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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 27 novembre 2022 10 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Interdiction de la Corrida : retour sur un incroyable guérilla | Rémi-Kenzo Pagès

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02ComplaisanteRéponse partielle

    Bonsoir Rémi.

  • 0:02ComplaisanteRéponse partielle

    Salut Nadia.

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Tu étais à l'Assemblée nationale aujourd'hui pour suivre une proposition de loi sur la corrida qui n'a pas abouti.

  • 0:20OuverteRéponse partielle

    Pourquoi cette proposition de loi n'a-t-elle pas abouti ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Emeric Caron a répondu si la proposition devait être maintenue.

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Tu as évoqué un sondage IFOP sur l'abolition de la corrida. Quels sont les chiffres ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:05InvitéChiffre
    « La corrida concerne à peu près 1000 animaux par an qui sont tués en France. »
  • 3:12PrésentateurChiffre
    « Plus de 800 amendements, dont 377 venant du Rassemblement national, ont été déposés. »
  • 3:23PrésentateurChiffre
    « L'élu Rassemblement national du Gard, Johan Gillette, à lui seul, il a déposé 156 amendements. »
  • 6:14PrésentateurChiffre
    « un sondage, notamment de l'IFOP, qui a été publié le week-end dernier dans le JDD, qui dit que 74% des Français seraient même d'accord avec lui, donc avec cette abolition. »
  • 6:57InvitéFait
    « Non, je voterai contre l'interdiction de la Corrida, car, non pas parce que je défends la Corrida, mais parce que je pense que ce qu'il y a derrière la Corrida, c'est le rapport entre l'homme et l'animal, l'homme et la nourriture. »
  • 7:50InvitéFait
    « Ce n'est pas un projet de loi antispéciste. C'est un projet de loi qui essaie simplement de rétablir les choses, puisque la Corrida est interdite en France. »
  • 8:31InvitéFait
    « La Corrida existe parce qu'il y a des gens dans le Sud-Est, dans le Sud-Ouest, qui nous expliquent qu'ils ont une relation tout à fait particulière avec l'animal, une relation que vous et moi, on ne peut pas comprendre, donc quasiment une spiritualité dans leur manière de traiter le taureau. »
  • 8:50InvitéFait
    « Et au nom de ces croyances toutes personnelles, ces gens nous demandent qu'on les affranchisse de la loi républicaine. »

Temps de parole

  • Présentateur54 %
  • Invité27 %
  • Invité 28 %
  • Invité 36 %
  • Présentateur 25 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Rémi. Salut Nadia. Alors tu étais à l'Assemblée nationale aujourd'hui pour suivre une proposition de loi qui concerne la corrida mais qui n'a pas fait long feu. Oui exactement Nadia, j'ai été avec un collègue André Manivit. On est allé voir en fait Emeric Caron, le rapporteur de cette proposition de loi visant à abolir la corrida sur tout le territoire français, c'est son nom exact. Mais cette proposition de loi, comme tu l'as dit, elle n'a pas abouti puisque le texte a été retiré à peu avant 18h. Emeric Caron en fait, en réalité, il a voulu profiter de cette niche parlementaire du groupe de la France Insoumise pour soumettre au débat et au vote le sujet de l'abolition.

Le débat avait alors commencé normalement, il avait débuté à 17h et dans sa prise de parole, à ce moment-là, le député NUPES avait dénoncé une pratique qui vise, je le cite, ce sont ses mots, à torturer et à tuer pour le plaisir. Beaucoup estiment en fait que ce sujet n'est pas prioritaire. C'est le cas, par exemple, du président de la République, Emmanuel Macron, qui s'était alors, c'était hier, exprimé au micro de BFM à ce sujet dans la journée de mercredi 23 novembre. Je vous propose de l'écouter.

1:01
Invité

Gouverner, c'est prévoir et hiérarchiser. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, si on hiérarchise bien les choses, on doit essayer de restaurer la paix en Europe, on doit éviter les grands déséquilibres du monde, on doit aider à résister aux conséquences alimentaires et énergétiques de la situation, et on doit bâtir nos grands projets climat-école-santé. C'est ça, nos priorités. Après, qu'il y ait des débats dans la société, ils sont légitimes. Moi, je les entends tous.

Et il faut qu'il y ait à la fois, on prenne en compte nos spécificités dans la culture locale, auxquelles sont légitimement attachées certaines régions et beaucoup de nos compatriotes, et la condition animale, la sensibilité qu'elle éveille, en particulier chez les jeunes générations. Dès qu'on est dans l'invective, ça ne marche pas. Je le dis très sincèrement, donc il ne va pas y avoir d'interdiction demain. On doit aller vers une conciliation aussi, vers un échange. Un, je vais parler très sincèrement de l'eux où je me situe. Ce n'est pas la priorité du moment.

1:56
Présentateur

Ce n'est pas la priorité du moment. À ce sujet, Émeric Caron a répondu au micro du Média. Vous lui avez demandé s'il fallait maintenir cette proposition de loi. Et voici ce qu'il vous a répondu.

2:05
Invité

La corrida concerne à peu près 1000 animaux par an qui sont tués en France. Et bien évidemment que les sujets qui nous concernent, plus directement, ce sont tous ceux qui impactent notre quotidien à tous. Les prix, les difficultés de l'emploi, vous les connaissez, le logement, l'éducation, l'hôpital qui est en déliquescence. On est tout à fait d'accord là-dessus. Mais justement, parce qu'on a ces sujets du quotidien qui nous empêchent parfois même de réfléchir, on en oublie qu'il y a d'autres sujets qui peuvent paraître subalternes et qui pourtant sont essentiels. La manière dont on se comporte à l'égard du vent est un sujet essentiel.

Et d'ailleurs, la crise écologique, la crise climatique que l'on traverse aujourd'hui est notamment due au fait qu'on a toujours considéré qu'il y avait des sujets plus urgents.

2:49
Présentateur

Alors, en fait, on ne le découvre pas. On le savait que le sujet est très compliqué. Ce sujet est très, très compliqué, notamment parce qu'il y a un énorme clivage en réalité à l'Assemblée nationale dès qu'on aborde la question de la corrida et même de la souffrance animale en général. Déjà, avant d'entrer dans l'hémicycle, les collaborateurs d'Emeric Caron craignaient que ce débat ne s'enlise. Il faut savoir que les différents groupes, vraiment tous les groupes, sont divisés sur ce thème de la corrida. Plus de 800 amendements, dont 377 venant du Rassemblement national, ont été déposés. On a vu des amendements vraiment loufoques. Par exemple, je vais vous en citer quelques-uns.

L'élu Rassemblement national du Gard, Johan Gillette, à lui seul, il a déposé 156 amendements dans un proposant de renommer la proposition de loi en imposer l'idéologie des mangeurs de graines aux habitants du sud de la France. Lui, il proposait que cette loi se nomme ainsi. On voit un petit peu l'état d'esprit dans certains groupes parlementaires. Il y a un autre amendement que je voudrais citer, parce que ça en dit beaucoup également. C'est le député Renaissance de l'Hérault, Patrick Vignal. Lui, il propose de substituer au mot « humanité », le mot « moustique ». Ça fait référence à des propos qu'avait déjà eu Emeric Caron à l'époque où il était journaliste.

L'équipe d'Emeric Caron, elle dénonce une obstruction parlementaire. Et du mépris. Je le dis à sa place. Mais déjà, elle dénonce en tout cas, pour reprendre leur mot, une obstruction parlementaire. Ils disent en fait qu'à travers ces amendements, le but, c'est d'empêcher la discussion, le débat et même le vote. Parce qu'il faut savoir qu'il y a un jeu qui est vraiment joué par certains élus pour ralentir le processus législatif, le processus parlementaire. Si le débat, en effet, il dure trop longtemps, que les députés n'ont pas le temps de voter le texte avant minuit, alors il n'est plus possible pour eux de le voter dans le cadre de la niche parlementaire qui s'arrête vraiment à minuit.

On ne peut pas non plus débattre dans ce cas des autres propositions de loi derrière. Il faut alors attendre, c'est-à-dire l'année prochaine, pour reproposer cette loi au débat. L'enjeu, c'était donc vraiment de tenir ce délai, de finir avant minuit. Et ça, ce n'était pas possible. Ils s'en sont bien rendu compte à la France Insoumise. C'est la raison du retrait. Et l'attitude des parlementaires pro-corrida, évidemment, elle exaspère Emery Caron. On a d'ailleurs recueilli son sentiment à ce sujet.

5:04
Invité

Je pense que les députés pro-corrida, ceux qui portent la voix des lobbies de la Corrida, craignent le résultat du vote, puisqu'on sait qu'il y a une majorité de Français qui veulent l'abolition de la Corrida, une très grande majorité. Et ils craignent que ce soit le même résultat qu'il y a aujourd'hui dans l'Assemblée. Donc ils font tout pour que nous ne puissions pas voter. Les masques tombent, je crois qu'ils touchent à quelque chose d'assez viscéral, d'assez intime presque. Et on voit en effet des gens qui se dévoilent. Parce que de toute façon, le rapport qu'on peut avoir aux vivants, aux sensibles, à un animal dit quand même beaucoup de choses de vous.

Et on voit que là, d'abord, il y a des gens qui, effectivement, expliquent clairement que la souffrance animale ne leur importe pas. Et puis on a vu, effectivement, des alliances politiques particulières avec des gens qui travaillent leur électorat, tout simplement. Et qui, là encore, nous expliquent très clairement que leur carrière politique passe avant des convictions ou l'intérêt du peuple, ou l'intérêt du vivant, ou l'intérêt de l'écologie.

6:09
Présentateur

Alors là, il nous a dit que la majorité des Français étaient favorables à l'abolition de la Corrida. En fait, il fait référence, là, à un sondage, notamment de l'IFOP, qui a été publié le week-end dernier dans le JDD, qui dit que 74% des Français seraient même d'accord avec lui, donc avec cette abolition, se déclarant donc favorables à l'interdiction de cette pratique. Ce qui est quand même assez paradoxal quand on sait ce chiffre. On peut se demander pourquoi certains parlementaires s'obstinent autant à s'opposer à cette abolition. Cette proposition de loi, elle ne fait pas non plus l'unanimité dans la NUPES.

Par exemple, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, le PCF, s'était exprimé contre lui, qui dit justement ne pas partager l'horizon antispéciste de ce texte. Ce sont ses mots. Sur la question de l'interdiction de la Corrida ?

6:57
Invité

Non, je voterai contre l'interdiction de la Corrida, car, non pas parce que je défends la Corrida, mais parce que je pense que ce qu'il y a derrière la Corrida, c'est le rapport entre l'homme et l'animal, l'homme et la nourriture. Des peintres, des artistes se sont penchés sur cette question. On ne peut pas être traité de barbare quand ceux qui défendent la Corrida, un barbare c'est celui à qui on ne parle pas. Or, moi, nous considérons qu'on doit parler, justement, et pouvoir avoir ce beau débat sur cette passion qui existe beaucoup dans le sud de la France, plutôt que d'interdire.

7:35
Présentateur

Et vous avez aussi recueilli la réponse salée d'Emeric Caron aux députés du Nord.

7:39
Invité

Avec Fabien Roussel, on n'est jamais déçus. Donc, en revanche, ce qui m'embête un tout petit peu plus, c'est quand il y a des informations qui sont faites à propos du travail qu'on mène. Ce n'est pas un projet de loi antispéciste. C'est un projet de loi qui essaie simplement de rétablir les choses, puisque la Corrida est interdite en France. Elle est interdite en France depuis extrêmement longtemps, partout, sauf dans quelques endroits qui ont obtenu une exception, des localités dans lesquelles on considère que la souffrance animale, tout à coup, n'a plus d'importance. Voilà, c'est juste une anomalie qu'on essaye de réparer.

8:10
Présentateur

Alors, au final, le député parisien, lui, dénonce un intense lobbying des pro-Corrida pour expliquer pourquoi une telle crispation autour de ce sujet qui concerne certains territoires en France. Il a même utilisé un terme assez particulier, un terme très fort, qu'on a plutôt, en l'occurrence, l'habitude d'entendre de la part de ses adversaires. Il a parlé de séparatisme. Écoutez-le.

8:31
Invité

La Corrida existe parce qu'il y a des gens dans le Sud-Est, dans le Sud-Ouest, qui nous expliquent qu'ils ont une relation tout à fait particulière avec l'animal, une relation que vous et moi, on ne peut pas comprendre, donc quasiment une spiritualité dans leur manière de traiter le taureau, que la violence n'est pas vraiment de la violence. Ce sont des croyances, en réalité, qui leur sont toutes personnelles. Et au nom de ces croyances toutes personnelles, ces gens nous demandent qu'on les affranchisse de la loi républicaine. En ce sens, c'est une forme de séparatisme.

8:57
Présentateur

Bon, finalement, il a annoncé retirer, être contraint, en fait, par la réalité de tous ces amendements et de ce débat compliqué, être contraint de retirer son texte. Tout de suite, dans la foulée, les pro-corrida ont dit que c'était une décision, ont dénoncé cette décision, disons qu'elle n'était pas courageuse, que cela montrait l'absence de courage de la part du groupe de la France insoumise, qui s'empêchait par là le débat. C'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité, vu que venant de députés qui ont empêché, en réalité, le débat, en submergeant le Parlement d'amendements hors sujet, puisque le retrait, justement, en est la conséquence.

Malgré cet échec, le député Aymeric Caron a réussi une chose quand même très importante qu'il faut noter et qu'il faut souligner, instaurer le débat sur ce thème et le faire accepter, en fait, comme un sujet politique. Je le précise également, quand on était devant l'Assemblée nationale, il y avait un rassemblement aussi anti-corrida, avec de nombreux drapeaux de L214 ou encore des drapeaux du Parti animaliste, mais il y avait aussi, plus loin, un rassemblement pro-corrida. Merci beaucoup, Rémi Canzio-Pagès. Alors, si les taureaux avaient été des moutons, la question aurait été très vite tranchée. Merci.