemment. On en a discuté dans notre réunion de direction du mouvement politique la semaine dernière, puis notre réunion d'intergroupe. Mais quand je dis « c'était une évidence », c'est-à-dire qu'effectivement,
vous faites partie des partis qui mettaient le plus en avant l'idée d'un vrai renouvellement de la classe politique. Les femmes, les jeunes, les personnes racisées, pour reprendre l'expression utilisée par vos propres députés. Et finalement, Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon, justement, il incarne celui qui a permis de porter ces propositions qui s'adressent à cette nouvelle France.
Oui, de les porter. Mais vous vous souvenez des propos même de Rima Hassan, par exemple, qui dit « le temps du porte-parole-là est révolu ».
Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même celui qui a permis à la gauche d'être à son plus haut niveau. Et on aurait tort de se priver de cet atout. On aurait tort de se priver de ses compétences. Et on aurait tort de se priver de l'équipe et du programme qui va derrière. Et d'ailleurs, on n'est pas les seuls à le penser. En l'espace de moins de 24 heures, on a fait appel à un parrainage citoyen. On en est ce matin à plus de 60 000 signatures sur Mélenchon2027.fr.
Sur le site que vous avez ouvert hier.
Exactement. On a demandé 150 000 parrainages citoyens parce que nous ne croyons pas au parrainage de grands élus. Et c'était d'ailleurs la proposition de Lionel Jospin, 150 000 parrainages citoyens. Donc, j'invite tous ceux qui nous écoutent qui se disent en ce matin, dans la nuit noire, il peut y avoir une aurore et une lumière au bout du tunnel. Vous voyez, j'ai envie d'être un petit peu poétique ce matin. Mais parce qu'on a besoin de cet espoir, on a besoin de relever la tête, on a besoin de défendre la dignité du peuple français, la hausse du salaire minimum, la retraite à 60 ans, le blocage des prix de l'essence, notamment des gens qui sont pris à la gorge.
C'est ça qu'on va défendre dans cette campagne. Je crois que ça répond à une inspiration.
On va parler de l'économie ce matin. A 8h30, tout à l'heure, je recevrai le gouverneur de la Banque de France. Et je le signale pour ceux qui nous écoutent ce matin, il reviendra précisément sur les prévisions de croissance qui clairement seront sans doute bien moindres que celles qui étaient éventuellement espérées. Et vous étiez donc à cette réunion qu'on appelle réunion intergroupe hier. On en a vu quelques photos que vous avez divulguées sur les réseaux sociaux. Ça s'est décidé comment, cette candidature de Jean-Luc Mélenchon ?
Alors d'abord, ça s'est décidé dans une procédure qui a été votée par l'ensemble des militantes et des militants insoumis. Ça a fait peu de bruit, mais nous avons tenu une assemblée représentative il y a plusieurs semaines de cela. Et nous avons décidé d'une procédure. Cette procédure est la suivante. C'est une proposition qui est faite par notre direction du mouvement qui s'appelle la coordination des espaces, dans laquelle je siège également, qui a ensuite proposé la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la réunion d'intergroupe.
Mais il n'y avait pas de groupe de candidature ?
Non, parce que je pense qu'aujourd'hui, il était une évidence pour nous toutes et nous tous qu'il était notre meilleur représentant. Oui, mais on a eu une discussion collective. Aujourd'hui, Gabriel Attal est candidat. Et candidat, pardon, quelle est la procédure qu'il a nommée ? Pas encore président, il l'espère. Et je pense qu'il ne le sera pas. Et en tout cas, on n'a pas envie qu'il le soit. Quelle est la procédure qu'il a nommée candidat ? Pareil pour Edouard Philippe, candidat d'horizon. Quelle est la procédure ? Je crois qu'on a eu la procédure... Donc c'est un exemple pour vous ? Je pense qu'on a eu la procédure... Non, mais je veux dire, c'est un exemple pour vous.
Vous dites finalement que les autres ne font pas mieux. Non, non, non.
Ce que je vous dis, c'est que nous, on se distingue précisément parce qu'on a eu une procédure qui est transparente et qui est maintenant soumise à l'onction populaire avec le site de soutien. Écoutez, 60 000 signatures en moins de 24 heures, c'est beaucoup plus que toutes les autres initiatives qui ont été prises, tous partis confondus.
Le programme, vous l'avez dit, vous avez résumé ça, j'ai l'impression vraiment, à un mantra. La retraite à 60 ans, le SMIC qui serait augmenté nettement et un blocage des prix.
Pas que, je vous rassure. Mais au moment où on se parle, c'est vos trois piliers. On aura l'occasion de présenter notre programme plus en détail à l'automne. Vous savez, à la France Insoumise, on est des travailleurs et je crois qu'on avait le programme le plus complet en 2022. Il sera tout aussi complet, y compris en explorant de nouveaux domaines, de nouvelles questions qui sont posées. Je pense à l'intelligence artificielle, comment mieux redistribuer les richesses dans notre pays à l'aune d'un niveau de pauvreté qui est inégalé. Toutes ces questions seront explorées. Moi, j'aurai à cœur de poser la question aussi de l'héritage. On aura l'occasion de détailler tout ça dans cette campagne.
Elle sera longue, elle sera vivante et elle sera aussi innovante en ce qui nous concerne.
Elle nous cause la question dans un instant, notamment sur les profits totales. Mais je voudrais qu'on puisse accueillir aussi la parole et la réaction de Cédric. Bonjour Cédric.
Bonjour Apolline.
Cédric, vous êtes taxi en Haute-Garonne. Manon Aubry vous écoute, votre réaction.
Bonjour Madame Aubry. Déjà, moi je suis atterré par la candidature de personnes qui ont été très proches du pouvoir, voire députées, qui n'ont jamais rien fait pour, entre guillemets, sauver la France, faire ce qu'il faut, et qui là, bizarrement, auraient les idées pour sauver la France.
Il a été ministre, député aussi, mais je veux dire, sénateur, me semble-t-il. Et ministre, ça veut dire quoi ? Vous estimez, vous, qu'il faut changer, qu'il faut...
Moi, je suis pour le renouvellement, exactement. Mais mettre qui à leur place, c'est vrai, c'est une question dont je n'ai pas la réponse. Mais vous voyez, j'ai toujours voté toutes les élections municipales, tout. Mais là, c'est la première fois où je ne donnerai ma voix à personne. Je vais voter blanc, même si je sais que ça ne comptera pas.
Vous prévoyez pour la première fois de ne pas voter ? Parce que vous estimez que les candidats... On n'est pas encore tout à fait sûr de tous les candidats, mais enfin, une bonne partie. Vous estimez qu'ils sont tous dans le paysage depuis trop longtemps ?
C'est ça. Et puis, à mes yeux, ils n'ont rien fait pour sortir du caca dans lequel on est actuellement. Et là, bizarrement, ils auraient la possibilité de le faire, les idées pour le faire. J'ai du mal avec ça, en fait. Manon Aubry.
Écoutez, on va se dire les choses. Franchement, la France, elle est à l'envers. Et ça ne vous a pas échappé que nous n'étions pas au pouvoir ces dix dernières années. Et je pense qu'Emmanuel Macron a mis la France à l'envers. Et nous, on veut essayer de la remettre à l'endroit. Et donc, pendant toutes ces années, on a porté des propositions extrêmement concrètes. Quand je vous parle, par exemple, du blocage des prix, ça fait partie des propositions que nous avons portées à l'Assemblée nationale. Quand je vous parle de l'augmentation du salaire minimum, ça fait partie des propositions que nous avons portées à l'Assemblée nationale.
Quant au renouvellement, je crois que l'équipe qui est autour de Jean-Luc Mélenchon démontre qu'il y a une nouvelle génération qui est entrée en politique. J'en fais partie. Ce n'était pas mon métier. Moi, je travaillais pour une ONG, l'ONG Oxfam, dans la lutte contre l'évasion fiscale. Et je mets mes compétences, mon expertise, au service de cette campagne, comme d'autres collègues le font. Et j'espère, et je me donne un défi. On a un peu moins d'un an de campagne pour vous convaincre. Et j'espère qu'on arrivera à vous convaincre.
Une question, Manon Aubry. François Ruffin, qui vient de vos rangs au départ, se dit aujourd'hui hostile à l'immigration de travail. La France ne doit pas faire appel à des médecins algériens, tunisiens ou roumains. Comment vous réagissez ?
Je crois qu'on ne combat pas l'extrême droite en allant sur son terrain. Et c'est un avertissement que je veux lancer assez solennellement à tous ceux qui se revendiquent de la gauche et qui, aujourd'hui, peut-être perdent un petit peu leur boussole. On combat l'extrême droite en bataillant fermement contre ces idées, contre, par exemple, au niveau européen, a été voté ces derniers mois des textes catastrophiques qui violent allègrement les droits humains. On va renvoyer, on va créer des camps d'exil dans des pays dans lesquels les exilés n'ont jamais mis les pieds. On va renvoyer des Afghans en Albanie, par exemple.
Pour vous donner que ces exemples-là, et je pense que François Ruffin fait une erreur et que la gauche, dans son histoire, a toujours été accueillante, non pas pour ouvrir les vannes, mais pour dire, en fait, quand des personnes ont traversé la mer Méditerranée au péril de leur vie...
Alors là, il parle de l'immigration de travail et de l'appel aux médecins étrangers.
Il y a un vrai enjeu et défi dans notre pays, c'est de faire en sorte de former suffisamment de médecins. Mais pour le reste, l'image qui consisterait à dire que des personnes qui travaillent ne seraient pas légitimes d'exercer leur travail sur le territoire français, non, vous savez, la France, elle est métissée. Aujourd'hui, il y a un Français sur quatre qui a un grand-parent étranger. Et moi, je suis fière de cette histoire, de ce mélange, de ce métissage. Et on ne va pas le renier aujourd'hui.
Merci beaucoup, Manon Brie, d'avoir répondu à mes questions ce matin. Et merci aussi... Et rendez-vous le 7 juin
pour notre premier meeting de campagne à Saint-Denis.
C'est-à-dire que le premier meeting de campagne qui sera donc à Saint-Denis, la ville de Bali, Bagayoko.
Manon Aubry