Budget de la culture : "Ça va être extrêmement difficile", dit la ministre qui tente "de grappiller des subventions"
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C'est donc la ministre de la Culture qui est notre invitée ce matin dans le grand entretien. Vos questions et réactions, chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Catherine Pégard. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter pour votre toute première interview de ministre de la Culture un peu plus d'un mois après votre nomination. On a beaucoup de questions à vous poser sur votre feuille de route, sur vos moyens, sur la rénovation du Louvre, l'audiovisuel public. Mais d'abord, Catherine Pégard, vous succédez à Rachida Dati qui, pendant deux ans, a eu des rapports parfois houleux avec le monde de la culture.
Est-ce que votre objectif premier, c'est d'abord la pacification ?
Vous savez, je passe tous les matins devant la galerie des portraits de mes prédécesseurs. Et tous les matins, je me dis quels sont nos points communs. Nous n'en avons pas beaucoup les uns et les autres. Et j'ai connu beaucoup de ministres de la Culture. Je crois qu'on pourrait me poser la question de la même façon pour beaucoup d'autres. Je pense que Rachida Dati, elle a ouvert ce ministère par son énergie, par sa vitalité, par sa volonté de changer les choses. Avec son style, avec évidemment sa personnalité, aussi ses convictions. J'ai ma personnalité, j'ai mes convictions.
Donc quand on vous décrit, Catherine Pégard, comme l'anti-Rachida Dati, c'est ce qui a pu être écrit au moment de votre nomination. Vous êtes relativement discrète, ce qui n'est pas exactement la caractéristique première de Rachida Dati. Vous n'êtes pas une responsable politique. Je rappelle que vous avez été longtemps journaliste, conseillère de Nicolas Sarkozy, patronne du château de Versailles. Anti-Rachida Dati, ça ne vous convient pas ? Non, vous êtes différente de Rachida Dati, ça c'est vrai. Vous n'avez pas senti un certain soulagement du monde de la culture quand vous avez été nommée ?
J'ai senti l'amitié de certains de mes amis, parce que je fréquente ce milieu depuis très très longtemps. D'ailleurs, c'est très laid de dire ce milieu. Je fréquente les artistes, je fréquente les musiciens, les écrivains parfois. J'ai beaucoup d'admiration pour eux, et je crois qu'ils le savent.
Ça veut dire que vous serez par exemple au festival d'Avignon cet été, Rachida Dati ? Bien sûr. Il n'y était pas allé l'an dernier ? Bien sûr, j'y serai, j'y vais chaque année. Et donc vous y serez. Vous êtes la troisième ministre de la Culture du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron. Il reste à peine un peu plus d'un an de mandat, le tout sans aucune majorité au Parlement. Comment est-ce que vous voyez Catherine Pégard cette année au ministère de la Culture ? Est-ce qu'il s'agit de gérer les affaires courantes, de faire le service après-vente d'un bilan jugé relativement maigre en termes de culture du président de la République ? C'est ça votre ambition ?
Non, je pense que c'est rien de tout ça. Bien sûr que parler de bilan, je trouve ça particulièrement sinistre. Et la nostalgie ou les regrets n'ont jamais fait un projet. Et moi, je suis là pour que cette année soit utile. Utile aux Français qui vont voir des spectacles, qui veulent continuer à visiter des musées. Utile pour ouvrir la culture à tous. Mais utile aussi pour les artistes, pour ceux qui dirigent nos grands établissements publics, pour ceux qui dans les régions se battent pour maintenir le niveau d'excellence de la culture un peu partout. Et bien cette année-là, elle va être pour moi très très... Comment dire ? Je suis depuis, comme vous l'avez dit, un mois rue de Valois.
J'ai l'impression que les journées ne sont pas assez longues pour tout faire, pour encourager ceux qui font la culture. Moi, je ne suis pas du tout là pour... Comment dire ? Là encore... C'est l'année Malraux, cette année. Donc, on fête le 50e anniversaire de la mort de Malraux. Et ce sera le seul moment où je me permettrai de le citer. L'État n'est pas fait pour diriger l'art, mais pour le soutenir.
Et bien moi, je suis là pour ça. Avec un budget en baisse, 4,2 milliards d'euros en 2026, c'est-à-dire 200 millions de moins qu'en 2025. Est-ce qu'on peut mener une politique culturelle ambitieuse en réduisant son budget comme ça ?
