Macron fait campagne pour Bardella et Le Pen : ça commence à se voir
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« C'est 100 milliards par an. C'est 100 milliards par an. »
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« C'est dès cette année 15 milliards qu'il faut retrouver. »
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« Ils proposent de faire des... Ils rassent gratis sur l'énergie. »
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« Il n'y a plus de laïcité. Ils reviennent sur les lois d'immigration qu'on a faites, qui permettent quand même de réguler et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. »
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« Et puis il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple l'échanger de sexe en mairie. »
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« En rattachant la nuance politique Rassemblement National au bloc de clivage extrême droite, la circulaire attaquée n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. »
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« Le programme du Front populaire trace des perspectives pour ces nouvelles recettes. »
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« Notamment, il met l'accent sur la taxation des très hauts patrimoines. »
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« Il y a les travaux de l'économiste Gabriel Zuckmann qui montrent comment aller récupérer de l'argent dans les paradis fiscaux. »
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« Je pense par exemple à la baisse de l'impôt sur les sociétés ou à la baisse des impôts de production ou encore plus flagrant à la baisse de l'impôt sur la fortune dont on nous disait qu'il devait favoriser l'investissement et dont toutes les évaluations montrent que ça n'a pas été le cas. »
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« Le RN et ses associés, ils proposent des choses qui peut-être font plaisir aux gens. Mais enfin, c'est 100 milliards par an. »
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« C'est du propos de nationaliser les autoroutes. »
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« De revenir sur la réforme des retraites, c'est dès cette année 15 milliards. »
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« Il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple l'échanger de sexe en mairie. »
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« En réalité, il s'agit d'un acte administratif qui existe déjà pour les personnes transgenres afin de mettre en conformité leur état civil et leur vie sociale, leur identité de genre. »
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En France, les 18 juin se suivent et ne se ressemblent pas. Le 18 juin 1940, le général Charles de Gaulle, exilé et refusant la fatalité d'une nation occupée et capitularde, prononçait son fameux appel.
L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. Il est par conséquent nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.
Quel que soit le regard que l'on porte de manière rétrospective sur le général de Gaulle, il est évident pour tous qu'il s'agit là d'un grand discours. Pas de traces de grandeur, de hauteur ou de dignité. En revanche, dans le discours du 18 juin 2024 d'Emmanuel Macron, peut-on d'ailleurs parler de discours ou plus certainement de bavardage à la fois indigne et inconsistant ? Notre bien-aimé président était à l'île de Saint, en Bretagne, au lieu de la résistance contre l'occupation pour y commémorer les mots libérateurs de son prédécesseur.
Il faut rappeler que dans ce coin de France, on est tellement habité par l'empreinte laissée par l'histoire, justement, que Marine Le Pen a été copieusement huée quand elle s'y est invitée en 2020. Et pour cause, son parti s'inscrit dans la lignée du pétainisme et de la collaboration. Quatre ans plus tard, le lointain successeur de Charles de Gaulle vient sur les lieux et parle comme s'il était le directeur de campagne de Jordan Pardella. Comme s'il n'avait l'intention de faire campagne qu'en s'appuyant sur des thématiques exploitant les paniques morales, voire sur des fake news pures et dures. Accrochez-vous bien, car vous allez passer un moment pas si évident. On l'écoute.
Encore une fois, moi, j'ai confiance dans l'intelligence des Françaises et des Français. Et ils voient bien quelles sont les offres. Le Rassemblement National et ses associés, ils proposent des choses qui, peut-être, font plaisir aux gens. Enfin, c'est 100 milliards par an. C'est 100 milliards par an. C'est de nous proposer de nationaliser les autoroutes, de revenir sur la réforme des retraites. C'est dès cette année 15 milliards qu'il faut retrouver. Ils proposent de faire des... Ils rassent gratis sur l'énergie. Il n'y a pas de promesse en français. J'ai compris, il fait les choses dures que je m'étais engagé à faire.
Et puis de l'autre côté, à l'extrême gauche, c'est quatre fois pire en termes de coût. En fait, il n'y a plus de laïcité. Ils reviennent sur les lois d'immigration qu'on a faites, qui permettent quand même de réguler et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. Et puis il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple l'échanger de sexe en mairie.
Mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ? Ces propos sont terribles. Terribles parce qu'ils jouent essentiellement sur des paniques morales bien identifiées chez des électeurs retraités et à la droite de l'échiquier politique. Terribles parce qu'ils atteignent un niveau inégalé de fake news prononcée avec un aplomb bien macronien. Terribles aussi parce qu'objectivement, en les prononçant, Emmanuel Macron ne joue pas seulement le jeu du Rassemblement National. Il endosse le costume de directeur de campagne de Jordan Bardella. Car il ne faut pas se leurrer. Les critiques qu'il émet vis-à-vis de l'extrême droite et de la gauche valorisent très clairement la première par rapport à la deuxième.
Et les mensonges éhontés concernent uniquement la seconde. Récapitulons. L'extrême gauche, c'est quatre fois pire en termes de coups. Déjà, placer le nouveau Front populaire à l'extrême gauche, c'est jeter à la poubelle les verdicts du Conseil d'État, normalement placés sur la protection du chef de l'État, qu'il est, et qui représente la clé de voûte des institutions, s'il l'a oublié. En effet, le 11 mars dernier, le Conseil d'État a rendu une décision importante après avoir été saisi par le Rassemblement National, qui contestait son rattachement à l'extrême droite dans les classifications officielles du ministère de l'Intérieur à l'occasion des dernières élections sénatoriales.
En effet, il faut savoir que l'administration française reconnaît six blocs de clivage qui regroupent chacun des sous-familles, des grandes familles politiques qui sont dénommées extrême gauche, gauche, centre, droite, extrême droite, etc. Qu'a donc dit le Conseil d'État ?
En rattachant la nuance politique Rassemblement National au bloc de clivage extrême droite, la circulaire attaquée n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Elle ne méconnaît pas davantage, en tout état de cause, le principe d'égalité en procédant à un tel rattachement tout en attribuant la nuance gauche aux formations politiques Parti Communiste Français et la France Insoumise.
Gauche donc, gauche, pas extrême gauche. En résume, le ministère de l'Intérieur, qui procède directement d'Emmanuel Macron, considère que la France Insoumise, car c'est elle qui est visée, est de gauche et pas d'extrême gauche. Le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative aussi. Le consensus des chercheurs en sciences politiques aussi. Même si le NPA est présent dans le nouveau Front populaire, c'est de manière totalement marginale. Il s'agit là d'une coalition de gauche. De gauche plurielle, si on veut. Mais le président est en mode...
Je m'en fous, je m'en fous.
Continuons. C'est quatre fois pire, en termes de coût. Oui, vous avez bien entendu. L'extrême gauche, c'est quatre fois pire. Quatre fois pire que l'extrême droite. On notera qu'il a fait une pause avant de dire « en termes de coût ». Bon, d'abord, il est où son chiffrage ? C'est au doigt mouillé ? Un chiffre sorti direct de son chapeau ? On n'en saura rien parce que personne au café du commerce ne vous demande vos sources. Emmanuel Macron parle de coût. Mais oublie de dire que le programme du nouveau Front populaire, qui est considéré comme crédible par de nombreux économistes, en France comme à l'étranger, hétérodoxes comme mainstream, prévoit également des recettes.
Que la nature de ces recettes l'irrite, au point où ils ne veuillent même pas y penser, pourquoi pas ? Mais elles existent, ces recettes, comme l'expliquait l'économiste Michael Zemmour sur France Info.
Le programme du Front populaire trace des perspectives pour ces nouvelles recettes. Notamment, il met l'accent sur la taxation des très hauts patrimoines. C'est quelque chose qu'on n'a pas encore fait en France, qui s'inscrit dans une dynamique mondiale. Il y a les travaux de l'économiste Gabriel Zuckmann qui montrent comment aller récupérer de l'argent dans les paradis fiscaux. Donc ça, c'est une piste. Il y a des pistes qui pourraient être davantage creusées dans le programme du Front populaire et notamment un passage en revue de toutes les baisses d'impôts très importantes qui ont eu lieu depuis une dizaine d'années et qui n'ont pas beaucoup produit d'effet.
Je pense par exemple à la baisse de l'impôt sur les sociétés ou à la baisse des impôts de production ou encore plus flagrant à la baisse de l'impôt sur la fortune dont on nous disait qu'il devait favoriser l'investissement et dont toutes les évaluations montrent que ça n'a pas été le cas. Voici les faits.
Et pendant ce temps, notre président, qu'est-ce qu'il pense ? Je m'en fous. Mais alors je m'en fous. Je ne peux pas te dire à quel point je m'en fous. On avait remarqué. Il s'en fout d'autant plus que ce sont des fake news rentables car l'écosystème médiatique majoritaire n'a aucune intention de les démentir ni même de créer le moindre cadre de confrontation démocratique sérieux sur les programmes. Et les économistes comme Julia Cagé, professeure associée à Sciences Po, peuvent toujours crier dans le désert.
Ce programme, il est chiffré. Le problème aujourd'hui, c'est que ni le Rassemblement national, ni le camp d'Emmanuel Macron ne sont prêts à venir en débattre. Nous, on est plusieurs économistes, vous en verrez ce soir sur scène, il y en a un peu partout quand même en France, qui sont prêts à aller discuter de ces mesures les unes après les autres et de la crédibilité de notre programme. C'est un appel que vous faites à Bruno Le Maire, par exemple, aujourd'hui ? C'est un appel qu'on fait à Bruno Le Maire, c'est un appel qu'on fait à Gabriel Attal.
C'est quand même assez bizarre d'aller débattre uniquement avec le Rassemblement national, sachant que le bloc de gauche, aujourd'hui, réuni dans les urnes, est au niveau du Rassemblement national. Puis c'est aussi un appel qu'on fait à Emmanuel Macron, parce que c'est gentil d'aller faire des conférences de presse tout seul et de prendre deux heures de temps d'antenne à intervalle régulier. Mais le débat, c'est quand même un peu mieux pour la démocratie.
Emmanuel Macron, je l'ai dit, fait campagne pour Jordan Bardella, parce que son camp est trop affaibli pour arriver dans une position où il aura une majorité absolue ou relative significative. Tous les sondages le mettent en troisième position. Le vote utile ira donc soit au Rassemblement national, soit au Nouveau Front populaire. Mais quand on l'entend dérouler son benchmarking qui met en comparaison les deux, l'on ne peut déduire qu'une chose. Le moindre mal, pour lui, c'est le RN. Vis-à-vis du RN, il n'a que des critiques de nature économique et leur reproche des propositions qu'il sait en réalité majoritaires au sein de l'opinion publique.
Le RN et ses associés, ils proposent des choses qui peut-être font plaisir aux gens. Mais enfin, c'est 100 milliards par an. C'est 100 milliards par an.
C'est du propos de nationaliser les autoroutes. Bon à savoir, plus des trois quarts des Français sont favorables à une telle mesure, comme l'ont souvent démontré des sondages. De revenir sur la réforme des retraites, c'est dès cette année 15 milliards. Là aussi, les sondages et la mobilisation dans la rue ont montré que les Français étaient très majoritairement en faveur d'une telle mesure. Tout au plus, aux yeux de Macron, les gens du RN, ce sont des Pères Noël un peu trop dépensiers. Et le nouveau Front Populaire, en revanche, c'est le grand Satan. Il n'y a plus de laïcité ? Il n'y a plus de laïcité ? Hein ? Le nouveau Front Populaire veut revenir sur la forme républicaine de l'État ?
Instaurer la charia ? Non mais quels sont les fantasmes fascistoïdes que cet homme agite donc devant nous ? On poursuit. Il revient sur les lois d'immigration qu'on a faites, qui permettent quand même de réguler, et qu'on doit maintenant mettre en œuvre. Sur cette thématique, Macron est allé plus loin et a repris très clairement le lexique des marinistes et des zémouristes. Que disait Éric Zemmour en février dernier, au fait ? Emmanuel Macron est immigrationniste. Et que dit Emmanuel Macron aujourd'hui à propos du programme du nouveau Front Populaire ? Ce n'est pas un programme social-démocrate, c'est un programme totalement immigrationniste. Et on arrive à l'apothéose au pompon.
Il y a des choses complètement ubuesques, comme par exemple l'échanger de sexe en mairie. D'abord, c'est quoi cette formulation « changer de sexe en mairie » ? Genre, il y aura des médecins qui vont vous opérer dans des officines sombres au fond de la mairie de votre village ? Oh là là, mon bon monsieur, tout fout le camp ! En réalité, il s'agit d'un acte administratif qui existe déjà pour les personnes transgenres afin de mettre en conformité leur état civil et leur vie sociale, leur identité de genre. Il s'agit du changement de la mention du sexe et non du sexe sur des documents tout simplement. Aujourd'hui, il se fait au tribunal.
Et le nouveau Front populaire propose de le faire en mairie, pour rapprocher, pour simplifier, ce n'est pas ubuesque. Mais au final, si vous n'êtes pas trop politisé, que vous croyez naturellement ce que dit le président de votre pays et que vous avez, comme offre politique possiblement victorieuse, un parti qui est juste trop dépensier et un autre qui veut remettre en cause la laïcité, donc la nature républicaine de l'État, procéder au grand remplacement, changer l'ordre naturel des choses, vous choisissez qui ? Nicolas Sarkozy, avant d'être à l'Élysée, y pensait le matin en se rasant.
Emmanuel Macron, en faisant sa prière du soir, doit murmurer très secrètement « Seigneur, je vous en supplie, faites que Jordan Bardella soit mon premier ministre. » Et nous, on peut se demander « Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu pour mériter un président pareil ? » Alors, je vous vois déjà me répondre « Ben, vous l'avez élu ? » « Eh ben, not in my name. »
« Ben, vous l'avez élu ? »