Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 27 novembre 2023 23 min

"L'extrême droite est en train de nous mener vers l'autoroute de la guerre civile", dénonce Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le secrétaire national du Parti communiste, député du Nord. Question, réaction 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Fabien Roussel, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. L'insécurité, la loi sur l'immigration, mais aussi la situation au Proche-Orient. Revenons d'abord à la victoire jeudi dernier du leader d'extrême droite, Gerd Wilders, aux Pays-Bas. Une victoire qui vient s'ajouter à celle de Giorgia Méloni en Italie, mais aussi aux victoires de l'extrême droite en République tchèque ou en Roumanie.

À six mois des Européennes, la droite et l'extrême droite, on le vend dans le dos, Fabien Roussel. Qu'est-ce que ça dit du moment dans lequel nous sommes et de la tentation de l'extrême droite ? Qu'est-ce que vous, la gauche, avez collectivement raté ? D'abord, la situation que vous décrivez est tout à fait juste. On le voit, résultat électoraux après résultat électoraux. L'extrême droite est en train de nous mener vers l'autoroute de la guerre civile en Europe, en France, et elle le fait pied au plancher.

Je le dis un peu solennellement parce que je mesure que la situation est extrêmement grave et je vois comment elle procède entre des forces politiques qui font de l'immigration, de la haine de l'étranger, le problème du moment, le problème de tous les citoyens européens et français. Je donne un chiffre déjà. La situation en Europe sociale, c'est que dans l'Union Européenne, le taux de pauvreté est de 22%. 95 millions de personnes vivent en situation de pauvreté en 2022 au sein de l'Union Européenne. Et nous le vivons aussi en France.

Ces forces politiques d'extrême droite attisent la haine et de l'autre côté, en même temps, elles envoient leur milice provoquer des émeutes urbaines comme à Dublin. Elles envoient des militants d'extrême droite faire des croix gammées à Paris. Elles mettent en cause les institutions, la justice, vous le voyez en France, partout ailleurs. Et en faisant ça, elles mettent en cause nos valeurs républicaines. Et c'est pour cela que j'en appelle, j'en appelle solennellement à l'ensemble des forces démocrates républicaines à mesurer ce qui se passe et à déjouer ces manœuvres qui sont en cours aujourd'hui.

2:39
Fabien Roussel

Fabien Roussel, on va revenir sur vos mots parce que c'est des mots très durs de dire l'extrême droite aujourd'hui nous emmène vers la guerre civile. Est-ce que vous avez des preuves de cela ? Est-ce que l'extrême droite est seule responsable selon vous ? Ça, je vais y venir. Mais pour revenir sur la question de Nicolas Demorand, la question initiale, qu'est-ce que les partis d'extrême droite disent que vous n'arrivez pas à dire et qui marchent si bien aux Pays-Bas où, pour parler de la France, Marine Le Pen et le Rassemblement National est donné en tête dans les sondages pour les européennes ? C'est la même chose en Allemagne, en Autriche, en Italie, ils sont déjà au pouvoir.

Qu'est-ce qu'ils disent que vous n'arrivez pas à dire ?

3:17
Présentateur

D'abord, à mon sens, il y a deux sujets. Le premier, c'est que face à des gouvernements de droite, centristes, libéraux, au pouvoir aujourd'hui dans les pays européens, ces gouvernements ne savent pas apporter des réponses aux problèmes sociaux que vivent les habitants. Chômage, pauvreté, précarité, désindustrialisation. Ils n'arrivent pas à répondre à ces problèmes-là du fait des politiques libérales qu'ils mènent.

3:44
Fabien Roussel

C'est uniquement un problème social ?

3:45
Présentateur

Non, non, non, non, j'y viens. D'abord, ils font ça. Et ensuite, ils préfèrent aller sur le terrain de l'extrême droite en ayant les mêmes mots qu'eux sur des sujets tels que l'immigration et l'insécurité. Et ce que l'on voit, c'est qu'au moment de voter, les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Ce que je pense, moi, vous m'interrogez sur la responsabilité de la gauche, ce que je pense, c'est que, d'abord, il faut dénoncer ça, cette dérive vers l'extrême droite des forces libérales de droite aujourd'hui, mais d'autre part, pour la gauche, c'est que les sujets tels que l'immigration ou l'insécurité, il ne faut pas les laisser à l'extrême droite.

Et nous devons, nous, au contraire, devoir donner du sens, du contenu des politiques progressistes sur ces sujets et ne pas les laisser à l'extrême droite qui, eux, vont y mettre les pires mots et les pires communes.

4:41
Fabien Roussel

C'est quoi une politique progressiste sur l'immigration et la sécurité, Fabien Roussel ? Ça veut dire quoi ?

4:46
Présentateur

Eh bien, aujourd'hui, tout est fait, en Europe comme en France, pour dire que le meilleur moyen de lutter contre de l'immigration, c'est de pourrir la vie à ceux qui fuient leur pays, fuient la guerre, fuient les catastrophes naturelles, et donc de créer toutes les conditions pour qu'ils ne soient pas bien accueillis, pour qu'ils soient mis dans une situation d'insécurité. Vous avez vu le texte qui sort du Sénat, en France, c'est un des pires textes qui a pu être produit, où effectivement, il... D'ailleurs, ce sont les mots mêmes du ministre Darmanin, qui dit, moi, ceux qui veulent bosser, d'accord, mais ceux qui rapinent, dehors.

Donc, c'est une vision utilitariste, et en même temps déshumanisante, de ceux qui fuient leur pays, et qui viennent ici chercher le droit d'asile. Et donc, nous devons avoir une autre politique. Mais c'est laquelle, parce que... Mais je vais vous dire, par exemple...

5:43
Fabien Roussel

Là, à l'Assemblée nationale... Non, mais là, Fabien Roussel, pour être clair, la gauche, à l'Assemblée nationale, face au projet de loi immigration, qui arrive aujourd'hui en commission des lois, et qui arrive dans l'hémicycle le 11 décembre prochain, la gauche, tous les leaders de gauche, de la NUPES, vont défendre la régularisation de tous les sans-papiers, sans exception. C'est ça que vous allez défendre ? C'est ça, cette vision que vous opposez à celle du gouvernement ?

6:05
Présentateur

La régularisation des travailleurs.

6:07
Fabien Roussel

Non, non, de tous les sans-papiers. Non, non, ce qui est stipulé, c'est tous les sans-papiers, sans exception. On n'est plus sur les métiers en tension, c'est qu'on accueille tout le monde.

6:13
Présentateur

On parle des... Moi, je vais vous parler des travailleurs sans-papiers, qui sont plusieurs centaines de milliers dans notre pays. Des travailleurs. Ceux qui, aujourd'hui, participent à la vie économique de notre pays, perçoivent un salaire, payent des cotisations, ils payent des cotisations, ils n'en verront jamais la couleur, et ceux-là, aujourd'hui, sont dans une zone de non-droit. Ils n'ont pas le droit à rien, ils n'ont pas le droit au logement, ils n'ont pas le droit de circuler, ils n'ont pas de papier. La régularisation de ces hommes et de ces femmes, elle est entre les mains de l'employeur, ou au bon vouloir du préfet, quand l'employeur remplit le papier.

C'est inadmissible, c'est une zone de non-droit. Il y a un article dans cette loi, l'article 3, qui a été abrogé au Sénat, durci même, et que nous souhaitons, nous, pouvoir rétablir dans la loi, au mieux, en enlevant la logique de métier en tension, mais au pire, qu'on arrive à introduire une seule chose, à introduire dans la loi, que ce soit l'État, par la loi, l'État qui régularise à partir du moment où quelqu'un travaille depuis au moins 8 mois, depuis 24 mois, et qu'on leur donne un droit, ils travaillent.

Vous savez qu'ils ne verront jamais la couleur de leur cotisation, c'est bien la raison pour laquelle on dit que l'immigration, aujourd'hui, ça rapporte plus que ça ne coûte, parce qu'ils cotisent, et ils ne verront jamais la couleur de ce qu'ils ont en cotisation.

7:32
Fabien Roussel

Donc il faut régulariser, à votre sens, tous les travailleurs, tous les sans-papiers, qui travaillent en France, qui ont un contrat en France, c'est ça la vision progressiste que vous avez de l'immigration ?

7:43
Présentateur

De l'être humain, et du travail. Et d'ailleurs, je le dis aussi, parce qu'aujourd'hui, les travailleurs sans-papiers, les sans-papiers, les sans-papiers, sont utilisés comme une main-d'oeuvre exploitable qui contribue à tirer par le bas les droits des travailleurs français. Je veux protéger le travail. Moi, mon combat, c'est le travail. Je veux protéger le travail, le travail de nos compatriotes, des Français, et...

8:09
Fabien Roussel

Je vous entends préciser ce matin, Fabien Roussel, sauf qu'il me semble, de ce que j'ai lu, c'est que la gauche allait défendre la régularisation de tous les sans-papiers, sans exception. C'est sur ça que vous vous êtes mis d'accord. Est-ce que vous n'êtes pas d'accord avec ce que vous vous êtes mis d'accord ?

8:22
Présentateur

Mais que nous nous battions là-dessus, c'est normal. Vous vous battez là-dessus, vous n'êtes pas d'accord ? Oui, bien sûr. Si, si, bien sûr que je suis d'accord là-dessus. On se bat là-dessus, puisque je vous dis que les travailleurs, aujourd'hui, les sans-papiers, les sans-papiers, aujourd'hui, sont utilisés comme un moyen de pression sur le travail et sur le droit du travail de nos concitoyens. Quelque part, j'en fais une question de classe. Parce que les ouvriers, aujourd'hui, sont mis en concurrence et subissent des conditions de travail les plus dégradées dans les métiers les plus difficiles.

Que ce soit pour nettoyer les bâtiments publics, l'industrie, que ce soit pour ramasser les poubelles. Dans tous ces métiers extrêmement difficiles, on les met en concurrence. Eh bien, oui, j'en fais une question de classe. À travail égal, salaire égal. Et je suis pour qu'il y ait des meilleures rémunérations, de meilleures conditions de travail. Et que ceux qui, aujourd'hui, travaillent dans ces métiers et qui n'ont pas de papier, puissent être régularisées.

Fabien Roussel, revenons à ce qui s'est passé le 18 novembre dans le village de Crépole où un adolescent de 16 ans a été tué par une bande de neuf jeunes mis en examen pour meurtre en bande organisée, tentative de meurtre ou violence volontaire. Commise en réunion, Gérald Darmanin a estimé que ce drame était révélateur d'un non-sauvagement de la société française. Il a parlé également de faillite générale de notre société. Il a raison de parler d'en sauvagement. La violence, elle est terrible. Des actes de violence conduisant à la mort, il y en a, alors je ne vais pas être dans les statistiques, je ne vais pas dire de plus en plus, les homicides dans l'espace de 20 ans ont fortement diminué.

Mais cette violence, elle est terrible pour, je pense, aux familles qui ont perdu un enfant de 16 ans, je pense à ce monsieur de 72 ans qui a été battu à mort dans ma circonscription à Vieux-Condé il y a quelques mois par deux jeunes qui faisaient trop de bruit. C'est insupportable. Et j'imagine la colère, la peine, la colère qui étreint la famille, les proches, les habitants du village. Et donc, il faut d'abord l'entendre ça. Je souhaite moi que l'on puisse apporter des réponses fortes pour que nos concitoyens ne se sentent pas dans l'insécurité, ne vivent pas dans la peur. Ce climat de peur, il existe.

En même temps, en même temps que je vous dis ça, ce que je vois avec le drame de Crépole, c'est qu'il y a une instrumentalisation politique. Pour Marine Le Pen, ce drame, c'est celui de l'immigration et des personnes issues de l'immigration. Elle nous l'a dit à ce micro la semaine dernière. Qu'en dites-vous ? Mais c'est toute l'instrumentalisation politique que je dénonce. Je l'ai vu arriver. Je l'ai vu arriver d'abord par les médias de Bolloré, je le dis, CNews, Europe 1, le JDD, ce dimanche.

Je vois comment ils ont fait de ce sujet un sujet d'actualité pour le mettre en une des médias et pour faire en sorte que l'extrême droite derrière, dans la foulée, Marine Le Pen, Bardella, Marion Maréchal, Le Pen, Zemmour et compagnie ont tweeté toutes les heures pour imposer ce sujet dans l'actualité.

11:37
Fabien Roussel

Il ne fallait pas en parler ? Il ne fallait pas en parler ?

11:41
Présentateur

Pour imposer ce sujet dans l'actualité, en faisant un trait d'égalité entre un meurtre, l'immigration, la délinquance et le terrorisme pour certains. c'est ce climat de haine qui, aujourd'hui, que je vois s'étendre dans mon pays aujourd'hui et qui m'inquiète et c'est pour ça que j'alerte. J'alerte chacun justement à mesurer les propos qui peuvent être tenus dans ces médias. J'alerte les Français à ce qu'ils déchiffrent, à ce qu'ils comprennent ce qui est en train de se passer. Il y a eu des milices qui ont été envoyées par l'extrême droite. Les militants qui sont allés d'extrême droite qui sont allés organiser la ratonnade à Romand-sur-Isère dans la journée.

Hier soir, ils s'en prennent aux forces de l'ordre, aux forces de sécurité. Ils mettent en cause nos institutions, la justice. Ils mettent en cause les paroles du procureur de la République qui essaye de communiquer le plus possible sur le fait qu'il n'y a pas a priori de racisme. Ils sont même en train de chercher les causes qui ont pu provoquer ce coup de poignard et ce meurtre horrible. Et c'est pour ça que c'était extrêmement grave. Il faut laisser la justice, la police et la justice faire son travail.

Un travail qui doit consister non seulement à condamner, mais aussi à comprendre comment des êtres humains, des jeunes qui ont un cerveau, normalement, en arrivent à porter un coup de couteau. En arrivent à ce qu'une bagarre dégénère en meurtre, en homicide. c'est horrible, ça ne doit pas arriver. Il nous faut mettre les mots comprendre, condamner fortement. C'est la prison à perpétuité pour des crimes en bande organisée. C'est ça que vous demandez

13:28
Fabien Roussel

contre les neuf jeunes

13:29
Présentateur

qui sont gardes à vue. Je ne suis pas juge. Je dis que c'est la peine requise pour un crime en bande organisée. Et donc, il faut mesurer qu'est-ce qu'on peut faire de plus que la prison à perpétuité. Maintenant, l'extrême droite va appeler à la peine de mort, je n'en sais rien, la torture. Il faut... Il ne s'appelle pas à ça. Non. Mais on est en train, on est en train aujourd'hui de tomber, de basculer dans un moment dans notre pays. Vous voyez,

13:57
Fabien Roussel

vous mettez en cause les médias de Bolloré, je vous cite. Eux vous diraient vous montrer le doigt au lieu de montrer la lune. Ils vous diraient le problème, c'est ce qui s'est passé avec ce jeune Thomas. C'est qu'il y ait cette bande qui est venue tuer ce jeune Thomas. C'est ça qu'ils vous diraient s'ils étaient là face à vous. Ou si vous étiez chez eux.

14:16
Présentateur

Mais je pense que notre responsabilité en tant qu'homme, femme politique, c'est de ne pas faire la justice avant que la justice n'ait expliqué ce qui s'est passé, les motivations, la préméditation. Et on doit... On doit prendre garde. Pour vous, c'est une vraie manipulation. On doit prendre garde. Quand je vois, quand j'entendais hier à la télévision sur Europe 1 découvrir dans le JDD les noms de ceux qui ont commis ces crimes atroces et la liste des noms en une, c'est un appel à faire vengeance soi-même. C'est un recul terrible de notre civilisation. Voilà ce que produit l'extrême droite. C'est pour ça que j'appelle à déjouer cette manœuvre.

J'appelle à la raison, j'appelle l'ensemble des forces démocrates républicaines à prendre garde. N'alimentons pas ça. Surtout pas. Et faisons confiance à la justice. On va passer au standard. On nous attend. Jean-Jacques, bonjour, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.

15:21
Locuteur non identifié

Voilà, M. Roussel, je ne comprends pas votre stratégie. Notamment, vous semblez vouloir aller seul en 2027. Mais devant le non-futur de la gauche en 2027, est-ce que c'est pas là, préparer le paillasson sur lequel cessura les pieds Marine Le Pen ?

15:41
Présentateur

Merci Jean-Jacques pour cette question. Rue des Franches à laquelle Fabien Roussel répond. Merci Jean-Jacques pour votre question, effectivement. Mais voyez-vous, pour moi, là, 2027, ce n'est pas dans l'actualité. Je suis inquiet par ce qui se passe dans mon pays aujourd'hui. cette montée de l'extrême droite, les manœuvres qu'ils sont en train de mettre en place entre leurs propos d'un côté et les milices qui déboulent dans nos communes, dans nos villes et dans nos villages et la situation sociale explosive, la vie chère et l'inflation. J'espère qu'on aura le temps d'en parler ce matin. On a une situation économique et sociale extrêmement dramatique. Alors, pour autant...

C'est vous qui avez dit

16:25
Fabien Roussel

la NUPES c'est fini, on est sorti, etc. C'est vous qui l'avez dit

16:30
Présentateur

il y a quelques jours. Il faut que nous puissions nous projeter vers un avenir heureux, vers des jours heureux, garder l'espoir. Et pour porter cet espoir, il y a une forte attente à ce que la gauche soit unie, rassemblée et qu'elle est un projet ambitieux pour notre pays, capable de le redresser, de relever le défi climatique et les urgences sociales en même temps. Eh bien, c'est tout le défi que nous avons devant nous. C'est ce que nous avons décidé de faire, nous, moi en particulier, de rencontrer l'ensemble des forces de gauche écologistes, d'y travailler, de proposer une alternative crédible, de travailler à un projet qui pourrait nous rassembler pour pouvoir donner cet espoir à gauche.

17:11
Fabien Roussel

Je vous pose la question parce que mi-novembre, il y a quelques jours, vous avez dit que le Parti communiste français a définitivement rompu avec la France insoumise. C'est vous qui l'avez dit.

17:21
Présentateur

Mais vous me parlez alors de qui chez les insoumis ? Moi, je vous parle de ce que vous dites. Travailler avec celles et ceux qui ne partagent pas les prises de position que Jean-Luc Mélenchon et les leaders insoumis ont eues sur les derniers événements internationaux, travailler avec cela, nous n'avons aucune difficulté. Et d'ailleurs, dans beaucoup des villes, des grandes villes de France, des régions, des départements, communistes, insoumis, socialistes, écologistes, travaillent ensemble dans des majorités au service de la population et ça fonctionne.

Ce que nous avons mis en cause, nous, ce que nous avons pointé du doigt, ce sont les propos irresponsables tenus par des dirigeants de la France insoumise dont Jean-Luc Mélenchon qui font que tout cela a contribué à discréditer ce rassemblement construit au lendemain de la présidentielle. Et il y a besoin de redonner un souffle à gauche, un espoir à gauche. C'est ce à quoi nous travaillons en ce moment. Et la situation sociale des Français, la vie chère qui pèse encore, l'inflation qui pèse encore, c'est aujourd'hui le combat que nous devons mener avec des propositions concrètes. Et à gauche, nous en avons beaucoup en commun. La COP28 ouvre à Dubaï jeudi.

En 2015, l'accord de Paris avait prévu une limitation du réchauffement à 1,5 degré à la fin du siècle. On n'y est pas du tout et vous le savez, Fabien Roussel, on va plutôt vers les 2,5, voire 3 degrés à la fin du siècle. À quoi sert la COP ? Ça, c'est une première question que je vous pose. et une deuxième sur ces 60 dirigeants de grandes entreprises françaises des secteurs de l'énergie, transport, BTP, qui ont lancé un appel hier à accélérer les investissements dans la transition écologique. On trouve parmi eux Engie, Catherine MacGregor, Patrick Pouyanné, Total, Luc Rémont pour EDF, Rodolphe Saadé pour CMA, CGM, Jean-Dominique Senard pour Renault Group.

Ils pensent qu'il est possible de combiner bien-être, allégement de notre empreinte matérielle, nouvelle prospérité avec les limites de la planète. Vous y croyez aux engagements des grands groupes pour le climat ? D'abord, on ne relève pas le défi climatique, l'urgence climatique, on n'y répondra pas sans travailler avec l'ensemble de ces grands groupes et ces entreprises. Pour une partie d'entre elles, vous avez cité Total, vous avez cité des banques, l'augmentation des émissions de CO2 sont dues à ces grands groupes qui continuent aujourd'hui, je pense, à Total à chercher du pétrole et à ouvrir de nouveaux puits, à exploiter le charbon.

Ce sont de forts émetteurs de CO2, donc il faudra faire avec eux. Ils veulent s'engager. J'ai lu cette tribune, je n'ai rien lu de concret, rien, rien lu de concret sur nous nous engageons en 2050 à ne plus utiliser d'énergie fossile, nous nous engageons dès maintenant à ne plus investir dans les énergies fossiles. Rien qu'en 2023, il y a eu 1300 milliards de dollars investis dans l'exploitation d'énergie fossile, c'est le double par rapport à 2021, alors que cet argent devrait être réorienté à justement la transition écologique.

Donc moi, je dirais plutôt qu'il faut que l'on travaille ensemble plutôt que de leur dire bande de nuls, je ne vous crois pas, vous êtes responsable de la pollution, je l'ai un petit peu au bout de la langue quand même, mais je dis que c'est avec eux qu'on va devoir le faire, c'est avec eux, on va devoir transformer ensemble la société.

Je l'ai dit à Patrick Martin, le patron du MEDEF, le parti communiste français, il a présenté, nous sommes le seul parti à avoir présenté un plan climat pour la neutralité carbone de la France en 2050, avec une série de propositions très concrètes, réindustrialisation du pays, développement des transports, du fret, des voyageurs, réduction du trafic aérien, investissement dans le logement, nous avons, nous nous tenons compte du trafic aérien, nous nous tenons compte des émissions de CO2 importées à cause des importations de notre pays.

J'ai demandé au MEDEF, au grand patron, j'ai demandé travaillons ensemble un pacte pour le climat et qui en même temps ne crée pas du chômage et de la précarité mais au contraire du bien-vivre pour l'ensemble des Français.

21:31
Fabien Roussel

C'est une petite minute, deux petites questions pour finir. Vous avez croisé Jérôme Cahuzac dans les couloirs ?

21:36
Présentateur

Oui, en allant aux toilettes.

21:40
Fabien Roussel

Et alors, vous vous êtes parlé, qu'est-ce que vous pensez de ce retour politique ?

21:43
Présentateur

Je considère que ce qu'il a fait en tant que ministre à l'époque a fait énormément de mal à la politique. Alors, c'est pas lui qui a fait tout le mal à la politique mais il en porte une grande responsabilité. Enfin, il était ministre du budget et chargé de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale et en même temps personnellement responsable de comptes offshore à Hong Kong. Donc, c'est le pire de l'image que peut renvoyer un responsable politique. Donc, il ne peut pas revenir

22:15
Fabien Roussel

après avoir été condamné et épuisé sa peine comme il l'a dit.

22:18
Présentateur

Le droit lui permet mais... La morale, non ? La morale, c'est impossible. Pour moi, je ne le concevrais pas. Mais, c'est les électeurs qui au final choisissent et c'est aux électeurs de laisser le droit de se déterminer.

22:33
Fabien Roussel

Un mot sur la mort de Gérard Collomb samedi à l'âge de 76 ans, ancien ministre de l'Intérieur, ex-maire de Lyon, figure socialiste qui avait rejoint Emmanuel Macron. Un mot ?

22:44
Présentateur

Je l'ai connu comme ministre de l'Intérieur. J'ai combattu la politique qu'il a mise en oeuvre à cette époque-là. Je sais aussi que c'était un homme très épris épris de sa ville de Lyon pour lequel il s'est beaucoup battu. Nous avons participé d'ailleurs, nous, à sa majorité à l'époque. Je lui rends hommage pour ce qu'il a fait pour sa ville.

23:08
Fabien Roussel

Merci.

23:08
Présentateur

Merci Fabien Roussel. Merci.

"L'extrême droite est en train de nous mener vers l'autoroute de la guerre civile", dénonce Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote