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interviewFrance Inter — Questions politiques· 15 septembre 2024 55 min

Paris 2024 "n'est pas le succès d'Emmanuel Macron, c'est un succès collectif", estime Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour, ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée également sur France Info, la télé, Canal 27, et en partenariat avec le journal Le Monde. Dix jours après sa nomination, on attend toujours la composition du gouvernement Barnier, gouvernement à droite toute ou gouvernement d'Union Nationale. Le Premier ministre se déplace, consulte, mais on voit mal qui, hormis la droite, va accepter de le rallier. Un gouvernement qui tiendra combien de temps ? Quelques semaines ? Quelques jours ? Quelques mois ?

Marine Le Pen et le Rassemblement National qui font leur rentrée ce week-end ont déjà annoncé qu'ils espéraient que ce gouvernement soit le plus court possible, avec de nouvelles élections législatives dans moins d'un an, contre-attaquées pour faire oublier sa défaite, un classique de la vie politique, certes, mais est-ce que le Rassemblement National sera prêt ? Ou est-ce qu'il sera toujours empêtré dans ses candidatures suspectes ? C'est ce qu'on va demander à notre invité, Sébastien Chenu, vice-président du RN, député du Nord. Il est ce dimanche dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h. Questions politiques, Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Sébastien Chenu.

Bonjour Madame. Avec moi pour vous interviewer, Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et à tous. Et Gilles Bornstein de France Télévisions. Bienvenue pour ce dimanche.

1:32
Invité

Merci beaucoup de m'accueillir. Bonjour à toutes et à tous.

1:35
Présentateur

Allez, on commence toujours cette émission avec vos images de la semaine. Qu'est-ce qui vous a marqué, en particulier Sébastien Chenu ?

1:42
Sébastien Chenu

C'est une polémique, j'ai voulu sortir un petit peu de l'actualité, j'allais dire brûlante, mais c'est une polémique sur le remplacement des vitraux à l'occasion de la reconstruction des travaux de l'église Notre-Dame.

1:53
Présentateur

Alors je précise juste pour les téléspectateurs et nos auditeurs, on voit à l'image les cloches de Notre-Dame parce qu'elles ont été ramenées dans Notre-Dame cette semaine, jeudi précisément. Effectivement, vous aviez envie de souligner la polémique sur les vitraux.

2:08
Sébastien Chenu

Oui, il y a une pétition qui a été lancée par la tribune de l'art. Moi, je ne signe pas de pétition par principe, mais je voulais donner écho de cette pétition parce qu'il y a une volonté chez Emmanuel Macron, en fait je pense que ça illustre une volonté chez Emmanuel Macron d'être sans arrêt dans la politique de l'effacement ou de la déconstruction. On a ici des vitraux qui n'ont pas été endommagés, qui devraient donc être remis en place. Il y a d'ailleurs une charte qui existe depuis, je crois, 1965 qui dit que des éléments classés, qui n'ont pas été abîmés, doivent être remis.

Et on a Emmanuel Macron qui nous avait dit « je garderais exactement tout ça comme c'était » et qui lance un concours avec la volonté, finalement, peut-être pour flatter son égo, donner sa petite marque à la reconstruction de Notre-Dame. Eh bien, il veut remplacer ces vitraux du XIXe siècle, pas du XIXe arrondissement.

3:07
Présentateur

Je précise quand même que c'est six vitraux seulement sur la totalité, ce ne sont pas tous les vitraux qui vont changer, c'est six vitraux des chapelles du bas-côté.

3:14
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr. Mais je crois que derrière, ça en dit long. Il y a quoi ? Et c'est peut-être ça que je...

3:19
Présentateur

Il ne faut pas que ça bouge.

3:20
Sébastien Chenu

Ce n'est pas qu'il ne faut pas que ça bouge, c'est que je crois que lorsqu'on a un patrimoine incroyable, c'est un patrimoine incroyable, il faut le préserver. Il y a des tas d'endroits où on peut, moi je trouve qu'il y a des grands gestes architecturaux dans notre pays qui ont été des grandes réussites. Le centre Pompidou en est un, l'opéra Bastille en est un autre. Mais l'idée même de changer les vitraux de Notre-Dame, je crois de mon côté que c'est une erreur. Et je crois qu'en voyant la façon dont Emmanuel Macron procède, c'est toujours cette volonté d'effacer, de remplacer, de déconstruire.

3:51
Présentateur

Pour vous, Gilles Bornstein, c'est une image beaucoup plus politique, je crois.

3:55
Invité

Absolument, c'est l'image d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe au Havre. Alors je vais moi aussi la décrire. On voit un président de la République souriant, à mon avis au sourire un petit peu forcé, Edouard Philippe au sourire encore plus forcé, il s'étreigne assez chaleureusement la main. Je trouve que cette photo en dit long sur la condition politique d'Emmanuel Macron parce que les hasards de l'histoire, l'anniversaire de la libération du Havre et de la carte électorale, Edouard Philippe est maire du Havre, ont conduit le président de la République à se rendre auprès de ce Premier ministre. On sait que les deux hommes s'adorent, voilà, on sait que les deux hommes s'adorent.

Il a été congédié du gouvernement, il a déclaré qu'il serait candidat à la présidentielle, un timing que tout le monde a contesté, en laissant entendre qu'il serait même en cas de démission rapide du président de la République. Et on voit Emmanuel Macron qui est forcé de surjouer cette entente avec cet homme qu'il n'aime pas du tout. Pourquoi ? En fait, pour dire à Edouard Philippe, tu ne peux pas t'émanciper de moi, tu resteras à tout jamais au regard de l'histoire. Mon premier Premier ministre, pour l'empêcher de prendre ses ailes, aussi pour embêter encore plus Gabriel Attal avec qui les relations sont encore plus distendues.

Et on le voit parallèlement soutenir Elisabeth Borne pour la conquête de son propre parti. Elisabeth Borne qui est parmi ses anciens premiers ministres, celle avec qui les désaccords sont, certes, politiques pour le coup, sont certainement le plus important. Donc je trouve que ça dit beaucoup de l'isolement politique du Premier ministre et du fait qu'en dépit de la révolution... Du président, du président. Du président, bien sûr, du président. Et qu'en dépit de la révolution qu'il nous avait promis, il fait quand même de la petite popole. Il faut bien dire les choses telles qu'elles sont. Et puis, il a un Premier ministre aujourd'hui.

Alors là, comme disent les jeunes, un Premier ministre qui, manifestement, ne le calcule même pas.

5:36
Présentateur

Vous parlez de Michel Barnier, donc là.

5:37
Invité

Michel Barnier. Et donc, à l'Elysée, ils attendent. Ils ont dit, maintenant, c'est lui qui doit proposer. Ils attendent qu'il propose. Et en attendant, ils n'ont pas du tout de nouvelles, manifestement, de ce que le Premier ministre est en train de tramer. Donc, les trois ans... Enfin, si ça dure trois ans, ça va être une éternité pour le président de la République. Et comme l'a dit Woody Allen, l'éternité, ça dure longtemps, surtout à la fin.

5:57
Présentateur

On termine avec vous, Françoise. Pour vous, l'image de la semaine, c'est cette grande parade sur l'avenue des Champs-Elysées hier.

6:02
Invité

Oui, c'est cette grande parade olympique qui a eu lieu, où on voit à la fois les champions, où on voit les volontaires et on voit la foule. Et je trouve que c'est assez révélateur de ce qu'a été la séquence olympique en France. Un événement extrêmement réussi à mes yeux, parce qu'on a réussi à la fois à épater le monde entier par une créativité. Et on a réussi en même temps à entraîner les Français dans cet événement. Alors, quand on essaye de dérouler ce qui s'est passé, on a réussi à relever des défis sur la sécurité, sur les transports. Ça montre que quand même l'État est solide, que les services publics marchent encore. Et puis, on a surtout réussi à entraîner les Français.

C'était des Jeux dans la ville. Par exemple, à la fin des Jeux olympiques, il y a eu ce grand marathon où tout le monde était entraîné. Et je pense que c'est, au fond, cette alchimie qui s'est produite. Et que maintenant, on peut dire qu'on est collectivement fiers de ce qui s'est passé. Alors, je ne vais pas faire un parallèle facile avec la vie politique. Je veux juste dire qu'on est encore capable, en France, de faire des grandes choses en se faisant plaisir. Et ça, je trouve que c'est extrêmement positif dans toute sa séquence qui s'est déroulée de la fin juillet à aujourd'hui.

7:13
Présentateur

Sébastien Chenu, on est encore capable de faire de grandes choses, tous ensemble, en France ?

7:17
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr. Je rejoins finalement un peu ce que dit Françoise Fresseau. Quand il y a une volonté et des moyens, volonté politique forte et des moyens qui relaient cette volonté politique, on peut réussir le pari de la sécurité, le pari de l'organisation. Ce n'était pas gagné d'avance, il faut bien le dire. On pouvait même douter. Et d'ailleurs, on avait des raisons de douter. Ça a été plutôt réussi. Moi, j'ai aimé le travail de Thomas Joly. J'en profite pour le dire. Je ne suis pas fan de tout. Par exemple, la séquence de la fameuse scène qui a après été contestée, etc. où Philippe Catherine, je n'étais pas fan.

