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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 novembre 2022 25 min

Super-participation et dividendes, motion de censure et Coupe du monde au Qatar... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Clémentine Autain

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Clémentine Autain. Bonjour Marc Fauvel. Pour la première fois, une femme va arbitrer une rencontre de Coupe du Monde masculine de foot. C'est la Française Stéphanie Frappard qui a été désignée cette nuit par la FIFA. Vous dites bravo ou vous dites enfin ?

0:13
Clémentine Autain

Enfin, plutôt enfin, il est temps que les femmes puissent avoir leur place dans cette pratique sportive et on est très très loin du compte. Après, on est dans un contexte tout à fait singulier avec cette Coupe du Monde au Qatar qui est un vrai cimetière d'ouvriers, 6 000 morts probablement si on en croit les ONG et également un carnage écologique. Donc cette Coupe du Monde, on a du mal à en parler comme si c'était une Coupe du Monde basique où on va se féliciter aussi bien de la présence des Français en huitième de finale que du fait qu'une femme arbitre.

0:51
Présentateur

Mais est-ce que cette décision, elle ne donne pas un tout petit peu raison à la FIFA qui dit regardez, on peut changer les choses de l'intérieur en allant au Qatar ?

0:58
Clémentine Autain

Écoutez, j'ai plus qu'un doute. Moi, j'étais, nous étions pour le boycott diplomatique parce que les conditions dans lesquelles s'organise cette Coupe du Monde, c'est scandaleux, c'est révoltant en réalité. C'est absolument révoltant et je trouve qu'il y a une forme de passivité, voire de complicité. Quand j'ai vu le tweet d'Emmanuel Macron sur le Qatar tout récemment expliquant qu'il voulait réaffirmer son soutien au Qatar dans ce contexte-là, sans aucun mot par rapport à la façon dont tout ça se passe, qui est terrifiante, je me dis qu'on n'est pas du tout à la hauteur. Pas du tout à la hauteur.

1:34
Invité

Des pleutres qui ne font pas preuve de courage, ce sont les mots qu'a utilisé Sandrine Rousseau pour qualifier les bleus au Mondial au Qatar. Vous diriez la même chose ?

1:41
Clémentine Autain

C'est-à-dire qu'on a envie, moi j'ai plus envie d'en appeler encore à eux, en disant, regardez ce qu'ont été capables de faire les Iraniens. Ils n'ont pas chanté l'hymne. Ils n'ont pas chanté leur hymne. Mais ils l'ont chanté depuis.

1:55
Présentateur

Ils ont dû chanter depuis parce qu'il y a eu des menaces sur leur famille.

1:57
Clémentine Autain

D'accord, mais il y a eu un moment qui était un moment d'une grande audace, de rébellion, d'insoumission, et c'est une image qui nous a toutes et tous frappés et qui disait quelque chose politiquement. Je ne crois pas que si les Français avaient un minimum d'audace, ils seraient à ce point rabroués. Ils ne prennent pas les mêmes risques que les Iraniens. Donc j'en appelle en effet à ces footballeurs, peut-être pour qu'ils puissent avoir un geste, parce qu'on ne peut pas accepter ça. On ne peut pas accepter ce niveau d'esclavagisme. On ne peut pas accepter qu'il y ait une telle gabegie dans un régime qui est un régime aussi autoritaire et aussi unique.

Donc oui, je pense qu'à un moment donné, c'est bien de prendre ses responsabilités et d'avoir quelques actes de travail.

2:39
Présentateur

Au moment des Jeux de Pékin, Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon, interrogé sur un éventuel boycott des Jeux, disait que ce serait une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois.

2:51
Clémentine Autain

Je ne me souviens plus du contexte dans lequel ces mots étaient prononcés. Je vous ai cité avec des guillemets. Oui, je sais bien, mais je ne me souviens pas du tout pourquoi il dit ça à ce moment-là.

2:58
Présentateur

Boycotter la Chine, c'était une agression contre le peuple chinois, mais boycotter le Qatar, ce serait naturel aujourd'hui ?

3:03
Clémentine Autain

Boycotter diplomatiquement, oui. En tout cas, c'est la position de la France insoumise aujourd'hui, cet appel au boycott diplomatique pour le Qatar. Quant à la Chine, moi, je pense qu'il y a des moments où il faut être capable d'avoir un rapport de force. Et ce n'est pas aussi simple avec la Chine qu'avec le Qatar. Il faut être quand même assez objectif, ce n'est pas aussi facile. Mais notamment, je vais vous dire, sur les Ouïghours, par exemple, j'ai été frappée du fait que Renaissance peut tout à fait voter une résolution dans laquelle est inscrit le mot génocide pour les Ouïghours.

3:38
Présentateur

Que les insoumis n'ont pas voulu voter.

3:39
Clémentine Autain

Parce que nous avons un débat sur le terme, mais j'ai pris position à ce moment-là très fortement, parce que c'est moi qui ai fait l'intervention à la tribune, pour dénoncer les crimes contre l'humanité que subissent les Ouïghours, et pour m'en prendre, au régime chinois qui a un comportement qui est d'abord une fuite en avant dictatoriale générale et un comportement absolument inique vis-à-vis des Ouïghours. Mais je constate qu'on peut voter ça à l'Assemblée nationale pour ce qui est de ce gouvernement et ne prendre strictement aucune mesure, aucune mesure diplomatique.

Mais même pas convoquer l'ambassadeur, mais même pas quand il va discuter avec les dirigeants chinois, mettre à l'ordre du jour la question des Ouïghours.

4:19
Invité

Est-ce que les sanctions sont au niveau européen ? Clémentine Autain, vous le savez.

4:22
Clémentine Autain

Non, je suis désolée. Quand la France prend une position par le biais de son Parlement, très forte à l'égard du régime chinois, j'estime qu'il y a une forme de cynisme, en fait, à ce que le Président de la République, à aucun moment, à aucun moment, ne met à l'ordre du jour des négociations avec les Chinois, mais aussi au Conseil de sécurité de l'ONU. Qu'est-ce qui empêche la France d'avoir une parole et de le mettre à l'ordre du jour ?

Donc, je veux juste dire que j'ai le sentiment qu'il y a des moments où on est dans une sorte d'inflation des mots sur le plan diplomatique, c'est-à-dire qu'on va voter des résolutions, on dit que c'est terrifiant, mais aucune mesure ne se passe parce qu'il y a en réalité une action qui est toujours moins forte, vous voyez ? Donc, il y a un décalage entre l'inflation des mots et l'inaction.

5:08
Présentateur

Clémentine Autain, Emmanuel Macron est arrivé cette nuit à Washington, visite d'État de trois jours. Est-ce qu'il arrive chez un allié de la France ?

5:15
Clémentine Autain

Ah, c'est une bonne question. Votre réponse. Oui, oui, c'est une bonne question. C'est pour lui, enfin, je veux dire un allié de la France pour lui.

5:22
Présentateur

Est-ce que les États-Unis sont un allié de la France ?

5:23
Clémentine Autain

Oui, mais c'est la question que vous posez, c'est ce que lui considère...

5:26
Présentateur

Non, j'ai l'impression que vous, vous considérez que les États-Unis sont aujourd'hui notre allié.

5:30
Clémentine Autain

Vous savez notre position là-dessus, on aime bien être non-aligné, c'est-à-dire garder notre souveraineté et notre indépendance et avoir éventuellement des partenaires. Donc, les États-Unis ne sont pas des alliés aujourd'hui. Mais c'est pour faire quoi ? Alliés pour faire quoi ?

5:42
Présentateur

La guerre en Ukraine avec eux, par exemple ?

5:44
Clémentine Autain

Écoutez, on n'a pas en tout point les mêmes positions. C'est-à-dire que nous sommes d'accord avec les États-Unis pour dénoncer le régime de Poutine, nous sommes d'accord pour dire qu'il faut soutenir les Ukrainiens. Après, nous ne sommes pas forcément d'accord, par exemple, sur le fait que c'est l'OTAN qui va nous permettre de régler l'ensemble de ces conflits.

6:01
Présentateur

Mais vous ne prononcerez pas le mot allié ? La France n'est pas aujourd'hui un allié des États-Unis.

6:07
Clémentine Autain

Mais je ne pose pas les choses en ces termes-là, d'un point de vue géopolitique. Ça dépend pour faire quoi ? Alliés. En plus, le terme, il a une résonance qui nous fait penser à la Seconde Guerre mondiale avec les alliés. Au pays qui est venu nous libérer. Et je pense que, justement, les équilibres à l'échelle internationale et la façon dont on prend les choses sont trop liés aux équilibres de 1945. Et qu'il faut probablement aussi sortir de là et considérer la géopolitique avec les termes qui sont ceux du XXIe siècle. Donc, évidemment qu'on a des intérêts convergents, c'est-à-dire la volonté d'aider les Ukrainiens et de s'en prendre au régime de Poutine.

Mais on n'est pas convergent sur tout. On sait aussi que les États-Unis ont leurs propres intérêts dans les relations avec la Chine, dans leur rivalité avec la Chine et qu'ils ne font pas forcément de nous des alliés. Nous n'avons pas été des alliés dans la guerre du Golfe. Donc, dire qu'on est des alliés de tout temps est un peu absurde en réalité.

6:58
Présentateur

Le Filinfo, 8h40 avec Maureen Suignard et on poursuit dans un instant avec vous, Clémentine Autain.

7:03
Invité

Une visite pour ressouder les liens entre la France et les États-Unis. Emmanuel Macron, État Washington, visite d'État de trois jours. La première depuis la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine. Et alors que l'Europe accuse les États-Unis de protectionnisme à cause d'un plan massif de soutien à son économie. Le président du Conseil européen est lui en Chine. Il doit rencontrer demain le président chinois. Les autorités font face à une contestation sans précédent. Une nouvelle manifestation contre la politique du zéro Covid s'est tenue à Canton la nuit dernière. Des heurts avec la police signalée.

Après Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Lille ou encore Paris, c'est au tour de Marseille de voir ses loyers encadrés. Le gouvernement répond favorablement à une demande de la mairie. Pas de détails sur le calendrier pour le moment. Une annonce de la FIFA. Pour la première fois, une femme va arbitrer un match de Coupe du Monde masculine. Et c'est une Française, Stéphanie Frappard. Avant cela, à 16h, à suivre sur France Info. Tunisie, France. Les Bleus sont déjà qualifiés pour la suite de la compétition de football. France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec Clémentine Autain, la députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis.

On parlait avant les titres des relations avec les Américains. Les relations qui se sont tendues depuis que les Etats-Unis ont décidé d'investir 300 milliards de dollars pour protéger leurs économies et investir dans les industries. Est-ce qu'Emmanuel Macron doit hausser le ton face à Joe Biden aujourd'hui ?

8:30
Clémentine Autain

Écoutez, il ferait mieux de s'inspirer de Joe Biden que d'y aller pour vendre le libre-marché. C'est quand même extraordinaire. C'est-à-dire que voilà le président de la République qui va aux Etats-Unis pour régler en partie l'affaire des sous-marins australiens qu'il n'a sans doute pas bien digéré. Et aussi le prix du gaz américain qui est vendu une fortune en effet aux Français. Mais il essaye d'aller convaincre le président de la République qu'il ne doit pas mener une politique qui protège les Américains. C'est quand même surréaliste. Alors pourquoi il faudrait faire la même chose en France ? Bien sûr que si. Il ferait mieux de s'inspirer.

Il y a 430 milliards injectés dans l'économie américaine par Joe Biden cet été. Une volonté de sortir des logiques de libre-marché. Une discussion, un dialogue, voire même un soutien aux syndicats sur place. Vous voyez, on n'est pas du tout dans la même politique.

9:19
Présentateur

Vous voulez dire que Joe Biden fait du Mélenchon sans le dire ? N'exagérons rien. Vous dites qu'il devrait prendre exemple de ce que fait Joe Biden.

9:26
Clémentine Autain

N'exagérons rien. Mais en tout cas, si je dois choisir entre Emmanuel Macron et Joe Biden, je n'ai pas d'hésitation. Vous préférez Joe Biden ? Écoutez, là, sur ça, sur ce point-là, je pense qu'il ne faut pas avoir d'hésitation sur le fait qu'un peu de protectionnisme, protéger l'économie, je pense que c'est une source d'inspiration de ce point de vue-là. Pour lutter contre l'inflation, c'est ça que je suis en train de vous expliquer.

Pour lutter contre l'inflation, je pense que la fuite en avant en France, c'est-à-dire de continuer à croire que le marché libre, que la concurrence entre les États va nous amener un mieux-disant, et d'aller aux États-Unis pour expliquer que non, il faut continuer à être dans un marché ouvert et faire jouer la concurrence, effectivement, je ne suis pas d'accord avec ces temps-là.

10:09
Invité

Ça veut dire qu'on se replie sur nous-mêmes comme font les Américains ?

10:12
Clémentine Autain

On remet des barrières douanières sur certains produits ? Vous avez raison, il faut être très clair sur ce sujet. Moi, je suis internationaliste. J'ai toujours été, c'est ma formation politique, et je pense en plus que si on veut régler les enjeux du réchauffement climatique et des injustices, des guerres, nous avons besoin de solidarité internationale. Donc je suis pour une logique de coopération. Ça, c'est clair, à l'échelle internationale.

Mais pour arriver à cette logique de coopération, il faut également qu'il y ait une souveraineté dans les États qui permette à chacun de mener des politiques qui incitent à la relocalisation de l'économie et qui protègent les populations des méfaits de la globalisation néolibérale. Donc je pense que diviser de façon binaire, vous voyez ce que je veux dire ? Soit c'est le repli sur les frontières, soit c'est l'ouverture et le marché libre, n'est pas une bonne manière de prendre des choses.

11:02
Invité

Donc on remet des barrières douanières sur certains produits, lesquels par exemple ?

11:05
Clémentine Autain

Par exemple, non mais déjà, il faut arrêter de faire les traités de libre-échange. Il faut arrêter les CETA, les JAFTA, etc. Ça suffit. C'est une catastrophe. Catastrophe écologique et catastrophe sociale. Donc toutes ces logiques qui créent du dumping, qui en fait ne permettent pas de protéger encore une fois notre économie et de protéger nos populations, est une catastrophe. Donc il faut que ça cesse. Voilà, donc je n'accepte pas qu'Emmanuel Macron aille aux Etats-Unis pour faire la leçon, pour dire maintenant il faut tout bien ouvrir et que le marché soit ouvert, parce que ce n'est pas la bonne façon de prendre les choses sur le plan économique.

11:40
Présentateur

Clémentine Autain, la semaine dernière, le Parlement européen a voté une résolution à une très large majorité, résolution qui qualifie la Russie d'État soutenant le terrorisme. Plusieurs de vos députés européens se sont abstenus. Pour quelles raisons ?

11:52
Clémentine Autain

La formule exacte de mémoire, c'est État terroriste.

11:55
Présentateur

État soutenant le terrorisme.

11:56
Clémentine Autain

Oui, une forme d'État terroriste.

11:58
Présentateur

État soutenant, c'est la formule.

12:00
Clémentine Autain

Non, non, non. Il n'y a pas d'État terroriste. Écoutez, on va revérifier, parce que j'ai eu la discussion avec ma collègue Manon Aubry. Je n'ai pas lu la résolution dans le détail. Je ne suis pas députée européenne, je m'en excuse. Mais ce qui m'a été dit, c'est État terroriste. Ce que m'a expliqué ma collègue Manon Aubry, en qui j'ai toute confiance, c'est qu'ils avaient voté toutes les parties du texte qui étaient les parties du texte qui, justement, condamnaient le régime de Poutine, qui disaient qu'il fallait soutenir les Ukrains, y compris leur livrer des armes. Donc, voilà, sur ce point-là, il n'y a pas d'ambiguïté de nos députés pour dire les choses.

En revanche, on en revient quelque part au débat de tout à l'heure. Sur l'afflation des mots. Oui, c'est-à-dire que c'est difficile, notre implication dans la guerre en Ukraine, au sens où on voit bien qu'il n'y a pas de solution miracle immédiate pour faire taire.

12:52
Invité

Mais ce n'est pas se cacher derrière le petit doigt en disant, écoutez, on utilisait mauvais terme, il n'y a pas de cadre juridique, donc on ne va pas voter pour la résolution. Symboliquement, ça compte quand même, Clémentine Autain, de dire que la Russie est un État soutenant le terrorisme, que vos députés européens ne le votent pas.

13:09
Présentateur

Et pour être encore plus concret, les commandos Wagner, qui sont financés par Moscou, qui pillent, qui violent, qui sèment la terreur, ce n'est pas du terrorisme ?

13:16
Clémentine Autain

Moi, j'ai compris État terroriste, et qu'on ne peut pas, en tout cas, d'un point de vue international, ce sont des qualifications qui ne sont pas des qualifications justes. Moi, c'est ce que j'ai compris. Donc, vous me dites, État soutenant le terrorisme, je n'ai pas la même lecture du texte. Petite précision, on est allé vérifier,

13:36
Présentateur

mais à coup de pas, État promoteur du terrorisme.

13:38
Clémentine Autain

Non, mais c'est pas pareil. Et le terrorisme, excusez-moi. État promoteur du terrorisme. Oui, mais excusez-moi, ce n'est pas la même chose.

13:44
Présentateur

Les commandos Wagner.

13:45
Clémentine Autain

Attendez. Mais il n'y a pas que ? Il y a combien d'États à travers le monde ? Oui, mais là, on parle de l'Ukraine. Oui, mais il y a d'autres États. La résolution portée sur l'Ukraine. Des États qui soutiennent les mercenaires, je suis désolée, il n'y a pas que la Russie.

13:56
Présentateur

Il se trouve que le vote était sur la Russie, Clément. On peut faire d'autres votes, évidemment.

13:59
Clémentine Autain

J'entends bien. Mais ce que je veux vous dire, c'est qu'au nom du fait qu'on est d'accord sur un objectif pour dénoncer des États, des actions qui sont inadmissibles, des politiques qui sont inadmissibles, on ne peut pas s'asseoir sur des mots, en tout cas s'emballer sur des mots, sans avoir de solutions qui sont des solutions plus efficaces sur le terrain.

14:21
Invité

Vous savez que seuls vos députés européens et ceux du Rassemblement national, ce sont absolus. Pas pour les mêmes raisons. Ce sont absolus dans le symbole ?

14:29
Clémentine Autain

J'entends bien. J'entends bien. Mais est-ce qu'on a le droit un petit peu de complexité dans les votes ? Est-ce qu'on a le droit de chercher à être juste ? Notamment sur le plan géopolitique. Notamment sur le plan géopolitique où est-ce qu'il faut impérativement ? Parce que si ce n'est pas le tout, alors c'est rien et on n'est pas compris. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Je n'ai pas lu dans le détail le texte. Vous me demandez ma conscience absolue. Mais la discussion que j'ai eue, je sais quelles sont les positions de mes camarades, quelles sont nos positions.

Et je n'accepte pas que, parce que nous avons des divergences sur un point du texte et que nous n'acceptons pas, encore une fois, qu'il y ait, vous voyez ce que je vais dire, des formes de raccourcis, des mots qui sont des mots fourre-tout, qui cachent l'inaction générale, ou des sens, des politiques que nous ne partageons pas, eh bien qu'on jette le bébé avec l'eau du bain.

15:18
Présentateur

Clémentine Autain, le gouvernement en France veut obliger toutes les entreprises qui font des bénéfices exceptionnels à verser une participation à leurs salariés. Dès l'année prochaine, je rentre un peu dans le dispositif, il est un peu technique, mais quand les bénéfices augmentent de 20% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, les salariés pourront bénéficier d'une super participation. Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de vous couper l'herbe sous le pied ?

15:40
Clémentine Autain

Pas du tout, parce qu'on n'est pas du tout d'accord avec ça. La super participation, c'est une logique de prime.

15:45
Présentateur

Oui, c'est du pouvoir d'achat, une participation.

15:47
Clémentine Autain

C'est une logique de prime, on n'est pas pour la logique de prime. Vous savez, c'est ce qu'il y avait dans la loi pouvoir d'achat et on ne l'a pas voté. La participation, c'est de l'argent

15:53
Présentateur

à la fin de l'année en plus.

15:54
Clémentine Autain

Oui, c'est des cotisations sociales en moins aussi. Parce que quand vous donnez des primes, en fait, la logique de la participation, c'est vous donner de l'argent sans cotisation sociale. Donc nous, on n'est pas d'accord avec ça et c'est pour ça qu'on est pour la hausse des salaires et pour le SMIC à 1 600 euros tout de suite. Plutôt du côté des salaires et pas du côté des primes. Et deuxièmement, ça veut dire que vous avez un aléa de revenus qui est lié à des choix qui sont les choix des dirigeants.

16:18
Présentateur

Ce serait une obligation. Oui, mais... Dès lors que les bénéfices augmentent.

16:22
Clémentine Autain

J'entends bien, mais écoutez-moi. Ça veut dire que vous avez une augmentation par le biais d'une participation qui est liée au choix des dirigeants, au choix de l'orientation. Ou au travail des salariés. s'il y a des bénéfices en fin de l'année. Ce sont les choix des dirigeants. Aussi, les salariés ne participent pas à ces choix. S'ils participaient à ces choix d'orientation de l'entreprise, alors ils pourraient peut-être être mieux à même, mieux fondés, de voir leur rémunération liée à des aléas... On peut penser

16:51
Présentateur

que les chefs d'entreprise ont envie de faire des bénéfices comme les salariés. Oui, bien sûr. Bien sûr, oui. On peut penser surtout des profits. Et donc que ça fera plus d'argent à la fin de l'année.

16:59
Clémentine Autain

Surtout des profits. Mais on peut aussi penser que parfois, les choix des dirigeants ne sont pas ceux qu'auraient fait un certain nombre de salariés. Mais clairement,

17:05
Invité

vous n'avez pas voté pour ça ?

17:07
Clémentine Autain

On n'a pas eu la discussion, mais je ne vois pas pourquoi. On n'a pas voté dans la loi pouvoir d'achat. Il y avait des logiques de prime. Donc on n'est pas d'accord avec les logiques de prime. Les super profits, on est pour les taxer et remettre dans le bien commun cette part en fait qui est une part de bénéfice qui est captée par un tout petit nombre.

17:26
Invité

Mais comment vous expliquez à votre électorat que lorsqu'il y a des possibilités de voter plus d'argent pour les salariés, vous dites non ?

17:33
Clémentine Autain

Parce que vous n'avez pas de cotisation et que ce n'est pas la bonne façon de faire. Vous avez une manière... Non mais depuis tout à l'heure, je suis désolée, je trouve votre demande très binaire.

17:43
Invité

Très binaire. C'est pas binaire, il y a des possibilités d'avoir plus d'argent et vous ne voulez pas les voter. Comment vous l'expliquez

17:49
Clémentine Autain

à votre électorat ? Mais parce que nous ne sommes pas d'accord avec cette logique économique. Avoir plus d'argent, c'est augmenter le SMIC. Avoir plus d'argent pour les biens communs, pour nos hôpitaux, pour nos écoles, pour nos transports en commun, une taxe sur les super profits, ça permet de mettre de l'argent pour tous ces biens communs. Si vous augmentez les salaires, ça permet d'avoir plus d'argent. Donc moi, je n'accepte pas l'idée que c'est soit la solution du gouvernement qui permet d'avoir des petits morceaux sur une logique générale économique avec laquelle... Vous aviez la possibilité de le proposer pendant votre électorat ? Mais arrêtez de nous rapporter ça.

On ne l'a pas proposé. D'abord, vous savez très bien qu'il n'aurait pas été voté. Deuxièmement, ça voulait dire qu'on avait, je crois que c'était plus de 8 heures potentiellement de débat et qu'on ne pouvait pas faire passer le reste. Donc arrêtez de nous dire qu'on n'a pas voulu passer dans notre niche. On ne l'a pas fait parce qu'il y a eu de l'obstruction, y compris de l'obstruction gouvernementale, le soir sur notre texte. Comme vous le savez, sur les soignants. Et c'est une première,

18:44
Présentateur

l'obstruction gouvernementale. Si vous le permettez, une toute petite pause, une minute. Le fil info, il est 8h52 avec Maureen Suiner. On poursuit juste après.

18:52
Invité

L'inflation se stabilise en France selon l'INSEE 6, 2% sur un an en novembre, indique ce matin l'Institut de statistiques. Mais la consommation des ménages enregistre sa plus forte chute depuis avril 2021. Une baisse de 2,8% en octobre. Dans le sillage de la première ministre Elisabeth Borne, l'infectiologue Anne-Claude Crémieux appelle sur France Info à porter le masque. Surtout dans les lieux clos, c'est maintenant qu'il faut se protéger du Covid si on veut être en forme pendant les fêtes, dit-elle encore. Caroline Cailleux ne pouvait ignorer la juste valeur de son patrimoine.

C'est ce qu'indique la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique qui saisit la justice, aussi pour des soupçons de fraude fiscale. L'ancienne ministre qui vient de démissionner lundi à cause de cette affaire aurait minoré la valeur de ses biens immobiliers. Ils veulent créer la batterie électrique du futur, plus solide, moins lourde et plus puissante. voici les objectifs de Renault et Airbus qui s'associent, signature d'un accord de recherche et de développement pour les deux industriels français. D'ici 2030, 2035, Airbus veut créer ses premiers avions hybrides et Renault rêve d'une voiture électrique capable de traverser la France sans recharge. France Info

20:04
Présentateur

Toujours avec la députée insoumise de Seine-Saint-Denis Clémentinotin, une sixième motion de censure déposée par les insoumis a été rejetée avant-hier. Est-ce que vous allez continuer à en déposer une à chaque fois qu'il y aura un 49-3 ?

20:21
Clémentine Autain

Oui. Oui, ce sera automatique. Oui, c'est automatique parce que nous ne souhaitons pas de banalisation en fait de ce 49-3. Vous vous rendez compte, c'est le sixième 49-3. Donc à chaque fois, nous déposons une motion ce qui permet au gouvernement de revenir de s'en expliquer et à nous de dire à chaque fois que nous n'acceptons pas

20:37
Présentateur

Et avec à chaque fois un peu moins de voix. Quand on regarde le total des voix de la gauche, il n'y en avait plus que 93.

20:43
Clémentine Autain

Vous pourriez voir les choses dans l'autre sens. Il y en avait encore autant. C'est-à-dire qu'on est capable nous de mobiliser à chaque fois tous nos groupes. Vous allez voir que nous aurons une motion commune à toute la NUPES pour rejeter le PLFSS. Sur la Sécu. Voilà, sur la Sécurité sociale. Donc non, je pense que c'est notre stratégie, notre tactique d'une certaine manière à la France Insoumise de ne pas laisser passer à chaque fois et de tenir tête et d'être présent au maximum pour ne pas laisser l'idée, s'installer l'idée que c'est normal qu'un gouvernement qui n'a pas de majorité passe en force à tout sujet. C'est inadmissible.

21:17
Invité

Vous avez critiqué il y a quelques mois le manque de pluralisme au sein de la France Insoumise. Est-ce que ça veut dire qu'il faut plus de démocratie dans votre parti ?

21:24
Clémentine Autain

Je pense qu'il faut avancer vers davantage de délibération collective. Il faut donner plus de moyens aux groupes d'action et il faut faire vivre un état d'esprit qui est l'état d'esprit du pluralisme. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Je pense qu'on peut progresser, clairement. Oui, on peut progresser sur ces sujets.

21:40
Invité

C'est-à-dire que les décisions sont prises par un petit groupe ou voire même une seule personne ? Non, ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Vous n'essayez de comprendre ?

21:46
Clémentine Autain

Oui, là encore une fois, c'est binaire. C'est soit Jean-Luc Mélenchon qui décide de tout, à chaque fois la démocratie. Écoutez, désolé,

21:53
Présentateur

peut-être que les choses parfois sont plus compliquées. Quand vous réclamez du pluralisme, ça veut dire quelque chose. Le pluralisme,

21:57
Invité

c'est qu'une ou deux personnes, moi, j'ai dit qu'on peut avancer

22:00
Clémentine Autain

vers un état d'esprit.

22:01
Présentateur

Je vais tenter d'avancer, moi aussi. Je vais vous citer, si vous le permettez, Clémentine Autain. Vous avez dit, il y a quelques jours, je vous cite, ouvrez les guillemets, il serait temps de ne plus sonder simplement Jean-Luc Mélenchon comme candidat insoumis, mais de sonder l'ensemble de la NUP. Oui. Ça veut dire quoi ?

22:14
Clémentine Autain

Ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon pourrait être sondé au titre de la NUP, et ce n'est pas simplement de la France insoumise, par exemple.

22:20
Présentateur

Je ne comprends pas.

22:21
Clémentine Autain

Quand il est sondé aujourd'hui, il est sondé comme candidat de la France insoumise, et il y a à côté le candidat ELV, le candidat PS, le candidat, etc. Vu que nous avons la NUP, si on fait maintenant des projections, j'invite les sondeurs à tester ce que serait une candidature NUP. Mais vous êtes sûr

22:38
Présentateur

qu'ils sont d'accord, les écologistes et les socialistes, pour qu'on enlève leur nom ?

22:42
Clémentine Autain

Non, mais c'est un test. Ils sont d'accord. Il s'agit juste de sondage. On demande l'accord des uns et des autres pour faire des sondages. Non, ça ne marche pas comme ça. Vous avez demandé à Jean-Luc Mélenchon s'il était d'accord pour être candidat à la présidentielle. Donc, ce n'est pas le sujet. Un sondage, il est fait pour tester des hypothèses. Je soumets juste une idée au sondeur. Pourquoi ne pas tester l'hypothèse d'une candidature NUPES à la présidentielle ? Et cette candidature NUPES peut être incarnée par Jean-Luc Mélenchon. S'ils veulent tester d'autres, qu'ils testent d'autres.

Je doute que quiconque, d'ailleurs, fasse un meilleur score aujourd'hui que Jean-Luc Mélenchon qui a fait trois présidentielles.

23:15
Présentateur

Il est-il remplaçable, Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui, dans le paysage à gauche ?

23:18
Clémentine Autain

Mais personne ne dit qu'il est irremplaçable. Qui a dit qu'il était irremplaçable ?

23:20
Présentateur

C'est une question.

23:21
Clémentine Autain

Mais non, il n'est pas... On n'a pas entendu

23:24
Présentateur

le point d'interrogation. Il est irremplaçable. Alors, je vais dire dans l'autre sens.

23:27
Clémentine Autain

Il est irremplaçable au sens où il est lui. Vous voyez ce que je veux dire ? Et qu'on ne remplacera personne qui a fait trois présidentielles et ce qu'il a fait, voilà, il est lui. Donc, il ne s'agit pas de le remplacer. La question n'est pas de le remplacer. La question est de savoir éventuellement comment sera la suite. Ça, ça peut être un sujet. Mais il n'est pas d'actualité puisque Jean-Luc Mélenchon n'est pas parti à la retraite. Voilà. Donc, il faut arrêter avec ce sujet. Vous, vous vous préparez un jour à exercer le pouvoir ? Je me bats. En tout cas, moi, mon combat, c'est que notre famille politique puisse accéder aux responsabilités.

J'estime qu'on est dans une course de vitesse avec l'extrême droite. Donc, l'époque est assez dangereuse en réalité. Donc, on a un devoir de responsabilité. Et cette responsabilité, elle est de nous mener collectivement au plus haut. Donc, moi, mon ambition, c'est de consolider la NUPES et de faire en sorte qu'on ait une alternative dans ce pays qui soit émancipatrice. Vous voyez ? Qui soit du côté de la justice, de la côté du partage, du côté de la coopération et pas de la concurrence en permanence de tous contre tous et pas de l'autoritarisme. Et ça, c'est un combat essentiel. Et aussi parce qu'on n'a plus le temps.

On l'a vu avec le réchauffement climatique, avec cette COP qui a été dramatique, avec le déjà-là de ses conséquences, ce réchauffement climatique. Donc, moi, je ressens une urgence. Vous voyez ? Je ressens une urgence et je suis concentrée sur l'objectif construire des majorités le plus vite possible pour en finir avec la Macronie et pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir.

24:55
Présentateur

Merci à vous, Clémentine Autain. Bonne journée. Merci.

24:58
Clémentine Autain

Merci.

24:59
Locuteur

Merci. Merci.