Pierre Laurent
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
On va parler des états généraux, du progrès social que le PCF organise ce week-end.
- 0:09RelanceRéponse directe
Pourquoi n'y voyez-vous qu'une porte ouverte à la privatisation ?
- 1:15RelanceRéponse partielle
Cela dit, ces départs volontaires, dans un premier temps, ça ne concernera que des services qui fermeront dans les services publics.
- 2:23OuverteRéponse directe
Pierre Laurent, y a-t-il de quoi lancer un grand mouvement de protestation politique ou syndicale ?
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Est-ce que pour autant, dès maintenant, il pourrait y avoir une mobilisation de mouvements de protestation politiques ou syndicaux ?
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Le but de ces états généraux du progrès social, c'est bien de tenter d'unifier les partis de gauche, les mouvements de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Écoutez, moi je trouve que c'est une aberration dans la situation actuelle. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Et qu'est-ce qu'annonce le gouvernement ? Un grand plan de départ volontaire. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Non, mais le service ne devient pas obsolète. »
- 2:57Invité politiqueChiffre
« Si on veut supprimer, comme l'annonce le gouvernement, 120 000 emplois, on ne va pas les trouver dans quelques services administratifs. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« Si on supprime 120 000 fonctionnaires, c'est qu'on va toucher à des services publics essentiels. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Mais il y a des mouvements de protestation dans tout le pays. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Non, la priorité, c'est surtout de donner la parole, de donner plus d'écho encore à la parole de ceux qui sont engagés sur le terrain dans les luttes »
- 5:31Invité politiqueFait
« Écoutez, moi je ne souhaite pas cette situation. »
- 6:21Invité politiqueFait
« Mais moi je n'ai jamais été hostile à un quelconque rapprochement. »
- 6:42Invité politiqueFait
« Et je pense que, je continue de penser, à l'heure où on se parle, que si les forces de toute la gauche, celles qui étaient engagées dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon et dans celles de Benoît Hamon avaient convergé, peut-être que nous serions aujourd'hui à l'Élysée. »
- 8:54Invité politiqueFait
« Sûrement pas disparaître. »
- 9:02Invité politiqueFait
« Et je pense qu'il y a tout lieu d'être inquiet parce que je vois bien que la tentation gouvernementale est de resserrer le service public. »
Temps de parole
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- Présentateur27 %
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C'est l'invité de la matinale, bonjour Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste français. On va parler des états généraux, du progrès social que le PCF organise ce week-end. D'abord quelques questions d'actualité et notamment ce projet de départ volontaire parmi les fonctionnaires. C'est un des leviers qu'envisage le gouvernement pour réformer l'état. Pourquoi n'y voyez-vous qu'une porte ouverte à la privatisation ?
Écoutez, moi je trouve que c'est une aberration dans la situation actuelle. Pour prendre les événements juste de cette semaine, on a une crise dans l'hôpital avec un manque d'effectifs criant. Les personnels des EHPAD crient au secours parce que la situation est dramatique. La procureure du tribunal de Bobigny dit qu'ils ne peuvent pas travailler parce qu'il manque d'effectifs. Il vient d'avoir le mouvement dans les prisons. Donc un peu partout, les fonctionnaires tirent la sonnette d'alarme sur la qualité des services publics. Et qu'est-ce qu'annonce le gouvernement ? Un grand plan de départ volontaire. C'est-à-dire la dégradation de ces services.
Et on ne peut pas expliquer cette annonce sans comprendre qu'en vérité, le gouvernement derrière ça veut privatiser. C'est-à-dire abandonner des missions de services publics supplémentaires et les ouvrir au privé. Avec, je pense, du point de vue de la qualité de service, de grandes catastrophes en perspective.
Cela dit, ces départs volontaires, dans un premier temps, ça ne concernera que des services qui fermeront dans les services publics. C'est-à-dire, par exemple, à Bercy, tous ces milliers de fonctionnaires qui, jadis, s'occupaient de la récolte de l'impôt. Aujourd'hui, le service devient obsolète. Et c'est à cela qu'on va d'abord proposer de partir volontairement.
Non, mais le service ne devient pas obsolète. On aurait besoin de beaucoup de gens, par exemple, pour s'occuper de l'évasion fiscale. Et on ne met aucun moyen nouveau sur l'évasion fiscale. Donc on pourrait redéployer des agents des impôts sur des missions nouvelles qui sont nécessaires. On nous dit que dans les ministères, il n'y a pas besoin de fonctionnaires, maintenant, avec la numérisation. Mais regardez ce qui se passe chez Lactalis. Il n'y a plus de contrôleurs d'État qui font les contrôles sanitaires et sociaux. Donc on fonctionne avec ce qu'on appelle l'autocontrôle par les entreprises elles-mêmes. Eh bien, ça donne ce qui vient de se passer chez Lactalis.
Et dont on découvre que ça dure, visiblement, depuis un moment. Donc non, nous avons besoin de fonctionnaires pour faire correctement fonctionner les grandes missions de services publics de l'État. Et je pense que le plan du gouvernement, je le répète, est une aberration de ce point de vue-là.
Le Premier ministre, d'ailleurs, reconnaît qu'il va bousculer les équilibres, heurter les sensibilités. Il n'y a plus de citadelle protégée, a dit Emmanuel Macron en l'État. Pierre Laurent, y a-t-il de quoi lancer un grand mouvement de protestation politique ou syndicale ?
Allez dire ça aux infirmières, aux aides-soignantes, aux gens qui travaillent dans les hôpitaux. Allez leur dire qu'ils sont une citadelle protégée. Ces gens se dévouent corps et âme pour le service public et n'arrêtent pas de dire qu'ils manquent de moyens. Et c'est vrai d'à peu près tous les services publics du pays. Mais ce ne sont pas ceux-là qui seront les premiers candidats au départ volontaire ? Si on veut supprimer, comme l'annonce le gouvernement, 120 000 emplois, on ne va pas les trouver dans quelques services administratifs. Il faudra toucher, mais le gouvernement ment sur ce point. Si on supprime 120 000 fonctionnaires, c'est qu'on va toucher à des services publics essentiels.
Et qu'on va, en fait, abandonner certaines démissions de services publics. A la fois dans les services publics d'Etat et dans les services publics locaux, dans les collectivités territoriales. Donc il y a un mensonge du gouvernement sur la réalité de l'impact de ce qu'il vient d'annoncer.
On ne connaîtra ce projet de réforme de l'Etat dans le détail qu'à partir du mois d'avril. Est-ce que pour autant, dès maintenant, il pourrait y avoir une mobilisation de mouvements de protestation politiques ou syndicaux ?
Mais il y a des mouvements de protestation dans tout le pays. Et si nous organisons, nous, ce week-end, des états généraux du progrès social, c'est parce que nous voulons faire dialoguer ensemble ceux qui sont engagés dans ces luttes et construire avec eux des réponses convergentes. Ce qui manque le plus, c'est de donner davantage d'écho à tous ces mouvements.
Le but de ces états généraux du progrès social, c'est bien de tenter d'unifier les partis de gauche, les mouvements de gauche ?
Non, la priorité, c'est surtout de donner la parole, de donner plus d'écho encore à la parole de ceux qui sont engagés sur le terrain dans les luttes, de les faire converger, d'élaborer des propositions pour pouvoir nous-mêmes les porter au Parlement. Nous allons en porter plusieurs dans la prochaine période. Et puis, évidemment, nous avons invité l'ensemble des formations de gauche, la France Insoumise, Europe Écologie Les Verts, le nouveau mouvement de Benoît Hamon et d'autres à assister à nos travaux. Et nous continuons le dialogue, nous tentons de continuer le dialogue avec ces forces-là.
Mais je pense que la reconstruction unitaire passera beaucoup par le terrain et par les mobilisations sociales, pour le moment en tout cas.
Pourquoi le Parti Socialiste n'a-t-il pas été invité ?
Le Parti Socialiste, on est comme tout le monde, vous savez, on regarde ce qui se passe et personne ne sait qui va le diriger et sur quelle orientation. Donc on va laisser se décanter la situation et puis début avril, on verra où on en est. Mais nous parlons avec des socialistes, nous parlons avec au Parlement, dans les collectivités locales. Mais pour ce qui est de la situation nationale du Parti Socialiste, reconnaissez que pour le moment la situation est un peu confuse.
Un mot sur vos relations en ce moment avec Jean-Luc Mélenchon. Le Parti Communiste a fait cause commune à la dernière présidentielle et puis à l'Assemblée Nationale. Pourquoi est-ce devenu désormais chacun dans son coin entre vous et Jean-Luc Mélenchon ?
Écoutez, moi je ne souhaite pas cette situation. Je suis concentré sur ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire sur l'aide aux mobilisations sociales, à la construction de réponses alternatives. Mais ça marche mieux avec l'unité. Le France Insoumise vient par exemple de soumettre des propositions de loi au Parlement dans le cadre de ce qu'on appelle la niche parlementaire. Nous avons soutenu ces propositions, nous allons nous-mêmes le faire début mars. J'espère que nous aurons le même soutien et j'espère que progressivement les relations vont redevenir normales. En tout cas, moi je ne souhaite pas que chacun soit dans son couloir.