Mais globalement, j'ai trouvé que voilà un scénographe, metteur en scène français, qui nous a fait rayonner. Et j'avais bien envie de le dire.

7:58
Présentateur

Et vous avez aimé aussi ? Alors, excusez-moi, je vous coûte parce que j'aimerais bien qu'on réécoute quand même. Marine Le Pen, vous avez dit, on a quand même douté au début. Je voudrais qu'on réentende effectivement les doutes qu'a eus le Rassemblement National et en particulier l'ancienne présidente, la présidente du groupe à l'Assemblée. C'était le 20 mars dernier, c'était dans la matinale de France Inter et c'était au micro de Léa Salamé. Ayana Kamoura qui chanterait Piaf en ouverture des JO, c'est un beau symbole pour vous ? Non, pas du tout, ce n'est pas un beau symbole.

Honnêtement, c'est une provocation supplémentaire d'Emmanuel Macron qui doit tous les matins se lever en se disant, tiens, comment est-ce que je vais réussir à humilier le peuple français ? Comment je vais réussir à les indigner ce matin ? Aujourd'hui, il est prolique s'il arrive à en trouver une par jour d'idées pour humilier et indigner les Français. Vous êtes toujours dans cet élan-là ? Elle parle d'humiliation, le mot humiliation c'est un mot fort. Est-ce que les Français se sont sentis humiliés avec Ayana Kamoura ?

8:55
Sébastien Chenu

En fait, Marine Le Pen mettait en garde et elle avait raison de mettre en garde. Il y a toujours la volonté chez Emmanuel Macron, ce côté qu'il imagine être transgressif, moderne, etc. de bousculer des schémas qui parfois frôlent le ridicule ou qui pourraient effectivement frôler un sentiment d'humiliation. Les Français avaient envie de se retrouver derrière quelque chose et puis finalement... Mais vous avez aimé Ayana Kamoura avec la garde républicaine ? Avec la garde républicaine, je trouve que ça faisait bien le pont. Et l'image devant l'académie française donnait un clin d'œil que j'ai trouvé sympathique.

Donc ce n'était pas juste Ayana Kamoura qui faisait un concert, j'aurais trouvé ça un peu étrange et probablement pas très valorisant. Mais là, finalement, la scénographie, l'imagination de Thomas Joly a permis, je crois, en tous les cas sur cette séquence-là, très précise...

9:42
Présentateur

Elle était allée trop loin Marine Le Pen quand même, là, non ?

9:45
Sébastien Chenu

Non, elle n'est pas allée trop loin parce que je pense qu'il faut mettre en garde toujours ceux qui décident des risques qu'il faut... Humilier, elle dit. Le mot humilier, c'est un mot très fort. Oui, mais ça pouvait être ressenti comme une humiliation par beaucoup de Français. Ça ne l'a pas été. Mais je pense que notre rôle, quand on est politique, que ce soit ici ou plus largement, c'était sur les problématiques de sécurité, etc., c'est aussi de mettre en garde. Et je pense que quand on met en garde, parfois, on est entendu.

10:06
Invité

Mais vous dites, j'ai aimé Thomas Joly. Certes, Thomas Joly a fait la cérémonie d'ouverture.

10:09
Sébastien Chenu

J'ai aimé le travail de Thomas Joly.

10:11
Invité

Il n'a pas fait tous les jeux. Est-ce que vous diriez, c'est aussi... Alors, c'est le succès de Thomas Joly. Est-ce que c'est aussi le succès d'Emmanuel Macron ? D'un point de vue sécuritaire, il n'y a eu aucun problème. Est-ce que c'est aussi le succès de Gérald Darmanin ? Est-ce que vous admettez qu'ils ont... C'est un travail collectif.

10:24
Sébastien Chenu

Parce que je pourrais vous dire, c'est aussi une certaine forme de réussite de la mairie de Paris. C'est un succès d'Emmanuel Macron ou pas ? Non, je dis que c'est un succès collectif. C'est un succès des Français, de tous ceux qui... Ça a du mal à... Oui, parce que je ne veux pas donner ça à Emmanuel Macron. Ce n'est pas le succès d'Emmanuel Macron. Ni de Gérald Darmanin. C'est un succès collectif. Collectif, il y a des gens... Gérald Darmanin, sur cette séquence-là, a mis des moyens pour la sécurité. Et résultat, on n'a pas eu de problème. Et si on s'en est... Je veux dire, ça contrebalance le bilan épouvantable de Gérald Darmanin en matière de sécurité. Mais ça ne suffit pas.

10:57
Invité

Mais est-ce que ça ne vous incite quand même pas aussi à avoir toujours, parfois, le verre à moitié plein, moitié vide, toujours critiquer, dire on n'y arrivera pas ? Est-ce que ça ne vous remet pas en cause quand même, vous, force d'opposition souvent très contestatrice, en disant, de toute façon, on ne va pas y arriver, ça va foirer, c'est nul ? Est-ce qu'il n'y a pas un risque quand même d'entretenir un...

11:17
Sébastien Chenu

Vous voyez, moi, j'ai voulu, justement, dans ce que je vous ai dit... Non, mais les choses joyeuses et les choses positives, vous avez du mal quand même à... Non, non, mais j'ai voulu, dans ce que je vous ai dit, le dire avec beaucoup d'honnêteté, je commençais par dire que c'était un succès. C'était une réussite. Moi, je le reconnais, j'essaie d'être objectif dans mon mode de fonctionnement. Il y a des choses qu'on peut aimer ou ne pas aimer. Ce n'est pas très grave, d'ailleurs. On n'est pas obligé de tout aimer. On peut avoir des réserves. Les gens ont des goûts. Ça, ce n'est pas le problème. Vous avez été fier de la France. Oui, moi, j'ai été fier de la France.

Et puis, sincèrement, le succès le plus incontestable, c'est celui de nos athlètes. Les athlètes, lors des Jeux olympiques, j'allais dire classiques et paralympiques, ils ont été formidables. Et j'ai entendu des critiques aussi sur nos athlètes, des moqueries sur Léon Marchand, dont on a dit, ah ben, c'est un petit blond bien de chez nous. C'est pour ça que les fachos d'extrême droite l'aiment bien. Je trouve que c'est épouvantable de dire ça. Donc, voilà, on a des athlètes...

12:05
Présentateur

Moi, je n'ai pas entendu, quand même, cette polémique sur Léon Marchand, petit blond...

12:08
Sébastien Chenu

Si je voulais la citer, c'est parce qu'elle m'a heurté. Mais, voilà, je trouve qu'on a passé un bon moment. Il ne dissimule pas, il ne met pas sous le boisseau, malheureusement, les difficultés que rencontrent les Français. C'est en cela que, non, tout n'est pas négatif dans la vie, non, tout n'est pas noir, mais il y a des vrais problèmes. Il faut les affronter. Comme disait Lacan, la réalité, c'est un point dans la figure. On en prend chaque jour en ce moment.

12:38
Présentateur

Sébastien Chenu, week-end de rentrée, donc, pour le Rassemblement National, hier et aujourd'hui, rentrée parlementaire et Conseil National. L'occasion, c'est ce qui a été annoncé de nettoyer, de réorganiser le parti après des élections législatives, en juin et juillet dernier, que vous n'avez pas remporté, contrairement à ce qui avait été largement annoncé et contrairement à ce que vous aviez imaginé. Et quel bilan, Sébastien Chenu, est-ce que vous avez tiré de ces élections législatives ?

13:07
Sébastien Chenu

Je vais devoir corriger un de vos propos, Karine Bécard, qui est un de vos propos d'entrée. Quand vous avez dit, j'ai noté le mot, c'était une défaite pour le Rassemblement National. Nous sommes le premier groupe à l'Assemblée Nationale. Nous avons, je crois, 60 députés de plus. Nous avons des alliés, ce que nous n'avions pas auparavant. Nous avons élargi notre socle électoral. Vous avez une majorité absolue ou pas ?

13:27
Présentateur

Vous avez une majorité absolue ou pas, Sébastien Chenu ?

13:30
Sébastien Chenu

J'y viens. Nous avons aujourd'hui 100 000 adhérents et nous sommes les seuls opposants à Emmanuel Macron puisque tous les autres, un jour ou un autre, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron ou ses candidats. Et nous n'avons pas, mais nous n'avons pas, la majorité absolue. Donc des défaites de ce style, j'en souhaite à beaucoup.

13:47
Présentateur

Et vous n'êtes pas à Matignon ?

13:50
Sébastien Chenu

Donc nous n'avons pas atteint l'objectif Matignon.

13:52
Invité

Parce qu'il y a eu un front républicain qui vous a barré la route parce qu'au fond, beaucoup de forces politiques ne voulaient pas.

13:59
Sébastien Chenu

Parce qu'il y a des manœuvres politiques qui sont en train d'être payées et qui vont être payées très cher par ceux qui les ont instigués. Donc nous n'avons pas atteint l'objectif Matignon, pas cette fois-ci, mais nous avons monté 4 à 4 les marges qui nous en rapprochent.

14:12
Présentateur

Et donc pourquoi vous n'avez pas atteint l'objectif Matignon ? Voilà, c'était ça ma question. Quel bilan ?

14:16
Sébastien Chenu

Il y a donc des choses qui tiennent, je veux dire, dont nous sommes responsables. Il y a des choses dont sont responsables les autres. Commençons par les autres, peut-être. Vous l'avez dit, l'alliance ou les désistements entre la Macronie et LFI, et le Front populaire.

14:30
Présentateur

Non mais le Front républicain, tout le monde, on va pas faire ça.

14:32
Sébastien Chenu

Non mais c'est l'acte principal qui empêche l'élection de députés du Rassemblement de l'Assemblée. Bien sûr, monsieur le Président, ne vous y mettez pas tous. C'est les Français qui l'ont voulu. Ne vous y mettez pas tous.

14:43
Invité

Personne n'obligeait un sympathisant de la majorité à voter pour un candidat LFI.

14:48
Sébastien Chenu

Il se trouve qu'ils ont trouvé que c'était moins pire, si je puis dire. C'est un fait. Je viens au bout de mon raisonnement. Nous avons donc un mode de scrutin qui permet de contourner une volonté populaire en se retirant alors qu'on est qualifié. Mais rien ne contourne la volonté populaire. Et donc, par conséquent, ça a donné des situations pour le moins baroques. Et je note que ces situations baroques sont regrettées déjà par une majorité des électeurs qui y ont contribué. J'ai entendu que les électeurs macronistes et de droite qui ont contribué à faire élire des députés d'extrême-gauche, M. Guiraud, Mme Soudet, etc. C'est-à-dire, en plus, des députés qui ont très marqué le regret déjà.

C'est la première.

15:23
Invité

Quand les Français vous choisissent, vous dites que les Français sont intelligents.

15:26
Sébastien Chenu

Et quand ils ne vous choisissent pas, vous dites que c'est de la faute des appareils. Mais la question n'est pas là.

15:29
Présentateur

Je voudrais savoir quel bilan...

15:31
Sébastien Chenu

J'ai dit, il y a une responsabilité de nos adversaires politiques de vouloir contourner le choix des Français par des alliances, des désistements contre la nature. Il y a une autre partie qui est liée à nous, enfin, à notre capacité à convaincre les Français. Peut-être n'avons-nous pas convaincu sur le fond. Peut-être y a-t-il eu sur la forme aussi des problèmes qu'il faut résoudre. Encore une fois, je le dis, quand on a des problèmes, on les prend de face et on les travaille. Et c'est comme ça qu'on doit, je crois, dans la vie résoudre les problèmes. Vous avez cité des candidatures.

Il y a eu une dizaine, allez, une quinzaine sur 577 candidats qui ont posé des problèmes ou parce qu'ils n'étaient pas au niveau et qu'ils allaient dans des médias et on s'apercevait qu'ils n'étaient pas au niveau qu'on est en droit d'attendre d'un candidat ou parce qu'ils avaient des profils qui ont été qualifiés de sulfureux, voire qu'ils étaient des brebis galeuses. Eh bien, nous devons remédier à cela.

16:24
Présentateur

On va dire les choses assez clairement. Ils tenaient des propos xénophobes, racistes, antistémites, complotistes. Et parfois, ils se sont montrés en plus incompétents pour répondre à certaines questions.

16:33
Sébastien Chenu

Et donc, ils sont sanctionnés. La première chose, la compétence. Ils le sont déjà sanctionnés ? Oui, il y a eu une commission, par exemple, de discipline. Elle n'a plus exactement ce nom-là, qui s'est réunie en début de semaine et qui a sanctionné déjà un certain nombre de personnalités. Et vous souhaitez leur exclusion ? Mais ça dépend des gens, je vais vous dire. Quand vous avez quelqu'un qui... Il y avait une candidate qui, de façon très maladroite, pour prouver qu'elle n'était pas raciste, a dit « Je ne suis pas raciste, mon médecin est immigré. » Bon, évidemment, c'est d'une maladresse totale. C'est que ta maladresse ? Non, mais attendez.

Mais je veux dire, il y a des cas de figure très différents. Il y a des gens qui, cette dame-là, étaient d'une bonne foi absolue. Elle s'est dévouée pour aller se battre dans une circonscription où elle n'avait aucune chance de victoire. La Mayenne ? Je pense que, voilà, là, c'est de la maladresse. Vous avez des gens dont les profils...

17:20
Présentateur

Il faut que les auditeurs et les téléspectateurs nous comprennent. Donc, on parle de cette candidate qui, notamment, disait qu'elle avait, parce que les gens l'ont sans doute vu, en tout cas certains sur les réseaux sociaux, qu'elle avait pas de problème à fréquenter un dentiste juif ou musulman et un ophtalmologiste juif. Et ça, c'est pas grave de dire ça ?

17:40
Sébastien Chenu

Non, mais c'est terriblement maladroit, mais derrière...

17:42
Présentateur

C'est juste de la maladresse.

17:43
Sébastien Chenu

Non, mais oui, derrière, ce qu'elle veut dire, c'est je ne suis pas raciste. Il y a beaucoup de gens qui, dans le quotidien, vous disent je ne suis absolument pas raciste, je côtoie, vous rappelez de Nadine Morano qui avait eu ses propos en disant ma meilleure amie est noire. Enfin, tout ça est d'une maladresse, mais n'a pas de conséquences politiques. En revanche, il y a des gens qui ont des propos, et peut-être qu'ils les pensent, qui ont des conséquences politiques. Ces propos ne sont pas dans la ligne de ce que nous souhaitons. Ces propos sont répréhensibles, ils doivent être sanctionnés, ces candidats ne doivent plus pouvoir porter nos couleurs.

18:08
Présentateur

Et donc, du coup, par exemple, dans la Mayenne toujours, cette autre femme, cette autre candidate...

18:12
Sébastien Chenu

Alors, ça, c'est autre chose.

18:13
Présentateur

...qui a séquestré et qui a tenu en joue un secrétaire général de mairie...

18:19
Sébastien Chenu

Alors, je suis très précis, c'était effectivement il y a 30 ans, elle a un casier judiciaire... Il y a 20 ans, je crois. Elle a un casier judiciaire qui, aujourd'hui, ne mentionne pas ça, car nous demandons les extraits de casier judiciaire à nos candidats. Et évidemment, au-delà de 20 ans, je crois que le fait ne figurait plus dans son casier judiciaire. Donc, c'était très compliqué, évidemment, de le déceler. Mais...

18:39
Présentateur

Mais elle reste ou pas au parti, elle ?

18:40
Sébastien Chenu

Non, mais je pense qu'elle n'a pas vocation, en tous les cas, à représenter notre parti. Elle peut être adhérente, si ça lui plaît, mais je veux dire, elle n'a pas aucunement vocation à pouvoir... On peut l'exclure, ça passera en commission de discipline, donc ce n'est pas moi qui vais le juger devant vous aujourd'hui. Mais ce que je veux dire, c'est que des problèmes de formation de candidats, tout le monde rencontre. Des problèmes... Vous particulièrement, quand même. Non, je vous ai dit, il y a à peu près 15 cas de candidats qui, sincèrement, ont posé problème. La France insoumise a eu des problèmes. Comment on les traite ? C'est ça qui est important.

Comment le parti politique, qui est confronté à ça, traite un écart de langage, un propos inacceptable, une insuffisance... Un permis non-valide, par exemple, parce qu'il y a... Mais attendez, vous mélangez tout, là, Karine Bécard. Eh bien, je pense que c'est la façon dont le parti politique traite tout ça qui permet de juger ce parti politique. C'est bizarre que vous parlez de problème de formation,

19:31
Invité

avoir une casquette SS, ce n'est pas un problème de formation. Vous pouvez la former des années, c'est un problème de valeur.

19:37
Sébastien Chenu

Cette personne n'a rien à faire chez nous. Voilà. Mais la difficulté, vous voyez, c'est qu'au fond... Vous êtes moins exigeant, je vous le dis, avec des candidats LFI qui ont eu des propos homophobes, des candidats du Rhône... Mais qu'est-ce qu'il vous plaît, c'est une chose pareille ? Et parce qu'on ne passe pas autant de temps d'antenne, parce que moi, je n'entends pas, je suis toutes les interviews politiques, je n'entends pas autant de temps d'antenne où vous dites aux responsables de la LFI, parce que c'est vraiment la LFI souvent qui est visée, vos candidats sont inadmissibles, et souvent, d'ailleurs, ils les soutiennent, ces candidats-là.

20:04
Présentateur

Alors, écoutez, écoutez, toutes les émissions politiques, c'est compliqué aujourd'hui.

20:09
Invité

Est-ce que vous les formez à être politiquement corrects, entre guillemets, ou est-ce que vous reconnaissez qu'il y a quand même le risque, compte tenu du passé de ce parti, qu'il y ait quand même un certain nombre de vos troupes qui continuent à être xénophobes ? Non. Voilà. Non, madame, il y a une ligne politique. C'est ça la grosse difficulté que vous avez.

20:27
Sébastien Chenu

Il y a une ligne politique quand on s'engage au Rassemblement National, a priori, on s'engage pour des idées, sur un programme, sur une ligne politique, qui a été dictée par Marine Le Pen, qui est validée par les adhérents via leurs représentants au Conseil National. Donc il y a une ligne politique. Les gens qui ne sont pas d'accord avec cette ligne politique peuvent aller voir ailleurs s'ils ont envie de faire de la politique. Ils n'ont pas, évidemment, à être investis. Après la formation des candidats, c'est autre chose.

On était dans une semaine, il fallait déposer en une semaine les dossiers de candidature, et évidemment dans des circonscriptions imprenables, où il n'y avait aucune chance de faire aider un député. C'était dur de trouver des candidats. des braves gens qui veulent porter nos idées le plus loin possible se sont dévoués.

21:06
Présentateur

Donc le plan Matignon n'était pas complètement...

21:08
Sébastien Chenu

Non, mais il y a eu 300 candidatures qui avaient été préfléchées par le plan Matignon. Heureusement qu'on l'a eu. Ça veut dire 300 candidats qui étaient préparés. Et d'ailleurs, dans les députés que nous avons, vous avez des gens tout à fait formés, y compris dans les primo-députés.

21:20
Présentateur

Alors, une question très précise. Je l'ai abordée trop rapidement. La question de Christine Angrand, cette députée du Pas-de-Calais, députée depuis 2022, dont on a découvert qu'elle roulait dans une voiture dont le permis n'était plus valide depuis très très longtemps, qui par ailleurs utilise ses frais de mandat pour se payer des sites de rencontres. Vous en faites quoi de ce profil-là ?

21:44
Sébastien Chenu

Parce qu'elle, elle est élue depuis... Oui, mais là, vous parlez, vous mélangez deux choses aussi. Dans votre région, je crois. J'y viens. Christine Angrand est une bonne députée de terrain. C'est une conseillère régionale depuis 2015 qui fait parfaitement son boulot et qui a des vraies compétences.

21:56
Présentateur

Qui roule depuis 2009 dans une voiture avec laquelle elle ne peut pas rouler.

22:00
Sébastien Chenu

Ça, vous l'avez appris, nous aussi d'ailleurs. Christine Angrand ne nous a jamais fait part de ça. Sur l'affaire dite de l'utilisation des frais de mandat. Ça a été fait il y a un an. Elle a tout remboursé. Il n'y a pas eu de plainte déposée. Elle n'a pas été condamnée à quoi que ce soit. Je veux dire, non, mais ce n'est pas l'affaire de Jean-Christophe Cambadélis qui, cette semaine, a été condamnée. Si, si, ne me coupez pas la parole, Gilbert Stein, parce que c'est gênant. Mais vous avez pour l'utilisation de frais de mandat Jean-Christophe Cambadélis qui a été condamnée, cette semaine, à de la prison avec sursis. Il n'est pas député à ma connaissance, Jean-Christophe Cambadélis.

Mais c'était quand il l'était, voyons, l'utilisation de ces frais de mandat. Enfin, Gilbert Stein. Alors, moi, je me questionne très question. Christine Angrand a, il y a un an, lorsqu'elle a été confrontée à ces maladresses, car elle a dit que c'était des imputations qu'elle s'était trompée de carte bleue. Elle a réglé les choses auprès du déontologue de l'Assemblée. Elle a tout remboursé. Elle n'a pas mis un euro d'argent public dans sa poche. Il faut le dire aussi, parce que... Pour le permis et la voiture ? Pour le permis, eh bien, elle viendra s'en expliquer.

D'abord, probablement, devant la justice, puisqu'elle sera sanctionnée comme des milliers de Français qui, parfois, ne sont pas en situation régulière, et qu'il faut sanctionner. Commission Discipline aussi ? Et elle passera, évidemment. Elle est convoquée déjà par le bureau de notre groupe à l'Assemblée nationale.

23:06
Présentateur

Qu'est-ce qu'elle risque quand on...

23:07
Sébastien Chenu

On va voir. On va voir ce qu'elle nous donne comme élément. Moi, je ne suis pas un juge. Je ne suis pas un flic. J'apprends cet élément. Je considère qu'un député ne peut pas faire ça.

23:16
Présentateur

Moralement, il ne peut pas faire ça.

23:17
Sébastien Chenu

Un député ne peut pas faire ça. On va voir ce que Christine Engrand nous répond. Mais attention à ne pas caricaturer les choses, à ne pas s'acharner sur des gens. Vous savez, parfois, ça résulte de problèmes qu'on ne connaît pas. Attention à tout ça.

23:31
Invité

D'abord, on ne s'acharne pas, on fait nos boulots. Je précise que ces problèmes sont au cœur de vos journées parlementaires. Au cœur, non ? Je ne suis pas certain que vous auriez la même indulgence avec un jeune de banlieue qui roule son permis, etc. Vous vous trompez, Gilles Bancher. Je vais vous donner un exemple. Je peux vous poser une question ?

23:46
Sébastien Chenu

Oui, après, je vous donne mon petit exemple.

23:48
Invité

Vous voulez une dissolution rapide ? Si dans un an, dans dix mois, il y a une dissolution, cette femme sera-t-elle réinvestie ?

23:53
Sébastien Chenu

Je réponds tout de suite à votre question. Et je vous donne mon exemple. Trois députés LFI, M. Ratnon, M. Delogu et un autre, ont été pris avec des difficultés de code de la route, rouler en sens inverse, etc. Mais on leur posera la question quand ils viendront, il n'y a pas de souci. Pour l'instant, on a un invité s'appelle Sébastien Chenu qui est du Rassemblement National. Je vous dis, nous n'avons pas harcelé la LFI, matin, midi et soir sur ça, à la LFI de régler ça. Si demain, il y a des élections, mon souhait, c'est qu'effectivement, quelqu'un qui s'est comporté comme ça ne bénéficie pas d'une nouvelle investiture, évidemment.

24:22
Invité

Françoise Ressose. Françoise. Vos journées parlementaires, donc, sont l'occasion d'une réorganisation. Alors, d'abord, elle se passe à l'Assemblée Nationale où Marine Le Pen est assez... règne en maîtresse sur ce groupe. Et on voit quand même que Jordan Bardella est un peu sous surveillance parce qu'au fond, il y a une réorganisation du parti. Il y a sans doute un appel aussi à régionaliser davantage. Est-ce qu'il y a un problème aujourd'hui entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sur l'organisation de ce mouvement ? Est-ce que les failles qu'on a vues à ces élections sont imputables à Jordan Bardella ?

24:55
Sébastien Chenu

Je ne veux pas... Enfin, c'est une espèce de nouveauté. Il y aurait un problème entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Non, la seule personne qui est sous surveillance, c'est Michel Barnier. Et nous l'avons dit. Non, on travaille de concert. Jordan est président du groupe. Il a fait une campagne européenne assez incroyable qui nous a amenés à ce score tout aussi incroyable, double du score du parti présidentiel, je le rappelle. Il a enclenché sur une campagne législative qui nous a permis d'être aujourd'hui avec nos alliés de Ciotti, 142 députés.

Donc non, je veux dire, à un moment, quand il y a des problèmes, on les traite, il n'y a pas de problème, on a envie d'avancer et de continuer à se préparer parce que l'idée, ce n'est pas de savoir si un jour on arrivera au pouvoir, c'est quand est-ce qu'on y arrivera.

25:34
Invité

Mais si je comprends bien, dans la désignation des futurs candidats aux législatives, le rôle des députés va être accru. Il y aura peut-être, par exemple, vous, vous aurez...

25:41
Sébastien Chenu

Non, mais il y a une commission d'investiture. Il y aura une commission d'investiture. Il y aura une commission d'investiture. On est nombreux en tant que député assiégés dans cette commission d'investiture.

25:48
Présentateur

Vous critiquez beaucoup les Insoumis, là, depuis le début de cette émission. Malgré tout, Marine Le Pen vient d'en recruter, en tout cas, un ancien mélenchoniste pour jouer le rôle de directeur de cabinet. Je cherche son nom par le démarrage... Ambroise de Rancourt. Voilà, Ambroise de Rancourt. Alors, il était déjà dans l'entourage de Marine Le Pen. Là, il devient vraiment son directeur de cabinet. C'est un mélenchoniste. C'est un énarque. Pourquoi ce choix, alors ?

26:09
Sébastien Chenu

Alors, c'était un mélenchoniste. 2017 pour Jean-Luc Mélenchon. Ça commence à dater un peu et qu'il s'en est éloigné. Il l'a expliqué lorsque Jean-Luc Mélenchon a commencé à prendre une dérive islamo-gauchiste qu'il n'a pas acceptée. Ambroise de Rancourt, mais peut-être vous l'interrogerez, peut-être s'exprimera-t-il publiquement, est un souverainiste qui vient de la gauche, ce qui montre que notre famille politique est bien fait... Est ouverte jusqu'à l'élite,

26:37
Présentateur

jusqu'aux élites que vous critiquez souvent et vous prenez des émarques.

26:40
Sébastien Chenu

Et jusqu'à des gens de gauche comme des gens de droite. Nous avons vocation à rassembler. Ambroise de Rancourt apporte une compétence. Il accompagne Marine Le Pen depuis déjà un certain nombre de mois en off, finalement, en tant que bénévole. Aujourd'hui, il choisit un changement de vie. Moi, je crois que c'est bien de se professionnaliser.

26:58
Présentateur

Le vice-président du Rassemblement National, Sébastien Chenu, est notre invité jusqu'à 13h dans Questions politiques. Sébastien Chenu, on va parler des dossiers, à présent, des dossiers de la rentrée. Commençons avec le plus important d'entre eux, probablement le budget. Il va falloir faire vite, le temps presse. Qu'est-ce que le RN est prêt à accepter dans ce budget ? C'est quoi vos lignes rouges ? Comment dire ?

27:18
Sébastien Chenu

Je ne sais pas si c'est ce que nous sommes prêts à accepter ou ce que nous sommes prêts à refuser. Alors, dans les deux sens, ça marche ? Ça marche dans les deux sens. Alors, qu'est-ce que vous refusez ? C'est intéressant ? Il faut de la stabilité fiscale dans le pays. Si Michel Barnier et son futur ministre des Finances construisent un budget dans lequel les classes populaires, les travailleurs de ce pays sont sollicités davantage, pour dire les choses sobrement, c'est-à-dire qu'on augmente

27:41
Présentateur

les impôts, lesquels ? À quel niveau de revenu ?

27:43
Sébastien Chenu

Vous savez, déjà, avant de mettre la barre à un niveau de revenu, il faudrait savoir où on en est dans les finances publiques. Je vous dis ça parce qu'on avait dit qu'on souhaitait un audit des finances publiques pendant la campagne législative. Tout le monde nous avait rionné en disant, mais enfin, vous avez tous les chiffres, vous le savez. Et puis, Bruno Le Maire, en partant, nous indique qu'il y a un petit dérapage de 16 milliards d'euros dans les finances publiques. On sait que les finances publiques sont très dégradées. D'accord. Donc, on va voir ce que Michel Barnier propose.

Moi, ce qui est assez incroyable, ce qui est assez incroyable, c'est que, pour l'instant, Michel Barnier rencontre tous ses amis, voit comment il peut construire un gouvernement, mais n'a pas de propos politiques. On ne sait pas dans quel sens il veut aller. Un jour, il nous dit il faudra faire des économies à l'hôpital public. Un jour, il nous dit le grand âge est la priorité. Mais ça veut dire quoi, la justice fiscale ? La justice fiscale pour qui ? Moi, je trouve que, par exemple, si on fait des taxations sur les surprofits, comme nous, nous le demandons, ou si nous taxons les rachats d'actions, ça ira dans le bon sens.

Mais si l'idée, c'est d'augmenter les impôts de façon déguisée ou la TVA pour les Français, il nous trouvera face à lui.

28:49
Invité

Une question. Est-ce que vous avez fait toute la campagne législative en demandant une baisse de la TVA sur les prix de l'énergie ? Est-ce que, compte tenu de la dégradation budgétaire, vous continuez à demander cette mesure ? Ou vous dites, non, on va faire une pause ?

29:03
Sébastien Chenu

Non, mais nous la demandons. Nous continuons à penser que l'énergie... On a les moyens. Non, mais que les... Oui, j'y viens après. Je viens sur les recettes et sur la fiscalité. L'énergie, c'est un bien de première nécessité. On en a besoin pour vivre. On a besoin de pouvoir se chauffer, d'électricité, etc. Les prix sont en train de baisser. Oui, mais enfin, écoutez, ils pourraient baisser davantage, d'abord, parce que si on sortait du marché européen de l'électricité, si nous maîtrisions... Parce que nous, l'électricité qu'on produit, elle est moins chère. sur l'énergie doivent baisser.

29:32
Présentateur

Ce qui signifie que s'il y a une TVA unique, ce dont on entend parler aussi, Michel Barnier pourrait envisager une TVA à 20% sur tous les produits. Mais je n'ai pas entendu parler de ça. Là, ça veut dire que vous...

29:42
Sébastien Chenu

Non, nous, on souhaite une baisse de la TVA. Oui, je sais. Donc, je n'ai pas entendu parler de ce projet de TVA unique, mais on souhaite une baisse de la TVA. Et puis, j'entendais, vous m'avez alerté... Sur l'énergie ou en général ? Sur tous les produits de première nécessité ? Sur un panier de produits de première nécessité, on souhaite passer de 5,5 puisqu'il y a déjà une TVA réduite à 0% dans un temps contraint sur des produits contraints et puis sur les énergies passer effectivement à 5,5. Ça, c'est 15 milliards par an, en gros. Non, non, c'est moins que ça. Non, non, c'est beaucoup moins que ça. Mais de l'autre côté, il y a des économies, évidemment, réalisées.

Moi, je regarde un petit peu ce qui est possible. Par exemple, quand on regarde notre ami à nous, Jean-Philippe Tanguy, a fait un peu l'inventaire, par exemple, des niches. Et il trouve des niches qui coûtent énormément d'argent aux Français. Il avait trouvé une niche sur les armateurs qui coûtait, je crois, plus d'un milliard. Il y avait... On ne va pas faire toute la liste des niches. Non, non, je ne veux pas la liste des niches. Par exemple, la politique de lutte contre la fraude sociale et fiscale. Pour prendre un chiffrage qui n'est pas le mien, qui est celui de Gabriel Attal, on peut récupérer jusqu'à 10 milliards d'euros par an. Je ne sais pas combien le gouvernement a récupéré.

Je n'ai pas l'impression qu'il y a eu grand-chose de fait cette année. Mais là, nous avons des marges de manœuvre conséquentes.

30:50
Présentateur

Question très concrète. Si jamais Michel Barnier décide dans son budget de supprimer l'AME, l'aide médicale d'État ? Vous votez ce budget ou pas ?

30:57
Sébastien Chenu

Je le dis avec beaucoup de calme. Ce n'est pas l'AME qui permettra de payer les dépenses contraintes. Elle contribuera à cela. L'AME, c'est 1,2 milliard. Nous, on ne souhaite pas une suppression de l'AME. Nous souhaitons simplement que l'AME soit aujourd'hui redéfinie et devienne une aide médicale d'urgence. C'est-à-dire, quelqu'un qui est à l'article de la mort, on le soigne. Quelqu'un qui est porteur d'une maladie qui causerait un risque d'épidémie, on le soigne. Pour le reste, on réduit effectivement ce panier d'offres de soins gratuits pour des gens en situation irrégulière et on peut gagner, d'après notre chiffrage, à peu près 700 millions à 800 millions d'euros sur l'AME.

Donc, on voterait une transformation de l'AME qui ne serait plus une aide médicale d'État offerte à ceux qui n'ont rien à faire ici.

31:39
Invité

Vous n'avez pas répondu à Karine. Si cette mesure est dans le budget, est-ce que vous le voterez ?

31:44
Sébastien Chenu

Mais ça dépend. Ils ne proposeront pas une suppression sèche de l'AME. Personne ne fera ça. Personne ne fera ça. D'ailleurs, les Républicains et Horizon qui avaient proposé ça de mémoire dans le précédent mandat. Vos électeurs comprendraient

31:56
Présentateur

que vous ne...

31:57
Sébastien Chenu

S'ils proposent que vous venez de décrire, est-ce que vous voterez le budget ? Le budget en tant que tel, j'en sais rien, mais on peut voter des dispositifs du budget. On l'a déjà fait. Vous voyez comment fonctionne le budget. On peut voter des dispositifs, on peut voter des pans du budget et puis à la fin, se déterminer. On le vote, on ne le vote pas, on s'abstient. Si ça ne passe pas à motion de censure, est-ce qu'on censure ? Voilà, tout est ouvert, tout est sur la table. Mais en tous les cas, la transformation de l'AME en une aide médicale d'urgence me semble être quelque chose qui va dans le bon sens.

32:20
Présentateur

Je voudrais qu'on écoute au sujet de l'immigration, justement, le Premier ministre, Michel Barnier. C'est très court.

32:25
Locuteur non identifié

On va traiter cette question grave, sérieuse, avec de la rigueur, avec de la ténacité, avec le souci de maîtriser l'immigration, on le fera aussi avec l'humanité.

32:35
Présentateur

Maîtriser l'immigration, si Michel Barnier, Sébastien Chenu, dans son projet de budget, on continue, sur l'immigration, cette loi auquel le RN a largement participé en décembre dernier, en décembre 2023. Est-ce que là, vous voterez le budget ou est-ce que vous pourriez censurer ?

32:53
Sébastien Chenu

Non mais moi, j'entends ce discours depuis 30 ans. On va s'attaquer à l'immigration, on va être très méchant, très sévère, etc. Et puis derrière, je vois les résultats. Les demandes de droits d'asile qui explosent et les demandeurs déboutés qui restent dans le pays. Une immigration totalement anarchique et incontrôlée. Moi, je pense qu'il ne faut pas se laisser dicter par la politique du fait accompli. Donc, on a des situations face auxquelles les Français sont confrontés. C'est le fait accompli. Des gens arrivent légalement et illégalement sur le territoire français et représentent à peu près 500 000 personnes par an.

Et finalement, les marges de manœuvre pour stopper l'arrivée de ces 500 000 personnes par an ne sont pas, enfin, sont très faibles. Face à ce principe de réalité, il faut réagir. Alors, qu'est-ce qu'on attend d'un Premier ministre aujourd'hui ? Effectivement, ce sont des choses qui soient très concrètes. Je vous donne un exemple. Par exemple, l'exécution des OQTF vers l'Algérie. Moi, j'entendais Édouard Philippe, là, dans ses propos de futurs candidats à la présidentielle, dire, il faudra revenir sur les accords de 68 qui nous lient à l'Algérie, qui permettent à l'Algérie d'être un peu dérogatoire. Mais bien sûr. Enfin, ils ont eu les leviers.

Donc, on dit à Michel Barnier, écoutez, première chose, allez rencontrer le nouveau président algérien, enfin, le nouveau, le président réélu en Algérien et occupez-vous des accords de 68 qui régissent notre relation. Mais LR,

34:07
Présentateur

ça fait 12 ans qu'on ne les a pas vus au pouvoir.

34:11
Sébastien Chenu

Mais ça fait 12 ans qu'on les entend.

34:12
Présentateur

LR, ils veulent plus de sécurité, ils veulent moins d'immigration, ils sont exactement, ils veulent moins d'impôts, ils sont exactement sur la même ligne que vous.

34:19
Sébastien Chenu

Oui, oui, enfin, ils voulaient tout ça avant d'arriver au pouvoir. Donc, finalement,

34:21
Présentateur

vous êtes d'accord avec vous ?

34:22
Sébastien Chenu

Oui, le problème, c'est que quand ils ont été au pouvoir, ils ont diminué le nombre de forces de l'ordre, l'immigration a continué et la fiscalité a continué aussi à toucher les classes populaires. Donc, moi, je veux bien les propos d'estrade, je les entends, mais nous, maintenant, on demande à Michel Barnier quels sont les actes forts qu'il va poser en matière d'immigration, de sécurité, de fiscalité. Je n'entends pas grand-chose, je n'entends rien de sa bouche. Nous, on fait des propositions. Il y aura d'ailleurs dans notre niche parlementaire, je vous le dis aussi, des propositions sur des sujets régaliens, notamment, en particulier, sur les peines planchées.

34:55
Présentateur

Gilles Fickelstein. Bornstein. Pardon, mille excuses.

34:58
Sébastien Chenu

Il existe aussi. Il existe aussi. Pardon ? C'est la même famille politique ? Gilles Bornstein. Pas du tout.

35:03
Invité

Il ne me semble pas. Il y a eu un naufrage, évidemment, l'actualité de cette semaine, de cette nuit, c'est ce naufrage dans la Manche. Les naufragés viennent essentiellement de pays où, effectivement, les problèmes politiques sont importants, du Soudan, de l'Iran, de l'Afghanistan, de Syrie. Dans votre souci de l'IT contre l'immigration, est-ce que vous convenez que l'asile, l'asile politique, doit encore être une valeur de la France, et des ressortissants de ces pays-là doivent-ils être accueillis et pouvoir demander une demande d'asile ?

35:36
Sébastien Chenu

Le droit d'asile est, j'allais dire, un constitutif de notre politique française depuis fort longtemps, maintenant, et moi, je pense que ce droit d'asile doit demeurer. Mais le problème, c'est qu'il est contourné. Et c'est bien là, le problème. Donc, il faut revoir, effectivement, ce que le droit d'asile, ce à quoi doit répondre exactement le droit d'asile. Le droit d'asile, c'est pour des situations très précises, des situations politiques, vous l'avez dit, mais parfois, elles sont aussi contournées. Je vous donne l'exemple de gens qui se déclarent tous, avec toujours les mêmes récits, homosexuels, ou vivants d'ébanissement dans leur propre pays.

Et ce sont des discours construits avec l'aide de passeurs pour simplement pouvoir bénéficier d'un droit d'asile réservé. Donc là, évidemment, on voit qu'à partir du moment où c'est contourné, il faut évidemment redéfinir, retravailler sur le droit d'asile. Parce que si le droit d'asile nous amène à ouvrir nos portes à tous les malheureux du monde pour des raisons dites politiques alors que c'est contourné, ce sera compliqué. Au-delà de ça, une fois que le droit d'asile, deuxième élément, est accordé, ok, très bien, mais lorsqu'il n'est refusé, il faut qu'il le soit réellement. Or, le problème, c'est que les gens qui sont déboutés du droit d'asile se maintiennent sur notre territoire.

Ce qui pose évidemment les problèmes que nous connaissons. Donc vous voyez, quand on dit le droit d'asile, c'est un principe auquel moi je suis attaché. Les gens qui risquent leur vie pour des problèmes politiques réels doivent aujourd'hui être considérés, mais simplement, il faut le revoir considérablement.

36:59
Présentateur

J'aurais qu'on avance. Question sur les retraites

37:01
Invité

avec Françoise Fressose. Votre niche parlementaire du 31 octobre sera consacrée à l'abrogation de la réforme Macron et aussi la remise en cause de la réforme Touraine puisque vous plaidez pour le retour de l'âge légal de départ à 62 ans avec 42 ans annuités de cotisations. Pourquoi vous proposez cette mesure d'emblée alors que pendant la campagne des législatives, vous étiez assez flottant parce que la réforme rapporte quand même de l'argent et vous disiez oui, abrogation, mais peut-être pas tout de suite. Donc est-ce qu'il y a deux discours ?

Un, quand vous êtes tout proche de Matignon, vous dites non attention on ne peut pas l'abroger comme ça et puis quand vous repartez dans l'opposition, oui on l'abroge. Est-ce que c'est un sujet politique ou c'est un vrai sujet social de la retraite ?

37:45
Sébastien Chenu

C'est un choix de société. C'est fondamentalement un choix de société avec effectivement des conséquences y compris financières sur ce choix de société. Que s'est-il passé pendant la présente législature ? D'abord le débat a été amputé. Vous vous rappelez qu'il a été très difficile avec l'article 47 d'avoir un débat réel. Ça avait réduit le débat. Il y avait un vote bloqué au Sénat de mémoire pour qu'on n'a pas pu... Non, non, non. Il y a une contestation de cette réforme des retraites. Il n'y a que 10% des Français qui souhaitent que cette réforme des retraites telle que nous la connaissons soit maintenue. Cette réforme, elle est inefficace et elle coûte aujourd'hui très cher.

Moi j'ai regardé un petit peu la réforme Macron aujourd'hui c'est-à-dire passer de 62 à 64 ans. C'est de la dépense sociale supplémentaire jusqu'à près de 4 milliards. C'est-à-dire qu'en fait évidemment les gens si on leur demande de travailler plus tard ils arrivent plus tard dans un moins bon état de santé sur des professions difficiles en particulier à la retraite. Et donc ça coûte... Et donc sur la retraite de 64 à 62 ans j'ai une combien ? Et puis donc en fait la réalité c'est qu'il y a un transfert et il y a un transfert du système des retraites sur le système social.

Nous notre proposition la niche exactement que nous allons proposer parce qu'on veut préserver la retraite par répartition parce qu'on vise l'efficacité finalement on va à l'efficacité c'est évidemment d'ouvrir les droits à 62 ans et la durée de cotisation à 42 ans c'est-à-dire de revenir sur la réforme Macron et vous l'avez dit la réforme touraine en préservant les acquis des petites augmentations des petites retraites qui ont pu être négociées au Parlement ça permet de le préserver en préservant certaines situations je pense par exemple à celle des pompiers qui peuvent partir à 60 ans mais qui dans la réforme Macron vont quand même devoir pour avoir un peu plein travailler deux ans de plus.

39:20
Invité

Ça coûte combien ? Comment compenser tout ça ?

39:21
Sébastien Chenu

Il y a un financement il y a un financement IFRAP qui est à 15 milliards d'euros je le rappelle je rappelle que la réforme Macron c'est une tente très libérale je viens de vous le dire oui c'est pas nous qui avons commandé ce chiffrage je me réfère à un institut qui nous est très éloigné et dont on ne peut pas soupçonner qu'il nous fasse de cadeaux peut-être que ce financement coûterait moins cher d'ailleurs mais en tous les cas on va dire que la barre haute mise par un institut qui nous est très hostile c'est 15 milliards d'euros par an pour pouvoir arriver à ce financement il faut aussi avoir les leviers nous nous considérons qu'aujourd'hui dans l'opposition on pose un acte fort qui est l'abrogation de la réforme des retraites à travers effectivement la nécessité de revenir à 62 ans et 42 annuités mais si on a les leviers on agira sur la démographie on agira sur la réindustrialisation on agira sur le fait

40:14
Invité

vu l'état des finances publiques de la première mesure que vous proposez c'est abrogation d'une réforme sachant que ce que vous proposez ne sera pas voté puisque vous êtes minoritaire donc est-ce que c'est un signe de crédibilité alors que vous dites que la législation va être très courte et que vous voulez des élections législatives anticipées c'est difficilement compréhensible

40:36
Sébastien Chenu

non non il y a plusieurs choses d'abord je vous ai dit que la réforme de Macron elle coûtait de l'argent elle allait coûter jusqu'à 6 milliards d'euros à long terme

40:43
Invité

c'est 17 milliards

40:44
Sébastien Chenu

non mais c'est toujours ce qu'on nous vend dès le début et puis à la fin on s'aperçoit avec Emmanuel Macron et Bruno Le Maire on s'aperçoit que ce qui devait être une formidable économie est un gouffre financier épouvantable auquel les français doivent faire face donc la deuxième chose on l'a dit je l'ai dit dès le début de mon propos c'est un choix de société quelle société voulons-nous on peut avoir il y a des sociétés qui considèrent qu'il faut travailler on les voit parfois peut-être même jusqu'à 70 ans ce n'est pas notre choix et puis je termine avec l'idée que vous dites vous n'avez pas de majorité mais moi je ne suis pas sûr

41:09
Invité

votre choix de société c'est rentrer le plus vite possible dans la vie active

41:12
Sébastien Chenu

absolument rentrer le plus jeune possible dans la vie active à travers aussi peut-être une réforme de l'apprentissage non mais ce n'est pas des études plus courtes c'est qu'il y a des gens qui ont envie d'entrer ou sont faits pour entrer plus vite dans la vie active

41:23
Présentateur

on a quand même l'impression à travers cette niche parlementaire et tout à coup le fait que vous arc-boutiez sur 62 ans alors que pendant la précédente campagne on entendait 60 ans 62 ans 66 ans on n'arrivait plus à rien suivre on a le sentiment que vous avez surtout envie de tendre un piège au nouveau Front Populaire et j'ai envie de dire que c'est un peu grossier quand même comme manœuvre non ?

41:42
Sébastien Chenu

bah non écoutez c'est ça c'est pas grossier non mais on apporte sur un plateau la possibilité de revenir sur cette réforme des retraites on fait une proposition politique donc il faut qu'il vote avec vous et on voit qui est d'accord sur cette proposition politique nous quand la gauche a fait des propositions politiques bah parfois on les a votées parfois nous avons dit que puisque nous étions d'accord que ce soit porté par le nouveau Front Populaire par la Macronie ou par les Républicains on les a votées il y a des exemples pour chacun des groupes politiques que je viens de citer le problème c'est que la gauche en fait ce qui les intéresse c'est pas l'avenir des français nous on juge on va à l'efficacité parce que si ce texte passe immédiatement c'est un changement pour des classes d'âge par exemple pour la classe d'âge de 1955 la retraite dans notre texte qui ouvre des droits à 62 ans elle est touchée la classe d'âge de 1955 c'est des français derrière si la gauche veut pas le voter c'est qu'en réalité ils préfèrent taper sur des casseroles

42:28
Invité

les communistes ont dit qu'ils n'y étaient pas forcément hostiles les verts peut-être pas en revanche votre allié Eric Ciotti va vraisemblablement pas le voter

42:38
Présentateur

alors je précise votre allié Eric Ciotti à droite je crois que c'est comme ça que ça s'appelle maintenant à droite son parti c'était 65 ans lui qu'il voulait vous êtes pas vraiment sur la même longueur d'onde

42:49
Sébastien Chenu

ils se détermineront un allié c'est pas un clone on sait qu'on a cette différence d'approche avec Eric Ciotti sur la réforme des retraites est-ce que c'est très grave de pas être exactement d'accord on verra ils se détermineront et de la même façon les français leur diront ce qu'ils en pensent

43:02
Présentateur

le procès du Rassemblement National une question à ce sujet évidemment à partir du 30 septembre prochain dans 15 jours Marine Le Pen et 26 autres prévenus seront jugés pour des soupçons de détournement de fonds européens pour près de 7 millions d'euros entre 2009 et 2017 des fonds européens destinés normalement à embaucher des assistants parlementaires à Strasbourg et qui auraient en réalité servi à rémunérer des salariés du Rassemblement National à Paris Sébastien Chenu à partir de 2011 Marine Le Pen est à la fois la patronne du RN elle succède à son père et elle est députée européenne et elle ne serait pas au courant du système

43:37
Sébastien Chenu

surtout on conteste ça alors d'abord dans les chefs d'accusation qui sont entre nous je note qu'il n'y a pas d'emploi fictif pas d'enrichissement personnel il faut le dire parce que je pense que il y a toujours un espèce de soupçon derrière les mots qui sont utilisés il n'y a pas d'emploi fictif pas d'enrichissement personnel il n'y a pas un euro d'argent public qui est allé dans la poche des hommes et des femmes politiques du Rassemblement National mais c'est de l'argent

43:58
Présentateur

qui n'était pas destiné à ça

43:59
Sébastien Chenu

nous contestons et c'est tout finalement l'opposition mais nous ne sommes pas les seuls François Béroux contestait de la même façon il n'a d'ailleurs pas été condamné Jean-Luc Mélenchon qui est confronté au même type de problème sera jugé plus tard nous contestons la logique du Parlement européen sur le fait d'avoir des collaborateurs qui ne soient pas politisés pour le Parlement européen il faut des collaborateurs qui soient au service du Parlement européen mais c'est-à-dire en fait qui ne cherchent pas à contester l'action mais il y a des règles il faut les respecter il faut les respecter il faut les respecter ces règles vous entraîne dans le cadre de règles ces règles le fait de ne pas être militant politique ne fait pas partie des règles on a le droit à sa propre liberté et nous nous revendiquons que nos collaborateurs soient aussi des militants qui assument en dehors des responsabilités politiques bah oui c'est le cas dans tous les partis

44:45
Invité

le garde du corps de Marine Le Pen qui était rémunéré par le Parlement européen pour protéger Marine Le Pen est-il logique que le contribuable européen

44:52
Sébastien Chenu

mais il était collaborateur il était collaborateur de Marine Le Pen député européen accessoirement présidente du groupe enfin du parti Front National de l'époque donc il a travaillé non mais c'est comme sa chef de cabinet on dit à sa chef de cabinet vous étiez la chef de cabinet de Marine Le Pen mais de Marine Le Pen député européen présidente du Front National bah tout évidemment s'entremêle parce que lorsque vous demandez un rendez-vous à Marine Le Pen vous demandez un rendez-vous à la personne qui est à la fois député européen qui est à la fois le président d'un parti politique pareil mais bien sûr elle est sécurisée partout où elle va

45:23
Présentateur

merci Sébastien Cheneu merci il est temps d'accueillir notre second invité pour le livre de la semaine France Inter questions politiques Karine Bécard bonjour Denis Laffet bonjour installez-vous tranquillement c'est pas si évident de s'installer sur ces chaises hautes merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques vous êtes journaliste directeur de collection pour la maison d'édition de l'Aube et vous publiez un livre face à l'effroi qui revient et qui dissèque ce que l'on a vécu justement le 9 juin dernier avec l'annonce de la dissolution jusqu'au 7 juillet date du second tour des élections législatives alors sidération incompréhension colère effroi voilà ce que vous partagez dans ce livre avec des grands témoins du sociologue Edgar Morin qui signe la préface à Laurent Berger l'ancien patron de la CFDT en passant par Boris Cyrulnik le neuropsychiatre la sociologue Dominique Méda ou encore le philosophe Roger Paul droit je m'arrête là parce qu'il y en a plein bref tous sont surtout estomaqués me semble-t-il quand je lis votre livre par le niveau qu'a atteint l'extrême droite en France aux dernières élections européennes donc et donc au coeur de ce livre il y a ce constat on n'a pas vu l'ERN monter aussi vite et aussi haut c'est ça non ?

46:41
Invité

c'est exactement ça c'est à dire qu'en fait il y a un état de sidération effectivement ce 9 juin au soir et puis et en fait immédiatement derrière le constat que notre démocratie est épuisée qu'elle est malade et qu'elle a laissé finalement petit à petit le rassemblement national prospérer et se développer au sein de l'électorat donc il y a cet effroi alors bien sûr c'est un effroi qui n'est pas partagé par les électeurs du rassemblement national mais en tout cas par tous ceux avec qui j'ai construit ce livre et c'est un effroi pluriel c'est-à-dire que c'est la rassemblement national mais c'est aussi la peur du vide de l'inconnu de l'ingouvernabilité c'est la peur aussi de se retrouver dans une société qui peut imploser et en cela d'ailleurs ça m'a rappelé une différence très forte avec la sidération qu'on avait connue le 17 mars 2020 quand on s'était retrouvés tous confinés là il y avait un seul ennemi c'était la maladie là l'effroi il est vraiment pluriel

47:33
Présentateur

alors il y a une discussion très intéressante qui s'ouvre dans votre livre face à l'effroi sur comment s'adresser à l'électorat qui a voté pour le rassemblement national comment les ramener vers les partis dits classiques quelles sont les solutions que vous avez réussi à expliquer

47:49
Invité

il y a des je vais prendre pour résumer peut-être l'échange que j'ai eu avec l'ex-futur premier ministre Thierry Baudet le président du César qui m'explique très bien que si l'on veut relancer la conviction démocratique qui fait défaut aujourd'hui il faut inventer des nouveaux instruments de démocratie alors on en a inventé d'ailleurs sous la présidence d'Emmanuel Macron notamment les conventions citoyennes avec des résultats mitigés mais en tout cas la convention sur la fin de vie elle a apporté ses fruits relancer le dialogue social et là aussi on paye peut-être sans doute même les relations très particulières pour ne pas dire pour ne pas être plus sombre que ça qu'Emmanuel Macron a entretenu avec les intermédiations et donc l'ensemble des partenaires sociaux et des corps intermédiaires il y a l'entreprise aussi et je pense à l'entretien avec Pascal Desmurgers le directeur général de la MAIF qui dit d'ailleurs de manière assez courageuse le RN promet le chaos politique, économique, social et moral pourquoi je suis courageux ?

parce qu'aujourd'hui lorsqu'on est dirigeant d'entreprise ou président d'une association comme Impact France potentiellement vous avez un tiers de vos salariés ou de vos clients qui ont voté Rassemblement National donc on est bien face à un choix de valeurs c'est d'ailleurs l'un des échanges que j'ai avec l'économiste Françoise Benhamot on est face à un choix de valeurs

49:08
Présentateur

mais Denis Laffey qu'est-ce qui s'est passé pourquoi est-ce que le RN aujourd'hui apparaît comme le parti qui écoute le mieux les souffrances des français ?

49:16
Invité

Il y a eu beaucoup d'enquêtes et notamment dans le monde qui ont très bien démontré comment petit à petit le RN s'était enraciné dans les territoires comment il était allé à l'écoute bien sûr de la population et c'est ce schisme un petit peu ce hiatus entre les partis traditionnels et le RN sur ce travail de terrain donc ça je pense que c'est assez unanime aussi aujourd'hui après ce qui est important censé de considérer et je m'y suis attaché dans le livre c'est de décortiquer aussi le RN c'est-à-dire de montrer la différence entre le discours qui est tenu et justement ce travail de dédiabolisation de notabilisation et la réalité

49:56
Présentateur

d'ailleurs vous dites c'est un parti d'extrême droite et vous vous expliquez sur ça

49:59
Invité

je prends un seul exemple à mes yeux bien sûr qu'il ne partagera peut-être pas monsieur Chenu probablement pas c'est la fameuse réunion du 13 mai à Madrid organisée par le parti d'extrême droite VOX avec un certain nombre d'élus de grands dirigeants d'extrême droite européenne et pas seulement il y a aussi Javier Milei il y a Orban il y a le président argentin il y a des représentants aussi de Donald Trump et là sur la scène il y a Marine Le Pen et là quand on lit l'ensemble des discours que le Grand Continent d'ailleurs nous a permis de découvrir parce qu'il les a traduits quand on découvre l'ensemble des discours il n'y a pas de doute à mes yeux et surtout aux yeux moi je ne suis que journaliste mais surtout aux yeux justement des personnes que j'ai rencontrées sur la réalité l'ADN réel du Rassemblement National Françoise Moi ce qui m'a semblé intéressant aux dernières législatives c'est à la fois la capacité du Rassemblement National a au fond a surfé sur toute cette insatisfaction et puis au dernier moment c'est à dire au moment d'arriver au pouvoir cette espèce de contre-mouvement de non on ne veut pas le voir au pouvoir et donc ça interpelle aussi démocratiquement c'est à dire qu'il y a un vrai malaise mais est-ce que c'est en réformant les institutions la réforme est-ce qu'en réformant nos pratiques démocratiques qu'on peut apporter une réponse ou est-ce que c'est beaucoup plus compliqué que ça est-ce que c'est lié à la mondialisation à la perte de repères au fait qu'on est dans des transitions très compliquées et très difficiles à expliquer quelle est votre analyse là-dessus ?

Roger Paul-Droit le dit très bien la haine est aujourd'hui au cœur de la démocratie le constat aussi c'est que dans la quasi-impossibilité aujourd'hui de tenir un débat public de tenir un dialogue des confrontations d'idées apaisées pacifiées constructives il est très difficile de repenser justement cette manière de dessiner la démocratie alors c'est peut-être par des instruments peut-être que la nouvelle configuration va amener les élus à mieux apprivoiser la culture du compromis

52:01
Présentateur

vous y croyez vraiment ?

52:03
Invité

à ce que vous dites ? sur de très long terme oui objectifiquement et notamment à mieux apprivoiser le travail de la conflictualité qu'Alain Touraine avait très bien conceptualisé

52:11
Présentateur

je me tourne vers Sébastien Chenu parce que je le vois écrire, écrire, écrire et je voudrais qu'il partage avec nous les commentaires qu'il a à faire

52:18
Sébastien Chenu

j'ai pas recouru cet ouvrage je l'ai trouvé je veux pas être déplaisant mais je l'ai trouvé en fait très daté votre ouvrage avec des propos qui sont un peu déplacés il y a quand même 11 millions de lecteurs derrière il y a des propos je trouve qui sont déplacés mais j'ai trouvé que c'était à la fois un ouvrage écrit par des aveugles ça m'a fait penser à la phrase de l'évangile ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles c'est-à-dire qu'en fait des gens qui sont dans une cécité tellement importante qu'ils ne se rendent pas compte des priorités des français par des gens qui sont des militants des militants qui portent une idéologie je reproche pas ça moi je suis un militant aussi mais ils ont une idéologie très marquée qui a été mise en échec année après année Madame Méda tous les comités de soutien socialistes etc donc c'est des gens très hostiles d'emblée mais surtout derrière c'est un peu les experts contre le peuple je lisais dans l'ouvrage ah oui le RN c'est un vote de colère mais enfin il y a une étude qui vient de sortir montrant que c'est un vote d'adhésion aujourd'hui et c'est là où je crois pas que d'adhésion il y a de la colère et d'adhésion la grande transformation du vote RN c'est que ça devient en tous les cas fortement un vote d'adhésion c'est à dire qu'en fait je pense que tous ces gens et Roger Paul Droit le dit bien dans votre ouvrage il dit faut pas vivre dans l'illusion je crois que 90% de vos auteurs vivent dans l'illusion en fait ils veulent pas s'attaquer aux problèmes que rencontrent les français avec peut-être d'autres solutions

53:36
Locuteur non identifié

parce qu'ils n'y sont pas

53:38
Sébastien Chenu

confrontés probablement parce que tous les gens dont j'ai cité sont très peu confrontés aux problèmes des français et ont une vision idéologique militante qui fait qu'ils passent à côté des attentes des français alors Primo rapidement

53:49
Invité

Primo une seule fois dans le livre il y a un quelconque propos irrespectueux à l'égard des électeurs

53:55
Sébastien Chenu

l'hydre d'extrême droite des électeurs tentaculaires non mais j'ai noté quand même si ça c'est agréable

53:59
Invité

nous distinguons les électeurs du parti c'est quand même très important parce que je veux dire si on veut justement entendre la parole de ceux qui votent le rassemblement national et essayer de leur proposer d'autres voix il faut bien les respecter c'est quand même le béaba c'est ça la démocratie

54:13
Sébastien Chenu

l'hydre d'extrême droite je pourrais que ce soit très respectant

54:15
Invité

quand vous parlez justement de ces personnes qui vivent on va dire dans leur bulle dans leur sas non je ne suis pas d'accord elles sont confrontées au quotidien à la réalité de l'économie et du monde économique social de l'entreprise et c'est finalement un discours très anti-élite qu'on retrouve souvent parce que les experts n'ont pas mis le peuple

54:37
Présentateur

je ne peux plus merci à tous les deux merci Denis Laffet je rappelle le titre de votre livre Face à l'effroi c'est paru aux éditions de l'Aube et merci à Sébastien Chelou c'est un excellent dimanche et je vous dis à la semaine prochaine et je vous dis à la semaine prochaine

Paris 2024 "n'est pas le succès d'Emmanuel Macron, c'est un succès collectif", estime Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote