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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 11 octobre 2021 33 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieNumériqueSolidarités & famille

Pénuries et hausses des prix : le désordre mondial qui vient

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 26 %Attaque 54 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Quel impact la hausse des prix de l'énergie va-t-elle avoir sur la facture des Français ?

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Comment expliquer ces pénuries et quels sont les produits concernés ?

  • 5:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces pénuries ont un signe des défaillances de la mondialisation ?

  • 8:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces pénuries ont un impact sur la hausse des prix de l'énergie en France ?

  • 11:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que ces pénuries ont un impact sur la facture des Français ?

  • 14:52OuverteRéponse directe

    Peux-tu nous expliquer le terme d'évasion fiscale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33PrésentateurChiffre
    « L'UFC Que Choisir explique que le prix de l'électricité devrait augmenter de 10% en janvier 2022. »
  • 1:42PrésentateurChiffre
    « Les prix du gaz ont, de leur côté, augmenté de 12,6% en 1er octobre. »
  • 1:48PrésentateurChiffre
    « 5 millions de Français sont concernés par ces hausses. »
  • 2:24InvitéFait
    « On produit 1% du gaz en France. »
  • 2:45InvitéChiffre
    « On nous prévoit, d'ici la fin de l'année, les experts, 30% à nouveau d'augmentation du prix du gaz. »
  • 2:52InvitéChiffre
    « 20% en novembre, 10% en décembre. »
  • 3:32InvitéPromesse
    « Nous limiterons la hausse de l'électricité à 4%. »
  • 3:46InvitéFait
    « Ce qu'il faut comprendre, c'est que, déjà en période normale, pour que la mondialisation fonctionne bien, il faut qu'il y ait l'offre qui soit légèrement supérieure à la demande. »
  • 5:42InvitéFait
    « Vous avez deux types de produits qui sont concernés par ces pénuries. Alors, vous avez tous les intrants, c'est-à-dire les métaux, des métaux précieux, du bois, du cuivre, etc., une partie de ceux-là. »
  • 5:54InvitéFait
    « Ce qui fait aujourd'hui qu'au Royaume-Uni, par exemple, il manque d'essence, c'est qu'il manque de main-d'œuvre dans le transport routier. »
  • 6:08InvitéFait
    « Parce qu'une grosse partie de cette main-d'œuvre était européenne, notamment d'Europe de l'Est. »
  • 6:19InvitéFait
    « Donc, il y a des pénuries de main-d'œuvre, donc ils n'arrivent pas à avoir d'essence. »
  • 8:02InvitéFait
    « De ça, ce n'est pas du tout le cas, là. Là, c'est une pénurie de certains objets qui freinent un peu la consommation. »
  • 8:24InvitéFait
    « Là, on est reparti comme avant, voilà, en fait. »
  • 8:44InvitéFait
    « Le Covid a révélé qu'un virus à Wuhan peut contaminer la Terre entière en l'espace de quelques semaines. »
  • 9:18InvitéFait
    « On se les volait entre nous. Enfin, on était incapables de produire des masques parce qu'on avait délocalisé toute notre production textile depuis des années. »
  • 9:26InvitéFait
    « Les anesthésiants sont fabriqués majoritairement en Inde, qui les gardaient pour eux parce qu'ils subissaient le Covid de plein fouet. »
  • 11:55InvitéFait
    « Alors, sur l'énergie, je ne sais pas si on peut parler vraiment de pénuries, même si on va connaître des pénuries à long terme. »
  • 12:06InvitéFait
    « Quand il y a eu la crise du Covid, on a des prix de l'énergie et le prix du pétrole qui est descendu à zéro. »
  • 12:24InvitéFait
    « Nous subissons cette hausse des prix parce que nous ne produisons pas, par exemple, notre gaz, nous l'importons quasiment à 100%. »
  • 13:53InvitéChiffre
    « Le grand carénage, le fait d'augmenter la durée de vie de nos réacteurs de 10 ans, ça coûte 50 milliards. »
  • 15:31InvitéFait
    « Le terme d'évasion fiscale, il veut tout et rien dire parce qu'en fait, vous avez dans l'évasion fiscale l'optimisation fiscale, c'est-à-dire le fait de pratiquer des prêts de transfert qui visent finalement à appauvrir des filiales là où il y a de la fiscalité et à enrichir des filiales là où il n'y a pas de fiscalité. »
  • 16:25InvitéFait
    « Le premier paradis fiscal c'était quand même la Suisse et ça a commencé en fait après la première guerre mondiale. »
  • 16:40InvitéFait
    « Après la première guerre mondiale pour reconstruire l'économie les grandes puissances européennes ont décidé d'augmenter l'imposition sur les très riches. »
  • 18:04InvitéFait
    « On a renfloué les banques massivement en 2008 c'est très bien on a eu raison de le faire parce que s'il n'y a pas de banques tout s'écroule mais en même temps on les a tellement renfloués qu'on aurait peut-être pu un petit peu y jeter un oeil. »
  • 19:42InvitéFait
    « L'Irlande c'est un paradis fiscal quand Apple vient en Europe et qu'il met son siège social en Irlande et qu'il paye 0,005% d'impôt c'est un paradis fiscal. »
  • 20:12InvitéFait
    « Si on regarde les chiffres d'Eurostat le pays le plus industrialisé d'Europe c'est l'Irlande alors que l'Irlande n'a pas une grande industrie. »
  • 24:20PrésentateurChiffre
    « Le pouvoir d'achat des Français après prise en compte de l'inflation aurait progressé de 8% entre 2017 et 2022. »
  • 24:34Locuteur non identifiéFait
    « Un salarié au SMIC bénéficie désormais d'un 13ème mois et de la moitié d'un 14ème mois. »
  • 24:58PrésentateurChiffre
    « La hausse la plus forte concernerait les 10% de Français les moins riches avec une augmentation de près de 4% de leur niveau de vie. »
  • 26:44InvitéChiffre
    « 4 milliards sur l'ISF. »
  • 28:43InvitéFait
    « il n'arrivera pas à aller au-delà de ces 25% d'adhésion »
  • 29:22InvitéFait
    « loi travail, baisse de l'ISF, baisse de l'IS »
  • 30:03InvitéChiffre
    « 120 000 postes de fonctionnaires en moins »
  • 30:05InvitéChiffre
    « 15 milliards sur l'assurance maladie, 10 milliards sur l'assurance chômage »
  • 30:17InvitéFait
    « Macron au départ c'était un libéral avec une politique très dure des économies partout »
  • 31:10InvitéPromesse
    « la réforme des retraites on la verra au prochain quinquennat »
  • 31:45InvitéFait
    « chèques énergie, chèques surtout les restaurateurs »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 25 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et merci de nous retrouver dans ce nouveau numéro de l'Instant Porcher. Au programme aujourd'hui, la hausse des prix de l'énergie et les pénuries mondiales, l'affaire des Pandora Papers et le rapport du gouvernement sur le pouvoir d'achat des Français. En raison de la reprise économique mondiale, les prix de l'énergie atteignent des plafonds historiques partout dans le monde. D'autres produits sont également victimes de pénuries. Alors, quel impact la hausse des prix de l'énergie va-t-elle avoir sur la facture des Français ? Comment expliquer ces pénuries et quels sont les produits concernés ? C'est ce qu'on va voir dans ce numéro.