Il est évident que ça va être extrêmement difficile, parce que nous devons participer à l'effort commun. Alors ça, c'est bien la langue de bois que l'on fait habituellement. Mais c'est vrai que ça prend une dimension encore beaucoup plus grande aujourd'hui avec les crises qui se succèdent dans le monde. On pourrait dire aussi que depuis 10 ans, le budget de la culture a augmenté de 23%, que celui du patrimoine, je crois, a augmenté de près de 40%, et c'est formidable. Mais quand j'étais présidente du château d'Eversailles, si on m'avait dit ça, je n'aurais pas trouvé ça suffisant du tout, parce que je me battais pour faire des travaux, je me battais pour ce château.
Est-ce que vous avez obtenu des assurances, Catherine Pégard ? Parce que Florence rappelait les chiffres pour le budget de 2026. D'ores et déjà, le gouvernement travaille sur le budget de l'année prochaine, qui sera le dernier budget d'Emmanuel Macron. Est-ce que vous avez obtenu des assurances sur le budget du ministère de la Culture ?
Là, on est en train d'y travailler. Je rencontre mes homologues. J'essaie de les convaincre surtout de l'importance de garder ce budget, de sanctuariser le maximum de choses.
Sanctuariser, ça veut dire pas de baisse ?
Pas de baisse supplémentaire, bien évidemment. Et puis même essayer de, j'allais dire, de grappiller ici et là quelques subventions supplémentaires dont nous avons besoin d'urgence.
Alors, il y a un gros dossier qui est sur votre bureau, Catherine Pégard, c'est celui du Louvre. La veille de votre nomination, Laurence Descartes a quitté la direction du musée, remplacé par Christophe Léribot. C'est un musée marqué par ses défaillances en termes de sécurité, de protection des œuvres, de vétusté des infrastructures. Quelles sont les priorités que vous avez fixées au nouveau patron du Louvre ?
D'abord, je crois qu'il faut dire un mot sur le choc qu'a représenté ce vol du mois d'octobre. Le choc, bien sûr, ça a été un choc même mondial, puisque la presse du monde entier s'en est fait l'écho. Ça a été surtout un choc pour ceux qui font vivre le Louvre chaque jour. Je me suis mise dans la peau de ceux qui étaient au Louvre à ce moment-là. Et d'ailleurs, pour vous faire une petite confidence, la seule personne que j'ai appelée ce jour-là, c'est le directeur de la Sûreté et de la Sécurité du château de Versailles pour lui dire « Mais comment tout cela est-il possible ? » Et tout cela a été possible, et tout cela pourrait être possible ailleurs.
Ça ne fait pas une excuse, mais ça veut dire que les conditions d'exploitation des musées aujourd'hui, de châteaux, de bâtiments très anciens comme le Louvre est très complexe, très compliquée. Les quatre mois qui se sont écoulés ont révélé des failles et nous incitent évidemment à aller plus loin et plus vite dans la mise en sûreté en sécurité du musée du Louvre. C'est ce que nous allons faire. Des crédits ont été débloqués pour cela. Christophe Leribaud, qui vient d'arriver au Louvre, qui connaît très bien le Louvre pour y avoir travaillé dans les années passées, va s'atteler à cette tâche d'ouvrir une autre page pour le musée du Louvre.
Et j'allais dire, quelles que soient les mesures qu'on va prendre, ce qui compte, c'est de rendre la confiance à ceux qui travaillent tous les jours au Louvre.
Mais justement, Catherine Pégard, rendre la confiance à ceux qui travaillent au Louvre et à ceux qui le visitent. Le président avait annoncé en janvier 2025 le plan qu'il avait appelé « Nouvelle Renaissance du Louvre » pour un montant de plus d'un milliard d'euros, qui prévoit notamment un nouvel espace pour la Joconde, le réaménagement de l'aile est du musée. Est-ce que ce projet est toujours d'actualité ? Et surtout, quand on voit ce qui était évoqué, la vétusté des infrastructures, les problèmes de sécurité, est-ce que c'est la priorité de faire une sorte d'immense plan avant peut-être de s'attacher, de s'arrêter à ce qui est le plus urgent au Louvre ?
