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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 juin 2023 25 min

Permis de conduire à 17 ans, agression à Bordeaux, venue de Giorgia Meloni... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Dès l'an prochain il sera donc possible de conduire seul à partir de 17 ans, annonce faite par la première ministre Elisabeth Borne dans le cadre d'un plan pour la jeunesse. Est-ce que c'est une bonne décision ?

0:15
Sébastien Chenu

Moi je crois que ça va dans le bon sens. Vous voyez j'essaye d'être objectif, je ne cherche pas à critiquer tout le temps. Quand on le précise généralement c'est que les critiques arrivent après. Oui de toute façon Madame Borne n'est pas exempte de critique. Alors c'est pas non plus l'annonce du siècle. Enfin je veux dire Elisabeth Borne on préférait la sentir un peu plus audacieuse sur le pouvoir d'achat ou sur la sécurité. Mais enfin sur cette question du permis à 17 ans je pense que ça a une utilité. L'utilité c'est de permettre quand on est jeune, quand on est apprenti par exemple, de pouvoir se transporter dans des zones dans lesquelles il n'y a pas de transport en commun.

Et ça ça me semble utile. Ça soulève quand même des questions qu'il faut résoudre avant.

0:57
Présentateur

La question notamment de la surmortalité routière des jeunes. Ça c'est la première. Il représente 7% des usagers et 27% des accidents.

1:03
Sébastien Chenu

Vous avez raison. Ça c'est la première. On ne peut pas faire l'impasse là-dessus. Et j'ose espérer que tout ça a été bien anticipé par Madame Borne. Qu'elle a bien résolu les questions qu'il faut lever. Le nombre d'inspecteurs d'ailleurs. Parce que vous savez que le nombre d'inspecteurs du permis de conduire est en baisse constante depuis des années. Donc j'imagine qu'elle a un plan, qu'elle a budgété, qu'elle va nous l'expliquer, expliquant qu'il y aura plus d'inspecteurs du permis de conduire. Les délais. Car aujourd'hui les délais s'accroissent. On met beaucoup de temps entre le moment où on s'inscrit et le moment où on peut passer le permis de conduire.

J'imagine qu'elle a tout réfléchi aussi. Et puis le coût.

1:39
Invité

Tout ça est ironique. Toutes les interrogations que vous soulevez là.

1:42
Sébastien Chenu

Non. Madame Borne est Premier ministre de la France. Elle annonce une mesure destinée à toucher. Donc si elle n'a pas résolu le problème des inspecteurs, des délais et du coût, alors c'est un effet d'annonce. Mais le coût c'est important. Vous savez qu'il y a beaucoup de collectivités. Je pense aux mairies en particulier souvent qui accompagnent les jeunes financièrement parce que ça coûte cher un permis de conduire. Et puis il y a le problème de la responsabilité civile qu'on peut aussi regarder parce que jusqu'à présent évidemment à 18 ans vous êtes vous-même responsable. Enfin à 17 ans la responsabilité civile c'est vos parents.

Donc si vous commettez une infraction, un accident, ça pose ce genre de problème. Mais je suis persuadé que Madame Borne dans sa grande sagesse qui a bien anticipé tout ça va nous expliquer combien elle a prévu et qu'elle a résolu toutes ces questions de haute importance.

2:30
Invité

Juste vous dans votre programme vous souhaitez qu'il n'y ait plus de retrait de point pour les excès de vitesse de moins de 20 km heure. En fait vous êtes beaucoup plus laxiste que le gouvernement qui s'arrête à 5 km heure.

2:40
Sébastien Chenu

Non parce qu'en fait on sait très bien que sur les excès de vitesse qui sont au-dessus de 20 km heure, d'ailleurs vous savez que lorsque vous faites un excès de vitesse de 20 km heure, ce n'est pas toujours ce chiffre-là qui est retenu, il y a toujours des marges etc. Nous on pense que ça c'est simplement fait pour engranger un peu d'argent, que c'est une cash machine sur le dos des automobilistes. Mais par exemple vous considérez que rouler à 70 en ville là où c'est limité à 50, ce n'est pas être un chauffeur. Non mais moi je suis pour qu'on respecte la loi. Quand c'est 70, on doit rouler à 70. Je ne suis pas du tout pour qu'on incite à faire autre chose.

Quand c'est 50, on doit rouler à 50 etc. Mais vous avez vu, vous vous souvenez du débat sur les 90 km heure sous Édouard Philippe. Donc on voit bien que souvent ça a été des décisions un peu technocratiques qui ont été prises et qui servaient à masquer la volonté de pouvoir utiliser les conducteurs. Et là ce n'est pas un peu des bagots de dire que les cash machines. Non et je rebondis d'ailleurs sur autre chose, c'est sur le contrôle technique pour les deux roues qui a été imposé. Là aussi on sait que 95% je crois que c'est le chiffre des accidents de deux roues ne sont pas liés à un matériel qui est défectueux.

C'est-à-dire un contrôle technique qui aurait mis en lumière un matériel défectueux mais à une route qui est en mauvais état etc. Donc on voit bien que souvent, moi j'aimerais aussi qu'on arrête un peu de prendre les automobilistes pour des vaches à lait, qu'on leur tape toujours dessus. Essayons de responsabiliser les gens. Je pense que d'ailleurs le permis à 17 ans va dans le sens, voyez-vous, je vais faire une fleur Madame Borne, va dans le sens d'une responsabilisation des jeunes. Ça je le crois fondamentalement. Pour le reste personne n'est dupes sur le fait que souvent les automobilistes sont considérés comme des vaches à lait.

4:18
Invité

Sébastien Chenu, la vidéo de l'agression à Bordeaux d'une grand-mère et de sa petite-fille a beaucoup choqué ces dernières heures. Hier la famille des victimes s'est dite indignée par la récupération politique qui est faite de ce fait d'hiver. Est-ce que vous vous sentez visé ?

4:32
Sébastien Chenu

Non, pas du tout et je vais vous dire, personne ne m'empêchera de parler et de dire ce que je pense de la sécurité dans notre pays, de la délinquance dans notre pays à la lumière de faits qui nous arrivent par les réseaux sociaux. Et j'allais dire, on n'a rien demandé. Donc moi je crois que la responsabilité des hommes et des femmes politiques, c'est de trouver des solutions. C'est de voir ce qui se passe dans notre pays. Vous savez ce que disait Charles Péguy, il faut voir ce que l'on voit.

5:03
Invité

Sauf que ce n'est pas forcément ce que vous avez fait à la suite de cette agression, de ce fait d'hiver, qualifié comme ça par la famille elle-même. Je propose de régler drastiquement le problème de l'immigration massive. Je fais un lien entre l'immigration anarchique et l'explosion de l'insécurité. Ça, ça a été la première réaction de Marine Le Pen à la suite de cette agression. L'auteur est né en France, de parents eux aussi français. Concrètement, est-ce qu'elle a parlé trop vite ?

5:28
Sébastien Chenu

Non, pas du tout, parce que Marine Le Pen place le débat au niveau auquel il doit être placé. C'est-à-dire l'immigration ? Non, mais l'insécurité en France se nourrit de deux choses. Évidemment l'immigration, évidemment le fait migratoire incontrôlé. Mais qu'est-ce qu'elle vient faire dans l'affaire de Bordeaux ? Moi, je fais le lien, comme Gérald Darmanin le fait d'ailleurs, entre immigration et insécurité. Et Marine Le Pen le dit. Elle dit que l'insécurité dans notre pays, c'est l'immigration et c'est aussi le laxisme. Quel rapport avec qui s'est passé à Bordeaux ? Je vous le dis, elle ouvre le débat en expliquant que l'insécurité dans notre pays...

5:57
Invité

Non, non, elle parlait de l'agression à Bordeaux.

5:59
Sébastien Chenu

Écoutez, j'en ai suffisamment parlé avec elle hier pour savoir qu'elle ouvre le débat et elle explique que l'insécurité dans notre pays, c'est d'un côté l'immigration, de l'autre côté le laxisme. Il se trouve que d'ailleurs, dans le cas auquel vous faites référence, c'est le laxisme avec, en plus j'allais dire, la pauvreté du système de santé mentale de notre pays qui se cumule. C'est-à-dire, grosso modo, une personne qui a été multicondamnée et qui en plus souffre d'une maladie mentale qui est la schizophrénie et qui se balade dans les rues de Bordeaux. Ça pose un problème important. Il est sans domicile fixe.

6:31
Invité

Pardon Sébastien Chenu, je reviens à ma première question. Est-ce que Marine Le Pen a parlé trop vite en parlant d'immigration immédiatement alors que l'auteur des faits est né en France ?

6:39
Sébastien Chenu

Non, mais je viens de vous dire parce qu'elle élargit le débat, mais en revanche...