Je souhaite que tout le monde s'épaule parce qu'il y a beaucoup à reconstruire face à Emmanuel Macron.
— Êtes-vous sur la même longueur d'onde que Marie-Georges Buffet, qui est une partie des militants communistes également, favorable à un rapprochement avec la France Insoumise aux prochaines élections par exemple ?
— Mais moi je n'ai jamais été hostile à un quelconque rapprochement. J'ai même été de ceux qui, pendant toute la période de l'élection présidentielle et des élections législatives, a plaidé sans interruption pour le travail en commun du maximum de ses forces. Et je pense que, je continue de penser, à l'heure où on se parle, que si les forces de toute la gauche, celles qui étaient engagées dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon et dans celles de Benoît Hamon avaient convergé, peut-être que nous serions aujourd'hui à l'Élysée. Donc je pense que la voie du rassemblement reste plus nécessaire que jamais.
— Ça veut dire donc que vous êtes bien favorable à des listes communistes France Insoumise aux européennes de l'an prochain et aux municipales de 2020 ? — Au municipal, je pense qu'il y a des rassemblements effectivement à construire.
Il y a beaucoup de choses qui vont bouger. Aux élections européennes, nous rencontrons en ce moment tout le monde. Il y a aussi des différences d'appréciation sur la manière d'aborder ces enjeux-là. Donc nous, nous allons prendre notre décision concernant les élections européennes fin mars. Pour le moment, nous travaillons.
— Il y aura un Conseil national du Parti communiste le week-end prochain, Pierre Laurent, et puis un congrès en novembre, sept ans après votre arrivée à la direction du parti. Est-ce que vous serez candidat à votre propre succession ?
— Cette question, elle sera posée à partir du mois de juin. Nous allons jusqu'en juin discuter de notre orientation politique, de ce qu'on appelle, nous, dans notre débat interne, la base commune d'orientation que nous allons proposer aux militants et au-delà à tous ceux qui s'intéressent à ce que nous décidons. Et ensuite, on discutera des directions. Vous savez, quand je vois le Parti socialiste, qui a je ne sais combien de candidats au poste de premier secrétaire, mais qui ne discute absolument pas de l'orientation politique, moi, ça ne donne pas envie. Donc nous, on commence par discuter de l'orientation qui est la nôtre. Et puis au mois de juin, on entamera le débat sur les directions.
Moi, je serai là. Je serai dans la future direction. À quel poste ? On verra à ce moment-là au mois de juin.
Et sentez-vous poindre d'autres candidats à la direction du Parti ?
Moi, je sens, chez les communistes, il y a une grande envie d'unité des communistes. Nous n'avons pas les tensions internes que beaucoup d'autres formations traversent. Et c'est tant mieux. Donc nous allons travailler dans cet esprit d'unité qui est celui de l'immense majorité des militants communistes.
On parlait de service public en début de cet entretien. On peut aussi parler de l'audiovisuel public. C'était à la une d'un des cahiers du Figaro hier. Faut-il en finir avec la télévision publique ? Selon vous, Pierre Laurent, l'audiovisuel public doit-il se repenser ou même disparaître ?
Sûrement pas disparaître. Nous avons besoin, au contraire, dans le monde d'aujourd'hui, d'un grand service public performant et diversifié. Et je pense qu'il y a tout lieu d'être inquiet. parce que je vois bien que la tentation gouvernementale est de resserrer le service public. Et je crois, là aussi, avec le risque évident d'ouvrir des pans supplémentaires de l'audiovisuel à la privatisation. Moi, je crois que nous avons besoin d'un service public puissant. Et les bouleversements du numérique, qui touchent évidemment ce secteur comme beaucoup d'autres, devraient nous inciter à grouper les forces et pas à les diluer.
Donc, moi, je me battrais pour avoir un service public performant, puissant et rassemblé, mais en même temps diversifié, parce qu'il faut être sur tous les fronts.
Après la revue de presse de Frédéric Pommier, dans un deuxième temps, on va reparler de l'audiovisuel public et peut-être de la couverture des Jeux Olympiques qu'espère France Télévisions. Il y aura aussi Patricia Martin. Il y aura les questions des auditeurs. Vos questions, donc, ce matin à Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français. Vous appelez le 01 45 24 7000.
Pierre Laurent