Je crois que le plan Louvre-Renaissance, il conserve toute sa nécessité pour que le Louvre soit présent dans ce XXIe siècle comme il a été dans le XXe, comme le plus grand musée du monde. Et ça, il faut évidemment faire des travaux, proposer de nouveaux circuits, de nouvelles entrées. Bien sûr, on a mis entre parenthèses ce plan pendant les mois qui se sont écoulés pour étudier la situation du Louvre de plus près.
Et je crois qu'avec la nouvelle direction du Louvre, aujourd'hui, nous allons travailler à aménager probablement certains aspects de ce plan, à en renforcer d'autres, peut-être à préciser le cahier des charges pour intégrer davantage les questions de sûreté et de sécurité, bien qu'elles le soient déjà. Mais puisque nous avons douloureusement...
Fixer de nouvelles priorités dans ce plan.
Ou en tous les cas, mettre des priorités majeures comme la sécurité et la sûreté, peut-être plus en avant qu'on ne l'avait fait, en racontant la magnificence du Louvre de demain. Mais il faut comprendre que ce n'est pas l'un ou l'autre. Il faut faire en même temps les travaux. C'est d'ailleurs l'objet d'un schéma directeur de travaux qui se déroule au Louvre aujourd'hui. Et en même temps, il faut ouvrir ce musée, l'ouvrir davantage, montrer ses collections, peut-être repenser la manière de le visiter. Il y a des lieux magnifiques du Louvre, des salles formidables qui sont fermées aujourd'hui, qu'on ne peut pas visiter. Moi, mon objectif, c'est que le Louvre ne soit pas seulement la joconde.
Donc il faut raconter le Louvre, comme on a raconté Versailles, qui n'est pas seulement la Galerie des Graces.
Je reviens un instant sur ce que vous nous disiez tout à l'heure sur la vulnérabilité des musées anciens. Vous dites que vous avez appelé le directeur de la sécurité de Versailles quand l'événement du Louvre a eu lieu et qu'il vous a dit que ça pourrait avoir lieu partout ailleurs. Ça veut dire quoi, Versailles aussi est vulnérable ?
Non, mais c'est la sécurité, la sûreté. Ça a été mon obsession pendant des années. J'ai suivi tous les comités de sûreté, de sécurité que j'ai pu suivre au château de Versailles. C'est pour ça que peut-être je comprends mieux les difficultés dans lesquelles se trouvent les directeurs des musées, pas seulement du Louvre, mais de nos musées en région. C'est très difficile de donner les priorités de bâtiments qui, évidemment, ont leur âge, ont leur histoire et qui sont rentrés dans une autre phase de leur vie. Parce que depuis quelques années, et ça ne fait pas si longtemps que ça, eh bien ces lieux, et Dieu merci, sont ouverts au public beaucoup plus qu'avant.
Pardon Catherine Pégard, mais ce qu'on a surtout vu au Louvre, c'est une succession de défaillances, une succession de rapports qui avaient alerté sur les conditions de sécurisation du Louvre et qui vraisemblablement n'avaient pas été ni entendus ni même constatés. Donc ce n'est pas seulement la faute à pas de chance sur ce qui s'est passé au Louvre.
Je ne dis pas que c'est la faute à pas de chance, je n'ai pas dit ça du tout. Ce que je dis, c'est que d'abord les enquêtes sont en cours, elles ne sont pas terminées, et donc je crois qu'il faudra avec sérénité reprendre tout ce dossier, voir les points qui ont peut-être été des points de défaillance, mais encore une fois, je ne crois pas qu'on puisse faire le procès à ceux qui ont dirigé le Louvre depuis 20 ans de ne pas avoir eu la préoccupation de la sécurité et de la sûreté.
Un mot Catherine Pégard sur la question du patrimoine, et vous évoquiez le château de Versailles que vous avez dirigé pendant 12 ans. Certains titres de presse, notamment le Canard Enchaîné, ont évoqué la possibilité d'une nomination de Rachida Dati, votre prédécesseuse à la tête du château de Versailles. Après sa défaite au municipal à Paris, la principale intéressée a répondu au Figaro, ouvrez les guillemets, ce n'est pas d'actualité. Emmanuel Macron ne m'a rien proposé, ce qui ne veut pas dire que ça ne l'intéresse pas, si on fait la traduction. Est-ce que c'est une hypothèse de la nomination de Rachida Dati à la tête du château de Versailles ?
Comme vous le savez, c'est le président qui nomme les dirigeants du château de Versailles comme de ceux des grands musées. Je n'ai pas été consultée, et l'aurais-je été que je ne vous en parlerai pas, puisque je n'ai jamais commenté les rumeurs dans ma vie, à aucun moment, dans aucune de mes missions. Rachida Dati a été ministre de la Culture, d'autres ministres de la Culture sont devenus présidents du château de Versailles.
Donc, elle a les qualités pour diriger Versailles ?
Elle a des qualités, beaucoup de qualités, je l'ai dit en commençant, qui pourraient lui permettre de mener beaucoup d'activités nouvelles, et je crois qu'elle nous surprendra souvent.
Un dernier mot sur Versailles, Catherine Pégard, nos confrères du Monde ont révélé début mars que Jeffrey Epstein avait été accueilli en 2013 au château pour une visite privée. Vous avez dit, à ce moment-là, n'avoir eu aucun souvenir de cette visite, sauf qu'entre-temps, une photo a été retrouvée. On vous voit sur cette photo avec Jeffrey Epstein, avec Caroline Lang, la fille de Jack Lang et Woody Allen. Du coup, est-ce que ça vous est revenu ? Je ne conteste pas que cette photo existe,
évidemment, ce serait stupide, mais je n'ai aucun souvenir de ce moment. Je répète que je recevais à peu près 150 délégations par an au château de Versailles, que j'assistais à beaucoup de spectacles, à beaucoup de visites, et je ne connaissais pas M. Epstein, donc je ne pense pas avoir été interpellé par sa visite.
Vous ne connaissiez pas l'identité de Jeffrey Epstein ? Il avait déjà été condamné en 2008 ? Ça, vous ne saviez pas, quand vous prenez la photo ?
Peut-être que vous pouvez trouver que c'est une grande légèreté de ma part, mais je ne me souviens pas de cette photo. Il se peut que je sois passée 5 minutes à ce moment-là, et que cette photo était prise alors qu'il y avait un spectacle au château de Versailles et qu'il assistait à ce spectacle, comme beaucoup d'autres peuvent assister à des spectacles. Je pense malheureusement que beaucoup de personnes passent au château de Versailles et que je ne les ai pas toutes rencontrées personnellement.
Autre sujet, Catherine Pégard, c'est la question de l'audiovisuel public qui est au cœur du débat de ces derniers mois. Pour commencer, une question simple. Jusqu'à il y a quelques mois, le gouvernement souhaitait voir aboutir la proposition de loi visant notamment à créer une holding réunissant France Télévisions, Radio France, l'INA et France Média Monde avec une présidence commune de cette holding. Est-ce que vous nous confirmez ce matin, Catherine Pégard, que ce texte est abandonné et qu'il ne sera pas voté avant la fin du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron ?
Je crois surtout que plutôt que de s'interroger sur les structures sur lesquelles, à l'évidence, on peine à trouver aujourd'hui un consensus, ce qui est une manière de répondre à votre question, il faut plutôt penser à améliorer le fonctionnement du service public et à faire que le service public, qui est notre bien commun, que nous soutenons tous, que ce service public puisse affronter de nouvelles transformations de la société.
Et on a beaucoup discuté avec les directions de France Télévisions, ici aussi de Radio France, j'ai rencontré Bruno Patineau pour Arter, et on tire tous la même conclusion, c'est que notre monde va très très vite, qu'aujourd'hui on est tous soumis à une désinformation assez incroyable, et que vous avez un rôle éminent, comme vous l'avez toujours eu, pour être en tête de l'innovation, de la réflexion sur ce que doit être l'audiovisuel public.
C'est un sujet important, mais pendant plusieurs mois, la priorité du gouvernement en matière d'audiovisuel public a été de faire passer ce texte visant à créer une holding. Ça, c'est terminé cette ambition-là, elle n'est plus.
Je pense qu'elle n'est pas pour les prochains mois. Je pense qu'il ne faut pas abandonner l'idée de cette holding. Vous verrez que la proposition de loi qui concerne cette holding n'a pas été inscrite à ce jour. À l'ordre du jour. Je ne dis pas qu'il n'y aura pas un texte sur le service public, je ne le sais pas. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, ma mission, c'est de poursuivre des consultations, c'est de discuter avec les uns et les autres, de reprendre un dialogue, et de fixer une nouvelle ambition au service public.