6:41
Invité

Je vais être plus cash que ça. En gros, est-ce qu'elle a parlé d'immigration parce qu'elle a vu qu'il était noir ?

6:45
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Simplement, par contre, moi je vois Sacha Houlié, le président de la commission des lois qui n'est pas du Rassemblement national. Il a appelé à expulser ce monsieur. Ce monsieur, il est français. Donc là, par contre, c'est quelqu'un qui se prend les pieds dans le tapis.

6:57
Invité

Je pose la question sur Marine Le Pen.

6:58
Sébastien Chenu

Oui, mais moi je...

6:59
Invité

Non, mais est-ce que c'est difficile de dire on s'est planté en fait ? Elle a vu qu'il était noir, elle a parlé d'immigration.

7:02
Sébastien Chenu

Elle vous explique depuis des années que l'immigration est une des causes importantes de l'insécurité dans notre pays. Donc voilà, je crois que ce discours-là, en plus, on le connaît, on le tient, on l'explique et on l'étaye année après année. Je note aussi que dans une ville comme Bordeaux, j'ai regardé les chiffres de l'insécurité à Bordeaux qui sont en augmentation plus 4% par exemple d'atteintes aux biens, plus 5% sur les vols de personnes. La ville de Bordeaux, dirigée par les écolos, depuis trois ans, puisqu'on est en 2023, a refusé le contrat local de sécurité qui porte aujourd'hui un autre nom d'ailleurs.

C'est le contrat local de sécurité qui lie la police municipale et la police nationale pour essayer de conjuguer leurs efforts. Ça veut dire qu'il y a aussi des élus locaux, et je pense aux écologistes, je pense aux élus de gauche qui refusent les polices municipales, qui mettent leurs concitoyens dans la difficulté et qui les exposent au danger de ces multirécidivistes doublés de malades mentaux

7:59
Présentateur

qui se baladent dans les rues de notre pays. Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National et de l'Assemblée Nationale et l'invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil info à 8h41 avec Sophie Echem.

8:09
Invité

Des bruits sous-marins ont été détectés par un sonar alors que les opérations de recherche se poursuivent dans l'Atlantique Nord pour retrouver le submersible disparu avec 5 personnes à son bord près de l'épave du Titanic. Des bruits de cognement à intervalles réguliers. Le temps est compté, il reste environ 30 heures de réserve d'oxygène à bord. Pas de changement de ligne, mais un changement de style. Laurent Berger sur France 2 ce matin alors qu'il s'apprête à passer le flambeau tout à l'heure. C'est sa numéro 2, Marie-Lise Léon, qui va prendre la tête de la CFDT, le premier syndicat de France boosté par la mobilisation contre la réforme des retraites.

En Russie, deux drones ont été abattus à l'aube près d'une base militaire dans la région de Moscou sans faire de victimes ni de dégâts selon les autorités locales. Et alors que la guerre est loin d'être finie, une soixantaine de pays dont la France se réunissent à Londres aujourd'hui et demain pour parler de la reconstruction de l'Ukraine et de son financement. Hier déjà, le Royaume-Uni a annoncé un nouveau plan d'aide de 5 milliards et demi d'euros.

9:07
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Bracchia, Marc Fauvel Toujours avec le vice-président du Rassemblement National, Sébastien Chenu, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en octobre dernier, la première ministre italienne, Giorgia Meloni, a été reçue hier par Emmanuel Macron. Pourquoi est-ce qu'elle n'en a pas profité pour voir Marine Le Pen ?

9:27
Sébastien Chenu

C'est une visite de la présidente du Conseil italien au président de la République française. Je crois que là, on n'est pas dans des visites de chef de parti à chef de parti. Vous êtes fâché avec elle ou pas ? Ah non, pas du tout. Nous, notre partenaire, c'est Matteo Salvini. Son partenaire dans la coalition. Son partenaire dans la coalition. C'est normalement votre famille politique, Giorgia Meloni. Non mais on a des points de convergence avec Giorgia Meloni, puis on a des points de divergence, notamment la relation avec l'Union Européenne. Giorgia Meloni est plus libérale économiquement, par exemple, que nous, ce que nous proposons.

Donc c'est pour ça d'ailleurs que ce n'est pas notre partenaire, Giorgia Meloni. C'est parce que nous ne sommes pas en accord sur tout alors qu'on est en contact avec Salvini.

10:03
Présentateur

Elle a renoncé, par exemple, à ce qui était l'une de ses promesses pour arriver au pouvoir, c'est-à-dire mettre en place un blocus naval pour bloquer les migrants en Méditerranée. Vous la trouvez trop molle ?

10:12
Sébastien Chenu

Non mais moi, je ne me permettrais pas d'avoir d'abord un jugement qui refroidirait les relations qu'on a avec l'Italie. Souvenez-vous, Gérald Darmanin, qui est en échec total sur toutes les politiques qu'il mène en matière d'immigration et de sécurité dans notre pays, s'était permis d'avoir un jugement sur la dirigeante italienne qui est Giorgia Meloni au prix d'abîmer la relation franco-italienne. Moi, je rappelle que la relation bilatérale franco-italienne, elle est nécessaire. C'est un pays ami et je ne fais pas juger une dirigeante dont l'intérêt national n'est probablement pas le même que celui des Français.

Mais qu'est-ce que vous regrettez qu'elle ait renoncé à cette partie de son programme ?

10:46
Présentateur

Et est-ce que c'est ce qui vous attend, vous aussi, si vous arrivez au pouvoir ?

10:49
Sébastien Chenu

Non, je vais vous dire le fond de ma pensée. En fait, Giorgia Meloni, elle défend l'intérêt de l'Italie et des Italiens qui ne ressemblent pas forcément sur tous les points à l'intérêt des Français et de la France. Elle défend son intérêt, c'est-à-dire qu'elle accepte de renoncer à une part de souveraineté pour pouvoir bénéficier du plan de financement, du plan de relance de l'Union européenne. Et ce ne sera pas la même chose avec vous si vous arrivez au pouvoir ? Mais pourquoi ? Parce que l'Italie est financièrement beaucoup plus dépendante de l'Union européenne que nous. Nous, vous savez que nous sommes contributeurs nets à l'Union européenne.

C'est-à-dire que nous, on donne plus qu'on ne reçoit de l'Union européenne. Donc déjà, on n'a pas ce type de relation, évidemment, où on pourrait avoir une exigence bien plus forte de l'Union européenne. Donc, Giorgia Meloni, elle est financièrement dépendante de l'Union européenne. Elle accepte des concessions qu'elle considère comme possibles pour elle et son pays. Je note que lorsque Matteo Salvini était ministre de l'Intérieur, il a fait baisser de 80% l'arrivée de migrants. Il a fait baisser le nombre de morts en Méditerranée parce qu'il avait une politique ferme. Il a fait baisser le nombre de demandeurs d'asile.

Donc, vous voyez, il y a des possibilités quand même d'agir très fortement. Giorgia Meloni a choisi un autre chemin. C'est, j'allais dire, aux Italiens de juger les résultats qu'elle aura ou pas.

11:59
Invité

La semaine dernière, les ministres de l'Intérieur européen ont trouvé un accord qui prévoit notamment que les États membres soient tous tenus d'accueillir un certain nombre de demandeurs d'asile arrivés dans un pays de l'UE ou à défaut d'apporter une contribution financière de 20 000 euros par demandeurs d'asile non accueillis. Est-ce que vous êtes prêts à soutenir cette proposition ?

12:17
Sébastien Chenu

Non, pas du tout, parce que j'ai envie de vous dire, mais de quoi se mêle l'Union européenne ? On a délégué à l'Union européenne la surveillance des frontières extérieures. Elle le fait fort mal d'ailleurs. Mais on lui a délégué cela. Bon, on ne lui demande pas de choisir pour les États, dont c'est la souveraineté finalement, une part de leur souveraineté, qui doit entrer, rester, devenir éventuellement française, etc. Vous pensez que ça doit se régler État par État ? Absolument. Il ne peut pas y avoir une politique européenne là-dessus ? Non, je pense que la seule chose que peut faire l'Europe, c'est s'occuper des frontières extérieures. Elle ne le fait pas. Elle ne le fait pas bien.

Je note qu'il y a eu 55 000 franchissements illégaux de plus cette année que l'année passée. Donc, elle se concentre sur ça. Mais c'est aux États de définir qui entre sur leur territoire.

13:00
Invité

Mais il ne peut pas y avoir de solidarité entre les États ?

13:02
Sébastien Chenu

On parlait à l'instant de l'Italie.

13:04
Invité

Est-ce que l'Italie doit porter elle seule ?

13:06
Sébastien Chenu

Oui, mais cette solidarité, la France s'en acquitte beaucoup depuis longtemps et prend sa part depuis très longtemps. L'idée qu'on impose à la France, ce qu'on appelle, dans le pacte d'immigration, le mot est très moche, moi je trouve, la répartition des migrants, est quand même scandaleux. Parce que c'est-à-dire qu'on demande, sans demander l'avis des peuples d'ailleurs, sans demander l'avis des Français, on impose aux Français d'accueillir des migrants supplémentaires ou sinon on leur colle une amende, on colle une amende à la France. Mais enfin, quand même, est-ce que ce n'est pas aux Français de décider qu'ils veulent voir arriver sur leur territoire ? Pour combien de temps ?

Éventuellement, qui peut devenir Français ? Sous quelles conditions ? Plutôt que de l'Union Européenne, qui n'est pas mandatée pour cela, qui n'est pas mandatée pour cela, et qui vient en plus de décider de répartir des migrants, infliger des amendes, alors qu'en contrepartie, d'ailleurs, la France donne beaucoup financièrement à l'Union Européenne.

13:59
Présentateur

On parle des demandeurs d'asile. Pour vous, la solution, du coup, ce serait quoi ? Ceux qui rentrent, par exemple, par la Grèce ou par l'Italie ? Qu'est-ce que vous faites ?

14:06
Sébastien Chenu

Vous savez que nous, nous proposons que les demandes d'asile puissent se faire dans les pays de départ ou les pays voisins, mais nous avons un réseau consulaire dans à peu près tous les pays du monde.

14:17
Invité

On fait comment pour l'Afghanistan, pour la Syrie ?

14:19
Sébastien Chenu

J'ai dit, ou dans des pays qui sont frontaliers, puisque de toute façon...

14:21
Invité

Il faut bouger déjà, il faut partir de ce pays.

14:22
Sébastien Chenu

Puisque, de toute façon, les migrants choisissent de traverser, de quitter leur pays, ils peuvent faire la demande dans le pays voisin. Vous savez que c'est quelque chose qui est fait par un autre pays de l'Union Européenne, le Danemark. Le Danemark demande qu'on puisse faire ses demandes d'asile dans les pays de départ.

14:37
Présentateur

Qui a renoncé, finalement, le Danemark.

14:39
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je pense qu'en tous les cas, c'est nous, c'est la proposition que nous faisons, parce que nous avons un réseau consulaire qui le permet en France. Parce que, vous le voyez bien, je veux dire, dans les... Je crois, la projection, c'est 200 000 demandes d'asile pour l'année prochaine, la projection. Vous voyez bien que, dans toutes ces demandes d'asile, un tiers est accepté, en moyenne. Mais les gens qui sont arrivés sur le territoire français et qui sont déboutés du droit d'asile, demeurent sur le territoire français.

Comment voulez-vous accepter, intégrer, assimiler, trouver du boulot, trouver du logement, accepter les enfants dans les écoles à 150 000 demandeurs d'asile supplémentaires, sans compter les mineurs d'un accompagné, sans compter l'immigration légale ? On voit bien qu'il y a un embouteillage, que nous n'avons pas les moyens, que nous ne réussissons pas. Vous savez que, dans nos permanences d'élus, 80% de nos demandes, ce sont des demandes de logement. Nous n'arrivons pas à faire face. À un moment, il faut être raisonnable.

Si c'est pour entasser des gens, porte de la chapelle, si c'est pour entasser des gens sur des ports, comme on l'a vu à Calais, est-ce que c'est l'image de la France aussi qu'on veut véhiculer ?

15:44
Présentateur

Elisabeth Borne a annoncé que le projet de loi sur l'immigration sera finalement examiné à l'automne au Parlement. Est-ce que vous êtes prêt, au Rassemblement national, à en voter certaines dispositions ? Par exemple, l'accélération des expulsions d'étrangers qui sont sous OQTF ou l'accélération, justement, des examens des dossiers des demandeurs d'asile ?

16:02
Sébastien Chenu

Écoutez, d'abord, ce projet de loi, il recule. Chaque semaine, il recule d'un mois. Ça devait être en début d'année, puis au printemps, puis à l'été. Maintenant, c'est à l'automne. Toutes les semaines, ça veut dire qu'ils ne savent pas bien où ils vont. Sur le fond. Oui, mais sur le fond. Toutes les mesures qui peuvent aller dans le sens que nous considérons comme étant plus fermes. Nous pouvons les voter. Le problème, c'est qu'à la fin, en tous les cas, dans ce que nous savons du texte aujourd'hui, il y a l'ouverture d'une nouvelle voie d'immigration qui est la régularisation de travailleurs clandestins.

C'est-à-dire des gens qui n'ont pas de papier en France et qui travaillent dans des restos sous certaines conditions, évidemment. Et donc, c'est une nouvelle voie d'immigration à laquelle nous devons faire face. Évidemment, ça effondre. Non, mais ça effondre. Puisque ce sont ces gens-là qui font tourner aujourd'hui les cuisines et certaines professions. Non, non, non. Attendez, on va y venir. Mais cette voie, cette proposition, elle effondre tout l'aspect fermeté. Mais vous savez, c'est le traditionnel en même temps du gouvernement sur l'immigration. Ils vont d'un côté essayer de nous donner des sucres d'orge en disant ici, on va être très fermes.

Et de l'autre côté, ils vont ouvrir une voie d'immigration incroyable. Et une fois d'ailleurs que les gens en question, par exemple, peuvent sortir d'un emploi, se retrouver au chômage, qu'est-ce qu'on fait ? Ils auront été régularisés.

17:11
Invité

La condition, par exemple, que proposait Lisa Botborn, c'est que la personne en question soit en CDI.

17:15
Sébastien Chenu

Et ce sont des titres temporaires. Moi, je vais vous dire, tout ça, c'est une fumiste théorie. Parce qu'on nous explique éternellement que les Français ne veulent pas travailler, les Français ne veulent pas bosser. Et on nous a fait le coup pendant des années, rappelez-vous avec cet exemple très concret, avec les éboueurs. Moi, j'en parle souvent avec les éboueurs le matin lorsque je les vois et qu'on en parle. Il y a quelques années, 70% des éboueurs, c'est un métier difficile, étaient des étrangers. Parce qu'on nous disait, les Français ne veulent pas le faire. C'était il y a des années, c'était toutes les années 90 et 2000.

C'est un métier qui a été profondément rénové dans sa formation, dans son, entre guillemets, attractivité et dans sa rémunération. Aujourd'hui, 70% des éboueurs sont des travailleurs français. Et le nombre de travailleurs étrangers, en tout cas la main-d'oeuvre étrangère, n'a pas été en diminution dans ce domaine-là. Parce que le métier a été rendu plus attractif, mieux payé, mieux formé. Donc, ça veut dire que la formation, l'attractivité des métiers, la rémunération de ceux-là, et l'État peut accompagner, bien entendu. L'État doit accompagner les entreprises là-dessus.

Eh bien, c'est le vecteur numéro 1 pour faire en sorte de ramener des Français vers l'emploi et dans ces emplois difficiles.

18:20
Présentateur

Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, invité de France Info. Il est 8h51. Sophie Echêne pour le Fil Info.

18:27
Invité

De gros dégâts dans le sud-ouest après les orages hier dans le Tarn-et-Garonne à Moissac. Un homme de 69 ans est en urgence absolue, victime de la chute d'un arbre. Des dégâts aussi dans le Gers, dans les Pyrénées-Atlantiques, à Espelette, où les champs de piment ont été dévastés. Près de 450 migrants ont installé leur tente en face du Conseil d'État à Paris hier soir, avant d'être délogé par la police dans la nuit. Accompagné de militants associatifs, il réclamait une mise à l'abri alors qu'il risque d'être expulsé à la fin du mois.

La course contre la montre pour retrouver le sous-marin parti a exploré l'épave du Titanic au fond de l'Atlantique, avec cinq passagers à son bord, dont un Français. Le dernier contact date de dimanche soir. Des bruits ont été captés sous l'eau il y a quelques heures. Une nouvelle recrue française au club de foot saoudien, Alitiad N'Golo Kante, milieu de terrain de Chelsea et champion du monde en 2018. Il vient de signer pour trois ans. Il rejoint son compatriote Karim Benzema, qui lui a souhaité la bienvenue dans, je cite, « la meilleure équipe d'Arabie Saoudite ».

Toujours avec Sébastien Chenu, le vice-président du Rassemblement National, Marine Le Pen va écrire au patron pour tenter de les rassurer. Est-ce que c'est une façon de répondre à Geoffroy Roudbézieux, le patron du MEDEF, qui dit qu'elle n'a aucune compétence économique et qu'elle ne travaille pas assez ?

19:43
Sébastien Chenu

Écoutez, moi je laisse au MEDEF son mépris. On sait que le MEDEF est un peu spécialiste du mépris de classe et je lui laisse. Marine Le Pen porte un programme qui s'adresse à tous les Français et en particulier à la France qui travaille. Nous, je crois que nous sommes le seul parti politique qui défende la France qui bosse, la France qui a travaillé, la France qui aimerait travailler. Et en cela, les patrons, les chefs d'entreprise, des PME, des TPE sont évidemment des partenaires essentiels. Et il faut, je crois, leur expliquer notre vision des choses. Moi, je pense qu'il y a en France des PME, des TPE qui méritent d'être soutenus. Et nous avons des propositions à leur faire.

Nous avons des jeunes qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat. Et nous avons des propositions à leur faire. Nous avons une politique de réindustrialisation du pays à mettre en place. Nous avons une politique, là encore, à expliquer. Et puis, il y a aussi des exigences qu'on doit avoir vis-à-vis des grands groupes en particulier, notamment la taxation des super profits. Et là encore, nous avons des propositions à expliquer. Souvent, nos propositions ont été caricaturées. Elles s'adressent à tous les Français qui travaillent.

20:48
Présentateur

Si vous arrivez au pouvoir, Sébastien Chenu, par exemple, est-ce que vous conserverez les baisses d'impôts des entreprises accordées par Emmanuel Macron ?

20:55
Sébastien Chenu

Mais nous conserverons aujourd'hui les baisses d'impôts, mais nous créerons une taxe sur les super profits. C'est-à-dire pas sur les profits. On a bien compris. Une entreprise, il est normal et c'est son but de faire des profits. Les super profits, c'est-à-dire dans des temps qui sont limités, des profits qui sont calculés par rapport aux années précédentes et dont on voit qu'ils ont été le fruit d'une actualité, par exemple la guerre en Ukraine, qui a permis de profiter davantage. Ça concernerait toutes les entreprises de la petite PME jusqu'aux grands groupes ? Oui, mais c'est souvent... Là, il y a un effet de seuil qu'il faudra regarder.

21:25
Présentateur

Par exemple, une start-up qui débute, elle peut avoir une année sur l'autre ou même une autre entreprise.

21:29
Sébastien Chenu

Je suis tout à fait d'accord pour qu'on regarde les effets de seuil, mais en tous les cas, pour les grands groupes, notamment le CAC 40, les grands groupes pétroliers, les grands groupes de la distribution...

21:37
Invité

Vous pensez à qui, effectivement, parce que les super profits ? Bruno Le Maire, je ne sais pas moi ce que c'est un super profit.

21:40
Sébastien Chenu

Qui regarde comment ça se fait à l'extérieur, qui regarde, il y a des pays qui le font. Mais regardez, les grands groupes, notamment je viens de vous dire du CAC 40, les grands groupes de la distribution, les grands groupes pétroliers ou de l'énergie qui ont fait des super profits, et bien je pense qu'ils seront mis à contribution. Mais ils seront mis à contribution pour qu'on puisse aider, en contrepartie, ceux qui veulent se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. Nous, on avait une proposition avec Marine Le Pen qui était la suppression de l'impôt sur les sociétés pour les moins de 30 ans, pendant un délai, pendant un moment tout à fait précis, et qui crée une entreprise.

Parce qu'on veut éviter que ces jeunes qui veulent créer une entreprise, et bien partent à l'étranger. Donc il faut les aider. Donc on avait, pour les moins de 30 ans, c'était sur 5 ans, la suppression de l'impôt sur les sociétés. Ça, c'est très concret.

22:20
Présentateur

Sébastien Chenu, la France va soutenir une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN après la guerre. Est-ce que c'est une bonne chose ?

22:28
Sébastien Chenu

Nous, on est pour la sortie du commandement intégré de l'OTAN. C'est pas ma question. Oui, oui, mais donc... C'est sur l'entrée de l'Ukraine. Non, non, mais donc, je... Oui, oui, mais je ne considère pas que ce soit...

22:35
Présentateur

Vous êtes toujours pour la sortie du commandement intégré de l'OTAN ? Oui.

22:38
Sébastien Chenu

Ça a un peu changé. Non, non, non, nous sommes toujours pour ça.

22:40
Présentateur

Marine Le Pen disait que ça doit se faire immédiatement si je suis élu.

22:42
Sébastien Chenu

Et depuis la guerre en Ukraine, ça a changé. On est toujours pour cette sortie du commandement intégré. Mais à quel terme ? Mais je note... Écoutez, dès que le conflit avec l'Ukraine est fini, je pense qu'il faut engager cela. Mais je note que M. Zelensky lui-même disait qu'il était impossible, je reprends ces termes, d'intégrer l'OTAN pendant la guerre en Ukraine. Oui, oui, c'est pour ça que j'ai précisé après la guerre. Voilà, donc tous ces gens-là ont visiblement évolué. Moi, je crois que la priorité...

23:05
Invité

Non, non, ça reste après la guerre. Il n'y a personne qui change là-dessus.

23:07
Sébastien Chenu

Il avait dit, en tous les cas, qu'il était impossible de le faire en ce moment. Mais je vois que les démarches sont en train d'être faites en ce moment. Pour une adhésion après la guerre. Les ouvertures vont se faire au mois de juillet, puisque c'est le congrès à Vilnius que ça se passe. Donc, moi, je n'y suis pas favorable, nous n'y sommes pas favorables. Mais nous considérons que la priorité, elle doit être donnée. Non pas à... Parce qu'on nous dit que c'est une pression supplémentaire qu'on va mettre sur la Russie. Ben non, puisque c'est après la guerre. Donc, ce n'est pas une pression supplémentaire à mettre sur la Russie.

23:30
Invité

Mais non, c'est une manière d'anticiper, de prévenir après la guerre.

23:35
Sébastien Chenu

Et donc, Vladimir Poutine est au courant.

23:37
Invité

Il se dit, je vais peut-être revenir autour de la table.

23:39
Sébastien Chenu

D'accord, c'est très convaincant, effectivement. Donc, moi, je considère que la France doit se faire entendre davantage pour ramener d'autres pays. D'ailleurs, j'ai vu que l'Afrique du Sud avait aussi essayé de faire bouger les lignes dernièrement. Elle doit continuer à faire bouger les lignes pour ramener les partenaires d'hier, ou, en tous les cas, les adversaires d'aujourd'hui, autour de la table.

23:57
Présentateur

En continuant, par exemple, à maintenir un contact avec Vladimir Poutine ? Avec la Russie. Avec la Russie. Non, mais avec la Russie. En l'occurrence, aujourd'hui, la Russie...

24:03
Sébastien Chenu

Si Marine Le Pen était à l'Elysée, elle parlerait à Vladimir Poutine aujourd'hui ? Non, mais Emmanuel Macron parle à Vladimir Poutine. Plus depuis des mois. Moi, je l'incite à le faire parce que je pense que c'est utile que la France, qui est une puissance de stabilité, qui est une puissance qui est vue encore un peu comme indépendante, même si on peut parfois se poser la question, notamment avec le parapluie de l'OTAN, eh bien, je l'invite à continuer. Moi, je pense qu'il y aura un après-Vladimir Poutine. Il y aura d'autres dirigeants, un jour, qui lui succéderont. Et il faut le souhaiter, d'ailleurs. Et le plus vite sera le mieux. Mais la Russie demeurera.

Il faudra parler à la Russie, comme on parle d'ailleurs à des grandes puissances mondiales qui ne sont pas des grandes démocraties. On parle à la Chine, on parle à l'Arabie Saoudite, on parle à de grandes puissances mondiales sur lesquelles on peut avoir des réserves quant à leur comportement. Elles ne sont pas toutes en guerre, heureusement. Mais je pense qu'il y aura un après-Vladimir Poutine. Et je pense qu'il faut parler à la Russie. Salia, vous voulez rajouter un mot ?

24:53
Invité

Une petite dernière question. Bruxelles demande aux Etats membres une rallonge de 50 milliards d'euros pour aider l'Ukraine dans les années qui viennent. Il faut mettre la main à la poche ?

25:00
Sébastien Chenu

Nous, on donne déjà beaucoup. Donc, je pense que dans ce que nous donnons à l'Union européenne, ils doivent pouvoir considérer que la France s'est déjà acquittée largement de la note. Donc, on ne donne pas plus, non ? Non, mais on donne beaucoup. Nous, on nous rend assez peu. Donc, voilà. Je pense qu'on a pris notre part largement.

25:14
Présentateur

Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national et de l'Assemblée nationale, elle était ce matin l'invité de France Info. Merci. Merci. Bonne journée à vous. Merci.

Permis de conduire à 17 ans, agression à Bordeaux, venue de Giorgia Meloni... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote