Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 janvier 2024 14 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

G. Attal, plus jeune Premier ministre de la Vème - C à vous - 09/01/2024

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 57 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Pourquoi ce choix était si laborieux et pourquoi ce n'est pas le premier choix d'Emmanuel Macron ?

  • 0:07OuverteRéponse partielle

    Vous êtes d'accord avec Patrick sur les 18 heures de flottement ?

  • 1:33OuverteRéponse partielle

    Quels arguments pour justifier ces réticences ?

  • 2:25OuverteRéponse partielle

    Erwin Drucker, est-ce que vous savez ça, ces fameuses 18 heures ?

  • 3:15OuverteRéponse partielle

    Vraiment, il y a eu des réticences à la parole de Gérald Darmanin et de Bruno Le Maire au sujet de la nomination de Gabriel Attal ?

  • 3:53OuverteRéponse partielle

    La déclaration cet après-midi à la DGSI de Gérald Darmanin au sujet de la nomination de Gabriel Attal.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43InvitéFait
    « On avait une très bonne source qui nous disait Gabriel Attal, et la règle c'est d'avoir deux bonnes sources »
  • 0:51InvitéFait
    « Il l'avait testé auprès de plusieurs et il avait senti qu'il avait un peu de réticence »
  • 1:44InvitéFait
    « Édouard Philippe, il était pour le statu quo, lui voulait garder Elisabeth Borne »
  • 1:54InvitéFait
    « depuis un certain temps, ils sont systématiquement contre. »
  • 2:10InvitéFait
    « Et là, cette fois-ci, il n'a pas cédé, il avait cédé au revenu en 2022 »
  • 3:00InvitéFait
    « et aussi de chercher si vraiment ce jeune homme de 34 ans pouvait potentiellement manager aussi des gens qui pouvaient rester au gouvernement »
  • 3:34InvitéFait
    « Gérald Darmanin, c'est quand même, lui, il a vraiment rêvé de ce poste-là à l'été dernier. »
  • 4:01InvitéFait
    « Je pense que chacun a vu que je n'avais pas fini ma mission au ministère de l'Intérieur »
  • 4:11InvitéFait
    « on est à 100 jours du relais de la flamme, on est à 200 jours des Jeux olympiques »
  • 4:38InvitéFait
    « Ce que ne fait pas, évidemment, Gabriel Attal qui a passé 5 mois et demi au ministère de l'Éducation nationale. »
  • 5:42InvitéFait
    « Je pense que pour Emmanuel Macron, ce début d'année 2024, c'est non seulement la relance de son quinquennat, mais c'est même, j'allais dire, la survie du macronisme »
  • 6:48InvitéFait
    « Emmanuel Macron a été un président qui a été élu sur la promesse de l'efficacité politique. »
  • 7:48InvitéFait
    « Gabriel Attal, quand il est arrivé à l'éducation, il a profité de ses premières semaines, ses premiers mois pour faire des choses qui marchent tout de suite. »
  • 8:32InvitéFait
    « Gabriel Attal était donc le secrétaire d'État à la jeunesse, sous la tutelle de Jean-Michel Blanquer. »

Temps de parole

  • Invité42 %
  • Invité 228 %
  • Présentateur17 %
  • Présentateur 28 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Un mot d'abord sur les coulisses de cette nomination, 18 heures de flottement, c'est beaucoup et c'est troublant, rappelle Patrick, vous êtes d'accord avec lui, pourquoi est-ce que ce choix était si laborieux et pourquoi c'est clairement pas le premier choix d'Emmanuel Macron ?

0:12
Invité

Avant les 18 heures, il y a d'abord eu les jours qui se sont écoulés, pendant lesquels au fond la scénographie c'est toujours la même, l'exécutif, l'Elysée lance des leurs ou des vraies candidatures, et c'est vrai qu'il y en a eu deux ou trois qui étaient en première ligne, pas celle de Gabriel Attal. De ce point de vue-là, je pense que c'était bien joué de la part du président de la République qu'il l'avait dans sa manche. Samedi, pour vous donner une autre coulisse, celle de la tribune dimanche, on a beaucoup hésité à pousser sur...

On avait une très bonne source qui nous disait Gabriel Attal, et la règle c'est d'avoir deux bonnes sources, donc du coup on est resté l'arme au pied, mais déjà il l'avait testé. Il l'avait testé auprès de plusieurs et il avait senti qu'il avait un peu de réticence, mais les réticences étaient beaucoup plus fortes sur Lecornu, sur Sébastien Lecornu, le ministre des armées, et c'est vrai qu'à la sortie du week-end, Julien Denormandie, qui est l'autre favori, l'autre chouchou de... Il avait un peu de réticence.

Et la surprise à mon avis pour Emmanuel Macron, c'est que lorsqu'il a sorti sa vraie carte, puisque moi à mon avis ça faisait déjà plusieurs jours finalement, c'était Gabriel Attal, là il a été surpris de...

1:21
Présentateur

De l'adhésion ?

1:22
Invité

Non, il a été surpris des réticences, ce que j'appelle moi les féodaux, c'est-à-dire ce que Patrick appelle les conseillers offshore, François Bayrou, François Bayrou, et d'autres, Édouard Philippe.

1:33
Présentateur

Et quels arguments pour justifier ces réticences ?

1:35
Invité

Édouard Philippe, il était pour le statu quo, lui voulait garder Elisabeth Borne, bon lui on comprend, lui il n'a pas besoin d'avoir mettre en scène un adversaire potentiel dans son camp, donc lui ça ne lui va pas du tout, Gabriel Attal, en même temps on verra, la route est longue d'ici 2027, et quant à Richard Ferrand et François Bayrou, depuis un certain temps, ils sont systématiquement contre. Ah oui, tout ! Oui, ils sont un peu là les... C'est un peu le coupé de chaud, ils commencent à râler sur tout, et bon voilà, ils sont comme ça, c'est leur personnalité aussi, mais Emmanuel Macron il les écoute, c'est un peu les piliers.

2:09
Présentateur

Donc ils l'ont fait un peu douter ?

2:10
Invité

Et là, cette fois-ci, il n'a pas cédé, il avait cédé au revenu en 2022, et ils le font changer d'avis, et là il n'a pas plié. Enfin, il y a quand même, pardon, dans les 18 heures, il y a quand même forcément des ajustements qui ne se sont pas trouvés tout de suite.

2:25
Présentateur

Erwin Drucker, est-ce que vous savez ça, ces fameuses 18 heures ?

2:29
Invité

Pour revenir à François Bayrou, c'est-à-dire que François Bayrou ne voit qu'un seul excellent Premier ministre, c'est lui-même, donc c'est toujours quelque chose qui revient, toujours, ça agace même ses amis au sein du Modem. Dans les tergiversations, il y avait aussi la question de garder ou non le ministère de l'Éducation, quelque chose qui ressemble dans la besace du Premier ministre, peut-être un peu comme Elisabeth Borne avait, c'est-à-dire qu'Elisabeth Borne était Première ministre chargée de la planification écologique.

Peut-être qu'à l'Élysée, on réfléchissait à quelque chose de la sorte dans le domaine éducatif, mais ces tergiversations sont un mélange effectivement de tout ça, de résistance des vieux grognards, et aussi de chercher si vraiment ce jeune homme de 34 ans pouvait potentiellement manager aussi des gens qui pouvaient rester au gouvernement, des Bruno Le Maire, des Gérald Darmanin, qui eux n'étaient pas franchement convaincus de voir un si jeune homme prendre la place à Matignon.

3:15
Présentateur

Vraiment, il y a eu des réticences à la parole de Gérald Darmanin et de Bruno Le Maire au sujet de la nomination de Gabriel Attal ?

3:20
Invité

Davantage Gérald Darmanin à mon sens que Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, il y a le petit côté, c'était son ministre délégué, maintenant c'est lui qui va être sur le maître. Mais en même temps, entre les deux, ça marche plutôt bien, ils s'entendent plutôt bien, les deux disent plutôt du bien de l'un de l'autre. Alors que pour Gérald Darmanin, c'est quand même, lui, il a vraiment rêvé de ce poste-là à l'été dernier. Bon, encore une fois, ça ne lui passe sous le nez, même si cette fois-ci il avait peu de chance de l'avoir. Bon, voilà, après c'est la vie politique dans ces moments-là, c'est vrai de se faire doubler par un jeune de 34 ans, bon, oui, ça doit aller.

3:53
Présentateur

Juste avant de faire réagir, Erwann, la déclaration cet après-midi à la DGSI de Gérald Darmanin au sujet de la nomination de Gabriel Attal.

4:01
Invité

Je pense que chacun a vu que je n'avais pas fini ma mission au ministère de l'Intérieur et que je ne suis pas homme à me dérober quand il y a des policiers, des gendarmes, des préfets qui, il y a quelques jours, on est à 100 jours du relais de la flamme, on est à 200 jours des Jeux olympiques, vont risquer leur vie, mettre leur réputation en jeu. Moi, je suis un homme d'honneur, je suis un homme de devoir et vous savez, de là où je viens, d'une province, d'une famille populaire, on aime bien terminer ce qu'on fait.

4:26
Présentateur

Entendre en creux, lui, au ministère de l'Éducation nationale, il ne commence pas ce qu'il a commencé.

4:30
Invité

Comment dire dans une même déclaration qu'on veut rester au gouvernement tout un désingant son futur Premier ministre ? Là d'où je viens, on termine ce qu'on fait. Ce que ne fait pas, évidemment, Gabriel Attal qui a passé 5 mois et demi au ministère de l'Éducation nationale. C'est quand même une déclaration... Alors, l'inimitié entre les deux hommes, elle remonte déjà à un certain temps. Ils n'aiment pas. Ils ont vraiment des formations inverses. Il a raison, d'ailleurs. Ils ne viennent pas du tout du même univers, ni politique, ni d'origine sociale.

4:56
Présentateur

Il va être obligé de le garder au ministre à l'Intérieur ? Avec quelle marge de manœuvre pour le diriger dans son équipe gouvernementale ?

5:01
Invité

Tout le monde des négociations qu'il va y avoir avec Emmanuel Macron. Et in fine, c'est quand même Emmanuel Macron qui va choisir si Gérald Darmanin reste ou pas au gouvernement. Non, le plus intéressant, c'est qu'effectivement, là, c'est de l'art de s'autonommer dans le prochain gouvernement et de dézinguer son premier ministre. Alors même que Gérald Darmanin, autant quand Elisabeth Borne avait été reconduite l'été dernier, il y a cru vraiment. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron y a cru aussi. Mais là, cette fois-ci, Gérald Darmanin n'avait aucune chance. Il le savait. C'était su, on le savait qu'il n'allait pas être nommé à Matignon. Et pourtant, c'est du Gérald Darmanin tout craché.

Il ne peut pas s'empêcher de faire ce genre de petites déclarations.

5:33
Présentateur

Ce qui a compté pour la nomination de Gabriel Attal, c'est sa jeunesse et sa popularité.

5:40
Invité

Oui, absolument. Moi, je vais même plus loin. Je pense que pour Emmanuel Macron, ce début d'année 2024, c'est non seulement la relance de son quinquennat, mais c'est même, j'allais dire, la survie du macronisme et ce qu'il peut encore faire d'ici la fin de son mandat. Donc, il n'avait plus beaucoup de cartes. Il n'avait plus beaucoup de cartes pour être à la fois audible. On sait, pour moi, c'est un funambule. Donc là, il a l'habitude de surprendre. Cette fois-ci, il a quand même surpris, parce qu'il faut bien le dire, on pouvait discuter de la possibilité d'Attal, ce n'était pas si évident que ça. Donc là, il surprend. Le funambule continue à traverser de la vallée de la mort.

C'est une expression qu'il avait utilisée lui-même. Et le macronisme va pouvoir encore un peu exister. On va voir maintenant.

6:24
Présentateur

Mais vous lui avez presque conseillé dans votre édito du 17 décembre de la Tribune dimanche. Emmanuel Macron devrait s'inspirer de Gabriel Attal. Le ministre ne se réfugie pas dans le déni. Il sort un plan avec mise en place de mesures immédiates. Bref, l'inverse du chef de l'État qui procrastine et semble totalement enlisé sur bien des dossiers. Ce qu'on lui a lu dans l'émission du 1 décembre.

6:43
Invité

Oui, je vous remercie d'ailleurs. C'est assez étonnant de le voir. Mais c'est la vérité. Emmanuel Macron a été un président qui a été élu sur la promesse de l'efficacité politique. Et depuis le début de ce deuxième mandat, il est enlisé à peu près sur tous les dossiers. Alors on a vu, c'est compliqué, il n'a pas de majorité. Il a quand même passé ses dossiers difficiles que sont la retraite et l'immigration. Mais à quel prix ? Et là, aujourd'hui, il y a d'autres dossiers. Qu'est-ce qu'il attend ? La fin de vie, il y a d'autres dossiers. Et je trouve qu'à l'arrivée, oui, j'ai eu cette idée-là. En même temps, je vais vous dire un truc.

Dans une étude, une enquête d'opinion, il y avait une question ouverte qui était posée aux Français. Pas mal de Français, dans cette enquête d'opinion, disaient qu'il faudrait qu'ils fassent comme Gabriel Attal. Et des fois, quand on lit ce que disent les Français d'Emmanuel Macron, c'est ce qu'il disait, en tous les cas, au mois de décembre. Bruno a raison. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a quand même cette fâcheuse manie depuis sa réélection à donner rendez-vous aux Français en laissant les journalistes un petit peu dans le marigot et attendre ce qu'il va faire. Et finalement, au bout du compte, ne pas faire grand-chose. Il y a souvent des rendez-vous déçus.

Or, Gabriel Attal, quand il est arrivé à l'éducation, il a profité de ses premières semaines, ses premiers mois pour faire des choses qui marchent tout de suite. L'abaya, le harcèlement, il a mis de côté le côté pédagogique du poste. Mais il a fait des choses qui marquaient les Français tout de suite. Et c'est vrai que le paradoxe, en tout cas, la différence entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron est assez frappante de ce point de vue-là.

8:07
Présentateur

L'ascension de Gabriel Attal, on y revient, spectaculaire. Automne 2018, il a 29 ans, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. Comment l'appelait-on à l'époque au gouvernement, Erwann Broker ? Ce que vous racontiez dans votre portrait, d'ailleurs.

8:21
Invité

Natacha Kampouche ? Oui. C'est une vague de très bon goût de la part de ses collègues.

8:26
Présentateur

Expliquez-nous pourquoi, cette Autrichienne qui a été retenue en captivité pendant 8 ans, je crois.

8:31
Invité

Parce que pendant le Covid, Gabriel Attal était donc le secrétaire d'État à la jeunesse, sous la tutelle de Jean-Michel Blanquer. Et Covid oblige, il faisait des réunions interministérielles par webcam, par Zoom. Et Gabriel Attal envoyait des textos à certains de ses collègues en disant « Sortez-moi de là ». Et comme il y avait un rideau un petit peu moche derrière eux, derrière la webcam, certains ministres imaginaient une cache derrière ce rideau dans lequel Gabriel Attal passait ses nuits. Donc voilà, ça faisait rire beaucoup des collègues avec une blague d'un goût qu'on peut relativiser.

9:00
Présentateur

En juillet 2020, le tout nouveau premier ministre Jean Castex le nomme porte-parole du gouvernement et il fait son premier compte-rendu du Conseil des ministres. – Bien, bonjour à toutes et à tous. À titre liminaire, je voudrais dire que je suis très heureux et honoré de la confiance du président de la République et du Premier ministre de me confier cette belle mission de porter la parole du gouvernement. Je suis heureux d'être devant vous aujourd'hui. Je considère que je ne suis pas là pour donner des leçons, mais pour répondre à des questions, à vos questions. et je le ferai le plus concrètement et le plus clairement possible. – Bon, merci beaucoup.

C'était une première pour moi, mais pour moi, ça s'est bien passé, en tout cas. Enfin, je crois. Et puis, la semaine prochaine, je crois que c'est comme ça qu'on dit. Merci. – Finalement, on a trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel. C'est ce que Jean Castex avait montré au photographe. Un petit mot qu'il avait écrit pendant le Conseil des ministres ?

9:57
Invité

– Oui, il n'a pas tout à fait fait exprès de le montrer au photographe. Mais pour être honnête, c'était un mot d'Alexis Colère, effectivement, où Gabriel Attal était nommé porte-parole. Et il se demandait si, à côté de ça, il ne fallait pas lui donner un petit Marocain, comme Olivier Véran a d'ailleurs en ce moment, avec la citoyenneté, le renouveau démocratique. Et finalement, non, il n'avait pas eu d'autres os à ronger. Mais bon, quelques années plus tard, l'os est quand même assez joli. – Il faut dire que la relation entre Jean Castex… Jean Castex a beaucoup compté pour Gabriel Attal.

Il y a une équipe qui s'est formée à Matignon entre Jean Castex, Gabriel Attal et la conseillère communication de Jean Castex, Maria Daboulos, qui, moi, je la connais depuis 10 ans, elle a toujours dit qu'il sera président de la République. Il y a 10 ans, elle le disait déjà. – Et il y a quelque chose qui s'est passé. – Avec Marisol Touraine. – Et il s'est passé quelque chose entre eux et il l'a pris un peu comme ça sous son aile. Et c'est vrai que Gabriel Attal a pris beaucoup la confiance, comme on dit, auprès de Jean Castex. – Il lui a rendu hommage tout à l'heure dans son discours de passation de pouvoir.

10:56
Présentateur

– Et pourtant, lorsqu'il venait ici à Cétaboulos, qui est arrivé à un certain nombre de reprises, lorsqu'on lui parlait de son ambition, il était toujours un peu embarrassé. – Vous avez été nommé le 20 mai dernier ministre délégué au compte public. Vous avez 33 ans et Le Monde, cet après-midi, rapporte le propos anonyme d'un député. Depuis qu'il est petit, il veut être président de la République. Vous démentez ? – Je ne sais pas d'où ça sort, ça. C'est quelqu'un d'anonyme. – Mais c'est vrai, ce n'est pas vrai ? – Non, je ne comprends pas d'où ça sort, mais j'imagine que ça partait d'une bonne intention. – Mais ce n'est pas vrai. – J'ai voulu faire plein de choses quand j'étais petit.

J'ai voulu être cosmonaute, comme beaucoup d'enfants. J'ai voulu être avocat. J'ai assez vite voulu faire de la politique et m'engager. J'ai fait assez tôt en tant que militant, en tant qu'élu local. Ça fait 10 ans que je suis conseiller municipal dans ma commune. Voilà, je pense que ça suffit. – Embarrassé mais ambitieux.

11:49
Invité

– Embarrassé mais ambitieux, ça le résume bien. Il y a quand même toujours quelque chose un peu de… Il a une réserve naturelle. C'est-à-dire que, vous voyez, des bêtes politiques, j'en ai vu pas mal. Un Sarkozy très jeune, il était déjà dans le truc, je le veux tout de suite, je prends tout, il faut tout prendre. Ou d'autres. François Hollande, à sa façon, avec son humour, on savait qu'il avait une ambition incroyable. Je ne sais pas, lui, il y a toujours un peu une réserve. Et même sur le terrain, il a une façon un peu… Ce qui fait qu'il a une distance et il trompe un peu le journaliste pas expérimenté, quoi. Qu'il pourrait croire, ah non, non, non, non, il n'est pas sûr.

– Il ne donne pas l'impression de s'écouter parler, oui, je suis d'accord. – Et surtout, moi j'ai toujours dit que c'est un macroniste souriant. C'est un macroniste qui n'énerve pas, contrairement à tous ceux qui étaient sur la même ligne de départ en 2017 comme lui.

12:36
Présentateur

– Qui pouvaient parler pour des donneurs de leçons.

12:37
Invité

– Depuis où on soit disparu, qui passait pour des donneurs de leçons, les mormons, tout ça. Toute cette fable des macronistes du départ. Et lui, il avait un côté macroniste qui n'énerve pas. Et c'est sans doute ça aussi que l'opinion les Français ont vue à travers lui.

12:49
Présentateur

– Un loup solitaire aussi, Erwann ?

12:51
Invité

– Oui, c'est là où on voit que c'est un bon communicant. Parce qu'il y a quand même des ministres, certains ministres qui l'ont même connu quand il était collaborateur de Marisol Touraine, avant qu'Emmanuel le constatait lui. Et déjà, il trouvait que ce collaborateur avait un petit peu les dents qu'Irielle parquait et savait le montrer. Ça, c'est intéressant. – Et deux, un loup solitaire, oui. Et je pense que ça va être un de ses grands défis maintenant à Matignon, ça va être de manager cette équipe gouvernementale.

Parce que Gabriel Attal, tous les ministres qui l'ont côtoyé le disent, qu'il soit de gauche, de droite, qu'il l'aime ou qu'il l'aime un peu moins, disent que quand même il a un fonctionnement effectivement très solitaire, très replié sur son clan de collaborateurs de son cabinet. Mais il n'a pas créé de galaxie Gabriel Attal. Il y a des loméristes, il y a des darmanistes, mais il n'y a pas d'attalistes. Donc les députés l'aiment plutôt. Par contre, il n'a pas réussi encore à se créer de compagnonnage politique.

Et il faudra voir comment ça peut marcher maintenant pour manager certains membres du gouvernement qui vont rester, qui trouvent effectivement qu'il est trop solitaire, pas collectif. Ça va être un de ses grands défis à mon avis.