Et je trouve que ça, c'est très intéressant. Et que vous notez qu'il n'y a pas de consensus en la matière. Dans le contexte que vous décrivez, dans cette ambition que vous avez pour le service public, quel regard est-ce que vous portez sur la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ? Est-ce que ces questions, les questions évoquées lors de cette commission sont légitimes ou est-ce qu'elles affaiblissent le service public de l'audiovisuel ?
Je ne vais pas revenir sur cette commission d'enquête. Simplement, je trouve qu'il y a des moments où les bandes sont dépassées dans la manière de mener ces débats, de mon point de vue. Comme vous le savez, comme vous avez eu la gentillesse de le répéter, je crois que je suis quelqu'un de plutôt consensuel et qui aime la discrétion. Et dès que je vois des lieux où on s'invective de cette façon, je trouve qu'on ne fait pas gagner ni la démocratie, ni le regard que l'on peut porter sur les uns et les autres.
Puisqu'on parle de certains des débats qu'il y a pu avoir au sein de cette commission d'enquête, Vincent Bolloré a été auditionné la semaine dernière. Vincent Bolloré, dont la chaîne CNews, a fait l'objet de nombreuses critiques après des propos tenus sur le nouveau maire de Saint-Denis, Balibagayoko. Il était à votre place tout à l'heure, à 7h50. Je rappelle quelques-unes des expressions à son sujet, Michel Onfray qui lui a prêté une attitude de mal dominant. Ça, c'est très tribal, a déclaré le philosophe. Mathilde Panot, la patronne des députés insoumis, elle parle de racisme crassé et décomplexé.
Et tout à l'heure, le ministre de l'Intérieur, votre collègue Laurent Nunez, a dénoncé des attaques ignobles. Qu'est-ce que vous avez pensé de ces propos qui ont été tenus à l'égard du maire de Saint-Denis ?
Je pense que les mots du ministre de l'Intérieur sont les plus forts et les plus justes. Ce sont des attaques ignobles, inadmissibles. Et c'est assez intolérable de penser qu'on puisse soutenir de tels propos contre quelqu'un qui vient d'être élu. On n'a d'ailleurs pas de mots pour ça. Oui, ignoble est le bon mot.
Vous considérez, comme la présidente de France Télévisions, Delphine Arnaud, que CNews est une chaîne d'extrême droite ?
Je ne porte pas de jugement de ce type. On ne peut pas, comment dire, prôner la liberté d'expression, la liberté d'information et rentrer dans ce genre de débat. En tous les cas, ce n'est pas mon rôle.
Et vous irez, vous, Catherine Pégard, si vous êtes invitée sur CNews pour une interview politique ?
Je ne vois pas pourquoi je n'irai pas sur d'autres médias. Et j'espère que, le temps passant, j'aurai des propositions à faire pour les uns et pour les autres. Et en essayant toujours de revenir à une chose, c'est que la liberté d'expression ne peut pas aller contre les règles du droit, contre les règles de la civilité, contre la courtoisie même. Et ça, ça me semble très, très important pour accepter ou refuser d'aller quelque part.
On va sortir de l'audiovisuel pour revenir à la culture et à l'offre culturelle avec Marc, au Standard de France Inter. Bonjour, bienvenue Marc.
Oui, bonjour et merci de bien vouloir prendre ma question. Bonjour Madame la Ministre. Bonjour. J'habite en milieu rural. J'ai longtemps développé une association qui vise à développer sur le territoire rural un certain nombre d'événements du patrimoine culturel, entre autres, par exemple, faire en sorte qu'on puisse entendre dans un quartier record de béton, dans une cour de fer, ou des choses de cet ordre-là. Je vous pose la question, personnellement, je ne trouve... Alors, j'ai été obligé de fermer cette association, car effectivement, faute de subvention. Donc, je constate un désert en ce qui concerne le patrimoine culturel en milieu rural. Comptez-vous ferme en ce sens-là.
Merci beaucoup.
Merci Marc. Alors, je suis d'abord désolée que vous ayez dû fermer votre association. et si on peut aider à ce que cette association puisse reprendre ses activités, j'en serai évidemment fort heureuse et j'aimerais vous aider. Comme vous le savez, un plan ruralité a été décidé en 2023. Ce plan ruralité est maintenu pour les années qui viennent. Je crois que ce qu'il faut dire, c'est qu'il y a des choses magnifiques qui sont faites un petit peu partout. Et là, vous parlez de Quatuar Accord dans une cour de ferme. J'ai eu l'occasion de suivre beaucoup de ces projets, de suivre des chefs d'orchestre qui sillonnent des départements à vélo avec de grands artistes.
On n'en parle jamais et qui, justement, donnent des concerts dans des salles de classe, dans des châteaux qui s'ouvrent pour l'occasion. Eh bien, c'est cela qu'il faut encourager. C'est encourager toutes ces activités qui, prises isolément, représentent assez peu, mais qui font un vrai maillage culturel. Il y a encore des déserts culturels. On peut le regretter. Alors, je pense qu'il faut, là aussi, donner des priorités. Ce n'est pas tous les lieux... Dieu merci, ce ne sont pas toutes les campagnes qui sont désertées par la culture. Mais il y a des endroits où il ne se passe rien. Eh bien, il faut qu'il s'y passe quelque chose.
Pour terminer, Catherine Pégard, et pour, là encore, essayer de mieux vous cerner, puisque vous n'êtes pas connue du grand public et de nos auditeurs, quelques questions sur vos goûts culturels. Quel est le dernier livre que vous avez lu et que vous avez aimé ?
Alors, je vais vous étonner parce que le dernier, comme je suis franche, je vais vous dire quel est le dernier. Le dernier, c'était Le Cid. Pourquoi ? Parce que je suis allée voir pour ma première sortie Le Cid à la Comédie française au Théâtre de la Porte Saint-Martin. D'ailleurs, c'est une publicité que je fais. Vous avez reçu, il y a peu de temps, Benjamin Lavergne, qui a dit une chose qui me semble très juste. C'est que Le Cid, c'est une série, en fait.
Et ce qu'il faut expliquer aujourd'hui aux jeunes, c'est que l'exotisme, ce n'est pas de regarder leurs tablettes, c'est d'aller voir les spectacles ou d'aller visiter les musées ou les châteaux et que là, ils vont apprendre des tas de choses qui ne sont pas ennuyeuses. Le Cid, ça n'a rien d'ennuyeux. C'est une suite de tirades qui sont des, comment dire, autant de tubes. Et de la même façon, quand vous allez à Versailles, vous pouvez faire le parcours fake news. Alors, le parcours fake news, vous vous trouvez dans la Galerie des Glaces, vous regardez le plafond et là, vous voyez toutes les fake news de Louis XIV. Comment il a embelli ses guerres, comment il a embelli son histoire.
Bref, je m'éloigne de votre question. J'ai relu le site parce qu'il me restait quand même des morceaux de tirades et je voulais les voir dans leur entièreté. Et en un mot, le dernier film ? Ah, le dernier film. Alors là, ça fait, hélas, trop longtemps que je n'étais pas allée au cinéma. Mais ma première sortie a été pour le CNC où j'ai vu le film de Giannulli et j'ai trouvé ça absolument formidable. Formidable parce que ça fait revivre, hélas, une époque dont on a oublié ou en tous les cas dont on n'a pas connu l'aberration.
Et vous attendez, on imagine comme tout le monde, la tournée de Céline Dion qui, visiblement, on a vu la campagne d'affichage partout à Paris, sera en France septembre prochain, non ?
Tout le monde me parle de cette tournée de Céline Dion. Il y a même des gens qui me disent déjà est-ce qu'on pourrait y aller avec vous ?
Ah, et alors vous irez ou pas ? J'irai, bien sûr. C'est quoi votre chanson préférée de Céline Dion ?
Ma chanson préférée de Céline Dion, c'est celle qu'elle a chantée à la fin de...
Oui, de la chanson. Et je suis en train de...
On va s'arrêter là. Parce que les Jeux Olympiques, quand même, c'est le grand moment pour nous tous avec Céline Dion.
Céline Dion de France Inter ce matin. Merci à vous. Argus Presse à suivre.
Catherine Pégard