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Conférence de presseLe Média (sur YouTube)· 26 février 2020 6 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeSécurité

TAHA BOUHAFS, JOURNALISTE EN PROCÈS POUR LE DROIT D'INFORMER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Fait
    « Imaginons un journaliste mis en garde à vue, la police saisit son téléphone sur lequel figure la vidéo de son interpellation, la justice décide de rendre in fine le téléphone mais le service des scellés refuse, c’est ce qui arrive à Taha Bouhafs et ça s’appelle abus de pouvoir. »
  • 0:45Fait
    « Il passe 48 heures en GAV, ressort blessé à l'épaule et on lui prescrit 10 jours d'ITT. »
  • 3:00Fait
    « On a une décision de justice en bonne et due forme qui ordonne au parquet de nous restituer le portable. »
  • 3:30Fait
    « Nous avons déposé plainte parce qu'il s'agit d'une infraction pénale que de s'opposer à l'exécution d'une décision de justice et d'empêcher la manifestation de la vérité. »
  • 6:30Fait
    « C'est finalement tout le fonctionnement de la justice qui est mis en jeu aujourd'hui avec tous les mensonges qui sont réalisés. »
  • 7:30Fait
    « Il n'y a pas de raison que mon nom soit étalé partout dans la presse et que le sien ne le soit pas. »
  • 8:30Promesse
    « Maxime Demaire agent de la bac du 94 que nous allons faire citer et qui je l'espère sera condamné pour les violences. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Imaginons un journaliste mis en garde à vue, la police saisit son téléphone sur lequel figure la vidéo de son interpellation, la justice décide de rendre in fine le téléphone mais le service des scellés refuse, c’est ce qui arrive à Taha Bouhafs et ça s’appelle abus de pouvoir. Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis comparaît aujourd’hui au Tribunal de Grande Instance de Créteil. Il est accusé d’outrage et rébellion sur un fonctionnaire de Police.

En juin dernier, alors qu’il filmait une opération d’occupation des travailleurs sans papiers de Chronospost, le journaliste est arrêté dans l’exercice de ses fonctions. Il passe 48 heures en GAV, ressort blessé à l’épaule et on lui prescrit 10 jours d’ITT. Depuis le début il a les images de la scène qui prouvent, selon lui, qu’il est innocent.

Malheureusement, le service du parquet a fait en sorte de bloquer le téléphone portable dès le moment de la garde à vue et a rendu impossible son exploitation et ses vidéos. On a une décision de justice en bonne et due forme qui ordonne au parquet de nous restituer le portable. Malgré cette décision, le service des scellés refuse de le restituer.

Nous avons déposé plainte parce qu’il s’agit d’une infraction pénale que de s’opposer à l’exécution d’une décision de justice et d’empêcher la manifestation de la vérité. Hier, après moultes demandes, le service du scellé nous dit “Nous n’avons jamais refusé la restitution des scellés”, et il nous dit hier “Venez chercher le portable à 15 heures”. Bien évidemment on n’a pas été en possibilité de venir le chercher hier sur la demande du service des scellés.

Tant qu’on n’a pas cette vidéo on ne voit pas comment il est possible de faire une audience et de montrer que Taha n’a ni outragé, ni ne s’est rebellé contre ce fonctionnaire de police. On voit bien aujourd’hui que filmer les agissements de la police, qui devrait être tout simplement un droit démocratique, aujourd’hui est sans cesse remis en cause. On a d’autres journalistes ici qui ont subi ce genre de pratique.

Il n’y a pas, d’un côté des vrais journalistes, et de l’autre côté des militants contrairement à ce qu’on raconte à peu près partout, ce que racontent les flics. Des journalistes qui militent, Éric l’a dit, du côté du pouvoir, des idées dominantes, des idées de la classe dominante, et il y a les journalistes qui sont un contre-pouvoir et qui militent du côté des exploités et des opprimés. Ça n’est pas que Taha Bouhafs qui est visé en l’espèce, c’est tous les journalistes, c’est le droit d’informer, c’est le droit à la vérité.

C’est la possibilité de filmer lorsqu’il y a une opération de fonctionnaires de police C’est finalement tout le fonctionnement de la justice qui est mis en jeu aujourd’hui avec tous les mensonges qui sont réalisés, toutes les intrigues vénitiennes qui sont réalisées depuis le départ pour empêcher monsieur Taha Bouhafs mais également tout le public et tous les journalistes qui le suivent, de pouvoir savoir ce qu’il s’est passé. L’audience sera courte. La présidente, finalement informée de l’ouverture d’une enquête IGPN et de l’existence d’une preuve vidéo pour le moment manquante, décide de renvoyer l’audience.

Le 3 juillet prochain, nous aurons une audience collégiale dans une plus grande salle, ce qui permettra d’abord d’avoir en principe l’enquête IGPN qui sera rentrée dans le dossier et ce qui permettra d’avoir une autre explication que celle du procureur de la République, puis toutes les vidéos de la scène. J’ai informé le tribunal que nous envisagions de faire citer directement le fonctionnaire de police pour les violences qu’il a commises contre monsieur Taha Bouhafs, ce qui veut dire qu’il est possible, c’est pas encore certain parce qu’on va essayer d’avoir des dates conformes, il est possible que la prochaine fois il n’y ait non pas un seul prévenu et une seule victime mais deux prévenus et deux victimes potentielles, monsieur Taha Bouhafs et le fonctionnaire de police. J’observe que les policiers du 94 sont venus en masse, ils sont ici en haut.

Je rappelle que le syndicat Alliance et la section 94 du syndicat Alliance avait fait, après que j’ai révélé l’identité du policier qui m’a agressé, avait fait un tract me représentant comme un chien avec de la bave en écrivant “Taha Bouhafs a la rage” en mettant une cible sur mon dos. Ils sont venus ici en masse dans cette salle d’audience armés, avec leurs armes de service, comme une nouvelle forme d’intimidation. Nous on est beaucoup plus nombreux qu’eux aujourd’hui.

On va continuer cette bataille judiciaire, cette bataille politique puisque il y a un enjeu politique là-dedans c’est l’enjeu de la liberté de la presse, c’est l’enjeu de l’indépendance de la justice et c’est celui de comment est-ce qu’on contrôle l’action de la police ? Comment est-ce qu’on contrôle l’action publique ? C’est 10 jours d’ITT que j’ai eu, mon épaule a été déboitée, j’ai eu de multiples hématomes, les 10 jours d’ITT ça ne s’invente pas.

Il y a une enquête de l’IGPN qui est ouverte, on va faire citer ce policier Maxime Demaire. Il n’y a pas de raison que mon nom soit étalé partout dans la presse et que le sien ne le soit pas. Maxime Demaire agent de la bac du 94 que nous allons faire citer et qui je l’espère sera condamné pour les violences.

Après de multiples allers et retours dans les sous-sols du tribunal et l’intervention du bâtonnier, le service des scellés restitue enfin son portable à Taha. Après visionnage de la vidéo, selon son avocat, celle ci atteste bien de son innocence.

TAHA BOUHAFS, JOURNALISTE EN PROCÈS POUR LE DROIT D'INFORMER — Jean-Pierre Bataille · Pourquijevote