Les Panama Papers en 2016, les Paradise Papers en 2017 et plus récemment les Pandora Papers, vous avez tous déjà entendu parler de ces vastes affaires d'évasion fiscale. Alors, comment les paradis fiscaux sont apparus et comment peut-on lutter efficacement contre l'évasion fiscale ? Thomas Porcher nous livrera son analyse. À quelques mois du premier tour des élections présidentielles, Emmanuel Macron veut faire oublier cette image qui lui colle à la peau, celle de président des riches. Plusieurs membres du gouvernement multiplient les opérations séduction et affirment que les revenus et le niveau de vie des Français a augmenté depuis le début du quinquennat. Alors, est-ce vraiment le cas ?

Et finalement, quel est le bilan économique d'Emmanuel Macron ? C'est ce qu'on va voir tout de suite dans l'Instant Porcher. L'UFC Que Choisir explique que le prix de l'électricité devrait augmenter de 10% en janvier 2022. Selon leurs calculs, un ménage moyen aura vu passer sa facture d'électricité de 1019 euros à 1522 euros entre 2010 et 2020. Les prix du gaz ont, de leur côté, augmenté de 12,6% en 1er octobre. 5 millions de Français sont concernés par ces hausses. Jean Castex, le Premier ministre, a annoncé la mise en place d'un bouclier tarifaire. En clair, le blocage du tarif du gaz jusqu'en avril 2022.

2:00
Invité

Nous allons mettre, pour le gaz, pour l'électricité, en place ce que j'appellerais un bouclier tarifaire. C'est-à-dire, nous allons nous prémunir contre ces hausses de tarifs. Parce que malheureusement, que nous disent les experts, c'est que ça va continuer. Pour le gaz, si vous voulez bien, on commence par le gaz. Parce que c'est là que la hausse est la plus sensible, puisque nous sommes totalement dépendants de l'extérieur. On produit 1% du gaz en France. Tout le reste, nous l'importons, en particulier de Norvège. Et comme vous l'avez très bien dit dans votre reportage, ces importations, les quantités importées diminuent. Donc, le prix augmente. C'est le cas aussi de la Russie.

Et à l'exception de la France, on a fait peu de stocks de réserve. On nous prévoit, d'ici la fin de l'année, les experts, 30% à nouveau d'augmentation du prix du gaz. 20% en novembre, 10% en décembre. Exactement.

2:55
Présentateur

Concernant la hausse des prix de l'électricité, le Premier ministre a annoncé la limitation de la hausse du tarif à 4%.

3:02
Invité

La hausse, elle est quand même moindre que ce qui se passe à l'étranger, si vous regardez. Parce que là, pour le coup, contrairement au gaz, nous produisons en France, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, l'essentiel de notre électricité. Ça augmente quand même beaucoup. Oui, parce qu'il y a une partie liée au gaz, c'est toujours le problème du gaz, et qui laisse anticiper, vous avez raison, une hausse de l'ordre de 10 à 12% au 1er février ou début février. Nous limiterons la hausse de l'électricité à 4%.

3:34
Présentateur

Au-delà de la hausse des prix de l'énergie, ce sont aussi les pénuries observées partout dans le monde qui encaissent. Alors, bonjour Thomas.

3:42
Invité

Bonjour Tania.

3:43
Présentateur

Alors, comment est-ce qu'on peut expliquer ces pénuries ?

3:46
Invité

Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est que, déjà en période normale, pour que la mondialisation fonctionne bien, il faut qu'il y ait l'offre qui soit légèrement supérieure à la demande. Pas trop, parce que s'il y a trop de stocks, c'est inutile et il y a un coût. Donc, il faut que l'offre soit supérieure à peu près à la demande. Et il faut que les transports fonctionnent bien. Voilà. Le transport par bateau, par avion ou par route fonctionne bien. Et là, la mondialisation tient. Le problème, c'est que là, on a eu, avec la crise du Covid, déjà pendant pratiquement un an et demi, une économie qui a fonctionné plus ou moins. Il y a eu des confinements.

La moitié de la planète qui a été confinée. Donc, les usines ont été fermées. Puis, il y a eu des confinements d'ici de là. Il y en a encore aujourd'hui, par exemple, en Asie, dans certaines usines, ce qui explique des pénuries. Et là, ça se remet à reprendre d'un coup. Et ça reprend rapidement. Parce que même si on est sur un point bas et que la demande, on n'est pas revenu à des niveaux de richesse d'avant crise, mais la demande est très vigoureuse, d'autant plus qu'elle est soutenue dans les pays riches par des plans de relance très importants.

Donc, on a une forte demande et d'un seul coup, on a une offre où on a utilisé les peu de stocks qu'il y avait pendant les confinements, où on n'a pas fait d'investissement, où une partie des salariés sont partis, qui doit maintenant rattraper cette demande et qui n'y arrive pas complètement. Si à cela, vous ajoutez qu'il y a des gros dérèglements sur le transport mondial, les conteneurs ne sont pas là où il faudrait, on manque de conducteurs sur le transport routier, vous avez tout qui est finalement un peu en pagaille. Et ça explique les pénuries.

Donc, on a une demande qui est supérieure à l'offre, on a des transports qui ne sont plus efficaces, qui sont complètement dispersés depuis cette crise, et donc, il va y avoir une adaptation qui va prendre probablement six mois, un semestre, peut-être un an, pour que l'économie mondiale reparte. Mais est-ce que c'est une bonne nouvelle qu'elle reparte comme avant ? Ça, c'est une autre question. Mais en tous les cas, là, c'est un peu en pagaille.

5:31
Présentateur

D'accord. Et finalement, quels sont les produits concernés par ces pénuries ? Et est-ce qu'il faut s'inquiéter ? Est-ce qu'il faut faire des stocks ?

5:38
Invité

Vous avez deux types de produits qui sont concernés par ces pénuries. Alors, vous avez tous les intrants, c'est-à-dire les métaux, des métaux précieux, du bois, du cuivre, etc., une partie de ceux-là. Vous avez aussi de la main-d'œuvre, des pénuries de main-d'œuvre. Ce qui fait aujourd'hui qu'au Royaume-Uni, par exemple, il manque d'essence, c'est qu'il manque de main-d'œuvre dans le transport routier. Parce qu'une grosse partie de cette main-d'œuvre était européenne, notamment d'Europe de l'Est.

Aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a une grosse partie de l'immigration qui est rentrée chez elle avec la crise du Covid, mais aussi parce que le Brexit s'est fait sur un meilleur contrôle de l'immigration. Donc, il y a des pénuries de main-d'œuvre, donc ils n'arrivent pas à avoir d'essence. Donc, il y a pénurie d'intrants, pénurie de main-d'œuvre, et après, il y a un certain nombre d'usines en Asie qui ne fonctionnent pas, ou très peu, parce que vous avez une partie du Vietnam qui est confinée, vous avez une partie parfois de la Chine qui est confinée, vous avez parfois, parce qu'il y a un ou deux, trois cas, on va fermer un port pendant trois semaines en Chine.

Donc, tout ça crée des retards. Donc, la pénurie, elle est multidimensionnelle. Elle est sur des métaux, parce qu'on n'a pas suffisamment investi et l'offre ne rattrape pas la demande. Elle est sur de la main-d'œuvre, qu'on n'arrive plus à avoir, parce qu'avec les confinements, certains n'ont plus envie de revenir, même dans des métiers, parfois en France, dans la restauration. Ils n'ont plus envie de travailler, ils trouvent que les salaires ne sont pas suffisamment intéressants, donc ils ne reviennent plus travailler. Et vous avez de la pénurie due à des fermetures d'usines ou de grands ports à cause du Covid.

7:06
Présentateur

Et oui, comme je te l'ai demandé, est-ce qu'il faut s'inquiéter ? Est-ce qu'il faut faire des stocks ?

7:10
Invité

Les stocks, c'est toujours les stocks. Le problème, c'est qu'ils accélèrent la pénurie souvent. Par exemple, ce qui se passe au Royaume-Uni, c'est que là, comme il y a de la pénurie, tout le monde se dit qu'il va aller faire son plein. Et comme tout le monde fait son plein en même temps, on accélère, on fait ce qu'on appelle la prophétie autoréalisatrice, on accélère la pénurie. Non, je pense qu'il faut être sérieux aujourd'hui. Les stocks, on l'a vu, vous vous en souvenez, dans les premiers confinements, ce qu'on fait des stocks de papier toilette et tout. Je pense qu'il faut arrêter de vouloir tirer la couverture vers lui.

Ça crée de la prophétie autoréalisatrice, on n'en est pas encore là. On va manquer de certains jouets, peut-être de certains ordinateurs. Est-ce que c'est urgent ? Je ne crois pas. Voilà, donc non, non, les stocks, ça ne sert à rien. Ça ne sert à rien du tout. Parce que globalement, l'économie, enfin, on n'est pas dans une économie, là, il y a des pénuries, on va dire, transitoires, mais on n'est pas dans une économie de pénurie, comme si on manquait plein de biens, comme ça a été le cas dans l'URSS, ou le Venezuela, il y a encore quelques mois. De ça, ce n'est pas du tout le cas, là. Là, c'est une pénurie de certains objets qui freinent un peu la consommation.

C'est peut-être le moment, justement, de se poser une question sur cette hyper-consommation mondiale et les conséquences qu'elle a environnementales et même sociales.

8:13
Présentateur

Et justement, tu le soulignes, est-ce que, voilà, après le Covid, et avec ces pénuries, est-ce que, voilà, c'est un nouveau signe des défaillances de la mondialisation, finalement ?

8:24
Invité

Et c'est ça, moi, qui m'embête, c'est que là, on est reparti comme avant, voilà, en fait. Alors qu'il y avait une vraie réflexion. Alors tout le monde rigole maintenant, parce qu'il y a plein de gens qui ont appelé à une réflexion, à changer la mondialisation, et puis là, finalement, cette réflexion n'a pas lieu. Donc, ceux qui ont pensé cette réflexion ont l'air encore un peu à côté de la plaque. Mais il ne faut quand même jamais oublier ce qui s'est passé pendant, ce qui a révélé le Covid. Le Covid a révélé qu'un virus à Wuhan peut contaminer la Terre entière en l'espace de quelques semaines. Ça, c'est la première des choses.

Tellement nos économies sont imbriquées, tellement il y a une mobilité des êtres humains, de nombre d'avions, etc. Ça peut contaminer la planète en quelque temps. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que si tout le monde a besoin des mêmes choses au même moment, il n'y en a pas pour tout le monde. On l'a vu avec les masques. Là, les masques, il n'y en avait pas du tout en Europe. On se les volait entre nous. Enfin, on était incapables de produire des masques parce qu'on avait délocalisé toute notre production textile depuis des années. Ça a été pareil pour les médicaments. Les médicaments ont manqué d'anesthésiants.

Les anesthésiants sont fabriqués majoritairement en Inde, qui les gardaient pour eux parce qu'ils subissaient le Covid de plein fouet. Donc, on a demandé aux vétérinaires de nous filer des... Enfin, ça a été très compliqué. Donc, on a délocalisé une partie de notre industrie de médicaments. Ça aussi, il faut y repenser. Vous voyez ? Donc, il y a plein de choses comme ça que le Covid nous a montré. Nous a montré finalement la faiblesse de nos économies face à un virus important, mais qui aurait pu être pire. Si ça avait été pire, moi, je n'imagine pas où est-ce qu'on en serait. Vous voyez ?

Donc là, ça a montré vraiment la faiblesse de la mondialisation, la faiblesse du service public qu'il fallait renforcer et le fait que, quelle que soit la crise, qu'elle soit finalement financière, sanitaire et peut-être bientôt écologique, nous ne sommes pas prêts. Et qu'il faut penser quand même, aujourd'hui, vivre dans un monde où on se prépare aux crises futures. Et donc, la mondialisation, la refonte de la mondialisation, trouve quand même une actualité dans cette crise-là. Or là, on s'inquiète du fait que justement, la mondialisation ne reparte pas comme avant. et pourquoi elle ne reparte pas comme avant. Et il faut rapidement qu'elle reparte comme avant.

Donc, il faut rapidement que l'on ait des, je ne sais pas moi, du bœuf d'Argentine alors qu'on produit du bœuf ici. Il faut qu'on ait du lait de Chine alors qu'on produit du lait. Il faut qu'on exporte des voitures et importe des voitures parce que le commerce intra-branche, c'est-à-dire le commerce de biens similaires, c'est 70% du commerce.

Il faut continuer ce monde-là alors qu'en réalité, il faudrait poser les bases d'une réflexion pour trouver un peu plus de souveraineté et puis un petit peu ralentir cette mondialisation qui commence déjà à ralentir petit à petit, notamment avec des Trumps, des gens qui avaient quand même mis une fermeté sur le fait qu'il fallait produire un petit peu chez soi. Donc, ça avait ralenti les élans de mondialisation. Mais il faudrait quand même, je pense, se poser la question de faire en sorte que nous puissions retrouver quand même cette souveraineté industrielle et des investissements dans ce qui sert à quelque chose et pas des choses qui sont plutôt futiles et qui ne servent à rien.

Mais cette réflexion n'a pas eu lieu. Macron avait dit qu'il fallait se réinventer. Il ne s'est pas réinventé, même s'il a changé un peu son paradigme économique. Et un certain nombre de personnes ne parlent plus du tout de ça aujourd'hui dans la campagne, alors que c'est ça qu'il faudrait parler dans la campagne électorale, présidentielle. Et très peu, peut-être Montebourg, Mélenchon, un petit peu, parlent de la démondialisation.

11:43
Présentateur

Et justement, est-ce que ces pénuries ont un impact justement sur la hausse des prix de l'énergie en France et est-ce que ça a un impact aussi sur la facture, sur nos factures et sur la facture des Français ?

11:53
Invité

Alors, sur l'énergie, je ne sais pas si on peut parler vraiment de pénuries, même si on va connaître des pénuries à long terme. Là, c'est plutôt un marché qui est un peu plus tiré par la demande et de la spéculation qui s'ajoute à ça. Vous savez, quand il y a eu la crise du Covid, on a des prix de l'énergie et le prix du pétrole qui est descendu à zéro. Alors, il est descendu à zéro aussi à cause de la spéculation parce que là, l'économie est arrêtée, les gens ont spéculé à la baisse. Là, l'économie repart, donc les gens spéculent à la hausse.

Alors, le problème, le problème, c'est que nous, nous subissons cette hausse des prix parce que nous ne produisons pas, par exemple, notre gaz, nous l'importons quasiment à 100%. Nous l'importons de Norvège, de Russie, d'Algérie, des Pays-Bas, nous n'en produisons pas chez nous. Donc, nous sommes dépendants des prix internationaux. Ces prix internationaux, une partie du gaz est indexée, notamment au prix du pétrole, qui réaugmente également. Donc, nous sommes dépendants des prix internationaux. Bon, c'est la vie. On n'a pas de gaz. Et nous sommes dépendants de l'offre qui dépend des exportateurs. Voilà.

Alors, si la Russie a besoin d'un peu plus de gaz ou si la Norvège en a utilisé plus ou elle en a besoin de plus pour x, y raison, ils ne peuvent pas répondre à une hausse de la demande chez nous. Ils nous envoient ce qui... Et donc, les prix augmentent. Et effectivement, ça a un impact à la fin sur les prix de l'électricité, sur les prix du gaz pour ceux qui se chauffent au gaz, mais même sur les prix de l'électricité, parce que les tarifs de l'électricité, il y a un ordre du mérite. Ça va du moins cher au plus cher dans la tarification. Ça commence par l'hydraulique, les barrages, ensuite le nucléaire. Et à la fin, vous avez les centrales à gaz et à charbon.

Et donc, quand le prix du gaz augmente, vous avez les prix de l'électricité qui augmentent un petit peu. Après, voilà, il faut que l'État, par des blocages qui sont permis par le Code du commerce, par des jeux de fiscalité, puisse lisser ces hausses. C'est à peu près ce qu'il fait. Mais ça ne résout pas le problème de long terme, parce qu'à terme, les prix de l'énergie sont tous orientés à la hausse, que ce soit du nucléaire, même si on fait du nucléaire chez nous, parce qu'il va falloir intégrer le coût complet du stockage des déchets, le PR, il y a des surcoûts, le grand carénage, le fait d'augmenter la durée de vie de nos réacteurs de 10 ans, ça coûte 50 milliards.

Donc tout ça, ça va être payé par le consommateur à la fin. Donc le prix du nucléaire va augmenter et les prix du gaz et du pétrole sont amenés à augmenter parce qu'ils ont un coût aujourd'hui si toute la planète se met à vivre comme nous, il n'y en aura pas pour tout le monde. Donc là, il y a une vraie réflexion de long terme. Les fins de mois, c'est très important et il faut les traiter. Mais après, les politiques doivent avoir aussi une vision de long terme pour casser nos dépendances à ces variations des prix et ça va vers un peu moins de consommation.

Et le moins de consommation, ce n'est pas que la décroissance, c'est aussi la rénovation des bâtiments, c'est aussi l'arrêt de la consommation futile et ainsi de suite pour avoir un mode de consommation plus sobre et qui soit réservé aux choses principales, les plus utiles. Qu'un certain nombre de Français n'arrivent pas à satisfaire encore une fois et que d'autres sont dans des excès de consommation complètement futiles et inutiles.

14:52
Présentateur

Les Pandora Papers, ce sont des chiffres qui donnent le tournis. Une fuite de près de 12 millions de documents, pas moins de 29 000 sociétés écrans et surtout, des milliers de milliards de dollars détournés dans des paradis fiscaux entre 1996 et 2020. L'affaire, révélée par le Consortium international des journalistes d'investigation, épingle pas moins de 35 chefs d'État actuels ou passés, des responsables politiques ou encore une centaine de milliardaires. Ils sont, entre autres, accusés d'avoir détourné de l'argent dans des paradis fiscaux à travers des sociétés écrans et des montages financiers. Alors Thomas, peux-tu nous expliquer le terme d'évasion fiscale ?

15:30
Invité

Alors le terme d'évasion fiscale, il veut tout et rien dire parce qu'en fait, vous avez dans l'évasion fiscale l'optimisation fiscale, c'est-à-dire le fait de pratiquer des prêts de transfert qui visent finalement à appauvrir des filiales là où il y a de la fiscalité et à enrichir des filiales là où il n'y a pas de fiscalité. Donc vous faites finalement tous vos bénéfices là où il n'y a pas d'impôts à payer. Donc ça, c'est de l'optimisation fiscale avec des prêts de transfert ce qui est parfaitement légal. C'est une escroquerie légale en fait, on peut dire ça.

Et vous avez après la fraude fiscale qui elle est punie par la loi qui vise à dissimuler de l'argent sans même prix de transfert comme on a eu un ministre du budget qui l'a fait qui n'avait pas déclaré une partie de son argent et qui l'avait mis M. Cahuzac qui l'avait mis en Suisse là c'est de la fraude fiscale. Donc l'évasion fiscale c'est un peu entre les deux mais ça n'a pas de terme précis. Donc ça recouvre tout ça.

16:18
Présentateur

D'accord. Et peux-tu nous rappeler comment les paradis fiscaux sont apparus ?

16:22
Invité

Les paradis fiscaux en fait, ont commencé, c'est la Suisse, le premier paradis fiscal c'était quand même la Suisse et ça a commencé en fait après la première guerre mondiale. Après la première guerre mondiale pour reconstruire l'économie les grandes puissances européennes ont décidé d'augmenter l'imposition sur les très riches. Ils se sont dit voilà on doit on sort de la guerre on a une dette énorme on doit reconstruire l'économie on augmente l'imposition sur les plus riches. Et à partir de ce moment-là la Suisse a dit tiens je suis à côté de ces pays-là et bien moi je vais me transformer en paradis fiscal pour absorber la richesse de ces riches qui ne veulent pas payer d'impôts. Voilà.

Et comment elle a pu faire ça ? Qu'est-ce qui lui a permis de faire ça ? C'est qu'elle avait un système financier très développé elle avait des banques très puissantes parce que sans système financier un peu développé sans de grandes banques vous n'avez pas d'évasion fiscale. Je veux dire aujourd'hui il faut dire la vérité il y a même des grandes banques qui démarchent des gens très riches pour de l'optimisation fiscale. Vous voyez ?

Donc elle avait ça et elle avait il y avait aussi un changement dans la structure du patrimoine des très riches et pendant très longtemps les très riches ils avaient des châteaux ils avaient des biens mobiliers qui ne pouvaient pas bouger et à cette époque ils avaient déjà des biens immobiliers c'est-à-dire des titres financiers de l'argent en banque des titres, des actions et quand vous avez une grosse partie de vos fortunes c'est le cas aujourd'hui plus vous êtes très riche en milliards plus l'immobilier est une part faible en fait. Quand vous êtes très riche comme ça et bien votre capital il est mobile il peut bouger d'un pays à l'autre très facilement.

Alors en plus quand on met des lois pour faciliter la mobilité des capitaux comme c'est le cas en Europe là c'est royal au bar.

17:49
Présentateur

Et justement voilà quels sont les facteurs qui ont encouragé et qui encouragent toujours l'évasion fiscale ?

17:57
Invité

C'est ça c'est les deux choses c'est que pour qu'il y ait de l'évasion fiscale il faut qu'il y ait un système financier donc c'est eux de ce côté-là qu'il faut regarder aussi parce que vous savez on a renfloué les banques massivement en 2008 c'est très bien on a eu raison de le faire parce que s'il n'y a pas de banques tout s'écroule mais en même temps on les a tellement renfloués qu'on aurait peut-être pu un petit peu y jeter un oeil s'il n'y a pas de système financier il n'y a pas d'évasion fiscale un système financier il n'y a pas d'évasion fiscale donc ça c'est la première des choses la deuxième des choses c'est que ce système financier va avec le fait aujourd'hui que les grandes fortunes si vous avez 30 millions d'euros de fortune 80% c'est des placements financiers donc c'est mobile et si vous avez 1 milliard c'est 90% vous voyez donc le fait que maintenant la fortune s'exprime en titre financier ou de manière financière donc mobile favorise les mouvements de capitaux et la dernière chose c'est la mondialisation internationale qui a brouillé toutes les pistes c'est-à-dire que voilà aujourd'hui quand vous prenez l'Europe le marché unique c'est mobilité des hommes et des capitaux donc là ça bouge dans tous les sens voilà et à partir du moment ça bouge dans tous les sens que vous avez des places financières partout bon ben ça brouille les pistes et vous pouvez monter des montages de comptabilité très complexes qui vous permettent d'échapper à l'impôt là où il y a de l'impôt et d'en payer là où il n'y en a pas donc c'est trois éléments voilà marché financier fortune grande fortune qui est aujourd'hui plus financière que mobilière on a moins d'immobilier et plus de et mondialisation

19:23
Présentateur

et finalement comment peut-on lutter efficacement contre l'évasion fiscale ?

19:30
Invité

la première chose moi je pense c'est de de ne pas faire comme si on ne la voyait pas et là nos dirigeants font comme s'ils ne la voyaient pas déjà en Europe enfin il y a des paradis fiscaux en Europe on ne veut pas les reconnaître mais il y a des paradis fiscaux l'Irlande c'est un paradis fiscal quand Apple vient en Europe et qu'il met son siège social en Irlande et qu'il paye 0,005% d'impôt c'est un paradis fiscal je veux dire même une boulangerie en Irlande paye 12% d'impôt vous voyez donc c'est un paradis fiscal le Luxembourg c'est pareil puis il y a aussi Malte puis il y en a d'autres et ainsi de suite et donc là on fait comme si on ne voyait pas on ne voit pas alors que tous les chiffres sont déstructurés les chiffres officiels par exemple si on regarde les chiffres d'Eurostat le pays le plus industrialisé d'Europe c'est l'Irlande alors que l'Irlande n'a pas une grande industrie n'a pas un grand port industriel et pourtant il exporte 4 fois plus de biens industriels par actif que l'Allemagne il y a un problème on le sait tous il y a une différence entre l'économie réelle et l'économie comptable qui est une économie qui ne veut rien dire quand vous avez Jersey une petite île à côté de Saint-Malo anglo-normande où il pleut tout le temps et que c'est le premier exportateur un des premiers exportateurs de bananes au monde il y a un problème c'est en fait tout ça c'est factice c'est sur le papier c'est sur la comptabilité mais à Jersey il n'y a pas une seule banane qui pousse vous voyez en Irlande il n'y a pas d'industrie c'est juste des jeux d'écriture comptables qui permettent de placer de l'argent là où il y a et là on fait comme si on ne voyait pas tout ça ça c'est pas un problème on ne le voit pas ah bon on le découvre non il y a des dirigeants qui font comme si ah non il n'y a pas de paradis fiscaux en Europe pour faire comme si on ne voyait pas donc ça c'est très très grave le déni la première chose c'est dénoncer parce que quand vous dénoncez il y a ce qu'on appelle le name and shame game vous dites des choses telles qu'elles sont vous savez le 440 à 36 filiales chaque entreprise du 440 nos plus grandes entreprises françaises qui ont été avantagées par le CICE qui ont été renflouées pendant la crise elles ont en moyenne 36 filiales dans des paradis fiscaux chacune c'est dans la presse ça tout le monde le sait que fait nos gouvernants que font nos gouvernants 36 filiales qu'est-ce qu'ils foutent là-bas enfin si Total a une filiale dans un paradis fiscal est-ce qu'il y a du pétrole ou pas enfin c'est très simple il faut enquêter c'est bizarre que ce soit que des journalistes qui trouvent ça les Panama Papers les Pandora c'est que des journalistes enfin c'est pas des mecs de Bercy enfin c'est bizarre enfin là il faut arrêter le déni donc ça c'est la première des choses on pointe du doigt et une fois qu'on pointe du doigt on trouve des sanctions des sanctions pénales fortes bah il faut l'évasion fiscale c'est quand même très grave et puis après même j'irai pour certains pays jusqu'à pratiquer des sanctions sévères enfin la Suisse vous lui faites un embargo vous lui faites un embargo même au Luxembourg en Irlande vous faites un embargo économique comme on adore faire à des pays pauvres parce que le Vietnam il a vécu jusqu'en 93 75 à 93 son embargo économique américain Cuba l'est toujours Venezuela l'est là alors là on y va à fond mais quand il s'agit de le faire pour le Luxembourg il n'y a plus personne il faut le faire c'est un pays européen et c'est un paradis fiscal moi je te fais un embargo en 6 mois vous allez voir qu'ils vont très vite augmenter leur fiscalité donc dénonciation ce qui n'est pas fait par nos dirigeants politiques prison pour ceux qui sont dans les Pandora Papers jugement et prison ferme on est un des pays je crois qui punissent le moins à l'évasion fiscale et la dernière des choses c'est blocus économique embargo sanctions internationales et là je vous promets très rapidement que va faire le Luxembourg face à l'Europe rien que va faire la Suisse face à l'Europe rien que va faire Jersey face à l'Europe rien que vont faire les îles Caïmans rien et ainsi de suite voilà mais après il faut la volonté politique mais c'est plus simple de taper sur les chômeurs de voir si les pauvres tapent des écrans plats de dire qu'on a volé 100 euros en plus par mois sur une allocation chômage que d'aller taper là dessus alors que là nous avons des milliards des milliards des milliards des milliards qui partent l'évasion fiscale tue parce que c'est des financements moins pour l'hôpital c'est des financements moins pour l'éducation c'est des financements moins pour les services publics donc il y avait un spot extrêmement puissant là dessus où on voyait justement les effets concrets de l'évasion fiscale sur l'hôpital on voyait des gens qui arrachaient toutes les choses etc.

de l'hôpital c'est exactement ce qui se passe nos hôpitals sont pauvres parce qu'il y a de l'évasion fiscale l'éducation a pas de moyens parce qu'il y a de l'évasion fiscale il n'y a pas suffisamment de personnes en crèche parce qu'il y a de l'évasion fiscale et ainsi de suite et la fiscalité augmente sur les PME et sur les petits gens parce qu'il y a de l'évasion fiscale et aujourd'hui la pression fiscale elle est plus forte sur une PME que sur une grande entreprise et un café du coin va avoir une pression fiscale plus forte alors qu'en face de lui il y a Starbuck qui a une pression fiscale extrêmement faible parce qu'il peut faire de l'optimisation fiscale c'est dramatique économiquement et socialement

24:14
Présentateur

Selon le rapport économique, social et financier publié par la Direction Générale du Trésor le pouvoir d'achat des Français après prise en compte de l'inflation aurait progressé de 8% entre 2017 et 2022 soit deux fois plus vite qu'au cours des deux quinquennats précédents Gabriel Attal le porte-parole du gouvernement affirme qu'un salarié au SMIC bénéficie désormais d'un 13ème mois et de la moitié d'un 14ème mois

24:38
Locuteur non identifié

On a pris des mesures notamment pour les Français qui travaillent et qui ont du mal à boucler leur fin de mois des mesures très fortes avec la hausse de la prime d'activité avec la défiscalisation des heures supplémentaires avec des exonérations de charges qui conduisent est-ce qu'un salarié au SMIC aujourd'hui bénéficie de l'équivalent d'un 13ème mois et de la moitié d'un 14ème mois grâce aux mesures qui ont été prises depuis 2017

24:56
Présentateur

Toujours selon ce même rapport la hausse la plus forte concernerait les 10% de Français les moins riches avec une augmentation de près de 4% de leur niveau de vie Alors Thomas voilà est-ce que c'est vraiment le cas ?

25:10
Invité

Alors déjà dans l'étude qui a été faite oui ça peut être le cas mais il faut vraiment regarder tout il faut regarder tout la première des choses c'est comment se sont faits ces hausses de pouvoir d'achat elles se sont faites en baissant de la fiscalité d'accord ? Donc ce qui a été gagné probablement en espèces sonnantes et trébuchantes rapidement va être retiré ailleurs Alors vous regardez par exemple la suppression des cotisations salariales on sait très bien que derrière ça va se voir en économie sur l'assurance chômage vous voyez ?

Donc tout ce qui a été retiré d'un côté est finalement d'ailleurs coupé de l'autre et c'est les classes moyennes et les classes pauvres qui profitent le plus encore une fois du modèle social donc il faut faire attention là on ne regarde que les revenus les revenus certes parce que vous enlevez la taxe d'habitation alors il y avait une partie déjà qui ne la payait il faut le dire mais vous enlevez la taxe d'habitation vous réduisez une partie des cotisations salariales vous avez l'impression que le pouvoir d'achat a augmenté d'accord mais après vous aurez moins de pensions chômage vous aurez des chiffres de la sécurité sociale qui vont être affaiblis et donc il y aura des coupes derrière et ça vous profitera moins donc il faut regarder ça il y a le gain rapide et puis il y a ce qu'on affaiblit derrière et quand on baisse les taxes qu'on vous donne d'un côté on le reprend de l'autre d'accord ?

Il faut faire attention à ça et puis après quand on regarde ça on essaie de nous faire croire que c'est les 10% les plus pauvres qui ont bénéficié de plus des réformes d'Emmanuel Macron mais c'est pas si simple parce qu'en fait si vous regardez les 1% si vous commencez à affiner en réalité ceux qui ont le plus gagné c'est les 1% les plus riches qui ont eu des baisses d'impôts énormes 4 milliards sur l'ISF et si on commence à regarder les 0-1 et les 0-0-0-1 ça a été énorme vous voyez ?

donc en réalité quand on dit que Macron c'est toujours le candidat des riches oui c'est le candidat des très riches c'est le candidat des très riches mais comme là ils ont fait le découpage par 10% 10% 10% on a l'impression que les 10% les plus pauvres vont le plus gagner mais ils ont beaucoup moins gagné que les 1% et les 0-0-1% donc voilà moi je reste là-dessus sur le fait que là c'est du bidouillage de fiscalité c'est pas de l'augmentation de salaire alors certes vous avez l'impression que vous respirez mais après vous aurez une offre de services publics ou des prestations chômage si vous êtes au chômage un jour qui seront beaucoup plus faibles donc méfiez-vous ce qu'on vous a donné d'une main va vous le reprendre d'une autre main ce qui n'est pas le cas pour les plus riches eux parce que les plus riches en termes de volume ont touché beaucoup plus d'argent ça c'est sûr et eux ils ont moins besoin du modèle social que les plus pauvres donc les plus pauvres qui ont vu un peu leur porte-monnaie augmenter vont être impactés par un modèle social réduit alors que les riches ont toujours le choix entre un modèle social public ou privé finalement ils n'ont pas vraiment besoin du modèle social s'ils sont au chômage ils s'en moquent quand on ne fait pas 19% les plus riches leur retraite c'est leur patrimoine ils s'en moquent également donc eux ont moins besoin du modèle social que les plus pauvres vous savez on dit toujours que le patrimoine du pauvre c'est le service public donc vous lui donnez un peu plus de revenus mais vous diminuez son patrimoine in fine je ne suis pas sûr qu'il soit gagnant

28:07
Présentateur

et selon un sondage OpinionWay pour les Echos aucun candidat ne peut rivaliser en matière économique avec Emmanuel Macron par exemple 19% des Français interrogés estiment que Marine Le Pen ferait mieux mais 47% estiment qu'elle ferait moins bien 12% estiment que Jean-Luc Mélenchon ferait mieux mais 50% estiment qu'il ferait moins bien etc donc finalement voilà que penses-tu du bilan économique d'Emmanuel Macron ?

28:32
Invité

c'est ça moi je pense que la stratégie de Macron c'est de montrer que c'est lui qui va mieux tenir la boutique alors là il peut laisser Zemmour s'envoiler je pense que Macron est très bon pour diviser là il sait très bien qu'il n'arrivera pas à aller au-delà de ces 25% d'adhésion il y a une partie c'est clair et net qui n'arrive pas à adhérer à Macron donc il divise il divise là il est très content qu'il y ait Zemmour ça l'arrange ça divise à droite ça divise vraiment parce que ça ne divise pas que Marine Le Pen ça divise aussi à droite le courant de droite donc il est très content c'est pour ça que quand ils ont fait leur grande réunion en marche la semaine dernière ils n'ont parlé que de Zemmour Véran a parlé de Zemmour Berger a parlé ils ont tous parlé de Zemmour c'est très bien ça les arrange comme Mitterrand ça l'arrangeait que le Front National monte là ça l'arrange lui que Zemmour monte donc ça l'arrange il divise mais après sur l'expertise économique il va se placer comme voilà je suis celui qui a réussi à redonner de la compétitivité à la France avec mes premières réformes loi travail baisse de l'ISF baisse de l'IS etc donc French is back ce qu'il disait il va dire aussi en même temps je suis un pragmatique parce que pendant la crise j'ai été là l'État était présent le quoi qu'il en coûte j'ai donné beaucoup d'argent aux restaurateurs le chômage partiel etc donc je suis maintenant c'est plus l'économiste de droite en fait qui nous a vendu c'est plus le start-up nation c'est le pragmatique économique quand il y a une crise on est là et puis on est aussi là pour réformer pour que l'investissement et donc il est assez central là-dessus et je pense que beaucoup de gens avec cette crise ou grâce à cette crise pour lui plutôt ont un esprit brouillé sur la politique économique de Macron Macron au départ c'était un libéral avec une politique très dure des économies partout 120 000 postes de fonctionnaires en moins 15 milliards sur l'assurance maladie 10 milliards sur l'assurance chômage le mec il coupait à tout va moins d'argent pour les collectivités locales il coupait à tout va mais la crise comme il a dû renflouer lui a donné finalement une autre dimension et je pense qu'une partie des gens de gauche je ne dis pas la gauche plutôt de Mélenchon mais entre les deux ont trouvé trouve beaucoup de qualité suite à cette crise à Emmanuel Macron dans sa gestion économique de la crise donc moi je pense que c'est ce qui va jouer et c'est pour ça qu'il faut que la gauche quelle qu'elle soit Mélenchon Jadot ou d'autres aille le chercher sur l'économie parce que c'est là-dessus qu'il va mettre en avant son bilan mais pour l'instant on n'est pas dans ces débats-là on parle de tout sauf de l'économie on parle des sujets d'immigration de sécurité etc mais on ne parle pas d'économie mais je pense que lui Macron à la fin va ressortir là-dessus en disant voilà moi je suis un peu ferme à droite et à gauche sur la sécurité etc mais ce que je vous présente comme bilan c'est j'ai été là quand vous aviez besoin de moi et en même temps aux entrepreneurs je vous ai fait plein de cadeaux quinquennat et la réforme des retraites on la verra au prochain quinquennat et il va poser cette expertise comme la base de son prochain quinquennat et donc il faut que la gauche soit au charbon là-dessus et qu'elle arrive à montrer que derrière ce keynésianisme on va dire de circonstances de Macron qui a fait qu'il est venu en soutien de l'économie pendant cette crise de Covid il y a un vrai modèle économique dans la tête de Macron qui a pour but de détruire les services publics de casser la retraite de casser l'assurance chômage comme il a cassé le code du travail et c'est là-dessus mais ça va être difficile parce que là Macron il fait des chèques il fait beaucoup de chèques chèques énergie chèques surtout les restaurateurs tout le monde est à fond avec lui ça va être très difficile de montrer que derrière ça il va y avoir un programme économique très dur dans le prochain quinquennat et je pense que tout le débat devrait porter là-dessus parce qu'à partir de 2022 si on coupe dans la dépense publique ça va être très violent pour les 50% les français les plus pauvres très très violent et c'est ça qui est au programme voilà sauf que là personne n'en parle

32:08
Présentateur

l'instant porché c'est fini pour aujourd'hui merci à toutes et à tous de nous avoir suivis et n'oubliez pas le média est indépendant et n'existe que grâce à vous alors n'hésitez pas à devenir socios ou à faire un nom et nous on se dit à la semaine prochaine

32:24
Invité

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32:39
Locuteur

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