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Podcast / conversationLe Crayon· 27 juillet 2023 37 minContradictoireFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Arrêter la viande ? Cet agriculteur répond.

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 24 %Défensif 6 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    L'écologie est-elle de gauche ou de droite ?

  • 0:02ComplaisanteRéponse partielle

    Si cette question était sur toutes les lèvres il y a quelques semaines, c'est parce que l'écologie est un thème particulièrement débattu en ce moment.

  • 0:18OuverteRéponse partielle

    Mais cette écologie de droite fait face à des obstacles en lien avec le secteur agricole, et notamment l'élevage.

  • 0:29OuverteRéponse partielle

    Ces lois ont mis en avant une agriculture intensive, mécanisée et rationalisée, orientée sur les résultats et les profits, et non sur les méthodes.

  • 0:46OuverteRéponse partielle

    Problème majeur, ces modes de production sont néfastes pour l'environnement.

  • 1:06OuverteRéponse partielle

    Alors qu'on s'élit tous ces enjeux de sécurité alimentaire, revenus dignes pour ceux qui vivent des produits de la terre, environnement et conditions animales, c'est devenu un casse-tête.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49PrésentateurChiffre
    « 75% des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l'élevage de bétail »
  • 0:58PrésentateurChiffre
    « l'élevage représente environ 14% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, soit autant que le secteur des transports »
  • 3:15InvitéChiffre
    « 80% de l'enveloppe publique de la politique agricole commune est captée que par 20% des agriculteurs »
  • 14:04InvitéChiffre
    « la laitue bio coûte 1 euro »
  • 16:00InvitéFait
    « en pratiquant l'agroécologie, on produit autant que ceux qui produisent sans pesticides »
  • 17:18InvitéChiffre
    « en deux ans, les engrais de synthèse le prix a été multiplié par cinq »
  • 22:15Locuteur non identifiéFait
    « je ne nie pas qu'il y ait un réchauffement climatique d'ailleurs il me suffit de discuter avec les agriculteurs vous voyez dans toute la France par où tout je passe et qu'ils me disent ah bah oui là il y a un réchauffement là ça va pas »
  • 27:26InvitéFait
    « je n'ai jamais conduit une seule femelle à l'abattoir »
  • 33:17InvitéFait
    « il y a eu des études très poussées sur ma structure qui font la démonstration que mon élevage non seulement ne participe pas à accélérer le changement climatique mais qu'il l'atténue »
  • 33:52InvitéFait
    « il faut lutter sans concession contre cet élevage là »
  • 34:29InvitéFait
    « ils font partie de ceux qui mobilisent beaucoup d'argent public de la PAC »
  • 35:15InvitéFait
    « il faut arrêter tout ça »
  • 35:44InvitéFait
    « on aura besoin sur les zones humides, sur les zones de montagne d'activités d'élevage qui entretiennent les espaces remarquables »

Temps de parole

  • Invité79 %
  • Présentateur19 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

L'écologie est-elle de gauche ou de droite ? Si cette question était sur toutes les lèvres il y a quelques semaines, c'est parce que l'écologie est un thème particulièrement débattu en ce moment. Aujourd'hui, c'est l'écologie de droite qui se fait une place dans le débat public. De Valérie Pécresse à Laurent Wauquiez en passant par Jordan Bardella, tous veulent en faire une vraie préoccupation. Mais cette écologie de droite fait face à des obstacles en lien avec le secteur agricole, et notamment l'élevage. Les jalons qui régissent ce secteur, posés dans les années 60, sont désormais regroupés sous le nom « loi d'orientation agricole ».

Ces lois ont mis en avant une agriculture intensive, mécanisée et rationalisée, orientée sur les résultats et les profits, et non sur les méthodes. Mais ces méthodes sont aujourd'hui critiquées, voire désavouées. Car beaucoup d'éleveurs sont victimes de ces modes de production homogénéisés, et multiplient les actions au coup de poing pour faire entendre leurs sentiments d'arbres vis-à-vis du reste de la société. Problème majeur, ces modes de production sont néfastes pour l'environnement. Aujourd'hui, 75% des terres agricoles dans le monde sont consacrées à l'élevage de bétail, ce qui provoque accaparement de certaines ressources, pollution des sols et des eaux, et déforestation.

Sans oublier que l'élevage représente environ 14% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, soit autant que le secteur des transports. Et avec tout ça, on n'a pas encore parlé de conditions animales. Alors qu'on s'élit tous ces enjeux de sécurité alimentaire, revenus dignes pour ceux qui vivent des produits de la terre, environnement et conditions animales, c'est devenu un casse-tête. C'est ce dont on a parlé avec notre invité du jour, l'eurodéputé Benoît Biteau. J'espère que cette émission vous intéressera, n'hésitez pas à ne le faire savoir en commentaire. Abonnez-vous à la chaîne pour en soutenir, c'est important. A tout à l'heure. L'État français négligent ses campagnes. Oui.

J'aime manger de la viande. Oui. Opposer paysans et banlieusards, ça a du sens.

1:35
Locuteur

Non.

1:36
Présentateur

Les citadins ont une image caricaturale des paysans. Je dirais non. L'écologie de droite, c'est crédible. Non. L'agriculture industrielle est la seule solution pour nourrir tout le monde en France.

1:51
Invité

Absolument pas. Non.

1:52
Présentateur

Les députés européens ont vraiment du pouvoir. Oui. Tuer l'une de ces bêtes est toujours une déchirure pour un éleveur. Oui. On reconnaît trop peu l'apport à la société des éleveurs et agriculteurs. Oui. L'Union européenne bénéficie aux agriculteurs français. Non. La crise de l'eau est l'un des plus grands défis du pays.

2:14
Locuteur

Oui.

2:15
Présentateur

Il faut faire une pause dans la réglementation environnementale.

2:18
Locuteur

Non.

2:19
Présentateur

Éleveur est un beau métier. On a parfois l'impression que le discours qu'on entend quand on est urbain sur le monde rural, c'est un sentiment de délaissement qui est exprimé, où il y a des agriculteurs qui, tous les trois jours, je crois, il y en a un agriculteur en France qui... C'est un par jour. Un par jour. Un par jour qui met fin à ses jours. Des revenus qui sont de quelques centaines d'euros et parfois une difficulté à entretenir son exploitation ou à vivre de son travail. Pourquoi ce sentiment d'abandon ou cet abandon réel ?

2:59
Invité

Aujourd'hui, si on a une très grande partie du monde agricole qui est en souffrance, c'est la responsabilité sans les politiques publiques. Je donne un exemple très simple. La politique agricole commune, qui est le principal outil d'accompagnement de l'agriculture, distribue les aides à l'agriculture de la manière suivante, par unité de surface, et donc plus on a d'hectares, plus on a d'aides. Le mécanisme, il est facile à comprendre. 80% de l'enveloppe publique de la politique agricole commune est captée que par 20% des agriculteurs. Ce qui veut dire en creux que les 80% d'agriculteurs qui restent doivent se contenter que des 20% de la politique agricole commune.

Et donc, cette politique agricole commune qui est là pour soutenir le revenu des agriculteurs est complètement défaillante, déficiente, inopérante, pour 80% des agriculteurs. Et c'est dans ces 80%-là qu'on trouve ceux qui vivent avec moins de 350 euros par mois, c'est un tiers des agriculteurs, et ceux qui, parce qu'ils sont en grave difficulté économique, parce que le métier qu'ils ont choisi est à la fois passionnant et dévastateur sur leur santé mentale, parce qu'ils s'en sortent plus, font le choix de mettre la fin à leur jour, et c'est un par jour. C'est un par jour. C'est de loin la profession la plus impactée en proportion par le choix du suicide.

Et là, les politiques publiques sont grandement responsables.

4:16
Présentateur

Et ces 350 euros par jour... Par mois. Pardon, ces 350 euros par mois, évidemment. Comment on s'en sort avec ça ?

4:22
Invité

Ça, je vous pose la question. Comment on s'en sort avec 350 euros par mois ? C'est-à-dire que c'est là le sujet qui est complètement incohérent. C'est-à-dire que c'est quand même un métier, une activité, dont le rôle principal, c'est de produire l'alimentation. Et ces gens-là, avec 350 euros par mois, sont eux-mêmes en difficulté pour se nourrir. Enfin, on en est là, quoi. Donc, c'est juste désastreux. Et pour des heures de travail qui sont absolument incroyables.

4:53
Présentateur

Ça, c'est sur le monde agricole. Sur le monde rural, de manière générale, est-ce qu'il y a une fracture avec le monde urbain ? Est-ce que les services publics, c'est aussi un problème sur lesquels on ne se penche pas assez ?

5:05
Invité

On continue de penser que la bonne façon de développer l'économie de notre pays, c'est de se tourner vers des centres urbains, avec tout ce que ça provoque de désastre, d'étalement des grandes villes, sur notamment les espaces agricoles. C'est-à-dire qu'on consomme des espaces qui peuvent être des espaces agricoles pour continuer l'étalement urbain. Alors que quand on regarde le monde rural, on assiste très souvent à des désertifications et des logements qui sont disponibles, que personne ne veut occuper, tout simplement parce qu'on a complètement délaissé les services de proximité au monde rural.

C'est la poste qui disparaît, c'est les services bancaires, c'est les espaces de culture, c'est les écoles pour les jeunes. Et donc du coup, les ingrédients pour créer un tissu social favorable n'y sont plus.

5:55
Présentateur

Mais la faute à qui, c'est que les consommateurs préfèrent aller dans des grands centres commerciaux, en dehors des périurbains, et autour desquels s'agglomère une vie qui n'est en fait pas la vie d'un petit centre-ville ? C'est quoi le...

6:08
Invité

Non, c'est que les politiques publiques, encore une fois, sont responsables du fait qu'on n'a pas soutenu le développement rural. Aujourd'hui, il y a plein de gens qui aspirent au retour à la ruralité, à la campagne. On l'a vu pendant la crise de Covid. Combien de gens se sont dit, ont découvert que finalement, la vie en ruralité, c'était plutôt sympa ? Et donc, on a bien vu, sauf que les conditions sont plus réunies pour que ces zones-là soient attractives. C'est ça qui est dramatique.

6:38
Présentateur

Est-ce que le problème, c'est que le monde politique, disons national, et puis le monde des médias sont très centralisés dans la capitale française ? Il faudrait quoi ? Plus de représentations, par exemple, à la nationale nationale des paysans ou du monde agricole ?

6:55
Invité

Ça voudrait dire qu'il faudrait modifier le découpage des circonscriptions électorales qui est basé sur la population. Mais en vérité, un député, il est là pour représenter effectivement des citoyens. Donc c'est toujours difficile. Mais c'est pas parce qu'on est issus d'une circonscription urbaine qu'on ne peut pas avoir une vision un peu plus objective, un peu plus réaliste du développement rural. Enfin moi, encore une fois, je n'arrive pas à opposer les deux. Et elle n'est pas aujourd'hui cette vision alors ? Non, il y a des gens qui sont vraiment déconnectés des enjeux de la ruralité, c'est évident. Et en Europe, à l'échelon européen, est-ce qu'on a du pouvoir pour agir ?

En l'occurrence, sur ce sujet-là, oui. Puisque la première politique publique européenne qui représente plus du tiers du budget total de l'Union européenne, c'est la politique agricole commune. Et la politique agricole commune, c'est bien sûr le soutien aux agriculteurs, mais c'est aussi le développement rural. Et donc... La création de crèches, ça peut être ça. Oui, c'est le développement rural dans sa globalité. Et donc, tout l'investissement qu'on peut mettre dans des infrastructures qui participent au développement du ral, c'est le rôle de cette politique agricole commune. Donc, bien sûr, c'est un levier.

Encore faut-il que les majorités à Bruxelles, ou en tout cas au Parlement européen, soient tournées vers une vision moderne de ce que peut être la ruralité qui soit pas engoncée dans les vieux schémas qui font qu'on n'a pas les bonnes réponses aujourd'hui.

8:23
Présentateur

C'est amusant parce que quand on pense au vieux schéma, traditionnellement, on se disait bon, ben c'est le labour, disons, quelque chose qui n'est pas mécanisé, qui n'est pas moderne. Et j'ai l'impression qu'aujourd'hui, on change ce discours vers... En fait, ce vieux schéma, c'est ce monde d'agriculture extensive, industrielle, qui est productiviste et on passe vers quelque chose qui est...

8:45
Invité

Pour moi, c'est le vieux schéma parce que j'ai envie qu'ils disparaissent. C'est-à-dire que cette agriculture dont les scientifiques nous éclairent aujourd'hui sur les désastres qu'elle provoque, sur les enjeux pour lesquels on a rendez-vous avec l'histoire, le climat, la biodiversité, la santé, c'est mon triptyque. Climat, biodiversité, santé, si le sujet de l'agriculture c'est l'alimentation, mais on pourra développer. C'est précisément en préservant le climat, la biodiversité et la santé qu'on trouvera la souveraineté alimentaire demain. Et donc, oui, pour moi, c'est le vieux schéma parce que c'est le schéma que j'ai envie de voir disparaître.

C'est-à-dire que ce schéma qui est aussi impactant et qui coûte aussi cher financièrement mais aussi socialement à l'ensemble de nos concitoyens doit disparaître. Et donc, j'espère que c'est le vieux schéma définitivement.

9:29
Présentateur

On travaille comment à ça pour faire changer ça ? Qu'est-ce qu'il faut changer ? On doit changer les politiques publiques pour que tout ça s'arrête.

9:35
Invité

Les politiques publiques, d'abord par la politique agricole commune, j'en ai déjà parlé, c'est-à-dire que nous, ce qu'on propose, c'est de sortir de cette politique agricole commune qui distribue des aides par l'unité de surface qui fait que c'est les seules grosses structures qui sont les plus polluantes, qui touchent toutes les aides et les autres continuent de regarder passer le train. Ça, c'est le premier constat. Et le deuxième constat de la politique agricole commune telle qu'elle est conçue aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas suffisamment de conditionnalité pour enclencher une bifurcation des pratiques agricoles.

C'est-à-dire qu'on continue de perfuser sans conditionnalité les pratiques qui sont les plus désastreuses pour le climat, biodiversité et santé. Donc, c'est ça qu'il faut qu'on change. Ça, c'est le premier volet. Et ce qu'on propose, c'est très simple, c'est de sortir des aides par l'unité de surface et soutenir par l'unité de main-d'oeuvre, c'est-à-dire que le mécanisme est très simple à comprendre aussi. L'agriculteur qui arrive et qui crée son emploi valide une première brique d'aide parce qu'il a créé un emploi, le sien. Et ensuite, s'il crée de l'emploi salarié ou associé, autant de briques s'empilent qu'il crée d'emploi.

Et donc, plus on a de personnes présentes sur la structure, plus on est aidé. Ce qui veut dire très concrètement qu'un maraîcher qui a 7-8 hectares d'y salarié touche 10 fois plus d'aide que le gros céréalier qui est tout seul avec son gros fente au milieu de ses 500 hectares. 10 fois plus. Et c'est précisément quand on crée de la main-d'oeuvre qu'on s'éloigne de pratiques agricoles qui utilisent des pesticides, des engrais de synthèse. Et on peut amplifier le phénomène en disant eh bien ceux qui ont des pratiques agricoles qui sont respectueuses du climat, de la biodiversité et de la santé, on va les rémunérer.

On ne parle plus de subventions, on ne parle plus de situations où les agriculteurs ont parfois l'impression d'être désassistés. On les rémunère parce qu'ils prennent soin de l'intérêt commun. Ils prennent soin du climat, de la biodiversité et de la santé et donc on les rémunère pour ça. Et parce qu'on les rémunère et qu'on va pouvoir mettre en marché les produits de bonne qualité, issus de l'agriculture biologique par exemple, à des tarifs qui seront accessibles à tous les budgets.

Dans quel monde vivons-nous aujourd'hui avec cette politique agricole commune pour continuer de pouvoir dire que seuls ceux qui ont des revenus élevés, confortables peuvent manger des produits sains et ceux qui ont des revenus modestes doivent continuer de manger des produits pleins de pesticides et d'anglais de synthèse. C'est quoi ce monde ? Quand on met autant d'argent public sur la table, il faut arrêter avec ça. On peut amplifier le phénomène en utilisant des enveloppes non plus européennes mais des enveloppes nationales cette fois qui sont les enveloppes qu'on mobilise aujourd'hui pour réparer les dégâts de ces pratiques agricoles.

Ces pratiques agricoles provoquent des désastres sur le climat, la biodiversité, la santé, j'arrête pas de le dire mais c'est absolument central. Et ça coûte horriblement cher. Ça coûte en France entre 5 fois et 9 fois la PAC. C'est-à-dire qu'on est obligé de mobiliser entre 5 fois et 9 fois l'enveloppe qu'on utilise pour soutenir les agriculteurs pour réparer les dégâts de cette agriculture.

Eh bien, si on avait un peu d'audace et de courage politique, on attraperait cette enveloppe qui existe sans rajouter un centime de fiscalité et on arrête de l'utiliser pour des solutions curatives dont on aura toujours besoin tant qu'on ne changera pas les causes de ce pour quoi on a besoin de ces politiques curatives et on les engage dans l'accompagnement d'une transition agricole où là, on rémunère le paysan. Et là, et je termine juste sur un principe qui est fondamental, et à partir de là, on peut pratiquer le principe pollueur-payeur.

c'est-à-dire que avant de mettre en marché un produit agricole pour lequel jusque-là, c'est des politiques publiques, donc de l'argent public qui réparent les dégâts de ces pratiques agricoles, eh bien, on dit aux agriculteurs vous voulez mettre ce produit-là en marché, vous avez utilisé tel pesticide, tel engrais de synthèse, ça coûte tant pour réparer les dégâts de ces pratiques-là, vous devez l'adosser au produit que vous allez mettre en marché. Eh bien, ça reviendrait à mettre en marché une laitue issue de cette agriculture intensive, industrielle, à 27 euros.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si on devait payer les laitues au juste prix, s'il n'y avait pas ces politiques publiques qui supportent la réparation des dégâts de cette agriculture-là qui est absolument désastreuse sur toutes les entrées que j'ai l'habitude de citer, il faudrait la mettre en marché 27 euros. Et la laitue bio coûte 1 euro. Donc, vous voyez bien qu'il y a une distorsion de concurrence là et que si on soutenait aussi fortement le développement d'une agriculture respectueuse du climat, de la santé et de la biodiversité, seuls les produits issus de l'agriculture biologique seraient accessibles

14:19
Présentateur

à toutes les bonnes. Est-ce qu'on peut mordre la main qui nous a nourris dans le sens où, et au premier degré, la PAC, elle a été pensée d'abord pour permettre une offre, enfin, pour augmenter la production agricole européenne depuis les années 60 jusqu'à les années 90 où on rémunérait le volume de production. Alors après, on a eu trop d'offres, on a modifié cette PAC, on est passé à un volume justement, enfin pardon, une rémunération, une subvention par unité de surface. Mais est-ce qu'on peut critiquer cette PAC ?

Alors aujourd'hui, on peut vouloir la modifier, mais est-ce qu'on peut la critiquer dans le sens où elle a peut-être permis de nourrir une population croissante en Europe et en demande croissante ?

15:01
Invité

Mon propos, c'est pas de chercher des responsables, des coupables à la situation dans laquelle on est. C'est pas de remettre en cause l'histoire. Mon père était dans ce modèle-là et effectivement, au moment où ils ont adhéré à ce système très mécanisé, très dépendant des pesticides, des enduits de synthèse, des substances de synthèse globalement, c'était magique, ça a effacé la pénibilité du travail, ça promusait beaucoup et moi, mon propos, c'est pas de remettre ça en cause. La question que je pose aujourd'hui, elle est très simple.

Est-ce qu'à la lumière de la connaissance dont on dispose aujourd'hui, il y a deux niveaux de connaissances, sur la dangerosité de ces pratiques-là, est-ce qu'on continue comme ça ? En regardant droit dans les yeux les générations futures. En leur disant, vous savez pas, on va continuer de dévaster le climat, la biodiversité, et votre santé, mais c'est pas grave, on est obligé de continuer comme ça parce que sans ça, on ne sait pas produire de la nourriture et c'est comme ça qu'on a fait depuis 60 ans donc il n'y a pas de raison qu'on renonce. Le second biais et les deux tailles, c'est qu'aujourd'hui, en pratiquant l'agroécologie, on produit autant que ceux qui produisent sans pesticides.

Donc à qui profite le crime ? À qui profite le crime de ces politiques publiques ? Alors qu'on sait produire autant, je répète, on sait produire autant grâce à la connaissance d'une science qui s'appelle l'agronomie qu'on a versée dans l'agroécologie qui permet, sans avoir encore aux pesticides, aux engrais de synthèse et aux sements certifiés et à l'eau d'irrigation, de produire autant. Donc pourquoi est-ce qu'on continue comme ça ? Qui a intérêt à produire comme ça ? C'est ça qui m'intéresse, moi.

16:37
Présentateur

Et c'est quoi ? Alors c'est les lobbies ?

16:39
Invité

Bien sûr que c'est les lobbies. C'est ceux qui produisent des pesticides, c'est ceux qui produisent des semences certifiées, c'est ceux qui vendent de l'irrigation, c'est ceux qui vendent des engrais. Regardez ce qui s'est passé sur fond de crise en Ukraine. Les grandes cirmes qui vendent des engrais ont fait des super profits. Ils ont réussi à négocier un régime dérogatoire pour ne pas être concernés par les taxes sur les super profits.

Donc ils n'en payent pas alors qu'ils en font et parce que le gaz était cher et que les engrais de synthèse par exemple sont très dépendants du gaz donc il y a eu une corrélation du prix des engrais de synthèse avec le cours du gaz qu'en deux ans les engrais de synthèse le prix a été multiplié par cinq. Ils ont réussi à négocier avec la commission européenne des aides pour continuer à produire des engrais de synthèse accessibles aux agriculteurs. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas payé les taxes sur les super profits et ils ont tapé dans la caisse les taxes sur les super profits pour qu'on les aide pour mettre en marché des engrais de synthèse.

Alors que quand on pratique l'agroécologie qu'on n'en a pas besoin. Il y a quand même un problème non ? Et on fait ça avec l'argent public. Est-ce que c'est ça ça veut dire l'intérêt commun ?

17:50
Présentateur

Et ce discours-là que vous portez au Parlement européen avec le groupe des Verts c'est un discours à quoi est-ce qu'on oppose ? Quels arguments on oppose à ça ? C'est-à-dire si on fait un exercice où là vous pensez contre vous-même ou alors vous reprenez le discours de vos opposants pourquoi est-ce que ça c'est pas entendu ? Ou pourquoi est-ce que ça ne révolue pas ?

18:10
Invité

Parce qu'ils n'arrivent pas à intégrer les données objectives. C'est triste à dire.

18:15
Présentateur

Sur la production ?

18:16
Invité

Sur la quantité ? Bien sûr. Ils continuent de dire que l'agroécologie c'est affamer la planète. Ils continuent de dire que l'agroécologie c'est faire crever de faim les agriculteurs eux-mêmes parce qu'ils n'auront pas suffisamment de revenus. Alors que toutes les données objectives qui sont... Lesquelles ? De quoi vous basez pour ça ? Sur toutes les données scientifiques.

Olivier Tcheter par exemple, le rapporteur spécial à l'agriculture et à l'alimentation à l'ONU a compilé des milliers d'études scientifiques qui dit que la seule façon d'atteindre la souveraineté alimentaire dans la durée c'est l'agroécologie qui explique que les pratiques agroécologiques les plus abouties qui n'ont pas recours aux pesticides et aux engrais de synthèse qui prônent la fertilité des sols, la préservation de la fertilité des sols est la seule qui va permettre de retrouver d'abord dans les pays du Sud leur souveraineté alimentaire mais aussi d'arrêter le dégât, le désastre dans les pays du Nord sur la dégradation de la biodiversité, du climat et de la santé.

Donc les études existent. Et puis il y a quand même une autre dimension. On parlait tout à l'heure du lien ruraux-urbains. C'est que les attentes sociétales sont là quand même. C'est-à-dire que moi quand je regarde les initiatives citoyennes européennes. Une initiative citoyenne européenne c'est une pétition qui a une dimension réglementaire qui exige qu'en moins d'un an il y ait plus d'un million d'Européens qui la signent et qui soient issus d'au moins six états membres. Depuis que ce dispositif existe il y a eu sept ICE qui ont abouti qui ont pris une dimension officielle réglementaire. C'est-à-dire 7 sur 7 4 parlent d'agriculture d'alimentation 4 sur 7.

C'est-à-dire si le sujet est très présent si le sujet inquiète si le sujet est prégnant dans la société. Les deux dernières sont la fin de l'élevage en cage donc la prise en compte du bien-être animal et la dernière s'appelle Sauvons les abeilles Sauvons les paysans c'est-à-dire une ICE qui intègre que c'est en préservant la biodiversité qu'on va préserver les paysans. C'est une ICE qui dit très clairement sans nature il n'y a pas de nourriture.

Donc ça on doit quand même l'entendre quand on est sur une activité économique qui mobilise plus du tiers du budget total de l'Union Européenne combien de temps est-ce qu'on va piétiner les attentes sociétales avec autant d'argent public sur la table pour soutenir cette activité-là ? Moi c'est une question très claire que je pose.

Et donc les arguments de mes détracteurs sont des arguments qui ne s'appuient que sur les éléments de langage des lobbies qui continuent de jouer avec les peurs du style sans pesticides on va affamer la planète sans engrais de synthèse on va affamer la planète c'est des pratiques agricoles qui permettent la meilleure rémunération des paysans alors que c'est tout le contraire la vérité.

21:10
Présentateur

Alors l'écologie de droite donc c'est pas crédible l'idée il y a parfois même cette idée qui est portée par j'avais entendu je crois Marion Maréchal Le Pen cette personnalité d'extrême droite dire il y a une écologie un localisme enfin la vraie écologie c'est préserver cette souveraineté sur le terroir etc entretenir cette idée là qu'est-ce que vous en pensez ?

21:30
Invité

Que c'est une approche partielle que c'est une approche cloisonnée et que et que l'écologie c'est tout le contraire et c'est pour ça que ça peut pas être de droit c'est-à-dire que l'écologie c'est une pensée c'est une pensée qui convoque une approche globale

21:42
Présentateur

et donc l'écologie enfin l'écologie sans le social c'est du jardinage c'est ce qu'on dit il y a cette phrase

21:48
Invité

Ouais ouais mais c'est pas faux c'est pas faux mais ça nécessite une approche globale ça nécessite d'intégrer les contextes géopolitiques ça exige d'intégrer les enjeux climatiques je veux bien que Marion Maréchal ou Marine Le Pen ou d'autres ou Eric Zemmour nous expliquent l'écologie sauf que moi je les vois les gens qui sont proches d'eux au parlement européen

22:12
Locuteur non identifié

je vois ce qu'ils votent Maintenant je ne nie pas qu'il y ait un réchauffement climatique d'ailleurs il me suffit de discuter avec les agriculteurs vous voyez dans toute la France par où tout je passe et qu'ils me disent ah bah oui là il y a un réchauffement là ça va pas on a avancé telle récolte etc vous voyez évidemment que ça existe ça c'est une première chose deuxième chose moi j'ai toujours vu que l'homme s'adapterait l'homme s'adapte c'est comme ça ça ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire mais l'homme s'adapte à toutes les évolutions du climat de la terre etc

22:43
Invité

ils votent contre la préservation des animaux qui sont transportés vivant dans des conditions sordides ils votent contre l'idée qu'on puisse porter une stratégie de la ferme à la fourchette qui réduise de 50% les pesticides des engrais de synthèse et les antibiotiques ils votent contre le développement de l'agriculture biologique sur notre périmètre ils votent pour cette PAC qui continue de soutenir le développement agricole délirant qui montre toutes ses limites donc à un moment donné moi je veux bien les discours tourner vers l'écologie et se revendiquer de façon péremptoire écologiste sauf que moi je regarde les actes et quand je vois leurs votes ça n'a rien à voir avec des votes écologistes absolument rien à voir d'ailleurs j'en veux pour preuve qu'ils ne votent jamais

23:27
Présentateur

comme nous et ça me rassure d'ailleurs ça a du sens pour vous de parler de cruauté animale en tant que évidemment et alors tout à l'heure vous disiez j'aime manger de la viande comment est-ce qu'on concilie ces choses là on a besoin d'activité d'élevage

23:40
Invité

pour faire de l'écologie ça il va falloir entrer ce sujet là dans le crâne de gens qui pensent que être vegan par exemple c'est être écologiste

23:51
Présentateur

moi j'ai rien compris c'est pas vrai être vegan c'est pas être écologiste

23:54
Invité

le veganisme c'est une pensée philosophique sur un débat qu'il faut surtout pas occulter la problématique de la mise à mort des animaux c'est à dire que ça c'est un vrai sujet et moi qui suis éleveur j'ai essayé de développer des logiques d'élevage où ça m'arrive le moins souvent possible

24:10
Locuteur non identifié

quand on aura résolu le problème des animaux d'élevage on arrive un jour ce que je doute à ne plus les tuer on essaiera de faire un autre modèle d'agriculture pour épargner le plus de vie c'est le côté volontaire qui te dérange dedans ? bah oui bien sûr un cochon on va le faire naître volontairement pour l'élever le mutiler parce que je vais pas rentrer dans les détails on mutile les animaux on les élève pour au final les tuer

24:35
Invité

mais moi je pratique des modalités d'élevage où la mise à mort c'est vraiment quelque chose d'exceptionnel et si je suis devenu éleveur c'est parce que j'ai repris une structure où il n'y avait plus d'élevage et que pour asseoir un vrai projet écologique j'avais besoin des activités d'élevage pour être cohérent dans cette approche globale dont j'ai déjà parlé pourquoi ? qu'est-ce que ça change d'avoir des animaux ?

parce que sur l'espace sur lequel j'évolue qui est un espace naturel moi je fais pâturer mes animaux sur une réserve naturelle la vocation de cet espace-là n'est pas autre que d'héberger des prairies et héberger des prairies ça veut dire que le meilleur moyen de les entretenir en tout cas pour qu'elles préservent les facultés qui sont les leurs en termes de préservation de la biodiversité d'hébergement de la biodiversité mais aussi de fonctionnalité sur le territoire pour pratiquer une bonne gestion de l'eau par exemple il faut que ces prairies soient entretenues par des animaux d'élevage parce que quoi qu'on en dise si ces prairies aujourd'hui sont réputées comme des puits de carbone remarquables qui luttent contre le climat sont réputées être des lieux exceptionnels d'hébergement de biodiversité de fonctionnalité sur la problématique de l'eau c'est parce que ces espaces ont été aménagés par la main de l'homme c'est des espaces anthropisés et tout ce que fait l'homme n'est pas mauvais et en l'occurrence sur ces espaces anthropisés on a créé des espaces absolument remarquables qui remplissent ces fonctionnalités de gestion de l'eau d'hébergement de biodiversité de lutte contre le changement climatique et ces espaces là pour qu'ils continuent de jouer ces rôles là doivent être entretenus par des activités d'élevage par des herbivores domestiques certains me disent mais on peut imaginer des logiques de ré-ensauvagement sauf que sur ces zones anthropisés si on est sur des logiques de ré-ensauvagement c'est à dire on laisse les animaux sauvages réinvestir les lieux on perd les fonctionnalités que je viens de citer c'est à dire qu'on est moins efficace en termes de séquestration de gaz à effet de serre on est moins efficace en termes d'hébergement de la biodiversité on est moins efficace en fonctionnalités hydrauliques c'est à dire qu'on perd sur tous les tableaux si on est efficace sur ces enjeux là c'est parce qu'il y a des animaux d'élevage domestiques après moi j'ai essayé de développer des activités d'élevage où je suis pas du tout dans des logiques industrielles où les animaux vivent 365 jours dans des prairies dehors et vous les élevez

27:04
Présentateur

pour des produits produits carnés

27:08
Invité

les deux et l'abattage

27:11
Présentateur

du coup comment ça se passe

27:12
Invité

l'abattage c'est une journée pour moi je vais à l'abattoir une fois par an une seule journée c'est à dire que il faut que j'explique comment j'ai construit mes modalités d'élevage donc déjà moi j'élève que des races locales à faible effectif donc j'élève des vaches maréchines des chèvres poids de vines des chevaux de très poids de vin des baudets du poitou et des poules pondeuses de marrant c'est les 5 espèces que j'élève toutes des races menacées c'est pas à l'auda c'est à dire que déjà il y a une dimension patrimoniale c'est à dire qu'on parle beaucoup du patrimoine vivant moi je suis sur une démarche patrimoniale où le patrimoine vivant que je préserve c'est du patrimoine vivant domestique c'est à dire des races qui ont été les piliers du développement économique à certaines périodes de l'histoire de nos régions le beurre à hausser Charente-Poitou quand il est né au départ c'était du lait de maréchine aujourd'hui on continue de parler de beurre à hausser Charente-Poitou il n'y a pas une goutte de lait de maréchine dans le lait qui sert à faire du beurre à hausser Charente-Poitou là encore une fois on trompe le consommateur donc un des intérêts au delà du fait qu'on est dans la démarche patrimoniale quand on préserve des races locales c'est qu'il y a une demande de reproducteurs dans ces races là c'est à dire que moi quand je fais naître des jeunes femelles que ce soit des jeunes vaches ou des jeunes chèvres je sais que je vais avoir une demande pour constituer des troupeaux qui vont être dans la même logique que la mienne et donc toutes les femelles je touche du bois je ne sais pas là et alors je touche du bois depuis que je suis éleveur je n'ai jamais conduit une seule femelle à l'abattoir je répète je n'ai jamais conduit une seule femelle à l'abattoir c'est à dire que toutes les femelles qui naissent chez moi soit elles restent chez moi en tant que future reproductrice soit elles partent pour devenir des futures reproductrices sur d'autres élevages qui sont dans le même état d'esprit que moi et la raison pour laquelle je n'ai jamais conduit une femelle à l'abattoir c'est que tous les reproducteurs et quelques mâles d'ailleurs tous les reproducteurs que entre guillemets je recrute j'aime bien parler de recrutement c'est le fait n'a rien à voir avec le recrutement d'un salarié mais quand même c'est des partenaires dans mon quotidien tous les reproducteurs que je recrute sur mon élevage parce qu'ils vont me donner 15, 16 parfois 20 veaux pour les plus vieilles me donner 10 lactations pour des chèvres 15 parfois pour des vaches je considère qu'à la fin de leur vie je leur propose de mourir ici dans mes prairies au milieu de leurs congénères elles meurent de vieillesse de leur belle mort au milieu de leurs congénères et que je trouve ça parfaitement indécent de vendre une chèvre de réforme que je vais vendre à 12 ans 5 euros c'est le prix d'une chèvre de réforme à 12 ans on vend une chèvre 5 euros pour aller la faire abattre dans un abattoir qu'est-ce que quelqu'un la défend donc moi une chèvre de 12 ans même si elle ne fera plus de lait même si elle ne fera plus de chevraux elle va mourir à côté des autres au milieu de la prairie et j'assume parfaitement faire ça et donc moi je me revendique éleveur parce que je propose cette façon de voir les choses et surtout je suis éleveur pour entretenir des espaces qui sans élevage perdent de leur fonctionnalité et donc voilà c'est ça le truc sauf que dans ce système là et c'est là où on vient sur la production de viande je fais naître aussi des mâles parce que je suis dans des pratiques d'élevage naturelles c'est à dire que mes vaches elles sont elles deviennent gestantes parce qu'elles ont rencontré un taureau il n'y a pas d'insémination artificielle chez moi mais mes chèvres elles viennent en chaleur et c'est un bouc qui sait qu'elles rentrent en gestation c'est pas une insémination artificielle mais mes jeunes mes veaux mes chevraux sont sous la mer jusqu'au sevrage c'est à dire qu'il n'y a jamais d'arrachement du petit de sa mère moi quand je prends du lait c'est ce que me laissent les petits c'est à dire qu'une fois que les petits se sont nourris et bien moi je récolte ce qu'ils me laissent voilà c'est ça c'est ça ma logique et cette logique là elle marchera à grande échelle et oui est-ce qu'en plus c'est économiquement plus pertinent c'est à dire que je prends le dernier exemple l'exemple de retirer les jeunes à 5 jours c'est à dire on les laisse prendre ce qu'on appelle le colostrum le premier lait qui les protège qui les immunise des ventes et des attaques parasitaires tous les éleveurs font ça et à 5 jours on arrache le petit de sa mère pour avoir le maximum de lait dans la lactation sauf qu'à partir du moment où on a enlevé à 5 jours un veau ou un chevreau de sa mère ça veut dire que pour qu'il continue de vivre il va falloir le nourrir et on va le nourrir avec du lait en poudre qu'on va acheter et qui va exiger beaucoup de temps de travail et donc ça ça a un coût ça a un coût en main d'oeuvre ça a un coût en matière première alors que quand on laisse le veau ou le chevreau sous la mer il se débrouille tout seul et donc moi j'y passe pas de temps il se démerde très très bien sur moi et j'ai zéro investissement j'ai pas besoin d'acheter du lait en poudre et finalement la rentabilité de cette pratique là parce que j'utilise la nature finalement je laisse faire la nature c'est aussi pertinent économiquement parlant

32:34
Présentateur

on a parfois l'impression que le discours écologiste vise à réduire à sa portion congrue la consommation et donc aussi la production de viande parce que on sait qu'il y a une empreinte carbone associée à un kilo de bœuf consommé et une certaine consommation de litres d'eau etc donc on sait qu'on mange trop de viande on est d'accord là dessus alors qu'on mange trop de viande mais il ne faut pas tomber dans un puritanisme non plus qui viserait à effacer ce rapport aux animaux et enfin aux autres animaux

33:10
Invité

il y a plusieurs choses dans la question je suis sur des pratiques d'élevage qui télescopent complètement l'idée reçue que quand on fait de l'élevage on participe au changement climatique et ça a été étudié c'est à dire qu'il y a eu des études très poussées sur ma structure qui font la démonstration que mon élevage non seulement ne participe pas à accélérer le changement climatique mais qu'il l'atténue parce qu'il entretient des espaces qui sont très efficaces en séquestration de gaz à effet de serre parce que mes animaux ne sont pas renfermés 365 jours par an dans des bâtiments qui bouffent du maïs et du soja avec du maïs qui participe au changement climatique avec du soja qui participe au changement climatique et qui exige beaucoup d'eau pour produire du maïs pour produire du soja le cercle vicieux complet donc cet élevage là et ça m'amène sur la deuxième entrée cet élevage là que moi j'appelle d'industriel que j'appelle concentrationnaire il faut lutter contre cet élevage là sans concession parce qu'il participe à l'effondrement du climat il participe à l'effondrement de la biodiversité et il participe à dégrader notre santé donc pour toutes ces raisons là il faut lutter sans concession contre cet élevage là pour autant c'est pas parce qu'on doit lutter contre cet élevage là en revanche c'est très majoritaire c'est à dire que il va falloir faire disparaître cet élevage là qui est très majoritaire et donc il va falloir le faire disparaître et donc la lutte va être mais on doit être sans concession sur cet élevage là sans concession et encore moins mettre de l'argent public c'est à dire que là ils font partie de ceux qui mobilisent beaucoup d'argent public de la PAC et moi je dis ça à mes collègues élus d'ailleurs au parlement européen ou mes collègues agriculteurs d'ailleurs qui disent ouais mais tu veux nous faire disparaître et tout ça j'ai dit mais vous êtes des entrepreneurs vous vous revendiquez entrepreneurs c'est ça qu'ils me disent et je dis mais quand on est entrepreneur on assume ces choix d'entreprise c'est à dire que vous voulez continuer d'utiliser des pesticides des engrais de synthèse de l'eau d'irrigation vous voulez continuer d'élever des animaux dans des situations sordides c'est votre choix d'entreprise mais nous élus garant de l'intérêt commun garant de politiques publiques qui servent l'intérêt commun on peut vous dire aussi on vous suit plus et donc si on arrête de perfuser ces logiques là et que c'est d'ailleurs ce qui détient la tête hors de l'eau ils vont disparaître et donc moi ma lutte et c'est pour ça aussi que je fais de la politique c'est de lutter sans concession contre l'élevage industriel il faut arrêter tout ça et donc quand on aura lutté contre l'élevage industriel que ce soit pour la production de lait de viande ou d'oeuf ou de volaille et de cochon parce que on met tout ça dans le paquet il va falloir faire le conseil qu'on en mange beaucoup moins en revanche et c'est là où moi j'apporte une nuance ceux qui réclament sans discernement l'abolition de toute forme d'élevage font fausse route parce que on aura besoin sur les zones humides sur les zones de montagne d'activités d'élevage qui entretiennent les espaces remarquables qui participent à l'atténuation du changement climatique qui participent à l'hébergement de biodiversité et qui participent à préserver aussi notre santé parce qu'on recule les risques de zoonoses par l'entretien de ces espaces-là

36:04
Présentateur

il y a plein d'enjeux et les raisons pour lesquelles il faut continuer à avoir des activités d'élevage c'est uniquement ces questions de lutte contre l'effondrement écologique ou est-ce qu'il y a aussi on peut se dire on a envie de conserver une gastronomie française par exemple autour de ça

36:18
Invité

je ne l'ai pas pris comme ça

36:20
Présentateur

mais est-ce que ça c'est valable comme argument

36:22
Invité

l'argument gastronomique ce n'est pas celui que j'utilise en revanche moi l'argument que j'aime bien et ça me replace dans mon rôle d'éleveur c'est que y compris quand on est agriculteur et qu'on est éleveur la relation aux animaux ça c'est un vrai sujet la relation aux animaux d'élevage on dit souvent que quand on parle d'éleveur c'est l'homme qui élève les animaux et moi j'inverse ce truc je dis que quand on est éleveur la relation à l'animal est un lien qui nous élève nous les êtres humains et donc je pense que se couper de ça c'est-à-dire abolir toute forme d'élevage et renoncer à ce lien aux animaux qui nous élèvent nous les êtres humains serait une grave erreur

37:04
Présentateur

c'est la fin de cette émission on espère qu'elle vous aura plu n'hésitez pas à nous le faire savoir en commentaire et à nous dire ce qu'elle vous a inspiré et surtout abonnez-vous à la chaîne si ça nous soutient on se voit très vite c'est la fin de cette émission

37:13
Locuteur

c'est la fin de cette émission c'est la fin de cette émission